{"id":71024,"date":"2023-05-18T10:29:36","date_gmt":"2023-05-18T10:29:36","guid":{"rendered":"https:\/\/litci.org\/fr\/?p=71024"},"modified":"2023-05-18T10:29:38","modified_gmt":"2023-05-18T10:29:38","slug":"le-npa-le-secretariat-unifie-et-les-partis-larges-4-5-le-secretariat-unifie-et-les-lecons-des-partis-larges","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/litci.org\/fr\/le-npa-le-secretariat-unifie-et-les-partis-larges-4-5-le-secretariat-unifie-et-les-lecons-des-partis-larges\/","title":{"rendered":"Le NPA, le Secr\u00e9tariat Unifi\u00e9 et les partis larges 4\/5: Le Secr\u00e9tariat Unifi\u00e9 et les le\u00e7ons des partis larges"},"content":{"rendered":"\n<p><em>Le week-end des 9 au 11 d\u00e9cembre 2022 a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9 en France par la scission m\u00e9diatis\u00e9e du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA). Nouveau&nbsp;? Pas tout \u00e0 fait&nbsp;: ce parti \u00e9tait n\u00e9 il y a pr\u00e8s de 14 ans, mais portait toujours un nom vou\u00e9 \u00e0 disparaitre\u2026 En 1995, le Secr\u00e9tariat Unifi\u00e9 de la 4<sup>e<\/sup> Internationale<a href=\"#_edn1\" id=\"_ednref1\"><strong>[1]<\/strong><\/a>, apr\u00e8s la restauration du capitalisme en URSS et en Europe de l\u2019Est, faisait un virage strat\u00e9gique et d\u00e9cidait de construire des partis anticapitalistes larges. Plusieurs exp\u00e9riences avaient commenc\u00e9. Sa section fran\u00e7aise, la LCR, se dissolvait en 2009 dans le NPA, qui se voulait large. L\u2019article &nbsp;pr\u00e9c\u00e9dent (3) passait en revue diverses exp\u00e9riences de six partis larges&nbsp;: le PT (Br\u00e9sil), Rifondazione (Italie), le Bloco de Esquerda (Portugal), Die Linke (Allemagne), Syriza (Gr\u00e8ce) et Podemos (Espagne). Ce quatri\u00e8me article ambitionne, d\u2019une part de tirer les principales le\u00e7ons de l\u2019exp\u00e9rience de ces partis&nbsp;; et d\u2019autre part d\u2019observer comment le SU-CI r\u00e9agit face \u00e0 cette exp\u00e9rience accumul\u00e9e.<\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"696\" height=\"207\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/NPA4_1.jpg?resize=696%2C207&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-71025\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/NPA4_1.jpg?w=859&amp;ssl=1 859w, https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/NPA4_1.jpg?resize=300%2C89&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/NPA4_1.jpg?resize=768%2C228&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/NPA4_1.jpg?resize=150%2C45&amp;ssl=1 150w, https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/NPA4_1.jpg?resize=696%2C207&amp;ssl=1 696w\" sizes=\"(max-width: 696px) 100vw, 696px\" data-recalc-dims=\"1\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Lula, leader syndical m\u00e9tallurgiste, pendant les grandes gr\u00e8ves \u00e0 l\u2019origine du PT br\u00e9silien. Photo PT<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Plusieurs le\u00e7ons essentielles<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il y a beaucoup \u00e0 apprendre de l\u2019exp\u00e9rience des six partis pr\u00e9sent\u00e9s dans l\u2019article 3. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li><strong>Un \u00e9chec global \u2013 souvent un naufrage \u2013 des partis larges<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re le\u00e7on des six exp\u00e9riences de partis larges&nbsp;pr\u00e9sent\u00e9es \u00e0 l\u2019article pr\u00e9c\u00e9dent, c\u2019est que toutes se soldent par des \u00e9checs, m\u00eame si ces \u00e9checs ne pr\u00e9sentent pas tous le m\u00eame degr\u00e9 de gravit\u00e9. Il s\u2019agit d\u2019abord d\u2019\u00e9checs pour les partis larges eux-m\u00eames, du moins par rapport aux projets qui en \u00e9taient \u00e0 l\u2019origine. Le PT est devenu et est rest\u00e9 un parti politique majeur de la vie politique br\u00e9silienne, mais il a \u00e9norm\u00e9ment d\u00e9\u00e7u un vaste segment de la classe travailleuse et s\u2019est transform\u00e9 en une machine \u00e9lectoraliste sans scrupules ni sans principes. Il \u00e9c\u0153ure une part importante de la population laborieuse, dont une fraction va m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 lui pr\u00e9f\u00e9rer un Bolsonaro&nbsp;! Pour le PT, cela a des cons\u00e9quences graves, jusque dans les derniers \u00e9v\u00e8nements putschistes. Apr\u00e8s avoir d\u2019abord montr\u00e9 un bel entrain, <em>Rifondazione<\/em> a fini par \u00eatre purement ray\u00e9 de la carte, laissant la gauche italienne en ruines, face \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 urgente de reconstruire, mais de reconstruire sur une base sainement r\u00e9volutionnaire, et avec encore assez peu de volontaires pour le faire. Le <em>Bloco<\/em> existe encore mais il n\u2019est plus du tout ce qu\u2019il voulait \u00eatre \u00e0 sa naissance. Il a trahi les travailleurs en gr\u00e8ve, vot\u00e9 des textes en faveur de la bourgeoisie, et il s\u2019est empuanti du relent des institutions. <em>Die Linke<\/em> s\u2019\u00e9tait construite contre l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 \u00ab&nbsp;de gauche&nbsp;\u00bb, mais ses alliances avec la \u00ab&nbsp;gauche aust\u00e9ritaire&nbsp;\u00bb en ont fait un parti en crise, qui v\u00e9g\u00e8te politiquement et \u00e9lectoralement, ne pouvant plus jouer aucun r\u00f4le significatif dans la situation depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es. Pour <em>Syriza<\/em>, il s\u2019agit d\u2019un absolu naufrage politique et moral. Apr\u00e8s avoir mobilis\u00e9 le peuple grec contre l\u2019aust\u00e9rit\u00e9, son incoh\u00e9rence politique l\u2019a transform\u00e9e en garde-chiourme de la tyrannie de la tro\u00efka et du capital, avant d\u2019\u00eatre remplac\u00e9e dans cette fonction par la droite. <em>Podemos<\/em>, en se pr\u00e9tendant le porte-parole politique du peuple mobilis\u00e9 dans les occupations de places, s\u2019est vite mu\u00e9 en un appareil opportuniste, au fonctionnement autoritaire, qui n\u2019a servi \u00e0 rien d\u2019autre qu\u2019\u00e0 d\u00e9sesp\u00e9rer celles et ceux qui y avaient cru et \u00e0 remettre en selle le PSOE, tout en perdant \u00e9norm\u00e9ment d\u2019influence, tant parmi les masses populaires que sur la sc\u00e8ne institutionnelle.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est ensuite globalement un \u00e9chec pour les courants du SU qui ont particip\u00e9 \u00e0 ces exp\u00e9riences de partis larges. L\u2019\u00e9chec peut d\u2019ailleurs se mesurer en termes politiques et\/ou num\u00e9riques et militants. Au Br\u00e9sil, l\u2019immense majorit\u00e9 de la DS est rest\u00e9e au PT et ne repr\u00e9sente plus aujourd\u2019hui qu\u2019un courant bourgeois \u00ab&nbsp;de g\u00f4che&nbsp;\u00bb incrust\u00e9 dans les institutions. Mais depuis lors, le SU-CI a mis\u00e9 sur le PSOL et s\u2019est reconstruit en partie et d\u2019une autre fa\u00e7on. Le courant du SU-CI en Italie (<em>Sinistra critica<\/em>) a eu bien du mal \u00e0 se d\u00e9p\u00eatrer du pourrissement final du PRC, il a tard\u00e9 \u00e0 le faire et en est sans doute sorti affaibli \u2013 \u00e0 quel point, c\u2019est difficile \u00e0 \u00e9valuer \u2013 mais il a n\u00e9anmoins rompu<a href=\"#_edn2\" id=\"_ednref2\">[2]<\/a>. La putr\u00e9faction du <em>Bloco<\/em> a impliqu\u00e9 directement le SU-CI et ses soutiens portugais, vu la tr\u00e8s f\u00e2cheuse trajectoire de son dirigeant Francisco Lou\u00e7\u00e3. Pour ce qui est de <em>Die Linke<\/em>, la crise de ce parti r\u00e9formiste tr\u00e8s droitier a rejailli, on l\u2019a vu, sur l\u2019ISO, qui apparait comme en grandes difficult\u00e9s, d\u2019autant plus qu\u2019une part importante de celle-ci misait sur le dynamisme de <em>Die Linke<\/em> pour se construire&#8230; En Gr\u00e8ce les courants de gauche de <em>Syriza<\/em> (dont celui li\u00e9 au SU-CI) ont aussi pay\u00e9 le prix de la capitulation de ce parti n\u00e9or\u00e9formiste. L\u2019UP qui a regroup\u00e9 une partie de la gauche de <em>Syriza<\/em> en ao\u00fbt 2015, a perdu tou.tes ses d\u00e9put\u00e9.es le mois suivant, ne recueillant que 2,86% des voix. Aux l\u00e9gislatives de 2019, elle \u00e9tait totalement marginalis\u00e9e (0,28%). L\u2019UP est presque mort-n\u00e9e de la capitulation de <em>Syriza<\/em>. Mais cette capitulation a aussi mis un terme durable \u00e0 la phase de forte mobilisation des travailleurs\/ses et du peuple, et cela ne pouvait que nuire aussi aux courants plus \u00e0 gauche, en particulier la section du SU-CI, l\u2019OKDE-<em>Spartakos<\/em>. Quant \u00e0 l\u2019Espagne, avant m\u00eame d\u2019\u00eatre expuls\u00e9e de <em>Podemos<\/em>, <em>Anticapitalistas<\/em> \u00e9tait devenu un petit appareil r\u00e9formiste int\u00e9gr\u00e9 dans certaines des institutions de l\u2019Etat bourgeois espagnol, et n\u2019ayant plus rien \u00e0 voir avec une organisation r\u00e9volutionnaire.<\/p>\n\n\n\n<p>On note, de plus, que les partis larges r\u00e9v\u00e8lent leur faillite politique dans un d\u00e9lai tendanciellement de plus en plus bref. Le choix d\u2019un crit\u00e8re d\u2019appr\u00e9ciation est ici d\u00e9licat mais d\u00e9cisif, vu qu\u2019il s\u2019agit toujours de processus. On observe parfois des oscillations, mais toujours une tendance g\u00e9n\u00e9rale, avec des moments de changement qualitatif. Un crit\u00e8re qui semble bien fonctionner est celui du d\u00e9lai entre l\u2019\u00e9mergence politique dudit parti large, et une trahison de classe indiscutable de celui-ci, qui se manifeste, en particulier, en participant \u00e0 un gouvernement de la bourgeoisie et\/ou en le soutenant contre l\u2019int\u00e9r\u00eat des travailleurs\/ses. Sur cette base, on peut d\u00e9crire le panorama suivant. Il a fallu 23 ans d\u2019existence au PT br\u00e9silien pour gouverner au niveau f\u00e9d\u00e9ral au profit de la bourgeoisie et en alliance avec des partis et politiciens de droite. C\u2019est au bout de 15-16 ans que <em>Rifondazione<\/em> s\u2019est engag\u00e9 dans la Coalition de l\u2019Olivier avec des forces bourgeoises, avant de soutenir la guerre en Afghanistan. C\u2019est \u00e0 peu pr\u00e8s le m\u00eame temps qu\u2019a mis le <em>Bloco<\/em> pour en arriver \u00e0 soutenir un gouvernement bourgeois (la \u00ab&nbsp;<em>Geringon\u00e7a<\/em>&nbsp;\u00bb) et vite en assumer des cons\u00e9quences pratiques d\u00e9shonorantes. 11 ans ont s\u00e9par\u00e9 la naissance de <em>Syriza<\/em> de sa capitulation devant la tro\u00efka. Mais le parti recordman de la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e, c\u2019est <em>Podemos<\/em>, \u00e0 qui il n\u2019aura m\u00eame pas fallu 6 ans pour former un gouvernement de coalition avec le PSOE et g\u00e9rer les affaires de la bourgeoisie. Quant \u00e0 <em>Die Linke<\/em>, c\u2019est \u00e0 la fois plus simple et plus compliqu\u00e9&nbsp;: elle n\u2019est jamais parvenue au gouvernement f\u00e9d\u00e9ral, et en semble plus loin que jamais&nbsp;; mais avant m\u00eame la naissance du parti, sa composante dominante en Allemagne orientale participait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 des gouvernements r\u00e9gionaux de coalition avec le SPD, ce qui impliquait de g\u00e9rer l\u2019aust\u00e9rit\u00e9\u2026<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li><strong>Des cons\u00e9quences dramatiques pour notre classe<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Mais l\u2019\u00e9chec de ces exp\u00e9riences est plus grave du point de vue des int\u00e9r\u00eats de notre classe. Il faut d\u2019ailleurs noter que les \u00e9checs \u2013 voire les cataclysmes \u2013 finaux arrivent en g\u00e9n\u00e9ral apr\u00e8s une phase initiale o\u00f9 ces partis larges semblent jouer un r\u00f4le positif. Mais dans tous ces cas, au final, ce sont non seulement les int\u00e9r\u00eats mat\u00e9riels des classes laborieuses qui ont \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9s, mais la confiance et les capacit\u00e9s d\u2019organisation de celles-ci qui ont \u00e9t\u00e9 \u2013 au mieux \u2013 durablement amoindries. Au Br\u00e9sil, le PT des ann\u00e9es 1980 \u00e9t\u00e9 un puissant facteur de mobilisation, de conscientisation et d\u2019organisation des travailleurs\/ses et des classes populaires. Puis sa d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence a invers\u00e9 la situation, en \u00e9loignant le parti de sa base populaire. Quand le PT est arriv\u00e9 au pouvoir central, ses sommets \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 tellement inf\u00e9od\u00e9s \u00e0 l\u2019ordre bourgeois qu\u2019il a prioris\u00e9 le remboursement de la dette immonde, attaqu\u00e9 les retraites des fonctionnaires, renonc\u00e9 \u00e0 toute r\u00e9forme agraire, sans compter les naus\u00e9abondes accointances politiques avec le pire fumier r\u00e9actionnaire du pays, d\u00e9bouchant en particulier sur d\u2019immenses scandales politico-financiers<a href=\"#_edn3\" id=\"_ednref3\">[3]<\/a>. Tout cela rel\u00e8ve bel et bien d\u2019une massive trahison de classe, et si le PT a su s\u2019attirer durablement le soutien de la population la plus d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9e des <em>favelas<\/em> (en particulier dans le nord et le nord-est du pays) par des programmes d\u2019assistance comme le <em>Bolsa Familia<\/em>, la classe dans son ensemble a \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9e par la politique du PT. Ce parti et son leader Lula ont durablement perdu la confiance d\u2019une majorit\u00e9 de la classe ouvri\u00e8re des r\u00e9gions plus d\u00e9velopp\u00e9es (sud, sud-est), celle pr\u00e9cis\u00e9ment que le PT avait massivement organis\u00e9e \u00e0 partir de 1979.