Home Syrie La révolution syrienne après les attentats de Paris, et la nouvelle offensive...

La révolution syrienne après les attentats de Paris, et la nouvelle offensive de l’impérialisme et de la Russie.

La révolution syrienne a commencé il y a quatre ans, en mars 2011. Dès la fin de 2014, le régime d’Assad a renforcé son offensive sur les rebelles et le peuple syrien, en bombardant les zones rebelles avec des milliers de barils d’explosifs qui ont fait déjà plus de vingt mille morts. En septembre 2015, la Russie est intervenue militairement pour soutenir le régime du dictateur. Et fin octobre 2015 est organisée à la va-vite cette conférence deVienne sous la houlette des Etats-Unis, avec les puissances Européennes, l’Arabie Saoudite, la Chine et la Russie, pour réunir les deux camps en guerre afin de trouver une « transition vers la paix ». Les attentats de Paris du 13 novembre dernier, revendiqués par Daesh (l'Etat islamique), viennent de mettre brutalement la révolution syrienne dans l'actualité. Voici un entretien, réalisé par Florence Oppen, militante de la LIT, avec Joseph Daher, membre du Courant révolutionnaire de Gauche en Syrie et fondateur du blog Syria Freedom Forever

 

Florence Oppen : Ce processus de « déviation » de la révolution syrienne vers un gouvernement de transition, planifié dans la Conférence de Vienne, a-t-il été accéléré par les attentats de Paris ?

Joseph Daher : La question d’un gouvernement de transition a été accélérée par les attentats de Paris, mais cette option est en fait beaucoup plus vieille et a quasiment toujours été l’option préférée des différents impérialistes. Depuis le début du soulèvement en Syrie, l'objectif des Etats-Unis et des puissances occidentales n’a jamais été d’aider les révolutionnaires syriens ou de renverser le régime d’Assad. Au contraire, les Etats Unis ont essayé de parvenir à un accord entre le régime d'Assad (ou une section de celui-ci) et l’opposition liée à des régimes occidentaux et des monarchies du Golfe (qui ne sont pas représentatifs du mouvement populaire et sont complètement corrompus). C’est ce qu’on appelle la « solution yéménite » : maintenir le régime tel qu’il est et faire des changements superficiels.
Pour rappel, la Résolution 2254 adoptée en 2015 à l’unanimité par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU [1] reprend pour son compte le Communiqué final du Groupe d'action pour la Syrie de Genève, du 30 juin 2012, [2] qui n'exclue nullement qu'Assad soit à la tête d’un gouvernement de transition ; le seul critère pour la formation de ce gouvernement de transition serait le « consentement » de la délégation de l’opposition, de même que les délégués représentant le régime d'Assad pourraient refuser la participation de personnes désignées par l’opposition.
De plus, l’absence de tout soutien logistique et assistance militaire décisive des Etats-Unis ou des pays occidentaux pour les révolutionnaires syriens est une autre preuve de ce manque de volonté pour tout changement radical en Syrie.

F.O. : Quel a été l’impact de l’intervention militaire de la Russie et son rôle dans le processus révolutionnaire syrien ? La Russie veut-elle uniquement éliminer Daesh ?

