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dimanche, février 25, 2024

À bas la « mobilisation » forcée et les « référendums » de Poutine ! Redoublons le soutien à la résistance ukrainienne !

Par: LIT-QI, le 25 septembre

L’avancée des troupes ukrainiennes dans la région de Kharkiv représente un revirement majeur dans la guerre de Poutine : l’occupation rapide et « facile » par les « forces spéciales » et les mercenaires a été mise en échec. La réponse de Poutine : imposer un faux référendum sous les bottes et les fusils des troupes d’occupation et décréter la conscription forcée en Russie ! C’est une réaction à cette défaite.

Si la tâche de boycotter et d’entraver la tenue du faux référendum en Ukraine est urgente, il n’est pas moins important de redoubler le soutien militaire à la résistance ukrainienne afin de poursuivre l’offensive : Des armes pour la résistance ukrainienne !

Poutine transforme maintenant sa guerre contre le peuple ukrainien en une guerre contre le peuple russe et les peuples de la région. La réponse massive contre la mobilisation forcée est la réponse du peuple russe : 1300 arrestations ; des actions de mécontentement dans les commissariats militaires, dans les régions des nationalités opprimées de Russie comme le Daghestan et le Caucase ; exode majeur de ceux qui peuvent faire défection. Tout cela est probablement la pointe de l’iceberg d’une rupture plus profonde avec le gouvernement de Poutine.

24 septembre 2022

L’avancée des troupes ukrainiennes dans la région de Kharkiv est le fait militaro-politique décisif de la nouvelle situation de guerre ; la défaite de Poutine et l’intégrité territoriale de l’Ukraine dépendent de la poursuite du changement dans l’équilibre des forces militaires sur le terrain.

L’annonce de ces « référendums » vise à tenter de légitimer la mobilisation de l’armée russe pour reprendre l’occupation militaire des zones perdues et la menace d’utiliser à terme toute sa puissance militaire, y compris l’option nucléaire, dans ce qui deviendrait, selon lui, une guerre de défense du territoire russe.

Poutine, de plus en plus isolé sur le plan international, a besoin d’une « victoire » partielle dans une guerre qui a déjà échoué dans ses objectifs. Et c’est pourquoi son escalade accroît l’oppression dans la région, car la « mobilisation » est aussi une agression contre le prolétariat de la région, et en particulier contre le prolétariat biélorusse sous la dictature du collaborationniste Loukachenko.

D’autre part, les impérialismes étasunien et européen veulent éviter l' »humiliation » de Poutine et l’effondrement de son régime, tout en ayant besoin de mettre fin à une guerre économiquement coûteuse en raison de la crise énergétique et de l’hiver à venir. C’est-à-dire qu’ils placent leurs intérêts au-dessus de ceux du peuple ukrainien.

Soutenir la résistance ukrainienne !

Nous devons dénoncer le faux référendum comme une manœuvre visant à légitimer une annexion et une occupation des territoires ukrainiens du Donbass et du Sud du pays, et à en poursuivre le pillage. Ces référendums sont organisés sans aucune garantie démocratique ; au contraire, il s’agit de voter sous les bottes et les fusils des troupes d’occupation.

La Russie s’est emparée de l’une des parties les plus riches du territoire ukrainien, en termes de gisements minéraux et de métaux précieux (titane, or, lithium et charbon), valant des milliards de dollars, et de ressources énergétiques (gaz et pétrole). [1] À cette fin, elle s’est emparée des usines et des mines, de même que les oligarques ukrainiens associés aux Russes se sont emparés des récoltes produites par les paysans ukrainiens ;  et elle a imposé un régime dictatorial dans les zones occupées sans aucune liberté démocratique réelle, et encore moins la liberté d’organisation ou de circulation. Poutine a imposé des maires et des gouverneurs fantoches triés sur le volet à la solde de l’État russe, excluant les Ukrainiens des écoles et renouant avec le passé raciste et colonial d’oppression du peuple ukrainien. Il s’agit de zones d’occupation administrées militairement comme des camps de détention.

