{"id":71031,"date":"2023-05-18T10:30:39","date_gmt":"2023-05-18T10:30:39","guid":{"rendered":"https:\/\/litci.org\/fr\/?p=71031"},"modified":"2023-05-18T10:47:35","modified_gmt":"2023-05-18T10:47:35","slug":"le-npa-le-secretariat-unifie-et-les-partis-larges-3-5-quelques-exemples-de-partis-larges-des-dernieres-decennies","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/litci.org\/fr\/le-npa-le-secretariat-unifie-et-les-partis-larges-3-5-quelques-exemples-de-partis-larges-des-dernieres-decennies\/","title":{"rendered":"Le NPA, le Secr\u00e9tariat Unifi\u00e9 et les partis larges 3\/5: Quelques exemples de partis larges des derni\u00e8res d\u00e9cennies"},"content":{"rendered":"\n<p><em>Le week-end des 9 au 11 d\u00e9cembre 2022 a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9 en France par la scission m\u00e9diatis\u00e9e du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA). Nouveau&nbsp;? Pas tout \u00e0 fait&nbsp;: ce parti \u00e9tait n\u00e9 il y a pr\u00e8s de 14 ans, mais portait toujours un nom vou\u00e9 \u00e0 disparaitre\u2026 En 1995, le Secr\u00e9tariat Unifi\u00e9 de la 4<sup>e<\/sup> Internationale<a href=\"#_edn1\" id=\"_ednref1\"><strong>[1]<\/strong><\/a>, apr\u00e8s la restauration du capitalisme en URSS et en Europe de l\u2019Est, faisait un virage strat\u00e9gique et d\u00e9cidait de construire des partis anticapitalistes larges. Plusieurs exp\u00e9riences avaient commenc\u00e9. Sa section fran\u00e7aise, la LCR, se dissolvait en 2009 dans le NPA, qui se voulait large. Apr\u00e8s \u00eatre revenus, dans les articles pr\u00e9c\u00e9dents, sur les derniers \u00e9v\u00e8nements et sur le logiciel politique du NPA, ce troisi\u00e8me article passe en revue les diverses exp\u00e9riences de six partis larges&nbsp;(ce que le NPA \u00e9tait aussi cens\u00e9 devenir) : le PT (Br\u00e9sil), Rifondazione (Italie), le Bloco de Esquerda (Portugal), Die Linke (Allemagne), ruriza (Gr\u00e8ce) et Podemos (Espagne).<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Par Michael Lenoir<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"480\" height=\"652\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/NPA3_1.jpg?resize=480%2C652&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-71032\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/NPA3_1.jpg?w=480&amp;ssl=1 480w, https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/NPA3_1.jpg?resize=221%2C300&amp;ssl=1 221w, https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/NPA3_1.jpg?resize=150%2C204&amp;ssl=1 150w, https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/NPA3_1.jpg?resize=300%2C408&amp;ssl=1 300w\" sizes=\"(max-width: 480px) 100vw, 480px\" data-recalc-dims=\"1\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Daniel Bensa\u00efd (1946-2010), ex-dirigeant du SU, en 2008<\/em><\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Le choix qu\u2019a fait r\u00e9cemment le \u00ab&nbsp;canal historique&nbsp;\u00bb du NPA (la PfB) ne tombe pas du ciel. Il s\u2019agit de la mouvance politique la plus directement inf\u00e9od\u00e9e au courant majoritaire de la direction de la 4<sup>e<\/sup> Internationale, version Pablo-Mandel-Bensa\u00efd, autrement dit du SU, aujourd\u2019hui le CI. C\u2019est la question g\u00e9n\u00e9rale des \u00ab&nbsp;partis larges&nbsp;\u00bb qui est ici en cause.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><u>Remarques pr\u00e9alables sur les partis larges<\/u><\/strong><a href=\"#_edn2\" id=\"_ednref2\">[2]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Nous devons d\u2019abord faire deux remarques fondamentales au niveau de la typologie de ces partis.<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re est qu\u2019il faut diff\u00e9rentier les p\u00e9riodes avant et apr\u00e8s 1995. Avant 1995, l\u2019entr\u00e9e dans des partis larges relevait d\u2019une pratique encore \u00ab\u00a0empirique\u00a0\u00bb, marqu\u00e9e par les grands exemples du PT br\u00e9silien et du PRC italien. Apr\u00e8s 1995 il s\u2019est agi de l&rsquo;application syst\u00e9matique d&rsquo;une strat\u00e9gie d\u00e9finie en congr\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00eame si l\u2019internationale dirig\u00e9e par Pablo et Mandel avait d\u00e9j\u00e0 fait des choix politiques mauvais, voire ex\u00e9crables<a href=\"#_edn3\" id=\"_ednref3\">[3]<\/a>, depuis les ann\u00e9es 1950<a href=\"#_edn4\" id=\"_ednref4\">[4]<\/a>, c\u2019est surtout depuis les ann\u00e9es 1980, de fa\u00e7on empirique&nbsp;; et c\u2019est depuis 1995, de mani\u00e8re syst\u00e9matique, que ce courant incarne la rupture avec la volont\u00e9 de Trotski de former une internationale et des partis r\u00e9volutionnaires ancr\u00e9s dans le prol\u00e9tariat et fond\u00e9s sur un programme de transition pour parvenir \u00e0 des gouvernements des travailleurs\/ses et \u00e0 la dictature du prol\u00e9tariat pour construire le socialisme. En 1995, le SU a \u00e9cart\u00e9 la perspective de la r\u00e9volution socialiste pendant toute une p\u00e9riode historique ; en cons\u00e9quence, il a modifi\u00e9 son programme, qui ne pouvait plus \u00eatre celui de la prise du pouvoir, et \u00e9cart\u00e9 logiquement, de ce fait, la r\u00e9f\u00e9rence au parti de type l\u00e9niniste, au profit des \u00ab partis larges \u00bb. Mais cette id\u00e9e avait germ\u00e9, puis s\u2019\u00e9tait d\u00e9velopp\u00e9e dans le SU avant 1995. Daniel Bensa\u00efd, devenue la figure la plus connue de celui-ci apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s d\u2019Ernest Mandel en 1995, l&rsquo;a r\u00e9sum\u00e9 avec sa formule, \u00ab&nbsp;nouvelle p\u00e9riode, nouveau programme, nouveau parti&nbsp;\u00bb<a href=\"#_edn5\" id=\"_ednref5\">[5]<\/a>. En r\u00e9alit\u00e9, l\u2019id\u00e9e de \u00ab&nbsp;nouveaux partis&nbsp;\u00bb, c\u2019est pour Bensa\u00efd et ses co-dirigeant.es du SU, ce qui doit guider \u00e0 la fois l\u2019Internationale dans son ensemble, et chacune de ses sections nationales<a href=\"#_edn6\" id=\"_ednref6\">[6]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>La seconde remarque, est qu\u2019il existe des situations tr\u00e8s diff\u00e9rentes, du point de vue des organisations nationales du SU, par rapport aux partis larges dans lesquels elles se sont int\u00e9gr\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>D&rsquo;une part, on observe le cas des partis r\u00e9formistes o\u00f9 les organisations du SU se sont int\u00e9gr\u00e9es avec beaucoup d&rsquo;enthousiasme et dans une position d\u2019inf\u00e9riorit\u00e9 num\u00e9rique&nbsp;: cette situation \u00e9ta (c&rsquo;est le cas du PT br\u00e9silien &#8211; un cas aux sp\u00e9cificit\u00e9s importantes, comme on le verra -, le PRC italien, le parti grec <em>Syriza<\/em>, et <em>Die Linke<\/em> en Allemagne). D&rsquo;autre part, des partis (n\u00e9o)r\u00e9formistes directement cr\u00e9\u00e9s par le SU : c&rsquo;est le cas du <em>Bloco de Esquerda<\/em> portugais, salu\u00e9 comme exemple international. Un cas interm\u00e9diaire, comme nous allons le voir est constitu\u00e9 par l&rsquo;espagnol <em>Podemos<\/em>. Et il y a finalement le cas sp\u00e9cifique du NPA, toujours domin\u00e9 par la direction historique mand\u00e9liste<a href=\"#_edn7\" id=\"_ednref7\">[7]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous observerons cela en d\u00e9tail tout au long de cet article, mais disons-le d\u00e8s maintenant&nbsp;: en v\u00e9rit\u00e9, ces partis larges sont une variante particuli\u00e8re de partis r\u00e9formistes, ou n\u00e9o-r\u00e9formistes. En fait, ils sont venus \u2013 avec plus ou moins de succ\u00e8s \u2013 combler le vide laiss\u00e9 par d\u2019anciens partis r\u00e9formistes. Dans les premi\u00e8res exp\u00e9riences, ces partis larges visaient \u00e0 prendre la place de partis d\u2019origine stalinienne d\u00e9cr\u00e9dibilis\u00e9s aux yeux des masses ou de leur base pour avoir men\u00e9 une politique ouverte de collaboration de classes&nbsp;: c\u2019\u00e9tait le cas du PCB au Br\u00e9sil&nbsp;(qui ne s\u2019est jamais relev\u00e9 de sa politique ayant permis la mise en place de la dictature militaire en 1964); ainsi que du PCI italien, dont le courant majoritaire a \u00e9volu\u00e9 \u00e0 une allure vertigineuse vers le social-lib\u00e9ralisme. En Europe, et \u00e0 partir de 1995, il s\u2019est agi d\u2019occuper l\u2019espace pr\u00e9c\u00e9demment tenu par des partis d\u2019origine social-d\u00e9mocrate (PASOK en Gr\u00e8ce, PS portugais, SPD allemand, PSOE espagnol). Ces derniers, apr\u00e8s avoir express\u00e9ment rejet\u00e9 l\u2019objectif de socialisme (pas m\u00eame par la voie de r\u00e9forme graduelle), et ayant plus tard m\u00eame renonc\u00e9 \u00e0 la d\u00e9fense de l&rsquo;\u00c9tat-providence, sont devenus des forces n\u00e9olib\u00e9rales et bourgeoises qui (dans le cadre de l&rsquo;UE) n&rsquo;ont pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 appliquer les pires plans d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Ajoutons que, m\u00eame s\u2019il existe pas mal de diff\u00e9rences entre eux, on ne peut pas dire que ces partis larges aient pi\u00e9tin\u00e9 un projet r\u00e9volutionnaire initial. Certes, ils ont souvent d\u00e9\u00e7u leur base populaire et militante (qui y voyait souvent plus qu\u2019ils n\u2019\u00e9taient) mais l\u2019analyse fine de leur programme d\u2019origine ne pouvait en aucun cas placer ces partis dans le camp de la r\u00e9volution. Et de plus, au contraire, avec le temps, leur pratique politique a conduit ces partis \u00e0 d\u00e9velopper leur potentiel r\u00e9formiste d\u2019origine.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><u>Br\u00e9sil<\/u><\/strong><strong>&nbsp;: le pr\u00e9c\u00e9dent du PT, un cas de parti r\u00e9formiste sp\u00e9cial<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>A partir de 1979-1980, l\u2019exp\u00e9rience du Parti des Travailleurs br\u00e9silien constitue un pr\u00e9c\u00e9dent important en mati\u00e8re de \u00ab&nbsp;partis larges&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li><strong>Aux origines du PT<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Dans sa premi\u00e8re d\u00e9cennie de vie, le PT a servi de cadre d\u2019organisation de classe et de politisation pour de tr\u00e8s nombreux secteurs du prol\u00e9tariat et des pauvres. Le PT est effectivement prototypique d\u2019un parti&nbsp;large : s\u2019adressant aux masses des travailleurs\/ses en g\u00e9n\u00e9ral, et les organisant dans les entreprises et les quartiers&nbsp;; muni d\u2019un programme flou \u00e9voquant le socialisme mais se refusant, \u00e0 ses d\u00e9buts, \u00e0 le d\u00e9finir clairement&nbsp;; et surtout sans d\u00e9limitation strat\u00e9gique (r\u00e9formes ou r\u00e9volution). Le PT est effectivement devenu un parti large, au sens aussi d\u2019un parti de masse, regroupant plusieurs centaines de milliers de militant.es en quelques ann\u00e9es. Il est n\u00e9, pour l\u2019essentiel, des entrailles du prol\u00e9tariat br\u00e9silien au c\u0153ur d\u2019une vague de gr\u00e8ves et de luttes impressionnantes qui a profond\u00e9ment d\u00e9stabilis\u00e9 une dictature militaire qui allait rendre le pouvoir aux civil.es en 1985. Le PT a servi de point de rencontre \u00e0 toutes sortes de groupes politiques de l\u2019extr\u00eame gauche, essentiellement \u00e9tudiante, d\u2019origine mao\u00efste, trotskiste, gu\u00e9variste, gu\u00e9rill\u00e9riste\u2026 Mais au c\u0153ur du projet p\u00e9tiste, se trouvait en premier lieu le \u00ab&nbsp;Nouveau syndicalisme&nbsp;\u00bb, personnifi\u00e9 par plusieurs dirigeants syndicaux, en particulier par le leader m\u00e9tallurgiste Lula. Ce syndicalisme, aussi appel\u00e9 \u00ab&nbsp;authentique&nbsp;\u00bb, en rupture avec le caract\u00e8re autoritaire et corrompu du syndicalisme officiel br\u00e9silien, mais sans \u00eatre en rupture avec les institutions de l\u2019\u00c9tat dans lesquelles il s\u2019ins\u00e9rait, allait vite s\u2019allier avec les secteurs de gauche et populaires de l\u2019\u00c9glise catholique qui ont apport\u00e9 au PT sa capillarit\u00e9 nationale, en particulier dans les quartiers pauvres et dans certaines campagnes. Il a su conqu\u00e9rir une partie de l\u2019intelligentsia et attirer certain.es \u00e9lu.es provenant de l\u2019opposition d\u00e9mocratique \u00ab&nbsp;tol\u00e9r\u00e9e&nbsp;\u00bb par le r\u00e9gime militaire.<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li><strong>Une trajectoire vers la droite<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Ce parti, n\u00e9 des luttes de la classe ouvri\u00e8re br\u00e9silienne, a regroup\u00e9 en son sein pratiquement toute la gauche br\u00e9silienne, hormis les courants staliniens pro-Moscou et pro-albanais. Le SU (comme d\u2019autres regroupements internationaux et groupes militants br\u00e9siliens, se r\u00e9clament en particulier du trotskisme) s\u2019est engag\u00e9 dans la construction du PT, avec enthousiasme, mais son petit courant br\u00e9silien, au d\u00e9part presque exclusivement \u00e9tudiant, n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9, m\u00eame de loin, aux commandes du parti. Devenu un authentique parti de masse, ancr\u00e9 autour de son noyau initial de bureaucrates de la gauche syndicale, apr\u00e8s l\u2019adoption d\u2019un manifeste, de statuts et d\u2019un programme flou lui permettant de s\u2019installer dans le paysage politique post-dictature comme un \u00ab&nbsp;parti de gauche-attrape-tout&nbsp;\u00bb, son orientation, ses alliances, ses pratiques se sont progressivement droitis\u00e9es, le PT s\u2019est bureaucratis\u00e9 et institutionnalis\u00e9. Parti de gauche devenu r\u00e9formiste sans retour possible, aussi bien dans ses textes que dans sa pratique, d\u00e8s avant la fin des ann\u00e9es 1980, il a n\u00e9anmoins, dans sa premi\u00e8re d\u00e9cennie de vie, servi de cadre d\u2019organisation de classe et de politisation pour de tr\u00e8s nombreux secteurs du prol\u00e9tariat et de la population pauvre.