sam Mai 25, 2024
samedi, mai 25, 2024

Débat avec Gilbert Achcar sur la Palestine : Des pierres contre des chars et des missiles ?

Le 17 octobre 2023

Le processus que traverse la Palestine (les actions du Hamas contre la population civile israélienne et la réponse génocidaire du gouvernement de Netanyahou contre la population de la bande de Gaza) continue de susciter des prises de position de la part de divers secteurs de la gauche mondiale. C’est le cas d’un récent article publié par Gilbert Achcar[1]. Dans le cadre d’une position de base commune (nous sommes du côté du peuple palestinien dans sa lutte contre Israël), nous voulons débattre de certaines des définitions que présente Achcar et, fondamentalement, de la proposition que celui-ci fait, en guise de conclusion, au peuple palestinien pour qu’il avance dans sa lutte.

Par Alejandro Iturbe

Gilbert Achcar est un professeur d’université libanais basé en France. Il est la principale figure de proue du Bureau politique de la Quatrième Internationale (nom actuel de l’organisation connue dans le passé sous le nom de SU-Secrétariat unifié de la Quatrième Internationale).

Dans sa déclaration officielle, cette organisation affirme : « Nous sommes avec le peuple palestinien dans sa résistance permanente contre le colonialisme israélien et dans sa lutte pour l’autodétermination ». Dans ce cadre, elle précise : « Nous ne partageons pas la stratégie et la tactique du Hamas parce que cette voie ne peut pas mettre fin à l’occupation, qui est le seul moyen de mettre fin à la violence ». La voie pour « mettre fin à l’occupation n’est possible que grâce à la résistance collective des masses palestiniennes, aux côtés des militants anti-guerre de l’État d’Israël, et avec le soutien de leurs alliés internationaux » [2].

La LIT-QI a également discuté dans divers articles de la stratégie du Hamas (la construction d’un État islamique bourgeois dans la Palestine récupérée). Contre cette proposition, nous avons avancé le mot d’ordre « Pour une Palestine laïque, démocratique et non raciste » (du « fleuve [Jourdain] à la mer » [Méditerranée], comme l’exprime aujourd’hui le peuple palestinien).

C’était l’axe central du programme fondateur de l’OLP (Organisation de Libération de la Palestine) en 1964, que l’OLP a progressivement abandonné pour l' »enterrer » définitivement avec les Accords d’Oslo en 1993. Ce mot d’ordre implique nécessairement la destruction de l’État d’Israël.

En même temps, en plus d’être l’objectif pour lequel lutte le peuple palestinien, la LIT-QI et le morénisme l’ont toujours considéré comme un mot d’ordre de transition vers la révolution ouvrière et socialiste en Palestine et au Moyen-Orient [3].

L’impact des actions du Hamas sur la société israélienne

Le SU et Achar n’abordent pas la question sous l’angle de la « morale pacifiste bourgeoise » comme l’a fait le député brésilien du PSOL Guillermo Boulos : les actions militaires contre les populations civiles doivent être condamnées comme un « principe » de cette lutte, qu’elles soient le fait de l’oppresseur israélien ou de l’opprimé palestinien[4]. Au contraire, dans son article, Achcar considère l’action du Hamas comme « un exploit spectaculaire » qui « a rappelé à l’Etat et à la population israélienne leur vulnérabilité […] ».

Ce « rappel » de la « vulnérabilité » est un coup très dur pour la société israélienne, habituée à exercer son oppression sur le peuple palestinien en toute impunité. Et il a un impact sur cette société israélienne. D’une part, les immigrants juifs des dernières vagues quittent Israël et retournent dans leur pays [5]. D’autre part, cela accentue les contradictions déjà existantes dans la société israélienne quant à la politique à adopter face au « problème palestinien » : soit le génocide perpétré par le gouvernement Netanyahou dans la bande de Gaza, soit une négociation vers  » les deux États  » [6].

