{"id":503,"date":"2017-04-29T06:11:10","date_gmt":"2017-04-29T06:11:10","guid":{"rendered":"http:\/\/litci.org\/fra\/2017\/04\/29\/2017-04-29-06-15-38\/"},"modified":"2017-04-29T06:11:10","modified_gmt":"2017-04-29T06:11:10","slug":"2017-04-29-06-15-38","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/litci.org\/fr\/2017-04-29-06-15-38\/","title":{"rendered":"A propos des gr\u00e8ves"},"content":{"rendered":"<p>\n\t<img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" alt=\"\" height=\"183\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.litci.org\/fr\/images\/image\/revolutionrusse\/lenin-770x470.jpg?resize=300%2C183\" width=\"300\" data-recalc-dims=\"1\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">\n\t<em>V.I. L&eacute;nine, R&eacute;dig&eacute; fin 1899. Publi&eacute; pour la premi&egrave;re fois en 1924 dans le n&deg; 8-9 de la revue Prol&eacute;tarska&iuml;a R&eacute;voloutsia<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tCes derni&egrave;res ann&eacute;es, les gr&egrave;ves ouvri&egrave;res sont devenues extr&ecirc;mement fr&eacute;quentes en Russie. Il n&#39;est pas de province industrielle, d&eacute;sormais, o&ugrave; il ne s&#39;en soit produit plusieurs. Dans les grandes villes elles &eacute;clatent sans discontinuer. On con&ccedil;oit donc que les ouvriers conscients aussi bien que les socialistes se demandent de plus en plus souvent quelle est la signification des gr&egrave;ves, comment les conduire et quelles sont les t&acirc;ches des socialistes qui participent &agrave; ces gr&egrave;ves.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tNous voulons essayer d&#39;exposer quelques-unes de nos id&eacute;es sur ces questions. Dans un premier article, nous nous proposons d&#39;&eacute;tudier la signification des gr&egrave;ves dans le mouvement ouvrier en g&eacute;n&eacute;ral ; dans un deuxi&egrave;me, nous parlerons des lois russes contre les gr&egrave;ves et, dans un troisi&egrave;me, nous dirons comment les gr&egrave;ves ont &eacute;t&eacute; et sont conduites en Russie et quelle doit &ecirc;tre l&#39;attitude des ouvriers conscients &agrave; leur &eacute;gard [1].<\/p>\n<p> <\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tIl faut tout d&#39;abord se poser une question : comment s&#39;expliquent l&#39;apparition des gr&egrave;ves et leur extension ? Quiconque se rem&eacute;more tous les cas de gr&egrave;ves qu&#39;il peut conna&icirc;tre par son exp&eacute;rience personnelle, par les r&eacute;cits d&#39;autres personnes ou par les journaux, constatera d&#39;embl&eacute;e que les gr&egrave;ves apparaissent et s&#39;&eacute;tendent l&agrave; o&ugrave; apparaissent et s&#39;&eacute;tendent les grandes fabriques. Parmi les tr&egrave;s grandes fabriques qui emploient des centaines (et parfois des milliers) d&#39;ouvriers, on n&#39;en trouvera gu&egrave;re une seule o&ugrave; il ne se soit produit des gr&egrave;ves ouvri&egrave;res. Quand les grandes fabriques et usines &eacute;taient peu nombreuses en Russie, les gr&egrave;ves &eacute;taient &eacute;galement peu nombreuses mais, depuis que les grandes fabriques se multiplient rapidement, tant dans les vieilles localit&eacute;s industrielles que dans des villes et bourgades nouvelles, les gr&egrave;ves se font de plus en plus fr&eacute;quentes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tD&#39;o&ugrave; vient que la grande production industrielle conduise toujours &agrave; des gr&egrave;ves ? Cela vient de ce que le capitalisme conduit n&eacute;cessairement &agrave; la lutte des ouvriers contre les patrons et, quand on passe au stade de la grande production, cette lutte affecte n&eacute;cessairement la forme de gr&egrave;ves.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tExpliquons-nous.