{"id":70837,"date":"2022-12-29T16:47:37","date_gmt":"2022-12-29T16:47:37","guid":{"rendered":"https:\/\/litci.org\/fr\/?p=70837"},"modified":"2022-12-30T08:56:06","modified_gmt":"2022-12-30T08:56:06","slug":"entretien-avec-ludmila-ouvriere-chez-arcelor-mittal-a-kryvyi-rih","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/litci.org\/fr\/entretien-avec-ludmila-ouvriere-chez-arcelor-mittal-a-kryvyi-rih\/","title":{"rendered":"Entretien avec Ludmila, ouvri\u00e8re chez Arcelor Mittal \u00e0 Kryvy\u00ef Rih"},"content":{"rendered":"\n<p>Le 26 d\u00e9cembre 2022<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Entretien r\u00e9alis\u00e9 avant que les coupures d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9, de gaz, d&rsquo;eau et d&rsquo;internet ne s&rsquo;aggravent.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Nous publions cette interview de la camarade Ludmila, ouvri\u00e8re chez Arcelor Mittal \u00e0 Kryvy\u00ef Rih et membre du syndicat des mineurs, qui participe \u00e0 la campagne de solidarit\u00e9 avec la r\u00e9sistance ukrainienne. Cette interview a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e il y a deux semaines, avant que les coupures d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9, de gaz, d&rsquo;eau et d&rsquo;internet ne s&rsquo;aggravent et ne paralysent davantage la situation.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Florence<\/strong> &#8211; Pour nous, cette campagne de solidarit\u00e9 internationale avec la r\u00e9sistance des travailleurs ukrainiens est et reste extr\u00eamement importante. Ici, aux \u00c9tats-Unis et dans de nombreux autres pays, nous avons organis\u00e9 des collectes de fonds aupr\u00e8s d&rsquo;autres secteurs de travailleurs industriels afin de recueillir une solidarit\u00e9 directe avec les travailleurs d&rsquo;Ukraine. Peux-tu nous parler d&rsquo;abord de la fa\u00e7on dont la guerre affecte les femmes dans les mines, sur le lieu de travail ?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ludmila<\/strong> &#8211; En ce moment, \u00e0 l&rsquo;usine et \u00e0 la mine, une proportion tr\u00e8s importante de femmes sont suspendues, mises \u00e0 pied, \u00e0 domicile, recevant deux tiers de leur salaire nominal. La plupart des hommes sont au front, et la plupart des femmes sont \u00e0 la maison, avec un salaire moindre. Dans mon cas, je travaille de fa\u00e7on temporaire, mais de janvier \u00e0 mars, nos contrats seront \u00e0 nouveau suspendus. Dans les mines, j&rsquo;ai ma s\u0153ur et mon fr\u00e8re, et moi, je suis \u00e0 l&rsquo;usine. \u00c0 la mine, ils travaillent en huit \u00e9quipes par mois, c&rsquo;est-\u00e0-dire que c&rsquo;est aussi un travail tr\u00e8s r\u00e9duit. Et non seulement il y a des suspensions de contrats, mais quand nous travaillons, \u00e0 cause des bombardements, les lumi\u00e8res s&rsquo;\u00e9teignent soudainement et tout s&rsquo;arr\u00eate, et nous nous retrouvons dans les mines et les usines dans l&rsquo;obscurit\u00e9 totale. La production s&rsquo;arr\u00eate, et des situations dangereuses apparaissent parce que les coupures sont impr\u00e9vues. Tout cela rend tr\u00e8s difficile l&rsquo;ex\u00e9cution des travaux de production et met notre s\u00e9curit\u00e9 en danger.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Florence<\/strong> &#8211; Lorsque nous avons r\u00e9alis\u00e9 le premier convoi de solidarit\u00e9 avec le syndicat, nous savons qu&rsquo;une partie des fonds a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e pour acheter des tasers pour l&rsquo;autod\u00e9fense des femmes. Peux-tu nous expliquer pourquoi il est important pour les femmes d&rsquo;avoir le droit \u00e0 l&rsquo;autod\u00e9fense, et nous parler de la vie quotidienne des femmes dans cette situation de guerre ?