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle manqu\u00e9e de peu par Lula en 1989, puis les tremblements de terre politiques induits par l\u2019effondrement du Bloc de l\u2019Est et la chute du stalinisme, ont contribu\u00e9 \u00e0 acc\u00e9l\u00e9rer dans les ann\u00e9es 1990 un processus de d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence bureaucratico-institutionnelle du PT. C\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s visible lors du 1<sup>er<\/sup> Congr\u00e8s du PT en 1991, o\u00f9 les choix fondamentaux op\u00e9r\u00e9s traduisaient une d\u00e9rive r\u00e9formiste qui allait en s\u2019acc\u00e9l\u00e9rant. Certes, entre 1993 et 1995, une alliance de courants de la gauche p\u00e9tiste (n\u2019incluant pas les groupes les plus virulents, d\u00e9j\u00e0 exclus du parti) a pris la direction du parti, mais sans parvenir \u00e0 renverser r\u00e9ellement la dynamique droiti\u00e8re et r\u00e9formiste. Le \u00ab&nbsp;camp majoritaire&nbsp;\u00bb (le noyau dur autour de Lula et Z\u00e9 Dirceu, s\u2019alliant avec les secteurs les plus droitiers du parti) qui a dirig\u00e9 le PT \u00e0 partir de 1995 a, de plus, introduit un mode de fonctionnement de moins en moins militant, de plus en plus professionnalis\u00e9, usant de plus en plus de m\u00e9thodes d\u2019appareil autoritaires et douteuses, tout en parvenant \u00e0 faire reculer l\u2019influence des courants situ\u00e9s sur sa gauche, lesquels manifestaient aussi une tendance croissante \u00e0 l\u2019adaptation.<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li><strong>L\u2019\u00e9preuve du pouvoir pour le parti et sa \u00ab&nbsp;gauche&nbsp;\u00bb<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Quand, apr\u00e8s trois \u00e9lections pr\u00e9sidentielles perdues (1989, 1994, 1998), Lula a enfin gagn\u00e9 en 2002, le PT avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9norm\u00e9ment chang\u00e9 depuis sa naissance, et le parti a co-gouvern\u00e9, \u00e0 partir de 2003, tr\u00e8s loin des bases politiques qui l\u2019avaient vu naitre. Lorsque Lula s\u2019est install\u00e9 au Palais du <em>Planalto<\/em> le 1<sup>er<\/sup> janvier 2003, le PT n\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 plus autre chose qu\u2019une alternative \u00ab&nbsp;de gauche&nbsp;\u00bb pour la gestion de l\u2019ordre bourgeois. Lula e le PT ont dirig\u00e9 le Br\u00e9sil conjointement avec des forces situ\u00e9es \u00e0 leur droite (y compris avec les plus sombres crapules de la haute-politicaillerie du pays, soutiens non repentis de leur participation \u00e0 la dictature militaire, telles que ACM ou Sarney<a href=\"#_edn8\" id=\"_ednref8\">[8]<\/a>), et sous la houlette d\u2019un FMI et de banquiers qui avaient g\u00e9r\u00e9 la mise au pas du PT. Des parasites financiers de plus en plus \u00e9logieux sur le gouvernement Lula&nbsp;! Les deux mandats de Lula, et la suite, ont largement prouv\u00e9 qu\u2019en tant que \u00ab&nbsp;parti de transformation sociale&nbsp;\u00bb \u2013 sans m\u00eame parler de \u00ab&nbsp;parti des (ou pour les) travailleurs\/ses&nbsp;\u00bb, le PT \u00e9tait bel et bien mort.<\/p>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 ce processus de \u00ab&nbsp;social-d\u00e9mocratisation&nbsp;\u00bb acc\u00e9l\u00e9r\u00e9, les \u00ab&nbsp;courants de gauche&nbsp;\u00bb du PT ont connu des sorts divers, mais la plupart ont pourri sur pied avec le PT lui-m\u00eame, se bureaucratisant, s\u2019int\u00e9grant dans les rouages des divers niveaux de l\u2019ordre bourgeois br\u00e9silien, construisant notamment des petits appareils bien int\u00e9gr\u00e9s dans les ex\u00e9cutifs municipaux et les \u00e9tats f\u00e9d\u00e9r\u00e9s. Pour ces courants, devenus de plus en plus dociles et soumis \u00e0 la direction, la \u00ab&nbsp;mangeoire&nbsp;\u00bb p\u00e9tiste \u00e9tait bonne, avec des opportunit\u00e9s tendanciellement croissantes de postes que le PT offrait dans les appareils \u00e9tatiques et les institutions \u00e0 ses diff\u00e9rents niveaux. Tel a \u00e9t\u00e9 le cas, en particulier, de la <em>Democracia Socialista<\/em> (DS), section br\u00e9silienne du SU. La DS, gu\u00e8re soucieuse de se pr\u00e9munir face aux risques hautement canc\u00e9rig\u00e8nes auxquels elle s\u2019exposait au sein de l\u2019Etat bourgeois, s\u2019investissait toujours plus dans les institutions locales, r\u00e9gionales, nationales, et ressemblait de plus en plus au PT \u00ab&nbsp;<em>mainstream<\/em>&nbsp;\u00bb de Lula et consorts. La DS s\u2019est ainsi cr\u00e9\u00e9 une d\u00e9pendance mat\u00e9rielle vis-\u00e0-vis de l\u2019appareil central du PT, ce qui ne pouvait qu\u2019avoir des cons\u00e9quences politiques calamiteuses.<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li><strong>Une D\u00e9mocratie Socialiste devenue bureaucratique et plus socialiste du tout<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Lorsque Lula a form\u00e9 son gouvernement en 2002, la majorit\u00e9 de la DS a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019y participer, fournissant &nbsp;un \u00ab&nbsp;ministre du d\u00e9veloppement agraire&nbsp;\u00bb DS, Miguel Rossetto, charg\u00e9 de faire une r\u00e9forme agraire\u2026 qui n\u2019a jamais eu lieu, faute de moyens et de volont\u00e9 politique, suscitant col\u00e8re et d\u00e9go\u00fbt parmi des centaines de milliers de paysans sans terre<a href=\"#_edn9\" id=\"_ednref9\">[9]<\/a>. Rossetto, complice des illusions que sa propre nomination visait \u00e0 cr\u00e9er, avait \u00e9t\u00e9 assis sur un strapontin situ\u00e9 en contrebas d\u2019un autre fauteuil, beaucoup plus vaste et luxueux, dans lequel tr\u00f4nait le ministre de l\u2019agriculture, Roberto Rodrigues, pr\u00e9sident de l\u2019association br\u00e9silienne de l\u2019agro-business&nbsp;! On voyait d\u00e9j\u00e0 clairement o\u00f9 allaient les priorit\u00e9s\u2026 Fin 2003, une brutale attaque du gouvernement Lula contre les retraites des fonctionnaires provoquait de longues gr\u00e8ves dans la fonction publique, ainsi que la r\u00e9volte de quatre parlementaires du PT, dont la s\u00e9natrice Helo\u00edsa Helena (s\u00e9natrice de l\u2019Alagoas, DS). A celle-ci, la DS proposait de participer \u00e0 des man\u0153uvres indignes\u2026 pour permettre aux rats de rester \u00e0 bon compte au sein du fromage p\u00e9tiste. H\u00e9loisa Helena refusait les bassesses propos\u00e9es, ce qui conduisait \u00e0 son exclusion du PT, en m\u00eame temps que les d\u00e9put\u00e9.es Luciana Genro, Bab\u00e1, et Jo\u00e3o Fontes. En \u00e0 peine plus de vingt ans, la DS \u00e9tait pass\u00e9e d\u2019un petit groupe trotskiste clandestin essentiellement \u00e9tudiant, \u00e0 une tendance dirig\u00e9e par un noyau d\u2019apparatchiks assez repu.es et int\u00e9ress\u00e9.es \u00e0 se tenir tout pr\u00e8s du garde-manger institutionnel, gangr\u00e9n\u00e9.es comme tant d\u2019autres par ce que les Br\u00e9silien.nes nomment plaisamment le \u00ab&nbsp;physiologisme&nbsp;\u00bb. Apr\u00e8s l\u2019exclusion du PT de la s\u00e9natrice H\u00e9loisa Helena et de ses coll\u00e8gues d\u00e9put\u00e9.es, environ 80% des membres de la DS sont rest\u00e9s bien au chaud dans le PT. Les 20% restants se sont r\u00e9partis entre les militant.es qui ont d\u00e9cid\u00e9 de construire le PSOL<a href=\"#_edn10\" id=\"_ednref10\">[10]<\/a> et celles et ceux, \u00e9coeur\u00e9.es, qui ont cess\u00e9 de militer.<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li><strong>Quelques remarques g\u00e9n\u00e9rales \u00e0 propos du PT<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Premi\u00e8rement, le PT br\u00e9silien constitue une sorte de derni\u00e8re apparition politique, environ cent ans apr\u00e8s l\u2019\u00e9mergence de partis socio-d\u00e9mocrates, d&rsquo;un parti r\u00e9formiste \u00ab\u00a0classique\u00a0\u00bb. C\u2019est en partie ce qui explique la vitesse de sa transformation n\u00e9olib\u00e9rale, qui avait pris beaucoup plus de temps pour les partis socio-d\u00e9mocrates europ\u00e9ens.<\/p>\n\n\n\n<p>Deuxi\u00e8mement, en m\u00eame temps le PT \u00e9merge comme une sorte de \u00ab\u00a0Labour Party\u00a0\u00bb \u00e0 la br\u00e9silienne, produit de la reconstruction du mouvement ouvrier br\u00e9silien pendant les derni\u00e8res ann\u00e9es de la dictature, soutenu sur un puissant mouvement syndical et populaire et rassemblant en son sein tous les courants politiques de la gauche (hormis ses variantes staliniennes).<\/p>\n\n\n\n<p>Cela permet de conclure deux choses quant \u00e0 l\u2019attitude \u00e0 adopter par des r\u00e9volutionnaires vis-\u00e0-vis du PT. D\u2019une part, on conclut qu\u2019il y avait la n\u00e9cessit\u00e9 pour les r\u00e9volutionnaires d&rsquo;y \u00eatre pr\u00e9sent.es, en sachant cependant que ce parti ne pourrait jamais devenir un parti r\u00e9volutionnaire, mais que ce dernier devrait se construire avec d\u2019in\u00e9vitables ruptures de gauche \u00e0 venir (et donc \u00e0 pr\u00e9parer). D\u2019autre part, qu\u2019il fallait y \u00e9laborer une politique \u00ab\u00a0entriste\u00a0\u00bb sp\u00e9cifique, permise per les circonstances, marqu\u00e9es \u00e0 la fois par la n\u00e9cessit\u00e9 de d\u00e9fendre ouvertement les positions r\u00e9volutionnaires, et par la n\u00e9cessit\u00e9 de rechercher syst\u00e9matiquement l&rsquo;insertion dans le mouvement ouvrier. Mais la DS a d\u00e9vi\u00e9 progressivement, notamment pour avoir cru possible la transformation r\u00e9volutionnaire du PT.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour conclure en quelques lignes sur le Br\u00e9sil, le PSOL \u2013 nouvelle mouture de parti large que nous avons laiss\u00e9e de c\u00f4t\u00e9 dans cette \u00e9tude \u2013 est apparu en 2004, apr\u00e8s l\u2019\u00e9lection de Lula \u00e0 la pr\u00e9sidence en 2002 et l\u2019arriv\u00e9e du PT au gouvernement, dans une vaste alliance, notamment avec des forces de droite. En rupture avec cela, et un peu de la m\u00eame fa\u00e7on qu\u2019avec <em>Podemos<\/em> en Espagne, c\u2019est un nouveau parti n\u00e9o-r\u00e9formiste qui est alors apparu, cherchant son insertion dans le cadre du r\u00e9gime d\u00e9mocratique-bourgeois br\u00e9silien. Il faudra sans doute reparler du PSOL \u00e0 la lumi\u00e8re de l\u2019exp\u00e9rience actuelle de la nouvelle pr\u00e9sidence Lula.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><u>Italie<\/u><\/strong><strong>&nbsp;: une \u00ab&nbsp;refondation&nbsp;\u00bb qui d\u00e9molit la gauche au lieu de refonder le communisme<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s 1991, en Italie, le SU se lan\u00e7ait dans une nouvelle exp\u00e9rience de parti large, et l\u2019enthousiasme fougueux de son dirigeant Livio Maitan parvenait \u00e0 faire croire \u00e0 beaucoup de militant.es de la LCR fran\u00e7aise et de l\u2019internationale que ce qui allait se faire en Italie \u00e9tait un exemple \u00e0 suivre.<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li><strong>Un melting-pot politique dans le sillage de l\u2019effondrement du Bloc de l\u2019Est<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Mais malheureusement, la verve ma\u00eftanesque se fondait sur un opportunisme assez inv\u00e9t\u00e9r\u00e9 qui allait se g\u00e9n\u00e9raliser et s\u2019aggraver dans pratiquement tout le SU. En Italie aussi, la section du SU s\u2019appelait LCR. Celle-ci allait se fondre dans la cr\u00e9ation du Parti de la Refondation Communiste (PRC), connu aussi sous son surnom italien&nbsp;: <em>Rifondazione<\/em>. D\u2019autres organisations italiennes, centristes (DP) et mao\u00efstes (PCI-ML) s\u2019y engageaient \u00e9galement<a href=\"#_edn11\" id=\"_ednref11\">[11]<\/a>. Mais le courant de loin le plus important du PRC venait d\u2019une scission de gauche du plus grand PC europ\u00e9en, refusant le tournant du PCI vers la social-d\u00e9mocratie (en fait, le social-lib\u00e9ralisme). Une scission de gauche, certes, par rapport \u00e0 l\u2019am\u00e8re bouillie social-lib\u00e9rale qui allait devenir le fonds de commerce des h\u00e9ritiers majoritaires du PCI (PDS, puis DS puis PD)<a href=\"#_edn12\" id=\"_ednref12\">[12]<\/a>. Mais avec des traits staliniens encore marqu\u00e9s, et un logiciel politique parfaitement r\u00e9formiste.