Home DÉCLARATION LIT-QI 25 novembre : Contre les violences machistes, nous descendons dans la rue...

25 novembre : Contre les violences machistes, nous descendons dans la rue avec les peuples en lutte !

Il y a près de 60 ans, le 25 novembre, les sœurs Mirabal furent assassinées pour avoir affronté la dictature de Trujillo en République dominicaine. Formellement, l’ONU a décrété cette date comme la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Mais pour nous, c’est une journée de lutte, une journée pour dénoncer la violence exercée toute la vie contre les femmes, une violence qui en assassine des dizaines de milliers par an.

Ligue Internationale des Travailleurs – Quatrième Internationale – 18 novembre 2019

Aujourd’hui, des millions de femmes dans le monde se battent, contre des dictatures et contre des gouvernements « démocratiques », affirmant que tout doit changer, que cela ne peut plus continuer. Le meilleur moyen de lutter contre la violence machiste est de continuer à se mettre à la tête de ces luttes dans les rues du monde entier.

La situation dans le monde

Les organisations internationales veulent présenter des programmes et des discussions pour montrer que tout va mieux, mais même leurs propres statistiques indiquent le contraire. Selon l’ONU et l’OMS, 120 millions de femmes ont été victimes d’agressions sexuelles au cours de leur vie, 60 000 meurent chaque année aux mains de féminicides, dont près de la moitié sont leur partenaire ou un membre de la famille de sexe masculin.

Il est choquant de savoir qu’une femme sur trois dans le monde a subi des violences physiques et/ou sexuelles, et que ces statistiques sont comptabilisées dans les pays riches comme dans les pays pauvres. Des statistiques incomplètes, car les transfémicides ne sont pas enregistrés, et l’on sait que de nombreux cas ne sont pas dénoncés, principalement parce qu’ils sont perpétrés de manière intrafamiliale.

Dans le monde entier, 22 millions d’avortements non médicalisés sont pratiqués chaque année, principalement dans les pays pauvres, qui entraînent la mort ou la mutilation de nombreuses femmes. Sans parler de la violence institutionnelle subie dans des pays où l’avortement est totalement interdit, tels que le Salvador, où l’on emprisonne même les femmes qui ont subi un avortement spontané.

L’Amérique latine est l’une des régions les plus violentes pour les femmes. Elle abrite 14 des 25 pays ayant les taux de féminicide les plus élevés au monde. Selon l’ONU, dans cette région, y compris les Caraïbes, 12 femmes et filles sont tuées par jour. Dans l’Union européenne, 50 % des femmes âgées de 15 ans et plus ont subi un type de harcèlement sexuel ; et un Européen sur trois justifie l’agression sexuelle dans certains cas. En Afrique centrale et australe, 40 % des jeunes femmes se marient avant l’âge de 18 ans et 14 % sont forcées de le faire avant d’avoir 15 ans.

Bien qu’il y ait des femmes dans la fonction publique, ou des discours qui « nous incluent », la violence sexiste reste une épidémie mondiale qui doit être combattue.

Nous aussi, nous disons : basta !

La violence que nous subissons fait partie de la violence générale que ce système capitaliste exerce sur les pauvres, les travailleurs et les opprimés. La crise économique, la faim et les inégalités frappent durement les femmes.

Ils nous violent avec des salaires de faim, des coupes dans les soins de santé et dans notre éducation et celle de nos enfants ; ils ne nous permettent même pas de prendre notre retraite avec dignité. Nous sommes discriminés lorsque nous émigrons de notre terre à la recherche d’un morceau de pain ; nous sommes un objet sexuel pour les grandes sociétés quand elles présentent leurs produits à la vente, puis, nous sommes condamnés lorsque nous décidons librement de notre sexualité.

Les jeunes femmes souffrent du manque d’emplois, ainsi que d’une précarité brutale souvent accompagnée de harcèlement sexuel au travail. Avec les enfants, nous sommes des victimes permanentes des réseaux de traite et nous avons peur de marcher dans la rue.

Et la discrimination et la violence au travail augmentent encore chez celles d’entre nous qui sont Noires, indigènes ou migrantes ; nos morts sont des faits divers dans les médias et font partie d’une statistique vide.

