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Au Brésil, les arrêts de travail et les manifestations démontrent l’insatisfaction et prouvent qu’une grève générale est possible pour vaincre Temer et les réformes

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Le 30 juin, les travailleurs brésiliens ont donné encore une fois une grande démonstration de lutte, contre les réformes du gouvernement Temer qui menacent la retraite et le droit du travail. Ce fut une journée qui a pris la forme de grève générale, avec des manifestations dans tous les Etats fédérés, y compris le District fédéral.

Dilma Rousseff était arrivée au pouvoir au Brésil en 2011, succédant à Lula, et fut réélue en 2014. Mais depuis lors, sur toile de fond d’une situation économique de plus en plus critique, les scandales de corruption se sont multipliés. En octobre 2015, Dilma fut destituée par le Parlement et remplacée par le vice-président Michel Tremer. Les manifestations des travailleurs contre les mesures d’austérité, en particulier les restrictions pour les pensions, se sont développées et ont de plus en plus visé le gouvernement, aboutissant à une grève générale le 28 avril et une grandiose journée de lutte le 17 mai 2017.
Tremer étant toujours soutenu par « le marché » – les banquiers internationaux et nationaux, les industriels, la presse à leur service –, la principale centrale syndicale, la CGT, freinait des quatre fers pour éviter la chute du gouvernement, alors que la CSP-Conlutas, qui coordonne le mouvement d’opposition à la bureaucratie syndicale, appelait à construire la grève générale révolutionnaire. Une première ébauche a eu lieu le 30 juin. Voici un commentaire publié par la CSP-Conlutas, le 3 juillet.

Malgré les divergences parmi les syndicats concernant le nom à donner à la journée de mobilisation – grève générale ou journée de lutte –, les manifestations qui se sont emparées du pays confirment que les travailleurs sont prêts à se battre, pour mettre en échec les réformes qui attaquent leurs droits et pour en finir avec les corrompus du gouvernement de Temer et du Congrès.
Ce furent des grèves, des arrêts de travail, des barrages des routes et des avenues, des marches et des manifestations dans les capitales et les grandes villes, relayés amplement par la presse tout au long de la journée. Ce furent divers secteurs– les métallos, le pétrole, la banque, les postiers, la construction civile, les enseignants, les fonctionnaires, entre autres – qui se sont engagés dans la lutte.
Selon Atnágoras Lopes, un dirigeant du CSP-Conlutas, la journée du 30 représenta non seulement un message de la classe au gouvernement et au Congrès de corrompus, mais aussi aux dirigeants syndicaux. « La corruption, c’est la mort de nos enfants dans les centres médicaux, c’est le manque d’emploi. Notre tâche, en tant que dirigeants, est d’intensifier de plus en plus la mobilisation et la construction d’une grande grève générale dans ce pays, de renverser Temer et les corrompus du Congrès ».
Selon le dirigeant, aucun syndicat n’a le droit d’envisager d’éventuelles négociations entre les travailleurs et le gouvernement, alors que la base est indignée par les attaques contre les travailleurs et le retrait des droits.
Et il conclut : « Ce 30 juin a le caractère d’une grève générale et ouvre le chemin vers la victoire dans notre classe. Nous avons besoin de l’unité dans la lutte. Lorsque les travailleurs se réunissent, nous pouvons transformer notre réalité, et celui qui produit, le travailleur, peut prendre en ses propres mains le gouvernement du pays. »
L’importante disposition à la lutte des travailleurs et le rejet des négociations avec le gouvernement ont également été mis en évidence dans les paroles de Luiz Carlos Prates, alias Mancha, dirigeant de CSP-Conlutas, lors du rassemblement unifié des syndicats en face de la Surintendance régionale du Travail de l’Etat de São Paulo, le matin du 30 juin.
« Pour nous, de la CSP-Conlutas, il n’y a pas de place pour des négociations entre les travailleurs et ce gouvernement agonisant, qui s’accroche en vain au pouvoir. Nous devons continuer la mobilisation des travailleurs. Ceux qui pensaient que le 30 serait mitigé, voient maintenant les nouvelles en provenance de partout dans le pays. Les centrales syndicales qui hésitaient au dernier moment à construire la grève générale se sont lourdement trompées. Un nouveau message devient clair aujourd’hui pour le gouvernement et pour tous les syndicats : nous ne pouvons pas négocier les droits des travailleurs avec le gouvernement, et aucune mesure provisoire de la part de Temer ne servira nos intérêts. Nous devons avancer dans notre lutte. » Voilà ce que disait Mancha.

Aucune mesure provisoire de la part de Temer ne servira nos intérêts. Nous devons avancer dans notre lutte.
 

 

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