{"id":70272,"date":"2006-05-20T00:00:00","date_gmt":"2006-05-20T00:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/litci.org\/fr\/2006\/05\/20\/22\/"},"modified":"2006-05-20T00:00:00","modified_gmt":"2006-05-20T00:00:00","slug":"22","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/litci.org\/fr\/22\/","title":{"rendered":"Le Mexique et l&rsquo;imperialisme britannique"},"content":{"rendered":"<p>\n\tLe Mexique et l&#39;imperialisme britannique<\/p>\n<p> <\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font face=\"Georgia\" size=\"2\">Voici maintenant quelques textes en relations avec les faits actuels de la Bolivie. D&#39;abord, l&#39;article &eacute;crit par Leon Trotsky en 1938, apr&egrave;s la nationalisation du p&eacute;trole men&eacute;e &agrave; bien par le gouvernement de L&aacute;zaro C&aacute;rdenas. Dans ce texte, il marque les crit&egrave;res de base de la position que doivent avoir les r&eacute;volutionnaires face &agrave; des mesures de ce type adopt&eacute;es par des gouvernements bourgeois. Ensuite nous reproduisons la proposition, &eacute;manant de plusieurs syndicats et organisations du Br&eacute;sil, du Paraguay et de l&#39;Espagne &agrave; la&nbsp; &quot;Rencontre Continentale pour la nationalisation des hydrocarbures en Bolivie, contre les privatisations et en d&eacute;fense de la souverainet&eacute; nationale de nos peuples&quot; qui a eu lieu &agrave; La Paz (Bolivie) en ao&ucirc;t 2005. Nous croyons que les propositions pour d&eacute;velopper une grande campagne continentale autour de cette exigence sont plus que jamais importantes, apr&egrave;s ce qui vient de se passer en Bolivie. Finalement, nous publions une partie de l&#39;article &quot;Le revenu p&eacute;trolier&quot;, publi&eacute; dans l&#39;&eacute;dition en espagnol de la revue Marxisme Vivant n&deg; 12, consacr&eacute; pr&eacute;cis&eacute;ment au sujet du gaz bolivien. <br \/>\n\t&nbsp;<br \/>\n\t<strong>le 5 juin 1938<br \/>\n\t<\/strong>&nbsp;<br \/>\n\tLa campagne internationale que les milieux imp&eacute;rialistes m&egrave;nent contre l&#39;expropriation des entreprises p&eacute;troli&egrave;res au Mexique par le gouvernement mexicain a &eacute;t&eacute; marqu&eacute;e par tous les traits des bacchanales de la propagande imp&eacute;rialisme, combinant l&#39;impudence, l&#39;hypocrisie et la sp&eacute;culation sur l&#39;ignorance avec l&#39;assurance arrogante de l&#39;impunit&eacute;. Le signal de cette campagne a &eacute;t&eacute; donn&eacute; par le gouvernement britannique quand il a d&eacute;cid&eacute; de boycotter le p&eacute;trole mexicain. Le boycottage, on le sait, implique toujours l&#39;auto boycottage qui s&#39;accompagne donc de grands sacrifices de la part de celui qui boycotte. Jusqu&#39;&agrave; r&eacute;cemment, la Grande Bretagne &eacute;tait le plus gros consommateur de p&eacute;trole mexicain, pas par sympathie pour le peuple mexicain, naturellement, mais en fonction des avantages qu&#39;elle y trouvait. En Grande Bretagne, le principal consommateur de p&eacute;trole est l&#39;Etat, avec sa marine gigantesque et une aviation qui grandit rapidement. Un boycottage du p&eacute;trole mexicain par le gouvernement britannique signifie donc un boycottage simultan&eacute; non seulement de l&#39;industrie britannique, mais de sa d&eacute;fense nationale. Le gouvernement de M. Chamberlain a manifest&eacute; avec son habituelle franchise que les profits des brigands imp&eacute;rialistes passaient avant les int&eacute;r&ecirc;ts m&ecirc;me de l&#39;&Eacute;tat. Les classes opprim&eacute;es et les peuples opprim&eacute;s doivent enregistrer profond&eacute;ment cette