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Tout soutien à la lutte des travailleurs pour une pension à 100 % du salaire

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Le gouvernement a montré une fois de plus qu'il était contre les travailleurs, en appuyant le maintien d'une Loi des pensions dans laquelle aucune cotisation tripartite n'est prévue et où le montant de la pension ne représente que 60 % du revenu.

La direction de la COB a rejeté la proposition du gouvernement et a déclaré la générale grève illimitée, avec barrages routiers, à partir du lundi 6 mai. Bien que les manifestations aient commencé avec beaucoup de faiblesse, elles se sont intensifiées au cours des trois derniers jours. Et la décision d'Huanuni de se joindre à la grève lors d'une assemblée de plus de 5000 mineurs, et le blocage de Caihuasi par des milliers de mineurs, sont des faits de grande importance.

La lutte pour une nouvelle Loi des pensions, favorable aux besoins des travailleurs, est l'occasion pour de nombreux secteurs de la classe populaire de se rendre compte que la politique de ce gouvernement est toujours dirigée contre les travailleurs. La direction de la COB, avec Juan Carlos Trujillo à sa tête, a l'obligation de mettre en échec la proposition du gouvernement, par des manifestations, dans la rue. Une grève générale est donc très bienvenue. Mais cette grève doit se construire dans chacun des syndicats des secteurs affiliés à la COB. Il faut répéter ce qui a été fait à Huanuni. Il faut sensibiliser tous les travailleurs concernant la nécessité de lutter pour une nouvelle Loi des pensions, et leur montrer que cette lutte peut aboutir à une grande victoire pour améliorer les conditions de vie et de retraite des familles de travailleurs.

Evo et le MAS sont durs avec les travailleurs mais serviles avec les multinationales, les patrons des coopératives et le sommet militaire

Au cours de la première semaine de grève générale illimitée avec barrages routiers, décrétée par la COB pour demander une pension égale à 100 % du salaire sur la base des 12 dernières fiches de paie, le gouvernement d'Evo Morales a lâchement attaqué les travailleurs dans différentes régions du pays, en particulier dans la ville de Cayhuasi, dans le meilleur style du gouvernement de Gonzalo « Goni » Sanchez de Lozada et des gouvernements néolibéraux antérieurs. Il a ordonné l'arrestation d'au moins 23 dirigeants et travailleurs de base, contre lesquels une poursuite pénale est envisagée, dans le but d'intimider la lutte. Après cela, Evo Morales est venu déclarer, lors d'une conférence de presse, qu'il ne pensait pas répondre à la revendication d'une pension digne pour les travailleurs boliviens, « peu importe ce qu'ils font et ce qu'ils disent ».

Cependant, cette attitude arrogante et autoritaire est en contraste avec l'attitude servile et docile qu'Evo Morales lui-même a adopté en décrétant le « gasolinazo » en décembre 2010, une mesure « pour encourager les compagnies pétrolières internationales à produire ». Après avoir été contraint par le peuple en lutte de retirer la mesure, il a commencé à octroyer une série de privilèges à ces compagnies. Son attitude arrogante et autoritaire est également en contraste avec l'attitude de soumission qu'Evo entretient avec les sociétés minières multinationales, comme le groupe japonais Sumitomo, qui détient la mine de San Cristobal et à qui il a permis de piller nos richesses. Sans parler des patrons de la coopérative minière, pour qui il vient d'approuver une Loi des coopératives qui leur accorde des privilèges et des exemptions d'impôt et qui leur permet même de créer leurs propres systèmes de sécurité sociale, en légalisant ainsi la situation d'exploitation et de marginalisation subie par des milliers et des milliers de travailleurs peu qualifiés, par une poignée de partenaires « patrons » de la coopérative. Ce favoritisme et cette servilité concernent aussi les chefs militaires, qui bénéficient bien, eux, d'une pension de retraite à 100 %.

Il faut mettre en échec la répression policière et la campagne de diffamation par la mobilisation dans la rue et sur les routes et par la grève générale. Malgré la répression et les détentions enregistrées la semaine précédente, la mobilisation n'a pas cessé et la grève générale s'est renforcée par l'intégration progressive de différents secteurs, ce qui démontre l'identification complète des différents secteurs du travail avec une exigence équitable.

En outre, le gouvernement et ses ministres ont lancé une campagne de désinformation et de diffamation, dénonçant le fait que la lutte serait orientée uniquement vers le bénéfice des mineurs et se justifiant en disant que les exigences des travailleurs conduiraient à un système de retraite non viable. Face à cette campagne de mensonges, la direction de la COB doit réfuter avec détermination la thèse du gouvernement et confirmer que notre lutte est bien pour la retraite à 100 % du salaire pour tous les secteurs, alors que les propositions faites par le gouvernement visent à préserver la Loi des pensions actuelle (n°065) et à maintenir ainsi l'aspect néolibéral du régime de capitalisation individuelle, dont aucun travailleur actuellement en âge de la retraite ne veut car il n'apporte qu'un revenu misérable. La seule façon d'avoir un système de retraite solide et viable est le rétablissement des contributions tripartites – Travailleurs, Patrons, Etat – sous le contrôle des travailleurs, ce qui assurerait des fonds suffisants ainsi qu'un contrôle contre les agressions et la corruption des bandes du MAS.

Vu les manœuvres dilatoires du gouvernement avec des prétextes en tout genre pour suspendre encore et encore les négociations, nous devons approfondir la mobilisation, comme le font les mineurs d'Huanuni et de Colquiri, les enseignants en milieu rural, les enseignants urbains, les travailleurs de la santé, les ouvriers et les employés municipaux et d'autres secteurs, en occupant les rues et les routes, jusqu'à obtenir une retraite à 100 %.

Par conséquent, la direction actuelle de la COB devrait promouvoir l'organisation d'assemblées de base et de conseils sectoriels élargis, notamment dans les secteurs qui n'ont pas encore adhéré entièrement à la grève générale, pour les informer sur l'importance de la demande et pour approuver des mesures pour leur intégration complète dans la lutte.

Le Comité politique du Parti des Travailleurs doit se prononcer et appeler au renforcement de la lutte

En tant que travailleurs boliviens, nous avons fait un grand pas en avant à Huanuni, les 7 et 8 mars, en décidant de former notre propre instrument politique, le Parti des Travailleurs (PT). Ce puissant outil doit servir à la lutte, et non pas seulement aux élections. La direction provisoire, à la tête de la commission politique, doit donc appeler tous les travailleurs à se joindre à la grève générale et à la mobilisation active, jusqu'à l'obtention d'une pension de 100 %.

* Section bolivienne de la LIT-QI

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