<\/p>\n\n\n\n<p>Les premi\u00e8res ann\u00e9es de <em>Rifondazione<\/em> ont \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9es par une logique \u00ab&nbsp;mouvementiste&nbsp;\u00bb, le PRC misant avant tout sur son insertion dans les mouvements sociaux. Cela donne des arguments aux promoteurs\/trices de partis larges pour croire et faire croire que de tels partis peuvent \u00e0 la fois b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une surface militante bien sup\u00e9rieure \u00e0 ce qu\u2019\u00e9taient les organisations trotskistes et maintenir la \u00ab&nbsp;radicalit\u00e9&nbsp;\u00bb, mot cl\u00e9 dans une perspective anticapitaliste. A la fin des ann\u00e9es 1990 et au d\u00e9but de la d\u00e9cennie 2000, le PRC participait avec enthousiasme au mouvement altermondialiste. Mais au PRC comme au PT br\u00e9silien avant lui (et ailleurs par la suite), la question du r\u00e9formisme allait se poser, en lien avec la celle des rapports avec les institutions et avec la \u00ab&nbsp;g\u00f4che&nbsp;\u00bb (social)-lib\u00e9rale.<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li><strong>A nouveau, la question des institutions bourgeoises<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Alors qu\u2019en 1997-1998, le PRC tenait encore t\u00eate \u00e0 cette derni\u00e8re et \u00e0 ses politiques aust\u00e9ritaires, au parlement et ailleurs, conduisant \u00e0 la chute du gouvernement Prodi I, les ann\u00e9es 2000 voyaient <em>Rifondazione<\/em> prendre un vilain profil, devenant un parti surtout pr\u00e9occup\u00e9 de jeux parlementaires et de logiques institutionnelles. Apr\u00e8s la chute de Prodi I et un premier \u00e9pisode berlusconien, l\u2019\u00e9lection de ses 41 d\u00e9put\u00e9.es et 27 s\u00e9nateurs\/trices en mai 2006 conduisait Fausto Bertinotti, principal dirigeant du PRC, \u00e0 la pr\u00e9sidence de la Chambre. Le cadre \u00e9tait maintenant celui de la Coalition de l\u2019Olivier, autrement dit d\u2019une alliance avec le \u00ab&nbsp;centre-gauche&nbsp;\u00bb, et donc en partie celles et ceux avec lesquel.les le PRC avait rompu 15 ans plus t\u00f4t, et qui s\u2019\u00e9taient transform\u00e9.es en narrateurs\/trices d\u2019une fable en faveur d\u2019un capitalisme pr\u00e9tendument moderne et progressiste. Cette d\u00e9marche platement r\u00e9formiste, \u00e9lectoraliste et institutionnaliste du PRC, l\u2019am\u00e8ne \u00e0 soutenir le gouvernement Prodi II, un pur gouvernement bourgeois social-lib\u00e9ral, dot\u00e9, qui plus est, d\u2019une \u00e2me de va-t-en-guerre, et donc \u00e0 enfouir profond\u00e9ment l\u2019id\u00e9e de \u00ab&nbsp;transformation sociale&nbsp;\u00bb fondatrice du PRC initial. Mais Prodi II n\u2019aura v\u00e9cu que 9 mois. En f\u00e9vrier 2007, c\u2019est sur les questions de politique \u00e9trang\u00e8re qu\u2019il chute, \u00e9chouant \u00e0 deux voix pr\u00e8s \u00e0 obtenir une majorit\u00e9 qualifi\u00e9e, requise pour maintenir, comme il le voulait, les troupes italiennes dans la croisade imp\u00e9rialiste en Afghanistan et \u00e0 agrandir une base \u00e9tats-unienne dans le nord de l\u2019Italie. Le PRC avait pourtant d\u00e9cid\u00e9 de soutenir cette sale politique guerri\u00e8re\u2026 Mais une des deux voix manquantes venait d\u2019un s\u00e9nateur PRC qui s\u2019\u00e9tait abstenu<a href=\"#_edn13\" id=\"_ednref13\">[13]<\/a>\u2026 Ainsi s\u2019achevait, pour l\u2019essentiel, la vie et l\u2019histoire de <em>Rifondazione<\/em>. Le PRC est ressorti profond\u00e9ment discr\u00e9dit\u00e9 du gouvernement Prodi II, avant de se retrouver totalement \u00e9limin\u00e9 de la sc\u00e8ne parlementaire en 2008. Apr\u00e8s 15 ans d\u2019un militantisme acharn\u00e9, mais dans le cadre vici\u00e9 d\u2019un parti large dirig\u00e9 par des r\u00e9formistes, ce fut un v\u00e9ritable effondrement politique de la gauche italienne, dont la majeure partie ne s\u2019est jamais remise.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019exp\u00e9rience du PRC ne ressemble pas beaucoup \u00e0 celle du PT br\u00e9silien, mais elle a n\u00e9anmoins en commun avec ce dernier de s\u2019\u00eatre b\u00e2tie autour d\u2019un processus assez massif de r\u00e9organisation du mouvement ouvrier, apr\u00e8s la dissolution du PCI. On peut penser que ces circonstances poussaient \u00e0 y participer tactiquement, tout faisant un travail entriste \u00ab\u00a0ouvert\u00a0\u00bb mais en sachant, \u00e0 nouveau, que ce parti ne pourrait jamais devenir r\u00e9volutionnaire, mais serait au contraire vou\u00e9 \u00e0 s\u2019enliser dans l&rsquo;institutionnalisme bourgeois. Mais pour Livio Maitan, d\u00e9j\u00e0 \u00e2g\u00e9, le PRC semble avoir repr\u00e9sent\u00e9 comme un <em>remake<\/em> de l\u2019entrisme <em>sui generis<\/em> voulu par son courant politique. Et ce parti \u00e9tait pr\u00e9sent\u00e9 comme un parti r\u00e9volutionnaire en devenir\u2026 Erreur grave, si ce n\u2019est fatale&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><strong><u>Portugal<\/u><\/strong><strong>&nbsp;: le \u00ab&nbsp;lumineux&nbsp;\u00bb exemple du <em>Bloco de Esquerda<\/em><\/strong><a href=\"#_edn14\" id=\"_ednref14\">[14]<\/a><strong><em>&nbsp;!<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Au Portugal, le <em>Bloco de Esquerda<\/em> est n\u00e9 en mars 1999 de la fusion de trois \u00e9l\u00e9ments&nbsp;: l\u2019UDP<a href=\"#_edn15\" id=\"_ednref15\">[15]<\/a>, formation d\u2019origine mao\u00efste ; le PSR<a href=\"#_edn16\" id=\"_ednref16\">[16]<\/a> (parti repr\u00e9sentant du SU au Portugal)&nbsp;; et <em>Pol\u00edtica XXI<\/em>, originaire d\u2019une rupture de gauche du PCP stalinien<a href=\"#_edn17\" id=\"_ednref17\">[17]<\/a>. Contrairement aux exemples du PT et de <em>Rifondazione<\/em>, le <em>Bloco<\/em> \u00e9tait une cr\u00e9ation directe du SU, affich\u00e9e comme un exemple international.<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li><strong>Le <em>Bloco<\/em>, un exemple d\u2019anticapitalisme cit\u00e9 en exemple\u2026<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Se r\u00e9clamant du socialisme et de l\u2019anticapitalisme, le <em>Bloco<\/em>, qui a connu un r\u00e9el dynamisme dans ses premi\u00e8res ann\u00e9es, a re\u00e7u le renfort de plus petits groupes situ\u00e9s sur sa gauche<a href=\"#_edn18\" id=\"_ednref18\">[18]<\/a>. Le <em>Bloco<\/em> a souvent \u00e9t\u00e9 affich\u00e9 avec fiert\u00e9 par le SU-CI (jusqu\u2019\u00e0 tr\u00e8s r\u00e9cemment) comme un exemple de parti anticapitaliste large \u00e0 suivre. Pourtant, plus de vingt ans apr\u00e8s sa naissance, quelle d\u00e9bandade&nbsp;! Quelle trajectoire lamentable&nbsp;! Impossible ici de la retracer compl\u00e8tement. Nous renvoyons \u00e0 un article de fond en fran\u00e7ais sur le <em>Bloco<\/em> \u00e9crit en avril 2020<a href=\"#_edn19\" id=\"_ednref19\">[19]<\/a>, ainsi qu\u2019aux articles (en portugais) de nos camarades portugais d\u2019<em>Em Luta<\/em> (la LIT au Portugal)<a href=\"#_edn20\" id=\"_ednref20\">[20]<\/a>.&nbsp;Nous nous contenterons ici de faire apparaitre le contraste entre le projet initial, malgr\u00e9 ses claires limites r\u00e9formistes, et ce qu\u2019est devenu le <em>Bloco<\/em> ces derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Fond\u00e9 sur une base politique et avec des composantes initiales situ\u00e9es plus \u00e0 gauche que le PT et le PRC (et avec un r\u00f4le majeur du PSR), le <em>Bloco<\/em> repr\u00e9sente une exp\u00e9rience tristement int\u00e9ressante, parce qu\u2019elle d\u00e9montre que l\u2019h\u00e9g\u00e9monie d\u2019organisations issues de l\u2019extr\u00eame gauche \u00e0 la t\u00eate d\u2019un \u00ab&nbsp;parti large&nbsp;\u00bb n\u2019est en rien une garantie contre la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence r\u00e9formiste et la trahison de classe. A sa naissance, le <em>Bloco<\/em> opposait la d\u00e9mocratie \u00e0 la mondialisation capitaliste, il voulait \u00ab&nbsp;<em>la d\u00e9mocratie pour le socialisme<\/em>&nbsp;\u00bb<a href=\"#_edn21\" id=\"_ednref21\">[21]<\/a>. Mais en r\u00e9alit\u00e9, le <em>Bloco<\/em> est aussi n\u00e9 (n\u00e9o)r\u00e9formiste : socialiste en paroles les dimanches et jours f\u00e9ri\u00e9s, et r\u00e9formiste dans sa pratique r\u00e9elle.<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li><strong>De la confusion politique r\u00e9formiste \u00e0 la trahison r\u00e9formiste de classe, parfaitement assum\u00e9e<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Mais, selon la logique des \u00ab&nbsp;partis larges&nbsp;\u00bb et la volont\u00e9 exprim\u00e9e par le SU depuis 1995, le <em>Bloco<\/em> \u00e9tait fond\u00e9 sur une synth\u00e8se programmatique floue entre ses composantes, mettant en avant une strat\u00e9gie qui, sous couvert du vocable de \u00ab&nbsp;d\u00e9mocratie&nbsp;\u00bb, accordait une place pr\u00e9pond\u00e9rante au terrain \u00e9lectoral et aux institutions parlementaires. La nature bourgeoise de la \u00ab&nbsp;d\u00e9mocratie&nbsp;\u00bb dans laquelle le <em>Bloco<\/em> voulait d\u00e9ployer sa politique n\u2019\u00e9tait ni r\u00e9ellement explicit\u00e9e ni d\u00e9nonc\u00e9e, et peut-\u00eatre m\u00eame pas clairement per\u00e7ue. Au fond, les bases fondamentales du parti n\u2019ont jamais d\u00e9pass\u00e9 le respect de la d\u00e9mocratie bourgeoise et la soumission \u00e0 ses r\u00e8gles, d\u00e9fendant une voie parlementaire vers un socialisme rest\u00e9 bien flou\u2026 Au niveau supranational, le <em>Bloco<\/em> s\u2019est toujours r\u00e9clam\u00e9 d\u2019une \u00ab\u00a0transformation d\u00e9mocratique et sociale\u00a0\u00bb de l&rsquo;UE, \u00e9l\u00e9ment fondamental de tous les partis du SU, une gageure et une vieille lune d\u00e9mocrassouillarde \u00e0 laquelle le SU lui-m\u00eame continue \u00e0 s\u2019accrocher, comme un naufrag\u00e9 s\u2019accroche \u00e0 une bou\u00e9e perc\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Les textes fondateurs du <em>Bloco<\/em> ne font jamais r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la \u00ab&nbsp;r\u00e9volution&nbsp;\u00bb. Rien d\u2019\u00e9tonnant, d\u00e8s lors, \u00e0 ce que ce parti ait vis\u00e9 \u00e0 la fois l\u2019\u00e9lection d\u2019\u00e9lu.es \u00e0 tous les niveaux, et aussi, par ce moyen pr\u00e9sum\u00e9, envisag\u00e9 d\u2019impulser une strat\u00e9gie de transformation sociale par r\u00e9formes successives.<\/p>\n\n\n\n<p>La logique politique et programmatique tr\u00e8s confuse du <em>Bloco<\/em> initial, par essence r\u00e9formiste, se sont mu\u00e9s en r\u00e9formisme bon teint, th\u00e9orique et pratique. Le r\u00e9formisme conduit n\u00e9cessairement \u00e0 la trahison de classe. Dans le cas du <em>Bloco<\/em>, cela s\u2019est av\u00e9r\u00e9 en novembre 2015, lorsqu\u2019\u00e9tant devenu la troisi\u00e8me force \u00e9lectorale du Portugal et apr\u00e8s avoir obtenu son plus grand nombre de d\u00e9put\u00e9.es depuis 1999, dans des \u00e9lections qui n\u2019avaient donn\u00e9 la majorit\u00e9 absolue \u00e0 aucun parti, il a d\u00e9cid\u00e9, tout comme le PCP, d\u2019accorder son soutien parlementaire sans participation au gouvernement affubl\u00e9 du sobriquet de la \u00ab&nbsp;<em>Geringon\u00e7a<\/em>&nbsp;\u00bb<a href=\"#_edn22\" id=\"_ednref22\">[22]<\/a>, dirig\u00e9 par le PS d\u2019Ant\u00f4nio Costa, parti social-d\u00e9mocrate discr\u00e9dit\u00e9 par ses politiques lib\u00e9rales. Le PS a ainsi \u00e9t\u00e9 remis en selle par le <em>Bloco<\/em> et le PCP. Mais leur soutien, impliquant le vote du budget \u2013 un budget qui ne mettait pas fin \u00e0 l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 impos\u00e9e par la Tro\u00efka, contrairement \u00e0 ce qui a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9tendu \u2013 a permis \u00e0 la <em>Geringon\u00e7a<\/em> de tenir les 4 ans de son mandat, jusqu\u2019en 2019.