J.D. : L’engagement militaire de la Russie en Syrie a augmenté d'un cran le 30 septembre 2015, avec les premiers raids de son aviation. A la fin de l’été 2015, ce pays avait déjà considérablement élargi son implication militaire au côté du régime d'Assad, notamment en fournissant de l'entraînement et du soutien logistique à l’armée syrienne. Le 17 septembre 2015, cette armée a commencé à utiliser de nouveaux types d’armes aériennes et terrestres fournies par la Russie, et des photos satellites prises à la mi-septembre montrent le développement de deux installations militaires supplémentaires de forces russes en Syrie, à proximité de Lattaquié. [3]
La Russie joue un rôle fondamental dans la survie du régime d’Assad : elle est son principal fournisseur d’armes et, depuis janvier 2014, elle n’a fait qu’augmenter l’envoi de matériel militaire (munitions, armes, véhicules blindés, drones, bombes guidées, etc.).
La propagande autour de la « guerre contre le terrorisme », lancée par l’Etat russe, est un moyen de soutenir politiquement et militairement le régime d’Assad et d'écraser toute forme d’opposition en Syrie. Poutine voudrait que les différents acteurs internationaux impérialistes occidentaux considèrent Assad comme le seul acteur capable de les aider dans leur lutte contre le « terrorisme ».
Les objectifs des bombardements russes sont clairs : sauver et consolider la puissance militaire et politique du régime d'Assad. Le 28 septembre, à la veille du début des raids aériens, le président russe Vladimir Poutine a dit : « Il n’y a pas d’autre manière de mettre fin au conflit syrien qu’en renforçant les institutions de l’actuel gouvernement légitime, dans leur combat contre le terrorisme. » [4]
En d’autres termes, Poutine en appelle à écraser toutes les formes d’opposition au régime d’Assad, qu'elles soient démocratiques ou réactionnaires, dans le cadre de cette soi-disant « guerre contre le terrorisme ».
Tous les régimes autoritaires ont utilisé ce même genre de propagande pour réprimer les mouvements populaires ou des groupes d’opposition à leurs pouvoirs : Assad contre le mouvement populaire, depuis le premier jour de ce soulèvement ; le dictateur Sissi en Egypte pour réprimer notamment les Frères musulmans, mais aussi la gauche progressiste et les mouvements démocratiques (tels que les Socialistes révolutionnaires, le mouvement du 6 avril, etc.) ; la répression d’Erdogan contre le PKK et divers mouvements de gauche ; ou, pour donner un dernier exemple, l’usage de la force de la part des monarchies du Bahreïn et de l’Arabie saoudite contre les manifestants et les mouvements populaires qui s’opposaient à leurs régimes dictatoriaux.
Selon le Centre de documentations des violations (VDC) en Syrie, depuis le début des opérations militaires russes, le 30 septembre 2015, 80 % à 90 % des frappes russes ne visaient pas des zones contrôlées par l’EI, tandis que plus de 520 civils ont été tués par l’aviation russe et environ 100 000 personnes ont dû quitter leurs régions du fait des bombardements russes, qui auraient également détruit une dizaine d’hôpitaux, des usines à pains, des centres d’eaux potables, des marchés populaires, etc. [5]
Après les attentats de Paris, Moscou a ostensiblement visé davantage les djihadistes, mais elle continue à frapper des groupes de l’ASL et des civils. Par exemple, le 28 novembre 2015, l’aviation militaire russe a bombardé dans la province d’Idlib un dispensaire de soins contenant une boulangerie qui produisait plus de 130 000 kg de pain par mois et un centre d’eau potable qui approvisionnait environ 50 000 personnes. De nombreux quartiers populaires à Alep et dans la campagne autour d'Alep et d'Idlib ont été la cible des bombardements russes.

F.O. : Et l’intervention militaire française aujourd’hui en Syrie ? Comment l’analyses-tu ?

J.D. : La France a intensifié ses frappes depuis les attentats du 13 novembre et mobilise dorénavant 3 500 militaires, déployant en Méditerranée orientale son porte-avions Charles-de-Gaulle qui triple depuis le 23 novembre ses capacités d’action. [6]
Les premières frappes de l’aviation militaire française en Syrie contre l’EI eurent lieu avant les attentats de Paris, en septembre 2015, près de la ville de Deir Zor. Les autorités françaises justifiaient ces bombardements en disant qu'ils ciblaient « les sanctuaires de Daesh où sont formés ceux qui s’en prennent à la France », et en prétextant la « légitime défense ». [7] Après le 27 septembre, quatre autres séries de frappes eurent lieu en Syrie contre l’EI, dans le cadre de l’opération « Chammal ». Cette opération, constituée en Irak depuis septembre 2014 à la demande du gouvernement de Bagdad, dans le cadre de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, s'est élargie en septembre 2015 à la Syrie, où elle a jusqu’ici refusé toute collaboration avec le régime de Bachar al-Assad. Elle rassemble une soixantaine de pays, dont le Royaume-Uni, la France, les voisins arabes de la Syrie et la Turquie. Elle a exclu d’intervenir directement au sol, mais elle a envoyé des soldats pour former les troupes irakiennes et kurdes, et des forces spéciales. Moins d’une douzaine de ses pays membres effectuent des raids aériens (quelque 8 300 depuis un an, assurés à plus de 80 % par les Etats-Unis). [8]
Depuis les attentats, la France a appelé les autres Etats occidentaux à la rejoindre dans sa « guerre contre l’EI ». La Grande Bretagne a rejoint la campagne après le vote du 2 décembre au Parlement, en faveur de frappes aériennes en Syrie contre l’EI. Et ses avions ont réalisé leurs premières frappes aériennes en Syrie contre des installations pétrolières de l’EI, à peine quelques heures après ce vote.
Le parlement allemand, le Bundestag, a suivi le 4 décembre, en votant en faveur du projet d’Angela Merkel d’autoriser le déploiement d’un maximum de 1200 soldats – ce qui en ferait la plus grande mission de la Bundeswehr à l’étranger –, la participation de six avions Tornado à des missions de reconnaissance en Syrie et l’engagement d'une frégate pour accompagner le porte-avions français Charles-de-Gaulle.
Six pays (les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni, le Canada, l'Australie et la Jordanie) interviennent aujourd’hui en Irak et en Syrie. Le Danemark et les Pays-Bas n’interviennent qu’en Irak. D’autres Etats (la Turquie, l'Arabie saoudite, le Bahreïn, les Emirats arabes unis), à l’inverse, n’effectuent des frappes qu’en Syrie. [9] En ce qui concerne « l'effort » étatsunien : Washington, dont le porte-avions Harry Truman est attendu en Méditerranée, dispose de 3500 soldats en Irak, auxquels vont s’ajouter des forces spéciales (environ 200 hommes en Irak et un renforcement non chiffré des 50 déjà déployés en Syrie).
En même temps, la France a aussi appelé à davantage de collaborations avec la Russie, qui avait déclaré après les opérations terroristes à Paris que les crimes du 13 novembre confirmaient la justesse de sa politique en Syrie. En plus, le 26 novembre 2015, les gouvernements français et russes ont annoncé leur décision de « coordonner » leurs frappes en Syrie contre Daesh, notamment pour viser le transport de produits pétroliers. La contrebande pétrolière représente l’une des principales sources de financement de Daesh, qui en tire, selon des estimations, 1,5 million de dollars de revenus par jour. [10] La France et la Russie étaient également d’accord pour intensifier leurs échanges d’informations, pour que les frappes ne visent pas ceux « qui luttent contre Daesh », en référence aux groupes de l’Armée Syrienne Libre (ASL) qui combattent le régime syrien et l’EI.