conclusion fondamentale. <br \/>\n\tAussi bien chronologiquement que politiquement, le soul&egrave;&not;vement du g&eacute;n&eacute;ral Cedillo, est sorti de la politique de Chamberlain. La doctrine Monroe interdit &agrave; l&#39;amiraut&eacute; britannique d&#39;appliquer un blocus militaire naval de la c&ocirc;te du Mexique. Il leur faut agir par l&#39;interm&eacute;diaire d&#39;agents &agrave; l&#39;int&eacute;rieur, qui, il est vrai, n&#39;arborent pas ouvertement le drapeau anglais, mais servent pourtant les m&ecirc;mes int&eacute;r&ecirc;ts que Chamberlain&nbsp;&nbsp; les int&eacute;r&ecirc;ts d&#39;une clique de magnats du p&eacute;trole. Dans le Livre Blanc publi&eacute; par la diplomatie britannique il y a seulement quelques jours, nous pouvons &ecirc;tre certains qu&#39;il n&#39;est pas question des n&eacute;gociations de ses agents avec le g&eacute;n&eacute;ral Cedillo. La diplomatie imp&eacute;rialiste m&egrave;ne ses affaires les plus importantes sous le couvert du secret. <br \/>\n\tAfin de discr&eacute;diter l&#39;expropriation aux yeux de l&#39;opinion publique bourgeoise, on la pr&eacute;sente comme une mesure &laquo; communiste &raquo;. L&#39;ignorance historique se combine ici avec la tromperie d&eacute;lib&eacute;r&eacute;e. Le Mexique semi colonial est en train de lutter pour son ind&eacute;pendance nationale, politique et &eacute;conomique. C&#39;est l&agrave; la signification fondamentale de la r&eacute;volution mexicaine &agrave; cette &eacute;tape. Les magnats du p&eacute;trole ne sont pas des capitalistes de base, ils ne sont pas de la bourgeoisie ordinaire. S&#39;&eacute;tant empar&eacute;s des ressources naturelles les plus riches d&#39;un pays &eacute;tranger, camp&eacute;s sur leurs milliards et soutenus par les forces militaires et diplomatiques de leur m&eacute;tropole, ils s&#39;efforcent d&#39;&eacute;tablir dans le pays soumis un r&eacute;gime de f&eacute;odalisme imp&eacute;rialiste, leur subordonnant l&eacute;gislation, jurisprudence et administration. Dans ces conditions, l&#39;expropriation est l&#39;unique moyen efficace de sauvegarder l&#39;ind&eacute;pendance nationale et les conditions &eacute;l&eacute;mentaires de la d&eacute;mocratie. <br \/>\n\tLa d&eacute;cision que prendra le d&eacute;veloppement ult&eacute;rieur du Mexique d&eacute;pend de fa&ccedil;on d&eacute;cisive de facteurs de caract&egrave;re international. Mais c&#39;est une question pour l&#39;avenir. La r&eacute;volution mexicaine est en train de r&eacute;aliser le m&ecirc;me travail qu&#39;ont r&eacute;alis&eacute;, par exemple, les Etats Unis d&#39;Am&eacute;rique en trois quarts du si&egrave;cle dernier, en commen&ccedil;ant par la guerre r&eacute;volutionnaire pour l&#39;Ind&eacute;pendance et en terminant par la guerre civile pour l&#39;abolition de l&#39;esclavage et l&#39;unification nationale. Le gouvernement britannique a tout fait, &agrave; la fin du XVIII&deg; si&egrave;cle, non seulement pour maintenir les Etats Unis dans un statut de colonie, mais, plus tard, dans les ann&eacute;es de guerre civile, il a soutenu les n&eacute;griers du Sud contre les abolitionnistes du Nord, essayant au compte de ses int&eacute;r&ecirc;ts imp&eacute;rialistes de pr&eacute;cipiter la jeune r&eacute;publique dans l&#39;arri&eacute;ration &eacute;conomique et la d&eacute;sunion nationale. <br \/>\n\tAux Chamberlain de cette &eacute;poque aussi l&#39;expropriation des propri&eacute;taires d&#39;esclaves semblait une mesure &laquo; bolchevique &raquo; diabolique. En r&eacute;alit&eacute;, la t&acirc;che historique des Nordistes consistait &agrave; d&eacute;blayer le terrain