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Le coronavirus : une menace mortelle pour les prisonniers politiques

L’État est un instrument de domination de classe, et même ceux qui tentent de se présenter comme plus démocratiques sont, comme l’écrivait Lénine, une « croûte » pour déguiser cette dictature bourgeoise sur le prolétariat. Pour cela, ils utilisent l’ensemble de leurs institutions pour contenir la révolte sociale, principalement par la coercition et la répression. L’une de ces institutions est le système pénitentiaire.

Par: Américo Gomes – Ligue Internationale des Travailleurs – QI, le 26 mars 2020

C’est pourquoi les États-Unis maintiennent la prison de Guantánamo, sans aucun droit pour ceux qui y sont emprisonnés, et maintiennent plusieurs militans sociaux derrière les barreaux, comme l’ancien Black Panther Abu Jamal. En France, lors de la manifestation des Gilets jaunes, l’État a utilisé cette méthode de répression, effectuant plus de 10 000 emprisonnements pour tenter de mettre fin au mouvement. Parmi les personnes emprisonnées, 3 000 ont été condamnées lors de procédures judiciaires et 1 000 purgent des peines en régime fermé.

Au Chili, Piñera a l’intention d’étouffer la Première Ligne à l’intérieur de la prison

Il y a environ une semaine, un incendie s’est déclaré dans la prison en sous-traitance Santiago Uno, où se trouve une grande partie des prisonniers de la révolution chilienne. Au cours de cet incendie, on a entendu des cris : « Les flics sont en train de nous tuer ici ! »

Un scandale se déroule au Chili: 2 600 jeunes sont détenus dans des prisons communes, comme dans le Module 14, sans délais de libération, en attendant leur jugement. Leur seul « crime » : défendre les manifestants et garantir le droit de manifester face aux violentes attaques de la répression policière du gouvernement de Piñera. Beaucoup appartiennent à Primera Linea.1

Ils se trouvent dans des conditions carcérales épouvantables, sans conditions hygiéniques ou sanitaires qui les protègent des infections, et cela en pleine pandémie de coronavirus.

Ces jeunes, qui subissent déjà la peine la plus sévère de l’État sans qu’aucun d’entre eux n’ait été condamné, risquent désormais la mort. Leurs protestations à l’intérieur des prisons ont été étouffées par les Forces Spéciales de la Police Anti-émeutes.

L’organisation Défense Populaire a déposé un Habeas Corpus, suite à quoi la juge de garde a demandé un audit d’État pour une visite au Module 14, mais aucune mesure n’a été prise. C’est pour cette raison que des entités de Défense des droits Humains, ainsi que des organisations de défense des prisonniers (Coordination 18 octobre pour la liberté des prisonniers politiques ; Organisation de la famille et des amis des prisonniers politiques – OFAPP ; Comité Oscar Romero ; Sicsal Chili) insistent pour que la campagne exigeant la libération immédiate de ces prisonniers soit maintenue , et se développe maintenant par voie d’e-mails.

La répression de la Révolution chilienne a déjà fait près de 40 morts ; plus de 400 personnes ont perdu un œil, des dizaines de personnes ont été agressées sexuellement par des agents de l’État, souvent dans des locaux officiels. Et maintenant, les combattants de Primera Linea sont exposés aux dangers d’une infection généralisée au sein du système pénitentiaire.

Dans une attitude criminelle, Piñera profite de la catastrophe mondiale pour étouffer le processus révolutionnaire chilien et éliminer littéralement les jeunes qui font partie de Primera Linea. Vous pouvez écouter le témoignage de Bertilda Lara, mère d’Ignacio Lara, prisonnier politique du gouvernement Piñera, dans une video (en portugais, sous-titré en espagnol) : <https://www.youtube.com/watch?v=B89xgFsHvd8&feature=youtu.be>

Les Palestiniens craignent pour leur vie dans les prisons israéliennes

La répression violente que l’État d’Israël a toujours exercée dans les territoires palestiniens occupés a pris des aspects sinistres ces derniers jours en Cisjordanie occupée, en raison de l’augmentation continue des cas de coronavirus. La situation est encore plus alarmante dans les prisons israéliennes où des milliers de prisonniers palestiniens sont détenus, et des prisonniers infectés par le virus ont déjà été identifiés dans les prisons de Bethléem, Il y a également des soupçons de contamination à Ramleh et dans les centres de détention de Jérusalem, où tous les prisonniers ont été mis en quarantaine.

Le service pénitentiaire israélien (IPS) a annoncé son intention d’évacuer le pénitencier près de la frontière avec l’Égypte, afin de l’utiliser pour les prisonniers mis en quarantaine et ainsi les séparer de leurs proches palestiniens. Mettre les prisonniers contaminés en isolement dans d’autres prisons, dans ce cas près de l’Égypte, c’est simplement « les placer dans des cellules d’isolement dans une autre prison ». Ce n’est pas une protection.

Les prisons israéliennes sont malheureusement célèbres pour être vieilles, sales, surpeuplées et dépourvues d’articles d’hygiène de base comme du désinfectant et du savon. En outre, il y a entre six et dix prisonniers entassés dans chaque cellule et des réfectoires rassemblant jusqu’à 120 prisonniers.

Liberté immédiate pour tous les prisonniers politiques !

Ce que ces États font avec ces militants sociaux est criminel. C’est la même chose que ce que font les dictatures et les gouvernements autoritaires: : profiter de cette pandémie pour éliminer leurs ennemis.

Une tâche fondamentale des mouvements sociaux à travers la planète est donc d’exiger, en ce moment de crise, la liberté immédiate pour tous les prisonniers politiques, qui sont détenus soit pour avoir participé à des manifestations, soit pour des conflits avec les appareils de répression, soit sous accusation de rébellion, soit criminalisés pour avoir participé à des luttes sociales.

Ces gouvernements, qui n’ont pas pris de mesures efficaces pour éviter la contagion dans la population en général, profitent désormais de la crise du coronavirus pour tuer nos jeunes combattants et militants emprisonnés, au Chili, en Israël, en Iran ou en Chine. La non-liberté de ces prisonniers peut entraîner la condamnation de ces militants à la peine de mort par infection.

 

1Il s’agit d’une organisation de militants pour accomplir la tache spécifique d’encadrer les manifestations, les rassemblements, de les protéger contre d’éventuels provocateurs et contre la répression policière.