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ludmila<\/strong> : Cela se passe ainsi : les usines se&nbsp; trouvent sur de vastes territoires, et comme il y a moins de gens \u00e0 cause de la guerre, et que la production est \u00e0 moiti\u00e9 \u00e0 l&rsquo;arr\u00eat, et qu&rsquo;on travaille en horaires de nuit, avec en plus un taux de ch\u00f4mage de 30% de la population, on est confront\u00e9 \u00e0 une d\u00e9composition sociale et \u00e0 beaucoup de d\u00e9linquance. Nous sommes dans un contexte o\u00f9 il y a des personnes d\u00e9plac\u00e9es d&rsquo;autres villes qui arrivent, et ce sont des inconnus. Nous ne savons pas comment, soudainement, sur le territoire des usines, la nuit, apparaissent des types qui, bien s\u00fbr, viennent l\u00e0 pour voler quelque chose, pour prendre quelque chose, il y a l\u00e0 du m\u00e9tal, il y a des choses qui peuvent avoir de la valeur pour la revente sur le march\u00e9 noir, et donc, ils surgissent soudainement, de nulle part, et bien s\u00fbr, cela g\u00e9n\u00e8re de la peur et \u00e7a produit une situation de tension, la crainte de ne pas pouvoir se d\u00e9fendre.<\/p>\n\n\n\n<p>La ville o\u00f9 je vis et travaille est une ville ouvri\u00e8re, mais il y a beaucoup de gens qui viennent ici et qui ont d&rsquo;autres caract\u00e9ristiques, ils sont tr\u00e8s insolents, ou effront\u00e9s, dirions-nous. Il y a des secteurs lumpen, qui sont impliqu\u00e9s dans d&rsquo;autres activit\u00e9s. La situation devient donc difficile, avec des \u00e9trangers, des personnes qui se comportent de mani\u00e8re tr\u00e8s agressive, il est donc important pour nous d&rsquo;avoir les tasers.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Florence<\/strong> &#8211; Et comment \u00e7a se passe dans votre usine et dans la mine ? Nous savons qu&rsquo;\u00e0 ArcelorMittal, il existe 12 syndicats pour 14 000 travailleurs et que sur ces 12 syndicats, il n&rsquo;y a qu&rsquo;un seul syndicat ind\u00e9pendant, qui d\u00e9fend les travailleuses, et qui compte un tr\u00e8s petit nombre de membres. Les autres sont des syndicats d&rsquo;entreprise, des syndicats jaunes.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ludmila<\/strong> &#8211; Nous avons une guerre interne avec l&rsquo;entreprise, et cela se produit parce qu&rsquo;ils nous renvoient \u00e0 la maison en suspendant nos contrats de travail, avec deux tiers [de nos salaires]. Savez-vous ce que cela signifie ? \u00c7a veut dire 150 dollars par mois de salaire. Non, moins : 120. Ces 120 dollars font 5 000 hryvni, vous comprenez? Donc, cela met les gens sur la d\u00e9fensive, et pas seulement \u00e0 cause de la guerre, mais aussi \u00e0 cause de la guerre avec l&rsquo;entreprise, avec ce type d&rsquo;entreprise qui, arguant du manque de production avec l&rsquo;argument de la guerre&#8230; Nous avons au moins 300 camarades affili\u00e9s dans l&rsquo;usine qui sont de l&rsquo;entreprise, puis il y la sous-traitance, qui en repr\u00e9sente environ 150 de plus, au total ; pour une usine qui a 9 000 personnes de l&rsquo;entreprise, et en ajoutant les autres, jusqu&rsquo;\u00e0 14 000. Dans l&rsquo;usine et \u00e0 la mine, \u00e7a ferait 400 personnes au total. Dans l&rsquo;usine, la moiti\u00e9 des salari\u00e9es sont des femmes, c&rsquo;est-\u00e0-dire que sur 9 000 personnes dans l&rsquo;entreprise, 4 500 sont des femmes ; dans la mine, c&rsquo;est beaucoup moins, plus ou moins 10 %, j&rsquo;estime. Mais dans l&rsquo;usine, c&rsquo;est 50-50.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Florence<\/strong> &#8211; Peux-tu nous parler du r\u00f4le que jouent les femmes dans la r\u00e9sistance \u00e0 l&rsquo;invasion russe ?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ludmila<\/strong> &#8211; En ce qui concerne mes contacts directs avec les camarades femmes qui sont volontaires, dans mon atelier, c&rsquo;est-\u00e0-dire de la m\u00eame brigade de travail, de l&rsquo;\u00e9quipe de travail, j&rsquo;ai une camarade femme qui s&rsquo;est inscrite comme volontaire pour aller au front, mais elle n&rsquo;a pas encore \u00e9t\u00e9 appel\u00e9e. En g\u00e9n\u00e9ral, c&rsquo;est ce qui se passe. J&rsquo;ai vu cela aussi, qu&rsquo;ils ne recrutent pas, m\u00eame si beaucoup se sont inscrites comme volontaires. Dans notre syndicat, il y a beaucoup de femmes au front, m\u00eame si la plupart sont des hommes. Dans notre syndicat, il y a 10% des membres qui sont au front.