<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li><strong>Le <em>Bloco<\/em> en soutien \u00e0 la <em>Geringon\u00e7a<\/em>&nbsp;: une trahison de classe<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Cette \u00ab&nbsp;responsabilit\u00e9&nbsp;\u00bb politique majeure du <em>Bloco<\/em> l\u2019a conduit \u00e0 une trahison de classe multiforme. Son leader (du SU\u2026), Francisco Lou\u00e7\u00e3 a accept\u00e9 d\u2019\u00eatre \u00e9lu au Conseil d\u2019Etat, organisme cr\u00e9\u00e9 par la Constitution de 1976 (adopt\u00e9e suite au coup d\u2019\u00c9tat militaire du g\u00e9n\u00e9ral Eanes) et dont la fonction est de d\u00e9fendre la stabilit\u00e9 des institutions. Un \u00ab&nbsp;r\u00e9volutionnaire&nbsp;\u00bb qui si\u00e8ge dans une institution qui veille au maintien de l\u2019\u00c9tat bourgeois, quel symbole&nbsp;! Que penserait-on, en France, d\u2019un \u00ab&nbsp;r\u00e9volutionnaire&nbsp;\u00bb qui int\u00e8gre le Conseil Constitutionnel&nbsp;? Comment expliquer cela, sinon en en d\u00e9duisant que Lou\u00e7\u00e3, un des dirigeants historiques du SU-CI, a simplement chang\u00e9 de camp&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Mais soutenir la <em>Geringon\u00e7a<\/em>, cela voulait dire aussi l\u2019assister dans son attaque contre le Code du Travail, visant \u00e0 pr\u00e9cariser davantage l\u2019emploi et les conditions de vie de la classe ouvri\u00e8re. Cela impliquait aussi, pour rembourser la \u00ab&nbsp;dette&nbsp;\u00bb de fa\u00e7on anticip\u00e9e et sauver deux banques avec l\u2019argent public, de poursuivre des coupes dans les budgets de la sant\u00e9 et de l\u2019\u00e9ducation. La <em>Geringon\u00e7a<\/em> s\u2019est aussi illustr\u00e9e en mati\u00e8re d\u2019attaques contre le droit de gr\u00e8ve, notamment en imposant des services minimums et en envoyant la police et l\u2019arm\u00e9e remplacer des gr\u00e9vistes&nbsp;! Mais dans ce contexte, le <em>Bloco<\/em> a aussi jou\u00e9 un r\u00f4le concret contre les luttes des travailleurs\/ses. En particulier en 2017, chez Volkswagen-Autoeuropa, o\u00f9 le <em>Bloco<\/em> avait une implantation historique et l\u2019a utilis\u00e9e pour aider le patronat \u00e0 imposer, contre la volont\u00e9 des travailleurs\/ses en gr\u00e8ve, le travail le week-end. Ailleurs, il a jou\u00e9 le jeu de la solidarit\u00e9 avec le gouvernement, contre les travailleurs\/ses en lutte, comme dans la gr\u00e8ve des dockers de Setubal contre le renforcement de la pr\u00e9carit\u00e9 de l\u2019emploi, fin 2018<a href=\"#_edn23\" id=\"_ednref23\">[23]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"696\" height=\"378\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/NPA3_2-3.jpg?resize=696%2C378&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-71059\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/NPA3_2-3.jpg?w=867&amp;ssl=1 867w, https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/NPA3_2-3.jpg?resize=300%2C163&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/NPA3_2-3.jpg?resize=768%2C417&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/NPA3_2-3.jpg?resize=150%2C81&amp;ssl=1 150w, https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/NPA3_2-3.jpg?resize=696%2C378&amp;ssl=1 696w\" sizes=\"(max-width: 696px) 100vw, 696px\" data-recalc-dims=\"1\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Francisco Lou\u00e7\u00e3, dirigeant du Bloco, \u00e9lu conseiller d\u2019Etat au Portugal<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Remise en selle du PS et naufrage du <em>Bloco<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le bilan des \u00e9lections l\u00e9gislatives d\u2019octobre 2019 est clair&nbsp;: la <em>Geringon\u00e7a<\/em> avait fortement renforc\u00e9 le PS (qui augmentait son sort de 4 points), et n\u2019a renforc\u00e9 que lui. Les alli\u00e9s r\u00e9formistes (PCP et <em>Bloco<\/em>) \u00e9taient perdants&nbsp;: le PCP subissait une d\u00e9faite \u00e9lectorale, et le <em>Bloco<\/em> reculait tout en gardant le m\u00eame nombre de d\u00e9put\u00e9s (19) qu\u2019en 2015. Le PS mettait en place un gouvernement minoritaire, sans accord \u00e9crit avec le <em>Bloco<\/em> et le PCP. Mais Costa sentait qu\u2019il pouvait encore compter sur leur \u00ab&nbsp;responsabilit\u00e9&nbsp;\u00bb. Il avait largement raison&nbsp;! Le <em>Bloco<\/em> avait d\u00e9j\u00e0 tellement infus\u00e9 dans ce sens des \u00ab&nbsp;responsabilit\u00e9s&nbsp;\u00bb-l\u00e0 qu\u2019en mars 2020, il votait en faveur de l\u2019\u00c9tat d\u2019urgence voulu par le gouvernement face \u00e0 la pand\u00e9mie, qui avait pour particularit\u00e9 de suspendre le droit de gr\u00e8ve, au moment o\u00f9 les patrons voulaient forcer les travailleurs\/ses \u00e0 travailler sans protection, au p\u00e9ril de leur sant\u00e9 et m\u00eame de leur vie.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce naufrage politique ignominieux du <em>Bloco<\/em> d\u00e9montrait que, contrairement \u00e0 la strat\u00e9gie d\u00e9cid\u00e9e par celui-ci \u00e0 sa naissance, c\u2019\u00e9tait l\u2019Etat bourgeois et ses institutions qui avaient transform\u00e9 le <em>Bloco<\/em>, et non pas l\u2019inverse. Il a pay\u00e9 la note \u00e9lectorale de ses trahisons aux l\u00e9gislatives de 2022&nbsp;: avec seulement 4,5% des voix, il est pass\u00e9 de 19 \u00e0 5 d\u00e9put\u00e9.es \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e, r\u00e9gressant de la troisi\u00e8me \u00e0 la sixi\u00e8me force politique du pays.<\/p>\n\n\n\n<p>La d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence hideuse du <em>Bloco<\/em> dans les derni\u00e8res ann\u00e9es rel\u00e8ve finalement d\u2019une \u00e9volution logique, acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e par le succ\u00e8s \u00e9lectoral et parlementaire, le tout culminant dans l&rsquo;int\u00e9gration parlementaire dans la Gerigon\u00e7a et l&rsquo;entr\u00e9e de Lou\u00e7\u00e3 au <em>Conselho de Estado<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><u>Allemagne<\/u><\/strong><strong>&nbsp;: priorit\u00e9 \u00e0 <em>Die Linke<\/em>&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Contentons-nous de quelques mot \u00e0 propos de l\u2019Allemagne, vu les ind\u00e9terminations maintenues de la situation. Pas d\u2019\u00e9v\u00e8nements cataclysmiques \u00e0 gauche ici, contrairement au Br\u00e9sil, \u00e0 l\u2019Italie (ou en Gr\u00e8ce, comme on va y venir)&nbsp;; pas m\u00eame d\u2019issue lamentable mais claire comme pour le <em>Bloco<\/em>. En Allemagne, le processus \u00ab&nbsp;parti large&nbsp;\u00bb n\u2019est pas \u2013 encore&nbsp;? \u2013 all\u00e9 au bout de sa logique.<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li><strong>Le SU en Allemagne face \u00e0 <em>Die Linke<\/em><\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Dans ce pays, le SU \u00e9tait divis\u00e9 jusqu\u2019en 2016 entre deux organisations<a href=\"#_edn24\" id=\"_ednref24\">[24]<\/a> oppos\u00e9es lorsqu\u2019il s\u2019est agi de participer (ou pas) lors de la fondation de <em>Die Linke<\/em>, \u00ab&nbsp;parti large&nbsp;\u00bb d\u2019embl\u00e9e clairement r\u00e9formiste et institutionnel, n\u00e9 de la fusion entre le PDS<a href=\"#_edn25\" id=\"_ednref25\">[25]<\/a>, presque exclusivement implant\u00e9 \u00e0 l\u2019est&nbsp;; et de la WASG<a href=\"#_edn26\" id=\"_ednref26\">[26]<\/a>, pr\u00e9sente \u00e0 l\u2019ouest apr\u00e8s la rupture, autour d\u2019Oskar Lafontaine, d\u2019un courant du SPD, en opposition avec le lib\u00e9ralisme brutal pratiqu\u00e9 au gouvernement par Gerhard Schr\u00f6der. Imm\u00e9diatement, l\u2019une des deux sections du SU, l\u2019ISL, s\u2019est jet\u00e9e dans les bras du nouveau parti. L\u2019autre section, le RSB, n\u2019a pas voulu s\u2019y dissoudre. Mais l\u2019unification des deux groupes dans l\u2019ISO en 2016 a rendu les choses plus confuses. L\u2019ISO continue d\u2019intervenir avec des degr\u00e9s de priorit\u00e9s variables selon les endroits, dans <em>Die Linke<\/em>. C\u2019est une organisation en crise, tr\u00e8s suiviste, et qui a d\u00e9j\u00e0 aval\u00e9 sans trop de vomissements de nombreuses couleuvres et compromissions, en particulier dans les gouvernements r\u00e9gionaux o\u00f9 <em>Die Linke<\/em> et le SPD menaient des politiques d\u2019aust\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li><strong>La dynamique en panne de <em>Die Linke<\/em><\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p><em>Die Linke<\/em>, pr\u00e9sente au parlement, semblait avoir le vent en poupe \u00e0 la fin des ann\u00e9es 2000, allant jusqu\u2019\u00e0 11,9% des suffrages exprim\u00e9s et 76 \u00e9lu.es aux \u00e9lections f\u00e9d\u00e9rales de 2009. Elle a beaucoup r\u00e9gress\u00e9, connaissant un d\u00e9clin \u00e9lectoral et une attractivit\u00e9 politique en baisse \u00e0 partir de 2011. Aux derni\u00e8res \u00e9lections f\u00e9d\u00e9rales (septembre 2021), <em>Die Linke<\/em> n\u2019a m\u00eame pas obtenu les 5% lui permettant d\u2019\u00eatre pr\u00e9sente au <em>Bundestag<\/em>. Les bases ultra-r\u00e9formistes de son \u00e9mergence, accentu\u00e9es par la pratique politicienne institutionnelle, avec ses r\u00e8gles du jeu, expliquent ce d\u00e9clin.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9videmment, dans un tel contexte, une organisation comme l\u2019ISL puis l\u2019ISO, qui avait mis\u00e9 sur la dynamique d\u2019un tel \u00ab&nbsp;parti large&nbsp;\u00bb pour y jouer le r\u00f4le de poil \u00e0 gratter, et qui continue en partie \u00e0 s\u2019y investir, ne peut que s\u2019\u00e9tioler et \u00eatre en crise, d\u2019autant plus que d\u2019autres groupes issus de l\u2019extr\u00eame gauche y interviennent aussi, mais s\u00e9par\u00e9ment. Ainsi v\u00e9g\u00e8te pitoyablement la section allemande du SU-CI. En Allemagne, le tournant vers les partis larges n\u2019a pas exactement d\u00e9bouch\u00e9 sur un cataclysme. La stabilit\u00e9 politique g\u00e9n\u00e9rale permise par la relative prosp\u00e9rit\u00e9 de l\u2019imp\u00e9rialisme allemand est encore peu propice \u00e0 des crises politiques et sociales majeures. Il s\u2019agit plut\u00f4t d\u2019une lente \u00e9rosion, d\u2019un vaste engourdissement, d\u2019un d\u00e9litement morose, politique et organisationnel. Pour avoir particip\u00e9 il y a quelques ann\u00e9es \u00e0 des discussions avec des militant.es de l\u2019ISO berlinoise, l\u2019auteur de ces lignes en a tir\u00e9 l\u2019impression d\u2019une organisation atteinte d\u2019un mal incurable (perte du dynamisme militant, poids infinit\u00e9simal dans la vie politique allemande, et par rapport \u00e0 la conscience du prol\u00e9tariat)&#8230; Mais ce dernier point fait-il encore partie de ses objectifs&nbsp;? Poser la question, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 y r\u00e9pondre.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><u>Gr\u00e8ce<\/u><\/strong><strong>&nbsp;: la terrible trag\u00e9die de <em>Syriza<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Syriza<\/em>, \u00ab&nbsp;Coalition de la gauche radicale &#8211; Alliance progressiste&nbsp;\u00bb, se forme en 2004.<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li><strong>L\u2019\u00e9mergence de <em>Syriza <\/em>et la section grecque du SU<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Sa principale force politique, de loin, est <em>Synaspismos<\/em>, une scission du KKE<a href=\"#_edn27\" id=\"_ednref27\">[27]<\/a> au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, \u00e0 la fois anti-sectaire et droiti\u00e8re-r\u00e9formiste, sorte de parti \u00ab&nbsp;eurocommuniste&nbsp;\u00bb \u00e0 retardement.&nbsp; Viennent s\u2019y ajouter, peu \u00e0 peu, toute une kyrielle de groupes d\u2019extr\u00eame gauche de diverses ob\u00e9diences, parmi lesquelles on citera <em>Xekinima<\/em>, section grecque du CIO\/CWI, et <em>Kokkino<\/em>, qui a le statut de section sympathisante du SU en Gr\u00e8ce. Mais pr\u00e9cisons d\u2019embl\u00e9e que SU a aussi une section grecque \u00ab&nbsp;officielle&nbsp;\u00bb : l\u2019OKDE-<em>Spartakos<\/em>. Celle-ci ne suit pas le pr\u00e9cepte mis en \u0153uvre depuis le 14<sup>e<\/sup> Congr\u00e8s du SU en 1995&nbsp;: \u00ab&nbsp;nouvelle p\u00e9riode, nouveau programme, nouveau parti&nbsp;\u00bb et n\u2019a aucune intention de rejoindre <em>Syriza<\/em>. Si <em>Kokkino<\/em> regroupe des membres du SU favorables aux partis larges (qui vont se retrouver, par regroupements successifs, dans <em>Syriza<\/em>), la section \u00ab&nbsp;officielle&nbsp;\u00bb du SU, elle, ne veut pas remettre la r\u00e9volution \u00e0 la Saint Glinglin et comprend qu\u2019une politique r\u00e9volutionnaire ind\u00e9pendante est n\u00e9cessaire. <em>Syriza<\/em> nait donc ainsi, comme un parti large sous domination clairement r\u00e9formiste, contre la volont\u00e9 de la section \u00ab&nbsp;officielle&nbsp;\u00bb du SU en Gr\u00e8ce.<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li><strong>Le chaos \u00e9conomique et la pouss\u00e9e de <em>Syriza<\/em><\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>La Gr\u00e8ce s\u2019enfonce progressivement dans une dette cumulative abyssale, et une phase de difficult\u00e9s \u00e9conomiques majeures. Surtout \u00e0 partir de 2009, elle est soumise aux m\u00e9morandums qui lui imposent une aust\u00e9rit\u00e9 drastique et socialement d\u00e9vastatrice. C\u2019est \u00e0 ce moment qu\u2019on constate une pouss\u00e9e de <em>Syriza<\/em>. Ce jeune parti large est attractif, car il apparait ouvert (\u00e0 l\u2019oppos\u00e9 du sectarisme forcen\u00e9 du KKE) tout en refusant clairement l\u2019aust\u00e9rit\u00e9, et il va donc devenir en quelques ann\u00e9es une alternative \u00e9lectorale et institutionnelle \u00e0 la fois \u00e0 la droite, au social-lib\u00e9ralisme pourri du PASOK et \u00e0 l\u2019arch\u00e9o-stalinisme du KKE. Mais <em>Syriza<\/em> est d\u2019une grande confusion politique&nbsp;: bourr\u00e9e d\u2019illusions sur l\u2019UE, elle veut se mouler dans le cadre institutionnel de celle-ci&nbsp;; et elle est attach\u00e9e \u00e0 l\u2019euro, qu\u2019elle refuse de voir comme un outil destin\u00e9 \u00e0 imposer l\u2019aust\u00e9rit\u00e9. Pour <em>Syriza<\/em>, du moins son courant dominant, la lutte contre le capitalisme n\u2019est pas \u00e0 l\u2019ordre du jour. Quant \u00e0 la r\u00e9volution\u2026 Ces contradictions gravissimes dans l\u2019orientation de <em>Syriza<\/em> ne sont clairement per\u00e7ues que par une extr\u00eame gauche tr\u00e8s minoritaire, et <em>Syriza<\/em> va grandir tr\u00e8s vite&nbsp;: elle passe de 4,6% des voix au plan national en 2009, \u00e0 16,8% aux \u00e9lections g\u00e9n\u00e9rales de 2012 (avec des scores bien plus \u00e9lev\u00e9s dans les grandes villes), et devient alors la premi\u00e8re force de gauche, devant le PASOK<a href=\"#_edn28\" id=\"_ednref28\">[28]<\/a>. Ajoutons qu\u2019\u00e0 gauche de <em>Syriza<\/em>, il apparait en 2009 un \u00ab&nbsp;front anticapitaliste, r\u00e9volutionnaire, communiste et \u00e9cologique&nbsp;\u00bb, <em>Antarsya<\/em>, auquel adh\u00e8re la section grecque \u00ab&nbsp;officielle&nbsp;\u00bb du SU, l\u2019OKDE-<em>Spartakos<\/em>, dont nous reparlerons. Comme il n\u2019est gu\u00e8re \u00e9tonnant, ce front va faire les frais du \u00ab&nbsp;vote utile&nbsp;\u00bb pour <em>Syriza<\/em> dans les ann\u00e9es charni\u00e8res allant jusqu\u2019\u00e0 2015.