F.O. Il y a actuellement un débat intense, de la LIT et d’autres organisations de la gauche révolutionnaire, avec une partie de la gauche mondiale qui semble de plus en plus convaincue qu’il n’y a plus rien à défendre dans le processus révolutionnaire syrien, étant donnée l’intervention de l’impérialisme étatsunien du côté des rebelles. Cette position affirme que « malheureusement » il n’y a rien à faire ou à espérer en Syrie aujourd’hui, puisque les rebelles sont directement financés et contrôlés par les impérialistes américains ou par les islamistes radicaux. Alors, quel rôle veut jouer l’impérialisme américain en particulier dans la région et quelle est la réalité sur le terrain ?

J.D. : Tout d’abord une précision : il y a eu une absence totale d’assistance militaire conséquente aux révolutionnaires syriens de la part des Etats-Unis ou d’autres puissances occidentales, contrairement à la propagande de tout bord. Le Wall Street Journal a publié un article en janvier 2015 sur cette soi-disant aide de la CIA qui disait notamment :    « Certaines livraisons d’armes étaient si petites que les commandants ont dû rationner les munitions. Un des commandants de confiance des Etats Unis a obtenu l’équivalent de 16 balles par mois par combattant. Les chefs rebelles devaient remettre les vieux lanceurs de missiles antichars pour en obtenir des nouveaux-et n’ont pas pu obtenir des obus pour les tanks capturés. Quand ils ont demandé, l’été dernier, des munitions pour combattre des soldats liés à Al-Qaïda, les Etats-Unis ont dit non. » [11]
Le plan de Barack Obama, qui a été approuvé par le Congrès américain avec un budget de 500 millions de dollars pour armer et équiper cinq à dix mille rebelles syriens, mais qui n’a jamais été mis en œuvre, ne visait pas à renverser le régime d'Assad, comme nous pouvons le lire dans le texte de la résolution du 19 décembre 2014 : « Le secrétaire à la Défense est autorisé, en coordination avec le Secrétaire d’Etat, à fournir une assistance, y compris l'entraînement, des équipements et des approvisionnements, à des éléments de l’opposition syrienne et d’autres groupes syriens sélectionnés de manière appropriée pour les objectifs suivants : 1) Défendre le peuple syrien contre les attaques de l’Etat Islamique et sécuriser les territoires contrôlés par l’opposition syrienne ; 2) Protéger les Etats-Unis, ses amis et alliés et le peuple syrien contre les menaces posées par des terroristes en Syrie, 3) Promouvoir les conditions d’un règlement négocié pour mettre fin au conflit en Syrie. » [12]
Ce programme fut un échec et a maintenant été arrêté. Avant d’être terminé, le chef de la politique du Pentagone, Christine Wormuth, avait reconnu que « Le programme est beaucoup plus petit que ce que nous espérions », et qu’il y avait entre 100 et 120 combattants en cours de formation, tout en ajoutant qu’ils recevaient une formation catastrophique. Un général étatsunien en est même venu à déclarer devant le Congrès que les Etats-Unis avaient formé avec succès seulement « quatre ou cinq » soldats de l’opposition. [13]
Le chef du groupe rebelle syrien Division 30, entraîné par les Etats Unis, a d’ailleurs démissionné de son poste et s’est retiré du programme le 19 septembre 2015. Il a notamment parlé de problèmes comme « l’absence d’un nombre suffisant de recrues » et « le manque de sérieux dans la mise en œuvre du projet pour établir la Division 30 ».. [14] L’autre obstacle rencontré par les Etats-Unis en Syrie a été, et est toujours, celui de constituer des groupes armés fidèles à leurs intérêts, à cause de la réalité sur le terrain. Ceci est dû à la décision d’une grande majorité des groupes de l’opposition, de ne coopérer avec Washington qu’à la condition de pouvoir maintenir leur indépendance et leur autonomie, et d'avoir dans cette collaboration un plan clair pour le renversement du régime d'Assad.
