{"id":70792,"date":"2022-12-07T11:25:32","date_gmt":"2022-12-07T11:25:32","guid":{"rendered":"https:\/\/litci.org\/fr\/?p=70792"},"modified":"2022-12-07T11:28:51","modified_gmt":"2022-12-07T11:28:51","slug":"un-bref-apercu-de-notre-histoire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/litci.org\/fr\/un-bref-apercu-de-notre-histoire\/","title":{"rendered":"Un bref aper\u00e7u de notre histoire"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><em>Depuis les ann\u00e9es 1940, nous menons une bataille longue et difficile pour construire des partis r\u00e9volutionnaires avec une influence de masse dans tous les pays et pour construire une Internationale. Nous concevons cette lutte comme la continuation de la lutte men\u00e9e par Marx, Engels, Rosa Luxemburg, Karl Liebknecht, L\u00e9nine et Trotski pour construire la I, II, III et IV<sup>e<\/sup> Internationale.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Par Alicia Sagra<\/p>\n\n\n\n<p>Nous revendiquons les Premi\u00e8re et Deuxi\u00e8me Internationales comme faisant partie de notre pass\u00e9, mais notre mod\u00e8le de parti mondial est la Troisi\u00e8me, connue sous le nom d&rsquo;Internationale communiste. Elle r\u00e9pond aux besoins de l&rsquo;\u00e9poque imp\u00e9rialiste dans laquelle nous vivons, tant dans les propositions programmatiques de ses quatre premiers congr\u00e8s, que dans son r\u00e9gime interne, le centralisme d\u00e9mocratique.<\/p>\n\n\n\n<p>La Troisi\u00e8me Internationale a d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9, puis a \u00e9t\u00e9 dissoute par le stalinisme. L&rsquo;Opposition de gauche, puis la Quatri\u00e8me Internationale ont \u00e9t\u00e9 le noyau des r\u00e9volutionnaires qui ont le plus syst\u00e9matiquement fait face \u00e0 cette d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence. Aujourd&rsquo;hui, la plupart des courants qui se r\u00e9clamaient du quartisme ont abandonn\u00e9 son programme. Mais il y a d&rsquo;autres courants qui se r\u00e9clament de la Quatri\u00e8me Internationale, qui revendiquent son programme, le Programme de Transition, qui organisent des forums en son nom, qui \u00e0 l&rsquo;occasion r\u00e9alisent des actions communes en hommage \u00e0 Trotski. Certains de ces courants s&rsquo;appellent m\u00eame la Quatri\u00e8me Internationale. Mais la tragique r\u00e9alit\u00e9 est que, plus de huit d\u00e9cennies apr\u00e8s sa fondation, la Quatri\u00e8me Internationale en tant qu&rsquo;organisation centralis\u00e9e, en tant que Parti de la r\u00e9volution socialiste mondiale, n&rsquo;existe pas. Les revers de la lutte des classes et les d\u00e9rives de ses dirigeants, apr\u00e8s l&rsquo;assassinat de Trotski, ont provoqu\u00e9 sa dispersion. Sa reconstruction est l&rsquo;objectif strat\u00e9gique que la LIT-QI s&rsquo;est donn\u00e9 depuis sa fondation.<\/p>\n\n\n\n<p>Beaucoup demandent : \u00ab\u00a0pourquoi reconstruire la IV, si elle n&rsquo;est que le synonyme de trotskisme ?\u00a0\u00bb. Aujourd&rsquo;hui, en toute honn\u00eatet\u00e9, le trotskisme existe en tant que courant diff\u00e9renci\u00e9, puisqu&rsquo;il est synonyme de la lutte cons\u00e9quente contre la bureaucratie et pour la d\u00e9mocratie ouvri\u00e8re. Il en est ainsi, malgr\u00e9 le fait que beaucoup de ceux qui continuent \u00e0 s&rsquo;identifier comme trotskistes, trahissent ces drapeaux. Mais \u00e0 son \u00e9poque, Trotski s&rsquo;est toujours oppos\u00e9 \u00e0 ce que son courant soit d\u00e9fini comme trotskiste, car il ne le consid\u00e9rait pas comme un secteur diff\u00e9renci\u00e9 du l\u00e9ninisme. C&rsquo;est pourquoi, lorsqu&rsquo;il a utilis\u00e9 le terme \u00ab\u00a0trotskisme\u00a0\u00bb, il l&rsquo;a mis entre guillemets. En r\u00e9alit\u00e9, ce terme a \u00e9t\u00e9 impos\u00e9 par le stalinisme, comme une insulte, pour indiquer que ceux qui soutenaient Trotski pendant la bataille contre la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence n&rsquo;\u00e9taient pas des l\u00e9ninistes. A cette \u00e9poque, le courant dirig\u00e9 par Trotski se d\u00e9signait lui-m\u00eame comme \u00ab\u00a0<em>bolchevik l\u00e9niniste<\/em>\u00ab\u00a0. C&rsquo;est ce courant qui a donn\u00e9 naissance \u00e0 l&rsquo;Opposition de gauche, puis \u00e0 la Quatri\u00e8me Internationale.<\/p>\n\n\n\n<p>La IV est n\u00e9e pour d\u00e9fendre les principes du marxisme et du l\u00e9ninisme, attaqu\u00e9s par Staline \u2013 l&rsquo;internationalisme, la d\u00e9mocratie ouvri\u00e8re et le pouvoir des travailleurs \u2013 et pour proposer une politique offensive dans la lutte contre le nazisme et la Seconde Guerre mondiale, apr\u00e8s la capitulation de Staline.<\/p>\n\n\n\n<p>La Quatri\u00e8me Internationale est la continuation de la Troisi\u00e8me Internationale dirig\u00e9e par L\u00e9nine et elle est synonyme de la lutte consciente contre la contre-r\u00e9volution stalinienne. Il est n\u00e9cessaire de la reconstruire, et non pas de construire une Internationale s\u00e9par\u00e9e, car ses principes et ses bases th\u00e9orico-programmatiques, exprim\u00e9es dans le \u00ab\u00a0Programme de transition\u00a0\u00bb et dans la \u00ab\u00a0Th\u00e9orie de la r\u00e9volution permanente\u00a0\u00bb, restent valables, ind\u00e9pendamment des mises \u00e0 jour \u00e9videntes qui doivent \u00eatre faites.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Programme de transition syst\u00e9matise les r\u00e9solutions des quatre premiers congr\u00e8s de la Troisi\u00e8me Internationale : la lutte contre le sectarisme et l&rsquo;opportunisme, la position \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard du parlement, des nationalit\u00e9s opprim\u00e9es, de la question noire et de la question femme, le contr\u00f4le ouvrier, le front unique ouvrier, les milices, les soviets, le gouvernement ouvrier et paysan, la dictature du prol\u00e9tariat. Comme \u00e9l\u00e9ment nouveau, il incorpore la n\u00e9cessit\u00e9 de faire une nouvelle r\u00e9volution en URSS, la r\u00e9volution politique contre la bureaucratie. Le programme de transition, suivant l&rsquo;orientation du Quatri\u00e8me Congr\u00e8s de la Troisi\u00e8me Internationale, d\u00e9passe la division entre le programme minimum et le programme maximum. Il donne la m\u00e9thode pour \u00e9lever les masses au niveau du programme de la r\u00e9volution socialiste, par l&rsquo;\u00e9laboration d&rsquo;un syst\u00e8me de revendications transitoires qui partent des besoins et du niveau de conscience actuel pour les conduire \u00e0 la lutte pour la conqu\u00eate du pouvoir par le prol\u00e9tariat.<\/p>\n\n\n\n<p>La Th\u00e9orie de la R\u00e9volution Permanente affirme qu&rsquo;au stade imp\u00e9rialiste, la bourgeoisie n&rsquo;est pas en mesure de r\u00e9aliser ses proclamations, c&rsquo;est donc la classe ouvri\u00e8re qui doit prendre en charge les revendications d\u00e9mocratiques qui, dans le processus de r\u00e9volution, se combinent avec les t\u00e2ches socialistes ; elle souligne la n\u00e9cessit\u00e9 pour la classe ouvri\u00e8re de diriger le processus et de le d\u00e9velopper au niveau mondial. Cette th\u00e9orie \u00e9labor\u00e9e par Trotski, a \u00e9t\u00e9 magistralement concr\u00e9tis\u00e9e en tant que politique, avec les Th\u00e8ses d&rsquo;avril \u00e9labor\u00e9es par L\u00e9nine, \u00e0 son arriv\u00e9e en Russie en 1917.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;actualit\u00e9 de ces pr\u00e9misses rend impossible aujourd&rsquo;hui l&rsquo;\u00e9laboration d&rsquo;un programme r\u00e9volutionnaire qui ne parte pas du Programme de transition et de la Th\u00e9orie de la r\u00e9volution permanente. Par cons\u00e9quent, tout r\u00e9volutionnaire qui veut lutter pour la d\u00e9faite de l&rsquo;imp\u00e9rialisme et de la bureaucratie et pour le triomphe du socialisme au niveau mondial, quelle que soit son origine, se rapproche, m\u00eame inconsciemment, des positions centrales de la Quatri\u00e8me Internationale.<\/p>\n\n\n\n<p>Face aux processus r\u00e9volutionnaires en Am\u00e9rique latine au XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle (\u00c9quateur en 2000, Argentine 2001, Venezuela 2002, Br\u00e9sil 2003, Chili 2019), aux multiples mobilisations des masses europ\u00e9ennes contre la guerre en 2003, \u00e0 la r\u00e9sistance h\u00e9ro\u00efque du peuple irakien, \u00e0 la r\u00e9sistance permanente en Palestine, aux \u00e9normes mobilisations apr\u00e8s l&rsquo;assassinat de George Floyd, aux insurrections comme celles du Sri Lanka et de l&rsquo;Iran, au g\u00e9nocide provoqu\u00e9 par la politique de la bourgeoisie et de l&rsquo;imp\u00e9rialisme face \u00e0 la pand\u00e9mie, nous ressentons l&rsquo;impuissance de ne pas pouvoir compter sur un parti r\u00e9volutionnaire mondial pour diriger ces luttes vers une confrontation unifi\u00e9e contre l&rsquo;imp\u00e9rialisme et la lutte pour le pouvoir dans les diff\u00e9rents pays. Nous pourrions tirer une conclusion similaire en ce qui concerne les processus r\u00e9volutionnaires de 1989, 1990 et 1991, qui ont d\u00e9truit les r\u00e9gimes \u00e0 parti unique de l&rsquo;ex-URSS et de l&rsquo;Europe de l&rsquo;Est, mais qui, faute d&rsquo;une direction r\u00e9volutionnaire, n&rsquo;ont pas r\u00e9ussi \u00e0 inverser le processus de restauration capitaliste qui avait commenc\u00e9 plusieurs ann\u00e9es auparavant.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout ceci est une confirmation palpable de la n\u00e9cessit\u00e9 de reconstruire la Quatri\u00e8me Internationale afin de pouvoir avancer vers des victoires durables dans la lutte contre l&rsquo;imp\u00e9rialisme.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette reconstruction n&rsquo;est pas la t\u00e2che des seuls \u00ab\u00a0trotskistes\u00a0\u00bb, ni de tous ceux qui se r\u00e9clament du \u00ab\u00a0trotskisme\u00a0\u00bb, mais de tous ceux qui adh\u00e8rent \u00e0 ses bases programmatiques. Trotski voyait la construction de la IV comme une t\u00e2che non seulement de l&rsquo;Opposition de gauche (les \u00ab\u00a0trotskistes\u00a0\u00bb de l&rsquo;\u00e9poque) mais de tous ceux qui \u00e9taient d&rsquo;accord avec les principes, le programme et la politique l\u00e9ninistes. L&rsquo;avanc\u00e9e du nazisme et du stalinisme dans les ann\u00e9es 1930 a provoqu\u00e9 la capitulation d&rsquo;organisations et de dirigeants avec lesquels Trotski travaillait \u00e0 la construction de la nouvelle Internationale. Pour cette raison, et en raison du besoin urgent de mat\u00e9rialiser une organisation centralis\u00e9e qui pr\u00e9serverait les principes marxistes r\u00e9volutionnaires, la Quatri\u00e8me Internationale a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e uniquement par ceux qui faisaient partie de l&rsquo;Opposition de gauche internationale, et non par tous ceux mentionn\u00e9s plus haut, puisque plusieurs d&rsquo;entre eux ont renonc\u00e9 \u00e0 cette t\u00e2che. Malgr\u00e9 cela, Trotski n&rsquo;a pas abandonn\u00e9 son objectif de lutter pour une internationale de masse, o\u00f9 les \u00ab\u00a0trotskistes\u00a0\u00bb pourraient m\u00eame \u00eatre en minorit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous ne nous consid\u00e9rons pas comme les seuls r\u00e9volutionnaires au monde. Nous ne croyons pas non plus que la solution \u00e0 la crise de direction r\u00e9volutionnaire r\u00e9side dans la croissance v\u00e9g\u00e9tative de notre courant. Au contraire, nous avons toujours eu l&rsquo;obsession de parvenir \u00e0 des accords r\u00e9volutionnaires, tant au niveau national qu&rsquo;international. Par cons\u00e9quent, notre histoire est une histoire de fusions, de tentatives de fusions&nbsp;; et aussi de ruptures, que les principaux faits de la lutte des classes ont provoqu\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette longue et difficile bataille pour construire l&rsquo;Internationale, nous avons connu quelques succ\u00e8s et fait de nombreuses erreurs. En janvier 1982, lors de la fondation de la LIT-QI, Nahuel Moreno d\u00e9clarait : \u00ab\u00a0<em>Les dirigeants du mouvement trotskiste se consid\u00e9raient comme des colosses qui ne se trompaient jamais. Cependant, le trotskisme dirig\u00e9 par eux \u00e9tait lamentable..