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Coronavirus : le capitalisme tue !

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Le monde est menacé par la pandémie de coronavirus, qui pourrait répéter le drame des millions de morts de la grippe espagnole de 1918, une menace contre l’humanité, qui comprend également une nouvelle récession mondiale qui peut avoir la gravité de la récession de 1929.

Ligue Internationale des Travailleurs
Quatrième Internationale (LIT-QI)
17 mars 2020

Ces catastrophes ne sont pas des conséquences de la nature. Ce sont des produits du capitalisme, qui fonctionne pour générer des profits aux grandes entreprises et non pour résoudre les problèmes des travailleurs.

Une catastrophe s’annonce qui ressemble aux conséquences d’une guerre. Il faudrait réorienter l’économie pour répondre à cette urgence. Entre-temps, même maintenant, avec la pandémie déjà en cours, il serait possible de réduire ses conséquences. Mais les gouvernements du monde sont plus intéressés à continuer de garantir les profits des grandes entreprises qu’à sauver la vie de millions de travailleurs. C’est le capitalisme qui tue, actuellement à travers le coronavirus.

La pandémie de coronavirus est une grave menace pour les travailleurs.

Il y a eu une sous-estimation des gouvernements concernant la menace du coronavirus. Trump a comparé le coronavirus à la grippe saisonnière et a déclaré que le virus disparaîtrait en deux mois. Bolsonaro a déclaré que la pandémie, « c’est plutôt une fantaisie ». Malheureusement, il y a beaucoup de travailleurs qui reflètent ce point de vue et finissent par penser « que l’on exagère », que « beaucoup plus de gens meurent de faim », etc. Ou qu’il s’agit d’une « manœuvre de l’impérialisme ».

Il faut dire la vérité. La pandémie de coronavirus est vraiment une menace sérieuse, en particulier pour les travailleurs, pour le peuple pauvre. Bien qu’elle soit disséminé dans les pays par des gens de la classe moyenne, qui peuvent faire des voyages internationaux, cette maladie peut tuer des millions de personnes pauvres et âgées. Les vieillards les plus riches seront protégés par des hôpitaux et des unités de soins intensifs privés et bien entretenus.

Il est vrai que le taux de mortalité de la maladie est de 3,4 %. Mais il suffit de prendre en compte des centaines de millions de personnes infectées pour avoir la dimension de la menace réelle. Des millions peuvent mourir. Des situations comme celle de l’Italie et de la Chine, ou bien plus graves, peuvent survenir dans de nombreux pays.

La vengeance de la nature

Le coronavirus actuel est similaire au virus qui a provoqué une épidémie en 2002, infectant plus de 8000 personnes et causant la mort de 800. En 2012, un autre coronavirus, originaire d’Arabie saoudite, a provoqué également une épidémie internationale, tuant 35 % des personnes infectées.

Tous ces virus se trouvent depuis des siècles dans leurs réservoirs animaux, chez les chauves-souris, les chameaux en Asie et en Afrique. À un moment donné, ils ont subi des mutations qui leur ont permis d’infecter également des humains. Ce sont devenus des épidémies en raison de l’avancée de l’exploitation prédatrice de zones précédemment stabilisées dans leurs écosystèmes naturels.

Ce n’est pas seulement un « problème de la nature », mais une conséquence de l’agression continue du capitalisme contre la nature, tout comme le réchauffement global, les incendies de forêt, etc. Cela signifie qu’après cette pandémie, nous pourrions en avoir d’autres dans un court laps de temps, comme il y a eu le SRAS, le H1N1, le MERS, etc.

La pandémie frappe un monde non protégé

Cette pandémie s’abat sur un monde où la polarisation sociale est brutale. Les grandes entreprises concentrent la richesse dans la bourgeoisie d’une manière révoltante. La richesse d’à peine 2153 magnats dépasse celle de plus de 4,6 milliards de personnes dans le monde. Les 50 % les plus pauvres détiennent moins de 1 % de la richesse mondiale.

L’application de plans néolibéraux et d’austérité a brutalement aggravé la misère, réduisant les salaires et multipliant l’emploi précaire. Une proportion croissante de travailleurs n’a pas d’emploi régulier et doit travailler tous les jours pour manger. Les quartiers pauvres à la périphérie des grandes villes ont des maisons en très mauvais état, souvent sans égouts et sans eau courante.