<\/p>\n\n\n\n<p>Les cures interminables d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 impos\u00e9es au peuple grec par les vautours financiers et par l\u2019UE devenant de plus en plus insupportables, <em>Syriza<\/em> apparait d\u00e8s 2014 comme la force politique la plus populaire. La crise politique d\u00e9bouche sur les \u00e9lections l\u00e9gislatives anticip\u00e9es de janvier 2015, qui donnent une victoire \u00e0 <em>Syriza<\/em> avec 36,3% des voix. Mais elle rate de peu la majorit\u00e9 absolue au parlement (149 si\u00e8ges sur 300). Pour obtenir une majorit\u00e9, <em>Syriza<\/em> va s\u2019allier avec le petit parti bourgeois nationaliste des Grecs ind\u00e9pendants (ANEL), qui a recueilli 13 si\u00e8ges.<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li><strong><em>Syriza<\/em><\/strong><strong> au gouvernement&nbsp;: de la n\u00e9gociation sans rapport de forces \u00e0 la capitulation<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Les \u00e9v\u00e8nements des mois suivants ont fait l\u2019objet de nombreuses \u00e9tudes et ont \u00e9t\u00e9 largement comment\u00e9s dans les m\u00e9dias. La dette publique grecque, abyssale, \u00e9tait au c\u0153ur d\u2019un choix historique que le gouvernement <em>Syriza<\/em> devait faire. Sans trop entrer dans les d\u00e9tails, disons que <em>Syriza<\/em> avait d\u00e9j\u00e0, entre 2012 et 2015, proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 des reculs programmatiques sur la question de la politique \u00e9conomique et sociale, croyant sans doute favoriser ainsi son arriv\u00e9e au pouvoir. Rappelons aussi qu\u2019entre fin janvier et d\u00e9but juillet 2015, pendant les n\u00e9gociations sur le refinancement de la dette grecque avec la tro\u00efka (experts de l\u2019UE, de la BCE et du FMI), le gouvernement Tsipras n\u2019a cess\u00e9 de reculer face \u00e0 des exigences d\u2019une aust\u00e9rit\u00e9 d\u00e9vastatrice de la part de cette tro\u00efka&nbsp;; le gouvernement <em>Syriza<\/em> n\u2019a jamais vraiment hauss\u00e9 le ton, sans parler de claquer la porte. Surtout, il n\u2019a pas pr\u00e9par\u00e9 un \u00ab&nbsp;plan B&nbsp;\u00bb de sortie de l\u2019euro, et\/ou a fortiori de sortie de l\u2019UE elle-m\u00eame. Face \u00e0 l\u2019\u00e9chec des n\u00e9gociations, un r\u00e9f\u00e9rendum populaire a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9 le 5 juillet, auquel <em>Syriza<\/em> appelait \u00e0 dire \u00ab&nbsp;un grand&nbsp;non&nbsp;\u00e0 l\u2019ultimatum&nbsp;\u00bb de la tro\u00efka&nbsp;: soit l\u2019aust\u00e9rit\u00e9, soit le \u00ab&nbsp;Grexit&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>A 61,3%, le peuple grec a refus\u00e9 le plan d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 propos\u00e9 par la tro\u00efka le 25 juin. Muni d\u2019un tel mandat, Tsipras avait les moyens de rompre avec la tro\u00efka en s\u2019appuyant sur la mobilisation des travailleurs\/ses et du peuple grec. Les moyens, mais pas la volont\u00e9. Pour s\u2019engager dans cette voie, aurait fallu un Tsipras et une <em>Syriza<\/em> qui soient r\u00e9volutionnaires, pas r\u00e9formistes. Autrement dit, un Tsipras qui ne soit pas Tsipras, et une <em>Syriza<\/em> qui ne soit pas <em>Syriza<\/em>&nbsp;! Pour commencer, il aura fallu \u2013 condition n\u00e9cessaire, mais non suffisante \u2013 un plan B, de sortie de l\u2019euro. Varoufakis, le ministre des finances, en avait concoct\u00e9 un \u2013 sans doute insuffisant \u2013 mais Tsipras n\u2019en a pas voulu. Cela aurait sans doute oblig\u00e9 <em>Syriza<\/em> \u00e0 aller beaucoup plus loin dans l\u2019affrontement avec l\u2019UE, et le capital en g\u00e9n\u00e9ral. <em>Syriza<\/em> devait choisir entre la rupture avec l\u2019euro, et sans doute aussi l\u2019UE (pas pr\u00e9vue au programme) et l\u2019acceptation de l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 impos\u00e9e par la tro\u00efka (pas au programme non plus)&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Mis \u00e0 genoux par les dirigeants de l\u2019Eurozone \u2013 au premier rang desquels les chefs de l\u2019imp\u00e9rialisme allemand \u2013 Tsipras, en signant l\u2019accord de capitulation du 13 juillet 2015, encore pire que ce qui avait \u00e9t\u00e9 propos\u00e9 au r\u00e9f\u00e9rendum du 5, faisait le choix de rester dans la zone euro (et l\u2019UE), et pour cela, de transformer <em>Syriza<\/em> en nouvel ex\u00e9cuteur des plans criminels de l&rsquo;UE et du capital imp\u00e9rialiste pour la semi-colonisation de la Gr\u00e8ce&nbsp;: attaques contre la s\u00e9curit\u00e9 sociale, les retraites, la fonction publique, flexibilisation du march\u00e9 du travail, privatisations\u2026 Tout le contraire du programme sur lequel <em>Syriza<\/em> avait \u00e9t\u00e9 \u00e9lue en janvier 2015. Pour les bandits capitalistes europ\u00e9ens et leurs fond\u00e9.es de pouvoir de l\u2019Eurozone, il s\u2019agissait non seulement de satisfaire les banques, mais aussi, tr\u00e8s clairement, d\u2019humilier politiquement Tsipras et <em>Syriza<\/em>, en donnant une le\u00e7on se voulant d\u00e9finitive \u00e0 quiconque aurait l\u2019id\u00e9e de remettre en question ce pour quoi l\u2019UE et l\u2019Euro ont \u00e9t\u00e9 con\u00e7us. Ce qu\u2019on a appel\u00e9 le \u00ab&nbsp;th\u00e9or\u00e8me de Juncker&nbsp;\u00bb (du nom du pr\u00e9sident de la Commission europ\u00e9enne) s\u2019est appliqu\u00e9 dans son infinie brutalit\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>il ne peut y avoir de choix d\u00e9mocratique face aux trait\u00e9s europ\u00e9ens<\/em>\u202f\u00bb<a href=\"#_edn29\" id=\"_ednref29\">[29]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li><strong><em>Syriza<\/em><\/strong><strong>, vir\u00e9e du gouvernement. Sa gauche et le SU, mis hors-jeu&nbsp;!<\/strong><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/R%C3%A9f%C3%A9rendum_grec_de_2015#cite_note-64\"><\/a><strong><sup><\/sup><\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Cette capitulation et la mise en \u0153uvre par <em>Syriza<\/em> de la politique voulue par la tro\u00efka a plong\u00e9 la Gr\u00e8ce dans un chaos \u00e9conomique et social encore plus indescriptible, avec une baisse massive du niveau de vie du plus grand nombre, une vaste et profonde mis\u00e8re populaire, un ch\u00f4mage de masse structurel, et une vague migratoire hors de la Gr\u00e8ce, de jeunes dipl\u00f4m\u00e9.es notamment. Et pour imposer toutes les mesures antisociales, il a bien s\u00fbr fallu que <em>Syriza<\/em> apprenne \u00e0 affronter les gr\u00e9vistes\u2026 Pas vraiment \u00e9tonnant qu\u2019aux \u00e9lections europ\u00e9ennes, puis l\u00e9gislatives, de 2019, <em>Syriza<\/em> ait perdu le statut de premier parti grec, \u00e9tant \u00e9vinc\u00e9e du gouvernement au profit de la droite, la Nouvelle D\u00e9mocratie obtenant une victoire \u00e9crasante (39,85% des voix aux l\u00e9gislatives contre 31,53% pour <em>Syriza<\/em>).<\/p>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 la capitulation du 13 juillet, la gauche de <em>Syriza<\/em> a tergivers\u00e9, r\u00e9agissant mollement, se divisant et s\u2019embourbant dans des d\u00e9bats, et perdant m\u00eame des militant.es qui rejoignaient Tsipras dans sa reddition et sa trahison. Finalement, la gauche de <em>Syriza<\/em> \u2013 et en particulier les \u00e9l\u00e9ments soutenus par le SU \u2013 est rest\u00e9e largement paralys\u00e9e, et s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e impuissante face aux enjeux de la situation. Un mois et demi apr\u00e8s le cataclysme, une scission de <em>Syriza<\/em> a eu lieu, donnant naissance \u00e0 l\u2019Unit\u00e9 populaire (UP), regroupant 25 d\u00e9put\u00e9.es frondeurs\/ses. Mais cette rupture, tardive, n\u2019\u00e9tait pas totale par rapport \u00e0 l\u2019ensemble des probl\u00e8mes que r\u00e9v\u00e9lait alors le choix de <em>Syriza<\/em>. L\u2019UP exigeait toujours la fin de l\u2019aust\u00e9rit\u00e9, r\u00e9clamait pour cela la sortie de l\u2019euro, mais rien n\u2019\u00e9tait clair par rapport \u00e0 l\u2019UE, au capitalisme, et aux questions de strat\u00e9gie r\u00e9forme\/r\u00e9volution. Le verdict des urnes tombait peu apr\u00e8s&nbsp;: lors des \u00e9lections l\u00e9gislatives de septembre 2015, rendues n\u00e9cessaires par cette scission, l\u2019UP n\u2019obtenait que 2,86% des voix, moins que les 3% n\u00e9cessaires \u00e0 une repr\u00e9sentation parlementaire. Tr\u00e8s vite, l\u2019UP allait ne plus rien repr\u00e9senter politiquement.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"696\" height=\"393\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/npa_3SetP-1.jpg?resize=696%2C393&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-71061\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/npa_3SetP-1.jpg?w=861&amp;ssl=1 861w, https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/npa_3SetP-1.jpg?resize=300%2C169&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/npa_3SetP-1.jpg?resize=768%2C434&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/npa_3SetP-1.jpg?resize=150%2C85&amp;ssl=1 150w, https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/npa_3SetP-1.jpg?resize=696%2C393&amp;ssl=1 696w\" sizes=\"(max-width: 696px) 100vw, 696px\" data-recalc-dims=\"1\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em><em>Pablo Iglesias et Alexis Tsipras lors d&rsquo;un meeting de campagne de Syriza. 22 janvier 2015 \u00e0 Ath\u00e8nes. afp.com\/Aris Messinis<\/em><\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Quelques mots en guise de conclusion<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Syriza<\/em> aussi est pleinement r\u00e9formiste depuis le d\u00e9but, mais comme cette coalition est apparue comme une \u00ab\u00a0alternative\u00a0\u00bb au PASOK, dans une situation pr\u00e9r\u00e9volutionnaire il a grandi de fa\u00e7on extraordinaire, jusqu&rsquo;acc\u00e9der au gouvernement\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Le SU a pr\u00e9sent\u00e9 l\u2019arriv\u00e9e de <em>Syriza<\/em> au gouvernement comme un exemple de gouvernement \u00ab\u00a0anti-aust\u00e9rit\u00e9\u00a0\u00bb, malgr\u00e9 ses confusions r\u00e9formistes et malgr\u00e9 son attitude incoh\u00e9rente et funeste envers l&rsquo;UE\u2026 Cette apologie faite par le SU a dur\u00e9 jusqu&rsquo;au referendum de juillet 2015 ! Apr\u00e8s, le SU a \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9 de prendre du recul critique, mais sans en tirer toutes les le\u00e7ons, comme nous le verrons. Pr\u00e9cisons que m\u00eame les promesses sociales partielles du programme de Thessalonique (adopt\u00e9 avant les \u00e9lections de janvier 2015, celles remport\u00e9es par <em>Syriza<\/em>) \u00e9taient totalement impossibles \u00e0 mettre en \u0153uvre dans le cadre de l&rsquo;UE.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour saisir les enjeux, il faut aussi contextualiser. Depuis plusieurs ann\u00e9es, la Gr\u00e8ce connaissait une situation pr\u00e9r\u00e9volutionnaire. De plus, l\u2019enjeu fondamental, jamais mis en \u00e9vidence par le SU, \u00e9tait de savoir si la Gr\u00e8ce allait \u00eatre convertie en une semi-colonie. Pour le SU, il s\u2019agissait seulement d\u2019un probl\u00e8me d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9. Or, la rupture de la Gr\u00e8ce avec l&rsquo;UE \u00e9tait incontournable pour emp\u00eacher sa semi-colonisation. Cette rupture pointait aussi vers le besoin de combattre pour d\u00e9molir l&rsquo;UE et lui opposer une avanc\u00e9e vers la construction des \u00c9tats-Unis Socialistes d&rsquo;Europe, en renouant avec la tradition r\u00e9volutionnaire du marxisme.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><u>Espagne<\/u><\/strong><strong>&nbsp;: <em>Podemos<\/em>, une gauche \u00ab&nbsp;radicale&nbsp;\u00bb au service des luttes&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Podemos<a href=\"#_edn30\" id=\"_ednref30\"><strong>[30]<\/strong><\/a><\/em> s&rsquo;est form\u00e9 sur la base de l&rsquo;\u00e9norme vague d&rsquo;indignation sociale et politique qui s&rsquo;est d\u00e9clench\u00e9e avec le 15M.<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li><strong>A l\u2019origine de <em>Podemos<\/em>, le mouvement des Indign\u00e9.es<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Ce puissant mouvement s&rsquo;est mis en marche avec l&rsquo;occupation des places des principales villes du pays par les Indign\u00e9.es (\u00ab\u00a0<em>Indignados<\/em>\u00ab\u00a0) le 15 mai 2011. Le mouvement avait un fort ancrage dans la jeunesse, notamment chez de nombreux\/ses jeunes qui, bien qu&rsquo;ayant obtenu leurs dipl\u00f4mes, vivaient dans la pr\u00e9carit\u00e9 et sans espoir d&rsquo;en sortir. Le 15M \u00e9tait une r\u00e9ponse aux cons\u00e9quences sociales insupportables des politiques d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 impos\u00e9es par l&rsquo;UE aux gouvernements espagnols du PSOE et du PP<a href=\"#_edn31\" id=\"_ednref31\"><sup>[31]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 15M est apparu quatre mois apr\u00e8s le d\u00e9but des printemps arabes, suite \u00e0 l&rsquo;immolation du jeune Tunisien Mohamed Bouazzi, et apr\u00e8s la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale contre la r\u00e9forme du march\u00e9 du travail du gouvernement Zapatero (PSOE) le 29 septembre 2010. Ce mouvement des Indign\u00e9.es a eu, comme nous le savons, un grand impact international.