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lundi, avril 27, 2026

Éditorial de Courrier International 

Nous présentons cette édition de Courrier International pour expliquer notre vision de la  situation internationale complexe depuis l’invasion du Venezuela par Trump. Il y a une première  partie avec des articles sur la réalité actuelle, et une seconde partie plus historique, avec nos anciens  textes sur le chavisme et le pays. 

Le 12 février 2026 

Source : NBC News

Il y a une crise de l’ordre mondial impérialiste qui est directement aggravée par les actions de  Trump, comme l’invasion du Venezuela. Et il y a une logique derrière l’apparente imprévisibilité du  gouvernement étasunien : la recherche de reconstituer l’hégémonie impérialiste face à la montée  économique de l’impérialisme chinois. 

C’est une globalité économique (la compétition sur l’Intelligence Artificielle, la guerre tarifaire, la  bataille pour le pétrole), politique (toute la compétition de l’extrême droite) et militaire (l’invasion de l’Iran en 2025 et maintenant les nouvelles menaces, l’invasion du Venezuela, les menaces contre  Groenland). 

Il existe une unité entre la politique étrangère de Trump et ses attaques brutales contre les  travailleurs aux États-Unis, en particulier les immigrés ; entre la poussée bonapartiste aux États-Unis et les guerres ou lesmenaces de guerre à l’étranger.  

L’agressivité de Trump est une expression brutale du déclin de l’impérialisme étasunien, dans la  lutte de celui-ci pour reconstituer son hégémonie aux niveaux précédents, désormais avec d’autres  méthodes, carrément bonapartistes. 

Trump tente d’utiliser la juste lutte des masses iraniennes contre la dictature des ayatollahs pour  répéter une manœuvre similaire à celle qu’il a menée au Venezuela, avec une invasion visant à  imposer un gouvernement adapté à ses intérêts à lui. Il n’y a pas encore réussi, mais personne ne  peut exclure qu’il tentera, dans un avenir proche, de progresser dans le contrôle du pétrole et  d’éloigner la Chine de sa pénétration en Iran. 

Trump a menacé d’annexer Groenland par la force, remettant en cause l’OTAN elle-même, dont  est membre le Danemark, qui contrôle l’île arctique. Tout est justifié par la confrontation avec la  montée de l’impérialisme chinois, pour le contrôle des minéraux de la région et de la route maritime. Apparemment, il a dû se replier face à la crise provoquée par la première réaction de l’impérialisme  européen, après d’innombrables soumissions. 

Comme on peut le voir, notre interprétation de la réalité va bien au-delà de la  dénonciation – nécessaire – de l’agression militaire de la plus grande puissance impérialiste contre un pays semi-colonial comme le Venezuela. Cette partie de la vérité est fondamentale, ce qui inclut la  controverse avec certains secteurs de la population qui croient que Trump peut apporter « la  démocratie », ainsi que de meilleures conditions de vie au Venezuela. L’impérialisme étasunien n’a  rien d’une position de défense des libertés. Au contraire, Trump est un agent de l’avancée du bonapartisme autoritaire, tant pour les États-Unis que pour le reste du monde, précisément pour  combattre l’impérialisme chinois, tout aussi bonapartiste. 

Mais, en outre, nous cherchons à faire une interprétation marxiste de la réalité, en dépassant la  vision stalinienne « campiste », qui divise le monde entre « gouvernements pro-Trump » et  « gouvernements progressistes », entre « le mauvais impérialisme étasunien » et le « Sud global »  dans lequel est impliquée la Chine. 

La vision stalinienne fait abstraction des classes en lutte et finit par lier le mouvement de masses à des dictatures bourgeoises décadentes telles que celles du Venezuela et de l’Iran, ainsi qu’à  l’impérialisme chinois, qui n’a rien de bon. Cette vision ne comprend pas pourquoi les travailleurs  vénézuéliens, qui ont vaincu la tentative de coup d’État de l’impérialisme étasunien en 2002,  détestent aujourd’hui la dictature de Maduro. Tout comme elle ne peut expliquer pourquoi les  masses iraniennes se soulèvent contre la dictature bourgeoise décadente des ayatollahs. 

C’est pourquoi nous défendons l’indépendance politique de classe des travailleurs, contre les  impérialismes des États-Unis, de la Chine, etc., ainsi que contre tous les secteurs de bourgeoisie  nationale. 

Il existe une totalité économique, politique et militaire de ces attaques de Trump, à l’intérieur  comme à l’extérieur des États-Unis, qui conduit à l’approfondissement de la crise de l’ordre mondial  et à une polarisation sociale et politique croissante dans le monde. C’est une erreur d’avoir une vision unilatérale de ce processus, ne voyant que les multiples actions différentes du gouvernement ultra droitier de Trump dans le gouvernement du pays impérialiste le plus puissant du monde. 

L’action de Trump au Venezuela entraîne une nouvelle tendance à des convulsions de la lutte de  classes, sur le continent et dans d’autres parties du monde. Il n’y a pas de réaction immédiate  disperse, mais elle engendre une tendance à de nouveaux conflits. Les énormes mobilisations en  Bolivie, contre la manœuvre du nouveau régime de droite de brader le lithium, s’inscrivent dans  cette tendance à la polarisation sociale et politique. 

La gigantesque mobilisation à Minneapolis, avec une tentative de grève générale et une  mobilisation de 50 000 personnes par un froid de moins 20 degrés, en est une grande expression au  cœur de l’impérialisme. Et elle pourrait annoncer une voie de confrontation avec les masses du  monde.

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