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Gabriel Boric et la Nouvelle Concertación : analyse et perspectives

Ces derniers jours, plusieurs articles ont été publiés sur le cabinet du futur président Gabriel Boric. Dans cet article, nous n’avons pas l’intention de faire une analyse détaillée de son cabinet, car cela peut facilement être trouvé dans d’autres reportages. Notre objectif ici est de discuter, sur la base des éléments qui sont déjà sur la table, de ce que nous pouvons attendre du futur gouvernement Boric.

Par:  MIT – section chilienne de la LIT-QI, le 4 février 2022

La nouvelle Concertación

La composition du cabinet a été marquante, tout d’abord, par le nombre de femmes occupant des postes importants, avec Izkia Siches au ministère de l’intérieur et Camila Vallejos au poste de porte-parole du gouvernement. Au total, 14 femmes et 10 hommes occuperont ces ministères. Cette composition, avec une majorité de femmes, est différente de celle de tous les gouvernements précédents, notamment les premiers gouvernements de l’ancienne Concertación, qui étaient majoritairement composés d’hommes. Cela montre que davantage de femmes occupent des postes de pouvoir dans le cadre institutionnel, mais rien de plus jusqu’à présent. Bien que nombre des futures ministres se disent féministes et se battent pour des droits tels que la légalisation de l’avortement, nous devons voir quelles mesures concrètes le gouvernement prendra pour résoudre les innombrables problèmes des femmes dans notre pays, en particulier les plus pauvres et les femmes travailleuses. A notre avis, ce gouvernement aura de grandes difficultés à résoudre ces problèmes, pour les raisons que nous évoquerons plus loin.

Outre la présence importante de femmes, un autre élément frappant du nouveau cabinet est l’entrée de plusieurs personnes issues des partis qui ont dirigé le pays au cours des 30 dernières années, les partis de l’ancienne Concertación. Le seul parti qui en est absent est la Démocratie Chrétienne.

Certains des ministères les plus importants sont entre les mains de ces partis, comme le ministère de la défense (Maya Fernández, PS), le ministère des mines (Marcela Hernando, PR), le ministère du logement et du développement urbain (Carlos Montes, PS) et le ministère des affaires étrangères (Antonia Urrejola, proche du PS). Le nom de Lucía Dammert, qui sera à la tête des conseillers du gouvernement, se distingue également. Dammert était conseillère de l’ancien ministre de l’intérieur de Bachelet, Jorge Burgos, responsable de l’assassinat de Nelson Quichillao (un mineur tué lors d’une grève), de la répression des étudiants et du peuple mapuche, ainsi que de l’ancien sous-secrétaire de Bachelet, Mahmud Aleuy, grand défenseur de l’Opération Huracán[1].

L’un des postes les plus importants du futur gouvernement, le ministère des finances, sera occupé par l’économiste Mario Marcel. Mario Marcel a conseillé tous les gouvernements de l’ancienne Concertación au cours des 30 dernières années et a également travaillé pour plusieurs banques internationales, telles que la BID[2] et la Banque mondiale. Son rôle n’a pas été secondaire, puisqu’il a occupé des postes importants liés au domaine économique dans les gouvernements d’Aylwin, Frei, Lagos et Bachelet.

Après la nomination de Mario Marcel au ministère des finances, la première personne à célébrer publiquement cette nomination n’était autre qu’Andrónico Luksic, le plus riche homme d’affaires chilien, propriétaire d’entreprises aussi importantes que Antofagasta Minerals, Hapag Lloyd (compagnie maritime), CCU, Banco de Chile, entre autres.

Mario Marcel est l’homme du grand capital, du système financier international et de la bourgeoisie chilienne. Il est l’homme qui aura la tâche de garantir qu’aucun intérêt des grandes banques étrangères, des fonds d’investissement et de la bourgeoisie chilienne ne sera lésé dans le prochain gouvernement. Il aura également pour mission de veiller à la bonne tenue des comptes publics : ne pas permettre que trop d’argent soit consacré aux droits sociaux, ce qui pourrait affecter les privilèges du grand patronat et des créanciers de la dette publique chilienne. Ainsi, l’un des postes les plus importants du nouveau gouvernement sera entre les mains d’un économiste ayant la confiance de la haute bourgeoisie chilienne et internationale.