Face à ces référendums, qui visent à légitimer une annexion, nous devons soutenir inconditionnellement toutes les initiatives et les mobilisations possibles du peuple ukrainien pour les boycotter et en entraver la tenue dans les zones occupées, et nous devons redoubler le soutien militaire à la résistance ukrainienne.

Les impérialismes étasunien et européen ont annoncé et célébré la livraison de plus d’armes, en votant des milliards de budgets d’aide militaire aux proportions historiques. Leur propagande de guerre est très claire : la contre-offensive doit servir à affaiblir militairement l’appareil militaire russe autant que possible, sans étendre le conflit. Mais la propagande ne se traduit pas par la livraison des armes lourdes nécessaires à la résistance ukrainienne. Il s’agit de budgets destinés à réarmer leurs propres armées et à stimuler l’industrie de l’armement dans leurs pays respectifs. Ils promettent des armes encore à produire, sachant que la plupart d’entre elles arriveront l’année prochaine, mais la résistance a besoin d’armes aujourd’hui.

De plus, les budgets militaires astronomiques se heurtent de plus en plus à la réalité quotidienne des travailleurs de ces pays, victimes de l’inflation galopante et des politiques d’austérité, ce qui provoque des débordements comme la grève en Grande-Bretagne. C’est pourquoi nous devons continuer à nous mobiliser dans tous les pays en faveur du mot d’ordre « des armes pour l’Ukraine », et lutter en même temps contre le réarmement des armées impérialistes et l’expansion de l’OTAN.

En Ukraine en particulier, nous devons exiger du gouvernement Zelensky qu’il remette des armes à la résistance ouvrière et populaire organisée dans le cadre des « Défenses territoriales » et qu’il suspende immédiatement les mesures anti-ouvrières adoptées ce printemps et cet été, qui constituent un coup de poignard dans le dos des travailleurs en pleine guerre et affaiblissent matériellement et moralement les efforts de guerre de la résistance.

C’est pourquoi, en réponse aux « référendums » en Ukraine et à la « mobilisation » forcée en Russie, d’amples mesures sont nécessaires pour renforcer la lutte pour la libération complète du pays :

• Développement de l’organisation militaire : formation générale de la population au maniement des armes ;

• Mise en œuvre de la production dans les usines, des armes et produits nécessaires, dans le cadre d’un plan unique de défense nationale.

• Approvisionnement complet, pour tous les besoins, des travailleurs au front et de leurs familles à l’arrière ; arrestation avec confiscation de biens de tous les revendeurs de l’aide humanitaire ; abolition de toutes les lois anti-ouvrières dictées dans l’intérêt des oligarques par le gouvernement Zelensky.

Pour réaliser ces mesures, les tâches de défense au front et à l’arrière doivent être placées entre les mains de la classe ouvrière, qui doit avancer dans l’organisation de sa lutte et de sa résistance à l’invasion russe sans compter sur Zelensky ; la seule façon de gagner est l’organisation des travailleurs indépendamment du gouvernement.

Soutien total aux protestations du peuple russe contre les mobilisations.

Poutine a l’intention d’envoyer les travailleurs à l’abattoir afin de préserver son pouvoir et de défendre les intérêts du Service Fédéral de Sécurité [2] et des oligarques. Avec ses mesures de mobilisation partielle, la première depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, il entend augmenter drastiquement l’armée d’occupation et utiliser la classe ouvrière russe comme chair à canon pour poursuivre la guerre (comme le réclament depuis longtemps les secteurs les plus ultras de son régime). En réalité, cette fuite en avant pour que le conflit se prolonge jusqu’à l’hiver (ce qui est dans l’intérêt de Poutine étant donné son bras de fer avec l’UE concernant les prix du gaz) revient à reconnaître la défaite de sa stratégie de prise de contrôle des territoires ukrainiens par des forces mercenaires issues des couches marginales, embauchées dans les prisons en échange d’une purge de la peine ou par des sociétés privées. En d’autres termes, l’occupation rapide et « facile » n’utilisant que des « forces spéciales » a été mise en échec.