<\/p>\n\n\n\n<p>Les femmes s&rsquo;organisent \u00e9galement pour assurer la nourriture de ceux qui sont dans les tranch\u00e9es, c&rsquo;est-\u00e0-dire pour pr\u00e9parer l&rsquo;aide humanitaire \u00e0 partir de ce qu&rsquo;elles re\u00e7oivent. Elles pr\u00e9parent des rations \u00e0 emporter au front de certains aliments tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9s, comme le fameux vareniki, qui est le plat traditionnel et le plus appr\u00e9ci\u00e9 de tout Ukrainien, ils sont tr\u00e8s heureux qu&rsquo;un peu de vareniki leur parvienne dans les tranch\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd&rsquo;hui, le travail des femmes pour aider le front est organis\u00e9 de deux mani\u00e8res : comme les grands froids ont commenc\u00e9 \u00e0 se faire sentir et que les gens ont commenc\u00e9 \u00e0 tomber malades, il y a des ateliers dans les villes qui se mettent en place par des entreprises ou des coop\u00e9ratives auto-organis\u00e9es, pour coudre des v\u00eatements de camouflage pour le front. Dans les tranch\u00e9es aussi, il y a des gens qui ne sont pas bless\u00e9s mais malades, ce qui est li\u00e9 \u00e0 des maladies du froid plus qu&rsquo;autre chose, et on envoie des m\u00e9dicaments. Les camarades femmes s&rsquo;organisent pour collecter des m\u00e9dicaments et les envoyer au front comme aide humanitaire. Et aussi dans les h\u00f4pitaux o\u00f9 se trouvent les bless\u00e9s, pour les soins, parce que ce que l&rsquo;h\u00f4pital lui-m\u00eame fournit n&rsquo;est pas suffisant, comme la nourriture et les v\u00eatements pour qu&rsquo;ils puissent se changer et ainsi de suite.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Erika<\/strong> &#8211; Je voudrais poser une question, mais je voulais d&rsquo;abord exprimer ma solidarit\u00e9 avec Ludmila. C&rsquo;est tr\u00e8s triste de savoir que vous \u00eates au milieu d&rsquo;une guerre, d&rsquo;une invasion comme celle-ci, et de la souffrance que cela doit \u00eatre pour toute la population et surtout pour les femmes. Nous savons que dans la vie quotidienne, il y a toujours la question de la double journ\u00e9e de travail, la surcharge de travail domestique pour les femmes, comment cela s&rsquo;intensifie-t-il dans le cadre de la guerre ? Quelles sont les cons\u00e9quences de la guerre pour les femmes en termes de soins familiaux, de garde des enfants, si les services fonctionnent encore, les cr\u00e8ches, les \u00e9coles ?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ludmila<\/strong> &#8211; Sur la question des enfants, l&rsquo;aide humanitaire des convois que vous avez envoy\u00e9s comprenait des \u00ab\u00a0Pampers\u00a0\u00bb &#8211; des couches jetables, une grande marque de couches jetables &#8211; parce qu&rsquo;il n&rsquo;y en avait pas ici, il y a une p\u00e9nurie. Et nous, les affili\u00e9es au syndicat, nous les avons distribu\u00e9es, et les camarades \u00e9taient tr\u00e8s reconnaissantes et nous disaient : \u00ab&nbsp;Eh bien, combien je te dois, combien c&rsquo;est ?&nbsp;\u2013 Rien du tout, c&rsquo;est une aide de solidarit\u00e9 d&rsquo;autres camarades&nbsp;\u00bb ! Oh, [r\u00e9pondaient-elles], surprises que quelque chose puisse \u00eatre gratuit dans cette situation o\u00f9 ils font tout payer, m\u00eame les uniformes des soldats. C&rsquo;est qu&rsquo;il y a aussi les affaires li\u00e9es \u00e0 la guerre. Et puis, le syndicat, avec cette aide, a montr\u00e9 une utilit\u00e9 quant aux besoins des m\u00e8res qui ont des enfants. Spasiba, spasiba (merci, merci), ma ch\u00e8re, disent-elles. Toutes les camarades vous transmettent, \u00e0 vous et \u00e0 tous ceux qui ont organis\u00e9 le convoi, un grand merci, un tr\u00e8s grand merci, de la part des camarades de la base qui sont l\u00e0. Moi, par exemple, j&rsquo;ai une m\u00e8re malade, et j&rsquo;ai re\u00e7u un petit montant d&rsquo;aide humanitaire au niveau de la ville, qu&rsquo;ils ont distribu\u00e9e. Maintenant, c&rsquo;est beaucoup plus difficile, car avec les bombardements, ils coupent l&rsquo;eau toutes les quatre heures, alors nous devons aller chercher de l&rsquo;eau ; il y a des coupures d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9, et il est beaucoup plus difficile d&rsquo;organiser la vie de la maison et de la famille. Ma m\u00e8re vit avec moi, je dois donc m&rsquo;occuper d&rsquo;elle. Ma m\u00e8re a 74 ans et ne quitte pas la maison, elle est dans une situation de grande d\u00e9pendance et il faut que quelqu&rsquo;un vienne constamment l&rsquo;aider. Il y a aussi un gros probl\u00e8me avec les enfants qui sont \u00e0 la maison et qui ne peuvent pas aller \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole. Il y a beaucoup de probl\u00e8mes avec l&rsquo;\u00e9ducation, parce que les enfants veulent aller \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole, mais, bon, avec les bombardements, on ne peut pas&#8230;..