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8 mars : Soutenons la grève pour et avec les femmes dans le monde entier !

20 février 2017

Ce 8 mars, les femmes du monde entier écriront une autre page importante de l'histoire de la lutte pour leurs droits : dans une action sans précédent en cette journée internationale de la femme travailleuse, un appel à la grève est lancé dans plus de 20 pays, et nous descendrons dans la rue,

Au cours de ces dernières années, nous avons vu comment, jour après jour, les femmes prennent la tête de la résistance. Les travailleuses et les femmes pauvres nous montrent comment affronter les plans de l’impérialisme, comment résister aux invasions (Syrie, Palestine, Kurdes), comment lutter pour l'éducation (Mexique), comment défendre les conquêtes (Pologne), comment réclamer l'égalité salariale (Islande), comment lutter pour nos vies (Inde, Argentine), etc., etc.

Il y a un an et demi, un 3 juin, sous le hashtag #NiUnaMenos (pas une de moins), un groupe de journalistes argentines ont appelé à mobiliser contre les féminicides et la violence envers les femmes. Les rues de Buenos Aires furent inondées par la mobilisation la plus grande que le pays ait jusqu'alors en faveur des droits de la femme. La mobilisation a eu un impact dans le monde entier et le hashtag a commencé à traverser d'autres pays. Pendant qu'elles affrontaient la répression, les Mexicaines reprirent cette consigne et y ajoutèrent ¡Vivas nos queremos! (nous voulons rester en vie). Et ainsi la lutte féminine commença à faire le tour de la planète, accompagnée par des milliers de travailleurs.

En 2016, beaucoup de femmes sortirent à nouveau. De grandes mobilisations secouèrent beaucoup de pays, mais la grève que firent les Polonaises pour le droit à l'avortement, de même que la grève d'octobre en Argentine, marquèrent une nouvelle perspective. L'élan qu'il manquait fut donné par les femmes nord-américaines, qui par centaines de mille sortirent affronter Donald Trump le premier jour de son mandat.

A la différence de ce que disent nombre de groupes féministes dans le monde, cela n'a rien à voir avec une émancipation individuelle des femmes ou avec le fait de défendre notre « féminité ». Il en est ainsi parce que la crise du capitalisme s'approfondit de jour en jour, que les plans d'ajustement de l’impérialisme et des gouvernements serviles sont de plus en plus durs et touchent avec plus de virulence les travailleuses et les pauvres, qui n'ont d'autre alternative que de sortir lutter contre cela. Et il en est ainsi parce que cette situation se combine avec la violence machiste, qui nous enlève jusqu'à la vie, provoquant une vague de rejet et d'indignation dans le monde.

La LIT-QI participe avec beaucoup d’enthousiasme dans chacune de ces actions et sort dans la rue avec les milliers de travailleuses et de travailleurs. Nous participons aux réunions qui ont organisé les journées du 25 novembre et nous nous réjouissons que des figures de prestige international, comme Angela Davis et Nancy Fraser, donnent de la force à l'appel. Cela nous réjouit que l'arrêt des activités, contre les violences machistes, soit posé, que les frontières soient dépassées, que le 8 mars soit réellement un jour international de lutte, que dans beaucoup d'endroits du monde on parle de nos besoins.

 Cependant, cet enthousiasme ne nous aveugle pas, et nous pensons que, quoiqu’il s’agit d’un premier pas, nous devons mener encore beaucoup de débats afin d’éviter que la lutte pour notre émancipation ne s’arrête à mi-chemin. Nous sommes convaincues que seules, nous n’irons pas loin. Le pas en avant qu’ont fait les femmes dans la lutte doit être accompagné de la bataille que tous les travailleurs et les peuples opprimés devront mener contre l’impérialisme. Derrière les discours machistes, homophobes, racistes et contre les immigrants de Trump se cache tout un plan pour continuer à décharger la crise économique mondiale sur les épaules des travailleurs, des jeunes sans emploi, et particulièrement sur leurs secteurs les plus opprimés. Tout cela afin de diviser la classe pour que les riches récupèrent leurs énormes bénéfices. Trump attaque d’abord les plus vulnérables, mais il a déjà les droits des travailleurs blancs dans la mire.

Les plans d'ajustement et d'austérité planent sur la classe ouvrière, affectant avec beaucoup de force les femmes, les immigrés, les noirs et la communauté LGBT. Nous les femmes sommes les premières à ressentir l'augmentation du coût de la vie, parce que nous ne pouvons pas donner à manger à nos enfants, nous n'avons pas de médicaments et vivons dans des quartiers dépourvus de services publics. Les coupes budgétaires, le manque d'eau potable dans beaucoup de pays d'Afrique, à Haïti et dans les zones les plus pauvres de la planète conduisent à une terrible souffrance. Beaucoup de femmes en Inde sont violées ou souffrent de maladies dans les zones rurales parce qu'elles ne peuvent pas accéder aux sanitaires et que les bains publics sont rares. Les budgets pour combattre la violence machiste, là où ils existent, tendent à disparaître. Nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes parce que les gouvernements augmentent la TVA et les impôts sur les travailleurs et les pauvres au lieu d'augmenter les impôts sur les riches et de confisquer les biens volés par les corrompus.