<\/p>\n\n\n\n<p>En Italie, l\u2019\u00e9chec et la mort de <em>Rifondazione<\/em> a signifi\u00e9 la disparition durable de ce qui repr\u00e9sentait pour une large part des masses laborieuses une alternative de gauche initialement attrayante, ni social-lib\u00e9rale ni stalinienne. La \u00ab&nbsp;gauche de gauche&nbsp;\u00bb \u2013 encore une notion trompeuse, pour parler de ce qui se situe \u00e0 gauche de la gestion \u00ab&nbsp;social-lib\u00e9rale&nbsp;\u00bb du capitalisme en crise&nbsp;! \u2013 a \u00e9t\u00e9 mise durablement sur la touche de la politique italienne&nbsp;; ce qui, bien s\u00fbr, a facilit\u00e9 les attaques tous azimuts de la bourgeoisie contre l\u2019emploi, les conditions de travail, les salaires. En Gr\u00e8ce, avec la capitulation de <em>Syriza<\/em> face \u00e0 la tro\u00efka, c\u2019est une phase historique de luttes de masses et d\u2019espoir populaire de changement social qui a pris fin, en m\u00eame temps qu\u2019une mis\u00e8re de masse s\u2019approfondissait et s\u2019\u00e9tendait dans le pays pour le plus grand profit du capital national et surtout imp\u00e9rialiste. Au Portugal et en Espagne, le dynamisme initial du <em>Bloco<\/em> et de <em>Podemos<\/em> ont c\u00e9d\u00e9 la place (plus vite dans le second cas que dans le premier) \u00e0 des pratiques politiciennes, \u00e0 la remise en selle d\u2019un social-lib\u00e9ralisme (respectivement le PS et le PSOE) qui semblait vou\u00e9 \u00e0 l\u2019extinction, et \u00e0 une gestion partag\u00e9e et traitresse de l\u2019ordre bourgeois, au service l\u00e0 aussi du capital national et imp\u00e9rialiste. En Allemagne, enfin, l\u2019issue n\u2019est pas encore claire (faute sans doute de participation de <em>Die Linke<\/em> \u00e0 un gouvernement f\u00e9d\u00e9ral), mais au-del\u00e0 de la cogestion r\u00e9gionale de l\u2019aust\u00e9rit\u00e9, notamment de l\u2019affaiblissement des services publics, l\u2019\u00e9tiolement de ce parti contribue \u00e0 donner un sale coup \u00e0 ce qui pouvait exister de foi en une gauche combative.<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li><strong>Affaiblissement global de la gauche, renforcement de l\u2019extr\u00eame droite&nbsp;: mati\u00e8re \u00e0 r\u00e9flexion&nbsp;!<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Il serait int\u00e9ressant d\u2019\u00e9tudier de pr\u00e8s les m\u00e9canismes politiques, id\u00e9ologiques et sociologiques par lesquels ces \u00e9checs ont favoris\u00e9 la mont\u00e9e des forces racistes et d\u2019extr\u00eame droite. Mais on ne peut qu\u2019\u00eatre frapp\u00e9 par l\u2019existence d\u2019une corr\u00e9lation entre les deux. Bien s\u00fbr la crise durable du capitalisme est le fumier sur lequel se d\u00e9veloppe l\u2019extr\u00eame droite, plus seulement en Europe, mais partout dans le monde. Mais une gauche affaiblie, par sa propre politique, par ses compromissions et ses trahisons, facilite forc\u00e9ment le travail \u00e0 nos pires ennemis. C\u2019est particuli\u00e8rement flagrant au Br\u00e9sil et en Italie. Le bolsonarisme s\u2019est nourri et se nourrit encore \u2013 avec quelle force&nbsp;mena\u00e7ante ! \u2013 du passage du PT dans le camp de l\u2019ordre bourgeois et de ses trahisons de nombreux espoirs populaires. Rappelons ici que la pr\u00e9sidence de Bolsonaro et les p\u00e9rils tr\u00e8s actuels qu\u2019incarnent ses supporters n\u2019ont \u00e9t\u00e9 possibles que parce que, non seulement une grande partie des classes moyennes a fonc\u00e9 t\u00eate baiss\u00e9e dans le giron de la pire r\u00e9action, mais aussi parce que le PT en est arriv\u00e9 \u00e0 causer un d\u00e9gout profond dans de nombreux secteurs de la classe ouvri\u00e8re, dont une partie vote maintenant pour Bolsonaro, souvent plus pour punir le PT que par amour pour ce sinistre individu.<\/p>\n\n\n\n<p>En Italie, avec des rythmes plus lents mais un r\u00e9sultat analogue, la d\u00e9faite durable du camp de la gauche a facilit\u00e9 la t\u00e2che \u00e0 Berlusconi, puis permis de mettre en selle un Salvini&nbsp;; et aujourd\u2019hui nous avons un gouvernement Melloni d\u2019extr\u00eame droite\u2026 En Gr\u00e8ce, si les dissensions internes d\u2019Aube Dor\u00e9e l\u2019ont fait chuter \u00e9lectoralement, et si des d\u00e9put\u00e9s de ce parti nazi ont \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9s par la justice il y a plus de deux ans, on constate ces derni\u00e8res ann\u00e9es un renforcement politique et institutionnel de l\u2019extr\u00eame droite, tandis que des violences fascistes diverses se multiplient. Alors que la p\u00e9ninsule ib\u00e9rique avait longtemps \u00e9t\u00e9 \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e0 l\u2019abri de l\u2019extr\u00eame droite, on a vu, dans le sillage de la \u00ab&nbsp;normalisation&nbsp;\u00bb de <em>Podemos<\/em>, la pouss\u00e9e du parti <em>Vox<\/em>, au plan \u00e9lectoral et institutionnel, accentu\u00e9e \u00e0 partir de 2018. Au Portugal, plus r\u00e9cemment encore, le vilain parti <em>Chega<\/em> a fait une perc\u00e9e et est devenu la troisi\u00e8me force politique aux \u00e9lections l\u00e9gislatives de 2022 (avec 7,4% des voix). En Allemagne, on a vu ressurgir dans les ann\u00e9es 2010 une extr\u00eame droite d\u00e9complex\u00e9e, pourvue d\u2019une base militante et d\u2019un soutien \u00e9lectoral non n\u00e9gligeable, avec une AfD<a href=\"#_edn4\" id=\"_ednref4\">[4]<\/a> se maintenant r\u00e9guli\u00e8rement au-dessus de 10% des suffrages au plan national. L\u2019AfD est \u00e0 pr\u00e9sent plus forte \u00e9lectoralement que <em>Die Linke<\/em>, et l\u2019\u00e9cart se creuse<a href=\"#_edn5\" id=\"_ednref5\">[5]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li><strong>Des partis larges\u2026 avec qui&nbsp;?<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Ce qui fait qu\u2019on peut parler d\u2019un parti large, c\u2019est de deux choses l\u2019une&nbsp;: soit ce parti se base sur un programme politique impr\u00e9cis, qui laisse dans le flou la question de la strat\u00e9gie pour une transformation sociale \u00e0 laquelle il dit aspirer&nbsp;; soit il assume clairement des positions r\u00e9formistes, que certain.es se plaisent \u00e0 orner du qualificatif de \u00ab&nbsp;radicales&nbsp;\u00bb. Dans ce cadre g\u00e9n\u00e9ral, la distance politique qui s\u00e9pare ses composantes les plus divergentes est un \u00e9l\u00e9ment qui compte, mais cela ne nous semble pas la question cruciale. La place qu\u2019a occup\u00e9e le SU dans les exp\u00e9riences de partis larges, narr\u00e9es dans l\u2019article 3, est variable. Dans le cas du PT, le SU a jou\u00e9 un r\u00f4le d\u2019accompagnement dans un processus politique et social o\u00f9 il n\u2019a que tr\u00e8s peu pes\u00e9. Le SU a contribu\u00e9 de fa\u00e7on significative, mais secondaire, au lancement et \u00e0 la vie de <em>Rifondazione<\/em>. Son r\u00f4le a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s restreint dans <em>Die Linke<\/em>, et plut\u00f4t limit\u00e9 dans le cas de <em>Syriza<\/em>. Il a par contre \u00e9t\u00e9 central dans l\u2019\u00e9mergence du <em>Bloco<\/em> et sa d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence ult\u00e9rieure&nbsp;; et tr\u00e8s important dans celui de <em>Podemos<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce que l\u2019on peut dire, c\u2019est qu\u2019\u00e0 une exception pr\u00e8s, toutes ces exp\u00e9riences partisanes ont regroup\u00e9 des groupes et des courants politiques qui se situaient \u2013 au moins au d\u00e9but \u2013 en opposition avec le \u00ab&nbsp;social-lib\u00e9ralisme&nbsp;\u00bb. L\u2019exception, c\u2019est le Br\u00e9sil, o\u00f9 le PT est apparu \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 le \u00ab&nbsp;social-lib\u00e9ralisme&nbsp;\u00bb n\u2019existait pas encore. Il est apparu plus tard\u2026 avec les politiques men\u00e9es, en particulier, par le PT lui-m\u00eame&nbsp;! Dans nos autres exemples, le \u00ab&nbsp;social-lib\u00e9ralisme&nbsp;\u00bb \u00e9tait incarn\u00e9 particuli\u00e8rement par le PDS (puis DS) en Italie, par le PS au Portugal, le SPD en Allemagne, le PASOK en Gr\u00e8ce, le PSOE en Espagne. Certains de ces six partis larges \u2013 pas tous \u2013 ont aussi pris leurs distances avec les partis les plus \u00ab&nbsp;orthodoxes&nbsp;\u00bb issus du moule stalinien (PCB et PCdoB au Br\u00e9sil, PCP au Portugal, KKE en Gr\u00e8ce). Telles ont \u00e9t\u00e9, en gros, es d\u00e9limitations politiques qui ont pr\u00e9sid\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9mergence de l\u2019ensemble de ces partis. Cela signifie qu\u2019\u00e0 part le PT, apparu plus t\u00f4t, le socle politique fondamental de ces partis larges s\u2019est situ\u00e9 partout autour d\u2019un r\u00e9formisme anti-lib\u00e9ral, et donc qu\u2019il s\u2019est agi de regrouper en leur sein des forces d\u2019une gauche s\u2019opposant au n\u00e9olib\u00e9ralisme et \u00e0 sa variante de \u00ab&nbsp;centre-gauche&nbsp;\u00bb. C\u2019est \u00e0 ces projets que le SU, en y jouant des r\u00f4les d\u2019une importance vari\u00e9e, s\u2019est consacr\u00e9, et \u00e0 ce type de partis qu\u2019il s\u2019est int\u00e9gr\u00e9, le plus souvent sans prendre la moindre mesure \u00ab&nbsp;d\u2019auto-d\u00e9fense&nbsp;\u00bb id\u00e9ologique, programmatique et organisationnelle ; ou bien alors en adoptant des mesures nettement insuffisantes pour valablement se pr\u00e9munir contre les d\u00e9rives politiques qui \u00e9taient pr\u00e9visibles.<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li><strong>Construction loyale de partis larges, entrisme leur sein, ou ind\u00e9pendance organisationnelle&nbsp;?<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Il d\u00e9coule de ce qui pr\u00e9c\u00e8de que le projet de partis larges centr\u00e9s sur un r\u00e9formisme anti-n\u00e9olib\u00e9ral est mauvais, et qu\u2019il faut le combattre. Mais cela n\u2019emp\u00eache pas des positionnements tactiques \u00e9ventuels. Tout d\u00e9pend de la situation&nbsp;: en 1979-80, un petit groupe d\u2019extr\u00eame gauche, clandestin et isol\u00e9, bas\u00e9 en milieu \u00e9tudiant, n\u2019avait aucune chance de transcro\u00eetre en parti r\u00e9volutionnaire&nbsp;; il \u00e9tait donc juste que tous ces groupes fassent le choix d\u2019int\u00e9grer le PT. Mais pour en retirer des avantages politiques sans le payer de trop d\u2019inconv\u00e9nients, ces petits groupes d\u2019activistes devaient absolument se munir de deux atouts&nbsp;: une compr\u00e9hension claire que le noyau historique fondateur du PT, autour de Lula, \u00e9tait d\u2019essence bureaucratique \u2013 une bureaucratie certes \u00ab&nbsp;de gauche&nbsp;\u00bb, critique du syndicalisme officiel au d\u00e9but \u2013 et que ce noyau ne pourrait jamais devenir la direction d\u2019un parti r\u00e9volutionnaire&nbsp;; et par voie de cons\u00e9quence, que pour maintenir la perspective r\u00e9volutionnaire et la faire vivre au sein du PT, il fallait \u00e9tablir une nette d\u00e9limitation politique, th\u00e9orique, programmatique, strat\u00e9gique et organisationnelle avec le reste du parti.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour pouvoir survivre \u00e0 la d\u00e9rive bureaucratique du PT, il fallait donc l\u2019avoir anticip\u00e9e et s\u2019\u00eatre prot\u00e9g\u00e9 en \u00e9tablissant ainsi une sorte de cordon sanitaire. Bien s\u00fbr, les bureaucrates du PT ont d\u00e8s le d\u00e9but vitup\u00e9r\u00e9 contre ces pratiques, jug\u00e9es d\u00e9loyales, de \u00ab&nbsp;partis dans le parti&nbsp;\u00bb, et les ont combattues de moins en moins d\u00e9mocratiquement et politiquement, et de plus en plus bureaucratiquement et autoritairement\u2026 Cela ne fait-il pas penser \u00e0 quelque chose de plus r\u00e9cent&nbsp;? \u2013 Si&nbsp;!&nbsp;: au discours du \u00ab&nbsp;canal historique&nbsp;\u00bb du NPA, justement&nbsp;! (auquel on reviendra dans le prochain article). Mais si l\u2019on tire les le\u00e7ons de l\u2019exp\u00e9rience du PT, un enseignement cl\u00e9 se trouve dans une diff\u00e9rence capitale entre la DS (section du SU) d\u2019une part&nbsp;; et la section de la LIT \u2013 avant le lancement du PSTU en 1994, la LIT, c\u2019\u00e9tait la tendance <em>Converg\u00eancia Socialista<\/em> (CS) dans le PT \u2013, \u00ab&nbsp;b\u00eate noire&nbsp;\u00bb de la direction Lula-Jos\u00e9 Dirceu, qui est parvenue \u00e0 l\u2019exclure d\u00e8s 1992. Le SU et la DS n\u2019avaient pas per\u00e7u la nature bureaucratique de la direction du PT, et la DS s\u2019est insuffisamment prot\u00e9g\u00e9e face aux d\u00e9rives potentielles, puis r\u00e9elles. La CS avait voulu et su se pr\u00e9munir contre les risques de la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence dans les appareils bureaucratiques du parti, des syndicats et dans les institutions&nbsp;; bien qu\u2019agissant dans le cadre du PT, elle gardait une large ind\u00e9pendance politique, organisationnelle, financi\u00e8re, et se construisait de fa\u00e7on toute prioritaire au sein du prol\u00e9tariat, et dans les syndicats. C\u2019est ce qui a permis au courant mor\u00e9niste, avec la CS au sein du PT, puis avec le PSTU apr\u00e8s son exclusion, de se d\u00e9velopper et de s\u2019implanter, prioritairement dans le prol\u00e9tariat et les syndicats, de sortir qualitativement renforc\u00e9 de l\u2019exp\u00e9rience p\u00e9tiste, et de maintenir vivante la perspective de construction d\u2019un parti r\u00e9volutionnaire au Br\u00e9sil. A l\u2019oppos\u00e9, la d\u00e9bandade de la DS, sur laquelle nous revenons plus loin, montre \u00e0 quel point son mauvais diagnostic initial et sa pratique politique et organisationnelle ult\u00e9rieure, ont co\u00fbt\u00e9 cher.