sam Mar 02, 2024
samedi, mars 2, 2024

Pour un 8 Mars avec les travailleuses en première ligne ! Contre le machisme et le capitalisme !

Chaque 8 mars, nous célébrons la lutte pour les droits des femmes dans le monde. Mais cette année, le 8 mars ne sera pas une date de plus au calendrier. Nous entrons dans la troisième année de la pandémie et cette catastrophe évitable, qui a démontré la criminalité du capitalisme, a été, et est encore plus cruelle envers nous, les femmes. Les raisons ne manquent pas, et s’approfondissent de plus en plus, pour descendre dans la rue et lutter contre le machisme et le capitalisme.

Par: Ligue Internationale des Travailleurs

La pandémie de la faim

La pandémie de covid-19 n’est pas encore terminée, mais nous, les femmes, héritons déjà de la faim, de la violence et du recul de nos droits. La grave crise économique a durement frappé, mais la pandémie nous a placées dans une situation encore plus difficile.

L’Organisation internationale du travail (OIT) elle-même déclare qu’en matière d’emploi, entre 2020 et 2021, les femmes sont revenues à des niveaux similaires à ceux d’il y a 15 ans. Elle estime qu’environ 64 millions de femmes dans le monde se sont retrouvées sans travail.

Les travailleuses de la santé et le personnel soignant méritent une mention à part : elles ont vu leur niveau de travail augmenter avec la pression de la crise sanitaire, et les salaires et conditions de travail se détériorer. Jusqu’à présent dans la pandémie, les réseaux de santé et les espaces de soins n’ont été améliorés par aucun gouvernement, et c’est la grande majorité des femmes qui soutiennent cette première ligne dans la lutte contre le covid, au détriment de leur santé physique et mentale.

Il ne s’agit là que des données de l’économie formelle, alors que la masse de femmes qui travaillent de manière informelle et dans des conditions précaires est élevée, ce qui génère une vulnérabilité dans l’emploi et l’accès à la nourriture; des conditions encore et toujours aggravées, jusqu’à en devenir inhumaines, pour les migrantes, les femmes noires ou les LGBTI.

Les travailleuses et les femmes pauvres sont poussées à grande vitesse vers la faim, et au besoin désespéré de nourrir leur famille. Ce niveau de chômage et de faim les expose à un plus grand danger et à une plus grande violence conjugale et intrafamiliale.

Violence en augmentation

La violence machiste continue d’augmenter à travers le monde. Récemment, l’OMS a publié un rapport alarmant indiquant que plus d’une femme sur quatre dans le monde a subi des violences de genre. Les féminicides se multiplient et les quelques lignes d’écoute ou services pour les victimes de violences sont saturés et ont une augmentation significative du nombre de plaintes depuis le début de la pandémie.

Les taux de violence varient et augmentent à mesure que les pays sont plus pauvres. Les plus exposées sont les femmes jeunes, les noires et les allochtones, ainsi que les femmes d’orientation sexuelle diverse, qui reçoivent également la haine lesbobitransphobe.

Malgré le triomphe que fut l’accès à l’avortement légal dans plusieurs pays d’Amérique latine, la violence sexuelle et le refus de l’accès à des plannings familiaux par les gouvernements continuent d’être un fait indéniable de violence. Les décès dus à l’avortement clandestin, ou la prison ou un quelconque châtiment contre celles qui y ont recours, sont toujours très élevés.

La mortalité maternelle est en hausse dans le monde ; dans certains pays elle a même doublé (en Colombie), voire triplé, à cause de décès directement liés au covid, mais principalement à cause de grossesses non désirées dues à la chute brutale des services de contraception, ce qui a conduit à une augmentation des avortements à risque et à des soins prénataux médiocres en raison de la fermeture des maternités et du détournement des ressources pour s’occuper du covid. Ces décès frappent les femmes rurales les plus pauvres et racisées et des milliers de filles.

La lutte est la seule voie

Cependant, nous ne sommes pas des victimes désarmées et les femmes sont à l’avant-garde de divers processus de lutte. Elles résistent héroïquement à l’invasion de l’Ukraine. Elles se sont prononcées avec le peuple cubain contre la dictature. En Colombie, elles ont obtenu la dépénalisation totale de l’avortement jusqu’à la 24e semaine. La dépénalisation a également avancé au Mexique et le débat est en cours au Chili.