pour un d&eacute;veloppement d&eacute;mocratique ind&eacute;pendant de la soci&eacute;t&eacute; bourgeoise. C&#39;est cette t&acirc;che pr&eacute;cis&eacute;ment qu&#39;est en train de r&eacute;soudre &agrave; cette &eacute;tape le gouvernement du Mexique. Le g&eacute;n&eacute;ral C&agrave;rdenas prend place parmi les hommes d&#39;Etat qui ont accompli un travail comparable &agrave; celui de Washington, Jefferson, Abraham Lincoln et du g&eacute;n&eacute;ral Grant. Et ce n&#39;est bien entendu pas un hasard si, dans ce cas &eacute;galement, le gouvernement britannique se trouve de l&#39;autre c&ocirc;t&eacute; de la tranch&eacute;e de l&#39;Histoire. <br \/>\n\tLa presse mondiale, en particulier la presse fran&ccedil;aise, aussi absurde que cela puisse para&icirc;tre, continue &agrave; introduire syst&eacute;matiquement mon nom dans la question de l&#39;expropriation de l&#39;industrie du p&eacute;trole. Si j&#39;ai d&eacute;j&agrave; une fois r&eacute;fut&eacute; ce mensonge tout de suite, ce n&#39;est pas du tout que je craigne &laquo; les responsabilit&eacute;s &raquo;, comme l&#39;a insinu&eacute; un agent bavard du G.P.U. Au contraire, je consid&eacute;rerais comme un honneur de porter m&ecirc;me une part de responsabilit&eacute; pour la mesure courageuse et progressiste prise par le gouvernement mexicain. Mais je n&#39;ai pas pour cela la moindre base. J&#39;ai d&#39;abord appris dans la presse le d&eacute;cret d&#39;expropriation. Mais, naturellement, ce n&#39;est pas la question. En lan&ccedil;ant mon nom, on poursuit un double objectif. D&#39;abord, les organisateurs de cette campagne cherchent &agrave; donner &agrave; l&#39;expropriation une coloration &laquo; bolchevique &raquo;. Deuxi&egrave;mement, ils essaient de porter un coup &agrave; l&#39;amour propre national du Mexique. Les imp&eacute;rialistes essaient de pr&eacute;senter l&#39;affaire comme si les hommes d&#39;Etat du Mexique &eacute;taient incapables de d&eacute;terminer leur propre voie. Quelle mis&eacute;rable et ignoble psychologie h&eacute;r&eacute;ditaire de n&eacute;griers ! C&#39;est pr&eacute;cis&eacute;ment parce que le Mexique appartient aujourd&#39;hui encore &agrave; ces nations arri&eacute;r&eacute;es qui sont oblig&eacute;es aujourd&#39;hui de lutter pour leur ind&eacute;pendance qu&#39;il est apparu plus d&#39;audace de pens&eacute;e chez ses hommes d&#39;Etat qu&#39;il n&#39;en a &eacute;t&eacute; donn&eacute; aux reliquats d&#39;un grand pass&eacute;. Nous avons plus d&#39;une fois &eacute;t&eacute; t&eacute;moins dans l&#39;histoire de ph&eacute;nom&egrave;nes semblables ! <br \/>\n\tL&#39;hebdomadaire fran&ccedil;ais Marianne, organe bien connu du Front populaire fran&ccedil;ais, affirme m&ecirc;me que, dans la question du p&eacute;trole, le gouvernement du g&eacute;n&eacute;ral C&aacute;rdenas agit non seulement d&#39;accord avec Trotsky mais aussi&#8230; dans l&#39;int&eacute;r&ecirc;t de Hitler. Il s&#39;agit, voyez vous, de priver du p&eacute;trole, en cas de guerre, les &laquo; d&eacute;mocraties &raquo; au grand cour et, en sens inverse, de ravitailler l&#39;Allemagne et les nations fascistes. Ce n&#39;est pas d&#39;un iota plus intelligent que les proc&egrave;s de Moscou. L&#39;humanit&eacute; apprend, non sans &eacute;tonnement, que la Grande Bretagne est priv&eacute;e de p&eacute;trole mexicain &agrave; cause de la mauvaise volont&eacute; du g&eacute;n&eacute;ral C&aacute;rdenas et pas du fait de l&#39;auto boycottage de Chamberlain. Mais, alors, les &laquo; d&eacute;mocraties &raquo; poss&egrave;dent un moyen simple de paralyser le complot &laquo; fasciste &raquo; : qu&#39;elles