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s&rsquo;agit d&rsquo;un mouvement d&rsquo;une grande profondeur qui s&rsquo;est confront\u00e9 au \u00ab\u00a0r\u00e9gime de 78\u00a0\u00bb (du nom de l&rsquo;ann\u00e9e d&rsquo;approbation de la Constitution convenue avec les franquistes lors de la transition), ainsi qu&rsquo;\u00e0 ses partis, en particulier le PP et le PSOE. Deux slogans massivement repris l&rsquo;exprimaient avec une grande clart\u00e9 : \u00ab\u00a0Ils appellent \u00e7a d\u00e9mocratie et \u00e7a n&rsquo;en est pas une\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0PSOE, PP, c&rsquo;est la m\u00eame m&#8230;e&nbsp;!\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>En l&rsquo;absence de direction politique, le programme du mouvement 15M \u00e9tait vague et mal formul\u00e9 ; il exigeait \u00ab\u00a0une v\u00e9ritable d\u00e9mocratie maintenant\u00a0\u00bb et s&rsquo;\u00e9levait contre la dictature des banques et des grandes entreprises et contre la corruption. Lorsque les occupations des places ont pris fin, le mouvement s&rsquo;est \u00e9tendu aux quartiers par le biais d&rsquo;assembl\u00e9es \u2013 certes, celles-ci n\u2019\u00e9taient pas d\u00e9mocratiques partout \u2013 et il a men\u00e9 des actions politiques pertinentes telles que \u00ab\u00a0<em>Rodea el Congreso<\/em>\u00a0\u00bb (l&rsquo;encerclement du Congr\u00e8s).<\/p>\n\n\n\n<p>Le 15M a \u00e9t\u00e9 la m\u00e8che d&rsquo;un puissant mouvement revendicatif de masse, qui est descendu dans les rues d&rsquo;Espagne pendant deux ans d\u00e8s la fin 2011. Les luttes \u2013 les \u00ab&nbsp;mar\u00e9es&nbsp;\u00bb \u2013 pour la sant\u00e9 publique (<em>Marea Blanca<\/em>), l&rsquo;\u00e9ducation <em>(Marea Verde<\/em>), celle des retrait\u00e9s (<em>Marea Pensionista<\/em>), le mouvement contre les expulsions de locataires ou contre les politiques anti-immigr\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement remarquables. La marche des mineurs qui, partant des Asturies, a culmin\u00e9 \u00e0 Madrid en juillet 2012, a beaucoup compt\u00e9. La manifestation d\u00e9nomm\u00e9e \u00ab\u00a0Marche de la dignit\u00e9\u00a0\u00bb, qui a rassembl\u00e9 1,5 million de personnes \u00e0 Madrid le 22 mars 2014, a \u00e9galement rev\u00eatu une grande importance.<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li><strong>L\u2019\u00e9mergence de <em>Podemos<\/em><\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p><em>Podemos<\/em>, se r\u00e9clamant de ce mouvement, s&rsquo;est fait conna\u00eetre lors des \u00e9lections europ\u00e9ennes de 2014, d\u00e9non\u00e7ant le \u00ab\u00a0r\u00e9gime de 78\u00a0\u00bb et ses partis (d\u00e9clarant notamment&nbsp;: \u00ab\u00a0PSOE et PP sont comme Coca cola et Pepsi cola !\u00a0\u00bb). Les leaders de <em>Podemos<\/em> \u00e9taient les ap\u00f4tres de la \u00ab\u00a0nouvelle politique\u00a0\u00bb qui, au nom du \u00ab\u00a0peuple\u00a0\u00bb allaient remplacer la vieille \u00ab\u00a0caste\u00a0\u00bb&#8230;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Bient\u00f4t, <em>Syriza <\/em>et <em>Podemos<\/em> sont devenu.es ensemble a r\u00e9f\u00e9rence internationale d&rsquo;une nouvelle gauche appel\u00e9e \u00e0 supplanter la vieille social-d\u00e9mocratie, qui avait mut\u00e9 en une variante du n\u00e9olib\u00e9ralisme, discr\u00e9dit\u00e9e et en crise apr\u00e8s avoir particip\u00e9 aux plans d&rsquo;ajustement sauvages qui ont suivi 2008.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais c&rsquo;est <em>Podemos<\/em> qui a d\u00e9sactiv\u00e9 cette puissante contestation sociale pour l\u2019int\u00e9grer dans le giron du r\u00e9gime monarchique. <em>Podemos<\/em> est devenu l&rsquo;aile gauche de ce dernier, avant de se transformer en une force auxiliaire du PSOE.<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re apparition politique de <em>Podemos<\/em> a eu lieu avec le manifeste \u00ab\u00a0<em>Mover Ficha<\/em>\u00ab\u00a0<a href=\"#_edn32\" id=\"_ednref32\"><sup>[32]<\/sup><\/a>, o\u00f9 le parti montrait un visage radical : il exigeait l&rsquo;abrogation de l&rsquo;article 135 de la Constitution (qui donne la priorit\u00e9 absolue au remboursement de la dette sur les d\u00e9penses sociales). Il d\u00e9fendait un moratoire sur le paiement de la dette publique. Il revendiquait un processus constituant et le droit pour les nationalit\u00e9s de d\u00e9cider de leur avenir. Il r\u00e9clamait la nationalisation des banques priv\u00e9es et des entreprises \u00e9nerg\u00e9tiques, l&rsquo;abrogation des lois sur les \u00e9trangers et la sortie de l&rsquo;OTAN.<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li><strong><em>Podemos<\/em><\/strong><strong>&nbsp;: une sorte de m\u00e9t\u00e9orite politique se dirigeant de la gauche vers la droite<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Ce radicalisme initial s&rsquo;est toutefois estomp\u00e9 \u00e0 un rythme acc\u00e9l\u00e9r\u00e9, \u00e0 mesure que <em>Podemos<\/em> gagnait du poids \u00e9lectoral. D\u00e9j\u00e0, lors de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement \u00e9lectoral suivant, les \u00e9l\u00e9ments qui allaient le plus loin dans le sens de la rupture ont \u00e9t\u00e9 \u00e9limin\u00e9s, dans le cadre d\u2019un processus allant vers la droite. Celui-ci s&rsquo;est poursuivi sans rel\u00e2che, culminant dans l&rsquo;entr\u00e9e dans le gouvernement de Pedro S\u00e1nchez au d\u00e9but de 2020. Dans le m\u00eame temps, au sein du parti, le \u00ab\u00a0caudillisme\u00a0\u00bb de Pablo Iglesias<a href=\"#_edn33\" id=\"_ednref33\">[33]<\/a> \u00e9tait de plus en plus prononc\u00e9, les cercles de base se vidaient et <em>Podemos<\/em> devenait un appareil \u00e9lectoral o\u00f9 les chefs et leurs acolytes d\u00e9cidaient de tout sans tenir compte de la base. Quand cela leur convenait, les \u00ab\u00a0membres inscrit.es\u00a0\u00bb, dans une parodie de d\u00e9mocratie interne, \u00e9taient appel\u00e9s \u00e0 pl\u00e9bisciter, via Internet, les d\u00e9cisions d\u00e9j\u00e0 prises par les dirigeant.es. Pour couronner le tout, Iglesias, qui s&rsquo;\u00e9tait vant\u00e9 de venir d\u2019un quartier ouvrier, se payait une villa dans les montagnes aux environs de Madrid.<\/p>\n\n\n\n<p>Aux yeux de la direction de <em>Podemos<\/em>, le PSOE a rapidement cess\u00e9 d&rsquo;appartenir \u00e0 la \u00ab\u00a0caste\u00a0\u00bb. A tel point qu\u2019alors que le PSOE \u00e9tait dans le coma, <em>Podemos<\/em> est venu le r\u00e9animer et a jou\u00e9 un r\u00f4le d\u00e9cisif pour porter S\u00e1nchez au pouvoir et permettre au PSOE de se r\u00e9tablir.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;axe central du discours de Pablo Iglesias lors des deux derni\u00e8res campagnes \u00e9lectorales de <em>Podemos<\/em> a \u00e9t\u00e9 de qu\u00e9mander des minist\u00e8res dans le gouvernement S\u00e1nchez, en abandonnant toute critique du PSOE et en adaptant son programme \u00e0 ce que S\u00e1nchez pouvait admettre : tout devait rentrer dans le cadre du r\u00e9gime et des diktats de l&rsquo;UE. \u00c0 chaque meeting, Iglesias a d\u00e9fendu la Constitution de 78, s\u2019en r\u00e9clamant comme faisant partie de son propre programme, et mentionnant des articles vides sur les droits sociaux, qui n&rsquo;impliquent aucune obligation l\u00e9gale.<\/p>\n\n\n\n<p>Le discours de <em>Podemos<\/em> a d&rsquo;abord suscit\u00e9 des illusions parmi des secteurs significatifs de la jeunesse et de la classe ouvri\u00e8re, et ce parti a connu une ascension \u00e9lectorale aussi fulgurante qu&rsquo;\u00e9ph\u00e9m\u00e8re. En 2015, <em>Podemos<\/em> remportait 5,2 millions de voix (seulement 340 000 de moins que le PSOE) et gagnait un grand nombre de municipalit\u00e9s parmi les plus importantes. Quatre ans plus tard, <em>Podemos<\/em> avait perdu 1,5 million de voix ainsi que plus de la moiti\u00e9 de ses \u00e9lu.es r\u00e9gionaux\/ales, et ne dirigeait plus de municipalit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li><strong><em>Podemos<\/em><\/strong><strong> dans le fromage gouvernemental avec le PSOE<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Dans une d\u00e9claration du 7 janvier 2020<a href=\"#_edn34\" id=\"_ednref34\"><sup>[34]<\/sup><\/a>, juste avant de prendre ses fonctions de vice-pr\u00e9sident de S\u00e1nchez, Iglesias a affirm\u00e9 que le programme qu&rsquo;ils avaient adopt\u00e9 avec le PSOE \u00e9tait \u00ab\u00a0un programme tr\u00e8s raisonnable\u00a0\u00bb, \u00e9labor\u00e9 \u00ab\u00a0dans le cadre de la responsabilit\u00e9 fiscale europ\u00e9enne\u00a0\u00bb, capable de garantir la \u00ab\u00a0stabilit\u00e9\u00a0\u00bb du pays. Il a \u00e9galement exprim\u00e9 sa solidarit\u00e9 avec la trahison de Tsipras, affirmant que ce dernier n&rsquo;avait d&rsquo;autre choix que de capituler et de passer du c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;ennemi en raison du \u00ab\u00a0rapport de forces\u00a0\u00bb trop d\u00e9favorable. Il a \u00e9galement oubli\u00e9 le droit des Catalans \u00e0 d\u00e9cider de leur avenir, et a laiss\u00e9 tomber la lutte contre la monarchie, car, disait-il, ce qui \u00e9tait important, c&rsquo;\u00e9tait les \u00ab\u00a0valeurs r\u00e9publicaines\u00a0\u00bb. Quant \u00e0 l&rsquo;Union europ\u00e9enne, d&rsquo;Europe du capital, elle est devenue pour Iglesias et <em>Podemos<\/em> l&rsquo;Europe sociale et verte.<\/p>\n\n\n\n<p>La participation d\u2019<em>Unidas Podemos<a href=\"#_edn35\" id=\"_ednref35\"><strong>[35]<\/strong><\/a><\/em> au gouvernement de coalition PSOE-UP s&rsquo;illustre par sa complicit\u00e9 avec le PSOE dans l&rsquo;acceptation de l&rsquo;abandon des promesses sociales du programme gouvernemental; dans sa coresponsabilit\u00e9 dans la gestion de la pand\u00e9mie, caract\u00e9ris\u00e9e par le renflouement des grandes entreprises, d\u2019un c\u00f4t\u00e9&nbsp;; et les miettes accord\u00e9es aux travailleurs\/ses et aux secteurs de la petite bourgeoisie ruin\u00e9e, de l\u2019autre; par sa soumission totale \u00e0 l&rsquo;UE et les louanges qui lui sont adress\u00e9es ; par la r\u00e9forme du march\u00e9 du travail men\u00e9e par Yolanda D\u00edaz, violant sa principale promesse \u00e9lectorale, l\u00e9gitimant la r\u00e9forme faite par le PP et aggravant la pr\u00e9carit\u00e9 dans des aspects essentiels tels que les contrats \u00e0 temps partiel. Les projets de loi progressistes sur les droits des femmes et la loi dite \u00ab\u00a0trans\u00a0\u00bb ne peuvent masquer ce bilan g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li><strong>Les d\u00e9buts difficiles d\u2019<em>Izquierda Anticapitalista <\/em>dans l\u2019\u00c9tat espagnol<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>La section espagnole de SU-CI, apr\u00e8s \u00eatre rest\u00e9e pendant des ann\u00e9es au sein d&rsquo;IU (<em>Izquierda Unida<\/em>)<a href=\"#_edn36\" id=\"_ednref36\"><sup>[36]<\/sup><\/a> sous le nom d&rsquo;<em>Espacio Alternativo<\/em>, a fini par quitter cette coalition en crise en d\u00e9cembre 2007, pour agir ensuite de mani\u00e8re autonome pendant plusieurs ann\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>En novembre 2008, <em>Espacio Alternativo<\/em> a d\u00e9cid\u00e9 de transcro\u00eetre en parti politique, IA (<em>Izquierda Anticapitalista<\/em>)<a href=\"#_edn37\" id=\"_ednref37\"><sup>[37]<\/sup><\/a>. Cela se passait au moment o\u00f9 la gestation du NPA fran\u00e7ais prenait fin, semblant annoncer un beau b\u00e9b\u00e9 bien tonique, et faisait des \u00e9mules \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. L\u2019objectif pour IA \u00e9tait de participer aux \u00e9lections europ\u00e9ennes de 2009, surfant sur la vague cr\u00e9\u00e9e par l&rsquo;essor du NPA. Mais le r\u00e9sultat fut infime : moins de 20 000 suffrages dans tout le pays, 0,13%. Aux \u00e9lections g\u00e9n\u00e9rales de 2011, malgr\u00e9 le soutien de personnalit\u00e9s internationales, le bilan \u00e9tait \u00e0 nouveau aussi tr\u00e8s faible. Le d\u00e9collage \u00e9lectoral esp\u00e9r\u00e9 par IA n\u2019arrivait pas.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais si IA ne parvenait pas \u00e0 r\u00e9it\u00e9rer l&rsquo;exp\u00e9rience fran\u00e7aise en cr\u00e9ant un \u00ab\u00a0parti anticapitaliste\u00a0\u00bb et en le dirigeant, la section espagnole du SU pouvait toujours favoriser l\u2019\u00e9mergence d\u2019un tel parti \u00ab\u00a0large\u00a0\u00bb avec d&rsquo;autres partenaires. C&rsquo;est ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 avec <em>Podemos<\/em>, parti dans lequel la section du SU a laiss\u00e9 tous les r\u00f4les politiques de premier plan \u00e0 Pablo Iglesias et \u00e0 son groupe, tout en prenant en charge l&rsquo;organisation pratique du nouveau parti, car le petit groupe de professeurs r\u00e9unis autour d&rsquo;Iglesias ne disposait d&rsquo;aucune force organis\u00e9e pour le faire.