Dans une interview très intéressante, Arlene Clemesha (professeur d’histoire arabe à l’université de São Paulo, au Brésil) fait référence à ces deux aspects [7] : « La peur pour l’avenir et pour leur propre vie que ressentent les Israéliens est l’une des nouveautés provoquées par les attaques menées par le Hamas ». À cet égard, elle note que « les colonies [israéliennes] sont évacuées, des dizaines de colons s’en vont… Cette évacuation est liée à la peur des colons [immigrants juifs d’origine russe…] ». A cela s’ajoute le fait que « cela a pris Israël à un moment de fragilité, relative bien sûr, de la coalition qui gouverne le pays ». La conclusion est qu' »Israël n’a jamais été autant sous pression et acculé » et que la situation « pourrait signifier la défaite politique définitive de Netanyahou ».

Dans le même temps, Clemesha estime que « la grande majorité de la population (palestinienne) est en faveur de solutions pacifiques, les gens ne veulent pas perdre leurs enfants et leurs proches. Cependant, si vous vous promenez en posant des questions, aujourd’hui, dans les rues de Palestine ou à Jérusalem-Est annexée et occupée, l’état d’esprit des Palestiniens est le soutien à ce qui s’est passé ».

Un « tour de vis »

Autrement dit, même si l’on considère que l’action du Hamas a servi de prétexte au gouvernement Netanyahou pour lancer une action génocidaire sur la bande de Gaza (en réalité un bond dans une politique qu’il mettait déjà en œuvre depuis des années), on peut estimer que le résultat de cette action du Hamas a été politiquement positif pour les Palestiniens. Elle a érodé le sentiment d’impunité de la population israélienne occupante et aggravé la crise politique du gouvernement Netanyahou et de l’État d’Israël en général, tout en étant soutenue par le peuple palestinien et en renforçant son moral dans la lutte contre Israël.

Malgré cela, Achcar conclut que le résultat final de l’action du Hamas est négatif et qu’il s’agit donc d’une mauvaise « méthode de lutte » : il est « très douteux qu’elle contribue à faire avancer la cause palestinienne… », et il y aura « un coût extrêmement disproportionné pour les Palestinien.nes » car « le résultat de l’offensive actuelle d’Israël contre Gaza sera sans aucun doute dévastateur ».

En outre, contrairement à l’analyse d’Arlene Clemesha citée plus haut, Achcar estime que « la contre-offensive du Hamas en octobre a déjà réussi à réunifier une société et un système politique israéliens auparavant profondément divisés, et permettra à Benjamin Netanyahou de mettre en œuvre ses plans les plus fous… ».

Sa conclusion est que « l’idée même qu’une telle opération, aussi spectaculaire soit-elle, puisse aboutir à une victoire ne peut provenir que d’une pensée religieuse délirante, caractéristique d’un mouvement fondamentaliste comme le Hamas ». Mais Achcar ne se limite pas à critiquer cette action militaire particulière du Hamas. Sa critique s’étend à toute action militaire offensive du peuple palestinien ou d’autres peuples arabes contre Israël, en raison de ses résultats négatifs inévitables.

Il affirme que « si le Hezbollah libanais […] devait se joindre à la guerre à un niveau qui mettrait réellement Israël en danger, ce pari serait très risqué. Car […] une telle situation, si elle devait se produire, conduirait inévitablement Israël à recourir sans retenue à son énorme pouvoir de destruction (qui inclut des armes nucléaires), provoquant ainsi une catastrophe d’une ampleur historique ».

Sur la « supériorité militaire » d’Israël

Le cadre sous-jacent au raisonnement d’Achcar est qu' »aucune illusion ne peut affecter l’énorme supériorité militaire d’Israël ». En effet, Achcar considère que, militairement, Israël est « invincible » pour les Palestiniens et les autres peuples arabes, même si sa défaite lors de l’invasion du Liban en 2006 contre la résistance libanaise armée dirigée par le Hezbollah a prouvé le contraire. De cette « énorme supériorité militaire », il conclut que toute action militaire contre Israël « rappelle en fait le soulèvement du ghetto de Varsovie en 1943 », qui fut écrasé par les nazis.