Après leur échec dans la formation de bataillons de l’ASL avec comme but exclusif le combat contre Daesh (étant exclu le renversement d'Assad), les Etats Unis ont changé de stratégie et ont décidé de soutenir militairement et politiquement les Forces Démocratiques Syriennes (FDS). Ces forces, qui ont été crées en octobre 2015 pour fournir une couverture juridique et politique à un soutien militaire américain au PKK en Syrie, ont pour but principal de combattre Daesh. [15] Les FDS sont dominées par les YPG (le bras armé du PYD, le Parti de l’Union Démocratique, branche syrienne du PKK, le Parti des Travailleurs du Kurdistan). [16] Les autres groupes (des groupes kurdes, syriaques et de l’ASL, comme l’armée des révolutionnaires « Jaysh al-thuwar ») n'y jouent qu’un rôle auxiliaire. Les Etats Unis espèrent d’ailleurs que d’autres groupes de l’ASL rejoindront le FDS. Cependant, la politique du PYD – notamment son attitude de non-conflit avec le régime d'Assad, et de soutien à l’intervention russe en Syrie – et les exactions commises dans certaines régions contre des civils arabes, empêchent pout l’instant qu’un lien de confiance s’établisse entre ces forces et les groupes révolutionnaires populaires syriens.
Cela ne veut pas dire qu’Assad et le PYD soient des alliés, pas du tout, mais plutôt que le PYD est engagé dans une collaboration tactique avec certains acteurs du régime en fonction d’une multiplicité d’éléments (géographie, périodes, etc.). En même temps, la pression exercée sur le PYD et les forces kurdes les a menés à collaborer de façon systématique (et non pas ponctuelle) avec la Russie pour faire face à Daesh. Le ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, a déclaré le 23 décembre 2015 : « Moscou est disposé à soutenir les forces kurdes qui combattent l'EI en Syrie, à condition que cela soit fait en coordination avec le gouvernement syrien. » Le PYD se trouve donc soumis à des pressions contradictoires, de la part des Etats-Unis aussi bien que de la Russie, puisque ces deux pays lui offrent un soutien politique.
Mais les choses pourraient changer vite, puisqu’il y a eu un rapprochement entre les FDS et les forces de l'ASL après l’accord entre le Centre d’opérations de Mare et l’Armée al-Thuwar, dans la campagne au nord d’Alep, [17] alors que les tensions et les affrontements augmentent entre les forces du régime et le YPG dans les villes de Qamichli et Hassaka. [18] Le 23 décembre 2015, les hélicoptères du régime ont lâché plusieurs bombes à sous-munitions dans le quartier kurde de Sheikh Maqsoud à Alep, contrôlé par le YPG, causant de nombreuses victimes civiles. [19] Et au même moment un membre du parlement syrien proche du régime d’Assad, Sharif Shahada, déclarait lors de sa visite à Ebril que « ni le YPG ni le PKK n'avaient une place dans la (future) Syrie. » [20] La situation reste donc ouverte.
Des Etats de la région, par contre, comme la Turquie, l’Arabie Saoudite [21] et le Qatar, ont financé divers groupes – dans leur grande majorité des mouvements islamiques fondamentalistes – qui s’opposent aux objectifs de la révolution, pour leurs propres intérêts politiques. Le Qatar, par exemple, a fourni un soutien clé à Jabhat Al Nusra, alors que la Turquie a soutenu, directement ou de manière passive, divers mouvements islamiques fondamentalistes – comme la coalition Jaysh al-Fatah, mené par Jabhat al-Nusra et Ahrar Sham – et de l’EI. [22] Ce soutien est devenu clair dans le fait que la Turquie permet à ces groupes une totale liberté d’action, des deux côtés de la frontière au nord de la Syrie, pour une longue période, contre les groupes démocratiques de l’ASL, en particulier pour s’opposer à toute forme d’autonomie des régions kurdes sous la direction du PKK. L’Arabie Saoudite a de son côté massivement soutenu le groupe salafiste de l’Armée de l’Islam. Finalement, les réseaux privés des monarchies du Golf ont agi de leur côté et ont financé divers mouvements islamiques fondamentalistes – avec l’assentiment de leurs classes régnantes – dans la perspective de transformer cette révolution populaire en guerre confessionnelle ; sans oublier une propagande confessionnelles de divers médias liés à ces régimes.

F.O. Y a-t-il donc toujours aujourd’hui des acteurs, des courants ou des groupes dans le processus révolutionnaire syrien que la gauche, et en général les peuples et les travailleurs du monde entier, devraient soutenir ? 

