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Des centaines de milliers de gens sont descendus dans la rue pour mettre en échec le gouvernement et la troïka

Ce 14 septembre, le Portugal a vécu une des plus grandes manifestations de son histoire, contre les plans de la troïka qui mènent le pays à la catastrophe sociale.

Il n'y a pas de doute : dans la plus grande manifestation depuis le 1er mai 1974, les gens ont fait savoir qu'ils n'en veulent plus de la troïka, ni du gouvernement de Pedro Passos Coelho, pour diriger les destins du pays. « Dehors, dehors, dehors d'ici, la faim, la misère et le FMI » ; « Il est temps, il est temps, que le gouvernement dégage » ; « Troika no, troika no, Troika no » ; « Voleurs » ; « Portugal » ; voilà quelques slogans, ainsi que des appels à l'unité de la gauche, lancés dans 40 villes du pays par des centaines de milliers de personnes, des jeunes et des retraités, des salariés, des chômeurs, des étudiants et des petits entrepreneurs, des familles entières. Beaucoup de gens ont dit que c'était la première fois qu'ils participaient à une manifestation.

« C'était l'enterrement le plus animé que je n'ai jamais vu », ironisa un jeune lors de la manifestation à Lisbonne, se référant au gouvernement « défunt » de Passos Coelho. A Lisbonne, il y avait encore plus de gens dans la rue que lors de la manifestation de la « Geração à Rasca » (la génération précaire), du 12 mars 2011, quand il était clair que le gouvernement de José Sócrates (PS) était déjà sur la sellette. A Porto, la manifestation a rassemblé plus de 10 000 personnes (Jornal de Notícias), à Braga, environ 5 000 (Diário de Notícias), à Coimbra, environ 20 000 (selon la police), à Viseu, environ 1000, à Setúbal, environ 4 000. Dans toutes les villes, de nombreuses pancartes disaient : « Passos, émigre ! », « Passos, au chômage ! » ; ou encore : « Coelho, à ton terrier », faisant allusion à son nom qui signifie lapin.

A Lisbonne, la manifestation a parcouru plusieurs avenues, depuis le point de départ sur la place José Fontana jusqu'à la Place d'Espagne, où les organisateurs ont proposé la réalisation d'une grève générale populaire – dans laquelle l'ensemble du pays serait à l'arrêt et non seulement les travailleurs avec contrat de travail –, ainsi qu'une concentration, le vendredi 21 septembre à 18 h, devant le Palais de Belém, la résidence du Président de la République, Cavaco Silva, qui devait s'y réunir avec le Conseil d'Etat. Mais la manifestation ne s'est pas terminée sur la Place d'Espagne. Spontanément, des dizaines de milliers de manifestants sont allés à l'Assemblée de la République pour continuer la protestation.

Cette manifestation grandiose a montré catégoriquement que le peuple est à bout de sa patience et qu'une nouvelle situation politique s'est ouverte dans le pays. Il faut maintenant canaliser cette colère et cette volonté de lutte pour organiser les gens dans les lieux de travail et les quartiers ; il faut faire une grève générale dure, qui met le pays à l'arrêt, ainsi que de nouvelles manifestations dans la rue, jusqu'à la suppression des mesures d'austérité et l'expulsion du gouvernement et de la troïka.