Le nom de Mario Marcel donne déjà une idée de ce que sera le gouvernement Boric. L’alliance du Frente Amplio et du Parti communiste avec les partis de l’ancienne Concertación n’est pas seulement un « quota politique ». Il s’agit d’une alliance de deux classes sociales.

Le Frente Amplio et le Parti communiste sont les représentants des secteurs moyens de la société chilienne. La composition sociale du Frente Amplio est petite-bourgeoise par excellence : avocats, journalistes, sociologues, médecins, etc. Une grande partie de la génération universitaire qui s’est battue en 2011 entre maintenant au gouvernement : Boric lui-même, Camila Vallejos, Giorgio Jackson, Izkia Siches, Javiera Toro, Antonia Orellana et beaucoup d’autres à des postes secondaires. La jeunesse universitaire de 2011 est arrivée au pouvoir. Ces jeunes ne sont pas les représentants directs de la grande bourgeoisie du pays, ils ne sont pas les fils ou les filles de la grande bourgeoisie et beaucoup d’entre eux et d’entre eux ne viennent pas des universités traditionnelles qui forment les représentants de la grande bourgeoisie. Ils ne sont pas non plus les représentants de la classe travailleuse et des pauvres.

Le parti communiste, bien qu’il ait été historiquement un parti de la classe ouvrière, avec un poids important dans des secteurs populaires, a vu sa composition sociale changer depuis longtemps. Le PC d’aujourd’hui a pour principale base sociale la bureaucratie syndicale aisée, l’intelligentsia universitaire et petite-bourgeoise et les travailleurs du secteur public. Chaque année, le parti perd de son poids territorial et gagne en importance dans les institutions bourgeoises – conseillers, maires, députés, constituants et même un sénateur. Ce processus d’embourgeoisement du PC aura tendance à s’accélérer rapidement à partir du futur gouvernement. C’est la première fois que le parti communiste joue un rôle aussi déterminant dans un gouvernement depuis l’UP[3], même si le PC d’aujourd’hui n’a rien à voir avec le PC des années 1970.

Bien que le Frente Amplio et le PC aient eu leurs entreprises (Université Arcis, immobilier, etc.) et que certains de leurs militants aient des relations plus étroites avec la bourgeoisie (Irací Hassler et d’autres), on ne peut pas dire qu’ils soient les partis traditionnels de la bourgeoisie. Les partis traditionnels de la bourgeoisie sont l’UDI, le RN, Evópoli (plus récent), le Parti socialiste, la DC, le PR et le PPD. Ces partis ont reçu des flots d’argent de la grande bourgeoisie, leurs militants ont fait partie des conseils d’administration de grandes entreprises, d’AFP[4], de banques, etc.

Pour comprendre ce que sera le futur gouvernement de Boric, il est essentiel de comprendre cette alliance qui se construit. L’alliance entre le FA/PC et le PS/PPD/PR est une alliance de la petite bourgeoisie aisée et de la bureaucratie syndicale avec la grande bourgeoisie pour sauver le régime démocratique bourgeois et la domination de la grande bourgeoisie sur l’ensemble du pays. Les grands bourgeois devront accepter, pour les 4 prochaines années, que les fils de la petite bourgeoisie et les bureaucrates syndicaux administrent une partie de l’appareil d’État. Ils savent que ces enfants de la petite bourgeoisie ne sont pas des révolutionnaires, mais ils craignent qu’ils ne soient pas assez forts pour contenir le tremblement de terre qui les a portés au pouvoir et qui peut exploser à nouveau à tout moment : le mouvement de masse.

Les entreprises des ministres

Malgré leur composition sociale essentiellement petite-bourgeoise, certains des futurs membres du cabinet se distinguent par leurs entreprises.

Le futur ministre des transports et des télécommunications, Juan Carlos Muñoz, ingénieur civil de l’Université catholique, peut être considéré comme un bourgeois, même s’il ne fait pas partie des plus riches du Chili. M. Muñoz possède des parts dans diverses entreprises de différents secteurs pour un montant total de plus de 700 millions de pesos. Ses entreprises vont du secteur des transports (Sociedad de Transportes Gama et Sociedad de Arrendamiento de Vehículos Chacabuco – bien qu’il critique publiquement l’utilisation des voitures et promeuve celle des bicyclettes) à l’agriculture et au secteur immobilier.