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tOn appelle capitalisme une organisation de la soci&eacute;t&eacute; o&ugrave; la terre, les fabriques, l&#39;outillage, etc., appartiennent &agrave; un petit nombre de grands propri&eacute;taires fonciers et de capitalistes, tandis que la masse du peuple ne poss&egrave;de rien ou presque rien en propre et doit, par cons&eacute;quent, chercher de l&#39;embauche. Les grands propri&eacute;taires fonciers et les patrons de fabrique embauchent les ouvriers et leur font fabriquer tels ou tels produits qu&#39;ils vendent sur le march&eacute;. Ce faisant, les patrons se contentent de payer aux ouvriers un salaire qui leur permet &agrave; peine de subsister avec leurs familles ; tout ce que l&#39;ouvrier produit au-del&agrave; de cette quantit&eacute; de produits, le patron l&#39;empoche, cela constitue son profit. Ainsi, en r&eacute;gime d&#39;&eacute;conomie capitaliste, la masse du peuple effectue un travail salari&eacute; pour autrui, elle travaille non pas pour elle-m&ecirc;me mais pour des patrons contre un salaire. On con&ccedil;oit que les patrons s&#39;efforcent toujours de diminuer le salaire : moins ils donneront aux ouvriers, et plus il leur restera de profit. Quant aux ouvriers, ils s&#39;efforcent d&#39;obtenir le salaire le plus &eacute;lev&eacute; possible, pour procurer &agrave; l&#39;ensemble de leur famille une nourriture saine et abondante, pour vivre dans un bon logement, pour ne pas &ecirc;tre v&ecirc;tus de loques mais s&#39;habiller comme tout le monde. Ainsi, entre patrons et ouvriers, il y a lutte incessante &agrave; propos du salaire : le patron est libre d&#39;embaucher qui bon lui semble, et il cherche l&#39;ouvrier le moins cher. L&#39;ouvrier est libre de s&#39;embaucher chez le patron de son choix, et il cherche le plus cher, celui qui paie davantage. Que l&#39;ouvrier travaille &agrave; la campagne ou &agrave; la ville, qu&#39;il s&#39;embauche chez un grand propri&eacute;taire foncier, un paysan riche, un entrepreneur ou dans une fabrique, il marchande toujours avec le patron, il est aux prises avec lui au sujet de son salaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tMais l&#39;ouvrier isol&eacute; peut-il soutenir cette lutte ? Le nombre des ouvriers s&#39;accro&icirc;t sans cesse : les paysans ruin&eacute;s d&eacute;sertent les campagnes et fuient vers les villes et vers les fabriques. Les grands propri&eacute;taires fonciers et les patrons de fabrique introduisent des machines, qui enl&egrave;vent le travail aux ouvriers. Les ch&ocirc;meurs se multiplient dans les villes et les mendiants dans les campagnes ; les affam&eacute;s font de plus en plus baisser les salaires. Il devient impossible &agrave; l&#39;ouvrier de lutter isol&eacute;ment contre le patron. R&eacute;clame-t-il un bon salaire ou refuse-t-il d&#39;accepter une r&eacute;duction de sa paie, le patron lui r&eacute;pond : va-t&#39;en d&#39;ici, il ne manque pas d&#39;affam&eacute;s &agrave; ma porte, qui seront trop heureux de travailler m&ecirc;me pour un bas salaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tQuand la mis&egrave;re du peuple en arrive au point que dans les villes et dans les campagnes il y a en permanence des masses de ch&ocirc;meurs, que les propri&eacute;taires de fabrique accumulent d&#39;immenses richesses et que les petits patrons sont &eacute;vinc&eacute;s par les millionnaires, alors l&#39;ouvrier isol&eacute; se trouve totalement impuissant devant le capitaliste. Celui-ci peut l&#39;&eacute;craser tout &agrave; fait, l&#39;&eacute;reinter jusqu&#39;&agrave; ce que mort s&#39;ensuive par un travail de for&ccedil;at, et non seulement lui mais aussi sa femme et ses enfants. En effet, prenez les branches de production o&ugrave; les ouvriers n&#39;ont pas encore obtenu la protection de la loi et o&ugrave; ils ne peuvent opposer de r&eacute;sistance aux capitalistes : vous y verrez une journ&eacute;e de travail d&eacute;mesur&eacute;ment longue, qui va jusqu&#39;&agrave; 17 et 19 heures ; vous y verrez des enfants de 5 &agrave; 6 ans s&#39;&eacute;puisant &agrave; la t&acirc;che ; vous y verrez une g&eacute;n&eacute;ration d&#39;ouvriers constamment affam&eacute;s et mourant peu &agrave; peu d&#39;inanition. Exemple : les ouvriers qui travaillent &agrave; domicile pour le compte des capitalistes ; du reste, tout ouvrier &eacute;voquera encore quantit&eacute; d&#39;autres exemples ! M&ecirc;me &agrave; l&#39;&eacute;poque de l&#39;esclavage et du servage les travailleurs n&#39;ont jamais connu une oppression aussi effroyable que celle que les capitalistes parviennent &agrave; faire peser lorsque les ouvriers ne peuvent leur opposer de r&eacute;sistance, lorsqu&#39;ils ne peuvent arracher des lois limitant l&#39;arbitraire des patrons.