J.D. Il faut tout d’abord rappeler que la révolution syrienne fait partie intégrante des processus révolutionnaires de la région et de ses dynamiques ; et toute tentative de les séparer doit être combattue. Les révolutionnaires en Syrie combattent comme les autres activistes dans les pays de la région pour la liberté et la dignité. Dans ce combat, ils font face à des régimes autoritaires et aux groupes islamistes etdjihadistes qui s’opposent à leurs objectifs.
Les aspirations et les résistances populaires du peuple syrien en lutte sur le terrain sont complètement ignorées, et même combattues par des forces qui les dépassent. De nombreux individus et de petits groupes, bien que très affaiblis à cause des répressions successives, du régime et ensuite des forces fondamentalistes islamiques, forment des comités populaires locaux de coordination. Des poches d'espoir et de résistance existent encore en Syrie et sont composées de divers groupes et mouvements démocratiques opposés à toutes les formes de la contre-révolution, tant du régime d'Assad que des groupes fondamentalistes islamiques. Ce sont eux qui maintiennent encore les rêves du début de la révolution et de ses objectifs : la démocratie, la justice sociale, l'égalité et l’opposition au confessionnalisme. On peut les trouver, entre autres, à Alep, à Idlib, à Damas, et aux alentours de ces villes. Vous pouvez trouver de nombreux exemples sur mon blog. [23]

F.O. : Peux-tu nous citer quelques exemples ?

J.D. : Dans la petite ville de Burkmal, par exemple, à l’est de la ville de Deir Zor, occupée par l’EI, les interventions de résistance populaire des habitant n’ont cessé d’augmenter en novembre et décembre de 2015 contre les membres de Daesh, notamment avec des manifestations et en affichant au-dessus d’une école le drapeau de la révolution syrienne, honni par les djihadistes, tandis qu’en même temps un commando armé, lié a des groupes de la révolution, a assassiné quatre des combattants du groupe de l’EI dans la ville. Dans la ville de Minbej et ses environs, dans la campagne autour d'Alep, plusieurs manifestations ont eu lieu contre la répression des populations locales par l’EI, notamment contre des peines de morts infligées pour « apostasie » (abandon de croyances religieuses). C’est dans ce cadre qu’à plusieurs reprises des membres de l’EI ont été assassinés, dont un juge des tribunaux religieux instaurés par l’EI. Dans la ville de Raqqa et la province de Deir Zor, un commando de l’ASL, nommé « Linceul blanc », mène des attaques limitées de guérilla contre les unités militaires de l’EI. [24]
Je peux vous donner de nombreux exemples de résistance qui se succèdent depuis cet été dernier, quand des manifestations ont été organisées dans les zones rurales autour d'Alep, Damas et ailleurs, comme dans la ville d'Idlib. Dans cette ville, une manifestation a été organisée à la fin du mois de juin, après la prière du vendredi, pour exiger que la gestion de l'administration de la ville soit rendue à la population locale et que le quartier général militaire de la coalition Jaish al-Fatah (dominée par Jabhat al-Nusra et Ahrar) soit déplacé en dehors de la ville. [25] En juillet, des manifestants ont aussi organiséun rassemblement devant le bureau du conseil local de Douma, près de Damas, après que l’un des membres du conseil local avait été kidnappé. [26] En août et septembre, dans la petite ville d'al-Atarib (environs d’Alep), occupée par Jabhat al-Nusra (al-Qaida), il y a eu plusieurs manifestations contre les pratiques autoritaires de cette organisation. [27] Des milliers de personnes ont défilé le 7 août 2015 dans la ville de Saqba, dans la campagne autour de Damas, pour les objectifs de la révolution syrienne. Une semaine plus tard, un groupe de femmes ont manifesté pour la libération des prisonniers politiques détenus par l'organisation Armée de l'Islam, proche de l’Arabie Saoudite. [28] Ces protestations ont lieu depuis de nombreux mois.
Le 25 septembre 2015, les Kurdes, les Arabes, les Assyriens et les Turkmènes ont manifesté contre les crimes de l’EI et d'Assad dans le quartier de Sheikh Maqsoud à Alep. [29] Le 6 octobre 2015, une manifestation a été organisée par les révolutionnaires à Alep contre Jabhat Al-Nusra, exigeant que l’organisation quitte Alep. [30] Le 18 octobre 2015 a été organisée une campagne de solidarité des révolutionnaires à Douma avec le peuple palestinien et l'Intifada. [31] Le 10 novembre, 2015, des actions de désobéissance civile ont été organisées par des militants qui protestaient contre les enlèvements de révolutionnaires par Jabhat Al-Nusra dans les quartiers d'Alep. [32]
Dans la région de la ville de Sweida, habitée en grande majorité par des populations de confession druze, plusieurs manifestations ont eu lieu cet été pour dénoncer les politiques du régime et la précarité des services des institutions. [^33] Cet été, des manifestations et des protestations ont éclaté contre le régime après l’assassinat du Sheikh Wahid Bal’ous, un sheikh druze connu pour son opposition au régime d'Assad et aux forces islamiques fondamentalistes, victime d'une attaque à la voiture piégée dans la région Dahret al-Jabal où plusieurs personnes ont trouvé la mort. Des manifestations ont eu lieu à Sweida devant plusieurs bâtiments officiels de l'Etat, démontant une statue de l’ancien dictateur Hafez al-Assad. Sheikh Wahid Bal’ous était une figure populaire au sein des populations de confession druze etmenait le mouvement des « Sheikhs de la dignité », un mouvement qui luttait pour la protection des druzes dans la province et qui combattait aussi l’Etat Islamique et Jabhat Al-Nusra. Quelque jours avant la mort de Sheikh Wahid Bal’ous, les habitants de Sweida avaient manifesté pour demander au régime davantage de services de bases, y compris l’eau et l’électricité, et Sheikh Wahid Bal’ous les avait soutenus.
Comme l’écrivaient des révolutionnaires syriens  : «  Les ennemis sont multiples… la révolution est une… et elle continue.  » Le mouvement populaire syrien n’a pas dit son dernier mot.