La future ministre du développement social, Jeanette Vega Morales, a des investissements dans cinq entreprises, principalement dans l’immobilier.

Un autre cas très intéressant est celui de la ministre des Affaires étrangères, Antonia Urrejola, qui possède une société d’investissement et de conseil avec son mari, Cristian Franz, qui a été surintendant de l’environnement entre 2014 et 2018 (gouvernement de Bachelet). Franz a conseillé des entreprises aussi « adaptées » et « durables » qu’Agrosuper, Collahuasi mining, Antofagasta Minerals et Barrick, oui, celle-là même de Pascua Lama[5]. La même société a également émis des factures de conseil à nul autre qu’Agustín Walker del Río, l’un des magnats des droits sur l’eau.

Le parti communiste n’est pas en reste non plus. Le futur ministre des sciences et de la technologie a également ses affaires dans le secteur de la santé, où il a gagné de l’argent dans des contrats d’État et est associé dans une clinique privée. La liste est encore longue, avec les entreprises de Mario Marcel et d’autres ministres.

Cette relation entre les hommes d’affaires (grands et petits) et l’État a été l’une des caractéristiques des récents gouvernements, qu’ils soient de « gauche » ou de droite. Tous, d’Aylwin à Piñera, ont utilisé l’appareil public au profit de leurs entreprises et se sont rempli les poches depuis leur position au pouvoir. Nous ne devrions pas être surpris si, dans quelque temps, des cas de corruption, d’enrichissement illicite, etc. commencent à apparaître.

Que peut-on attendre d’une ministre du développement social qui est associée de plusieurs sociétés immobilières ? Que peut-on attendre d’un ministre des sciences « communiste » qui possède des entreprises dans le domaine de la biologie cellulaire et est associé de cliniques privées ? Ou un ministre des transports qui possède des entreprises de transport ? Il semble que cette histoire relève du déjà-vu.

Et quels changements pouvons-nous attendre ?

Tout d’abord, nous devons souligner que Boric n’a pas promis de changer les structures du pays. Il n’a pas promis de récupérer les richesses confisquées par les transnationales du cuivre, il n’a pas promis d’inverser les privatisations des 30 dernières années, il n’a pas promis de rendre la terre au peuple Mapuche, il n’a pas promis de mettre fin aux grands monopoles pharmaceutiques, ni rien de tout cela. Il n’a pas non plus promis de libérer tous les prisonniers politiques. Ceux qui pensent que ce gouvernement sera un gouvernement de grands changements peuvent donc revoir leurs attentes à la baisse.

Mais Boric a promis une série de changements. La santé publique et l’éducation, l’eau pour les communautés, le pardon pour les CAE[6], la fin des AFP, la réforme de la police, etc.

Pour commencer à opérer ces changements, Boric et son ministre des finances ont une priorité : faire une réforme fiscale. La réforme fiscale lui permettrait de collecter davantage d’impôts pour financer les dépenses sociales de son gouvernement. Selon Boric et Mario Marcel, l’idée est de s’attaquer à l’évasion fiscale, de retirer certaines subventions à des secteurs d’activité, d’approuver une redevance sur l’exploitation minière et de faire payer un petit impôt aux super-riches. Cela pourrait rapporter plus ou moins 5% du PIB, ce qui permettrait de mettre en œuvre au moins une partie importante du plan de son gouvernement.

Cependant, ce plan pose plusieurs problèmes.

Le premier problème est qu’il ne remet pas en cause le véritable pillage par les grandes entreprises des richesses produites par la classe travailleuse. Dans le seul cas du cuivre, on estime qu’entre 12 et 20 milliards de dollars finissent chaque année dans les poches des actionnaires des grandes compagnies minières, pour la plupart des étrangers. La redevance minière qui transite par le Congrès et qui est soutenue par le futur gouvernement variera (si elle est approuvée) entre 1 et 3 % d’impôt sur les ventes des grandes sociétés minières, en fonction du prix du cuivre. Cette redevance ne change pratiquement rien au pillage opéré par les grandes transnationales. Si l’on ajoute à cela les bénéfices des grandes banques, des entreprises forestières, du commerce de détail, etc., on arrive à des quantités impressionnantes de ressources, de l’argent qui pourrait être utilisé pour résoudre tous les problèmes du pays.