<\/p>\n\n\n\n<p>On pourrait de m\u00eame se demander si un groupe marxiste-r\u00e9volutionnaire italien devait, oui ou non, participer \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience de <em>Rifondazione<\/em>. La r\u00e9ponse est sans doute moins \u00e9vidente que pour le PT, mais elle r\u00e9side sans doute notamment dans une \u00e9valuation rigoureuse de l\u2019\u00e9tat de la construction militante dudit groupe r\u00e9volutionnaire au moment o\u00f9 la question s\u2019est pos\u00e9e, de son implantation dans la classe, de sa capacit\u00e9 \u00e0 diriger des luttes sociales, etc. En fait, il y a un grand nombre de param\u00e8tres de la situation \u00e0 prendre en compte. Mais le choix fait par le SU de construire au Portugal un \u00ab&nbsp;bloc&nbsp;\u00bb (en fait un parti), sur une base programmatique essentiellement r\u00e9formiste et de s\u2019y dissoudre de fait, ce choix \u00e9tait lui tr\u00e8s mauvais. Pire encore, \u00e0 la fois odieuse au plan du mode de fonctionnement de l\u2019internationale, et <em>in fine<\/em> funeste par ses r\u00e9sultats, mauvaise aussi a \u00e9t\u00e9 la d\u00e9cision du SU de privil\u00e9gier <em>Syriza<\/em> contre sa section grecque, l\u2019OKDE-<em>Spartakos<\/em>. Atterrante et destructrice a aussi \u00e9t\u00e9 l\u2019insertion d\u2019<em>Anticapitalistas<\/em> dans <em>Podemos<\/em>. Quant \u00e0 la dissolution dans <em>Die Linke<\/em> d\u2019une partie des forces militantes du SU en Allemagne, le manque de rigueur dans l\u2019analyse et dans la d\u00e9limitation politique et organisationnelle a fait \u2013 et continue de faire \u2013 son \u0153uvre destructrice.<\/p>\n\n\n\n<p>A notre avis, l\u2019ind\u00e9pendance organisationnelle des r\u00e9volutionnaires est pr\u00e9f\u00e9rable dans la plupart des situations, mais cette question doit rester tactique. Il faut distinguer, en tout cas, l\u2019option strat\u00e9gique du SU de d\u00e9laisser la construction de partis r\u00e9volutionnaires pour se fondre dans des partis larges, flous programmatiquement et confus strat\u00e9giquement&nbsp;; et une tactique entriste au sens o\u00f9 les trotskistes l\u2019ont pratiqu\u00e9e dans les ann\u00e9es 1930. En tout cas, \u00e0 notre sens, m\u00eame si, \u00e0 un moment donn\u00e9, une restructuration majeure du mouvement ouvrier se produit (PT en 1979, PRC en 1991), et peut sembler incontournable \u2013 car il ne s\u2019agit de rien de moins que de d\u00e9terminer comment participer au mieux \u00e0 la r\u00e9organisation de notre classe sur une base combative \u2013, l\u2019essentiel pour l\u2019organisation r\u00e9volutionnaire qui s\u2019y ins\u00e8re est de maintenir, sur la base du communisme r\u00e9volutionnaire, une forte d\u00e9limitation organisationnelle et politique par rapport au parti large, et de batailler contre sa direction r\u00e9formiste. Ce n\u2019est qu\u2019\u00e0 cette condition que ladite organisation peut \u00e0 la fois profiter de la dynamique initialement positive du parti large&nbsp;; et rebondir positivement lorsque la sortie de celui-ci est devenue in\u00e9vitable.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le SU face \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience accumul\u00e9e des partis larges<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019id\u00e9e des partis larges \u2013 ceux \u00e9tudi\u00e9s dans l\u2019article pr\u00e9c\u00e9dent, mais plus g\u00e9n\u00e9ralement, et vus comme une panac\u00e9e universelle \u2013 s\u2019est consolid\u00e9e comme projet au sein du SU apr\u00e8s l\u2019effondrement du Bloc de l\u2019est. Mais il avait exist\u00e9 quelques exp\u00e9riences ant\u00e9rieures, \u00e0 commencer par celle du PT br\u00e9silien.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"336\" height=\"260\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/NPA4_2.jpg?resize=336%2C260&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-71026\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/NPA4_2.jpg?w=336&amp;ssl=1 336w, https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/NPA4_2.jpg?resize=300%2C232&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/NPA4_2.jpg?resize=150%2C116&amp;ssl=1 150w\" sizes=\"(max-width: 336px) 100vw, 336px\" data-recalc-dims=\"1\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<ul>\n<li><strong>Sur la chronologie et sur quelques exp\u00e9riences marquantes<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Le triste bilan dress\u00e9 dans l\u2019article pr\u00e9c\u00e9dent, \u00e0 partir de l\u2019exp\u00e9rience de six pays et sur une p\u00e9riode qui s\u2019\u00e9tale sur d\u00e9j\u00e0 plus de 40 ans, peut donner des impressions erron\u00e9es quant au d\u00e9roulement de cette p\u00e9riode et aux choix faits pour chaque cas \u00e9tudi\u00e9. Il nous faut corriger ces mauvaises appr\u00e9ciations \u00e9ventuelles, en prenant soin de bien revenir sur la chronologie globale des \u00e9v\u00e8nements. La LIT-QI a toujours d\u00e9nonc\u00e9 la ligne des partis larges, en rejetant, plus largement le triptyque \u00ab&nbsp;nouvelle p\u00e9riode, nouveau programme, nouveau parti&nbsp;\u00bb, devenu le leitmotiv du SU depuis 1995. Nous \u00e9tions convaincu.es que la remise aux calendes grecques de la r\u00e9volution mondiale, et l\u2019abandon concomitant du programme marxiste-r\u00e9volutionnaire et du parti l\u00e9niniste \u00e9taient des erreurs majeures, qui auraient de graves cons\u00e9quences en s\u00e9rie. Mais dans les ann\u00e9es 1990, il soufflait, sur le SU et ailleurs, une forte temp\u00eate opportuniste, contre laquelle la LIT-QI a d\u00fb elle-m\u00eame se d\u00e9fendre.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, pour les besoins de la r\u00e9flexion, raisonnons ci-dessous comme si la direction du SU se comportait comme une direction r\u00e9volutionnaire qui se trompe, mais \u00e0 la t\u00eate d\u2019une organisation saine, qui peut corriger ses erreurs \u00e0 la lumi\u00e8re de l\u2019analyse de ses propres exp\u00e9riences. Nous tenterons de voir plus loin si cette hypoth\u00e8se est juste ou pas, mais il nous faut supposer pour l\u2019instant que le SU ait sinc\u00e8rement voulu envisager le mouvement du r\u00e9el avec une lucidit\u00e9 critique, n\u00e9cessaire pour rectifier le tir si les erreurs et les d\u00e9rives apparaissaient.<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li><strong>De l\u2019erreur politique \u00e0 l\u2019acharnement dans l\u2019erreur<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Lorsque le 14<sup>e<\/sup> Congr\u00e8s du SU se tient en 1995, quel recul historique poss\u00e8de-t-il, dans une approche internationale&nbsp;? Hormis les exp\u00e9riences des ann\u00e9es 1930 d\u2019\u00ab&nbsp;entrisme tactique&nbsp;\u00bb, notamment en France et aux Etats-Unis, de la future Quatri\u00e8me internationale, qui allait \u00eatre fond\u00e9e en 1938, on pouvait tirer des le\u00e7ons de l\u2019entrisme \u00ab&nbsp;<em>sui generis<\/em>&nbsp;\u00bb dans les PC, d\u00e9cid\u00e9 par Pablo et Mandel en 1952 et appliqu\u00e9 au moins pendant une bonne dizaine d\u2019ann\u00e9es. Il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 possible de retenir certains enseignements de l\u2019\u00ab&nbsp;entrisme strat\u00e9gique&nbsp;\u00bb du courant international dirig\u00e9 par Ted Grant, qui avait rompu depuis longtemps avec le SU, et surtout de son application au Royaume-Uni, au sein du <em>Labour Party<\/em>. Mais ces exp\u00e9riences entristes, qu\u2019elles soient tactiques, comme du temps de Trotski, ou strat\u00e9giques, comme les autres exemples cit\u00e9s ci-dessus, \u00e9taient d\u2019une autre nature que ce que le SU d\u00e9cidait en 1995. L\u2019entrisme, bien ou mal compris, ne signifiait pas \u2013 ou plus exactement, ne voulait pas \u00eatre \u2013 la dissolution du courant trotskiste dans un parti r\u00e9formiste ou stalinien, mais son activit\u00e9 plus ou moins ouverte, sur la base d\u2019un programme r\u00e9volutionnaire maintenu (notamment du Programme de Transition de 1938) au sein de tels partis. L\u2019entrisme, et avant tout l\u2019entrisme strat\u00e9gique, \u00e0 long terme, a toujours repr\u00e9sent\u00e9 une certaine dose de risque politique. Mais l\u2019id\u00e9e sous-jacente \u00e9tait de maintenir un courant communiste r\u00e9volutionnaire d\u00e9limit\u00e9, m\u00eame agissant \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de partis r\u00e9formistes et\/ou staliniens. Ce qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 par le SU en 1995 est d\u2019une autre nature&nbsp;: c\u2019est la rupture avec le parti r\u00e9volutionnaire l\u00e9niniste, fond\u00e9 sur le centralisme d\u00e9mocratique&nbsp;; et la cr\u00e9ation de \u00ab&nbsp;partis larges&nbsp;\u00bb, aux d\u00e9limitations incertaines, regroupant, le plus largement possible, des forces \u00e9parses autour d\u2019id\u00e9es vagues de socialisme, de d\u00e9mocratie, en opposition \u00e0 la fois \u00e0 la \u00ab&nbsp;gauche de gestion&nbsp;\u00bb aust\u00e9ritaire et lib\u00e9rale, et \u00e0 des partis communistes dont le squelette bureaucratique vieillissant devait \u00eatre abandonn\u00e9&nbsp;; et de faire cela autour de programmes n\u00e9goci\u00e9s avec des divers partenaires qui se pr\u00e9sentaient selon les pays.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1995, on ne pouvait presque se baser que sur la quinzaine d\u2019ann\u00e9es d\u2019exp\u00e9rience du PT br\u00e9silien. Et on manquait encore beaucoup recul sur <em>Rifondazione<\/em>, dont la fondation en Italie \u00e9tait encore tr\u00e8s r\u00e9cente (1991). Pour ce qui \u00e9tait du Br\u00e9sil, il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s observable, sur la base de crit\u00e8res marxistes et r\u00e9volutionnaires, que le PT de 1995 \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 loin de ce qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 \u00e0 sa naissance. Il \u00e9tait un parti de masse, certes, mais sa radicalit\u00e9 avait \u00e9norm\u00e9ment diminu\u00e9&nbsp;; le r\u00e9formisme de son programme avait \u00e9t\u00e9 ent\u00e9rin\u00e9 par son 1<sup>er<\/sup> Congr\u00e8s (1991)&nbsp;; tr\u00e8s t\u00f4t d\u00e9j\u00e0, mais surtout apr\u00e8s 1989, il \u00e9tait devenu extr\u00eamement \u00e9lectoraliste&nbsp;; il passait d\u00e9j\u00e0 des accords de gouvernement locaux ou r\u00e9gionaux avec des partis pr\u00e9tendument de gauche&nbsp;; sa gestion de certaines municipalit\u00e9s avait d\u00e9j\u00e0 r\u00e9v\u00e9l\u00e9 de grosses failles, un parfum de scandale y flottait parfois&nbsp;; et il avait d\u00e9j\u00e0 exclu deux courants qui participaient \u00e0 sa construction depuis le d\u00e9but&nbsp;: la <em>Causa Operaria<\/em> en 1991, puis la <em>Converg\u00eancia Socialista<\/em> en 1992.<\/p>\n\n\n\n<p>Toutefois, en 1995, la messe p\u00e9tiste n\u2019\u00e9tait pas encore finie d\u2019\u00eatre dite. Il manquait surtout, pour tirer des bilans complets, l\u2019exp\u00e9rience du passage du PT au gouvernement central. Certes, Lula avait men\u00e9 sa campagne pr\u00e9sidentielle de 1994 sur une tonalit\u00e9 moins radicale qu\u2019en 1989 (qui pourtant ne sortait pas d\u2019un cadre r\u00e9formiste, certes plus ambitieux)&nbsp;; mais les campagnes pr\u00e9sidentielles encore plus droiti\u00e8res de Lula en 1998, et surtout en 2002, restaient \u00e0 venir. 1995, c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u2019ann\u00e9e o\u00f9, \u00e0 la 10<sup>e<\/sup> Rencontre nationale du PT \u00e0 Guarapari, la courte exp\u00e9rience (depuis 1993) d\u2019une direction nationale compos\u00e9e de courants de gauche du PT prend fin. Le passage de t\u00e9moin se fait, sur un ton tr\u00e8s revanchard, au profit de ce qui va devenir pour les ann\u00e9es suivantes, le <em>Campo Majorit\u00e1rio<\/em> du PT. Celui-ci est bas\u00e9 sur l\u2019alliance entre son noyau historique, autour de Lula, et du secteur devenu le plus droitier du parti, DR (<em>Democracia Radical<\/em>, suite \u00e0 un tournant \u00e0 180 degr\u00e9s pris par une tendance d\u2019origine mao\u00efste, autour notamment de la figure de Jos\u00e9 Geno\u00edno). Certes, la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence bureaucratique du PT avait commenc\u00e9 avant&nbsp;; mais apr\u00e8s 1995, ce \u00ab&nbsp;camp majoritaire&nbsp;\u00bb va mener la vie tr\u00e8s dure \u00e0 la d\u00e9mocratie interne du parti \u2013 en particulier \u00e0 ses courants de gauche non encore exclus \u2013 et pousser celui-ci vers une politique et des alliances toujours plus \u00e0 droite.