<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Marisa<\/strong> &#8211; Ici, au Br\u00e9sil, nous sommes au courant de cette guerre absurde qui se d\u00e9roule en Ukraine, que la Russie a envahie, et de quelques nouvelles qui sont arriv\u00e9es ici et que j&rsquo;aimerais que tu commentes, au sujet de la violence contre les femmes dans la guerre, parce que nous avons un exemple ici &#8211; qui n&rsquo;\u00e9tait pas vraiment une guerre, mais c&rsquo;\u00e9tait comme si c&rsquo;\u00e9tait une guerre contre les pauvres &#8211; dans laquelle le Br\u00e9sil a envahi Ha\u00efti pour garantir (entre guillemets) \u00ab\u00a0la paix en Ha\u00efti\u00a0\u00bb et il y a eu plus de 2.000 d\u00e9nonciations de viols de femmes en Ha\u00efti, et nous savons que cette pratique est une tactique de guerre, une tactique militaire, la violence contre les femmes. Je voulais savoir si c&rsquo;\u00e9tait le cas en Ukraine, s&rsquo;il y a aussi cette pratique de violence contre les femmes l\u00e0-bas.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ludmila<\/strong> &#8211; C&rsquo;est vrai. Il est absolument certain que le viol et les abus sont des armes de guerre ; ils existent et nous les connaissons. Ici, ce n&rsquo;est pas une zone occup\u00e9e par des troupes, mais c&rsquo;est toujours une situation tr\u00e8s tendue pour nous de sortir de la maison, \u00e0 cause de l&rsquo;obscurit\u00e9. Outre le fait qu&rsquo;en hiver, la p\u00e9riode d&rsquo;obscurit\u00e9 est beaucoup plus longue ici, et qu&rsquo;il y a maintenant des coupures de courant, ils allument un peu les lumi\u00e8res \u00e0 5 heures du matin parce que c&rsquo;est le moment o\u00f9 les gens sortent pour aller travailler, puis ils les coupent \u00e0 nouveau. Et c&rsquo;est plus ou moins \u00e7a. Je dis toujours : n&rsquo;ouvrez \u00e0 personne, je ferme tout, je sors avec mon spray, avec mon taser, pour me rassurer, mais c&rsquo;est vraiment l&rsquo;obscurit\u00e9 et une situation tendue qu&rsquo;on vit jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;on arrive au travail et, comme je l&rsquo;ai expliqu\u00e9, au travail aussi ; ce sentiment de vuln\u00e9rabilit\u00e9 qui existe. Et il y a beaucoup de toxicomanes, pas seulement des alcooliques, mais des drogu\u00e9s de toutes sortes. De plus, parmi les occupants russes, il y a beaucoup de toxicomanes qui n&rsquo;ont pas toute leur t\u00eate.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Florence<\/strong> &#8211; Merci beaucoup, Ludmila, nous allons continuer la campagne de solidarit\u00e9 ouvri\u00e8re avec la classe ouvri\u00e8re ukrainienne. La solidarit\u00e9 mat\u00e9rielle est plus importante aujourd&rsquo;hui que jamais, avec l&rsquo;arriv\u00e9e de l&rsquo;hiver et les effets destructeurs des bombardements sur les infrastructures d&rsquo;eau et d&rsquo;\u00e9nergie en Ukraine.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ludmila<\/strong> : Tout ce que je vous dis, les filles, c&rsquo;est que je vous remercie beaucoup, \u00e9norm\u00e9ment, pour toute cette campagne de solidarit\u00e9 que vous faites, et qui nous renforce beaucoup ici. Je partage \u00e9galement avec vous le fait que j&rsquo;attends avec impatience le moment o\u00f9 la guerre sera termin\u00e9e et o\u00f9 nous pourrons nous rencontrer en temps de paix et continuer \u00e0 \u00e9changer sur ces questions.<\/p>\n\n\n\n<p>Cr\u00e9dits image : Katya Gritseva<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 26 d\u00e9cembre 2022 Entretien r\u00e9alis\u00e9 avant que les coupures d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9, de gaz, d&rsquo;eau et d&rsquo;internet ne s&rsquo;aggravent. 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