Ce raisonnement le conduit à une autre conclusion inévitable : les Palestiniens et les autres peuples arabes doivent abandonner toute lutte militaire : « Face à un oppresseur largement supérieur en moyens militaires, la seule forme de lutte vraiment efficace pour le peuple palestinien est de choisir le terrain sur lequel il peut contourner cette supériorité. L’efficacité de la lutte palestinienne a atteint son apogée en 1988, lors de la première Intifada, lorsque les Palestiniens ont délibérément évité d’utiliser des moyens violents ».

Tout d’abord, il est totalement faux de dire que les jeunes Palestiniens qui ont mené l’Intifada ont « délibérément évité d’utiliser des moyens violents ». Héroïquement, ces jeunes attaquaient les chars et les soldats israéliens avec ce qu’ils avaient sous la main (lance-pierres et cailloux). S’ils avaient eu des armes, ils les auraient utilisées. Les cailloux et les lance-pierres n’étaient pas un « choix délibéré » mais le résultat des conditions très dures dans lesquelles ils devaient se battre. Achcar « enjolive » cette situation pour proposer au peuple palestinien de lutter par la « résistance pacifique » simplement d’une manière un peu plus agressive : avec des cailloux et des lance-pierres contre des tanks et des armes modernes.

Dans cette vision qui consiste à opposer les actions militaires contre Israël à la mobilisation de masse, Achcar finit par proposer au peuple palestinien de ne mener que des actions politiques « pures » : « La lutte palestinienne doit être basée principalement sur une action politique de masse contre l’oppression, l’occupation et l’expansion coloniale des colons israéliens », en gagnant de plus en plus de « soutien régional » parmi les peuples [arabes et musulmans]  » qui luttent contre les régimes oppresseurs  » [comme l’Iran ou ceux qui ont pactisé avec Israël]. « C’est là que réside la véritable perspective potentielle de libération palestinienne, qui doit être combinée avec l’émancipation de la société israélienne elle-même de la logique du sionisme… ».

Les deux premières propositions sont correctes si l’on part, d’une part, du constat que le peuple palestinien a plus que prouvé sa volonté de se mobiliser et de lutter héroïquement contre l’oppresseur israélien. Ce n’est pas ce facteur qui est défaillant. D’autre part, le soutien régional et la solidarité des peuples arabes et musulmans se sont une fois de plus manifestés massivement dans plusieurs pays. En tout état de cause, il est nécessaire que ces mobilisations aillent de l’avant dans la lutte contre leurs propres régimes et gouvernements. La troisième (« l’émancipation de la société israélienne par rapport à la logique sioniste ») est une tâche impossible à réaliser, du moins dans l’ensemble de la société israélienne, en raison de la nature de cette population, un point que nous analyserons spécifiquement plus loin.

Une vision défaitiste des guerres de libération

Si l’on applique jusqu’au bout le critère utilisé par Achcar pour le conflit entre le peuple palestinien et Israël (la prédominance absolue de la « supériorité militaire »), cela signifie que toutes les guerres de libération des peuples opprimés et colonisés sont condamnées d’avance à la défaite sur le plan militaire parce qu’elles partent toujours d’une grande inégalité dans ce domaine vis-à-vis des oppresseurs et des puissances impérialistes.

Pourtant, l’histoire a montré de nombreux exemples qui prouvent le contraire. Au prix de durs sacrifices et de souffrances, nous avons assisté à de grands triomphes militaires des peuples opprimés et colonisés face à des forces militaires a priori bien supérieures. Il suffit de citer le peuple algérien dans sa lutte pour l’indépendance contre l’impérialisme français, le peuple vietnamien contre l’impérialisme américain (la principale puissance militaire de la planète) ou la victoire du peuple libanais contre Israël. Aujourd’hui, la résistance du peuple ukrainien contre l’agression russe a réussi à stopper l’offensive de l’armée d’invasion (largement supérieure au plan de l’armement).