<\/p>\n\n\n\n<p>Le SU suivait cela de pr\u00e8s, notamment par le biais de sa tendance dans le PT, la DS, pr\u00e9sent\u00e9e dans le pr\u00e9c\u00e9dent article. En 1999, lorsque le <em>Bloco<\/em> a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9 au Portugal, le PT \u00e9tait encore un peu plus bureaucratique, un peu plus droitier, un peu moins combatif qu\u2019en 1995, les d\u00e9rives de ses municipalit\u00e9s et de ses gouvernements dans les \u00e9tats f\u00e9d\u00e9r\u00e9s \u00e9taient devenues plus nombreuses, mais il n\u2019avait toujours pas trahi massivement, centralement, les travailleurs\/ses pour qui ce parti avait \u00e9t\u00e9 construit. Au moment du lancement du <em>Bloco<\/em>, <em>Rifondazione<\/em> ne donnait pas encore \u2013 dans la perspective du SU, s\u2019entend \u2013 de signes de transformisme trop alarmants. Les promoteurs du <em>Bloco<\/em> au Portugal et le SU en g\u00e9n\u00e9ral se disaient aussi sans doute qu\u2019avec trois composantes issues de l\u2019extr\u00eame gauche (UDP et PSR) et de la gauche du PCP (<em>Pol\u00edtica XXI<\/em>), les d\u00e9rives droiti\u00e8res d\u00e9j\u00e0 \u00e9videntes du c\u00f4t\u00e9 du PT br\u00e9silien avaient peu de chances de se reproduire avec le <em>Bloco<\/em> portugais.<\/p>\n\n\n\n<p>A la naissance de <em>Syriza<\/em> en 2004, le PT de Lula gouvernait, tr\u00e8s clairement en faveur de la bourgeoisie, en alliance avec une bonne partie de ses partis et politiciens traditionnels,&nbsp;et payait la dette rubis sur l\u2019ongle. Et l\u2019on venait d\u00e9j\u00e0 d\u2019assister \u00e0 l\u2019exclusion de 3 d\u00e9put\u00e9.es et d\u2019une s\u00e9natrice par le PT, parce que ces parlementaires avaient vot\u00e9 contre une r\u00e9forme des retraites tr\u00e8s pr\u00e9judiciables aux fonctionnaires, un ensemble de mesures que le PT lui-m\u00eame disait vouloir combattre quand il \u00e9tait dans l\u2019opposition. En 2004, il commen\u00e7ait \u00e0 se former une mouvance pour un nouveau parti au Br\u00e9sil, sur la base d\u2019une rupture de gauche avec le PT, qui allait donner naissance au PSOL. Et \u00e0 part une minorit\u00e9 de la DS, la tendance du SU dans le PT n\u2019avait pas l\u2019air de se scandaliser de tout cela, pr\u00e9f\u00e9rant, comme Miguel Rossetto, jouer le jeu de la participation minist\u00e9rielle quelles qu\u2019en soient les cons\u00e9quences. Les motifs d\u2019inqui\u00e9tude, \u00e0 partir de l\u2019exemple du PT, et les raisons de se m\u00e9fier de ce que pouvaient faire des partis larges commen\u00e7aient \u00e0 devenir concrets. Mais le SU ne s\u2019en est pas alarm\u00e9, et a mis\u00e9 sur <em>Syriza<\/em>, malgr\u00e9 la confusion politique \u00e9vidente de sa direction, et alors que sa section grecque ne faisait aucune confiance \u00e0 ce parti n\u00e9or\u00e9formiste.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"696\" height=\"388\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/NPA4_3.jpg?resize=696%2C388&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-71027\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/NPA4_3.jpg?w=860&amp;ssl=1 860w, https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/NPA4_3.jpg?resize=300%2C167&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/NPA4_3.jpg?resize=768%2C429&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/NPA4_3.jpg?resize=150%2C84&amp;ssl=1 150w, https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/NPA4_3.jpg?resize=696%2C388&amp;ssl=1 696w\" sizes=\"(max-width: 696px) 100vw, 696px\" data-recalc-dims=\"1\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Manifestants de Die Linke, Leipzig, 5 septembre 2022. Foto: Flickr\/DIE LINKE<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque <em>Die Linke<\/em> est arriv\u00e9e sur la sc\u00e8ne politique allemande et internationale, la situation avait encore empir\u00e9&nbsp;: le PT de Lula sortait \u00e0 peine d\u2019un \u00e9norme scandale de corruption, par achat de votes de parlementaires (le scandale du <em>Mensal\u00e3o<\/em>). Pire, du point de vue du SU \u2013 on pourrait du moins le penser \u2013 on savait maintenant que l\u2019essentiel de la tendance du SU au sein du PT avait elle aussi suffisamment d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9 pour rester dans le PT malgr\u00e9 les attaques contre les travailleurs\/ses, la politique pro-FMI et l\u2019exclusion de parlementaires nationaux, dont une issue des rangs de la DS elle-m\u00eame&nbsp;! Qui plus est, en 2006, <em>Rifondazione<\/em> avait fait le choix d\u2019une alliance avec le centre gauche, et en 2007 ce parti votait des cr\u00e9dits pour la guerre en Afghanistan. Cela faisait d\u00e9j\u00e0 deux partis larges, et non des moindres, qui trahissaient leur volont\u00e9 politique initiale, ainsi que les travailleurs\/ses qui leur avaient fait confiance. <em>Die Linke<\/em> \u00e9tant, par-dessus le march\u00e9, un parti r\u00e9formiste d\u2019embl\u00e9e institutionnel, tr\u00e8s bureaucratique et tr\u00e8s mod\u00e9r\u00e9, le SU avait d\u00e9j\u00e0, 12 ans apr\u00e8s son 14<sup>e<\/sup> Congr\u00e8s, des soucis \u00e0 se faire sur les ph\u00e9nom\u00e8nes de d\u00e9composition auxquels la politique des partis larges pouvait l\u2019exposer. N\u00e9anmoins, l\u2019ISL, section allemande du SU la plus nombreuse, se lan\u00e7ait sans gu\u00e8re de pr\u00e9cautions dans l\u2019aventure <em>Die Linke<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque le NPA a \u00e9t\u00e9 mis sur orbite, entre 2007 et 2009, il se voulait lui aussi un parti large, mais son amplitude politique n\u2019\u00e9tait pas connue d\u2019avance. Le second article de cette s\u00e9rie remarquait que le programme du NPA \u00e0 sa fondation contenait des flous et des ambigu\u00eft\u00e9s, en particulier pour permettre \u00e0 des \u00ab&nbsp;anticapitalistes&nbsp;\u00bb non r\u00e9volutionnaires d\u2019y adh\u00e9rer et d\u2019y prendre leur place. Les exemples de partis larges \u00e0 l\u2019\u00e9tranger n\u2019\u00e9taient pas plus nombreux que lorsque <em>Die Linke<\/em> \u00e9tait apparue, mais en Italie, <em>Rifondazione<\/em> avait touch\u00e9 le fond en disparaissant carr\u00e9ment de la repr\u00e9sentation parlementaire. Les promoteurs\/trices de projet du NPA ne semblaient pourtant pas s\u2019inqui\u00e9ter, comme si le cas fran\u00e7ais, \u00e0 l\u2019initiative de la LCR, donc \u00e0 partir d\u2019une matrice plus \u00e0 gauche que le PT et le PRC, devait \u00eatre pr\u00e9serv\u00e9 des dangers qui se concr\u00e9tisaient ailleurs. Au fond, certes, on a pu noter, au niveau des textes et des postures, de r\u00e9elles diff\u00e9rences programmatiques et strat\u00e9giques entre le NPA initial et le <em>Bloco de Esquerda<\/em>, m\u00eame \u00e0 ses origines. A ce sujet, rappelons qu\u2019apr\u00e8s tout, les th\u00e8ses \u00ab\u00a0nouvelle \u00e9poque, nouveau programme, nouveau parti\u00a0\u00bb du SU \u00e9taient tr\u00e8s \u00ab\u00a0made in France\u00a0\u00bb. Mais l\u2019\u00e9norme diff\u00e9rence \u00e9tait entre ces deux exp\u00e9riences, fran\u00e7aise et portugaise, est apparue par la suite. Contrairement au <em>Bloco<\/em>, le NPA (malgr\u00e9 les attentes qu\u2019il avait suscit\u00e9 apr\u00e8s les \u00e9lections pr\u00e9sidentielles de 2002 et 2007), n&rsquo;a jamais r\u00e9ussi \u00e0 se transformer en un parti parlementaire. S\u2019il y \u00e9tait parvenu, il y a fort \u00e0 parier que les choses se seraient d\u00e9roul\u00e9es en France d\u2019une fa\u00e7on assez similaire \u00e0 ce que l\u2019on a pu observer au Portugal avec le <em>Bloco<\/em>. Maintenant que, depuis d\u00e9cembre 2022, la fraction li\u00e9e au SU-CI a rompu avec le parti NPA \u2013 tout en pr\u00e9tendant repr\u00e9senter \u00e0 elle seule le projet du NPA des origines \u2013 on peut se poser la question&nbsp;: o\u00f9 sont maintenant, pour cette fraction, les obstacles sur la voie des partis larges trac\u00e9s par le SU-CI depuis 1995&nbsp;? Il semble bien qu\u2019\u00e0 quelques petits d\u00e9tails pr\u00e8s, cette voie se soit largement lib\u00e9r\u00e9e dans cette direction.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, lorsqu\u2019en janvier 2014, <em>Podemos<\/em> a vu le jour dans le sillage des occupations de places dans une Espagne en \u00e9bullition, les 5 autres exp\u00e9riences de partis larges (plus celle du NPA) n\u2019avaient pas apport\u00e9 d\u2019\u00e9l\u00e9ments qualitativement nouveaux depuis 2009. Mais des inqui\u00e9tudes auraient d\u00fb \u00eatre exprim\u00e9es, des pr\u00e9cautions auraient d\u00fb \u00eatre prises. Pourtant, la section du SU dans l\u2019Etat espagnol, <em>Anticapitalistas<\/em>, s\u2019est impliqu\u00e9e avec fougue dans le projet <em>Podemos<\/em>, esp\u00e9rant en devenir un acteur important. A ce stade du raisonnement, on se dit la chose suivante&nbsp;: en 2014, le SU avait d\u00e9j\u00e0 de bonnes raisons d\u2019\u00eatre m\u00e9fiant par rapport \u00e0 sa propre strat\u00e9gie de construction de partis larges, et, au moins, de chercher \u00e0 placer des garde-fous politico-organisationnels pour \u00e9viter \u00e0 ses sections de connaitre la fin mar\u00e9cageuse de la DS br\u00e9silienne, ou les difficult\u00e9s de <em>Sinistra Critica<\/em> en Italie. La s\u00e9rie de congr\u00e8s du SU depuis 1995 montre que le choix a toujours \u00e9t\u00e9 fait au SU de poursuivre sur la ligne des partis larges.<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li><strong>Trois congr\u00e8s du SU (1995, 2003, 2010)<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Au 14<sup>e<\/sup> Congr\u00e8s (1995), les principales r\u00e9solutions sont adopt\u00e9es par environ 5\/6<sup>e<\/sup> des d\u00e9l\u00e9gu\u00e9.es pr\u00e9sent.es. Cela concerne la politique des regroupements politiques (des partis larges). Une tendance se constitue, avec l\u2019<em>International Social Group<\/em> (Grande-Bretagne) et <em>Socialist Action<\/em> (Etats-Unis), qui insiste sur la n\u00e9cessit\u00e9 de construire aussi des sections de la Quatri\u00e8me Internationale&nbsp;; elle est minoritaire. Les r\u00e9solutions adopt\u00e9es \u00e0 une tr\u00e8s large majorit\u00e9 encouragent un r\u00e9alignement et une r\u00e9organisation de la gauche, incluant ainsi d\u2019autres partis qui disent s\u2019inscrire dans la lutte des classes. Cela inclut le PRC italien, Gauches Unies en Belgique, le PADS (Parti africain pour la d\u00e9mocratie et le socialisme) au S\u00e9n\u00e9gal<a href=\"#_edn6\" id=\"_ednref6\">[6]<\/a>, et aussi le PT br\u00e9silien. C\u2019est clair, c\u2019est bien une dilution des sections du SU dans des partis larges qui est pr\u00e9conis\u00e9e. Deux pistes \u00e9taient envisag\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9poque pour la construction de ces partis. En premier lieu,&nbsp; le regroupement avec des courants issus des partis staliniens ou avec ces partis eux-m\u00eames&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>l\u2019effondrement du syst\u00e8me stalinien a pour cons\u00e9quence positive d\u2019avoir fortement \u00e9branl\u00e9 les pr\u00e9ventions sectaires \u00e0 notre \u00e9gard, dans les rangs des avant-gardes ouvri\u00e8res, syndicales et politiques. Le triomphalisme du capital a \u00e9galement eu pour effet d\u2019inciter \u00e0 l\u2019unification de tous les anticapitalistes, d\u00e9sormais conscients de leur faiblesse. Nous sommes mieux en mesure aujourd\u2019hui de tisser des rapports de solidarit\u00e9 militante et d\u2019unit\u00e9 des luttes, avec des forces qui nagu\u00e8re rechignaient encore \u00e0 l\u2019id\u00e9e m\u00eame de nouer un dialogue avec nous&nbsp;\u00bb<\/em><a href=\"#_edn7\" id=\"_ednref7\">[7]<\/a><em>. En second lieu, l\u2019incorporation dans le SU de \u00ab&nbsp;marxistes-r\u00e9volutionnaires&nbsp;\u00bb non trotskistes&nbsp;: \u00ab&nbsp;Nous souhaitons accueillir dans nos rangs des organisations marxistes r\u00e9volutionnaires qui ne se revendiquent pas n\u00e9cessairement du \u201ctrotskisme\u201d et ne se reconnaissent pas dans notre histoire mais qui nous rejoindraient sur la base d\u2019une convergence programmatique r\u00e9elle \u00bb<\/em><a href=\"#_edn8\" id=\"_ednref8\">[8]<\/a><em>. Et le congr\u00e8s pr\u00e9conisait trois pistes pour avancer dans la voie de partis larges&nbsp;: a) le front unique dans les luttes concr\u00e8tes et les mouvements de masse&nbsp;; b) l\u2019unit\u00e9 avec d\u2019autres organisations r\u00e9volutionnaires&nbsp;; c) le regroupement plus large avec d\u2019autres forces de gauche.