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tC&#39;est pour ne pas se laisser r&eacute;duire &agrave; cette extr&eacute;mit&eacute; que les ouvriers engagent une lutte farouche. Voyant qu&#39;en agissant isol&eacute;ment, chacun d&#39;eux est totalement impuissant et risque de succomber sous le joug du capital, ils en viennent &agrave; se dresser tous ensemble contre leurs patrons. Des gr&egrave;ves ouvri&egrave;res &eacute;clatent. Il arrive souvent qu&#39;au d&eacute;but les ouvriers ne savent m&ecirc;me pas ce qu&#39;ils veulent obtenir, qu&#39;ils ne se rendent pas compte de ce qui les fait agir ainsi : ils brisent les machines, sans plus, ou d&eacute;truisent les fabriques. Ils veulent seulement faire sentir aux patrons des fabriques qu&#39;ils sont r&eacute;volt&eacute;s, ils font l&#39;essai de leurs forces conjugu&eacute;es pour sortir d&#39;une situation intol&eacute;rable, sans savoir encore au juste pourquoi leur situation est si d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;e et vers quoi ils doivent orienter leurs efforts.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tDans tous les pays, l&#39;indignation ouvri&egrave;re s&#39;est manifest&eacute;e &agrave; l&#39;origine par des soul&egrave;vements isol&eacute;s &#8212; des &eacute;meutes, comme disent chez nous les patrons et la police. Dans tous les pays, ces soul&egrave;vements isol&eacute;s ont engendr&eacute;, d&#39;une part, des gr&egrave;ves plus ou moins pacifiques et, d&#39;autre part, une lutte g&eacute;n&eacute;rale de la classe ouvri&egrave;re pour son &eacute;mancipation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tQuel est le r&ocirc;le des gr&egrave;ves (ou d&eacute;brayages) dans la lutte de la classe ouvri&egrave;re ? Pour r&eacute;pondre &agrave; cette question, nous devons d&#39;abord nous arr&ecirc;ter un peu plus longuement sur les gr&egrave;ves. Si, comme nous l&#39;avons vu, le salaire de l&#39;ouvrier est d&eacute;termin&eacute; par un contrat entre celui-ci et le patron et si en l&#39;occurrence l&#39;ouvrier isol&eacute; se trouve totalement impuissant, il est &eacute;vident que les ouvriers doivent n&eacute;cessairement soutenir en commun leurs revendications, qu&#39;ils doivent n&eacute;cessairement organiser des gr&egrave;ves pour emp&ecirc;cher les patrons de r&eacute;duire les salaires ou pour obtenir un salaire plus &eacute;lev&eacute;. Et, en effet, il n&#39;est pas un seul pays &agrave; r&eacute;gime capitaliste o&ugrave; il n&#39;y ait des gr&egrave;ves ouvri&egrave;res. Dans tous les pays d&#39;Europe et en Am&eacute;rique, les ouvriers se sentent partout impuissants quand ils agissent isol&eacute;ment, et ils ne peuvent r&eacute;sister au patronat qu&#39;en agissant tous ensemble, soit en faisant gr&egrave;ve, soit en en agitant la menace. Plus le capitalisme se d&eacute;veloppe, plus les grandes usines et fabriques se multiplient rapidement, plus les petits capitalistes sont &eacute;vinc&eacute;s par les grands, et plus devient imp&eacute;rieuse la n&eacute;cessit&eacute; d&#39;une r&eacute;sistance commune des ouvriers car le ch&ocirc;mage s&#39;aggrave, la concurrence devient plus &acirc;pre entre les capitalistes qui s&#39;efforcent de produire leurs marchandises au plus bas prix possible (ce qui demande que les ouvriers soient pay&eacute;s le moins cher possible), les fluctuations dans l&#39;industrie s&#39;accentuent et les crises deviennent plus violentes [2]. Lorsque l&#39;industrie prosp&egrave;re,les patrons de fabrique r&eacute;alisent de gros profits, sans songer le moins du monde &agrave; les partager avec les ouvriers ; mais en p&eacute;riode de crise ils cherchent &agrave; faire supporter les pertes par les ouvriers. La n&eacute;cessit&eacute; des gr&egrave;ves dans la soci&eacute;t&eacute; capitaliste est si bien reconnue par tout le monde dans les pays d&#39;Europe que la loi ne les y interdit pas, c&#39;est seulement en Russie que subsistent des lois barbares contre les gr&egrave;ves (nous reviendrons une autre fois sur ces lois et leur application).