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Le coronavirus : à qui la faute ?

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Un commentaire du Partito di Alternativa Comunista (PdAC),
la section italienne de la LIT-QI
24 février 2020

Le coronavirus est un virus né dans des environnements pauvres, apparemment sur les marchés de produits de qualité inférieure de la région de Wuhan. La Chine, une dictature capitaliste impitoyable (en dépit de revendiquer le communisme, mais seulement de nom), laisse les masses populaires dans la misère la plus crasse, forcées de survivre et de se nourrir dans des environnements insalubres, où la propagation de virus et de maladies contagieuses est très facile.
Tout en défendant les intérêts des multinationales chinoises à l’étranger et ceux des étrangers présents sur le territoire chinois, le soi-disant Parti Communiste chinois (héritier des méthodes de la bureaucratie mao-stalinienne) a empêché ‑ avec des intimidations et avec la répression ‑ une réponse rapide et efficace à la contagion : il a préféré cacher le problème, espérant qu’il resterait confiné aux populations locales pauvres, afin de ne pas nuire à l’image de la caste au pouvoir.
Dans le reste du monde, après les premières alarmes, peu de gens se sont occupés d’un virus qui semblait destiné à ne massacrer que les très pauvres habitants des régions arriérées de la Chine, comme ce fut le cas auparavant avec l’Ebola en Afrique. Mais lorsque la contagion a commencé à se propager aux pays plus riches, l’attention des médias a explosé, tout à coup prêts à alimenter le marché de la peur.
En Italie, en ce moment, les cas de contagion ‑ et de décès ‑ augmentent. Ces événements tragiques sont le reflet d’un problème que nous avons toujours dénoncé, et qui émerge de façon dramatique dans des situations comme celles-ci : un système social et politique qui massacre la santé publique, qui laisse mourir la recherche scientifique, privant ainsi la collectivité et les masses populaires de la possibilité de se défendre contre une urgence comme celle-ci, un système qui ne peut offrir aucun avenir aux nouvelles générations (et encore moins aux anciennes).
Les gouvernements bourgeois, nationaux et locaux, si zélés quand il s’agit de résoudre les problèmes comptables des banquiers et des industriels, injectant des milliards de fonds publics, démontrent en ce moment toute leur soumission au dieu du profit : ils proclament la fermeture des activités productives seulement dans quelques communes, alors qu’ils sont bien conscients de la rapidité de la propagation du virus. Dans la plupart des zones à risque de contagion, seuls les écoles, les théâtres et les églises sont fermés, tandis que les usines restent ouvertes afin de ne pas toucher aux revenus des capitalistes. Dans le capitalisme, les profits comptent plus que la santé de millions de vies humaines : ces évènements le démontrent une fois de plus.
Ce n’est pas notre intention de jouer les Cassandra1 ou d’en rester au « nous l’avions dit ». Nous sommes des prolétaires, et nos vies et celle de nos proches sont également en danger. (Nous savons bien que les riches ont des ressources que nous n’avons pas, pour échapper à contagion et pour se faire soigner dans une luxueuse clinique privée.) Cependant, il faut se rappeler que les maladies virales sont, oui, des phénomènes biologiques naturels, mais leur propagation et les conséquences de celle-ci ne sont pas des phénomènes purement « naturels », elles sont toujours le produit de l’action humaine et de l’organisation de la société : les souffrances les plus grandes retombent sur les classes opprimées. C’est pourquoi nous exprimons avant tout notre solidarité avec les travailleurs de la santé et des transports qui, de nos jours, sont plus à risque que les autres (et qui, dans de nombreux cas, n’ont même pas reçu les moyens de protection nécessaires contre la contagion, comme l’ont rapporté certains syndicats) ; et nous réitérons la nécessité de détruire ce système économique pourri, qui entraîne l’humanité vers la catastrophe. En ce moment également, il convient de rappeler une nécessité urgente : la construction de cette direction révolutionnaire qui, seule, peut sauver la planète et l’humanité de la dévastation.
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1 Une déesse de la mythologie grecque qui faisait des prédictions de mauvais augure. [NdT]

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