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le 15<sup>e<\/sup> Congr\u00e8s mondial (2003) tenu en Belgique enregistre le fait qu\u2019une partie de l\u2019Internationale s\u2019est d\u00e9j\u00e0 transform\u00e9e depuis 1995, avec certaines sections qui se sont r\u00e9organis\u00e9es en tendances dans de plus grands partis politiques. Par ailleurs le SU avait \u00e9tabli des rapports fraternels avec d\u2019autres organisations internationales et nationales. Le congr\u00e8s pr\u00e9cisait ainsi les objectifs \u00e0 atteindre avec ces partis larges&nbsp;: \u00ab <em>Notre objectif est de constituer des partis du prol\u00e9tariat : anticapitalistes, internationalistes, \u00e9cologistes et f\u00e9ministes ; larges, pluralistes et repr\u00e9sentatifs ; profond\u00e9ment attach\u00e9s \u00e0 la question sociale et relayant sans entrave les revendications imm\u00e9diates aux aspirations sociales du monde du travail ; exprimant la combativit\u00e9 des travailleur\u00b7es, la volont\u00e9 d\u2019\u00e9mancipation des femmes, la r\u00e9volte de la jeunesse, la solidarit\u00e9 internationale, et se saisissant de toutes les injustices ; axant leur strat\u00e9gie sur le combat extraparlementaire, l\u2019auto-activit\u00e9 et l\u2019auto-organisation du prol\u00e9tariat et des opprim\u00e9\u00b7es ;&nbsp;se d\u00e9finissant clairement pour l\u2019expropriation du capital et pour le socialisme (d\u00e9mocratique autog\u00e9r\u00e9)<\/em>&nbsp;\u00bb<a href=\"#_edn9\" id=\"_ednref9\">[9]<\/a>. Des partis \u00e0 la fois larges et clairement favorables \u00e0 l\u2019expropriation du capital&nbsp;? Il faut relever la confusion ici, car dans la pratique soit les partis larges \u00e9taient pour l\u2019expropriation du capital au d\u00e9but, mais ont fini par accepter la loi du capital (le PT en particulier)&nbsp;; soit les partenaires souhait\u00e9s pour le faire, en particulier les courants staliniens, \u00e9taient assez ti\u00e8des en mati\u00e8re d\u2019expropriations. Le m\u00eame texte ajoutait&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>La lutte pour de tels partis passera par une s\u00e9rie d\u2019\u00e9tapes, de tactiques et de formes organisationnelles qui seront sp\u00e9cifiques \u00e0 chaque pays \u00bb<\/em><a href=\"#_edn10\" id=\"_ednref10\">[10]<\/a><em>. Par ailleurs, d<\/em>e nouveaux statuts sont adopt\u00e9s \u00e0 ce congr\u00e8s, les pouvoirs du SU \u00e9tant transf\u00e9r\u00e9s \u00e0 un Comit\u00e9 International (CI) qui se r\u00e9unit deux fois l\u2019an, et avec un Bureau Ex\u00e9cutif, ou Bureau International (BI), qui coordonne le travail entre deux sessions du CI. Dans les faits, la centralisation d\u00e9mocratique de l\u2019Internationale est maintenant remis\u00e9e \u00e0 un lointain pass\u00e9. Mais notons que la politique du triptyque \u00ab&nbsp;nouvelle p\u00e9riode, nouveau programme, nouveau parti&nbsp;\u00bb) d\u00e9cid\u00e9e en 1995, a \u00e9t\u00e9 mise en \u0153uvre et a commenc\u00e9 \u00e0 changer la nature des partis de l\u2019internationale. Cette politique se poursuit.<\/p>\n\n\n\n<p>Au 16<sup>e<\/sup> Congr\u00e8s mondial (f\u00e9vrier 2010 en Belgique), le th\u00e8me de la construction de partis anticapitalistes larges tient une place importante. On lit dans la r\u00e9solution \u00ab&nbsp;R\u00f4le et t\u00e2ches de la IVe Internationale&nbsp;\u00bb&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Construire des partis anticapitalistes larges repr\u00e9sente la r\u00e9ponse actuelle que nous faisons \u00e0 la crise du mouvement ouvrier et de la gauche et \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de sa reconstruction<\/em>&nbsp;\u00bb<a href=\"#_edn11\" id=\"_ednref11\">[11]<\/a>. Il s\u2019agit d\u2019\u00e9changer autour d\u2019exp\u00e9riences diverses de construction, afin d\u2019aider chaque section \u00e0 trouver la meilleure fa\u00e7on de mettre en \u0153uvre cette politique. Observons, par rapport \u00e0 ce que nous disions plus haut, qu\u2019en 2010, il y avait d\u00e9j\u00e0 de bonnes raisons de s\u2019inqui\u00e9ter de ce que pouvait \u00eatre la dynamique et le devenir politique de partis larges apr\u00e8s les exp\u00e9riences du PT et de <em>Rifondazione<\/em>. Et le congr\u00e8s aurait \u00e9t\u00e9 l\u2019occasion d\u2019une r\u00e9flexion critique. La r\u00e9solution \u00e9voque ainsi le PT de Lula&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;<\/em><em>La confrontation avec ces partis est plus difficile \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019ils maintiennent leur contr\u00f4le, surtout \u00e9lectoral, sur une partie du mouvement ouvrier, et c\u2019est pourquoi il faut construire une v\u00e9ritable alternative politique qui soit cr\u00e9dible&nbsp;<\/em>\u00bb. Il faut donc se confronter avec ces partis. C\u2019est bien&nbsp;! Mais jusqu\u2019\u00e0 il y a peu, le PT \u00e9tait pr\u00e9sent\u00e9 comme un mod\u00e8le de parti large \u00e0 construire\u2026 O\u00f9 est le bilan de 30 ans de PT&nbsp;? Et quid de la trajectoire de la DS&nbsp;? A propos de <em>Die Linke<\/em>, le congr\u00e8s fait d\u2019abord une erreur de caract\u00e9risation lorsqu\u2019il dit&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;<em>Lorsque l\u2019on d\u00e9cide sur la base de conditions politiques claires d\u2019intervenir \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des partis antilib\u00e9raux et r\u00e9formistes de gauche (comme dans le cas de Die Linke), nous le faisons sans illusions sur la nature de ces partis et en construisant des tendances anticapitalistes li\u00e9es aux mouvements sociaux, qui combattent l\u2019\u00e9lectoralisme, l\u2019institutionnalisation et les tentatives de compromis avec le capitalisme<\/em>&nbsp;\u00bb. Sans illusions&nbsp;? Non, <em>Die Linke<\/em> n\u2019est pas un parti r\u00e9formiste de gauche, mais un parti r\u00e9formiste de droite. De plus, comment se sont construites ces tendances anticapitalistes, avec quelles d\u00e9limitations&nbsp;? Quels regroupements avec les autres tendances anticapitalistes de <em>Die Linke<\/em>&nbsp;? Quelle politique a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e dans les faits vis-\u00e0-vis des mouvements sociaux&nbsp;? L\u2019ISL (le courant du SU en Allemagne favorable aux partis larges et \u00e0 la pr\u00e9sence dans <em>Die Linke<\/em>) a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s carente dans ces domaines. Mais le congr\u00e8s pr\u00e9f\u00e8re, de fa\u00e7on abstraite, d\u00e9finir l\u2019objectif g\u00e9n\u00e9ral des partis \u00e0 construire que de tirer ces le\u00e7ons\u2026 m\u00eame si le SU pr\u00e9tend le contraire&nbsp;: \u00e0 propos du PT et du PRC, il aurait valu la peine de vraiment revenir sur la d\u00e9marche de construction de partis larges, mais on s\u2019en sort par une pirouette, et on n\u2019en parle plus<a href=\"#_edn12\" id=\"_ednref12\">[12]<\/a>. On poursuit donc comme avant\u2026 en pr\u00e9cisant&nbsp;bien : \u00ab&nbsp;<em>L\u2019ambition est de rassembler au-del\u00e0 des seules forces r\u00e9volutionnaires. Celles-ci peuvent \u00eatre un point d\u2019appui dans ce processus de rassemblement \u00e0 condition qu\u2019elles s\u2019orientent clairement pour construire ces partis anticapitalistes. M\u00eame s\u2019il n\u2019y a pas de mod\u00e8le, chaque processus de regroupement tenant compte des sp\u00e9cificit\u00e9s et rapports de forces nationaux, notre objectif doit donc \u00eatre de chercher \u00e0 construire des forces politiques larges anticapitalistes ind\u00e9pendantes de la social-d\u00e9mocratie et du centre-gauche, des formations qui rejettent toute politique de participation ou de soutien \u00e0 des gouvernements de collaboration de classes&nbsp;<\/em>\u00bb. La fin de ce passage de la r\u00e9solution de 2010 ne manque pas de sel quand on pense \u00e0 ce que fera le <em>Bloco<\/em>, souvent cit\u00e9 en exemple, \u00e0 partir de 2015&nbsp;!&#8230;<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li><strong>Le 17<sup>e<\/sup> Congr\u00e8s mondial (f\u00e9vrier 2018), dernier en date<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>La r\u00e9solution du 17<sup>e<\/sup> Congr\u00e8s mondial (f\u00e9vrier 2018) intitul\u00e9e \u00ab&nbsp;R\u00f4le et t\u00e2ches de construction de la Quatri\u00e8me Internationale&nbsp;\u00bb m\u00e9rite un int\u00e9r\u00eat particulier, car le recul sur la politique des partis larges \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 suffisant pour tirer un bilan tr\u00e8s s\u00e9v\u00e8re de ce choix strat\u00e9gique. Celui que dresse cette r\u00e9solution du 17<sup>e<\/sup> Congr\u00e8s est flou et semble fait pour noyer le poisson et \u00e9viter de regarder la dure r\u00e9alit\u00e9 en face. On y trouve un bijou de langue de bois euph\u00e9mique, valant pour l\u2019ensemble de l\u2019exp\u00e9rience des partis larges&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>il n\u2019y a pas un mod\u00e8le qui ait conduit \u00e0 des perc\u00e9es importantes<\/em>&nbsp;\u00bb. Mais la justification de la politique men\u00e9e depuis 1995, et la volont\u00e9 de la poursuivre, semblent vouloir se fonder sur une sorte de peur de \u00ab&nbsp;louper le coche&nbsp;\u00bb&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>l\u2019incapacit\u00e9 \u00e0 saisir les opportunit\u00e9s qui se pr\u00e9sentent, quand une avanc\u00e9e qualitative ou quantitative dans le rassemblement des forces utiles de lutte de classes pourrait \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e, aura un effet n\u00e9gatif durable<\/em>&nbsp;\u00bb. Certes, cette r\u00e9solution \u00e9voque \u2013 bri\u00e8vement \u2013 la possibilit\u00e9 qu\u2019\u00ab&nbsp;<em>un tel parti<\/em> [large] <em>trahisse ce qui est n\u00e9cessaire<\/em>&nbsp;\u00bb, le texte pr\u00e9cisant&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Le risque d\u2019\u00e9chec est toujours pr\u00e9sent dans tout choix politique<\/em>&nbsp;\u00bb&nbsp;! Mais, d\u2019une part, la \u00ab&nbsp;possibilit\u00e9&nbsp;\u00bb, on l\u2019a vu, se concr\u00e9tise de fa\u00e7on bien trop fr\u00e9quente pour \u00eatre trait\u00e9e avec autant de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 \u2013 et cela, en 2018, c\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s perceptible -, mais de plus, la suite m\u00e9rite d\u2019\u00eatre comment\u00e9e. On lit&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>nous pouvons juger que l\u2019\u00e9volution du PT br\u00e9silien, ou de Rifondazione en Italie, n\u2019a finalement men\u00e9 nulle part<\/em>&nbsp;\u00bb. Notons ici qu\u2019en 2018, la trahison du PT \u2013 globale, et pas seulement de \u00ab&nbsp;ce qui est n\u00e9cessaire&nbsp;\u00bb a d\u00e9j\u00e0 pr\u00e8s de 15 ans, et elle est devenue \u00e9vidente pour tout le monde au CI. Ce n\u2019est donc pas trop un probl\u00e8me de l\u2019\u00e9voquer. De plus, observons que la direction du PT, ce n\u2019\u00e9tait pas le SU-CI lui-m\u00eame, ce qui limite forc\u00e9ment la port\u00e9e du <em>mea culpa<\/em>. Pour ce qui est de <em>Rifondazione<\/em>, son naufrage remontait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 12 ans, et l\u00e0 encore, le SU n\u2019en portait pas la principale responsabilit\u00e9. Mais c\u2019est notamment \u00e0 propos du <em>Bloco<\/em>, au c\u0153ur de l\u2019actualit\u00e9 internationale, et pour lequel le SU porte une responsabilit\u00e9 majeure, que l\u2019on voit \u00e0 quel point la r\u00e9solution du CI vot\u00e9e en 2018 refuse de tirer un bilan honn\u00eate, et que le CI continue \u00e0 se plonger la t\u00eate dans le sable, pour \u00e9viter ce qui pourrait conduire \u00e0 une d\u00e9stabilisation compl\u00e8te de la strat\u00e9gie mise en \u0153uvre depuis 1995.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors que le <em>Bloco<\/em> portugais \u00e9tait engag\u00e9 dans le soutien au gouvernement bourgeois de la <em>Geringon\u00e7a<\/em>, que le \u00ab&nbsp;trotskiste&nbsp;\u00bb (fa\u00e7on SU-CI) F. Lou\u00e7\u00e3, nomm\u00e9 par son parti, avait int\u00e9gr\u00e9 le Conseil d\u2019Etat d\u00e8s d\u00e9cembre 2015, que l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 continuait gr\u00e2ce au soutien parlementaire du <em>Bloco<\/em>, et que ce parti avait d\u00e9j\u00e0 jou\u00e9 un r\u00f4le contre-r\u00e9volutionnaire dans une lutte majeure \u2013 rappelons-le ici&nbsp;: le <em>Bloco<\/em> avait us\u00e9 de son influence historique chez Volkswagen-Autoeuropa pour d\u00e9fendre les int\u00e9r\u00eats des patrons, et d\u00e9noncer et pourrir la gr\u00e8ve de l\u2019\u00e9t\u00e9 2017 contre le travail obligatoire le week-end \u2013 la r\u00e9solution adopt\u00e9e en f\u00e9vrier 2020 citait encore le <em>Bloco<\/em> en exemple, disant que celui-ci, et aussi l\u2019Alliance rouge-verte du Danemark<a href=\"#_edn13\" id=\"_ednref13\">[13]<\/a>, \u00ab&nbsp;<em>continuaient d\u2019avoir un certain r\u00f4le et de l\u2019influence en tant que partis de gauche&nbsp;dans leurs pays respectifs<\/em> \u00bb<a href=\"#_edn14\" id=\"_ednref14\">[14]<\/a>. Quelle hypocrisie r\u00e9pugnante&nbsp;! Quel d\u00e9ni de r\u00e9alit\u00e9 d\u2019une trahison de classe d\u00e9j\u00e0 consomm\u00e9e, et par laquelle le <em>Bloco<\/em> continuait \u00e0 collectionner les troph\u00e9es contre-r\u00e9volutionnaires, jouant ainsi \u00ab&nbsp;un certain r\u00f4le&nbsp;\u00bb, et usant d\u2019une \u00ab&nbsp;influence&nbsp;\u00bb qui tournait le dos haineusement aux travailleurs\/ses et aux opprim\u00e9.es. Comme la DS br\u00e9silienne bien avant lui, le <em>Bloco<\/em> pourrissant empuantissait l\u2019atmosph\u00e8re de toute la \u00ab&nbsp;gauche radicale&nbsp;\u00bb mondiale. Cette sinistre r\u00e9alit\u00e9 n\u2019emp\u00eachait pas la r\u00e9solution du 17<sup>e<\/sup> Congr\u00e8s de d\u00e9finir parmi ses crit\u00e8res de bonne politique pour des partis larges, \u00ab&nbsp;<em>L\u2019attitude \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019\u00c9tat, des institutions : prendre part aux \u00e9lections en agissant en soutien \u00e0 l\u2019activit\u00e9 dans le mouvement de masse, qui doit rester le centre de gravit\u00e9 de notre activit\u00e9<\/em>&nbsp;\u00bb&nbsp;! Un chef d\u2019\u0153uvre de duplicit\u00e9&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Plus r\u00e9cemment (f\u00e9vrier 2020), alors que, comme on l\u2019a vu dans le pr\u00e9c\u00e9dent article, le pourrissement du <em>Bloco<\/em> avait franchi quelques degr\u00e9s de plus, une r\u00e9solution du CI (issu du 17<sup>e<\/sup> Congr\u00e8s) \u00e9voquait sereinement ce parti, en parlant ainsi&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Nos camarades portugais dans le Bloc de gauche<\/em>&nbsp;\u00bb<a href=\"#_edn15\" id=\"_ednref15\">[15]<\/a>\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Il ressort de tout ce qui pr\u00e9c\u00e8de que le SU-CI n\u2019a fait que pers\u00e9v\u00e9rer dans l\u2019erreur, en arrivant ces derni\u00e8res ann\u00e9es \u00e0 cacher sous le tapis, non seulement la poussi\u00e8re, mais la boue, qui \u00e9mane de ses propres rangs, et usant d\u2019artifices de mauvaise foi pour dissimuler la r\u00e9currence des catastrophes que sa strat\u00e9gie a engendr\u00e9es depuis 1995, voire m\u00eame avant.