Deuxième problème : la logique du gouvernement, qui consiste à financer les droits sociaux en taxant les plus riches, présente un autre « inconvénient ». Pour qu’il y ait plus d’argent dans les caisses fiscales, les riches doivent s’enrichir et payer plus d’impôts, leurs entreprises et leurs fortunes doivent croître. Cependant, pour se développer, ces entreprises doivent accroître leur production, exporter davantage, faire plus de profits. Cela a deux conséquences contradictoires avec le plan du gouvernement : 1 – pour que le gouvernement ait plus d’argent, les entreprises dites extractivistes – la base de l’économie chilienne – (mines, forêts, pêche industrielle, etc.) doivent produire et exporter davantage, ce qui détruit l’environnement et les communautés ; 2 – pour se développer, les entreprises doivent augmenter l’exploitation des travailleurs : investir dans des technologies supérieures pour augmenter la productivité (et donc faire en sorte que moins de travailleurs puissent produire plus) et augmenter les niveaux d’exploitation qui existent aujourd’hui. Ainsi, son plan économique va dans le sens inverse de ce qu’il avait promis : prendre soin de l’environnement, réduire le temps de travail, augmenter les salaires, etc.

Le troisième problème de ce plan est qu’en permettant aux grands capitalistes de continuer à dominer l’économie du pays dans son ensemble, ils permettent également à ces capitalistes de contrôler et de corrompre l’ensemble des institutions de l’État. La première conséquence de cette situation sera la difficulté pour Boric de faire passer ses réformes au Parlement, une institution contrôlée par le grand patronat à travers les partis de droite et l’ancienne Concertación. Les réformes proposées par le gouvernement devront être négociées avec la grande bourgeoisie, qui gardera la haute main. En outre, la grande bourgeoisie contrôle toujours les médias et est « infiltrée » dans toutes les institutions de l’État, ce que Boric ne propose pas de changer, lorsqu’il distribue des postes à l’ancienne Concertación.

En bref, nous pouvons dire que Boric essaiera de faire des réformes « dans la mesure du possible » et aux conditions du grand patronat, ce qui conduira à l’échec ou la modération de plusieurs de ces réformes. Il y aura sans doute des heurts entre le futur gouvernement et le monde des affaires, car Boric sait qu’il est assis sur un baril de poudre. Si le mouvement de masse ne descend pas à nouveau dans la rue, tout indique que le gouvernement finira par s’adapter aux conditions des propriétaires du pays. Si le mouvement de masse reprend son action, l’instabilité du futur gouvernement sera grande.

La question mapuche : une bombe à retardement

Un autre problème central qui ne sera pas résolu sera la question des Mapuches. Bien que Boric ait indiqué qu’il retirerait les troupes militaires de Wallmapu, le problème demeurera. La « question mapuche » n’aura de solution que si leurs terres leur sont rendues et si leur droit à l’autodétermination est respecté. Parallèlement à ces mesures, tous les prisonniers mapuches doivent être libérés, ce que le gouvernement ne fera pas non plus.

Même si M. Boric tente de négocier avec des hommes d’affaires et des secteurs mapuches pour gagner du temps, le futur gouvernement n’a aucun plan pour résoudre le problème, car il ne veut pas affronter les propriétaires des grandes entreprises forestières qui occupent le territoire mapuche.

Et la Convention constitutionnelle ?

Un autre élément important à prendre en compte sera le résultat de la Convention constitutionnelle et du plébiscite de sortie, qui pourrait approuver ou rejeter la Nouvelle Constitution. Là aussi, nous devons être très attentifs à ce qui se passe.

Bien que les commissions de la Convention constitutionnelle approuvent des initiatives importantes (comme la restitution des terres au peuple mapuche, la révision des accords de libre-échange, la nationalisation du cuivre et du lithium), ces initiatives seront rejetées en plénière s’il n’y a pas une énorme pression populaire. En effet, la Convention constitutionnelle fonctionne avec un quorum de deux tiers, ce qui donne le pouvoir à une minorité de constituants (53) de décider ce qui sera ou ne sera pas intégré dans la Nouvelle Constitution. Ainsi, le pouvoir décisif sera entre les mains des partis actuellement au gouvernement et à la tête de la Convention constitutionnelle : Frente Amplio, Parti socialiste et, dans une moindre mesure, le PC. La même stratégie de Boric de pactiser avec le grand patronat s’exprimera au sein de la Convention constitutionnelle.