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tMais les gr&egrave;ves, qui rel&egrave;vent de la nature m&ecirc;me de la soci&eacute;t&eacute; capitaliste, marquent le d&eacute;but de la lutte men&eacute;e par la classe ouvri&egrave;re contre cette organisation de la soci&eacute;t&eacute;. Lorsque les riches capitalistes ont en face d&#39;eux des ouvriers isol&eacute;s et n&eacute;cessiteux, c&#39;est pour ces derniers l&#39;asservissement total. La situation change quand ces ouvriers n&eacute;cessiteux unissent leurs efforts. Les patrons ne tireront aucun profit de leurs richesses s&#39;ils ne trouvent pas des ouvriers acceptant d&#39;appliquer leur travail &agrave; l&#39;outillage et aux mati&egrave;res premi&egrave;res des capitalistes et de produire de nouvelles richesses. Quand des ouvriers isol&eacute;s ont affaire aux patrons, ils restent de v&eacute;ritables esclaves vou&eacute;s &agrave; travailler &eacute;ternellement au profit d&#39;autrui pour une bouch&eacute;e de pain, &agrave; demeurer &eacute;ternellement des mercenaires dociles et muets. Mais, lorsqu&#39;ils formulent en commun leurs revendications et refusent d&#39;ob&eacute;ir &agrave; ceux qui ont le sac bien garni, ils cessent d&#39;&ecirc;tre des esclaves, ils deviennent des &ecirc;tres humains, ils commencent &agrave; exiger que leur travail ne serve plus seulement &agrave; enrichir une poign&eacute;e de parasites mais permette aux travailleurs de vivre humainement. Les esclaves commencent &agrave; exiger de devenir des ma&icirc;tres, de travailler et de vivre non point au gr&eacute; des grands propri&eacute;taires fonciers et des capitalistes mais comme l&#39;entendent les travailleurs eux-m&ecirc;mes. Si les gr&egrave;ves inspirent toujours une telle &eacute;pouvante aux capitalistes, c&#39;est parce qu&#39;elles commencent &agrave; &eacute;branler leur domination. &quot;Tous les rouages s&#39;arr&ecirc;teront si ton bras puissant le veut&quot;, dit de la classe ouvri&egrave;re une chanson des ouvriers allemands. En effet : les fabriques, les usines, les grandes exploitations fonci&egrave;res, les machines, les chemins de fer, etc., etc., sont pour ainsi dire les rouages d&#39;un immense m&eacute;canisme qui extrait des produits de toutes sortes, leur fait subir les transformations n&eacute;cessaires et les livre &agrave; l&#39;endroit voulu. Tout ce m&eacute;canisme est actionn&eacute; par l&#39;ouvrier, qui cultive la terre, extrait le minerai, produit des marchandises dans les fabriques, construit les maisons, les ateliers, les voies ferr&eacute;es. Quand les ouvriers refusent de travailler, tout ce m&eacute;canisme menace de s&#39;arr&ecirc;ter. Chaque gr&egrave;ve rappelle aux capitalistes que ce ne sont pas eux les vrais ma&icirc;tres mais les ouvriers, qui proclament de plus en plus hautement leurs droits. Chaque gr&egrave;ve rappelle aux ouvriers que leur situation n&#39;est pas d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;e, qu&#39;ils ne sont pas seuls. Voyez quelle &eacute;norme influence la gr&egrave;ve exerce aussi bien sur les gr&eacute;vistes que sur les ouvriers des fabriques voisines ou situ&eacute;es &agrave; proximit&eacute; ou faisant partie d&#39;une branche d&#39;industrie similaire. En temps ordinaire, en temps de paix, l&#39;ouvrier tra&icirc;ne son boulet sans mot dire, sans contredire le patron, sans r&eacute;fl&eacute;chir &agrave; sa situation. En temps de gr&egrave;ve, il formule bien haut ses revendications, il remet en m&eacute;moire aux patrons toutes les contraintes tyranniques qu&#39;ils lui ont inflig&eacute;es, il proclame ses droits, il ne songe pas uniquement &agrave; lui-m&ecirc;me et &agrave; sa paie, il songe aussi &agrave; tous les camarades qui ont