<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li><strong><u>Br\u00e9sil<\/u><\/strong><strong>&nbsp;: quelle approche du probl\u00e8me de la DS&nbsp;?<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Mais il vaut aussi la peine de se pencher sur la fa\u00e7on dont le SU (dans les ann\u00e9es 2003-2005) a trait\u00e9 le probl\u00e8me de la DS, sa section br\u00e9silienne pour l\u2019essentiel rest\u00e9e dans le PT. On a vu dans l\u2019article 3 que la DS avait subi un processus de gangr\u00e8ne bureaucratique li\u00e9 \u00e0 celui du parti lui-m\u00eame, et de son courant dirigeant. Il y a d\u2019ailleurs sur ce plan une diff\u00e9rence capitale avec le courant de la LIT au Br\u00e9sil \u2013 nomm\u00e9e <em>Converg\u00eancia Socialista<\/em> (CS) dans le PT \u2013, \u00ab&nbsp;b\u00eate noire&nbsp;\u00bb de la direction Lula-Jos\u00e9 Dirceu, et exclue d\u00e8s 1992&nbsp;: la CS avait voulu et su se pr\u00e9munir contre les risques de la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence dans les appareils bureaucratiques du parti et des syndicats et dans les institutions&nbsp;; bien qu\u2019agissant dans le cadre du PT, elle gardait une large ind\u00e9pendance politique, organisationnelle, financi\u00e8re, et se construisait de fa\u00e7on toute prioritaire au sein du prol\u00e9tariat et dans les syndicats. Quant \u00e0 la DS, son int\u00e9gration dans la logique bureaucratique et le jeu institutionnel l\u2019avait donc conduite jusqu\u2019\u00e0 participer au gouvernement Lula de coalition, allant du PT \u00e0 des secteurs de la droite la plus r\u00e9actionnaire. Qu\u2019allait donc faire le SU face \u00e0 sa section br\u00e9silienne, o\u00f9 cohabitaient, aux deux extr\u00e9mit\u00e9s, d\u2019un c\u00f4t\u00e9 Miguel Rossetto, potiche \u00ab&nbsp;de gauche&nbsp;\u00bb visiblement satisfaite de participer au gouvernement&nbsp;; et de l\u2019autre, Helo\u00edsa Helena, exclue du PT avec trois autres \u00e9lu.es nationaux, avec la complicit\u00e9 de ses \u00ab&nbsp;camarades&nbsp;\u00bb de la DS.<\/p>\n\n\n\n<p>Le SU, et en particulier Bensa\u00efd, qui suivait de pr\u00e8s le PT depuis 1979, a tent\u00e9 de convaincre la DS que le choix de participer au gouvernement \u00e9tait mauvais. Il a assist\u00e9 impuissant au pourrissement de la DS<a href=\"#_edn16\" id=\"_ednref16\">[16]<\/a>, et apr\u00e8s des \u00e9changes infructueux entre SU et DS, et de courtoises tergiversations, Bensa\u00efd, avec la majorit\u00e9 de la direction du SU, a d\u00e9cid\u00e9 de miser sur le nouveau parti en formation en 2004, le PSOL<a href=\"#_edn17\" id=\"_ednref17\">[17]<\/a>, et de construire sa (puis ses)&nbsp; section(s) br\u00e9silienne(s) au sein de ce dernier parti, tandis que l\u2019immense majorit\u00e9 de la DS (\u00e0 peu pr\u00e8s 80%, on l\u2019a vu) restait au PT, et que ses justifications alambiqu\u00e9es ne parvenaient pas \u00e0 convaincre la majorit\u00e9 du SU. Ce sont sans doute 10% (15% au maximum) des effectifs de la DS qui sont all\u00e9s construire le PSOL. On constate ici l\u2019affaiblissement du SU, qui explique que depuis 2005, \u00ab&nbsp;<em>l&rsquo;ensemble des liens avec l&rsquo;Internationale ont \u00e9t\u00e9 rompus par Democracia Socialista, qui n&rsquo;est plus par cons\u00e9quent reconnue comme sa section br\u00e9silienne<\/em>&nbsp;\u00bb<a href=\"#_edn18\" id=\"_ednref18\">[18]<\/a>. On voit donc que la DS n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 exclue du SU, mais que c\u2019est plut\u00f4t la DS qui s\u2019est lass\u00e9e de discuter avec la direction du SU. Celui-ci a donc fini par laisser la DS patauger dans la boue bureaucratico-institutionnelle. La rupture avec la DS s\u2019imposait au SU s\u2019il voulait continuer \u00e0 d\u00e9fendre sans rougir une orientation anticapitaliste. Mais la fermet\u00e9 du SU a \u00e9t\u00e9 toute relative (!), on le note au vu des consid\u00e9rations qui ont pr\u00e9sid\u00e9 \u00e0 ce d\u00e9nouement. Avant de rompre avec la DS, le SU observait : \u00ab&nbsp;<em>le prix \u00e0 payer pour rester au PT (\u2026) est lourd&nbsp;: soutenir le gouvernement, appartenir au m\u00eame parti que des dirigeants accus\u00e9s de corruption, \u00eatre solidaire d&rsquo;une des politiques n\u00e9olib\u00e9rales les plus cons\u00e9quentes d&rsquo;Am\u00e9rique latine. [&#8230; ] Comment, alors, se revendiquer de positions anticapitalistes et soutenir Lula\u2026 tandis qu&rsquo;il y aura une candidate Helo\u00edsa Helena (\u2026) qui d\u00e9fendra une s\u00e9rie de positions radicales contre le capitalisme lib\u00e9ral&nbsp;? Comment appuyer Lula contre Helo\u00edsa pour des centaines de militants de la DS&nbsp;?<\/em>\u00bb<a href=\"#_edn19\" id=\"_ednref19\">[19]<\/a>. A lire l\u2019\u00e9num\u00e9ration ci-dessus, le moins qu\u2019on puisse dire, c\u2019est qu\u2019effectivement, la note est sal\u00e9e. Tellement sal\u00e9e qu\u2019on a peine \u00e0 croire que face \u00e0 une telle situation, une direction internationale qui se dit r\u00e9volutionnaire ait pu h\u00e9siter un seul instant<a href=\"#_edn20\" id=\"_ednref20\">[20]<\/a>&nbsp;! Mais d\u2019autre part, que dire des \u00ab&nbsp;centaines de militants de la DS&nbsp;\u00bb qui ont malgr\u00e9 tout choisi de soutenir Lula face \u00e0 Helo\u00edsa&nbsp;? Comment ne pas comprendre et d\u00e9clarer qu\u2019ils et elles n\u2019avaient plus rien \u00e0 voir avec la 4<sup>e<\/sup> Internationale et \u00e9taient pass\u00e9.es dans le camp de la bourgeoisie&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Mais lisons encore<a href=\"http:\/\/www.marxisme.wikibis.com\/quatrieme_internationale_-_secretariat_unifie.php#cite_note-7\"><\/a> le court bilan suivant,&nbsp;tir\u00e9 par le SU&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Une fois la d\u00e9cision de participation <\/em>[au gouvernement Lula]<em> prise par Democracia Socialista (DS), sans masquer nos r\u00e9serves et nos doutes, nous avons respect\u00e9 son choix et cherch\u00e9 \u00e0 aider plut\u00f4t qu&rsquo;\u00e0 mettre des b\u00e2tons dans les roues. Ainsi, nous nous sommes efforc\u00e9s de convaincre les camarades de nos propres sections, que la question de la participation gouvernementale devait \u00eatre logiquement subordonn\u00e9e \u00e0 l&rsquo;appr\u00e9ciation des orientations gouvernementales<\/em>&nbsp;\u00bb<a href=\"#_edn21\" id=\"_ednref21\">[21]<\/a>. Chercher \u00e0 \u00ab&nbsp;aider&nbsp;\u00bb&nbsp;? Mais aider \u00e0 quoi&nbsp;? On se demande \u00e0 quoi cela pouvait bien correspondre dans un contexte pareil&nbsp;! Au-del\u00e0, admettons \u2013 pour nous concentrer sur l\u2019essentiel \u2013 l\u2019argument de la volont\u00e9 de convaincre plut\u00f4t que d\u2019avoir recours \u00e0 des m\u00e9thodes verticales et administratives avec la DS. La fa\u00e7on dont le SU pose la question de la participation gouvernementale n\u2019est pas pour autant plus claire. Trotski a souvent expliqu\u00e9 que pour un parti r\u00e9volutionnaire, il n\u2019est pas question de participer \u00e0 un gouvernement \u00ab&nbsp;de gauche&nbsp;\u00bb r\u00e9formiste dans le cadre d\u2019un Etat bourgeois, ni m\u00eame de soutenir ses mesures \u00ab&nbsp;progressistes&nbsp;\u00bb, et cela m\u00eame pour des gouvernements infiniment plus \u00e0 gauche que le gouvernement Lula en 2004-2005<a href=\"#_edn22\" id=\"_ednref22\">[22]<\/a>. Ce n\u2019est pas \u00ab&nbsp;fonction des orientations gouvernementales&nbsp;\u00bb. Pour des r\u00e9volutionnaires, la seule participation gouvernementale envisageable, c\u2019est celle \u00e0 un gouvernement des travailleurs\/ses bas\u00e9 sur ses propres organes de pouvoir \u2013 qu\u2019on les appelle soviets ou autrement \u2013 dans un cadre d\u2019affrontement d\u00e9cisif avec la bourgeoisie. Sinon, la participation, et m\u00eame le soutien sans participation, cr\u00e9ent d\u2019\u00e9pouvantables illusions parmi les masses travailleuses&nbsp;; et cela rend impossible de les hisser jusqu\u2019\u00e0 la prise du pouvoir lorsque les conditions s\u2019y pr\u00eateraient. Cette politique est d\u00e9sarmante et contre-r\u00e9volutionnaire.<\/p>\n\n\n\n<p>On d\u00e9duit de tout ceci que 10 ans apr\u00e8s la fatale d\u00e9cision en faveur de partis larges en 1995, la direction du SU a h\u00e9sit\u00e9 assez longtemps avant de\u2026 ne pas rompre avec une section qui avait totalement d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9 dans la politique bourgeoise, et de laisser celle-ci s\u2019\u00e9loigner, d\u00e9finitivement, dans le silence feutr\u00e9 de ses pantoufles. On d\u00e9duit aussi que cette s\u00e9paration s\u2019est faite sur des bases bien peu claires, vu les positions parfaitement opportunistes du SU pr\u00e9sent\u00e9es ci-dessus. La DS avait hideusement d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9&nbsp;: le SU a eu le plus grand mal \u00e0 le reconnaitre. Mais pourquoi les choses avaient-elles si mal tourn\u00e9 ? N\u2019y avait-il pas des le\u00e7ons beaucoup plus vastes \u00e0 tirer sur la participation aux partis larges, les conditions dans lesquelles cela pouvait \u00eatre envisageable, la fa\u00e7on de s\u2019y pr\u00e9munir contre le danger de la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence bureaucratique et institutionnelle, etc. Avec le PT, il s\u2019agissait bien d\u2019un \u00ab&nbsp;parti large&nbsp;\u00bb. Mais quid de sa direction&nbsp;? En 1979-80, le SU (notamment Bensa\u00efd), voyait en Lula un \u00ab&nbsp;d\u00e9mocrate sinc\u00e8re&nbsp;\u00bb. Alarm\u00e9e par Moreno, la jeune CS (au d\u00e9part tr\u00e8s bien dispos\u00e9e vis-\u00e0-vis du projet de PT) voyait au contraire en Lula un bureaucrate syndical, donc un ennemi de classe, qui ne pouvait que trahir le prol\u00e9tariat, t\u00f4t ou tard. Ces appr\u00e9ciations oppos\u00e9es ont sans doute pes\u00e9 sur les trajectoires divergentes de la DS et de la CS. Qui voyait juste&nbsp;? Vu les orientations d\u00e9cid\u00e9es par le SU par la suite, \u00e0 propos du Br\u00e9sil et d\u2019autres pays, il est clair que les d\u00e9bats n\u00e9cessaires n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 men\u00e9s en son sein comme ils auraient d\u00fb l\u2019\u00eatre. Mais repenser la question des \u00ab&nbsp;partis larges&nbsp;\u00bb en termes de menaces et de dangers aurait pu d\u00e9stabiliser une internationale qui avait d\u00e9cid\u00e9 de tout miser sur\u2026 des partis larges.<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li><strong><u>Italie<\/u><\/strong><strong>&nbsp;: que dire de <em>Rifondazione<\/em> apr\u00e8s son effondrement politique et \u00e9lectoral&nbsp;?<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"696\" height=\"464\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/NPA4_4.jpg?resize=696%2C464&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-71028\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/NPA4_4.jpg?w=856&amp;ssl=1 856w, https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/NPA4_4.