Cela fait plusieurs années que les soulèvements de femmes jouent un rôle de premier plan dans la lutte de classe mondiale. Malheureusement, cette année, les directions féministes majoritaires ont opté pour la passivité ou les appels formels. À une époque où la lutte devient plus que jamais nécessaire, elles nous appellent à faire confiance aux gouvernements « progressistes » dont font partie de nombreuses référentes de la lutte ; et sinon, là où la droite gouverne, elles organisent des plates-formes électorales et ralentissent la lutte directe.

Malgré le fait que la présence des femmes aux postes de pouvoir soit une expression de la juste lutte que nous menons chaque jour, cette présence est non seulement insuffisante, mais est également utilisée par la bourgeoisie pour dire aux ouvrières de faire confiance à leurs gouvernements puisque ceux-ci intègrent « l’une d’elles » dans leurs rangs.

Mais ce ne sont pas ces gouvernements ou ces référentes qui nous donneront ce que nous méritons. Ce sont ces mêmes gouvernements, et souvent ces mêmes femmes, qui appliquent des plans d’ajustement, continuent de segmenter l’accès à la vaccination dans le monde, mènent des réformes du travail, n’augmentent pas les budgets de la santé et de l’éducation et, surtout, privilégient les profits plutôt que nos vies et nous condamnent au chômage, à la faim et à la violence.

Les conquêtes obtenues sont importantes et c’est pourquoi nous nous battons avec une grande ténacité, mais c’est insuffisant tant que nous continuons à vivre dans un monde capitaliste. Nous avons besoin d’une révolution socialiste pour mettre fin à ce système meurtrier, qui utilise l’oppression que subissent les femmes pour nous diviser en tant que classe et nous exploiter davantage, nous donner moins de salaires que les hommes, nous pousser dans le chômage de masse qui fait pression pour baisser les conquêtes ouvrières de la classe ouvrière dans son ensemble. Car le capitalisme fait aussi fi des tâches domestiques et de soins qu’il devrait garantir collectivement, les faisant retomber sur le dos des femmes et des travailleuses pauvres.

 

Les travailleuses en première ligne

Afin de parvenir à une lutte cohérente contre le machisme, nous ne pouvons compter que sur nos propres forces, sur la lutte dans la rue et sur la solidarité et la lutte commune de toute la classe ouvrière.

Mais dans la lutte contre le machisme et l’oppression, nous souhaitons l’appui des hommes travailleurs et nous en avons besoin, car le machisme qui opprime, humilie et surexploite les femmes sert aussi à diviser et à affaiblir la classe, autant qu’à augmenter l’exploitation de tous les travailleurs, hommes et femmes. En ce sens, nous sommes contre toutes les visions séparatistes, qui vont à l’encontre de la bataille pour que les hommes rompent avec leur propre machisme et viennent se battre avec nous.

Le combat pour nos droits doit être celui de toute la classe ouvrière, pour que nos camarades hommes cessent également de reproduire le machisme et que nos organisations combattent ce fléau dans nos files, pour que nous ayons une place dans la lutte commune. Le combat ne se mène pas séparément, il s’agit de combattre ensemble le machisme au sein de notre classe. Il n’y a pas d’issue pour en finir avec l’oppression sans démolir ce système capitaliste qui nous opprime et nous détruit.

Les femmes ukrainiennes montrent des exemples de courage et d’héroïsme. Bien que le gouvernement Zelensky leur ait ordonné de quitter le pays, beaucoup ont choisi de rester et même de revenir pour prendre les armes et combattre les soldats russes. Nous les avons vus préparer des cocktails molotov et se préparer au combat. Nous avons vu également des femmes russes se mobiliser dans leur propre pays contre l’invasion. La criminalité d’une situation de guerre frappe également plus douloureusement les femmes, et c’est pourquoi ce 8 Mars, il est nécessaire de descendre dans la rue pour la défaite de Poutine et de son invasion.

Ce 8 Mars, nous décidons de combattre, avec les travailleuses en première ligne, en appelant toute la classe ouvrière et les opprimés du monde à se battre à nos côtés, à embrasser les revendications des femmes et à participer à la construction de la lutte pour un monde socialiste.

Pour un 8 Mars de lutte !

Pour la défaite de l’invasion militaire russe en Ukraine !

Unité de la classe ouvrière contre le machisme et le capitalisme !

 

 

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