ven Juin 21, 2024
vendredi, juin 21, 2024

A BAS LE COLONIALISME FRANÇAIS EN KANAKY !

Depuis le 13 mai, le mécontentement politique et les tensions sociales déjà croissantes depuis quelques mois en Nouvelle-Calédonie (Kanaky) ont pris un tour de plus en plus insurrectionnel. Une nouvelle fois, le peuple kanak, colonisé par la France depuis plus de 170 ans, se soulève contre la domination des colons d’origine française (les caldoches) et le soutien que la métropole coloniale française leur apporte. Pour l’impérialisme français, cet archipel du bout du monde est un gros producteur de nickel et représente une porte vers le Pacifique et l’extrême orient. Macron et sa bande d’impérialistes ont décidé de prendre des mesures pour éloigner la possibilité d’une indépendance politique de la Kanaky, à laquelle aspire la population mélanésienne. Grèves, barrages, affrontements avec les forces de l’ordre colonial d’un côté ; et une répression croissante de l’autre. La jeunesse kanake est au cœur du soulèvement.

Depuis 1853, la Kanaky est une colonie française. Appelée Nouvelle-Calédonie par les colons et leurs soutiens, elle a vu son peuple natif, le peuple kanak, dépossédé de ses meilleures terres, parqué, réprimé et massacré lorsqu’il s’est soulevé. La dernière grande révolte kanake remonte aux années 1984-88. Après le rétablissement de l’ordre colonial par la violence d’Etatsous Mitterrand puis Chirac, la carte des négociations avait été jouée, culminant dans les accords de Matignon (1988) puis l’accord de Nouméa (1998), organisant des transferts de compétences territoriales et la possibilité de l’indépendance de la Kanaky, après une série de trois référendums prévus vingt ans plus tard sur la base d’un corps électoral stabilisé.

Les deux premiers référendums ont eu lieu en 2018 et 2020, donnant une opposition à l’indépendance d’environ 56% et 53% respectivement. Contre la volonté des indépendantistes, Macron a imposéla tenue du troisième référendum en décembre 2021, en pleine crise du covid, ce qui a empêchéune campagne normale : une farce électorale débouchant sur un score anti-indépendantiste de 96,5%, mais avec seulement 43% de participation. Macron s’est réjoui du résultat de cette farce. Depuis, lui et son camp (notamment LR et le RN) ont choisi de détricoter les accords de Nouméa.

Le scandaleux vote au Sénat puis à l’Assemblée du projet constitutionnel destiné à modifier le corps électoral en Kanakyvise à rendre encore plus improbable, voire impossible, son accès à l’indépendance, en donnant le droit de vote à des résident.es de ce territoire, depuis 10 ans ou plus, privé.es de ce droit par l’accord de Nouméa, et généralement opposé.es à l’indépendance. Cette logique, celle d’une colonie de peuplement, vise à rendre le peuple kanak structurellement minoritaire sur sa propre terre. Elle n’est pas nouvelle. En 1972 notamment, Pierre Mesmer, Premier ministre de l’époque, écrivait : « À long terme, la revendication nationaliste autochtone ne sera évitée que si les communautés non originaires du Pacifique représentent une masse démographique majoritaire. Il va de soi qu’on n’obtiendra aucun effet démographique à long terme sans immigration systématique de femmes et d’enfants ». C’est exactement ce qui est visé par le texte de dégel du corps électoral qui vient d’être voté, et qui doit encore passer devant le Congrès.

La nouvelle révolte kanake est parfaitement légitime. Elle émane, en particulier, d’une jeunesse qui comprend très bien ce que signifie la réaffirmation brutale du colonialisme français. Nous lui devons le soutien le plus total,même si certaines organisations indépendantistes sont prises au piège des logiques institutionnelles et des hypocrites offres de dialogue de la Macronie,et tournent le dos à cette poussée insurrectionnelle.

Il est scandaleux, mais parfaitement logique que la Macronie soutienne la colonisation sioniste en Palestine avec la situation d’apartheid qui y est liée, et s’engage dans une logique répressive en Kanaky.  C’est le même fond colonialiste qui est en jeu, et qui est inscrit dans l’ADN de l’impérialisme français. Avec l’état d’urgence et l’envoi de gendarmes, de CRS, du RAID, du GIGN et de l’Armée, c’est un permis de tuer colonialiste qui est délivré par le gouvernement Macron aux forces répressives, soutenues sur place par des milices supplétives caldoches.

  • A bas le projet de loi visant à changer le corps électoral en Kanaky !
  • A bas la répression de l’Etat colonial français !
  • Soutien total au peuple kanak insurgé !
  • Droit à l’autodétermination pour le peuple kanak, seul peuple pouvant légitimement décider de son destin sur l’archipel calédonien !
  • A bas tous les colonialismes !

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