Ces plans d’austérité des gouvernements ont réduit les budgets de santé publique et ont privatisé les hôpitaux. La santé publique dans le monde est déjà à l’abandon et en crise. Avec l’impact de la pandémie, ce sera le chaos. Le Chili est un exemple mondial, félicité par la bourgeoisie pour avoir complètement privatisé la santé. Aujourd’hui, le peuple chilien ne dispose pas d’un système public de soins de santé, même pas pour sa vie quotidienne, encore moins pour cette urgence. Même les États-Unis – la plus grande puissance mondiale – ne sont pas préparés : il n’y a pas de système public de soins de santé, et maintenant, avec le coronavirus, le peuple étasunien souffrira durement.

L’humanité est dépourvue de toute protection face à cette pandémie, et c’est la responsabilité directe de la bourgeoisie et de ses gouvernements.

Le Covid-19 se manifeste par un rhume ou une grippe saisonnière dans 80 % des cas. Environ 20 % des cas évoluent mal et 3,4 % causent la mort. La mortalité est d’environ 1 % chez les plus jeunes et atteint 15 % chez les sexagénères.

Quand un cas évolue mal, il se développe un type de pneumonie, et les cas les plus graves ont besoin d’une ventilation mécanique pour assurer la respiration, ainsi que des lits dans les unités de soins intensifs. Cela signifie qu’au cours des trois ou quatre prochains mois, il y aura une surcharge brutale des services de santé dans les pays touchés, avec une perspective d’effondrement dans plusieurs régions. Les files d’attente dans les hôpitaux, le manque de tests pour diagnostiquer la maladie, le manque de gel de désinfection et de masques feront partie du quotidien de la population.

Mais quelque chose de plus grave va se produire : l’absence de lits de soins intensifs et l’inégalité sociale dans les soins. Les plus riches n’auront aucune difficulté à être soignés dans des hôpitaux privés. Les plus pauvres mourront faute de lits de soins intensifs.

Il a été démontré que seuls l’isolement social et un traitement adéquat en soins intensifs peuvent bloquer l’évolution de la maladie. Apparemment, après avoir caché ce fait, la dictature chinoise a dû faire face à la maladie et n’a pu contrôler l’épidémie qu’avec l’isolement de Wuhan, une ville de 11 millions d’habitants, obligeant les gens à rester chez eux, et soignant les malades. L’Italie essaie de faire de même après la propagation de la crise. Dans les deux endroits, le coût en vies humaines a été énorme.

Les signes de la barbarie capitaliste

Actuellement, alors qu’il est impossible de cacher la pandémie, les gouvernements tentent de blâmer « la nature », voire « les étrangers». Ils adoptent souvent des idéologies racistes. Ils prennent des positions de plus en plus autoritaires et répressives pour essayer d’éviter la réaction de la population.

Pour couronner le tout, ils attribuent la crise économique qui se déclenche au coronavirus. Mais la pandémie n’a fait qu’exacerber la crise qui commençait déjà, et qui pourrait conduire à une nouvelle récession mondiale aussi grave que celle de 2007-09, voire pire. Il se pourrait que la pandémie de coronavirus joue le même rôle que la faillite de la banque Lehman Brothers en 2008, qui ne fut pas la cause de la crise, mais marqua la récession mondiale.

Même en cette heure très grave, les gouvernements ont adopté des mesures visant à préserver les grandes entreprises, et non à protéger les travailleurs et les pauvres. Trump a annoncé davantage de facilités fiscales pour les entreprises, y compris pour l’industrie pharmaceutique. C’est le cas également pour les gouvernements européens et partout dans le monde. Parallèlement à cela, seulement après coup, ils annoncent des mesures limitées pour contenir la pandémie.

Imaginez simplement la combinaison de la crise économique avec la pandémie de coronavirus, pour voir que les éléments de la barbarie vont croître dans le monde. Paraphrasant Lénine : à la catastrophe qui nous menace, il faut faire face, et il faut voir comment la combattre.