F.O. La crise des réfugiés a secoué lourdement l’Europe. Comment peut-on vraiment aider les réfugiés syriens ? Quelle est la limite du discours « humanistariste » qui commence à s’installer comme hégémonique ?

J.D. On peut vraiment aider les réfugiés syriens, tout d’abord en luttant contre nos propres bourgeoisies. Il ne faut pas oublier, en effet, le rôle des Etats occidentaux impérialistes dans la situation actuelle. Les politiques racistes et sécuritaires de l’Union Européenne (UE) en matière de migration sont également responsables des drames quotidiens des réfugiés en route, par terre et par mer, vers l’Europe. La politique de fermeture des frontières pousse des centaines de milliers de personnes fuyant la guerre et la misère à utiliser des moyens illégaux et dangereux pour tenter de rejoindre les pays européens. Il faut noter que le peu de réfugiés qui arrivent en Europe – l’immense majorité restant dans les pays hors de l’UE – doivent faire face à la violence de la police : le « Camp de la Jungle » à Calais, en France ; [34] la construction par la Hongrie d’une clôture de quatre mètres de haut sur les 175 kilomètres de sa frontière avec la Serbie ; les opérations navales menées par l’agence Frontex en mer Egée et en Méditerranée. Et que toutes ces politiques répressives ont fini en tragédies avec des milliers de personnes mortes noyées.
Il faut lutter contre la mise en pratique de « l’Europe forteresse » et se battre pour l’ouverture des frontières. De même, il faut se battre pour des conditions de vie meilleures pour les réfugiés (droit au logement, au travail, etc.) et de manière générale pour les classes populaires.
En même temps, il faut combattre la propagande raciste et islamophobe, en particulier de l’extrême droite européenne, qui n’a cessé de caractériser tous les réfugiés syriens et d’autres nationalités comme des « terroristes en puissances ». C’est le cas de Nigel Farage, leader du Parti de l’Indépendance du Royaume-Uni (UKIP), qui a averti que ceux qui fuient était probablement des extrémistes de l’Etat Islamique ou d’autres groupes djihadistes « qui posent une menace directe à notre civilisation ». [35] Ces dirigeants nesont pas différents dans leur propagande que le dictateur Assad qui a écrit sur twitter en septembre 2015 : « Le terrorisme ne s’arrêtera pas là, il s’exportera à travers l’immigration illégale vers l’Europe ». [36] Quand l’extrême droite ne caractérise pas les migrants comme des terroristes, elle les accuse de menacer les « racines chrétiennes » de l’Europe, comme l’a déclaré le Premier ministre hongrois Viktor Orba, face à l’afflux massif de migrants. [37] Finalement, la cheffe du mouvement fasciste du Front National, Marine Le Pen, qui assume et reproduit tout cette politique raciste, a de son côté appelé, après les attentats, à « l’arrêt immédiat de tout accueil des migrants » et au rétablissement des frontières nationales, ce qui équivaut dans les faits à une fermeture des frontières. [38]
Il faut néanmoins relever que, malgré leur situation difficile, un grand nombre de ces réfugiés se sont organisés pour résister et protester face aux attaques policières et sécuritaires des Etats de l’UE, que ce soit contre les persécutions à la gare ferroviaire de Budapest, dans les camps de Calais et en Grèce, et sur la frontière hongroise.
Il faut donc nous organiser et nous battre, aux côtés des sans-papiers et des réfugiés, pour imposer l’ouverture des frontières, la libre circulation et l’accueil digne des personnes qui fuient les guerres, les oppressions et la misère sociale. Il faut mettre un terme aux campagnes et aux politiques racistes, et surtout remettre en cause le système capitaliste à l’origine de ces catastrophes.
Or il ne suffit pas, comme je l’ai dit au début, de s’attaquer à l’extrême droite et de faire cause commune avec les réfugiés. Il faut également, ou même premièrement, condamner les politiques impérialistes et les guerres provoqués par ces Etats, qui sont responsables aussi des problèmes politiques et économiques qui sont à l’origine de la fuite des migrants et des réfugiés. Cela implique aussi la condamnation de la collaboration des Etats occidentaux avec les dictatures dans la région. La solution ne réside pas dans la collaboration avec des régimes autoritaires comme celui du régime d'Assad. La solution est, bien sûr, de s’opposer à l’EI et aux autres forces réactionnaires et djihadistes – dont Assad favorisa le développement au début du soulèvement populaire en Syrie, tout en tuant et réprimant les forces démocratiques et progressistes –, mais il faut également, et surtout, s'opposer au régime barbare, criminel et autoritaires du régime d'Assad. C’est ce régime, en effet, qui est la source de la catastrophe actuelle en Syrie et de l’exil de millions de syriens et syriennes. Ces deux acteurs barbares, l’EI et Assad, se nourrissent l’un l’autre et sont donc à abattre tous les deux, pour espérer pouvoir construire une société démocratique, laïque et sociale en Syrie, et aussi ailleurs.