L’idée que Poutine ne massacre que des Ukrainiens, tout en protégeant soi-disant le peuple russe, est profondément erronée. Pour le régime oligarchique de Poutine et du Service Fédéral de Sécurité, la vie des travailleurs russes est la même poussière que celle des travailleurs qu’ils ont tués en Ukraine, en Syrie, au Kazakhstan, en Tchétchénies ; ou des travailleurs du Bélarus sous la dictature de Lukashenko. Selon certaines sources, on estime qu’entre 50 000 et 70 000 soldats et mercenaires russes sont morts au cours de ces 7 mois de guerre.

La crise morale et politique au sein des troupes russes est réelle, plusieurs sources soulignant, par exemple, que les mobilisés sont envoyés au front sans équipement ni uniforme, et que ce sont les soldats eux-mêmes qui doivent les acheter, souvent avec les contributions des familles. Poutine a proposé une aide financière de l’État aux personnes mobilisées pour refinancer les prêts et les dettes de ceux qui sont appelés au front, et a imposé des sanctions sévères aux déserteurs. Ces déserteurs ou les soldats qui refusent de se battre sont désormais passibles de peines pouvant aller jusqu’à dix ans de prison. Et ce sont les dirigeants et les mandataires des entreprises alliées au gouvernement qui décident aujourd’hui qui va au front pour se battre.

L’escalade de Poutine a qualitativement accru le mécontentement à l’égard du gouvernement ; des sections de la classe ouvrière se rendent compte que le régime de Poutine est prêt à les envoyer au front pour mourir dans une guerre qui ne défend pas leurs intérêts, mais ceux des oligarques. Il y a de la nervosité et de l’incertitude entre des secteurs de la bourgeoisie et le commandement militaire. La preuve principale que les travailleurs russes ne veulent pas aller se battre en Ukraine sont les nouvelles mobilisations spontanées dans 38 villes au lendemain de l’annonce de Poutine, où il y a eu plus de 1300 arrestations ; ainsi que l’exode important de ceux qui peuvent déserter, les billets d’avion étant manquants. [3] Il y a également eu des actions de mécontentement dans les commissariats militaires des régions des nationalités opprimées de Russie, comme le Daghestan et le Caucase. [4]

Ces actions sont probablement la pointe de l’iceberg d’une rupture plus profonde des masses russes avec le gouvernement de Poutine, une rupture qui ne peut pas s’exprimer à court terme par des mobilisations de masse, en raison du caractère hautement répressif du régime. C’est pourquoi nous devons organiser une grande campagne de solidarité avec les militants russes qui manifestent contre la guerre et avec les soldats qui choisissent de ne pas aller au front ou de déposer les armes, en organisant des manifestations de soutien et en demandant la libération de tous les prisonniers politiques en Russie. Les mobilisations de masse et les grèves des travailleurs contre les agressions militaires de leurs gouvernements ont historiquement joué un rôle clé dans la défaite du front envahisseur lors des guerres.

La guerre en Ukraine sera également gagnée par l’affaiblissement du régime sanglant de Poutine par son propre peuple. La guerre de Poutine contre le peuple ukrainien se transforme en une guerre contre les travailleurs russes eux-mêmes. La défaite de Poutine dans cette guerre est une bonne chose pour les travailleurs russes. Y compris la défaite de la « mobilisation ».

Pour les travailleurs et le peuple du Bélarus, cela signifie que de nouvelles unités peuvent renforcer l’occupation de ce pays, afin d’accroître l’agression contre l’Ukraine à partir de ce territoire sous le collaborationnisme de Loukachenko et sous le prétexte de « remplir les obligations des alliés » lors d’une attaque « contre la Russie » (en fait, contre des territoires occupés et annexés par la Russie avec de faux référendums). Loukachenko ne cesse de déclarer : « nous sommes avec la Russie », « nous ne permettrons pas que la Russie soit poignardée dans le dos », « nous avons des forces armées communes ». La guerre à grande échelle dans laquelle le gouvernement biélorusse est impliqué et le jeu de pression croissant vont inévitablement affecter encore plus le Bélarus. Toute menace pour l’Ukraine est également une menace pour le Bélarus. La dictature et la dépendance du Bélarus sont inextricablement liées à la victoire de l’Ukraine sur les occupants ; c’est pourquoi nous disons que la lutte des Ukrainiens est la lutte du peuple du Bélarus.