Des facteurs politiques et militaires ont été réunis pour permettre ces victoires. Premièrement, les masses opprimées et colonisées étaient prêtes à se battre héroïquement. Deuxièmement, cette lutte s’est transformée en une guerre de libération de plus en plus dure (au cours de laquelle des actions « cruelles », inévitablement, ont aussi été utilisées). Troisièmement, elles étaient entourées d’une solidarité et d’un soutien internationaux, y compris des mobilisations dans les pays impérialistes et oppresseurs eux-mêmes. Tout cela a finalement conduit à une baisse du moral et même à un effondrement de la combativité de l’armée de l’oppresseur/impérialiste parce qu’elle a réalisé qu’il n’y aurait pas d’impunité ni de « victoire facile ».

C’est une grave erreur conceptuelle que d’opposer la mobilisation des masses (la volonté politique des masses de se battre) aux actions militaires, car les deux doivent se compléter et se renforcer mutuellement. Si une action militaire n’exprime pas un besoin et une volonté des masses, elle finit par n’être qu’une « action d’appareil » isolée des masses, comme le « foco de guérilla » proposé par le guévarisme. En même temps, si la mobilisation des masses contre les oppresseurs et les colonisateurs n’atteint pas le niveau d’une lutte militaire, elle ne peut pas être menée à son terme. Elle se limite à lutter avec des « pierres et des frondes » contre des chars et des armes modernes. Elle est alors inévitablement vouée à la défaite militaire.

Même les guerres de libération ou les guerres révolutionnaires ont besoin d’organisations spécifiques (un appareil militaire) pour être menées à bien avec quelque chance de succès. De tels appareils sont nécessaires et l’essentiel pour les marxistes est qu’ils émergent des masses en lutte et soient à leur service. Prenons l’exemple de l’Armée rouge, qui a défendu la révolution russe contre l’invasion de nombreuses armées impérialistes alliées aux contre-révolutionnaires russes, ou des milices ouvrières de la COB dans la révolution bolivienne de 1952.

Le caractère de la population israélienne

Après avoir proposé au peuple palestinien de ne pas mener d’action militaire, Achcar propose comme l’un des objectifs de son « action politique » de parvenir à « l’émancipation de la société israélienne elle-même par rapport à la logique du sionisme… ». Quelque chose de similaire à ce que proposent certains courants d’origine trotskiste : une alliance entre le peuple palestinien et la classe ouvrière israélienne pour mettre fin à l’Etat sioniste.

Ces propositions sont erronées parce qu’elles sont objectivement impossibles à réaliser étant donné le caractère d’Israël et de sa population. Le point de départ de ces propositions erronées est l’incapacité à comprendre qu’Israël n’est pas un pays oppresseur/impérialiste « normal ». Israël est une enclave impérialiste. Il a été créé par les puissances impérialistes sur la base du vol et de l’usurpation du territoire palestinien et de l’expulsion violente des Palestiniens de leurs terres. Le sionisme a été l’outil utilisé par l’impérialisme pour créer cette enclave.

Sur ce territoire volé aux Palestiniens, une population étrangère (principalement des Juifs d’origine européenne, plus tard également d’autres pays) s’est installée artificiellement et continue de le faire, construisant sa vie sur les bases que nous avons décrites à propos de la création d’Israël. Les maisons dans lesquelles vivent les travailleurs israéliens, les écoles où étudient leurs enfants, les usines et les champs dans lesquels ils travaillent ont été créés sur la terre qui a été volée au peuple palestinien et dont il a été expulsé. L’ensemble de la société israélienne (y compris la grande majorité de sa classe ouvrière) en est conscient et n’est pas disposé à rendre ces terres.

Par conséquent, c’est une grave erreur de proposer de gagner la « société israélienne » (ou sa classe ouvrière) à une alliance contre la « logique sioniste » sur la base de la caractérisation selon laquelle seuls le gouvernement de Netanyahou et sa politique criminelle à l’encontre des Palestiniens expriment cette logique. Le point de départ de la logique sioniste est que « c’est très bien » que nous ayons créé Israël en expulsant le peuple palestinien et que nous, les Juifs, vivions dans « notre pays ». Cette logique considère que les Palestiniens doivent l’accepter (que ce soit « par la force ou par la ruse »). Netanyahou encourage la politique de la force. La partie de la société israélienne qui critique cette option et se mobilise contre elle propose que cette acceptation se fasse « en douceur » (par le biais de négociations et d’accords menant aux « deux Etats »). Mais tous deux partent de la « logique sioniste » de défense de l’existence de l’Etat d’Israël [8].