Pour cela, il est essentiel de soutenir les mouvements populaires démocratiques et sociaux qui s’opposent à ses deux forces contre révolutionnaires et aux différentes formes d’impérialisme (Etats Unis et Russie) [39] et de sous-impérialisme régional (l'Iran, l'Arabie Saoudite, le Qatar, la Turquie) qui combattent contre les intérêts des peuples en lutte dans la région. Ces activistes existent toujours en Syrie, et luttent quotidiennement, malgré les difficultés, contre le régime Assad et les forces islamiques fondamentalistes. Prenons aussi, par exemple, le cas de l’Iraq, pays dans lequel l’EI trouve son origine. Un mouvement populaire s’y est développé, ces dernières semaines, qui remet en cause le régime de Bagdad soutenu par l’Iran. On pouvait, en effet, entendre dans ces manifestations des appels pour un Etat laïc et non confessionnel, contre la division entre populations sunnites et chiites, pour les droits des femmes et l’égalité, et avec une dénonciation claire des partis politiques confessionnels. Les manifestants accusaient le régime irakien confessionnel d’être aussi en partie responsable, par ces politiques, du développement de l’EI, car on voyait des pancartes sur lesquelles on pouvait notamment lire « le parlement et l’Etat Islamique (ou Daesh) sont les deux faces d’une même pièce », et « Daesh est né des entrailles de votre corruption ». [40]
C’est seulement dans ce cadre politique que l’on pourra sortir du cauchemar des dictatures et des fondamentalismes de tout genre, et surtout permettre à des millions de personnes d’avoir une vie digne et libre.
_____________________________
[1] http://www.un.org/press/en/2015/sc12171.doc.htm
[2] http://www.un.org/News/dh/infocus/Syria/FinalCommuniqueActionGroupforSyria.pdf
[3] https://syriafreedomforever.wordpress.com/2015/10/04/understanding-russians-military-expansion-in-syria-or-consolidating-the-assad-regime/
[4] https://www.rt.com/news/316633-putin-interview-syrian-conflict/
[5] https://www.vdc-sy.info/index.php/en/
[6] http://www.europe1.fr/international/le-porte-avions-charles-de-gaulle-en-route-pour-la-syrie-2622493
[7] http://www.itele.fr/monde/video/la-france-a-realise-ses-premieres-frappes-en-syrie-138334
[8] http://www.lapresse.ca/international/dossiers/le-groupe-etat-islamique/201512/02/01-4927297-la-grande-bretagne-lance-ses-premieres-frappes-en-syrie.php
[9] Les trois monarchies du Golfe sont toutefois moins actives en Syrie depuis leur engagement en mars au Yémen pour soutenir les troupes du gouvernement de Hadi, allié de l’Arabie Saoudite, contre une opposition dominée par les réseaux militaires dirigées par l’ancien dictateur Ali Abdullah al-Saleh et la rébellion Houti, soutenue par l’Iran.
[10] http://www.lefigaro.fr/economie/le-scan-eco/dessous-chiffres/2015/11/19/29006-20151119ARTFIG00006-petrole-taxes-donations-trafics-d-humains-comment-daech-se-finance.php
[11] http://www.wsj.com/articles/covert-cia-mission-to-arm-syrian-rebels-goes-awry-1422329582
[12] https://www.congress.gov/bill/113th-congress/house-bill/3979/text
[13] http://www.theguardian.com/us-news/2015/sep/16/us-military-syrian-isis-fighters
En octobre 2015, même le sénateur républicain Lindsey Graham contesta la stratégie américaine en Syrie lors d’une audition avec le secrétaire à la Défense Ashton Carter et le président général de l'Etat-major Interarmées, Joseph Dunford. Après leur avoir poser des questions sur les possibilités de renverser le président syrien Bachar al-Assad, il a dit: « C'est une stratégie foireuse, au mieux. »
[14] http://www.businessinsider.com/division-30-syrian-rebel-chief-of-staff-quits-2015-9
[15] Dans sa charte de fondation, le FDS appelle à combattre « Daech, ses organisations sœurs et le régime criminel Baathiste ». Voir http://syriadirect.org/news/15-opposition-groups-in-idlib-aleppo-join-sdf-forces/