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/NPA4_4.jpg?resize=768%2C512&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/NPA4_4.jpg?resize=150%2C100&amp;ssl=1 150w, https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/NPA4_4.jpg?resize=696%2C464&amp;ssl=1 696w\" sizes=\"(max-width: 696px) 100vw, 696px\" data-recalc-dims=\"1\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Fausto Bertinotti et Romano Prodi (Getty Images)<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Le Congr\u00e8s mondial de 2010, qui suit l\u2019implosion de <em>Rifondazione<\/em>, n\u2019accorde pas dans sa r\u00e9solution toute l\u2019attention n\u00e9cessaire \u2013 c\u2019est un euph\u00e9misme \u2013 \u00e0 ce nouvel effondrement, cette fois-ci politique et moral, mais aussi \u00e9lectoral&nbsp;: le PRC, discr\u00e9dit\u00e9, a \u00e9t\u00e9 balay\u00e9 de la sc\u00e8ne parlementaire en 2008, et la gauche italienne ne s\u2019en est pas relev\u00e9e. Des r\u00e9volutionnaires devaient-ils\/elles participer \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience de <em>Rifondazione<\/em>&nbsp;? Avec la facilit\u00e9 que donne le recul, nous aurions plut\u00f4t tendance \u00e0 r\u00e9pondre non. En tout cas, la r\u00e9ponse \u00e9tait moins \u00e9vidente que lors de l\u2019\u00e9mergence du PT. Quoi qu\u2019il en soit, la le\u00e7on centrale \u00e0 tirer de ces deux exp\u00e9riences douloureuses, pourrait \u00eatre formul\u00e9e ainsi&nbsp;: m\u00eame si, \u00e0 un moment donn\u00e9, une restructuration majeure du mouvement ouvrier (PT en 1979, PRC en 1991) se produit, et peut sembler incontournable (car il ne s\u2019agit rien de moins que de participer \u00e0 la r\u00e9organisation de notre classe sur une base combative), l\u2019essentiel pour l\u2019organisation r\u00e9volutionnaire qui s\u2019y ins\u00e8re est de maintenir une forte d\u00e9limitation organisationnelle et politique par rapport au parti large, et en opposition avec sa direction r\u00e9formiste. Ce n\u2019est qu\u2019\u00e0 cette condition que ladite organisation peut \u00e0 la fois profiter de la dynamique initialement positive du parti large&nbsp;; et rebondir positivement lorsque la sortie de celui-ci est devenue in\u00e9vitable.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais, tout comme le naufrage de la DS br\u00e9silienne, l\u2019\u00e9norme g\u00e2chis issu de <em>Rifondazione<\/em> aurait m\u00e9rit\u00e9 un vaste d\u00e9bat au 16<sup>e<\/sup> Congr\u00e8s mondial. D\u00e8s 2006, la participation du PRC au gouvernement Prodi II conduisait des militant.es trotskistes \u00e0 quitter ce parti, et \u00e0 fonder le PDAC, devenue section de la LIT en Italie. Du c\u00f4t\u00e9 du SU, la section italienne n\u2019a pas pourri ignominieusement comme la DS br\u00e9silienne. Mais beaucoup d\u2019h\u00e9sitations ont eu lieu et la d\u00e9cision de quitter <em>Rifondazione<\/em> est venue plus tard, en d\u00e9cembre 2007, avec <em>Sinistra Critica<\/em> (Gauche critique), organisation centriste disparue \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 2013, apr\u00e8s avoir vainement cherch\u00e9 encore \u00e0 f\u00e9d\u00e9rer la \u00ab&nbsp;gauche radicale&nbsp;\u00bb italienne pour les \u00e9lections de cette ann\u00e9e-l\u00e0. Le SU, faute d\u2019avoir voulu et su rompre \u00e0 temps avec le r\u00e9formisme de <em>Rifondazione<\/em>, est divis\u00e9 et durablement affaibli en Italie<a href=\"#_edn23\" id=\"_ednref23\">[23]<\/a>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li><strong><u>Gr\u00e8ce<\/u><\/strong><strong>&nbsp;: le SU face \u00e0 <em>Syriza<\/em><\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Entre la victoire \u00e9crasante du NON au r\u00e9f\u00e9rendum sur les propositions de la tro\u00efka du 5 juillet 2015 et la capitulation de Tsipras huit jours plus tard, le CI d\u00e9clarait, de fa\u00e7on parfaitement juste&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>La preuve vient d\u2019\u00eatre faite aux yeux de tous que l\u2019Union europ\u00e9enne et ses institutions ne sont ni un espace neutre ni un cadre neutre. C\u2019est une construction politique organis\u00e9e par les capitalistes pour \u00e9chapper \u00e0 tout contr\u00f4le populaire dans la mise en \u0153uvre de leurs int\u00e9r\u00eats. Cette construction ne se r\u00e9formera pas. Il est illusoire de vouloir mener une politique alternative tout en acceptant la souverainet\u00e9 de ces institutions autocratiques<\/em>&nbsp;\u00bb. Le CI mentionnait aussi le mandat donn\u00e9 \u00e0 Tsipras par les 61% du peuple grec ayant vot\u00e9 NON&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;<em>Ce mandat passe par l\u2019arr\u00eat du paiement de la dette ill\u00e9gitime et odieuse, par un chemin qui, avec la nationalisation et le contr\u00f4le du syst\u00e8me bancaire donne \u00e0 la population grecque sa souverainet\u00e9 sur ses choix politiques, \u00e9conomiques et sociaux. Ce sont ces choix qu\u2019exprime la gauche grecque, essentiellement la gauche de Syriza et les militants d\u2019Antarsya qui ont contribu\u00e9 \u00e0 la victoire du non<\/em>&nbsp;\u00bb. Ce passage nous conduit \u00e0 faire plusieurs remarques.<\/p>\n\n\n\n<p>En premier lieu, la critique de L\u2019UE exprim\u00e9e ci-dessus, tout \u00e0 fait correcte, n\u2019a rien \u00e0 voir avec ce que Tsipras, la majorit\u00e9 de <em>Syriza<\/em> et le gouvernement grec pensent de l\u2019UE. Au contraire, ces derniers clamaient toujours et partout leur attachement \u00e0 \u00ab&nbsp;l\u2019Europe&nbsp;\u00bb, et affirmaient vouloir rester dans l\u2019euro. Mais ce menu d\u00e9tail est \u00ab&nbsp;oubli\u00e9&nbsp;\u00bb par la d\u00e9claration du SU ci-dessus. Comme si cela ne posait pas probl\u00e8me&nbsp;! Plus profond\u00e9ment, et depuis le d\u00e9but de <em>Syriza<\/em>, la direction du SU \u00e9vite de faire ressortir le fait qu\u2019il est impossible de faire confiance \u00e0 la direction de Tsipras, vu ses orientations pro-UE et r\u00e9formistes (les deux \u00e9tant li\u00e9es), donc de fait pro-capitalistes. Or, dans le bras de fer qui l\u2019a oppos\u00e9e au capital et \u00e0 la tro\u00efka, la direction Tsipras a n\u00e9goci\u00e9, face \u00e0 des bandits arm\u00e9s jusqu\u2019aux dents, munie seulement de pistolets \u00e0 eau&nbsp;! Et cela pouvait se percevoir, \u00e0 travers les reculs successifs de <em>Syriza<\/em>, avant m\u00eame son humiliation totale du 13 juillet 2015. Il \u00e9tait aussi palpable qu\u2019en refusant, avant le r\u00e9f\u00e9rendum, de pr\u00e9parer un plan B contre la tro\u00efka, pour pouvoir rompre avec l\u2019euro en s\u2019appuyant sur la mobilisation populaire, la direction de <em>Syriza<\/em> courait \u00e0 la d\u00e9faite. Or le SU et ses supporters grecs ont m\u00e9s\u00e9duqu\u00e9 le peuple grec en refusant de d\u00e9noncer, avec la vigueur n\u00e9cessaire, les h\u00e9sitations et les d\u00e9rives du parti <em>Syriza<\/em> avant 2015, puis les reculs du gouvernement avant m\u00eame sa capitulation. Il fallait au contraire mettre publiquement la pression sur la direction de <em>Syriza<\/em> et le gouvernement, en expliquant que ces derniers devaient choisir leur camp&nbsp;: soit les travailleurs\/ses et le peuple grecs, soit les parasites financiers si bien d\u00e9fendus par la tro\u00efka.<\/p>\n\n\n\n<p>De plus, si le passage cit\u00e9 plus haut revendique correctement l\u2019arr\u00eat du paiement de la dette et la nationalisation du syst\u00e8me bancaire, cela n\u2019est pas suffisant. Contr\u00f4ler les banques est n\u00e9cessaire mais il faut aussi prendre d\u2019autres mesures pour ne pas plier sous le chantage des brigands de l\u2019UE et de la finance internationale&nbsp;; exproprier une large part de l\u2019\u00e9conomie grecque et des grosses boites \u00e9trang\u00e8res&nbsp;; instaurer un monopole du commerce ext\u00e9rieur&nbsp;; et d\u00e9cider d\u2019une monnaie inconvertible pour briser la sp\u00e9culation. La d\u00e9claration du SU est minimaliste, comme pour ne pas chagriner des partenaires de fait r\u00e9formistes mais qui ne sont jamais d\u00e9nonc\u00e9.es comme tel.les au sein de la \u00ab&nbsp;gauche radicale&nbsp;\u00bb grecque, repr\u00e9sent\u00e9e par <em>Syriza<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, la seconde citation de la d\u00e9claration du SU, plus haut, contient un \u00e9l\u00e9ment parfaitement hypocrite&nbsp;: en mettant sur le m\u00eame plan \u00ab&nbsp;la gauche de <em>Syriza<\/em> et les militants d\u2019<em>Antarsya<\/em>&nbsp;\u00bb comme artisan.es de la victoire du NON le 5 juillet, le SU se veut diplomate, m\u00eame si ce qu\u2019il dit est exact. Mais cela cache mal le choix politique fait par le SU en Gr\u00e8ce. En fait, l\u2019attitude de la direction du SU \u00e9tait scandaleuse depuis longtemps vis-\u00e0-vis de sa section grecque. En contradiction flagrante avec les statuts de l\u2019Internationale, elle a compl\u00e8tement n\u00e9glig\u00e9 et \u00ab&nbsp;bypass\u00e9&nbsp;\u00bb sa section grecque, l\u2019OKDE-<em>Spartakos<\/em>, qu\u2019elle ne parvenait pas \u00e0 convaincre d\u2019int\u00e9grer <em>Syriza<\/em>. L\u2019OKDE-<em>Spartakos<\/em> avait int\u00e9gr\u00e9 \u2013 comme on l\u2019a vu dans l\u2019article pr\u00e9c\u00e9dent \u2013 le \u00ab front anticapitaliste, r\u00e9volutionnaire, communiste et \u00e9cologique \u00bb <em>Antarsya<\/em>. D\u2019o\u00f9 l\u2019allusion mielleuse de la d\u00e9claration du SU \u00e0 ce front. Mais dans les faits, le SU a choisi de soutenir les militant.es grec.que.s qui avait pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 entrer dans <em>Syriza<\/em>.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Remarquons encore qu\u2019au moment crucial (disons, entre le r\u00e9f\u00e9rendum du 5 juillet et les quelques jours qui ont suivi la capitulation de Tsipras), l\u2019\u00e9chec de la gauche de <em>Syriza<\/em> et de ses partisans du SU \u00e0 repr\u00e9senter une alternative \u00e0 la direction majoritaire du parti et du gouvernement offre une le\u00e7on importante : gagner la conscience et la confiance des travailleurs\/ses, savoir retourner une situation lors d\u2019une crise aig\u00fce, dans une phase intense de la lutte des classes, pour \u00eatre en mesure de conduire le prol\u00e9tariat et les opprim\u00e9.es \u00e0 la victoire, cela exige un temps de pr\u00e9paration et de l\u2019ind\u00e9pendance politique. La gauche de <em>Syriza<\/em> avait fait un choix organisationnel et politique qui l\u2019a handicap\u00e9e sur cette voie. Outre ses limites programmatiques, elle \u00e9tait identifi\u00e9e avant tout comme <em>Syriza<\/em>. Ses critiques \u00e0 Tsipras, \u00e0 la direction du parti, au gouvernement, \u00e9taient mesur\u00e9es et se voulaient constructives, alors qu\u2019un drame se jouait et qu\u2019il aurait fallu faire de l\u2019agit-prop \u00e0 haute dose sans m\u00e9nager les critiques, pour avoir une chance de faire pr\u00e9valoir la volont\u00e9 des masses contre Tsipras et la direction de <em>Syriza<\/em>. Cette orientation trop mod\u00e9r\u00e9e, en plus du manque de temps, dans un cadre d\u2019impr\u00e9paration politique et des h\u00e9sitations initiales face \u00e0 la capitulation de Tsipras, voil\u00e0 sans doute pourquoi la gauche de <em>Syriza<\/em>, puis l\u2019Union populaire, n\u2019ont pas pu appara\u00eetre comme une alternative cr\u00e9dible \u00e0 <em>Syriza.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>En guise de conclusion, le SU-CI, de l\u2019opportunisme \u00e0 la liquidation<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ajoutons, sans beaucoup d\u00e9velopper<a href=\"#_edn24\" id=\"_ednref24\">[24]<\/a>, que la politique des partis larges apparait comme la cristallisation liquidatrice d\u2019une tendance opportuniste structurelle dans le courant pablo-mand\u00e9liste pr\u00e9sente depuis les ann\u00e9es 1950, et qu\u2019on pourra r\u00e9sumer au moins par les points suivants (loin d\u2019\u00eatre exhaustifs, et dans l\u2019ordre chronologique).<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li>D\u00e8s 1951, entrisme <em>sui generis<\/em> dans les partis communistes, avec l\u2019illusion que les PC pouvaient \u00eatre transform\u00e9s en partis r\u00e9volutionnaires (d\u2019o\u00f9 la scission de 1952 de la 4<sup>e<\/sup> Internationale).<\/li>\n\n\n\n<li>En pleine r\u00e9volution bolivienne, en 1952, soutien au gouvernement bourgeois du MNR, au lieu de mener une politique pour la prise de pouvoir par la puissante centrale syndicale COB. Cela a d\u00e9bouch\u00e9 sur la d\u00e9faite de la r\u00e9volution.<\/li>\n\n\n\n<li>&nbsp;Apr\u00e8s la victoire de la r\u00e9volution cubaine (1959), une orientation opportuniste et r\u00e9trospectivement catastrophique&nbsp;: le SU s\u2019efface devant le castrisme et refuse de construire une section de la 4<sup>e<\/sup> Internationale \u00e0 Cuba.<\/li>\n\n\n\n<li>Posture capitularde du SU en Europe, face \u00e0 \u00ab&nbsp;l\u2019eurocommunisme&nbsp;\u00bb dans les ann\u00e9es 1970.<\/li>\n\n\n\n<li>Pendant la r\u00e9volution portugaise (1974-75), soutien au Mouvement des forces arm\u00e9es (MLA) plut\u00f4t que d\u00e9fendre l\u2019ind\u00e9pendance et la centralisation des organes d\u2019auto-organisation.<\/li>\n\n\n\n<li>Apr\u00e8s la victoire de l\u2019insurrection sandiniste contre le dictateur Somoza au Nicaragua (1979), le SU soutient de fa\u00e7on acritique la direction petite-bourgeoise du FSLN, qui, conseill\u00e9e notamment par Castro, choisit de cohabiter avec une bourgeoisie \u00ab&nbsp;non somoziste&nbsp;\u00bb dans le cadre d\u2019une \u00e9conomie de march\u00e9&nbsp;; choix simultan\u00e9 de ne pas construire de section de la 4<sup>e<\/sup> Internationale au Nicaragua.