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Bpost: Avec la mobilisation, on peut gagner.

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Récemment, dans un centre de tri de bpost, en arrivant au travail, l’équipe de nuit se voyait confrontée à une charge de travail hors du commun. Ce n’était pas la première fois, mais trop c’est trop ! Ils se sont tous mis d’accord pour ne pas commencer les activités dans ces conditions. Le patron n’avait d’autre choix que d’aller chercher du renfort, et ce n’est qu’ainsi qu’ils ont alors entamé le travail. Avec la mobilisation, tous ensemble, on peut obtenir des choses.
Mais ce n’est pas toujours le point de vue des directions syndicales. Après les discussions sur l’AIP pour 2019-2020, conclu le 26 février, la FEB s’est réjouie du « bon résultat ». Pas de problème que la FGTB ait refusé de signer la CCT pour deux ans au Conseil National du Travail (CNT) : elle sera appliquée par Arrêté royal. Et la FEB prévient ses patrons : que l’augmentation peut être moindre, afin de « sauvegarder la compétitivité » ; que la marge autorisée de 1,1 %, c’est bien pour les deux années, pas chaque année ; que toutes les rémunérations hors salaire, comme les remboursements de frais de déplacement, doivent être décomptées.
Si la marge « disponible », de 0,8 % selon le Conseil central de l’économie (CCE), a pu être dépassée, c’est bien grâce à une mobilisation, avec la grève en front commun du 13 février. Mais pourquoi alors cette mobilisation à la base s’est-elle arrêtée, alors que tous sont d’accord que ce 1,1 % ne permettra pas du tout de stopper la détérioration de notre pouvoir d’achat. Le fait est que, grâce à la planification de l’austérité en catimini dans le Groupe des Dix, Kris Peeters peut se féliciter que le « handicap salarial » est chose du passé « grâce au saut d’index » et autres astuces. Et les bénéfices des actionnaires et les salaires des PDG, eux nullement « limités » par cette convention, sont sains et saufs.
De toute façon, la joie des patrons n’est pas partagée par les travailleurs. Les luttes continuent, en dépit de toute la propagande pour nous convaincre qu’il suffit de voter pour les « bons » députés le 26 mai.
Le patron de bpost, Van Gerven (dont le salaire est de 94.000 €/mois !), a réagi le 19 mars dernier à cet AIP pour signaler à quel point son entreprise est « victime » des luttes. Les prévisions de chiffre d’affaires pour 2019 seront en baisse de 30 % par rapport à 2018, et de 40 % par rapport à 2017. Et l’entreprise sera donc contrainte de diminuer le dividende aux actionnaires de quelque 20 %.
Chez bpost, une CCT pour 2019-2020 avait déjà été votée en décembre 2018. Elle avait été précédée par un mouvement de grèves tournantes à partir du 6 novembre. Les directions syndicales se sont réparties les tâches pour venir à bout du conflit, les Verts s’abstenant de signer un premier préaccord et se maintenant « mobilisés », on ne sait jamais, tout comme les Rouges avaient « refusé de signer » l’accord de l’AIP, sachant bien qu’il serait appliqué de toute façon. Mais les Verts de bpost ont quand même vite appelé à lever les piquets de grève. Ce n’est que parce que les travailleurs ont insisté dans leur grève, que finalement ils ont obtenu quelques petites concessions.
Reste que bpost se vante de prendre des mesures en faveur du climat – c’est la mode – en réduisant ses coûts d’électricité par l’installation de panneaux photovoltaïques. Alors que, pour les travailleurs, « l’environnement », c’est un bruit infernal tout au long de la journée, contre lequel bpost n’entreprend rien, ni après ni avant la CCT votée en décembre !
Et actuellement, après qu’un arrêté royal ait imposé la CCT 2019-2020, la direction syndicale rouge-bleu à bpost distribue un tract pour dire que l’accord conclu en décembre était insuffisant, mais qu’elle a quand même bien fait de le signer, pour ne pas trop fâcher le patron. Son programme : « Se battre pour que bpost devienne un bon patron. » (sic !)
Deux conclusions s’imposent : 1. C’est bien la ténacité des travailleurs de bpost, en dépit de l’orientation des directions syndicales, qui avait permis les quelques petites concessions obtenues en décembre. 2. Un patron est « bon » pour les actionnaires et il est payé – et comment ! – pour faire profiter à ceux-ci de ce qu’il parvient à retirer du travail livré par les seuls qui réellement produisent la richesse. C’est ce que disait un communiqué de bpost en décembre 2018 :  » Les mesures négociées avec les syndicats après les grèves de novembre auront un impact sur la rentabilité de l’entreprise ». Un patron ne peut donc pas être « bon » pour les travailleurs.
C’est bien ça le « système capitaliste ». Il est nécessaire de dénoncer toutes ces manœuvres des directions syndicales qui collaborent tous les jours avec ce système. Il faut organiser des assemblées, des comités de grèves pour diriger nos luttes jusqu’à obtenir de réelles avancées, et pas quelques cacahuètes qui, au final, ne changent pas grand-chose à l’exploitation quotidienne des travailleurs. Et c’est ainsi que l’on pourra avancer pour un jour venir à bout de ce système lui-même, vers un réel socialisme.

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