<\/em>.\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0&#8230;<em>Cette exp\u00e9rience de toujours marcher au milieu des \u00ab\u00a0g\u00e9nies\u00a0\u00bb nous a conduit \u00e0 faire indirectement de la propagande aupr\u00e8s de notre base pour la convaincre que nous nous trompions beaucoup, qu&rsquo;elle devait penser par elle-m\u00eame, puisque notre direction n&rsquo;est pas une garantie de g\u00e9nie. Nous voulons par tous les moyens inculquer un esprit autocritique, marxiste, et non pas une foi religieuse en une modeste direction, provinciale par sa formation et barbare par sa culture. C&rsquo;est pourquoi nous croyons en la d\u00e9mocratie interne et nous la consid\u00e9rons comme une n\u00e9cessit\u00e9 incontournable&#8230; Nous progressons gr\u00e2ce aux erreurs et aux attaques et nous n&rsquo;avons pas honte de le dire<\/em>&#8230;\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0&#8230;<em>Le probl\u00e8me est de savoir comment faire moins d&rsquo;erreurs, qualitativement et quantitativement. \u00c0 mon avis, la tendance est de faire de moins en moins d&rsquo;erreurs si nous sommes dans une organisation internationale et sur la base du centralisme d\u00e9mocratique. Pour moi, c&rsquo;est un fait. J&rsquo;affirme cat\u00e9goriquement que tout parti national qui n&rsquo;est pas dans une organisation bolchevique internationale, avec une direction internationale, commet de plus en plus d&rsquo;erreurs et une erreur qualitative : parce qu&rsquo;elle est nationale-trotskiste, elle finit in\u00e9vitablement par renier la Quatri\u00e8me Internationale et adopter des positions opportunistes ou sectaires pour ensuite dispara\u00eetre<\/em>&#8230;\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"544\" height=\"564\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/40_2.webp?resize=544%2C564&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-70794\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/40_2.webp?w=544&amp;ssl=1 544w, https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/40_2.webp?resize=289%2C300&amp;ssl=1 289w, https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/40_2.webp?resize=150%2C156&amp;ssl=1 150w, https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/40_2.webp?resize=300%2C311&amp;ssl=1 300w\" sizes=\"(max-width: 544px) 100vw, 544px\" data-recalc-dims=\"1\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Nahuel Moreno en 1980<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>NOS ORIGINES<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le courant qui s&rsquo;appelle aujourd&rsquo;hui LIT-QI existe, en tant que courant international, sous diff\u00e9rents noms, depuis 1953. Au niveau national, il est apparu en Argentine en 1943 sous la forme d&rsquo;un petit groupe dirig\u00e9 par Nahuel Moreno, le GOM (<em>Grupo Obrero Marxista<\/em>). Les fr\u00e8res Boris et Rita Galub, Mauricio Czizik et Daniel Pereyra (jeunes issus de familles ouvri\u00e8res), et Moreno et \u00ab\u00a0Abrahancito\u00a0\u00bb qui venaient de la classe moyenne, ont \u00e9t\u00e9 les premiers membres du groupe. Ces jeunes tenaient des r\u00e9unions d&rsquo;\u00e9tude depuis un certain temps, lorsque Moreno, avec l&rsquo;aide, selon lui d\u00e9cisive, de Fidel Ortiz Saavedra (un ouvrier bolivien, semi-analphab\u00e8te), les a convertis au trotskisme. En 1943, ils se sont constitu\u00e9s en groupe, avec pour objectif central d&rsquo;aller vers la classe ouvri\u00e8re, en essayant de d\u00e9passer le caract\u00e8re marginal, boh\u00e8me et intellectuel du mouvement trotskiste argentin.<\/p>\n\n\n\n<p>Notre courant en Argentine a port\u00e9 des noms diff\u00e9rents. <em>Grupo Obrero Marxista<\/em> (Groupe Ouvrier Marxiste) entre 1943 et 1948. <em>Partido Obrero Revolucionario<\/em> (Parti Ouvrier R\u00e9volutionnaire) entre 1948 et 1956 (publiquement : <em>Federaci\u00f3n Bonaerense del Partido Socialista &#8211; Revoluci\u00f3n Nacional<\/em>, F\u00e9d\u00e9ration de Buenos Aires du Parti Socialiste &#8211; R\u00e9volution nationale, entre 1954 et 1955). <em>Movimiento de Organizaciones Obreras<\/em> (Mouvement d&rsquo;Organisations Ouvri\u00e8res) en 1956 et 1957. Entre 1957 et 1965, nous \u00e9tions connus sous le nom de notre journal, <em>Palavra Obrera<\/em> (Parole ouvri\u00e8re). <em>Partido Revolucionario de los Trabajadores <\/em>(Parti r\u00e9volutionnaire des travailleurs) \u00e0 partir de 1965 et <em>PRT &#8211; La Verdad<\/em> (La V\u00e9rit\u00e9) apr\u00e8s la rupture avec Santucho en 1968. <em>Partido Socialista de los Trabajadores<\/em> (Parti socialiste des Travailleurs) de 1971 \u00e0 1982. <em>Movimiento Al Socialismo<\/em> (Mouvement pour le socialisme) de 1982 \u00e0 1997, date \u00e0 laquelle ce qui restait de ce parti a rompu avec la LIT-QI.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s cette rupture, en 1997, se forme <em>Lucha Socialista<\/em> (Lutte Socialiste) puis le FOS <em>(Frente Obrera Socialista<\/em> &#8211; Front ouvrier socialiste) avec les militants de l&rsquo;ancien MAS qui n&rsquo;ont pas suivi sa direction et sont rest\u00e9s dans la LIT. En 2011, le FOS s&rsquo;est unifi\u00e9 avec un autre secteur de militants issus de l&rsquo;\u00e9clatement du MAS : le COI, <em>Dignidad de C\u00f3rdoba<\/em> (Dignit\u00e9 de Cordoue), FUR de Comodoro Rivadavia, pour donner naissance \u00e0 l&rsquo;actuel PSTU-A (Parti Socialiste des Travailleurs Unifi\u00e9 d&rsquo;Argentine).<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant les premi\u00e8res ann\u00e9es, nous avons eu une <strong>d\u00e9viation ouvri\u00e9riste, sectaire et propagandiste<\/strong>. Aucun travail n&rsquo;\u00e9tait fait parmi les \u00e9tudiants et l&rsquo;axe des activit\u00e9s \u00e9tait de donner des cours sur le Manifeste Communiste et d&rsquo;autres textes classiques. Entre 1944 et 1948, nous avons eu, en plus de cela, une autre d\u00e9viation, la <strong>d\u00e9viation nationale-trotskiste<\/strong>. Autrement dit, celle de croire qu&rsquo;il existait une solution aux probl\u00e8mes du mouvement trotskiste et des travailleurs, au sein m\u00eame du pays. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;en 1948 que notre courant a commenc\u00e9 \u00e0 intervenir dans la vie de l&rsquo;Internationale, en participant \u00e0 son deuxi\u00e8me congr\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;intervention dans les luttes ouvri\u00e8res et dans l&rsquo;Internationale a permis de surmonter les d\u00e9viations et de renforcer le groupe. La participation en 1945 \u00e0 la gr\u00e8ve de l&rsquo;usine de conditionnement de viande Anglo-Ciabasa (les usines de conditionnement de viande \u00e9taient le principal secteur ouvrier \u00e0 cette \u00e9poque en Argentine) a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s importante et a permis de gagner presque tous les camarades du comit\u00e9 d&rsquo;usine. Apr\u00e8s l&rsquo;exp\u00e9rience de la gr\u00e8ve de la viande, un groupe de camarades du GOM, dont Moreno, est all\u00e9 vivre \u00e0 Villa Pobladora, un quartier ouvrier d&rsquo;Avellaneda, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque l&rsquo;une des plus grandes concentrations ouvri\u00e8res d&rsquo;Am\u00e9rique latine. L\u00e0, ils ont commenc\u00e9 \u00e0 travailler au <em>Club Social Corazones Unidos<\/em> (C\u0153urs Unis). Moreno a rapidement \u00e9t\u00e9 \u00e9lu pr\u00e9sident du club. Depuis ce club, ils donnaient des cours et des conf\u00e9rences, tout en menant des activit\u00e9s sociales et culturelles et en \u00e9tant \u00e9troitement li\u00e9s \u00e0 la vie des travailleurs de la r\u00e9gion. A partir de ce travail, le petit groupe est pass\u00e9 \u00e0 une centaine de membres.<\/p>\n\n\n\n<p>Petit \u00e0 petit, le groupe s&rsquo;est renforc\u00e9 dans d&rsquo;autres usines. Ils sont parvenus \u00e0 diriger des usines de tubes de ciment et de cuir. Bien qu&rsquo;il n&rsquo;y ait eu que 100 tr\u00e8s jeunes militants, le groupe s&rsquo;est affirm\u00e9 dans la classe et c&rsquo;est ainsi que se sont construits de grands cadres ouvriers, le plus grand exemple \u00e9tant El\u00edas Rodr\u00edguez, que nous consid\u00e9rons aujourd&rsquo;hui avec fiert\u00e9 comme un \u00e9l\u00e9ment central de la tradition de notre tendance.<\/p>\n\n\n\n<p>Le parti argentin, avec le SWP, qui avait \u00e9t\u00e9 construit sous la direction personnelle de Trotski, est devenu le parti le plus ouvrier du mouvement trotskiste.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce processus, nous avons surmont\u00e9 notre sectarisme et notre propagandisme, mais nous sommes tomb\u00e9s dans une d\u00e9viation syndicaliste, qui a commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre surmont\u00e9e plus tard gr\u00e2ce \u00e0 notre participation \u00e0 l&rsquo;Internationale.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LA PARTICIPATION \u00c0 LA QUATRI\u00c8ME INTERNATIONALE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La direction de la Quatri\u00e8me Internationale apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale, compos\u00e9e du SWP (USA), de Pablo (Gr\u00e8ce), Mandel (Belgique) et Franck (France), \u00e9tait tr\u00e8s jeune et inexp\u00e9riment\u00e9e et n&rsquo;a pas pu surmonter l&rsquo;affaiblissement qualitatif caus\u00e9 par l&rsquo;assassinat de Trotski en 1940. La caract\u00e9ristique centrale de la Quatri\u00e8me Internationale \u00e0 cette \u00e9poque \u00e9tait son sectarisme. Son deuxi\u00e8me congr\u00e8s en est un exemple. Il s&rsquo;est tenu en 1948 au milieu de grands changements : en Chine se d\u00e9veloppait une r\u00e9volution qui allait triompher moins d&rsquo;un an plus tard, en Tch\u00e9coslovaquie, les ministres bourgeois \u00e9taient \u00e9cart\u00e9s du gouvernement et l&rsquo;expropriation de la bourgeoisie commen\u00e7ait, un processus qui se d\u00e9roulait d\u00e9j\u00e0 en Yougoslavie depuis 1947. Le Congr\u00e8s a ignor\u00e9 ces faits et le centre de la discussion \u00e9tait le caract\u00e8re de classe de l&rsquo;URSS et la question de savoir s&rsquo;il fallait ou non la d\u00e9fendre contre les attaques imp\u00e9rialistes. Une controverse qui avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 r\u00e9gl\u00e9e dans le parti yankee du vivant de Trotski, en 1939-40.<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 le caract\u00e8re sectaire et propagandiste de ce congr\u00e8s, la participation \u00e0 celui-ci a constitu\u00e9 un \u00e9l\u00e9ment qualitatif pour le GOM. \u00c0 partir de ce moment, il a commenc\u00e9 \u00e0 travailler dans un cadre international. Il a commenc\u00e9 \u00e0 donner beaucoup de poids, dans ses analyses et ses caract\u00e9risations, \u00e0 l&rsquo;imp\u00e9rialisme et \u00e0 ses relations avec les bourgeoisies nationales. Une grande importance a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 accord\u00e9e aux d\u00e9finitions internationales, comme ce fut le cas de la position prise par le GOM, dans le cadre de la Quatri\u00e8me Internationale, en faveur de la Cor\u00e9e du Nord dans sa confrontation avec la Cor\u00e9e du Sud. Moreno a toujours revendiqu\u00e9 comme un fait qualitatif l&rsquo;entr\u00e9e du GOM dans la IV<sup>e<\/sup> Internationale, bien que notre groupe n&rsquo;ait jamais \u00e9t\u00e9 reconnu comme une section officielle. \u00c0 ce moment-l\u00e0, la section officielle \u00e9tait le groupe dirig\u00e9 par Posadas.