Un programme d’urgence des travailleurs pour faire face à la crise

Nous soutenons que la vie des travailleurs est plus importante que les bénéfices des grandes entreprises. C’est pourquoi nous proposons un programme anticapitaliste pour faire face à cette crise.

1- La seule vraie mesure pour contenir le développement de la pandémie est l’isolement social, en gardant les gens à la maison. Mais comment faire ça ?

Nous défendons le droit de rester à la maison, en maintenant le salaire pour tous les travailleurs. Il est absurde que les gouvernements décrètent l’isolement social, mais maintiennent le fonctionnement des usines. Les grèves en Italie pour défendre le droit de ne pas aller travailler afin de se protéger, faisant fi des bureaucraties syndicales, sont des exemples pour le monde entier.

Nous défendons la fermeture de toutes les entreprises, à l’exception de celles de la production de produits alimentaires, médicaux et pharmaceutiques nécessaires pour faire face à la crise. Les travailleurs de ces dernières doivent être protégés au travail.

2- Mais comment les travailleurs précaires peuvent-ils cesser de travailler pendant deux ou trois mois, ou plus, sans mourir de faim ? Nous préconisons un revenu égal au salaire moyen d’un travailleur pour tous ceux qui n’ont pas de travail ou ne peuvent plus travailler, y compris les indépendants, du commerce à l’artisanat.

3- Rester à la maison est un besoin impératif dans cette pandémie. Mais quelle maison ? Une bonne partie des travailleurs vivent dans des maisons insalubres, avec beaucoup de gens, y compris des enfants et des personnes âgées. Nous défendons l’expropriation des maisons et appartements inhabités, ainsi que d’hôtels pour l’hébergement de ceux qui n’ont pas de logement.

4- Des soins médicaux gratuits et complets pour toute la population. Mobilisation d’urgence dans les hôpitaux, des salles de soins de santé en utilisant les bâtiments nécessaires pour cela.

5- Distribution gratuite à la population de gel de désinfection, de masques et de médicaments. Il est inadmissible que la majorité de la population n’ait pas accès à ces articles de base.

6- Application généralisée de tests gratuits de coronavirus chez tous les patients malades. C’est essentiel pour le diagnostic de cas avec peu ou pas de symptômes, qui propagent la maladie. Sans cela, impossible de contrôler la maladie : on ne peut même pas savoir le nombre réel de personnes infectées. Même un gouvernement capitaliste en Corée fait ça, avec succès pour contenir la pandémie.

7- Nationalisation des services de santé, avec expropriation des hôpitaux privés et de l’ensemble du réseau des unités de soins intensifs.

Construction en urgence des hôpitaux et salles de soins intensifs nécessaires dans chaque pays. Il est inadmissible d’accepter la limitation actuelle des soins intensifs, qui finira par condamner à mort des millions de pauvres. Mettre fin aux inégalités dans les soins de santé.

8- Expropriation de l’industrie pharmaceutique afin de garantir la fabrication et la distribution gratuite de médicaments pour la population.

9- Les gouvernements diront qu’il n’y a pas d’argent pour financer ce plan. Il y en a. Pour cela, il faut inverser les plans économiques néolibéraux. Plus de remise d’argent aux grandes entreprises. Il est temps d’investir cet argent dans la vie des travailleurs et non dans des bénéfices accrus pour les entreprises.

Non-paiement de la dette extérieure des pays semi-coloniaux et dépendants, afin de financer des plans économiques garantissant des emplois et des salaires aux travailleurs et des plans de santé d’urgence, dans les pays.

10- Il faut réorienter l’économie, pour répondre à la catastrophe qui nous menace. Il est nécessaire de mettre en œuvre un plan d’urgence, sous le contrôle des travailleurs, pour faire face à la pandémie.

Le monde peut être complètement différent si l’économie est orientée vers les besoins des travailleurs, et non vers le profit des grandes entreprises. C’est pourquoi nous défendons le socialisme, avec l’expropriation des grandes entreprises, la planification de l’économie et une démocratie ouvrière.

 

Nous appelons toutes les organisations du mouvement de masses à se rassembler pour défendre ces demandes. Nous appelons les travailleurs et le peuple pauvre du monde à se rebeller contre ces gouvernements meurtriers.

 

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