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Vicenza: dehors, la base USA

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|Le 17 février dernier, à Vicenza, s’est déroulée une importante manifestation contre la base militaire de l’OTAN installée dans cette ville du nord de l’Italie, et contre la politique de guerre du gouvernement Prodi qui a voté des crédits pour l’élargissement de ladite base. Cette manifestation, à retentissement national et international, a réuni quelque 200 000 personnes et obtenu un important succès politique, relayé par les media y compris en France. Le Parti d’Alternative Communiste s’est activement investi dans la préparation de cette manifestation, ses mots d’ordre ayant même été applaudis par les milliers de manifestants présents. Parmi les trois dernières interventions prononcées à la tribune au nom des comités contre la base militaire, très remarquée celle, précisément, d’un dirigeant du  Parti d’Alternative Communiste, notre camarade Patrizia CAMMARATA,  par ailleurs porte-parole du Comité des habitants et des travailleurs de Vicenza Est. Vous pouvez écouter un extrait (en italien) de l’intervention de Patrizia sur le site dudit Comité, http://www.altravicenza.it


 


Nous publions ci-dessous l’appel lancé par nos camarades du Parti d’Alternative Communiste.


 


 


DEHORS, LA BASE USA


 


GREVE GENERALE CONTRE LE GOUVERNEMENT DE GUERRE


 


Le gouvernement Prodi a adopté une Loi Financière «larmes et sang». D’une part, amputation des dépenses sociales et de santé ;  d’autre part, augmentation de la dépense militaire. Un budget qui prévoit, en effet, l’élargissement de la base militaire de Sigonella, l’hébergement d’une flotte de guerre USA dans le port de Palerme, l’achat d’une énorme usine d’armement américaine à Cameri, la construction d’une nouvelle (et plus grosse) base militaire USA à Vicenza, la reconduction des crédits pour la mission en Afghanistan. Dans les faits, les missions impérialistes (dont celle au Liban) sont-elles renforcées grâce au gouvernement Prodiste de l’Union.


 


Parmi les parlementaires qui annoncent leur présence à la manifestation d’aujourd’hui, nombreux sont ceux qui ont construit leur propre carrière politique alors qu’ils étaient dans l’opposition, sur la base du non à la guerre, de la non-violence et du pacifisme. Les mêmes, désormais dans la majorité, non contents d’avoir voté la Loi de Finances (véritable massacre social), ont de surcroît soutenu le gouvernement Prodi dans sa volonté d’installer une nouvelle base USA à Vicenza.


 


Aussi, au Sénat avons-nous pu assister aux jutes verbales entre centre-droit et centre-gauche et, par ailleurs, à la capitulation, de plus en plus évidente, de la gauche parlementaire (PRC, PDCI, Verts, Gauche) vis-à-vis de la politique extérieure d’un gouvernement que, de leur part, les manifestants de Vicenza définissent très justement comme un «gouvernement de guerre».


 


Le vote du Sénat sur l’élargissement de la Base USA de Dal Molin a démasqué, pour la énième fois, ces parlementaires soi-disant «auto suspendus», leur démagogie, leur duplicité idéologique : au moment crucial, en dépit de leurs déclarations publiques grandiloquentes et leurs manèges «auto suspensifs», ces gens-là n’ont présenté aucune motion pour dire NON à la Base USA de Dal Molin. En revanche, ils ont voté une motion «prenant acte» des décisions du gouvernement ; motion aménagée d’un appel démagogique à une «conférence sur les servitudes militaires». Mais les faits, qui sont têtus, démontrent une fois de plus la vacuité politique de la «pression de la gauche» du gouvernement, ainsi que l’escroquerie de la politique «de lutte et de gouvernement».


 


Pour les communistes, il est grand temps de rompre tous liens organisationnels avec les partis de la gauche gouvernementale !!


 


Entre-temps, 95 entreprises italiennes ont déjà répondu à l’offre de marché public sur le projet Dal Molin. Un marché évalué à 300 millions d’euros (390 millions de dollars) et qui, selon certains, pourrait frôler le «milliard de dollars » d’ici 2011. Parmi les principales entreprises, on évoque surtout la «triade rouge» de la Ligue des Coopératives, proche des DS et du gouvernement de centre-gauche, c’est-à-dire des sociétés de construction comme CCC (Venise), CMC (Ravenne) et CMR (Ferrare), ainsi que Pizzarrotti&C(Parme), une des plus actives dans le domaine des bases USA.      


 


Tel que nous l’ont démontré l’expérience contre le TAV[1] en Val de Susa, et celle contre les lois sur la précarité en France, pour une issue victorieuse, la lutte doit s’étendre et mobiliser les travailleurs et les masses populaires pour arriver à un arrêt de la production.


 


Le Parti d’Alternative Communiste est né d’une scission du PRC (ex gauche de Refondation) qui a rompu avec le parti de Bertinotti, justement, quand ce parti a décidé de rejoindre le gouvernement Prodi. Le Parti d’Alternative Communiste appelle donc les travailleurs de la CGIl[2], de la CUB[3] et de tout le syndicalisme de base à faire pression sur leurs propres organisations syndicales pour aller, le plus rapidement possible, vers la proclamation d’une grève générale contre les politiques néocolonialistes et de guerre de ce gouvernement.


 


Dehors les bases militaires USA et OTAN ! Non à la base militaire USA à Vicenza !


Fermeture et reconversion civile de toutes les bases militaires existant dans le pays !


Retraite immédiate des militaires basés au Liban, en Afghanistan et dans tout autre pays !


Grève générale contre les politiques économique et extérieure du gouvernement !  


 


Parti d’Alternative Communiste


A Vicenza, le 17 février 2007






[1] TAV, Treno di Alta Velocità : le TGV en Italie.



[2] Cgil,  et 3Cub : organisations syndicales italiennes.



 

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