Tous en grève et dans la rue !

Les réunions de préparation du 8 mars en Argentine se sont prononcées de manière unanime pour exiger des centrales syndicales qu’elles appellent à la grève ce jour-là, de la même manière que dans d’autres pays du monde, des mouvements de femmes ou des regroupements syndicaux (comme en Italie, Non una di meno et le Front de Lutte No Austerity) appellent les syndicats de base et les autres regroupements à faire grève en faveur des femmes le 8 mars. Au Brésil, le Mouvement Femmes en Lutte (MML), lié à la CSP-Conlutas, a non seulement adhéré à l’appel à la grève internationale, mais a également lancé un appel pour que d’autres secteurs s’y joignent, en préparation de la grève générale dont la classe ouvrière a besoin pour mettre en échec le gouvernement de Temer et ses projets de contre-réformes sociales et du travail. Le syndicat des enseignants de l’Etat de São Paulo a appelé au personnel, majoritairement féminin, à faire grève ce jour-là.

Reprenons ces premiers exemples et allons au-delà ; faisons dans chaque lieu de travail et d’étude des réunions, des assemblées, qui discutent et décident de participer à la grève mondiale. Tendons la main à nos camarades de classe masculins pour qu’ils fassent grève et sortent dans la rue avec nous, pour qu’ils écoutent nos revendications, qui sont aussi les leurs, pour qu’ils invitent à haute voix, à nos côtés, les directions syndicales à reprendre le mot d'ordre, pour que nous commencions à combattre le machisme dans nos rangs, pour que nos revendications s’ajoutent à la liste des revendications de lutte dans chaque grève. Faisons ce jour-là des milliers de protestations aux portes des usines et sur les places publiques, appelons à des mobilisations unitaires.

Nous commençons nous-mêmes à nous mettre à la tête et nous sortons pour nos droits, mais nous voulons que tous les travailleurs nous accompagnent, parce que notre lutte est celle de tous les exploités. Pour cette raison, ce 8 mars, nous faisons grève et luttons tous avec et pour les femmes, de la même manière que nous faisons grève contre les licenciements, contre les lois qui réduisent nos pensions, pour l’éducation publique pour nos enfants, les enfants des travailleurs. Ceux et celles qui peuvent arrêter la production, c'est la classe ouvrière, et nous devrons sûrement affronter une minorité de femmes, comme Betsy DeVos, Secrétaire de l’Education du gouvernement Trump, qui est multimillionnaire, propriétairede la multinationale Amway et ennemie de l’éducation publique et des travailleuses. La jeunesse étudiante peut également faire grève ou mobiliser les universités et les écoles, et se joindre aux actions qui s’organisent dans chaque pays à l’occasion de ce qui peut être une grande journée. Une grande journée pour les femmes, une grande journée de lutte de tous les opprimés et les exploités. Nous allons dire aux propriétaires du monde que nous sommes debout, en lutte.

Ce 8 mars, les femmes travailleuses reprendront leur tradition de lutte, cette tradition qui fit que ce jour fut déclaré journée internationale de la femme depuis le début du 20e siècle, et qui eut une impulsion extraordinaire avec le triomphe de la révolution ouvrière dans la Russie de 1917. Car ce furent les ouvrières russes qui, en février de cette année-là, commencèrent la révolution sociale la plus poignante de l’histoire. Les ouvrières et les ouvriers, les paysans pauvres et les soldats de base comprirent que, pour que la lutte contre la faim, la violence, l’exploitation impitoyable et contre l’oppression ne s’arrête pas à mi-chemin, il était nécessaire de prendre le destin de toute la société entre leurs mains et de commencer à construire une société nouvelle, une société socialiste. Et cette histoire, nous voulons la répéter dans le monde entier.

 

Assez de féminicides et de violence machiste !

 

Non aux coupes budgétaires ! Pour des droits complets pour les femmes !

A travail égal, salaire égal !

Défense des droits maternels et dépénalisation de l'avortement !

Contre le machisme et toutes les formes d'oppression !

A bas Trump et l'impérialisme !

Pour la fin du capitalisme ! Vive le socialisme !

 

Secrétariat International de la Femme – Ligue internationale des Travailleurs – Quatrième Internationale