C’est une très bonne chose que de telles contradictions existent dans la société israélienne car, comme l’analyse Arlene Clemesha, elles « affaiblissent Israël » et son régime politique. Le peuple palestinien doit profiter de cette fragilité pour frapper encore plus fort cet ennemi « fragilisé ». Mais c’est une très grave erreur conceptuelle (dont découle une politique erronée) de croire que ces contradictions peuvent se renforcer au point de conduire à un saut qualitatif dans des secteurs massifs de la population juive d’Israël (ou de sa classe ouvrière) qui les amènerait à rompre avec la « logique sioniste ».

Par conséquent, on ne peut pas appliquer à Israël la même politique que celle que les luttes des peuples opprimés et colonisés doivent mener dans leur lutte contre les pays oppresseurs/impérialistes « normaux ». À savoir, proposer à sa classe ouvrière (et aux masses en général) une alliance contre « l’ennemi commun » (la bourgeoisie impérialiste ou oppressive de ce pays). Cette dernière politique est correcte et possible à réaliser parce que cet ennemi commun existe. Ce fut le cas, par exemple, lors de la guerre d’indépendance de l’Algérie, où la classe ouvrière française a fini par soutenir cette indépendance. Au contraire, il aurait été absolument insensé que le peuple algérien propose aux pieds-noirs une alliance contre l’impérialisme français.

Israël étant une enclave de population artificiellement installée, l' »unité nationale » pour la défense de l’enclave prend toujours le pas sur les contradictions de classe internes. Pour la classe ouvrière israélienne, la bourgeoisie israélienne n’est pas un « ennemi commun » qu’elle aurait avec le peuple palestinien, mais son alliée dans la défense de la « patrie juive d’Israël ».  

Quelques considérations en guise de conclusion

Nous sommes pleinement conscients que la supériorité militaire israélienne sur la résistance palestinienne est immense. Si on la considère isolément, le peuple palestinien n’a aucune chance de remporter une victoire militaire. Mais loin de demander au peuple palestinien d’abandonner la lutte militaire, cette supériorité exige qu’il poursuive la résistance et l’intensifie afin qu’elle devienne une « étincelle » qui déclenche la lutte révolutionnaire et militaire des peuples arabes contre Israël [9].

En réalité, il s’agit d’une « étincelle » capable de faire exploser des processus mondiaux. En effet, si Israël se voyait menacé d’être vaincu militairement et de tomber, il est très probable que l’impérialisme étatsunien interviendrait pour défendre son « allié stratégique ». Cependant, l’histoire a montré, lors des guerres du Vietnam, d’Irak et d’Afghanistan, que l’impérialisme américain peut également être vaincu sur le terrain militaire.

[1] Primeras notas urgentes sobre la contraofensiva de Hamas  – Viento Sur

[2] ¡Solidaridad con el pueblo palestino – fin a la ocupación! | Revista Movimento (movimentorevista.com.br)

[3] N. Moreno (1982): Polémica sobre Medio Oriente. (marxists.org)

[4] Cf.: Sobre los atentados de Hamas contra civiles israelíes – Liga Internacional de los Trabajadores (litci.org)

[5] Llegaron al país los primeros argentinos repatriados de Israel (elancasti.com.ar)

[6] Sur cette question, voir : Movilizaciones en Israel contra la reforma judicial de Netanyahu – Liga Internacional de los Trabajadores (litci.org)

[7] ‘Israel nunca esteve tão pressionado e encurralado’, | Internacional (brasildefato.com.br) Original en portugais (nos traductions)

[8] Cf.: Movilizaciones en Israel contra la reforma judicial de Netanyahu – Liga Internacional de los Trabajadores (litci.org)

[9] La “cuestión palestina”: punto central de la revolución árabe – Liga Internacional de los Trabajadores (litci.org)

Ces articles peuvent vous intéresser

Découvrez d'autres balises

Artigos mais populares