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Belgique-Chili : business as usual

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Les relations entre le gouvernement belge et le Chili sont excellentes. Rien n’a été dit sur la répression. Le business continue, peu importe que le gouvernement réprime violemment son propre peuple. Circulez, il n’y a rien à voir. En effet, cela gâcherait un peu les importants bénéfices faits par la bourgeoisie belge.

Par: Ligue Communiste des Travailleurs – Section belge de la LIT-QI

Le Chili est le 53ème pays client de la Belgique et son 58ème fournisseur. La Belgique a exporté pour 625 millions d’euros en 2018. Il s’agit principalement de produits de haute technologie : des médicaments, des machines, des voitures. Enfin, la Fabrique Nationale d’Herstal (FN) a vendu des fusils d’assaut pour les forces spéciales de l’armée chilienne et des mitrailleuses qui équiperont d’ici peu l’infanterie (1). Entre 2016 et 2018, 12 licences d’exportations ont été autorisées pour des armes portatives et leurs munitions et une pour des véhicules blindés (2). Et les droits humains ? Que cela soit en Arabie Saoudite ou au Chili, la bourgeoisie belge ne s’embarrasse guère de ces considérations.
Les importations, elles, se chiffrent pour la même année à 584 millions d’euros, avec principalement des minerais, des produits chimiques de base et des métaux précieux. Ensuite vient le cuivre, non raffiné, sous formes de conduits électriques, ou sous forme de déchets. Enfin viennent tous les produits alimentaires comme les fruits, les poissons, du vin, etc.
On voit bien la relation inégale entre un pays impérialiste, la Belgique, et un pays semi-colonisé par l’impérialisme, le Chili, fournisseur de matières premières. Cette relation asymétrique est la base même des accords entre l’Union Européenne et l’Amérique Latine : une exploitation du continent par les entreprises européennes en leur vendant nos produits et en pillant leurs richesses.
Pour une campagne de solidarité avec le peuple Chilien
Après l’établissement de la dictature au Chili en 1974, le Conseil des Ministres belge suspend son aide au Chili. Bien qu’il y ait de nombreuses critiques à faire sur la forme, cette décision constitue un précédent important. La rupture des relations commerciales et diplomatiques du gouvernement doit se doubler de la mise en place d’une solidarité concrète entre les travailleurs belges et chiliens au travers de leurs organisations. En Belgique, Las Insumisos (3) et l’Assemblée Solidarité Chili-Belgique organisent toute sorte d’activités de solidarité avec le peuple chilien en lutte : un bon exemple. Au Royaume-Uni, un collectif a également été créé ce 22 mars, le Chile Solidarity Network (4), réunissant différentes initiatives existantes.
Nous devons également faire cette campagne dans les organisations syndicales pour qu’elles prennent clairement position contre la répression au Chili en exigeant l’arrêt de toute forme de soutien au gouvernement, pour une condamnation claire de la répression par le gouvernement belge et la libération des prisonniers politiques.

Pas d’argent ni d’armes pour les assassins !
Rupture des relations diplomatiques et commerciales de la Belgique avec le gouvernement chilien !
___________

1 Il s’agit du fusil d’assault P2000, SCAR et de la mitrailleuse Minimi
2 Rapports du gouvernement wallon

3 https://www.facebook.com/LasInsumisosBxl/i
4 https://www.facebook.com/groups/184641148574277/

Photo: En décembre 2011, Philippe, le prince, futur Roi des Belge, et Piñera, alors Président du Chili, se sont rencontrés lors d’une « mission économique », accompagnés de 130 chefs d’entreprises belges.

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