<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li><strong><em>Anticapitalistas et Podemos&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je t\u2019aime \u2013 Moi non plus <\/em><\/strong><strong>\u00bb&nbsp;?<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Les excellents r\u00e9sultats \u00e9lectoraux vite obtenus par <em>Podemos<\/em>, avec y compris un d\u00e9put\u00e9 europ\u00e9en \u00e9lu d\u00e8s parmi les rangs d\u2019<em>Anticapitalistas<\/em> (Miguel Urb\u00e1n), ont largement motiv\u00e9 le courant du SU. Cependant, le groupe d&rsquo;Iglesias a d\u00e8s le d\u00e9part consolid\u00e9 son emprise sur <em>Podemos<\/em> au d\u00e9triment d&rsquo;<em>Anticapitalistas<\/em>. La relation de ces dernier.es avec le groupe d&rsquo;Iglesias \u00e9tait une relation d&rsquo;appareils, pour l\u2019entretien de laquelle <em>Anticapitalistas<\/em> a \u00e9vit\u00e9 la confrontation politique et s\u2019est retrouv\u00e9 de plus en plus affaibli, r\u00e9sistant toutefois plus longtemps en Andalousie, o\u00f9 ce courant \u00e9tait majoritaire dans <em>Podemos<\/em>, jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;ils et elles soient finalement contraint.es de le quitter. D\u00e9j\u00e0, le congr\u00e8s de fondation de <em>Podemos<\/em> \u00e0 la fin 2014 interdisait l&rsquo;existence de partis en son sein \u2013 ce qui contraignait IA \u00e0 devenir un \u00ab\u00a0mouvement\u00a0\u00bb, <em>Anticapitalistas<\/em> \u2013 tandis qu&rsquo;Iglesias s&rsquo;assurait le contr\u00f4le de l&rsquo;appareil en le pla\u00e7ant entre les mains de ses fid\u00e8les. Ce processus a provoqu\u00e9 l&rsquo;opposition d&rsquo;un secteur d\u2019<em>Anticapitalistas<\/em>, surtout andalou, qui a \u00e9t\u00e9 exclus sans m\u00e9nagement d\u2019<em>Anticapitalistas <\/em>et du SU<a href=\"#_edn38\" id=\"_ednref38\"><sup>[38]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>La principale divergence avec Iglesias a port\u00e9 sur l&rsquo;entr\u00e9e dans le gouvernement, \u00e0 laquelle <em>Anticapitalistas<\/em> s&rsquo;opposait, d\u00e9fendant l\u2019id\u00e9e qu&rsquo;il \u00e9tait pr\u00e9f\u00e9rable de seulement lui apporter son soutien et de conclure des pactes avec le PSOE depuis le parlement, plut\u00f4t que d&rsquo;assumer une coresponsabilit\u00e9 avec ce parti au gouvernement. La strat\u00e9gie parlementariste d&rsquo;<em>Anticapitalistas<\/em> persiste cependant int\u00e9gralement, comme cela se manifeste en Andalousie, la r\u00e9gion du pays o\u00f9 cette organisation, avec Teresa Rodr\u00edguez \u00e0 sa t\u00eate, poss\u00e8de le plus de poids.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0La machine avec laquelle [IA] entend changer la r\u00e9alit\u00e9 en Andalousie\u00a0\u00bb, ce sont les conseils municipaux et la \u00ab\u00a0d\u00e9mocratie participative\u00a0\u00bb. Le maire de Cadix, Kichi, membre d&rsquo;IA, a soutenu la construction par les chantiers navals publics de Cadix de navires de guerre destin\u00e9s \u00e0 l&rsquo;Arabie saoudite, pour sa guerre g\u00e9nocidaire au Y\u00e9men, arguant du fait qu\u2019ainsi, on d\u00e9fend l&#8217;emploi\u2026 Voil\u00e0 o\u00f9 en est le SU-CI dans cette r\u00e9gion d\u2019Espagne&nbsp;! Et ce n\u2019est l\u00e0 qu\u2019une illustration de cette d\u00e9rive.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour conclure, on voit que si <em>Anticapitalistas<\/em> a fait le choix de rompre avec <em>Podemos<\/em>, ce choix n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 fait sur des bases justes&nbsp;: alors que <em>Podemos<\/em> voulait gouverner avec le PSOE, <em>Anticapitalistas<\/em> voulait seulement faire partie de la base de soutien parlementaire du gouvernement de Pedro S\u00e1nchez. En fait, cette divergence n\u2019est que tactique, et les deux positions sont fausses. Car s\u2019agissant d\u2019un gouvernement bourgeois charg\u00e9 d\u2019appliquer les plans d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 voulus par la classe capitaliste et par l\u2019UE, du point de vue de l\u2019int\u00e9r\u00eat des travailleurs\/ses qui devrait \u00eatre celui d\u2019une organisation qui ose parler au nom de la 4<sup>e<\/sup> Internationale c\u2019est une faute politique majeure, et m\u00eame une trahison. Et on voit que, malgr\u00e9 la rupture avec <em>Podemos<\/em>, les pratiques et choix politiques d\u2019<em>Anticapitalistas<\/em> rel\u00e8vent des m\u00e9thodes d\u2019appareils enkyst\u00e9s dans l\u2019\u00c9tat bourgeois, et n\u2019ont plus rien \u00e0 voir avec le marxisme et le communisme r\u00e9volutionnaires.<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li><strong>Pour conclure, retenons deux \u00e9l\u00e9ments cl\u00e9s&nbsp;:<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Parti (n\u00e9o)r\u00e9formiste d\u00e8s son \u00e9mergence, <em>Podemos<\/em> a eu pour fonction de canaliser le mouvement social n\u00e9 le 15-M vers les institutions du r\u00e9gime monarchique. Pourtant, aux yeux du SU, il s\u2019agissait d\u2019un exemple \u00e0 suivre dans le monde entier.<\/p>\n\n\n\n<p>Le r\u00f4le d\u2019<em>Anticapitalistas<\/em> (l\u2019organisation du SU dans l\u2019\u00c9tat espagnol) a \u00e9t\u00e9 d\u00e9terminant puisque sans cette organisation, il aurait \u00e9t\u00e9 totalement impossible de construire <em>Podemos<\/em>. C\u2019est concr\u00e8tement <em>Anticapitalistas<\/em> qui a organis\u00e9 <em>Podemos<\/em>, car Iglesias et le groupe d\u2019universitaires autour de lui ne disposaient d\u2019aucune organisation militante de base. Puis <em>Anticapitalistas<\/em> a livr\u00e9 \u00e0 Iglesias la direction du parti, en \u00e9change d&rsquo;un compromis d&rsquo;appareil. Par la suite, <em>Anticapitalistas<\/em> a \u00e9t\u00e9 chass\u00e9 de <em>Podemos<\/em>, une fois que le citron avait \u00e9t\u00e9 bien press\u00e9, et quand la direction n\u2019en avait plus besoin.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref1\" id=\"_edn1\">[1]<\/a> <strong>Le Secr\u00e9tariat Unifi\u00e9 de la 4<sup>e<\/sup> Internationale (SU ou SUQI<\/strong>, courant historique incarn\u00e9 par Ernest Mandel puis Daniel Bensa\u00efd), a pris plus r\u00e9cemment le nom de <strong>Comit\u00e9 International (CI)<\/strong>. Ce courant parle de lui comme \u00e9tant LA 4<sup>e<\/sup> Internationale, ce qui est bien s\u00fbr contest\u00e9 par les autres courants internationaux se r\u00e9clamant du trotskisme. Cette pr\u00e9tention du SU-CI est d\u2019autant plus frauduleuse que ce sont des pans entiers du trotskisme qui ont \u00e9t\u00e9 jet\u00e9s par-dessus bord, depuis fort longtemps dans la pratique, mais tout particuli\u00e8rement apr\u00e8s 1995 dans la th\u00e9orie. Avec les cons\u00e9quences des choix de construction&nbsp;faits en faveur des partis larges, ou fronts politiques, des r\u00e9volutionnaires, r\u00e9el.les ou pr\u00e9tendu.es, et des r\u00e9formistes assum\u00e9.es. Une lourde erreur qui a montr\u00e9 \u00e0 quelles d\u00e9b\u00e2cles elle conduisait. En ne prenant que des exemples assez r\u00e9cents, on pense ici, en particulier, \u00e0 la d\u00e9b\u00e2cle de <em>Rifondazione<\/em> en Italie, au naufrage de <em>Syriza<\/em> en Gr\u00e8ce en 2015 (dont nous disons plus bas quelques mots), \u00e0 la \u00ab&nbsp;normalisation&nbsp;\u00bb de <em>Podemos<\/em> en Espagne, et \u00e0 l\u2019int\u00e9gration du <em>Bloco de Esquerda<\/em> dans les institutions bourgeoises au Portugal.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref2\" id=\"_edn2\">[2]<\/a> Signalons ici que la critique que font cet article et le suivant des partis larges ne doit ni les confondre avec ce qui a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 historiquement, ni faire oublier les fondements et les cons\u00e9quences tr\u00e8s n\u00e9gative de&nbsp; deux soi-disant \u00ab&nbsp;tactiques&nbsp;\u00bb profond\u00e9ment erron\u00e9es de construction&nbsp;: d\u2019une part, \u00ab\u00a0l&rsquo;entrisme <em>sui generis<\/em>\u00a0\u00bb de Pablo-Mandel d\u00e8s le d\u00e9but des ann\u00e9es 1950, qui a pouss\u00e9 les organisations de la IV<sup>e<\/sup> Internationale \u00e0 s\u2019int\u00e9grer dans l\u2019appareil stalinien&nbsp;; et d\u2019autre part, \u00ab\u00a0l&rsquo;entrisme structurel\u00a0\u00bb de Ted Grant, au sein de partis de masse socio-d\u00e9mocrates ou bourgeois, au Royaume-Uni puis un peu partout dans le monde. Ni l\u2019un ni l\u2019autre n\u2019ont quelque chose \u00e0 voir avec l&rsquo;entrisme pr\u00e9conis\u00e9 par Trotsky dans les ann\u00e9es 30, et mis en \u0153uvre notamment par le parti de de Cannon aux Etats-Unis, ou bien de <em>Converg\u00eancia Socialista<\/em> au sein du PT br\u00e9silien.Il s\u2019agit de&nbsp; moments historiques diff\u00e9rents, mais ces deux soi-disant \u00ab\u00a0tactiques\u00a0\u00bb ont en commun de signifier le renoncement \u00e0 la construction du parti r\u00e9volutionnaire.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref3\" id=\"_edn3\">[3]<\/a> Dans le cas du processus r\u00e9volutionnaire nicaraguayen \u00e0 partir de 1979, la complicit\u00e9 de la direction du SU avec la direction sandiniste est all\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 donner raison \u00e0 cette derni\u00e8re lorsqu\u2019elle a expuls\u00e9 du pays les combattant.es de la Brigade Simon Bolivar (des camarades issu.es surtout du courant mor\u00e9niste en Am\u00e9rique latine) et expulser ces dernier.es vers le Panama o\u00f9 ils et elles ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9.es et tortur\u00e9.es. Le choix ignoble de la direction du SU a d\u2019ailleurs \u00e0 la rupture compl\u00e8te avec le courant mor\u00e9niste, \u00e0 l\u2019origine de la formation de la LIT en 1982. Cette horrible affaire est un peu plus d\u00e9taill\u00e9e ici&nbsp;: <a href=\"https:\/\/litci.org\/fr\/2022\/12\/07\/un-bref-apercu-de-notre-histoire\/\">https:\/\/litci.org\/fr\/2022\/12\/07\/un-bref-apercu-de-notre-histoire\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref4\" id=\"_edn4\">[4]<\/a> On rappellera bri\u00e8vement quelques exemples ici&nbsp;: le positionnement politique opportuniste qui a emp\u00each\u00e9 la victoire de la r\u00e9volution en Bolivie en 1952&nbsp;; le choix de l\u2019entrisme \u00ab&nbsp;sui generis&nbsp;\u00bb dans les PC avec l\u2019illusion de pouvoir les transformer en partis r\u00e9volutionnaires \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque&nbsp;; le suivisme par rapport au castrisme \u00e0 Cuba, qui a notamment conduit \u00e0 ne pas construire de section de la 4<sup>e<\/sup> Internationale dans ce pays, et la r\u00e9p\u00e9tition de ce m\u00eame choix au Nicaragua apr\u00e8s 1979&nbsp;; la vague calamiteuse et meurtri\u00e8re de gu\u00e9rill\u00e9risme assum\u00e9 par le SU \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1960 et au d\u00e9but des ann\u00e9es 1970, qui a envoy\u00e9 de nombreux\/ses camarades \u00e0 la boucherie&nbsp;; une nouvelle attitude opportuniste au Portugal en 1974-75\u2026 Ces points et d\u2019autres sont d\u00e9velopp\u00e9s notamment ici&nbsp;: <a href=\"https:\/\/litci.org\/fr\/2022\/12\/07\/un-bref-apercu-de-notre-histoire\/\">https:\/\/litci.org\/fr\/2022\/12\/07\/un-bref-apercu-de-notre-histoire\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref5\" id=\"_edn5\">[5]<\/a> Bensa\u00efd s\u2019en expliqu\u00e9 \u00e0 de nombreuses reprises et dans de nombreux lieux. On peut notamment lire une longue interview de lui ici&nbsp;: <a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-lignes-2008-1-page-83.htm\">https:\/\/www.cairn.info\/revue-lignes-2008-1-page-83.htm<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref6\" id=\"_edn6\">[6]<\/a> On pourrait d\u2019ailleurs aussi bien \u00e9crire \u00ab&nbsp;nouveau parti&nbsp;\u00bb que \u00ab&nbsp;nouveaux partis&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref7\" id=\"_edn7\">[7]<\/a> Dans le jargon, \u00ab&nbsp;mand\u00e9liste&nbsp;\u00bb signifie&nbsp;: \u00ab&nbsp;influenc\u00e9 par&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;dans la logique de&nbsp;\u00bb, ou \u00ab&nbsp;sous la direction de&nbsp;\u00bb Ernest Mandel.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref8\" id=\"_edn8\">[8]<\/a> ACM&nbsp;: Ant\u00f4nio Carlos Magalh\u00e3es&nbsp;(1927-2007) ; 3 fois gouverneur et 3 fois s\u00e9nateur de l\u2019Etat de Bahia, un des potentats du Nordeste les plus puissants et influents. Jos\u00e9 Sarney (1930-&nbsp;?), supp\u00f4t lui aussi de la dictature militaire, grand propri\u00e9taire foncier de l\u2019Etat nordestin du Maranh\u00e3o, a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sident (1985-1989) non \u00e9lu d\u00e9mocratiquement dans le cadre de la transition n\u00e9goci\u00e9e du pouvoir aux civils voulue par les dirigeants militaires.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref9\" id=\"_edn9\">[9]<\/a> On a m\u00eame vu des paysans sans terre br\u00fbler l\u2019effigie de Rossetto. Pas mal pour un soi-disant dirigeant r\u00e9volutionnaire de masse cens\u00e9 \u00eatre au service des d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9.es des campagnes br\u00e9siliennes&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref10\" id=\"_edn10\">[10]<\/a> PSOL&nbsp;: <em>Partido Socialismo e Liberdade<\/em> (parti socialisme et libert\u00e9). Parti de gauche form\u00e9 \u00e0 partir d\u2019une scission de gauche du PT, de la part de plusieurs groupes, entre 2004 et 2006.