S’il n’y a pas de mobilisation populaire maintenant, la tendance est que la future Constitution garantisse certains droits sur le papier, mais que cela ne soit pas respecté plus tard, puisque la structure du modèle économique ne sera pas touchée.

Alors, que faisons-nous ?

Tout ce que nous avons obtenu jusqu’à présent a été le fruit de la mobilisation et de l’organisation populaires. La Convention constitutionnelle elle-même n’existerait pas sans les énormes mobilisations populaires de ces dernières années. Nous pensons que c’est de cette manière que nous pourrons réaliser les véritables changements dont il est question aujourd’hui.

Pour cela, il est essentiel que nous nous organisions sur nos lieux de travail, dans nos territoires, dans les syndicats. Il est fondamental que la classe ouvrière suive les débats de la Convention constitutionnelle et fasse pression pour que les revendications populaires soient respectées et votées par cette Convention. Nous devons retrouver le chemin du 12 novembre 2019, où une grève générale combinée aux mobilisations populaires a contraint le gouvernement Piñera et les partis du régime à ouvrir l’actuel processus constituant.

Avec notre camarade María Rivera, nous avons présenté une série d’initiatives qui seront discutées et votées dans les semaines à venir, telles que la nationalisation des grandes exploitations minières de cuivre, de lithium et d’or ; l’amnistie pour tous les prisonniers politiques chiliens et mapuches ; la nécessité de changer toute la structure de l’État vers un pouvoir de la classe ouvrière et des peuples ; la nécessité de nationaliser toutes les entreprises stratégiques du pays et de planifier l’économie, et des initiatives sur les droits des femmes. Nous soutenons également plusieurs autres initiatives qui proposent de réviser les accords de libre-échange, de rendre la terre au peuple mapuche, de rendre l’eau aux communautés, de régénérer la nature, etc.

Il est essentiel que nous réorganisions les espaces du mouvement populaire, de la jeunesse et de la classe ouvrière. Nous devons exercer une forte pression maintenant pour que les revendications populaires soient votées dans la nouvelle Constitution et que le futur gouvernement soit obligé de les respecter. Si cela ne se produit pas, la Convention constitutionnelle sera un grand échec, tout comme le gouvernement Boric.

Il est nécessaire de construire une nouvelle alternative politique de la classe travailleuse et des peuples.

La classe travailleuse, la jeunesse et le peuple doivent commencer à construire une alternative politique qui mènera jusqu’au bout la lutte pour les revendications populaires et pour le changement de notre pays. Bien que nous puissions remporter des victoires grâce à la pression populaire, nous ne pouvons pas attendre des propriétaires de ce pays et de leurs gouvernements qu’ils les respectent.

Nous devons construire un parti politique de la classe travailleuse qui vise à récupérer tout ce que les grands patrons nous ont pillé- la terre, le cuivre, les mers, etc. – et à mettre l’ensemble de l’économie au service de la population travailleuse et de la restauration de la nature. Si le gouvernement de Boric ne résout pas les problèmes du pays, il devra ouvrir la voie à ceux d’entre nous qui ont un projet pour les résoudre : le peuple travailleur et la jeunesse.

Le Mouvement international des travailleurs est aujourd’hui un outil dans le sens de la construction d’un tel parti. Nous vous invitons tous et toutes à faire connaissance avec le MIT et à vous organiser en son sein.

[1] Nom donné à une opération de police d’investigation lancée par les Carabineros en vertu de la loi sur le renseignement. Elle a conduit en à arrêter huit membres de la communauté mapuche sous des prétextes fallacieux de participation à une organisation terroriste.

[2] BID : Banque interaméricaine de développement

[3] UP : Unidad Popular, coalition  de parti de gauche qui a été au gouvernement sous la présidence Allende, de 1970 au coup d’Etat de Pinochet en 1973.

[4] AFP : Administradoras de fondos de pensiones (Administratrices de fonds de pension). Institutions financières privées chargées d’administrer les fonds à partir des comptes épargne individuels pour les retraites.

[5] Mine à ciel ouvert située en altitude dans les Andes à la frontière avec l’Argentine, dont la conception et la construction (commencée 2009) a causé de grosses mobilisations en défense de l’environnement.

[6] CAE : Carga Anual Equivalente. Un indice en pourcentage censé permettre de comparer annuellement le coût des crédits entre diverses entités.