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LA DISCUSSION SUR LES NOUVEAUX \u00c9TATS D&rsquo;EUROPE DE L&rsquo;EST<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En 1949, la discussion sur le caract\u00e8re de classe de ces \u00c9tats commence dans la Quatri\u00e8me Internationale. Moreno affirme que la fa\u00e7on dont cette discussion s&rsquo;est d\u00e9roul\u00e9e est un excellent exemple de centralisme d\u00e9mocratique. Il y avait deux positions : pour Mandel (Belgique) et Cannon (USA), ces \u00c9tats \u00e9taient capitalistes. La position de Pablo (Gr\u00e8ce), soutenue avec quelques objections par Hansen (USA) et Moreno (Argentine), d\u00e9fendait l\u2019id\u00e9e que de nouveaux \u00c9tats ouvriers avaient \u00e9merg\u00e9. La controverse a \u00e9t\u00e9 r\u00e9solue relativement rapidement. Mandel et Cannon ont reconnu l&rsquo;existence d&rsquo;un v\u00e9ritable processus r\u00e9volutionnaire en Europe de l&rsquo;Est et l&rsquo;\u00e9mergence de nouveaux \u00c9tats ouvriers d\u00e9form\u00e9s. Cette victoire politique a augment\u00e9 le prestige de Pablo dans les rangs de l&rsquo;Internationale. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;on en est arriv\u00e9 au troisi\u00e8me congr\u00e8s en 1951.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LA LUTTE CONTRE LE PABLISME<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En 1951, en pleine guerre froide, tous les commentateurs internationaux affirmaient qu&rsquo;un affrontement arm\u00e9 entre les \u00c9tats-Unis et l&rsquo;URSS \u00e9tait in\u00e9vitable. Pablo et Mandel, impressionn\u00e9s par les analyses de la presse bourgeoise, en sont arriv\u00e9s \u00e0 une conclusion funeste pour l&rsquo;Internationale : pour eux, la troisi\u00e8me guerre mondiale \u00e9tait in\u00e9vitable. Et ils soutenaient que face \u00e0 l&rsquo;attaque imp\u00e9rialiste, les partis communistes, dans leur empressement \u00e0 d\u00e9fendre l&rsquo;URSS, adopteraient des m\u00e9thodes violentes pour affronter les \u00c9tats-Unis et que cela les conduirait \u00e0 lutter pour le pouvoir dans diff\u00e9rentes parties du monde. La m\u00eame chose se produirait avec les mouvements nationalistes bourgeois dans les pays d\u00e9pendants.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur la base de cette analyse, Pablo et Mandel, consid\u00e9rant qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas le temps de construire des partis trotskistes avant le d\u00e9clenchement de cette troisi\u00e8me guerre, ont propos\u00e9 un \u00ab\u00a0entrisme sui generis\u00a0\u00bb dans les partis communistes et nationalistes bourgeois, et de les suivre sans critique jusqu&rsquo;apr\u00e8s la prise du pouvoir. Le but de cet \u00ab\u00a0entrisme sui generis\u00a0\u00bb \u00e9tait d&rsquo;orienter leurs directions (consid\u00e9r\u00e9es par eux comme centristes) vers des positions r\u00e9volutionnaires. La majorit\u00e9 du trotskisme international, dirig\u00e9e par la section fran\u00e7aise, a refus\u00e9 d&rsquo;appliquer cette politique. Notre groupe, le POR argentin (nouveau nom pris par le GOM) a d\u00e9nonc\u00e9 le fait que cette position, qui abandonnait la d\u00e9finition de la bureaucratie stalinienne comme contre-r\u00e9volutionnaire et renon\u00e7ait \u00e0 lutter contre elle, \u00e9tait une r\u00e9vision compl\u00e8te de points essentiels du programme trotskiste. Nous affirmions que ces positions d\u00e9coulaient du caract\u00e8re petit-bourgeois, impressionniste et intellectuel des dirigeants europ\u00e9ens.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LA R\u00c9VOLUTION BOLIVIENNE. LA DIVISION DE LA QUATRI\u00c8ME INTERNATIONALE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ces d\u00e9finitions de la direction de la IV ont eu des r\u00e9percussions politiques importantes. Avec cette caract\u00e9risation, Pablo s&rsquo;est oppos\u00e9 \u00e0 l&rsquo;exigence du retrait des chars russes qui ont affront\u00e9 le soul\u00e8vement des travailleurs de Berlin en 1953, soutenant de fait la bureaucratie sovi\u00e9tique. Mais la cons\u00e9quence la plus tragique de cette politique a \u00e9t\u00e9 la trahison de la r\u00e9volution bolivienne.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1952, une r\u00e9volution ouvri\u00e8re typique a lieu en Bolivie ; les travailleurs organisent des milices, vainquent militairement la police et l&rsquo;arm\u00e9e, et la COB (Centrale ouvri\u00e8re bolivienne) \u00e9merge comme un organe de double pouvoir. Les mines sont nationalis\u00e9es et la r\u00e9volution paysanne \u00e9clate, envahissant les latifundia et occupant les terres. Jusqu&rsquo;en 1954, la principale force arm\u00e9e en Bolivie \u00e9tait constitu\u00e9e par les milices ouvri\u00e8res dirig\u00e9es par la COB.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis les ann\u00e9es 1940, l&rsquo;organisation trotskiste bolivienne (POR) avait gagn\u00e9 une \u00e9norme influence dans le mouvement ouvrier. Elle comptait dans ses rangs d&rsquo;importants dirigeants des mineurs, des dirigeants d&rsquo;usines et des dirigeants paysans. Son principal leader, Guillermo Lora, \u00e9tait l&rsquo;auteur des th\u00e8ses de Pulacayo, une adaptation du programme de transition \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 bolivienne, adopt\u00e9 par la F\u00e9d\u00e9ration des mineurs. Lora a \u00e9t\u00e9 \u00e9lu s\u00e9nateur pour un front men\u00e9 par la F\u00e9d\u00e9ration des mineurs lors des \u00e9lections de 1946. Lors de la r\u00e9volution de 1952, le POR a codirig\u00e9 les milices et cofond\u00e9 la COB. Il avait un poids de masse en Bolivie.<\/p>\n\n\n\n<p>Malheureusement, le POR, suivant l&rsquo;orientation du Secr\u00e9tariat international de la IV, dirig\u00e9 par Pablo, n&rsquo;a pas propos\u00e9 la politique de prise de pouvoir par la COB. Au contraire, il a apport\u00e9 son soutien critique au gouvernement bourgeois du MNR (un mouvement nationaliste bourgeois). Sans orientation r\u00e9volutionnaire, le mouvement de masse a \u00e9t\u00e9 d\u00e9sarm\u00e9 et d\u00e9mobilis\u00e9 et la r\u00e9volution a \u00e9t\u00e9 d\u00e9mantel\u00e9e en quelques ann\u00e9es. En cons\u00e9quence de cette trahison de la r\u00e9volution, il s&rsquo;est produit une grande r\u00e9gression du trotskisme bolivien, qui est entr\u00e9 dans un processus de ruptures successives.<\/p>\n\n\n\n<p>Parall\u00e8lement \u00e0 cette politique, la direction internationale, dirig\u00e9e par Pablo, a utilis\u00e9 une m\u00e9thode inf\u00e2me. Il est intervenu dans le parti fran\u00e7ais, a destitu\u00e9 sa direction, qui n&rsquo;\u00e9tait pas d&rsquo;accord avec sa politique, et a tent\u00e9 de former une fraction secr\u00e8te au sein du SWP nord-am\u00e9ricain.<\/p>\n\n\n\n<p>Rejetant la ligne d'\u00a0\u00bbentrisme sui generis\u00a0\u00bb et les m\u00e9thodes bureaucratiques et d\u00e9loyales de Pablo, la majorit\u00e9 des trotskistes fran\u00e7ais (dirig\u00e9s par Lambert) et anglais (dirig\u00e9s par Healy), le SWP (USA) et les trotskistes sud-am\u00e9ricains (\u00e0 l&rsquo;exception du POR bolivien et du groupe de Posadas en Argentine) ont rompu avec le Secr\u00e9tariat international (SI) dirig\u00e9 par Pablo et ont cr\u00e9\u00e9 le Comit\u00e9 international (CI) en 1953.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LE SLATO : LA R\u00c9VOLUTION P\u00c9RUVIENNE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En Am\u00e9rique du Sud, la pol\u00e9mique contre la politique men\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la Bolivie est men\u00e9e par le POR argentin, avec des trotskistes du Chili et du P\u00e9rou. En avril 1953, Nahuel Moreno \u00e9crit le texte \u00ab\u00a0<em>Dos l<\/em><em>\u00ed<\/em><em>neas<\/em>\u00a0\u00bb (Deux lignes) dans lequel il affirme que le soutien critique au MNR \u00e9tait une trahison et qu&rsquo;il fallait exiger la prise du pouvoir par la COB.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le m\u00eame temps, nous exigions que le Comit\u00e9 international agisse comme une organisation centralis\u00e9e, seul moyen de vaincre le r\u00e9visionnisme pabliste.&nbsp; Le refus des forces majoritaires du Comit\u00e9 international, en particulier du SWP am\u00e9ricain, d&rsquo;agir de mani\u00e8re centralis\u00e9e et avec une politique offensive, a provoqu\u00e9 la progression des positions pablistes, malgr\u00e9 le fait que la plupart des trotskistes \u00e9taient contre elles. Lorsque les tentatives d&rsquo;amener le Comit\u00e9 international \u00e0 agir de mani\u00e8re centralis\u00e9e et offensive ont \u00e9chou\u00e9, nous avons commenc\u00e9 \u00e0 agir en tant que tendance au niveau latino-am\u00e9ricain et en 1957 nous avons form\u00e9, avec des dirigeants p\u00e9ruviens et chiliens, le SLATO (Secr\u00e9tariat latino-am\u00e9ricain du trotskisme orthodoxe). Le SLATO \u00e9tait la tentative de regrouper les trotskistes latino-am\u00e9ricains qui s&rsquo;opposaient \u00e0 la capitulation pabliste face au stalinisme. Luis Vitales, qui avait \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 par le parti argentin pour soutenir le groupe chilien, en \u00e9tait l&rsquo;un des fondateurs. Le document approuv\u00e9 par la Conf\u00e9rence qui a donn\u00e9 naissance au SLATO, a permis de pr\u00e9ciser le caract\u00e8re dominant de l&rsquo;imp\u00e9rialisme yankee en Am\u00e9rique latine et de pr\u00e9parer les documents que Nahuel Moreno et Luis Vitales ont apport\u00e9 \u00e0 la Conf\u00e9rence de Leeds convoqu\u00e9e par le Comit\u00e9 international.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;existence du SLATO nous a permis de participer de mani\u00e8re centralis\u00e9e au processus de r\u00e9volution agraire au P\u00e9rou en 1962. Hugo Blanco, \u00e9tudiant p\u00e9ruvien et militant du POR argentin, a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 pour participer au processus de Cuzco. Hugo Blanco, guid\u00e9 par SLATO, a dirig\u00e9 le processus d&rsquo;occupation des terres et d&rsquo;organisation syndicale dans les campagnes. Le SLATO a envoy\u00e9 plusieurs cadres pour soutenir ce travail. Dans ce processus s&rsquo;est construit le Front de Gauche R\u00e9volutionnaire (FIR), orient\u00e9 par les trotskistes et qui a donn\u00e9 naissance \u00e0 notre actuelle section p\u00e9ruvienne. En 1963, Hugo Blanco a \u00e9t\u00e9 captur\u00e9 par l&rsquo;arm\u00e9e. De 1963 \u00e0 1967, il a \u00e9t\u00e9 mis au secret. En 1967, il a \u00e9t\u00e9 jug\u00e9 par les tribunaux militaires. Face au danger qu&rsquo;il soit condamn\u00e9 \u00e0 mort, une campagne internationale a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9e, avec le soutien de personnalit\u00e9s comme Sartre, Simone de Beauvoir, Isaac Deustcher, des syndicats en France, en Angleterre, en Inde, des parlementaires fran\u00e7ais et anglais, etc. Cette campagne a permis d&rsquo;\u00e9viter qu&rsquo;il ne soit condamn\u00e9 \u00e0 mort. Il a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 \u00e0 25 ans de prison. Une autre campagne internationale a permis de le lib\u00e9rer en 1970. Tout au long de cette p\u00e9riode, les paysans p\u00e9ruviens ont continu\u00e9 \u00e0 \u00e9lire Hugo Blanco comme leur principal dirigeant lors de tous leurs congr\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LA R\u00c9VOLUTION CUBAINE ET LA R\u00c9UNIFICATION EN 1963<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La reconnaissance et le soutien \u00e0 la r\u00e9volution cubaine sont \u00e0 la base de la r\u00e9unification de la Quatri\u00e8me Internationale en 1963. C&rsquo;est ainsi que na\u00eet le SU (Secr\u00e9tariat unifi\u00e9 de la Quatri\u00e8me Internationale), dirig\u00e9 par Mandel et par le SWP (Pablo s&rsquo;est retrouv\u00e9 en dehors de la IV, comme conseiller du gouvernement bourgeois de Ben Bella en Alg\u00e9rie). Dans le SU sont entr\u00e9es toutes les forces trotskistes qui caract\u00e9risaient Cuba comme un nouvel \u00c9tat ouvrier. Les Anglais et les Fran\u00e7ais sont rest\u00e9s en dehors, ne reconnaissant pas la signification de la r\u00e9volution cubaine.