Pour la défaite militaire de Poutine, ou pour une « paix juste pour toutes les parties » ?

Il ne fait aucun doute que les États-Unis et l’UE veulent affaiblir l’État dans la région qu’ils aspirent à contrôler. Lorsqu’ils parlent d’une « paix juste pour toutes les parties », Biden et Macron suggèrent à Poutine une issue qui se fera inévitablement aux dépens de l’Ukraine, puisqu’ils ne se sont jamais engagés à défendre jusqu’au bout la souveraineté nationale de ce pays.[5] Poutine et les gouvernements impérialistes de l’OTAN, tout en se disputant le contrôle de l’Ukraine, ont collaboré à la répression des soulèvements ouvriers en Ukraine et dans les territoires de l’ex-URSS. Les gouvernements occidentaux craignent la victoire totale du peuple ukrainien sur eux, ils craignent la classe ouvrière armée d’Ukraine, qui ne renoncera pas à l’indépendance du pays et ne voudra probablement pas travailler pour les oligarques et la finance occidentale.

Ce que l’impérialisme et Zelensky craignent le plus, c’est que ce soient les travailleurs ukrainiens, biélorusses et russes qui prennent le contrôle de la situation pour lutter pour leurs intérêts. Actuellement, le plus important pour consommer la défaite militaire de Poutine est la rapidité de l’offensive ukrainienne pour empêcher la réorganisation des troupes d’occupation. A défaut, ce seraient les « moyens diplomatiques », dans le dos du peuple ukrainien, qui mèneraient la danse, en réaction contre la lutte armée de la classe ouvrière pour défendre la souveraineté nationale pleine et entière.

C’est pourquoi nous affirmons qu’il n’y a pas d’issue juste « pour toutes les parties », car l’issue « juste » que nous défendons est la victoire de la résistance ukrainienne et la récupération de l’ensemble de son territoire national pour affirmer son indépendance, ce qui serait une victoire non seulement pour le prolétariat ukrainien, mais également pour tous les peuples de la région opprimés par la Russie et pour le prolétariat russe qui serait encouragé à se soulever contre le dictateur cruel faisant fonction de président. Une telle issue serait également une défaite catégorique pour Poutine et la bourgeoisie russe, tout comme pour les intérêts de l’impérialisme étasunien et européen en Ukraine.

Pour nous, une paix juste est une paix sans annexions, et sans l’endettement économique que le FMI et l’UE imposent à l’Ukraine. C’est-à-dire une paix qui établit une Ukraine libre, souveraine et réellement indépendante. Et cette paix ne peut être garantie aujourd’hui que par le prolétariat ukrainien en alliance avec les prolétariats de la région, de la Russie, de l’Europe et des États-Unis.

Pour la défaite de Poutine ! Tous pour la victoire de l’Ukraine !

À bas les « référendums » et la « mobilisation » ! Libération immédiate de tous les prisonniers politiques en Russie !

Des armes pour la résistance ukrainienne, maintenant ! Solidarité matérielle avec la classe ouvrière ukrainienne !

Pour une Ukraine souveraine, libre et indépendante ! Aucune annexion ! Non à l’endettement ! Dissolution de l’OTAN et de l’OSTC !

___________________

[1] https://www.washingtonpost.com/world/2022/08/10/ukraine-russia-energy-mineral-wealth/

[2] Le FSB, la police politique héritière de la KGB. Voir https://litci.org/es/rusia-bajo-putin/

[3] https://www.aljazeera.com/news/2022/9/21/russian-group-calls-for-protests-against-putins-war-mobilisation

[4] https://www.npr.org/2022/09/23/1124678888/russia-ukraine-military-draft-protests-flight

[5] Ce que le président turc Erdogan, chargé de négocier une paix entre les deux parties, a dit tout haut à l’occasion de l’Assemblée des Nations unies de cette semaine est peut-être ce que Washington et l’UE pensent tout bas : « Nous avons besoin d’une sortie de crise digne et cela n’est possible que par une solution diplomatique rationnelle, équitable et applicable. » https://www.nytimes.com/video/world/100000008543509/erdogan-turkey-united-nations.html

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