Les travestis et les transgenre n’ont pratiquement pas d’accès à l’emploi ; on nous jette dans le fléau de la prostitution où la police nous poursuit, nous frappe et nous viole sans nous laisser la moindre possibilité de défense. Sans parler du droit à l’identité de genre ou d’orientation sexuelle qui, dans la plupart des pays, n’est pas accepté.

Mais le peuple dit : basta !, et nous aussi. Les masses en Équateur, en Haïti, à Hong Kong, en Irak, au Chili ou en Bolivie sont descendues dans la rue. Et là, nous voyons des femmes à l’avant-garde de la lutte, brisant tous les préjugés et combattant leurs gouvernements, pour une vie plus digne. Les femmes boliviennes font face au putsch raciste de droite dans leur pays avec leurs gosses à leurs trousses, et elles montrent qu’elles font partie de la lutte. Les jeunes Chiliennes ont donné le coup d’envoi d’une révolution en cours, en bloquant le métro, en se mobilisant dans la rue, en faisant face à la répression de Piñera et en organisant des assemblées populaires ; elles ont effacé le mythe selon lequel leur place est dans la maison. Les retraitées manifestent pour leurs droits en Espagne et les jeunes femmes catalanes sont à l’avant-garde de la lutte pour l’indépendance.

 

La violence machiste comme répression

Au Chili, l’armée et la police réagissent avec une répression brutale contre le peuple mobilisé. Il y a déjà 22 morts, plus de 2000 blessés, dont 200 ont perdu la vue, et des milliers de détenus et détenues.

Les gouvernements tremblent lorsque les gens descendent dans la rue, mais si les femmes perdent leur peur et s’unissent, là, ils sont terrifiés. C’est pourquoi ils utilisent une méthode de répression plus brutale dans ce pays entre la montagne et l’océan : l’agression sexiste. Au moins 50 plaintes ont été dénombrées concernant des agressions sexuelles sur des femmes et des jeunes LGBTI et la mise à nue et l’assasinat de femmes, lors des manifestations. Ce mode opératoire reflète non seulement le machisme récalcitrant des militaires ; il constitue également une méthode d’intimidation à l’égard des autres femmes.

Le peuple chilien et la classe ouvrière mondiale doivent rejeter cette situation avec insistance, ils doivent la dénoncer et appeler les femmes à se joindre à la lutte avec plus de force, en organisant avec elles l’autodéfense pour venir à bout de la répression. Il ne s’agit pas d’une tantième expression de la répression ; c’est une violence spécifique sur la moitié de la population, qui doit être répudiée en tant que telle.

NON à la violence contre les femmes, NON à l’exploitation !

Notre lutte pour la fin de la violence machiste fait partie, et doit faire partie, de la lutte de la classe ouvrière et des peuples. Nous, les femmes, nous sommes au premier rang des barricades pour réclamer également nos droits.

L’oppression dont nous sommes victimes est un instrument pour nous exploiter davantage, pour tirer profit de nos souffrances en faveur des grands capitalistes. Les droits à l’égalité de genre doivent faire partie des revendications de tous, non seulement des femmes. Au Chili, il n’y a aucune possibilité de changer les choses si la lutte ne défend pas également les femmes. Il n’y a pas de victoire contre le putsch en Bolivie sans lutte pour les femmes, les autochtones, les pauvres et les travailleuses.

Pour le système capitaliste, l’inégalité est essentielle. Et le machisme est une forme de contrôle sur nous, les femmes, pour nous donner les pires emplois, pour nous reléguer la tâche des soins de la famille sans aucune rémunération, de sorte que la classe ouvrière soit divisée et ne se batte pas pour des intérêts communs.

Pour mettre fin à la violence machiste, il faut mettre fin à ce système qui perpétue notre oppression au profit des capitalistes. Nous ne disons pas que la révolution résoudra tous nos problèmes immédiatement, mais nous sommes convaincus que sans elle, il n’y aura pas d’issue.

Pour nous, ce changement de société est une question de vie ou de mort. En tant que LIT-QI, nous continuerons dans la rue avec les femmes qui se battent en union avec le peuple. Et nous manifesterons ce 25 novembre pour crier haut et fort :

NON à la violence machiste !

 NON à l’oppression et l’exploitation !

 Vive la lutte du peuple dans la rue !

 À bas les gouvernements de la faim et de la répression !