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous avons mis un an \u00e0 adh\u00e9rer, car nous demandions un bilan du processus pr\u00e9c\u00e9dent, o\u00f9 serait marqu\u00e9e au fer rouge la m\u00e9thode impressionniste qui avait conduit \u00e0 la trahison de la r\u00e9volution bolivienne, afin d&rsquo;\u00e9viter des d\u00e9viations similaires \u00e0 l&rsquo;avenir. Bien que ce bilan autocritique n&rsquo;ait pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9, nous avons d\u00e9cid\u00e9 en 1964 de nous y joindre pour ne pas rester isol\u00e9s, convaincus que, malgr\u00e9 les divergences, une r\u00e9unification autour du soutien \u00e0 une r\u00e9volution \u00e9tait positive et que cela nous permettrait de participer plus fortement \u00e0 la future mont\u00e9e des luttes que nous pr\u00e9voyions.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LA LUTTE CONTRE LES DEVIATIONS GU\u00c9RILL<\/strong><strong>\u00c9<\/strong><strong>RISTES. LE D\u00c9VELOPPEMENT DU PARTI ARGENTIN. LA R\u00c9VOLUTION PORTUGAISE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9volution cubaine a eu un fort impact sur l&rsquo;avant-garde mondiale, en particulier celle d&rsquo;Am\u00e9rique latine. En Argentine, dans les ann\u00e9es 1960, cela s&rsquo;est combin\u00e9 avec une r\u00e9gression prononc\u00e9e du mouvement ouvrier. L&rsquo;influence castriste a eu des cons\u00e9quences tr\u00e8s n\u00e9gatives sur notre groupe.<\/p>\n\n\n\n<p>De 1957 \u00e0 1964, notre organisation (connue sous le nom de <em>Palabra Obrera <\/em>(Parole Ouvri\u00e8re), le nom du journal) a appliqu\u00e9 la tactique de l&rsquo;entrisme dans les 62 organisations p\u00e9ronistes, comme un moyen de nous mettre en contact avec le meilleur de l&rsquo;avant-garde ouvri\u00e8re qui faisait face \u00e0 la dictature militaire. Au cours de cette p\u00e9riode, notre groupe a construit des liens tr\u00e8s \u00e9troits avec le mouvement ouvrier, comme aucun autre groupement de gauche n&rsquo;y \u00e9tait parvenu en Argentine, et qui ont marqu\u00e9 une caract\u00e9ristique singuli\u00e8re de notre courant. Notre organisation a beaucoup progress\u00e9 au niveau syndical, mais pas autant au niveau politique en raison de la forte d\u00e9viation syndicaliste que nous avions.<\/p>\n\n\n\n<p>Contrastant avec cette d\u00e9rive syndicaliste, \u00ab\u00a0<em>notre parti, dans ces moments cruciaux de la lutte en Argentine, n&rsquo;a pas n\u00e9glig\u00e9 les probl\u00e8mes th\u00e9oriques et politiques pos\u00e9s par la situation mondiale, non seulement aux trotskistes, mais \u00e0 tous ceux qui sont impliqu\u00e9s dans la lutte de classe nationale et internationale. Dans le cadre de cette t\u00e2che, il faut \u00e9galement souligner la publication de la revue Estrat\u00e9gia de la Emancipaci\u00f3n Nacional, qui est n\u00e9e de la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;avoir une publication th\u00e9orique marxiste. Milc\u00edades Pe\u00f1a, \u00ab\u00a0Hermes Radio\u00a0\u00bb, se consid\u00e9rait alors comme un sympathisant de notre parti. Avec lui et Luis Franco, un remarquable po\u00e8te et intellectuel marxiste, nous avons pu publier trois num\u00e9ros entre 1957 et 1958. La d\u00e9faite du mouvement ouvrier, avec la gr\u00e8ve de janvier 1959, nous a \u00e9galement touch\u00e9s \u00e0 cet \u00e9gard et nous avons d\u00fb suspendre sa publication<\/em>\u00ab\u00a0[<a href=\"#_edn1\" id=\"_ednref1\">[1]<\/a>].<\/p>\n\n\n\n<p>Cette avanc\u00e9e th\u00e9orique \u00e9tait \u00e9troitement li\u00e9e \u00e0 la compr\u00e9hension de la n\u00e9cessit\u00e9 de l&rsquo;Internationale. \u00ab\u00a0<em>Dans ce sens, le choc frontal de Moreno avec les conceptions \u00ab\u00a0f\u00e9d\u00e9ralistes\u00a0\u00bb du Comit\u00e9 international qu&rsquo;avaient les dirigeants du SWP am\u00e9ricain, l&rsquo;exigence que le CI devienne une direction r\u00e9volutionnaire centralis\u00e9e, indiquaient un aspect tr\u00e8s \u00e9troitement li\u00e9 au pr\u00e9c\u00e9dent : d\u00e9velopper le parti mondial pour mieux favoriser la croissance des sections nationales, en \u00e9vitant les d\u00e9viations et les erreurs; et profiter au mieux de l&rsquo;exp\u00e9rience des sections les plus dynamiques pour renforcer le parti mondial (&#8230;) a \u00e9t\u00e9 une lutte n\u00e9cessaire, qui d&rsquo;autre part a permis de progresser dans la compr\u00e9hension des relations entre l&rsquo;organisation mondiale et ses partis nationaux<\/em>\u00ab\u00a0[<a href=\"#_edn2\" id=\"_ednref2\">[2]<\/a>].<\/p>\n\n\n\n<p>Mais cette bataille n\u00e9cessaire a \u00e9t\u00e9 perdue et les sections ont continu\u00e9 \u00e0 \u00eatre soumises \u00e0 des pressions nationales sans avoir une r\u00e9f\u00e9rence internationale forte. Dans le parti argentin une forte crise s&rsquo;est ouverte quand en 1964, gagn\u00e9 par la direction cubaine, \u00c1ngel Bengochea (el Vasco), qui \u00e9tait avec Moreno le principal dirigeant de notre organisation, a rompu. Quelques ann\u00e9es plus tard (en 1968), une rupture a \u00e9t\u00e9 provoqu\u00e9e, conduisant les principaux cadres du parti vers les positions foquistes. Le principal leader de la rupture \u00e9tait Roberto Santucho, avec qui nous nous \u00e9tions unifi\u00e9s en 1965, et qui fut plus tard le principal dirigeant de l&rsquo;ERP.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais la pression du foquisme n&rsquo;a pas concern\u00e9 que le seul groupe argentin, elle \u00e9tait aussi absorb\u00e9e par la direction de la IV. La m\u00e9thode impressionniste de Mandel n&rsquo;avait pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9pass\u00e9e et une nouvelle capitulation a eu lieu vers la fin des ann\u00e9es 60. Cette fois face au castrisme, en acceptant la conception gu\u00e9rill\u00e9riste du foquisme. Lors du IX<sup>e<\/sup> Congr\u00e8s de la IV (1969), l&rsquo;adoption de la gu\u00e9rilla en Am\u00e9rique latine a \u00e9t\u00e9 vot\u00e9e, et c\u2019est par cons\u00e9quent l&rsquo;organisation de Santucho (le PRT-<em>El Combatiente<\/em>) qui a \u00e9t\u00e9 reconnue comme section officielle de la IV. Notre organisation (PRT-<em>La Verdad<\/em>) est rest\u00e9e comme section sympathisante.<\/p>\n\n\n\n<p>Le SWP des \u00c9tats-Unis, le PST argentin (nom acquis par notre groupe apr\u00e8s la fusion avec le secteur de Juan Carlos Coral, en rupture avec le Parti socialiste) et tous les groupes sud-am\u00e9ricains, nous avons dirig\u00e9 un courant qui a men\u00e9 une grande bataille contre ces positions. Nous disions que la th\u00e9orie du \u00ab\u00a0foco\u00a0\u00bb \u00e9tait une politique \u00e9litiste, isol\u00e9e du mouvement de masse et qu&rsquo;elle provoquerait de grands d\u00e9sastres. Malheureusement, les faits nous ont donn\u00e9 raison. Le trotskisme a perdu d&rsquo;innombrables militants de valeur qui ont suivi cette ligne erron\u00e9e, principalement en Argentine, mais aussi dans d&rsquo;autres pays. Le SU, qui n&rsquo;est jamais devenu une organisation centralis\u00e9e d\u00e9mocratiquement, est devenu une f\u00e9d\u00e9ration de tendances. Chacun appliquait sa propre politique.<\/p>\n\n\n\n<p>La mont\u00e9e amorc\u00e9e en 1968 avait ouvert de nouvelles opportunit\u00e9s, l&rsquo;existence d&rsquo;une organisation mondiale unifi\u00e9e (le SU) permet d&rsquo;en tirer parti. En France, par exemple, o\u00f9 le trotskisme avait pratiquement disparu en raison de l'\u00a0\u00bbentrisme sui generis\u00a0\u00bb, la LCR est apparue, elle a organis\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 5 000 militants et a m\u00eame eu une publication quotidienne. En Am\u00e9rique latine, on a assist\u00e9 \u00e0 une grande croissance du PST argentin et aux \u00c9tats-Unis, au renforcement du SWP en raison de sa participation contre la guerre du Vietnam.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais, sans avoir fini de surmonter la d\u00e9viation gu\u00e9rill\u00e9riste, il a fallu faire face \u00e0 une nouvelle capitulation de Mandel dans les ann\u00e9es 70. Passons sur les nombreuses avant-gardes qui ont \u00e9merg\u00e9 lors du Mai fran\u00e7ais, influenc\u00e9es par le mao\u00efsme. Notre pol\u00e9mique avec Mandel est d\u00e9velopp\u00e9e dans \u00ab\u00a0<em>El partido y la revoluci<\/em><em>\u00f3<\/em><em>n<\/em>\u00a0\u00bb de Nahuel Moreno.<\/p>\n\n\n\n<p>Au cours de cette lutte contre le gu\u00e9rill\u00e9risme et l&rsquo;avant-gardisme, notre parti argentin, le PST (n\u00e9 d&rsquo;une fusion avec un secteur en rupture avec la social-d\u00e9mocratie) s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9 comme un parti d&rsquo;avant-garde fort. Ce renforcement se fait avec une politique oppos\u00e9e \u00e0 celle de Mandel : en intervenant dans le soul\u00e8vement qui a eu son point culminant dans la semi-insurrection connue sous le nom de \u00ab\u00a0<em>Cordobazo<\/em>\u00a0\u00bb et en participant au processus \u00e9lectoral. Durant cette p\u00e9riode, nous avons organis\u00e9 le parti en Uruguay et au Venezuela.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque la r\u00e9volution portugaise a \u00e9clat\u00e9 en 1974, le PST a envoy\u00e9 des cadres pour participer au processus. Nous avons mis en place une politique qui faisait avancer la lutte pour le pouvoir, centr\u00e9e sur l&rsquo;appel au d\u00e9veloppement et \u00e0 la centralisation des organes de double pouvoir qui \u00e9taient en train d&rsquo;\u00e9merger. Nous avons gagn\u00e9 un secteur de lyc\u00e9ens et organis\u00e9 le parti portugais, qui a forg\u00e9 des cadres importants pour l&rsquo;Internationale.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette r\u00e9volution a montr\u00e9 une nouvelle capitulation de Mandel qui, suivant le mao\u00efsme, a apport\u00e9 son soutien au MFA (Mouvement des forces arm\u00e9es) qui co-gouvernait l&#8217;empire portugais. Ce processus a \u00e9galement provoqu\u00e9 la rupture en 1975 de la FLT (fraction que nous avions form\u00e9e avec le SWP aux USA pour faire face au mand\u00e9lisme), face \u00e0 l&rsquo;impossibilit\u00e9 de partager la m\u00eame politique pour la r\u00e9volution, car pour le SWP, la t\u00e2che centrale \u00e9tait de mettre en avant des mots d&rsquo;ordre d\u00e9mocratiques et de publier des \u0153uvres de Trotski.<\/p>\n\n\n\n<p>La plupart des organisations et des militants de Colombie, du Br\u00e9sil, du Mexique, d&rsquo;Uruguay, du Portugal, d&rsquo;Espagne, d&rsquo;Italie et du P\u00e9rou se sont retir\u00e9s de la FLT et ont cr\u00e9\u00e9, avec le PST argentin, une tendance qui s&rsquo;est d\u00e9clar\u00e9e par la suite comme \u00e9tant une fraction du SU, la FB (Fraction bolchevique), qui allait plus tard donner naissance \u00e0 la LIT-QI.<\/p>\n\n\n\n<p>La participation \u00e0 la r\u00e9volution portugaise et les pol\u00e9miques avec le mand\u00e9lisme et le SWP nous ont permis d&rsquo;avancer dans l&rsquo;\u00e9laboration th\u00e9orique sur la construction de partis au cours de processus r\u00e9volutionnaires, formul\u00e9e dans \u00ab\u00a0<em>Revoluci<\/em><em>\u00f3<\/em><em>n y contrarrevoluci<\/em><em>\u00f3<\/em><em>n en Portugal<\/em>\u00ab\u00a0.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LE PARTI AU BR\u00c9SIL<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Un groupe de jeunes Br\u00e9siliens exil\u00e9s au Chili prend contact avec notre courant. Apr\u00e8s le coup d&rsquo;\u00c9tat de Pinochet, ils se rendent en Argentine et commencent \u00e0 militer au PST. En 1974, ils retournent au Br\u00e9sil pour construire le parti. C&rsquo;est ainsi que nait la <em>Liga Oper\u00e1ria<\/em> (Ligue ouvri\u00e8re) puis la Convergence socialiste, le groupe commence \u00e0 se d\u00e9velopper et, en contact avec la direction de la FB, \u00e9labore la politique d&rsquo;appel \u00e0 un PT.