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref11\" id=\"_edn11\">[11]<\/a> DP&nbsp;: <em>Democrazia Proletaria<\/em> (D\u00e9mocratie prol\u00e9tarienne), organisation n\u00e9e en 1975 et auto-dissoute dans le PRC en 1991.<\/p>\n\n\n\n<p>PCI-ML&nbsp;: <em>Partito Comunista d\u2019Italia (marxista-leninista)<\/em> (Parti communiste d\u2019Italie \u2013 marxiste-l\u00e9niniste), fond\u00e9 en 1966 et auto-dissous <a href=\"https:\/\/it.wikipedia.org\/wiki\/Partito_Comunista_d%27Italia_(marxista-leninista)\">dans le PRC en 1991.<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref12\" id=\"_edn12\">[12]<\/a> PCI&nbsp;: <em>Partito Comunista Italiano<\/em> (Parti communiste italien). PDS&nbsp;: <em>Partito Democratico della Sinistra<\/em> (Parti d\u00e9mocratique de gauche)&nbsp;: fraction majoritaire issue du PCI (1991-1998). Du PDS on est pass\u00e9 \u00e0 DS&nbsp;: <em>Democratici di Sinistra<\/em> (D\u00e9mocrates de gauche)&nbsp;(1998-2007). DS a rejoint le PD&nbsp;: <em>Partito Democratico<\/em> (Parti d\u00e9mocrate) en 2007. A partir du PDS, on rejoint le (social)-lib\u00e9ralisme, et il s\u2019agit d\u2019une force politique parfaitement bourgeoise.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref13\" id=\"_edn13\">[13]<\/a> <a href=\"https:\/\/www.euractiv.fr\/section\/sciences-legislation\/news\/le-premier-ministre-italien-demissionne-apres-un-vote-de-desaveu-au-senat-sur-sa-politique-etrangere\/\">https:\/\/www.euractiv.fr\/section\/sciences-legislation\/news\/le-premier-ministre-italien-demissionne-apres-un-vote-de-desaveu-au-senat-sur-sa-politique-etrangere\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref14\" id=\"_edn14\">[14]<\/a> <em>Bloco de Esquerda<\/em>&nbsp;(ou simplement <em>Bloco<\/em>) : Bloc de gauche, parti large portugais n\u00e9 en 1999. Voir pour plus de d\u00e9tails un article de fond de 2020 sur le <em>Bloco<\/em>, sur le Club de Mediapart&nbsp;: <a href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/jean-marc-b\/blog\/110420\/le-bloc-de-gauche-au-portugal-retour-sur-un-naufrage-historique\">https:\/\/blogs.mediapart.fr\/jean-marc-b\/blog\/110420\/le-bloc-de-gauche-au-portugal-retour-sur-un-naufrage-historique<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref15\" id=\"_edn15\">[15]<\/a> UDP&nbsp;: <em>Uni\u00e3o Democr\u00e1tica Popular<\/em> (Union d\u00e9mocratique populaire), fond\u00e9e en d\u00e9cembre 1974, dans la foul\u00e9e de la R\u00e9volution des \u0152illets du 25 avril 1974.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref16\" id=\"_edn16\">[16]<\/a> PSR&nbsp;: <em>Partido Socialista Revolucion\u00e1rio<\/em> (Parti socialiste r\u00e9volutionnaire), parti \u00ab&nbsp;trotskyste&nbsp;\u00bb li\u00e9 au Secr\u00e9tariat unifi\u00e9 de la IVe Internationale (SU-QI)&nbsp;cr\u00e9\u00e9 en 1978, dans un congr\u00e8s de fusion (peu durable) entre la <em>Liga Comunista Internacionalista<\/em> (LCI) et le <em>Partido Revolucion\u00e1rio dos Trabalhadores<\/em> (PRT).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref17\" id=\"_edn17\">[17]<\/a> Plus exactement <em>Pol\u00edtica XXI<\/em>, est constitu\u00e9e par la fusion de deux scissions de gauche&nbsp;: une dissidence du PCP&nbsp;d\u2019un c\u00f4t\u00e9&nbsp;; de l\u2019autre, l\u2019aile gauche du Mouvement d\u00e9mocratique portugais \u2013 Commission d\u00e9mocratique \u00e9lectorale (MDP-CDE, mouvement cr\u00e9\u00e9 \u00e0 l\u2019origine pour unifier l\u2019opposition \u00e0 la dictature en 1969). Quelques \u00ab&nbsp;ind\u00e9pendant.e.s&nbsp;\u00bb s\u2019y sont ajout\u00e9.e.s.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref18\" id=\"_edn18\">[18]<\/a> Notamment <em>Ruptura<\/em>\/FER, section portugaise de la LIT-QI (Ligue Internationale des Travailleurs-Quatri\u00e8me Internationale) et le Parti mao\u00efste pour la reconstruction du prol\u00e9tariat.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref19\" id=\"_edn19\">[19]<\/a> Article sign\u00e9 Emma Funk \u00e9crit en avril 2020 sur le site de l\u2019ARC (tendance du NPA) fait le rapport d\u2019autopsie politique du <em>Bloco<\/em>. Il est disponible maintenant ici, sur le blog de Jean-Marc B. du Club de Mediapart&nbsp;: <a href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/jean-marc-b\/blog\/110420\/le-bloc-de-gauche-au-portugal-retour-sur-un-naufrage-historique\">https:\/\/blogs.mediapart.fr\/jean-marc-b\/blog\/110420\/le-bloc-de-gauche-au-portugal-retour-sur-un-naufrage-historique<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref20\" id=\"_edn20\">[20]<\/a> Notamment ici&nbsp;: <a href=\"https:\/\/litci.org\/pt\/2021\/11\/24\/5-anos-do-em-luta-vimos-de-longe\/\">https:\/\/litci.org\/pt\/2021\/11\/24\/5-anos-do-em-luta-vimos-de-longe\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>et ici&nbsp;: <a href=\"https:\/\/litci.org\/pt\/2021\/11\/05\/portugal-6\/\">https:\/\/litci.org\/pt\/2021\/11\/05\/portugal-6\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref21\" id=\"_edn21\">[21]<\/a> Le dernier chapitre du document fondateur du <em>Bloco<\/em> s\u2019intitule<em> : \u201cO NOSSO PROJECTO: DEMOCRACIA PARA O SOCIALISMO\u201d<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref22\" id=\"_edn22\">[22]<\/a> Terme sarcastique qui d\u00e9signe quelque chose de peu solide, de mal fait, de structure fragile et de fonctionnement pr\u00e9caire.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref23\" id=\"_edn23\">[23]<\/a> Malgr\u00e9 l\u2019envoi de police anti-\u00e9meute par le gouvernement, pour favoriser l\u2019entr\u00e9e de briseurs de gr\u00e8ve sur le port et de \u00ab&nbsp;lib\u00e9rer&nbsp;\u00bb notamment des v\u00e9hicules VW en souffrance, le <em>Bloco<\/em> a gentiment vot\u00e9, peu apr\u00e8s, le dernier budget de la <em>Geringon\u00e7a<\/em> au parlement. Face \u00e0 d\u2019autres luttes ouvri\u00e8res comme celle des transporteurs\/ses de mati\u00e8res dangereuses&nbsp;; ou conflits populaires, notamment sur les questions des violences racistes de la police, le <em>Bloco<\/em> s\u2019est montr\u00e9 tellement mollasson que cela revenait \u00e0 de la collusion avec le pouvoir et les patrons, afin de ne pas contester trop bruyamment la politique d\u2019un gouvernement qui utilisait la violence de classe contre les prol\u00e9taires et les opprim\u00e9.es.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref24\" id=\"_edn24\">[24]<\/a> Ces deux groupes \u00e9taient petits (quelques centaines de membres au total). La plus droiti\u00e8re, ISL, <em>Internationale<\/em><em> Sozialistische Linke<\/em> (gauche socialiste internationale) \u00e9tait une fervente d\u00e9fenseuse de l\u2019opportunisme le plus d\u00e9brid\u00e9 et des partis larges. Elle s\u2019est presque auto-dissoute dans la WASG puis <em>Die Linke<\/em>. L\u2019autre organisation, RSB, <em>Revolution\u00e4r Sozialistische Bund<\/em> (Ligue socialiste r\u00e9volutionnaire), d\u00e9fendait des positions plus \u00e0 gauche et plus en faveur de l\u2019ind\u00e9pendance de classe. On pourrait la cat\u00e9goriser comme centriste. La fusion des deux dans l\u2019ISO, <em>Internationale Sozialistische Organisation<\/em> (Organisation socialiste internationale) a plut\u00f4t correspondu \u00e0 un alignement du RSB sur les positions de la majorit\u00e9 du SU qu\u2019\u00e0 une \u00e9volution vers la gauche de l\u2019ISL.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref25\" id=\"_edn25\">[25]<\/a> PDS&nbsp;: <em>Partei des Demokratischen Sozialismus<\/em> (Parti du socialisme d\u00e9mocratique), issu en droite ligne, apr\u00e8s l\u2019effondrement de la dictature stalinienne, du SED, <em>Sozialistische Einheitspartei<\/em> (parti unique de l\u2019Allemagne de l\u2019Est).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref26\" id=\"_edn26\">[26]<\/a> WASG: <em>Wahlalternative Arbeit und soziale Gerechtigkeit<\/em> (Alternative \u00e9lectorale travail et justice sociale), parti fond\u00e9 en 2005 par des socio-d\u00e9mocrates en rupture avec le SPD et la politique men\u00e9e par Gerhard Schr\u00f6der, et des syndicalistes d\u00e9\u00e7us par la m\u00eame politique.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref27\" id=\"_edn27\">[27]<\/a> KKE&nbsp;: parti communiste de Gr\u00e8ce, un parti aux positions et m\u0153urs staliniennes maintenues, ultra-sectaire et disposant d\u2019une base syndicale et ouvri\u00e8re dans certains secteurs<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref28\" id=\"_edn28\">[28]<\/a> PASOK&nbsp;: vieux parti social-d\u00e9mocrate pass\u00e9 au lib\u00e9ralisme, mettant en \u0153uvre une aust\u00e9rit\u00e9 brutale, et ray\u00e9 de la carte politique suite \u00e0 cela, et avec la mont\u00e9e de <em>Syriza<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref29\" id=\"_edn29\">[29]<\/a> D\u00e9claration de Jean-Claude Juncker au Figaro, en janvier 2015. Cf&nbsp;: <a href=\"https:\/\/www.liberation.fr\/checknews\/2018\/06\/14\/juncker-a-t-il-vraiment-declare-un-jour-qu-il-ne-pouvait-y-avoir-de-choix-democratique-face-aux-trai_1659020\/\">https:\/\/www.liberation.fr\/checknews\/2018\/06\/14\/juncker-a-t-il-vraiment-declare-un-jour-qu-il-ne-pouvait-y-avoir-de-choix-democratique-face-aux-trai_1659020\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref30\" id=\"_edn30\">[30]<\/a> <em>Podemos<\/em>, signifie en fran\u00e7ais&nbsp;: \u00ab&nbsp;nous pouvons&nbsp;\u00bb. Recyclage du leitmotiv de la campagne de Barack Obama en 2008, \u00ab&nbsp;<em>Yes we can<\/em>&nbsp;\u00bb&nbsp;! En catalan, le parti s\u2019appelle <em>Podem<\/em>&nbsp;; en basque&nbsp;: <em>Ahal Dugu.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref31\" id=\"_edn31\">[31]<\/a> PP&nbsp;: Parti populaire, de droite. PSOE&nbsp;: Parti socialiste ouvrier espagnol, le parti du \u00ab&nbsp;social-lib\u00e9ralisme&nbsp;\u00bb en Espagne.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref32\" id=\"_edn32\">[32]<\/a> &nbsp;<em>Mover ficha: convertir la indignaci\u00f3n en cambio pol\u00edtico<\/em>&nbsp;\u00bb (en fran\u00e7ais&nbsp;: \u00ab&nbsp;Prendre les choses en main&nbsp;: convertir l&rsquo;indignation en changement politique&nbsp;\u00bb), publi\u00e9 les 12 et 13 janvier 2014 par le journal num\u00e9rique <em>P\u00fablico<\/em>, et sign\u00e9 par une trentaine d&rsquo;intellectuels, de personnalit\u00e9s de la culture, du journalisme et de l&rsquo;engagement social et politique.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref33\" id=\"_edn33\">[33]<\/a> Pablo Iglesias Turri\u00f3n&nbsp;: professeur de science politique de l&rsquo;UCM (<em>Universidad Complutense de Madrid<\/em>) et analyste politique t\u00e9l\u00e9visuel. Bien qu\u2019Iglesias ne figure pas parmi les signataires du manifeste&nbsp;\u00ab&nbsp;Mover ficha&nbsp;\u00bb, le mouvement <em>Podemos<\/em> annon\u00e7ait le 14 janvier 2014 qu\u2019Iglesias en prenait la t\u00eate<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref34\" id=\"_edn34\">[34]<\/a> <a href=\"https:\/\/www.eldiario.es\/politica\/pablo-iglesias-vamos-olvidar-venimos_128_1092328.html\">https:\/\/www.eldiario.es\/politica\/pablo-iglesias-vamos-olvidar-venimos_128_1092328.html<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref35\" id=\"_edn35\">[35]<\/a> <em>Podemos<\/em> s\u2019est engag\u00e9 d\u00e8s 2016 dans une alliance d\u00e9nomm\u00e9e UP, <em>Unidos Podemos<\/em>, coalition regroupant <em>Podemos<\/em>, IU et le parti \u00e9cologiste <em>Equo<\/em>, ainsi qu\u2019un certain nombre de partis et groupes r\u00e9gionaux. Pour les \u00e9lections de 2019, UP devenait <em>Unidas Podemos<\/em>, mais voyait les partis et groupes r\u00e9gionaux ant\u00e9rieurs s\u2019\u00e9loigner, ainsi qu\u2019<em>Equo<\/em> en septembre de cette ann\u00e9e.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref36\" id=\"_edn36\">[36]<\/a> IU: <em>Izquierda Unida<\/em> (Gauche unie). F\u00e9d\u00e9ration politique form\u00e9e en 1986 puis officiellement fond\u00e9e en 1992, et dirig\u00e9e par le PCE (Parti communiste espagnol). Le courant du SU a particip\u00e9 \u00e0 cette coalition de 1993 \u00e0 2007.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref37\" id=\"_edn37\">[37]<\/a> IA: <em>Izquierda aa<\/em>&nbsp;(Gauche anticapitaliste). C\u2019est le nom port\u00e9 par le courant li\u00e9 au SU dans l\u2019Etat espagnol de .<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref38\" id=\"_edn38\">[38]<\/a> Ces d\u00e9saccords se sont sold\u00e9s par l\u2019exclusion d\u2019<em>Anticapitalistas<\/em> des militant.es d\u2019Almer\u00eda, Grenade et d\u2019une grande partie de celles et ceux de M\u00e1laga. Ces noyaux, rejoints par d\u2019autres militant.es ayant quitt\u00e9 <em>Anticapitalistas<\/em>, ont d\u00e9cid\u00e9 de former IZAR (<em>Izquierda Anticapitalista Revolucionaria<\/em>).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le week-end des 9 au 11 d\u00e9cembre 2022 a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9 en France par la scission m\u00e9diatis\u00e9e du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA). Nouveau&nbsp;? 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