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Revue de presse sociale

Lors de ces dernieres semaines, on a pu observer que des secteurs d’activites etaient touches en meme temps par des greves dans plusieurs pays europeens. Ces mouvements de greve correspondent a la resistance des travailleurs contre des attaques simultanement menees par differents gouvernements, qui appliquent les directives de l’Union Europeenne. Ces directives ont pour objectif de demanteler les droits des travailleurs et de privatiser les services publics.


 


Dans les transports ferroviaires, plusieurs mouvements de greve ont recemment eclate ou sont prevus dans differents pays europeens. En France (voir l’editorial de ce numero de l’Internationaliste), les cheminots se sont mis en greve le 18 octobre pour defendre leur regime de retraite. En arriere plan de cette mobilisation, il y a egalement la privatisation de la SNCF, la liberalisation du transport voyageur et de celui du fret, l’instauration d’un service minimum en cas de greve.


 


Au mois d’octobre, les conducteurs de train d’Allemagne ont deja effectue, a l’appel du syndicat GDL, deux greves qui ont ete tres suivies. Selon la direction de la Deutsche Bahn (DB), pres de la moitie des trains regionaux sont restes dans les depots lors de ces greves. Ce chiffre a meme atteint 80 a 90% dans certaines regions de l’ex-Allemagne de l’est. Les conducteurs de train menacent de debrayer a nouveau dans les prochains jours si leurs revendications ne sont pas satisfaites. Ils reclament une convention collective propre et une augmentation de 31% de leurs salaires. En Allemagne, les travailleurs sont aussi opposes a la privatisation de la DB.


 


Les cheminots allemands sont egalement touches par la remise en cause du droit de greve, puisque la direction de l’entreprise avait fait interdire par la justice la premiere greve prevue au mois d’aout.En Belgique, alors que le pays connait une crise politique sans precedent, les partis politiques qui negocient la mise en place du futur gouvernement sont tombes d’accord pour remettre a plat l’organisation du travail dans l’entreprise et pour mettre en place un service minimum dans les transports. La CGSP Cheminots appelle a faire greve une heure le 26 octobre pour s’opposer au service minimum.


 


Dans ce contexte, ne serait-il pas de la responsabilite des syndicats de coordonner et d’organiser la lutte des travailleurs du rail a l’echelle de l’Europe pour s’opposer a la remise en cause du droit de greve, pour s’opposer a la destruction de leurs droits et pour s’opposer a la privatisation des chemins de fer ?


 


La Poste anglaise a ete secouee par plusieurs greves tres suivies au mois d’octobre. Les travailleurs des postes de Grande Bretagne s’opposent a la volonte du gouvernement de Gordon Brown de privatiser la Royal Mail, ce qui va se traduire par des licenciements, par le gel des salaires, par la remise en cause du systeme de retraite. Le syndicat Communications Workers Union (CWU) estime que 40 000 emplois vont etre supprimes et que 2700 bureaux de postes vont etre fermes, alors que 45 000 emplois ont deja ete supprimes depuis cinq ans. Le syndicat demande une augmentation de 27 % sur cinq ans pour rattraper la moyenne nationale des salaires. La greve a quasiment paralyse la distribution du courrier pendant plusieurs jours au Royaume-Uni.


 


En Belgique, on a observe des greves a la poste de Liege contre l’augmentation des cadences. En France, on a egalement observe des arrets de travail a La Poste, notamment lors de la journee du 18 octobre. L’ensemble de ces mouvements se produit alors que l’Union Europeenne a prevu la liberalisation totale des services postaux pour 2011. Dans ce contexte ne serait-il pas de la responsabilite des syndicatsde construire et d’unifier les luttes des postiers a l’echelle de l’Europe pour s’opposer a la privatisation des postes voulue par l’Union Europeenne?


 


A Lisbonne, a l’appel de la CGTP, pres de 200 000 personnes ont manifeste contre la politique du gouvernement PS de Jose Socrates, qui occupe actuellement la presidence tournante de l’Union Europeenne. Cette manifestation a d’autant plus de signification que le gouvernement PS mene une politique d’austerite pour respecter les criteres de convergences du traite de Maastricht, qui exigent que le deficit public ne depasse pas 3% du PIB. Cela se traduit par un gel des salaires des fonctionnaires, par une vague importante de privatisation et par une flexibilisation accrue des droits de l’ensemble des travailleurs.


 


Cette manifestation s’est deroulee en marge du sommet de Lisbonne qui reunissait les 27 chefs d’etat et de gouvernement des etats membres de l’Union Europeenne. Le but de ce sommet etait d’arriver a mettre en place un « nouveau » traite europeen, qui reprend en fait la constitution europeenne qui a ete massivement rejetee par les jeunes et les travailleurs en France et aux Pays-Bas. Dans ce contexte ne serait-il pas de la responsabilite des syndicats d’unifier, a l’echelle de l’Europe, l’ensemble des luttes contre la destruction des droits des travailleurs et contre la privatisation des services publics, voulue par la « nouvelle » constitution europeenne ?