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"696\" height=\"463\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/40_3.webp?resize=696%2C463&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-70795\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/40_3.webp?w=696&amp;ssl=1 696w, https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/40_3.webp?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/40_3.webp?resize=150%2C100&amp;ssl=1 150w\" sizes=\"(max-width: 696px) 100vw, 696px\" data-recalc-dims=\"1\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>La jeune organisation br\u00e9silienne s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9e pendant 12 ans, faisant de l&rsquo;entrisme dans le PT, sans se dissoudre ni capituler devant sa direction bureaucratique. Cela a \u00e9t\u00e9 possible parce qu&rsquo;elle appartenait \u00e0 un courant international qui a donn\u00e9 les orientations \u00e0 cet entrisme, en centralisant le travail dans les oppositions syndicales dans la CUT et apportant de la clart\u00e9 sur le caract\u00e8re bureaucratique de la direction luliste.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, la CS a pu quitter le PT, 12 ans plus tard, qualitativement plus forte qu&rsquo;elle y \u00e9tait entr\u00e9e, et avec une politique de Front unique r\u00e9volutionnaire dirig\u00e9e vers les secteurs d&rsquo;avant-garde qui rompaient avec le parti de Lula.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LE PARTI COLOMBIEN<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En 1976, un coup d&rsquo;\u00c9tat militaire a lieu en Argentine, donnant naissance \u00e0 la dictature semi-fasciste de Videla. Le PST a d\u00fb \u00e9loigner des dirigeants importants du pays, ce qui a \u00e9t\u00e9 mis \u00e0 profit pour renforcer le travail international. Au cours de cette p\u00e9riode, nous avons construit nos organisations en Bolivie, au Chili, en \u00c9quateur, au Costa Rica, au Panama, et renforc\u00e9 le travail au Portugal et en Espagne. Mais le processus le plus important s&rsquo;est d\u00e9roul\u00e9 en Colombie, o\u00f9 nous sommes entr\u00e9s en contact avec un <em>Bloco Socialista<\/em>, une organisation qui s&rsquo;approchait des positions r\u00e9volutionnaires, avec des cadres issus du castrisme et de l&rsquo;\u00c9glise. De l\u00e0 est n\u00e9 le PST colombien, qui s&rsquo;est rapidement consolid\u00e9 comme une organisation d&rsquo;avant-garde et est devenu l&rsquo;un des deux piliers de notre travail international.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LA LUTTE CONTRE LA DICTATURE ARGENTINE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pendant ce temps, en Argentine, le PST joue un r\u00f4le h\u00e9ro\u00efque dans la r\u00e9sistance \u00e0 la dictature g\u00e9nocidaire. Il y a eu environ 250 militants arr\u00eat\u00e9s et plus de 100 morts et disparus. Agissant dans la clandestinit\u00e9 la plus absolue, il a maintenu sa publication et d\u00e9velopp\u00e9 son action dans le mouvement ouvrier, la jeunesse et l&rsquo;intelligentsia. Au d\u00e9but de la guerre des Malouines, la haine de la dictature n&rsquo;a pas emp\u00each\u00e9 une politique de principe consistant \u00e0 identifier et \u00e0 attaquer l&rsquo;imp\u00e9rialisme envahisseur comme l&rsquo;ennemi principal. D\u00e8s le premier instant et sans cesser de d\u00e9noncer la dictature, le PST s&rsquo;est plac\u00e9 dans le camp militaire argentin et a milit\u00e9 pour la d\u00e9faite de l&rsquo;imp\u00e9rialisme. Le PST est sorti de la dictature avec un grand prestige dans l&rsquo;avant-garde et avec 800 cadres solides, qui se sont tourn\u00e9s vers la construction du MAS, incorporant dans cette t\u00e2che un groupe de cadres qui venaient d&rsquo;un autre courant socialiste.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LA R\u00c9VOLUTION NICARAGUAYENNE. LA BRIGADE SIMON BOLIVAR<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En 1979, lorsqu&rsquo;\u00e9clate la r\u00e9volution nicaraguayenne, notre tendance, malgr\u00e9 ses diff\u00e9rences avec le sandinisme, d\u00e9cide de participer physiquement \u00e0 la lutte contre Somoza. Par l&rsquo;interm\u00e9diaire du PST colombien, il r\u00e9alise une grande campagne pour construire la Brigade Simon Bol\u00edvar. Elle est compos\u00e9e de militants de notre courant et de r\u00e9volutionnaires ind\u00e9pendants de Colombie, du Panama, du Costa Rica, des \u00c9tats-Unis et d&rsquo;Argentine. Conservant sa totale ind\u00e9pendance politique, la Brigade rejoint l&rsquo;arm\u00e9e sandiniste et joue un r\u00f4le h\u00e9ro\u00efque dans la lib\u00e9ration de la r\u00e9gion sud du Nicaragua, ce qui lui co\u00fbte des morts et des bless\u00e9s. Avec la victoire de la r\u00e9volution, les brigadistes sont re\u00e7us en h\u00e9ros \u00e0 Managua. Nous exigions que le sandinisme rompe avec la bourgeoisie et prenne le pouvoir conjointement avec les syndicats ouvriers. Le sandinisme, suivant la politique de Castro, \u00e9tait dans un gouvernement de coalition avec Violeta Chamorro. La Brigade encourage la cr\u00e9ation de syndicats et en organise plus de 70 en une semaine. Cela provoque la r\u00e9action de la direction sandiniste, qui l&rsquo;expulse du Nicaragua. Plusieurs brigadistes sont arr\u00eat\u00e9s et tortur\u00e9s par la police panam\u00e9enne, alli\u00e9e du gouvernement sandiniste.<\/p>\n\n\n\n<p>Le SU a envoy\u00e9 une d\u00e9l\u00e9gation \u00e0 Managua pour dire que nous \u00e9tions un groupe d&rsquo;ultragauche, avec lequel il n&rsquo;avait rien \u00e0 voir, et a vot\u00e9 une r\u00e9solution interdisant la construction de partis en dehors du sandinisme. Le refus de d\u00e9fendre les militants r\u00e9volutionnaires tortur\u00e9s par la bourgeoisie est la cons\u00e9quence d&rsquo;avoir vot\u00e9 cette r\u00e9solution interne qui, dans la pratique, \u00e9tait un d\u00e9cret d&rsquo;expulsion de notre courant, nous obligeant \u00e0 rompre d\u00e9finitivement avec le SU.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces faits r\u00e9v\u00e8lent la v\u00e9ritable pol\u00e9mique au sein du SU. Nous d\u00e9fendions la n\u00e9cessit\u00e9 de construire un parti r\u00e9volutionnaire au Nicaragua et eux non. La m\u00eame discussion a eu lieu par rapport \u00e0 Cuba, \u00e0 la fois sur la construction du parti et sur la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;une r\u00e9volution politique. Tout cela d\u00e9montrait la capitulation croissante du SU face au castrisme et au sandinisme. Cela montrait \u00e9galement l&rsquo;abandon de la morale r\u00e9volutionnaire, en refusant de d\u00e9fendre les militants trotskistes arr\u00eat\u00e9s et tortur\u00e9s par la bourgeoisie.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>NOTRE RELATION AVEC LE LAMBERTISME<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le courant dirig\u00e9 par Pierre Lambert a apport\u00e9 sa solidarit\u00e9 \u00e0 la Brigade. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;a commenc\u00e9 notre relation politique avec le lambertisme, avec lequel nous n&rsquo;avions plus de contact depuis 1963. Un processus de discussion s&rsquo;engage, avec des accords principiels et programmatiques exprim\u00e9s dans les \u00ab\u00a0<em>Tesis para la Actualizaci<\/em><em>\u00f3<\/em><em>n del Programa de Transici<\/em><em>\u00f3<\/em><em>n<\/em>\u00a0\u00bb de Nahuel Moreno. Dans ce travail, le stalinisme et le castrisme sont d\u00e9finis comme des agents contre-r\u00e9volutionnaires ; les processus d&rsquo;apr\u00e8s-guerre (Europe de l&rsquo;Est, Chine, Cuba) sont reconnus comme des r\u00e9volutions, faisant partie de la r\u00e9volution socialiste mondiale, bien qu&rsquo;ils n&rsquo;aient pas \u00e9t\u00e9 dirig\u00e9s par la classe ouvri\u00e8re et son parti r\u00e9volutionnaire.<\/p>\n\n\n\n<p>En m\u00eame temps, il pose la n\u00e9cessit\u00e9 de faire avancer la r\u00e9volution politique dans les \u00c9tats ouvriers d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9s qui ont \u00e9merg\u00e9 de ces processus ; il analyse la guerre de gu\u00e9rilla et la politique opportuniste de ses directions ; il accorde une importance particuli\u00e8re \u00e0 la d\u00e9fense du droit \u00e0 l&rsquo;autod\u00e9termination des nationalit\u00e9s opprim\u00e9es et aux t\u00e2ches d\u00e9mocratiques ; il identifie le d\u00e9but du processus de crise des appareils contre-r\u00e9volutionnaires, en particulier le stalinisme, qui ouvre des possibilit\u00e9s de lutte pour des partis trotskistes et une Quatri\u00e8me Internationale avec une influence de masse.<\/p>\n\n\n\n<p>Une commission mixte est constitu\u00e9e, qui aboutit en 1980 \u00e0 la formation d&rsquo;une organisation commune, la Quatri\u00e8me Internationale-Comit\u00e9 International (QI-CI). En tant que QI-CI, nous avons men\u00e9 une campagne de soutien \u00e0 \u00ab\u00a0Solidarit\u00e9\u00a0\u00bb en Pologne. Tout indiquait qu&rsquo;il \u00e9tait possible de faire un grand pas sur la voie de la reconstruction de la IV.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais cette tentative a \u00e9chou\u00e9. Notre faible implantation en Europe nous a fait commettre une grave erreur. Nous n&rsquo;avons pas vu que le lambertisme avait des liens \u00e9troits avec la bureaucratie syndicale, ce qui l&rsquo;a conduit \u00e0 capituler devant le gouvernement du Front populaire lorsque Mitterrand a gagn\u00e9 en France. Lambert a refus\u00e9 de discuter de la politique pour la France et les expulsions de militants oppos\u00e9s \u00e0 cette politique ont commenc\u00e9, ce qui a provoqu\u00e9 l&rsquo;\u00e9clatement de la QI-CI.<\/p>\n\n\n\n<p>La pol\u00e9mique avec le lambertisme nous a oblig\u00e9s \u00e0 avancer dans l&rsquo;\u00e9laboration sur le Front populaire, ce qui s&rsquo;est refl\u00e9t\u00e9 dans le pamphlet \u00ab\u00a0<em>La traiz<\/em><em>\u00f3<\/em><em>n de la OCI<\/em>\u00a0\u00bb de Nahuel Moreno.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LA FONDATION DE LA LIT-QI<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En janvier 1982, une r\u00e9union internationale a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9e avec les partis de la FB et deux importants dirigeants du lambertisme : Ricardo Napur\u00ed du P\u00e9rou et Alberto Franceschi du Venezuela. L&rsquo;un des points centraux de la r\u00e9union \u00e9tait l&rsquo;organisation d&rsquo;une campagne de d\u00e9fense de la moralit\u00e9 r\u00e9volutionnaire de Napur\u00ed, attaqu\u00e9 par Lambert pour avoir exprim\u00e9 des diff\u00e9rences politiques avec lui. Un autre point important \u00e9tait la discussion sur la fa\u00e7on d&rsquo;avancer dans la construction de l&rsquo;Internationale.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;assembl\u00e9e, apr\u00e8s avoir approuv\u00e9 la campagne, a d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 l&rsquo;unanimit\u00e9 de se transformer en une conf\u00e9rence de fondation d&rsquo;une nouvelle organisation internationale. Les statuts de la LIT-QI et les th\u00e8ses fondatrices ont \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9es, o\u00f9 il \u00e9tait propos\u00e9 la strat\u00e9gie de la construction de la Quatri\u00e8me Internationale avec une influence de masse. Il ne s&rsquo;agissait pas seulement de la FB sous un autre nom, puisque Franceschi s&rsquo;y est int\u00e9gr\u00e9 avec son parti, le MIR <em>Obrero<\/em> (MIR ouvrier), qui rompait avec le lambertisme. Napur\u00ed s&rsquo;y est joint au m\u00eame moment, avec la moiti\u00e9 du parti p\u00e9ruvien qui a rompu avec Lambert.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1985, le parti dominicain a rejoint la LIT-QI. Ce groupe ne venait pas du trotskisme mais d&rsquo;une rupture avec l\u2019\u00c9glise.