[16] Sur le PKK et le contexte politique de la lutte du peuple kurde, voir l’article d’Alejandro Iturbe du 15 décembre 2015 sur le site de la LIT-QI. [Note de F.O.]
[17] http://www.syriahr.com/en/?p=40757 ; http://www.enabbaladi.org/archives/56977
[18] http://www.anapress.net/ar/articles/تقارير-مكتوبة-/10939459828263/خاص-“أنا-برس”:-خلافات-بين-الأسايش-الكردية-والدفاع-الوطني-في-القامشلي/
[19] http://aranews.net/2015/12/17152/
[20] http://rudaw.net/english/middleeast/syria/22122015
[21] L’Arabie Saoudite a également soutenu diverses forces de l’ASL, mais de manière moins importante.
[22] http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/middleeast/qatar/11110931/How-Qatar-is-funding-the-rise-of-Islamist-extremists.html
http://www.independent.co.uk/news/world/middle-east/syria-crisis-turkey-and-saudi-arabia-shock-western-countries-by-supporting-anti-assad-jihadists-10242747.html
[23] https://syriafreedomforever.wordpress.com/
[24] https://syriafreedomforever.wordpress.com/2015/12/10/the-syrian-peoplemartyr-of-the-rivalries-and-agreement-of-imperialist-powers/
[25] https://syriafreedomforever.wordpress.com/2015/06/26/demonstration-in-the-city-of-idlib-demanding-the-handing-over-of-the-citys-administration-to-its-people-مظاهرة-في-مدينة-ا/
[26] https://syriafreedomforever.wordpress.com/2015/07/25/وقفة-احتجاجة-لمجلس-دوما-المحلي-تنديدا/
[27] https://syriafreedomforever.wordpress.com/2015/09/05/demonstration-in-the-city-of-al-atarib-against-jabhat-al-nusra-مظاهرة-في-مدينة-الأتارب-ض/
https://syriafreedomforever.wordpress.com/2015/08/14/مظاهرة-في-مدينة-الأتارب،-ريف-حلب-الغرب/
[28] https://syriafreedomforever.wordpress.com/2015/06/28/مسرابا-ريف-دمشق-مظاهرة-نسائية-طالبت-ب/
[29] https://syriafreedomforever.wordpress.com/2015/09/25/kurds%E2%80%AC-%E2%80%AA%E2%80%8Earabs%E2%80%AC-%E2%80%AA%E2%80%8Eassyrians%E2%80%AC-%E2%80%AAturkmen%E2%80%AC-march-against-isis-and-assad-crimes-in-neighbourhood-sheikh-maqsoud-%E2%80%AAale/
[30] https://syriafreedomforever.wordpress.com/2015/10/06/مظاهرة-ضد-جبهة-النصرة-في-حلب-demonstration-against-jabhat-al-nusra-in-aleppo-6102/
[31] https://syriafreedomforever.wordpress.com/2015/10/18/حملة-من-نشطاء-في-%E2%80%ABدوما%E2%80%AB-تضامناً-مع-الش/
[32] https://syriafreedomforever.wordpress.com/2015/11/19/عصيان-مدني-في-حلب-احتجاجاً-على-حالات-ال/
[33] https://syriafreedomforever.wordpress.com/2015/09/08/مظاهرة-جديدة-في-السويداء-تطالب-بأسقاط/
[34] Le « Camp de la Jungle » à Calais est le surnom donné au campemment improvisé de migrants près de Calais, au nord de la France, où les migrants, la plupart des réfugiés et des demandeurs d’asile, s’installent pour se préparer pour entrer dans le Roryaume Uni cachés dans les ferris, les voitures, les trains ou les camions. Ce terrain, un ancien lieu de décharge d’ordures, est aujourd’hui occupé par 6000 personnes (la population qui était de quelques centaines en 2012 ayant explosé depuis l’été 2015). Ils viennent de l’Irak, la Syrie et l’Iran, manquent de conditions sanitaires, et ont le supermarché le plus proche à 2 km. Voir
http://www.theguardian.com/world/2015/nov/03/refugees-horror-calais-jungle-refugee-camp-feel-like-dying-slowly
[35] http://www.huffingtonpost.co.uk/2015/04/29/nigel-farage-islamic-state-immigration-general-election-2015_n_7168312.html
[36] https://twitter.com/presidency_sy/status/346700451087015937
[37] http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2015/09/03/97001-20150903FILWWW00063-les-refugies-menacent-les-racines-chretiennes-de-l-europe-orban.php
[38] http://www.leparisien.fr/flash-actualite-politique/attentats-marine-le-pen-demande-l-arret-immediat-de-tout-accueil-de-migrants-16-11-2015-5281805.php
[39] L'existence d'un « impérialisme russe » est défendue par Joseph Daher, contre d'autres opinions dans la gauche, dans un article de septembre 2014 sur son blog, « Comprendre l’impérialisme comme un système ». Pour la LIT-QI, la Russie est plutôt un pays semi-colonial soumis à l'impérialisme européen. Voir, par exemple, sur le site de la LIT-QI, l'article de 2013, « Vladimir Putin y la última etapa de colonización de Rusia ». [Note de F.O.]
[40] https://syriafreedomforever.wordpress.com/2015/08/18/iraq-winds-of-hope/
https://syriafreedomforever.wordpress.com/2015/08/09/slogans-chanted-by-protesters-on-tahrir-square-in-baghdad -شعارات-في-التحرير-في-مدينة/