ach&egrave;tent du p&eacute;trole mexicain, encore du p&eacute;trole mexicain, toujours du p&eacute;trole mexicain ! Toute personne honn&ecirc;te et sens&eacute;e ne doute absolument pas que, si le Mexique devait se trouver oblig&eacute; de vendre son or liquide aux pays fascistes, la responsabilit&eacute; en incomberait enti&egrave;rement et compl&egrave;tement aux gouvernements des &laquo; d&eacute;mocraties &raquo; imp&eacute;rialistes. <br \/>\n\tDans le dos de Marianne et des gens de son acabit, il y a les souffleurs de Moscou. Au premier coup d&#39;oil cela para&icirc;t absurde puisque d&#39;autres souffleurs de la m&ecirc;me &eacute;cole se servent de livrets diam&eacute;tricalement oppos&eacute;s. Mais tout le secret consiste cri ce que les amis du G.P.U. adaptent leurs id&eacute;es en fonction des degr&eacute;s g&eacute;ographiques de latitude et de longitude. Si certains d&#39;entre eux promettent de soutenir le Mexique, d&#39;autres peignent le g&eacute;n&eacute;ral C&aacute;rdenas comme un alli&eacute; de Hitler. De ce dernier point de vue, il faudrait consid&eacute;rer le soul&egrave;vement p&eacute;trolier de Cadillo, semble t il, comme une lutte dans l&#39;int&eacute;r&ecirc;t de la d&eacute;mocratie mondiale. <br \/>\n\tAbandonnons pourtant les pitres et les intrigants &agrave; leur sort. Ce n&#39;est pas &agrave; eux que nous pensons, mais aux ouvriers ayant une conscience de classe, dans le monde entier. Sans succomber aux illusions et sans crainte de la calomnie, les ouvriers avanc&eacute;s soutiendront totalement le peuple mexicain dans sa lutte contre les imp&eacute;rialistes. L&#39;expropriation du p&eacute;trole, ce n&#39;est ni du socialisme, ni du communisme. Mais c&#39;est une mesure hautement progressiste d&#39;auto d&eacute;fense nationale. Marx, bien s&ucirc;r, ne consid&eacute;rait pas Abraham Lincoln comme un communiste; mais cela ne l&#39;emp&ecirc;chait pas de nourrir la plus profonde sympathie pour la lutte que Lincoln dirigeait. La I&egrave;re Internationale envoya au pr&eacute;sident de la guerre civile un message de salut et Lincoln, dans sa r&eacute;ponse, appr&eacute;cia hautement ce soutien moral. <br \/>\n\tLe prol&eacute;tariat international n&#39;a aucune raison d&#39;identifier son programme avec le programme du gouvernement mexicain. Les r&eacute;volutionnaires n&#39;ont nul besoin de changer de couleur, de s&#39;adapter et de jouer les flatteurs &agrave; la mani&egrave;re de l&#39;&eacute;cole du G.P.U. de ces courtisans qui, au moment du danger vont vendre et trahir le camp le plus faible. Sans abandonner sa propre identit&eacute;, chaque organisation ouvri&egrave;re honn&ecirc;te dans le monde entier, et avant tout la Grande Bretagne, a le devoir de prendre une position intransigeante face aux brigands imp&eacute;rialistes, leur diplomatie, leur presse et leurs mercenaires fascistes. La cause du Mexique, comme la cause de l&#39;Espagne, comme la cause de la Chine, est la cause de la classe ouvri&egrave;re internationale. La lutte autour du p&eacute;trole mexicain n&#39;est qu&#39;une des escarmouches de la ligne avanc&eacute;e des batailles &agrave; venir entre les oppresseurs et les opprim&eacute;s.<\/font><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Mexique et l&#39;imperialisme britannique Voici maintenant quelques textes en relations avec les faits actuels de la Bolivie. D&#39;abord, l&#39;article &eacute;crit par Leon Trotsky en 1938, apr&egrave;s la nationalisation du p&eacute;trole men&eacute;e &agrave; bien par le gouvernement de L&aacute;zaro C&aacute;rdenas. 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