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1985, le premier congr\u00e8s de la LIT-QI a vot\u00e9 un manifeste, dans lequel il d\u00e9finissait la situation mondiale comme r\u00e9volutionnaire et lan\u00e7ait un appel \u00e0 construire un FUR \u00e0 partir d&rsquo;un programme r\u00e9volutionnaire minimum pour faire face au front de la contre-r\u00e9volution imp\u00e9rialiste mondiale, aux bourgeoisies nationales, \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise, au stalinisme, au castrisme, au sandinisme et aux bureaucraties syndicales et pour avancer dans la construction de partis r\u00e9volutionnaires nationaux et d&rsquo;une Internationale avec une influence de masse. En 1987, s&rsquo;y sont joints le groupe de Bill Hunter en Angleterre, qui n&rsquo;\u00e9tait pas issu du mor\u00e9nisme, ainsi qu&rsquo;un groupe de jeunes trotskistes ind\u00e9pendants du Paraguay, donnant naissance au PT paraguayen, la plus grande organisation de gauche du pays.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LES PRINCIPALES CAMPAGNES POLITIQUES DE LA LIT-QI<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re est pour la victoire de l&rsquo;Argentine dans la guerre des Malouines, avec laquelle nous sommes intervenus dans le processus anti-imp\u00e9rialiste qui s&rsquo;est ouvert en Am\u00e9rique latine.<\/p>\n\n\n\n<p>La campagne pour le \u00ab\u00a0non-paiement de la dette ext\u00e9rieure\u00a0\u00bb nous a permis de nous connecter aux grandes mobilisations boliviennes qui ont oblig\u00e9 le gouvernement du Front populaire, dirig\u00e9 par Siles Suazo, \u00e0 suspendre le paiement de la dette.<\/p>\n\n\n\n<p>La campagne contre les accords d&rsquo;Esqu\u00edpulas et de Contadora, promus par l&rsquo;imp\u00e9rialisme et soutenus par le castrisme et le sandinisme pour arr\u00eater le processus r\u00e9volutionnaire en Am\u00e9rique centrale, a \u00e9t\u00e9 d&rsquo;une grande importance.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1991, nous avons fait campagne pour la d\u00e9faite de l&rsquo;imp\u00e9rialisme dans la guerre du Golfe.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LA CONSTRUCTION DU MAS ARGENTIN<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s la chute de la dictature argentine (1982), la direction de la LIT a d\u00e9cid\u00e9 de donner priorit\u00e9 au travail dans ce pays, o\u00f9 la possibilit\u00e9 objective et subjective que le MAS devienne un parti ayant une influence de masse s&rsquo;\u00e9tait ouverte. Dans les luttes du mouvement de masse et dans la participation \u00e9lectorale, le MAS est devenu le parti le plus fort de la gauche argentine. Il a acquis une forte implantation dans les principales usines et les quartiers ouvriers, a men\u00e9 des listes d&rsquo;opposition \u00e0 la bureaucratie dans les principaux syndicats, a organis\u00e9 des actions avec 20 \u00e0 30 mille personnes, a obtenu le premier d\u00e9put\u00e9 trotskiste de l&rsquo;histoire argentine, et a m\u00eame promu et men\u00e9 une action d&rsquo;opposition au gouvernement avec 100 mille personnes.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"651\" height=\"471\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/40_4.webp?resize=651%2C471&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-70796\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/40_4.webp?w=651&amp;ssl=1 651w, https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/40_4.webp?resize=300%2C217&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/40_4.webp?resize=150%2C109&amp;ssl=1 150w\" sizes=\"(max-width: 651px) 100vw, 651px\" data-recalc-dims=\"1\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Moreno au Congr\u00e8s national du vieux MAS argentin<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Au milieu de ce processus, la LIT-QI a re\u00e7u un coup terrible en 1987 avec la mort de son fondateur et principal dirigeant, Nahuel Moreno. Son absence a provoqu\u00e9 un affaiblissement qualitatif de notre direction internationale et a eu une tr\u00e8s grande incidence sur le d\u00e9veloppement et l&rsquo;issue de la crise qui a conduit \u00e0 la destruction de la LIT.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LA CRISE DE 1990<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans les premi\u00e8res ann\u00e9es de la d\u00e9cennie 1990, une grande crise s&rsquo;est d\u00e9clench\u00e9e dans notre courant international. De grands changements ont eu lieu dans le monde \u00e0 partir de la chute du mur de Berlin, ce qui a eu des r\u00e9percussions dans le monde entier. De grands processus r\u00e9volutionnaires ont d\u00e9truit l&rsquo;appareil central du stalinisme, lib\u00e9rant ainsi le mouvement ouvrier mondial de la camisole de force qui lui avait \u00e9t\u00e9 pass\u00e9e pour des d\u00e9cennies. Mais l&rsquo;absence d&rsquo;une direction r\u00e9volutionnaire mondiale a emp\u00each\u00e9 ce processus d&rsquo;\u00eatre en mesure de renverser la restauration capitaliste orchestr\u00e9e par la bureaucratie. Cela a rendu possible l&rsquo;offensive politique, militaire et id\u00e9ologique de l&rsquo;imp\u00e9rialisme. C&rsquo;est dans cette p\u00e9riode qu&rsquo;a eu lieu la crise de la LIT-QI, qui a pratiquement conduit \u00e0 sa destruction.<\/p>\n\n\n\n<p>En avril 1992 a lieu la rupture du MAS argentin, avec des m\u00e9thodes incompatibles avec la morale r\u00e9volutionnaire : occupation de locaux, agressions physiques par la minorit\u00e9, la Tendance Mor\u00e9niste Internationale (TMI) et campagnes de calomnies par la direction majoritaire. Peu de temps apr\u00e8s, la TMI organise l&rsquo;\u00e9clatement du parti br\u00e9silien par le biais d&rsquo;une fraction secr\u00e8te. Cela a ouvert la pire crise de notre histoire. Dans ce processus, 40% du parti argentin, le PST du Panama, la moiti\u00e9 du PST p\u00e9ruvien, un secteur du POS mexicain, la moiti\u00e9 de la section \u00e9quatorienne, un secteur du parti br\u00e9silien et des secteurs en Colombie, au Chili, en Allemagne, au Portugal, ont quitt\u00e9 la LIT.<\/p>\n\n\n\n<p>Le cinqui\u00e8me Congr\u00e8s, qui s&rsquo;est tenu en 1994, a vot\u00e9 pour la reconstruction de la LIT-QI. Formellement, la LIT-QI existait, les r\u00e9unions internationales \u00e9taient organis\u00e9es, il y avait une direction, la revue internationale \u00e9tait \u00e9dit\u00e9e. Mais il s&rsquo;agissait de plus en plus d&rsquo;une apparence, d&rsquo;une formalit\u00e9. La meilleure preuve en est la direction avec laquelle on est arriv\u00e9 jusqu\u2019au cinqui\u00e8me congr\u00e8s : un secr\u00e9tariat international compos\u00e9 de quatre personnes r\u00e9pondant \u00e0 quatre tendances (FI, TBI, <em>Nuevo Curso<\/em>, TR)[<a href=\"#_edn3\" id=\"_ednref3\">[3]<\/a>], dont la plupart ne pr\u00f4naient pas la continuation de la LIT-QI. En fait, la LIT avait cess\u00e9 d&rsquo;avoir un programme unique et avait perdu son r\u00e9gime centraliste d\u00e9mocratique. Dans son contenu, la LIT-QI avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9truite.&nbsp; Par cons\u00e9quent, la r\u00e9solution du 5<sup>e<\/sup> Congr\u00e8s \u00e9tait totalement n\u00e9cessaire. \u00c0 partir de ce moment, une nouvelle \u00e9quipe dirigeante a commenc\u00e9 \u00e0 se mettre en place, dirig\u00e9e par les leaders de l&rsquo;ex-TR, et qui comprenait la direction du parti p\u00e9ruvien et du groupe anglais, qui a pris en main les t\u00e2ches de reconstruction. Cette t\u00e2che a demand\u00e9 beaucoup d&rsquo;efforts et a pris de nombreuses ann\u00e9es, tant les destructions avaient \u00e9t\u00e9 importantes. Un fait \u00e0 souligner est que, puisqu&rsquo;il \u00e9tait d\u00e9cid\u00e9 que la grande t\u00e2che \u00e0 accomplir \u00e9tait la reconstruction de la LIT-QI, on ne le faisait pas comme un objectif en soi, mais pour qu&rsquo;elle soit le moteur de la reconstruction de la IV<sup>e<\/sup> Internationale. Par cons\u00e9quent, en m\u00eame temps que les t\u00e2ches de reconstruction \u00e9taient assum\u00e9es, un travail de relations avec diff\u00e9rentes organisations dans diff\u00e9rents pays (Angleterre, France, Iran, Japon, Allemagne, Turquie, ex-URSS&#8230;) a \u00e9t\u00e9 initi\u00e9 dans le but de faire avancer cet objectif strat\u00e9gique.<\/p>\n\n\n\n<p>Quelques jours avant le Congr\u00e8s, la FI s&rsquo;\u00e9tait retir\u00e9e, ce qui signifiait le d\u00e9part de la majorit\u00e9 du parti espagnol. A peine le cinqui\u00e8me congr\u00e8s termin\u00e9, la TBI rompait, ce qui signifiait la perte du PST colombien, du PRT costaricien, des sections hondurienne et nicaraguayenne, et de plus de 100 militants argentins. <em>Nuevo Curso<\/em>, dirig\u00e9 par ce qui reste du MAS argentin, reste dans l&rsquo;Internationale (et participe \u00e0 la direction) mais sans en revendiquer les bases fondatrices. Peu apr\u00e8s, ils commencent \u00e0 soutenir que la LIT-QI doit abandonner le centralisme d\u00e9mocratique et mettre de c\u00f4t\u00e9 la strat\u00e9gie de reconstruction de la IV<sup>e<\/sup> Internationale. Leurs positions sont rejet\u00e9es (par un vote) au VI<sup>e<\/sup> Congr\u00e8s (1997). <em>Nuevo Curso<\/em> refuse de se conformer \u00e0 ses r\u00e9solutions et ce qui restait du MAS argentin, de <em>Convergencia Socialista<\/em> d&rsquo;Uruguay, la LST en France, le PST du Venezuela et un secteur du parti br\u00e9silien, quittent l&rsquo;Internationale.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme l&rsquo;indique le bilan des activit\u00e9s approuv\u00e9 par le 8<sup>e<\/sup> Congr\u00e8s, \u00ab\u00a0<em>lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de compter les victimes et les pertes, nous pouvons constater que dans tout ce processus, la LIT a non seulement perdu son programme, son r\u00e9gime, ses finances, ses publications, mais elle a \u00e9galement perdu la majeure partie de son patrimoine humain. Au total, la LIT a perdu entre 4 et 5 mille militants, dont peut-\u00eatre 80% des cadres les plus exp\u00e9riment\u00e9s.<\/em>\u00ab\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LES CAUSES DE LA CRISE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Une combinaison de facteurs objectifs et subjectifs explique notre crise. Dans cette combinaison, les \u00e9l\u00e9ments objectifs ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9terminants. Cela devient \u00e9vident quand on voit que non seulement notre Internationale a \u00e9t\u00e9 touch\u00e9e, mais que c&rsquo;est un processus qui a affect\u00e9 toutes les organisations de gauche, sans exclure les organisations r\u00e9volutionnaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s la d\u00e9faite militaire au Vietnam, au milieu des ann\u00e9es 70, l&rsquo;imp\u00e9rialisme yankee a commenc\u00e9 \u00e0 s&rsquo;attaquer aux processus r\u00e9volutionnaires en recourant de pr\u00e9f\u00e9rence aux institutions et aux m\u00e9canismes de la d\u00e9mocratie bourgeoise et en cooptant les dirigeants. Moreno a qualifi\u00e9 cette politique de \u00ab\u00a0r\u00e9action d\u00e9mocratique\u00a0\u00bb. Cette politique, qui a connu de grandes r\u00e9ussites pour canaliser d&rsquo;importants processus r\u00e9volutionnaires, a \u00e9galement fait des ravages dans la majorit\u00e9 de la gauche au niveau mondial : l&rsquo;abandon par l&rsquo;OLP de la lutte pour la destruction de l&rsquo;\u00c9tat d&rsquo;Isra\u00ebl, l&rsquo;int\u00e9gration au r\u00e9gime des sandinistes au Nicaragua et du <em>Farabundo Mart\u00ed<\/em> au Salvador ; la social-d\u00e9mocratisation des partis communistes ; l&rsquo;int\u00e9gration au r\u00e9gime, par le biais du PT, de la majorit\u00e9 de la gauche br\u00e9silienne&#8230; Mais ce processus de capitulation de la vieille gauche anti-imp\u00e9rialiste a fait un bond apr\u00e8s la restauration dans les \u00c9tats ouvriers. Cette fois, les organisations trotskistes \u00e9taient \u00e9galement touch\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Le probl\u00e8me central \u00e9tait que la restauration n&rsquo;a pas eu lieu comme Trotski l&rsquo;avait pronostiqu\u00e9, \u00e0 partir d&rsquo;un coup d&rsquo;\u00c9tat contre-r\u00e9volutionnaire, mais au nom des libert\u00e9s d\u00e9mocratiques et de l&rsquo;utilisation des institutions bourgeoises. L&rsquo;absence d&rsquo;une direction r\u00e9volutionnaire a conduit une partie de la population \u00e0 avoir des attentes dans ces institutions restauratrices. A partir de cela et de la campagne de l&rsquo;imp\u00e9rialisme sur la \u00ab\u00a0sup\u00e9riorit\u00e9 du capitalisme\u00a0\u00bb, la grande majorit\u00e9 de la gauche a abandonn\u00e9 la perspective du socialisme et de la lutte pour le pouvoir. Un grand nombre de partis se sont dissous, des milliers et des milliers de personnes ont abandonn\u00e9 le militantisme et ceux qui sont rest\u00e9s actifs ont commenc\u00e9 \u00e0 chercher de nouvelles voies&#8230; Comme on ne \u00ab\u00a0pouvait pas\u00a0\u00bb ou qu&rsquo;on ne voulait pas prendre le pouvoir, ils ont commenc\u00e9 \u00e0 chercher comment gagner des \u00ab\u00a0espaces de pouvoir\u00a0\u00bb. Des id\u00e9es \u00ab\u00a0nouvelles\u00a0\u00bb se sont impos\u00e9es : la classe ouvri\u00e8re disparaissant, il fallait chercher d&rsquo;autres sujets sociaux; le stalinisme \u00e9tait la continuit\u00e9 du l\u00e9ninisme, le centralisme d\u00e9mocratique conduisait \u00e0 la bureaucratisation, tout passait par l&rsquo;horizontalit\u00e9 ; tout pouvoir corrompait, les travailleurs pouvaient r\u00e9soudre leurs probl\u00e8mes sans prendre le pouvoir&#8230;Ainsi un nouveau r\u00e9formisme a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9, un r\u00e9formisme sans r\u00e9forme.