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« Lorsqu’un dirigeant populaire est attaqué, ce n’est pas une personne qui est attaquée, mais l’ensemble des organisations. »

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Nous reproduisons ici l’article de Sebastián Moyano du 20.10.2018 paru sur le site de la Confédération des Travailleurs d’Argentine autonome de la région de Buenos Aires. (lien vers l’article original en espagnol)

Une Journée a eu lieu pour la libération du dirigeant du syndicat du pétrole de Chubut, inculpé après la manifestation massive organisée contre la réforme des retraites le 18 décembre 2017. L’acquittement des travailleurs du pétrole de Las Heras et la fin de la persécution contre Sebastián Romero, Oscar De Isasi, Francisco Banegas, Alejandro Villarruel et l’ensemble des organisations des travailleurs et des combattants populaires étaient également exigés à cette occasion. L’activité s’est déroulée dans la Tente que les ouvriers du chantier naval de Rio Santiago ont dressée sur la Place San Martín.

Daniel Ruiz a été arrêté le 12 septembre alors qu’il rentrait d’une mobilisation en faveur des travailleurs du chantier naval de Rio Santiago. C’est l’un des militants que le juge Sergio Torres a identifiés dans « un groupe d’individus » qui aurait « profité » de la protestation et aurait jeté des pierres pour se défendre contre des balles de la police, sur la base de preuves et de témoignages fournis par des personnes en uniforme, et de travaux de renseignement.

Mauricio Ruiz, frère de Daniel et militant du Parti Socialiste des Travailleurs Unifié (PSTU), y a dit :

« Les forces répressives ont les mains ensanglantées avec les cas de Santiago Maldonado et de Rafael Nahuel, comme des cas les plus emblématiques. Et l’objectif poursuivi par Macri, via la ministre Bullrich, est de discipliner ceux qui osent remettre en question ce statu quo que le macrisme veut imposer, afin que nous supportions sans nous plaindre l’ajustement et la diminution des salaires. Et il y a en outre une question de revanchisme : si vous êtes contre eux, ils feront tout ce qui est nécessaire pour vous détruire. » Mauricio prend comme exemple Moyano « qui, au début de l’administration, n’a pas montré d’opposition, mais quand il a commencé à remettre en question les politiques d’ajustement, ils ont commencé à chercher une cause pour le mettre en prison. C’est clairement une politique de chantage : si vous n’êtes pas avec moi, je vais vous emprisonner. Dans le cas de mon frère, il y a un chantage par le gouvernement pour faire comparaître Sebastián Romero, qui est persécuté. »

Et Mauricio Ruiz continue : « le gouvernement cherche à intervenir à travers les médias, qui sont devenus non seulement des porte-parole, mais également des constructeurs d’une réalité que de nombreux secteurs de la population ont malheureusement pris comme la leur. Ce qu’il essaie de faire, c’est de pouvoir enlever aux travailleurs la capacité de s’organiser. C’est pourquoi la première chose qu’ils cherchent à faire est d’emprisonner les dirigeants syndicaux, les dirigeants sociaux. Et s’ils ne peuvent pas trouver une cause, ils l’inventent, comme c’est le cas avec Colo De Isasi et Pancho Banegas. Ils cherchent à créer l’idée que les syndicalistes ne travaillent pas, qu’ils vivent du syndicat. Il est nécessaire de comprendre que l’attaque contre les dirigeants syndicaux est en réalité une attaque contre l’organisation syndicale. Et dans le cas des mouvements sociaux, la situation est pire, car l’attaque cherche à empêcher les pauvres des quartiers de s’organiser. C’est ce qui s’est passé avec Milagro Sala : ils cherchent à installer l’idée que nous, les pauvres, nous ne pouvons pas construire nos propres maisons ou gérer nos propres vies. Lorsqu’un dirigeant populaire est attaqué, ce n’est pas une personne qui est attaquée, mais l’ensemble des organisations. »

De tout ce qui pourrait arriver en prison à Daniel Ruíz, sa famille rend responsable la ministre Bullrich, « ainsi que le président Macri, qui soutient ce type de pratiques qui consistent à méconnaître les droits de ceux qui luttent pour de meilleures conditions de vie. »

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