<\/li>\n\n\n\n<li>Bien pire encore&nbsp;: choix de soutenir la direction sandiniste dans son expulsion des r\u00e9volutionnaires de la Brigade Simon Bolivar, constitu\u00e9e \u00e0 l\u2019appel du PST colombien, organisation mor\u00e9niste dans ce pays. Ces militant.es arm\u00e9.es avaient d\u00e9j\u00e0 combattu aux c\u00f4t\u00e9s du peuple nicaraguayen, mais avaient aussi commenc\u00e9 \u00e0 construire des syndicats ind\u00e9pendants. La direction sandiniste les a exp\u00e9di\u00e9s dans les ge\u00f4les du Panama, o\u00f9 ils ont \u00e9t\u00e9 tortur\u00e9s&nbsp;; le SU a refus\u00e9 de protester, donnant raison \u00e0 la direction sandiniste.<\/li>\n\n\n\n<li>Dans les ann\u00e9es 1980, choix d\u2019alliances type \u00ab&nbsp;alternatives&nbsp;\u00bb en lieu et place de la construction de partis r\u00e9volutionnaires dans certains pays. En 1987-88, en particulier, choix de la LCR de s\u2019investir dans la campagne Juquin (ex-dirigeant du PCF devenu critique de ce parti tout en \u00e9tant r\u00e9formiste) pour les \u00e9lections pr\u00e9sidentielles de 1988. Avec des r\u00e9sultats politiques et \u00e9lectoraux d\u00e9cevants.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref1\" id=\"_edn1\">[1]<\/a> <strong>Le Secr\u00e9tariat Unifi\u00e9 de la 4<sup>e<\/sup> Internationale (SU ou SUQI<\/strong>, courant historique incarn\u00e9 par Ernest Mandel puis Daniel Bensa\u00efd), a pris plus r\u00e9cemment le nom de <strong>Comit\u00e9 International (CI)<\/strong>. Ce courant parle de lui comme \u00e9tant LA 4<sup>e<\/sup> Internationale, ce qui est bien s\u00fbr contest\u00e9 par les autres courants internationaux se r\u00e9clamant du trotskisme. Cette pr\u00e9tention du SU-CI est d\u2019autant plus frauduleuse que ce sont des pans entiers du trotskisme qui ont \u00e9t\u00e9 jet\u00e9s par-dessus bord, depuis fort longtemps dans la pratique, mais tout particuli\u00e8rement apr\u00e8s 1995 dans la th\u00e9orie. Avec les cons\u00e9quences des choix de construction&nbsp;faits en faveur des partis larges, ou fronts politiques, des r\u00e9volutionnaires, r\u00e9el.les ou pr\u00e9tendu.es, et des r\u00e9formistes assum\u00e9.es. Une lourde erreur qui a montr\u00e9 \u00e0 quelles d\u00e9b\u00e2cles elle conduisait. En ne prenant que des exemples assez r\u00e9cents, on pense ici, en particulier, \u00e0 la d\u00e9b\u00e2cle de <em>Rifondazione<\/em> en Italie, au naufrage de <em>Syriza<\/em> en Gr\u00e8ce en 2015 (dont nous disons plus bas quelques mots), \u00e0 la \u00ab&nbsp;normalisation&nbsp;\u00bb de <em>Podemos<\/em> en Espagne, et \u00e0 l\u2019int\u00e9gration du <em>Bloco de Esquerda<\/em> dans les institutions bourgeoises au Portugal.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref2\" id=\"_edn2\">[2]<\/a> Il est aujourd\u2019hui divis\u00e9 en deux organisations. La plus significative s\u2019appelle <em>Sinistra anticapitalista<\/em>&nbsp;; et il y a le <em>r\u00e9seau Communia<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref3\" id=\"_edn3\">[3]<\/a> Celui du <em>Mensal\u00e3o<\/em> en 2005, celui de la <em>Petrobr\u00e1s<\/em> \u00e0 partir de 2014.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref4\" id=\"_edn4\">[4]<\/a> AfD&nbsp;: <em>Alternative f\u00fcr Deutschland<\/em> (Alternative pour l\u2019Allemagne), parti \u00ab&nbsp;populiste&nbsp;\u00bb d\u2019extr\u00eame droite fond\u00e9 en 2013.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref5\" id=\"_edn5\">[5]<\/a> Aux \u00e9lections l\u00e9gislatives de septembre 2017, l\u2019AfD (12,64%) passait devant <em>Die Linke<\/em> (9,24%). En septembre 2021, l\u2019AfD, certes, reculait mais recueillait encore 10,34% des voix, contre seulement 4,89% pour <em>Die Linke<\/em>, qui cessait d\u2019\u00eatre repr\u00e9sent\u00e9e au Bundestag.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref6\" id=\"_edn6\">[6]<\/a> Ces deux courants n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 mis en lumi\u00e8re dans cette \u00e9tude. Mais ni l\u2019un ni l\u2019autre ne vient contredire le bilan des partis larges tir\u00e9 \u00e0 la fin de notre pr\u00e9c\u00e9dent article.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><u>Gauches Unies<\/u><\/strong> a \u00e9t\u00e9 une exp\u00e9rience de courte dur\u00e9e, r\u00e9unissant des militant.es du POS (Parti ouvrier socialiste, du SU), du PC belge, des Verts pour un gauche alternative (issu d\u2019une scission de gauche du mouvement Ecolo), ainsi que des adh\u00e9rent.es non membre d\u2019autres partis, ou bien membres du PS ou d\u2019Ecolo \u00e0 titre individuel. Son objectif \u00e9lectoraliste \u00e9vident a vite \u00e9t\u00e9 d\u00e9\u00e7u&nbsp;: apr\u00e8s 1,61% des voix aux \u00e9lections europ\u00e9ennes de 1994, les \u00e9lections locales belges de 1995 auxquelles Gauches Unies a particip\u00e9 ne lui ont donn\u00e9 aucun.e \u00e9lu.e. Et le mouvement a vite p\u00e9riclit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><u>Le PADS<\/u><\/strong><strong> (ou plus compl\u00e8tement And-J\u00ebf\/Parti Africain pour la D\u00e9mocratie et le Socialisme)<\/strong> a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9 en 1991, et reconnu officiellement en 1992. Il s\u2019est form\u00e9 comme organisation unitaire de la gauche r\u00e9volutionnaire. A l\u2019origine, on trouve l\u2019organisation clandestine d\u2019origine mao\u00efste And-J\u00ebf\/Reenu-Rew (And-J\u00ebf signifie \u00ab&nbsp;s\u2019unir pour agir&nbsp;\u00bb en wolof), apparue en 1973. Et le groupe li\u00e9 au SU s\u2019y est engag\u00e9. Apr\u00e8s des d\u00e9buts prometteurs (\u00e9lectoralement&nbsp;: 4 si\u00e8ges \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e nationale en 1998, 4,01% et 2 si\u00e8ges encore en 2001), la d\u00e9rive r\u00e9formiste s\u2019est vite fait remarquer. Le PADS s\u2019est scind\u00e9 entre deux chefs en 2009, Mamadou Diop Decroix d\u2019un c\u00f4t\u00e9, et l\u2019ancien candidat d\u2019une plus large coalition encore en 2007, Landing Savan\u00e9, de l\u2019autre. Les ambitions r\u00e9volutionnaires du d\u00e9but ne sont plus qu\u2019un lointain souvenir.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref7\" id=\"_edn7\">[7]<\/a> <a href=\"https:\/\/fourth.international\/fr\/congres-mondiaux\/511\/3\">https:\/\/fourth.international\/fr\/congres-mondiaux\/511\/3<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref8\" id=\"_edn8\">[8]<\/a> Idem.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref9\" id=\"_edn9\">[9]<\/a> Idem.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref10\" id=\"_edn10\">[10]<\/a> Idem.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref11\" id=\"_edn11\">[11]<\/a> <a href=\"https:\/\/fourth.international\/fr\/congres-mondiaux\/513\/75\">https:\/\/fourth.international\/fr\/congres-mondiaux\/513\/75<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref12\" id=\"_edn12\">[12]<\/a> On lit&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Sur la base de l\u2019exp\u00e9rience de la lutte de classes, du d\u00e9veloppement du mouvement altermondialiste, des luttes de r\u00e9sistance et des mobilisation anti-guerre des dix derni\u00e8res ann\u00e9es, et en particulier sur la base des enseignements tir\u00e9s de l\u2019\u00e9volution du PT br\u00e9silien, de Refondation communiste en Italie, des d\u00e9bats de la gauche anti-lib\u00e9rale fran\u00e7aise, les marxistes r\u00e9volutionnaires se sont engag\u00e9s ces derni\u00e8res ann\u00e9es dans la construction du PSOL au Br\u00e9sil, de Sinistra Critica en Italie, du Nouveau Parti Anticapitaliste en France, de Respect en Angleterre, du Parti polonais du travail. Dans cette perspective, nous avons aussi poursuivi les exp\u00e9riences de construction du Bloco de Esquerda au Portugal et de l\u2019Alliance Rouge-Verte au Danemark&nbsp;<\/em>\u00bb. Idem.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref13\" id=\"_edn13\">[13]<\/a> Alliance Rouge-Verte du Danemark&nbsp;: autre d\u00e9riveur du genre \u00ab&nbsp;parti large&nbsp;\u00bb, qui avait d\u00e9j\u00e0 pris la mer fin 1989. Une autre exp\u00e9rience, regroupant VS (socialistes de gauche), DKP (PC danois) et SAP (section danoise du SU), laiss\u00e9e de c\u00f4t\u00e9 ici.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref14\" id=\"_edn14\">[14]<\/a> <a href=\"https:\/\/fourth.international\/fr\/congres-mondiaux\/511\/3\">https:\/\/fourth.international\/fr\/congres-mondiaux\/511\/3<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref15\" id=\"_edn15\">[15]<\/a> <a href=\"https:\/\/fourth.international\/fr\/congres-mondiaux\/513\/75\">https:\/\/fourth.international\/fr\/congres-mondiaux\/513\/75<\/a>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref16\" id=\"_edn16\">[16]<\/a> Sabado raconte, \u00e0 ce sujet&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Lorsque la majorit\u00e9 de nos camarades au sein de la direction du PT d\u00e9cident de participer au gouvernement social-lib\u00e9ral de Lula, [Bensa\u00efd] essaie d\u2019abord de les convaincre de leur erreur puis, ayant \u00e9chou\u00e9, prend l\u2019initiative de la rupture. C\u2019est pour lui un d\u00e9chirement politique, moral, personnel&nbsp;; mais, dans cette crise, pas un instant il ne transige avec les principes politiques qu\u2019il consid\u00e8re cruciaux&nbsp;: ind\u00e9pendance totale vis-\u00e0-vis du pouvoir bourgeois, rejet de toute Realpolitik, de tout accommodement avec l\u2019ordre \u00e9tabli<\/em>&nbsp;\u00bb (<a href=\"https:\/\/www.contretemps.eu\/bonnes-feuilles-de-daniel-bensaid-lintempestif-coordonne-par-francois-sabado\/\">https:\/\/www.contretemps.eu\/bonnes-feuilles-de-daniel-bensaid-lintempestif-coordonne-par-francois-sabado\/<\/a>)<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref17\" id=\"_edn17\">[17]<\/a> PSOL (Parti Socialisme et Libert\u00e9)\u2026 aujourd\u2019hui au gouvernement avec Lula et Alckmin&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref18\" id=\"_edn18\">[18]<\/a> <a href=\"http:\/\/www.marxisme.wikibis.com\/quatrieme_internationale_-_secretariat_unifie.php\">http:\/\/www.marxisme.wikibis.com\/quatrieme_internationale_-_secretariat_unifie.php<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref19\" id=\"_edn19\">[19]<\/a> Idem.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref20\" id=\"_edn20\">[20]<\/a> Rappelons que cela se passe en 2005, en plein scandale du <em>Mensal\u00e3o<\/em>&nbsp;! Le PT abondait des caisses noires pour acheter des votes de parlementaires \u00ab physiologistes&nbsp;\u00bb, mais d\u2019un \u00ab&nbsp;physiologisme&nbsp;\u00bb qui rel\u00e8ve d\u2019une nette mont\u00e9e en puissance par rapport \u00e0 celui des apparatchiks de la DS.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref21\" id=\"_edn21\">[21]<\/a> <a href=\"http:\/\/www.marxisme.wikibis.com\/quatrieme_internationale_-_secretariat_unifie.php\">http:\/\/www.marxisme.wikibis.com\/quatrieme_internationale_-_secretariat_unifie.php<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref22\" id=\"_edn22\">[22]<\/a> Nous rappelions r\u00e9cemment, dans un autre article, qu\u2019\u00ab&nbsp;<em>au milieu de la guerre civile espagnole, lorsque le gouvernement du front populaire de l\u2019\u00e9poque (qui ne peut \u00e9videmment pas \u00eatre compar\u00e9 au PT) luttait contre le franquisme, Trotski pr\u00e9conisait de voter contre la proposition du gouvernement concernant un budget militaire pour la guerre. En d\u2019autres termes, il recommandait de voter contre la proposition du gouvernement de consacrer une partie du budget \u00e0 la confrontation militaire avec les fascistes. Il disait que si le gouvernement \u00e9tait pr\u00eat \u00e0 accorder 1 million pour la guerre, il fallait s\u2019y opposer et demander 2 millions, et que ceux-ci devaient \u00eatre remis directement aux travailleurs, ce que, bien s\u00fbr, le gouvernement n\u2019accepterait pas. Face \u00e0 cela, selon Trotski, il \u00e9tait n\u00e9cessaire d\u2019aller voir les travailleurs et de leur dire : avez-vous vu cela ? Ce gouvernement ne veut pas vraiment vous armer pour combattre le fascisme<\/em>&nbsp;\u00bb&#8230; (<a href=\"https:\/\/litci.org\/fr\/2023\/01\/05\/le-gouvernement-lula-alckmin-est-entre-en-fonction-et-maintenant\/\">https:\/\/litci.org\/fr\/2023\/01\/05\/le-gouvernement-lula-alckmin-est-entre-en-fonction-et-maintenant\/<\/a>).&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref23\" id=\"_edn23\">[23]<\/a> Le SU-CI est aujourd\u2019hui divis\u00e9 entre deux organisations&nbsp;: le r\u00e9seau <em>Communia<\/em> et <em>Sinistra Anticapitalista<\/em> (Gauche anticapitaliste).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref24\" id=\"_edn24\">[24]<\/a> Pour plus de d\u00e9tails, voir notamment deux articles de fond sur le site de la LIT, ici&nbsp;: <a href=\"https:\/\/litci.org\/fr\/2022\/12\/07\/un-bref-apercu-de-notre-histoire\/\">https:\/\/litci.org\/fr\/2022\/12\/07\/un-bref-apercu-de-notre-histoire\/<\/a> et ici&nbsp;: <a href=\"https:\/\/litci.org\/fr\/2022\/12\/12\/la-lit-qi-et-son-combat-contre-le-reformisme\/\">https:\/\/litci.org\/fr\/2022\/12\/12\/la-lit-qi-et-son-combat-contre-le-reformisme\/<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le week-end des 9 au 11 d\u00e9cembre 2022 a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9 en France par la scission m\u00e9diatis\u00e9e du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA). 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