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette \u00ab\u00a0temp\u00eate opportuniste\u00a0\u00bb qui a frapp\u00e9 l&rsquo;ensemble de la gauche, y compris les organisations trotskistes, a \u00e9galement atteint la LIT-QI. Cela s&rsquo;est refl\u00e9t\u00e9, principalement, dans les politiques erron\u00e9es avec lesquelles la direction argentine a r\u00e9pondu aux grands d\u00e9fis pr\u00e9sent\u00e9s par la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>A la suite de Trotski, Moreno a toujours dit que pour faire face aux grands changements et aux crises qu&rsquo;ils g\u00e9n\u00e8rent, il faut se tourner plus que jamais vers la classe ouvri\u00e8re, plus que jamais vers la th\u00e9orie marxiste et plus que jamais vers l&rsquo;Internationale.<\/p>\n\n\n\n<p>La direction argentine a fait le contraire, elle est tomb\u00e9e dans une d\u00e9rive \u00e9lectoraliste et elle a continu\u00e9 \u00e0 relativiser la construction dans la classe ouvri\u00e8re ; au lieu de fonder sa politique sur la th\u00e9orie marxiste, elle a \u00e9labor\u00e9 de nouvelles th\u00e9ories pour justifier sa politique ; \u00e0 partir de succ\u00e8s circonstanciels et d&rsquo;une grande croissance, elle s&rsquo;est consid\u00e9r\u00e9e comme autosuffisante et a sombr\u00e9 dans une d\u00e9viation nationale-trotskiste.<\/p>\n\n\n\n<p>La diff\u00e9rence avec d&rsquo;autres organisations trotskistes \u00e9tait que dans la LIT-QI il y avait des r\u00e9serves et qu&rsquo;un secteur a r\u00e9sist\u00e9 du mieux qu&rsquo;il a pu aux assauts de cette temp\u00eate. Par cons\u00e9quent, la LIT, contrairement au SU, n&rsquo;a pas couru dans le sens du vent et ne s&rsquo;est pas adapt\u00e9e \u00e0 la \u00ab\u00a0modernit\u00e9\u00a0\u00bb. Au contraire, dans la LIT-QI, la \u00ab\u00a0temp\u00eate opportuniste\u00a0\u00bb a provoqu\u00e9 des crises, des ruptures, des divisions, jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;elle puisse finalement se remettre sur la bonne voie.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LA MORT DE NAHUEL MORENO ET LA DESTRUCTION DE LA LIT-QI<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Si Moreno avait \u00e9t\u00e9 vivant, nous serions probablement entr\u00e9s en crise de la m\u00eame mani\u00e8re, car les causes objectives \u00e9taient tr\u00e8s fortes. L\u00e9nine, Trotski, Rosa Luxemburg, ont r\u00e9sist\u00e9 aux pressions chauvines pendant la Premi\u00e8re Guerre mondiale, mais n&rsquo;ont pu emp\u00eacher la faillite de la Deuxi\u00e8me Internationale. Moreno n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 en mesure de vaincre les pressions gu\u00e9rill\u00e9ristes \u00e0 l&rsquo;origine de la rupture en Argentine avec Bengochea et ensuite avec Santucho&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, il ne fait aucun doute que si Moreno avait \u00e9t\u00e9 en vie, le d\u00e9veloppement de la crise aurait \u00e9t\u00e9 diff\u00e9rent et les victimes beaucoup moins nombreuses. Compte tenu de la trajectoire de Moreno et de son prestige, il aurait \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s difficile pour la majorit\u00e9 de la LIT de tomber dans une telle d\u00e9viation si elle avait compt\u00e9 sur son leadership. Avec le leadership de Moreno, la crise aurait eu lieu, il y aurait eu des ruptures, des pertes, mais presque certainement, nous n&rsquo;en serions pas arriv\u00e9s \u00e0 la destruction.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a des courants comme le <em>Partido Obrero<\/em> en Argentine qui pensent que la crise et la destruction du MAS et de la LIT sont un produit de la politique de Moreno, et que l&rsquo;\u00e9volution opportuniste actuelle du MST argentin [<a href=\"#_edn4\" id=\"_ednref4\">[4]<\/a>] serait la continuation du mor\u00e9nisme. Nahuel Moreno a construit notre tendance en affrontant l&rsquo;opportunisme, les fronts populaires, la r\u00e9action d\u00e9mocratique, en luttant sans rel\u00e2che pour la construction de partis r\u00e9volutionnaires dans la classe ouvri\u00e8re, pour la construction de l&rsquo;Internationale. Cette lutte de plusieurs d\u00e9cennies a pris racine, elle a cr\u00e9\u00e9 des r\u00e9serves et c&rsquo;est pourquoi, au sein de la LIT-QI et de l&rsquo;ancien MAS lui-m\u00eame, une r\u00e9sistance s&rsquo;est lev\u00e9e pour faire face \u00e0 la t\u00e2che de la reconstruction et a r\u00e9ussi \u00e0 remettre notre Internationale sur pied.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LA NOUVELLE R\u00c9ALIT\u00c9 DE LA LIT-QI<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 partir du cinqui\u00e8me congr\u00e8s, un processus de reconstruction lent et traumatisant a commenc\u00e9. Ce processus a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s difficile en raison de la mani\u00e8re dont il devait se d\u00e9rouler. Ce n&rsquo;\u00e9tait pas la premi\u00e8re fois dans l&rsquo;histoire des Internationales qu&rsquo;il fallait faire face \u00e0 une offensive du r\u00e9visionnisme. Cela s&rsquo;est produit dans la Deuxi\u00e8me, mais dans celle-ci la lutte a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e par une partie des principaux dirigeants : Kautsky, Rosa Luxemburg, Liebknecht&#8230; dans un premier temps ; Rosa, L\u00e9nine, Trotski, Liebknecht&#8230; apr\u00e8s 1914. Dans la Troisi\u00e8me, la bataille a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e par Trotski. Dans le SWP yankee, Trotski et Cannon \u00e9taient \u00e0 la t\u00eate de la lutte contre les anti-d\u00e9fensistes<a href=\"#_edn5\" id=\"_ednref5\">[5]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Au sein de la LIT, c&rsquo;\u00e9tait tr\u00e8s diff\u00e9rent, les principaux dirigeants, ceux qui avaient travaill\u00e9 le plus \u00e9troitement avec Moreno, ceux qui avaient le plus d&rsquo;exp\u00e9rience et le plus de prestige, tombaient les uns apr\u00e8s les autres face \u00e0 la \u00ab\u00a0temp\u00eate opportuniste\u00a0\u00bb, ils ont adopt\u00e9 l&rsquo;une ou l&rsquo;autre position r\u00e9visionniste ou bien ils sont partis et n&rsquo;ont pas lutt\u00e9. Ce combat a d\u00fb \u00eatre men\u00e9 par des dirigeants de deuxi\u00e8me ou troisi\u00e8me ligne, qui n&rsquo;avaient aucune exp\u00e9rience de la direction internationale ni de la lutte th\u00e9orico-programmatique. C&rsquo;est pourquoi, avec beaucoup de difficult\u00e9s, et en commettant de nombreuses erreurs en cours de route, les organismes ont \u00e9t\u00e9 reconstruits et \u00e0 partir d&rsquo;eux, des progr\u00e8s ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s dans la compr\u00e9hension commune du monde.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, peu \u00e0 peu, la tradition th\u00e9orique, politique et m\u00e9thodologique a \u00e9t\u00e9 r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e. Une r\u00e9ponse politique a \u00e9t\u00e9 apport\u00e9e \u00e0 des faits nouveaux : la guerre de Bosnie, la \u00ab\u00a0mondialisation\u00a0\u00bb capitaliste, les restructurations productives. Nous avons r\u00e9ussi \u00e0 donner une interpr\u00e9tation th\u00e9orique \u00e0 la restauration capitaliste dans les anciens \u00c9tats ouvriers d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9s. Les partis de la LIT-QI sont intervenus dans les processus r\u00e9volutionnaires latino-am\u00e9ricains et nous avons pr\u00e9sent\u00e9 une politique de principe, en nous affrontant aux nouveaux gouvernements (de Front populaire ou populistes) issus de ces processus.<\/p>\n\n\n\n<p>Autour de la participation \u00e0 ces processus, la LIT-QI s&rsquo;est reconstruite, non seulement en termes th\u00e9oriques, programmatiques, m\u00e9thodologiques, moraux, mais aussi en termes organisationnels. La plus grande avanc\u00e9e organisationnelle a eu lieu au Br\u00e9sil avec la construction du PSTU qui est devenu une r\u00e9f\u00e9rence incontestable pour les luttes et le militantisme au Br\u00e9sil.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"696\" height=\"464\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/40_5.webp?resize=696%2C464&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-70797\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/40_5.webp?w=768&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/40_5.webp?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/40_5.webp?resize=150%2C100&amp;ssl=1 150w, https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/40_5.webp?resize=696%2C464&amp;ssl=1 696w\" sizes=\"(max-width: 696px) 100vw, 696px\" data-recalc-dims=\"1\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Manifestation du 19J \u00e0 San Jos\u00e9 dos Campos. Photo: Roosevelt Cassio<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p> Mais ce n&rsquo;est pas la seule, les sections ont approfondi leur insertion dans le mouvement des masses, la reconstruction du parti argentin a commenc\u00e9, de nouvelles sections se sont form\u00e9es en Equateur et au Costa Rica, le POI de Russie a rejoint la LIT-QI. Les revues <em>Correo Internacional<\/em> et <em>Marxismo Vivo<\/em> ont r\u00e9guli\u00e8rement mis en \u00e9vidence les d\u00e9finitions politiques face aux principaux faits de la lutte des classes, et la progression des \u00e9laborations th\u00e9orico-programmatiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces faits, ajout\u00e9s aux relations \u00e9tablies avec le CITO dans l&rsquo;objectif d&rsquo;aller vers une organisation unique, ont fait que le VIII<sup>e<\/sup> Congr\u00e8s (juin 2005) a constat\u00e9 que la LIT-QI vivait une nouvelle r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus tard, de nouveaux faits ont confirm\u00e9 cette d\u00e9finition : l&rsquo;unification avec le CITO, qui a signifi\u00e9 la r\u00e9cup\u00e9ration du PST colombien et d&rsquo;organisations et de cadres au P\u00e9rou, au Costa Rica et en Argentine. Le d\u00e9veloppement continu du PSTU, son positionnement correct pour faire face au gouvernement de Front populaire de Lula, le succ\u00e8s de sa politique de construction de la CONLUTAS comme centrale alternative ouvri\u00e8re et populaire ; l&rsquo;entr\u00e9e du parti italien dans la LIT-QI, la fondation de la section v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lienne, le d\u00e9veloppement du travail en Am\u00e9rique centrale, la fondation de la section belge, la fusion qui a donn\u00e9 naissance au PSTU d&rsquo;Argentine, l&rsquo;ouverture de notre travail au Pakistan, au S\u00e9n\u00e9gal, la r\u00e9ouverture du travail en Turquie. Il y a \u00e9galement eu des faits de sens oppos\u00e9 : le d\u00e9part du POS mexicain, du MST de Bolivie et de la LST de la R\u00e9publique dominicaine, la rupture en 2016 d&rsquo;un secteur important du PSTU du Br\u00e9sil et du PSTU d&rsquo;Argentine. Des faits qui continuent de souligner la pression de la \u00ab\u00a0temp\u00eate opportuniste\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>NOTRE PROJET STRAT\u00c9GIQUE : LA RECONSTRUCTION DE LA QUATRI\u00c8ME INTERNATIONALE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En 2008, nous d\u00e9clarions :<\/p>\n\n\n\n<p>La nouvelle r\u00e9alit\u00e9 de la LIT-QI se combine avec une nouvelle r\u00e9alit\u00e9 de la lutte des classes au niveau latino-am\u00e9ricain et mondial. La situation r\u00e9volutionnaire mondiale et latino-am\u00e9ricaine, qui a commenc\u00e9 \u00e0 se manifester avec force d\u00e8s le d\u00e9but du XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, traverse un nouveau moment. La r\u00e9sistance irakienne offre la possibilit\u00e9 d&rsquo;une nouvelle d\u00e9faite militaire de l&rsquo;imp\u00e9rialisme yankee. Les plans des Etats-Unis pour stabiliser le Moyen-Orient s&rsquo;effondrent, comme le montre la d\u00e9faite de l&rsquo;arm\u00e9e isra\u00e9lienne au Liban. Le prestige de Bush s&rsquo;est effondr\u00e9.&nbsp;&nbsp;Dans les pays imp\u00e9rialistes, les ajustements par la crise \u00e9conomique provoquent la r\u00e9action des travailleurs, \u00e0 laquelle s&rsquo;ajoutent les fortes luttes des travailleurs immigr\u00e9s. Dans le cas des \u00c9tats-Unis, cela signifie qu&rsquo;un pont est en train de se construire avec les luttes latino-am\u00e9ricaines. Mais l&rsquo;attaque imp\u00e9rialiste continue. En Am\u00e9rique latine, l&rsquo;offensive colonisatrice de l&rsquo;imp\u00e9rialisme s&rsquo;approfondit, le pillage des ressources naturelles, les exigences d&rsquo;ajustements pour payer la dette ext\u00e9rieure, le tout d\u00e9sormais aggrav\u00e9 par la crise \u00e9conomique mondiale. La r\u00e9ponse des masses \u00e0 ce pillage permanent se poursuit \u00e9galement. La diff\u00e9rence est qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, cette mont\u00e9e ouvri\u00e8re et populaire commence \u00e0 se retourner contre ceux qui appliquent les plans, c&rsquo;est-\u00e0-dire les nouveaux gouvernements qui ont surgi pour canaliser ou emp\u00eacher cette mont\u00e9e : Lula, Ch\u00e1vez, Evo, Kirchner, Tabar\u00e9 &#8230;..<\/p>\n\n\n\n<p>Cette r\u00e9alit\u00e9, sans aucun doute, souligne le besoin urgent d&rsquo;avancer dans la solution de la crise de la direction r\u00e9volutionnaire, en construisant une direction r\u00e9volutionnaire mondiale. En m\u00eame temps, ce nouveau moment dans la situation mondiale provoque des changements importants dans la conscience du mouvement de masse qui facilitent cette t\u00e2che. Avec l\u2019\u00e9mergence de ces gouvernements, les effets de la \u00ab\u00a0temp\u00eate opportuniste\u00a0\u00bb ont atteint leur expression maximale. La plupart des courants de gauche, y compris la plupart de ceux qui se r\u00e9clament du trotskisme, ont capitul\u00e9 devant eux. Mais cette nouvelle r\u00e9alit\u00e9, qui a trouv\u00e9 son expression maximale dans la d\u00e9faite \u00e9lectorale de Ch\u00e1vez au r\u00e9f\u00e9rendum, provoque des ruptures \u00e0 gauche de ces organisations, qui cherchent de nouvelles r\u00e9f\u00e9rences nationales et internationales.<\/p>\n\n\n\n<p>Revenant sur ce que nous proposions en introduction, face \u00e0 cette situation, la LIT-CI r\u00e9affirme son projet strat\u00e9gique : la reconstruction de la Quatri\u00e8me Internationale, et elle lance un appel \u00e0 l&rsquo;unit\u00e9 autour d&rsquo;un programme r\u00e9volutionnaire, qui inclue non seulement les r\u00e9ponses politiques aux principaux faits de la lutte de classe, rapprochant les travailleurs de la lutte pour le pouvoir, mais aussi les aspects de conception du parti, de m\u00e9thode et de morale r\u00e9volutionnaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous proposons d&rsquo;appliquer \u00e0 la reconstruction de la IV la m\u00eame m\u00e9thode que Trotski a appliqu\u00e9e \u00e0 sa construction. En premier lieu, en lan\u00e7ant un appel non seulement \u00e0 ceux qui viennent du trotskisme, mais \u00e0 tous les r\u00e9volutionnaires avec lesquels nous sommes d&rsquo;accord programmatiquement, quelle que soit leur origine.<\/p>\n\n\n\n<p>En second lieu, en ne faisant pas appel \u00e0 tous ceux qui se r\u00e9clament du trotskisme. D&rsquo;une part, parce qu&rsquo;il existe des organisations qui s\u2019en r\u00e9clament&nbsp;&nbsp;et qui, entre-temps, ont abandonn\u00e9 le programme r\u00e9volutionnaire en participant \u00e0 des gouvernements bourgeois ou en les soutenant. Et, d&rsquo;autre part, parce qu&rsquo;il existe des sectes autoproclam\u00e9es trotskistes qui r\u00e9citent le programme mais qui, par leurs m\u00e9thodes fractionnistes et d\u00e9loyales, jouent un r\u00f4le absolument destructeur.<\/p>\n\n\n\n<p>En troisi\u00e8me lieu, en proposant des unifications non pas \u00e0 travers des conf\u00e9rences ouvertes et de grandes c\u00e9r\u00e9monies, mais \u00e0 partir d&rsquo;une patiente discussion programmatique et d&rsquo;une activit\u00e9 commune dans la lutte des classes, qui permettent d&rsquo;avancer sur des accords solides et des relations de loyaut\u00e9 r\u00e9volutionnaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Compte tenu de la d\u00e9t\u00e9rioration produite par la \u00ab\u00a0temp\u00eate opportuniste\u00a0\u00bb, il est n\u00e9cessaire de pr\u00e9ciser certains aspects qui agissent comme une ligne de partage des eaux :<\/p>\n\n\n\n<p>La d\u00e9fense de l&rsquo;ind\u00e9pendance de classe face \u00e0 tous les gouvernements bourgeois, y compris ceux de Front populaire ou populistes. Nous ne les soutenons pas, ni leurs mesures, et nous sommes dans l\u2019opposition \u00e0 tous ces gouvernements.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous soutenons les luttes de la classe ouvri\u00e8re et de ses alli\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous nous opposons \u00e0 toute bureaucratie et d\u00e9fendons la d\u00e9mocratie ouvri\u00e8re dans toutes les organisations de classe.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous avons pour principe central la lutte contre l&rsquo;imp\u00e9rialisme dans toutes ses variantes.<\/p>\n\n\n\n<p>Notre objectif est la destruction de l&rsquo;\u00c9tat bourgeois et de ses forces arm\u00e9es, et la construction d&rsquo;un \u00c9tat ouvrier, bas\u00e9 sur des organisations de classe d\u00e9mocratiques, qui fasse avancer la r\u00e9volution socialiste internationale.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous d\u00e9fendons la morale r\u00e9volutionnaire et rejetons les m\u00e9thodes du \u00ab\u00a0tout est permis\u00a0\u00bb, l&rsquo;agression physique, les calomnies, le travail d\u00e9loyal, le non-respect des accords.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous r\u00e9affirmons le r\u00f4le de la classe ouvri\u00e8re comme sujet social de la r\u00e9volution.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous d\u00e9fendons la n\u00e9cessit\u00e9 de construire des partis r\u00e9volutionnaires centralis\u00e9s d\u00e9mocratiquement et le caract\u00e8re ouvrier que ces partis doivent avoir.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous d\u00e9fendons la n\u00e9cessit\u00e9 imp\u00e9rative de construire une Internationale r\u00e9volutionnaire centralis\u00e9e d\u00e9mocratiquement.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette br\u00e8ve esquisse de notre histoire avait pour but de montrer les aspects centraux de cette longue marche de notre construction. Montrer nos succ\u00e8s, nos forces, mais aussi nos \u00e9checs, nos d\u00e9viations, nos crises parce que, comme l&rsquo;a dit Moreno, \u00ab\u00a0<em> Nous progressons gr\u00e2ce aux erreurs et aux attaques et nous n&rsquo;avons pas honte de le dire<\/em>&#8230; \u00ab\u00a0.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s de nombreuses ann\u00e9es de crises et de ruptures, nous vivons une nouvelle r\u00e9alit\u00e9. Nous vivons un processus de renforcement qui nous met dans de meilleures conditions pour avancer dans le projet strat\u00e9gique. Nous avons une histoire, une exp\u00e9rience accumul\u00e9e, un programme que nous continuons \u00e0 construire, une structure de sections, de publications, une force militante, que nous mettons \u00e0 disposition pour avancer dans la reconstruction de la Quatri\u00e8me Internationale.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Aujourd&rsquo;hui, 40 ans apr\u00e8s la fondation de LIT-CI<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La pand\u00e9mie, la crise \u00e9conomique mondiale, la famine, la crise des r\u00e9fugi\u00e9s, la guerre de lib\u00e9ration nationale en Ukraine, les soul\u00e8vements ouvriers et populaires comme ceux du Sri Lanka et de l&rsquo;Iran, ceux des \u00c9tats-Unis face \u00e0 l&rsquo;assassinat de George Floyd, les luttes des femmes et d&rsquo;autres secteurs opprim\u00e9s, le retour des soi-disant \u00ab\u00a0gouvernements progressistes\u00a0\u00bb en Am\u00e9rique latine, ainsi que la croissance de l&rsquo;extr\u00eame droite dans le monde entier, tout cela nous fait dire que nous devons conclure cette br\u00e8ve esquisse historique en r\u00e9affirmant la d\u00e9finition des Th\u00e8ses Fondatrices de la LIT-QI : la n\u00e9cessit\u00e9 fondamentale pour r\u00e9soudre les probl\u00e8mes de l&rsquo;humanit\u00e9 est la r\u00e9volution socialiste mondiale, et la question centrale pour cela est de surmonter la crise de la direction r\u00e9volutionnaire, en avan\u00e7ant dans la reconstruction de la Quatri\u00e8me Internationale comme une continuit\u00e9 politique, programmatique, m\u00e9thodologique et morale de la Troisi\u00e8me Internationale dirig\u00e9e par L\u00e9nine et Trotski.<\/p>\n\n\n\n<p>Novembre 2022.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref1\" id=\"_edn1\">[1]<\/a> <em>O trotskismo oper\u00e1rio e internacionalista na Argentina<\/em>, coordenador Ernesto Gonz\u00e1lez, Editorial Ant\u00eddoto, page 293.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref2\" id=\"_edn2\">[2]<\/a> Idem.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref3\" id=\"_edn3\">[3]<\/a> La FI (Fraction Internationale): constitu\u00e9e par la majorit\u00e9 du PST espagnol et par le SR en Italie, qui faisaient partie de la LIT; TBI (Tendance Bolchevique Internationale), constitu\u00e9e par la majorit\u00e9 du PST colombien, les partis du Costa Rica, du Honduras et du Nicaragua et par un secteur du MAS argentin; <em>Nuevo Curso<\/em> (Cours Nouveau), constitu\u00e9 par la direction du MAS argentin, par un secteur du parti br\u00e9silien, le parti v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien, le parti uruguayen, la LST en France; TR(Tendance pour la Reconstruction) constitu\u00e9e par la majorit\u00e9 du parti br\u00e9silien, du parti bolivien et du parti chilien, et un secteur du parti espagnol.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref4\" id=\"_edn4\">[4]<\/a> MST. <em>Movimiento Socialista de los Trabalhadores<\/em>, parti issu de la TM, la tendance qui a rompu avec le MAS en 1992<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref5\" id=\"_edn5\">[5]<\/a> Les anti-d\u00e9fensistes&nbsp;: un secteur du SWP oppos\u00e9 la d\u00e9fense principielle de l\u2019Etat ouvrier d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9 en URSS dans une guerre imp\u00e9rialiste.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis les ann\u00e9es 1940, nous menons une bataille longue et difficile pour construire des partis r\u00e9volutionnaires avec une influence de masse dans tous les pays et pour construire une Internationale. 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