cess&eacute; le travail en m&ecirc;me temps que lui et qui d&eacute;fendent la cause ouvri&egrave;re sans craindre les privations. Toute gr&egrave;ve entra&icirc;ne pour l&#39;ouvrier une foule de privations, et de privations si effroyables qu&#39;elles ne peuvent se comparer qu&#39;aux calamit&eacute;s de la guerre : la faim au foyer, la perte du salaire, bien souvent l&#39;arrestation, l&#39;expulsion de la ville qu&#39;il habite de longue date et o&ugrave; il a son travail. Et malgr&eacute; toutes ces calamit&eacute;s, les ouvriers m&eacute;prisent ceux qui l&acirc;chent leurs camarades et qui composent avec le patron. Malgr&eacute; les mis&egrave;res caus&eacute;es par la gr&egrave;ve, les ouvriers des fabriques voisines &eacute;prouvent toujours un regain de courage en voyant leurs camarades engager la lutte. &quot;Ceux qui supportent tant de mis&egrave;res pour briser la r&eacute;sistance d&#39;un seul bourgeois sauront aussi briser la force de la bourgeoisie tout Enti&egrave;re&quot; [3], a dit un des grands ma&icirc;tres du socialisme, Engels, &agrave; propos des gr&egrave;ves des ouvriers anglais. Il suffit souvent qu&#39;une seule fabrique se mette en gr&egrave;ve pour que le mouvement gagne aussit&ocirc;t une foule d&#39;autres fabriques. Tant est grande l&#39;influence morale des gr&egrave;ves, tant est contagieux pour les ouvriers le spectacle de leurs camarades qui, f&ucirc;t-ce momentan&eacute;ment, cessent d&#39;&ecirc;tre des esclaves pour devenir les &eacute;gaux des riches ! Toute gr&egrave;ve contribue puissamment &agrave; amener les ouvriers &agrave; l&#39;id&eacute;e du socialisme, de la lutte de la classe ouvri&egrave;re tout enti&egrave;re pour s&#39;affranchir du joug du capital. Il est arriv&eacute; tr&egrave;s souvent qu&#39;avant une gr&egrave;ve importante les ouvriers d&#39;une fabrique, d&#39;une industrie, d&#39;une ville donn&eacute;e ne sachent presque rien du socialisme et n&#39;y pensent gu&egrave;re et qu&#39;apr&egrave;s la gr&egrave;ve les cercles et les associations se multiplient parmi eux, tandis qu&#39;un nombre sans cesse grandissant d&#39;ouvriers devenaient socialistes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tLa gr&egrave;ve apprend aux ouvriers &agrave; comprendre ce qui fait la force des patrons et ce qui fait la force des ouvriers, elle leur apprend &agrave; penser non pas seulement &agrave; leur propre patron et &agrave; leurs camarades les plus proches mais &agrave; tous les patrons, &agrave; toute la classe des capitalistes et &agrave; toute la classe ouvri&egrave;re. Lorsqu&#39;un patron de fabrique, qui a amass&eacute; des millions gr&acirc;ce au labeur de plusieurs g&eacute;n&eacute;rations d&#39;ouvriers, refuse la moindre augmentation de salaire ou tente m&ecirc;me de le r&eacute;duire encore plus et, en cas de r&eacute;sistance, jette sur le pav&eacute; des milliers de familles affam&eacute;es, les ouvriers voient clairement que la classe capitaliste dans son ensemble est l&#39;ennemie de la classe ouvri&egrave;re dans son ensemble, qu&#39;ils ne peuvent compter que sur eux-m&ecirc;mes et leur union. Il arrive tr&egrave;s souvent que le patron s&#39;emploie le plus possible &agrave; tromper les ouvriers, &agrave; se faire passer pour leur bienfaiteur, &agrave; dissimuler son exploitation des ouvriers par une aum&ocirc;ne d&eacute;risoire, par des promesses fallacieuses. Chaque gr&egrave;ve d&eacute;truit toujours, d&#39;un coup, tout ce mensonge, elle montre aux ouvriers que leur &quot;bienfaiteur&quot; est un loup d&eacute;guis&eacute; en mouton.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tMais la gr&egrave;ve n&#39;ouvre pas seulement les yeux des ouvriers en ce qui concerne les capitalistes, elle les &eacute;claireaussi sur le gouvernement et sur les lois. De m&ecirc;me que les patrons de fabrique s&#39;efforcent de se faire passer pour les bienfaiteurs des ouvriers, les fonctionnaires et leurs valets s&#39;efforcent de persuader ces derniers que le tsar et son gouvernement agissent en toute &eacute;quit&eacute;, avec un &eacute;gal souci du sort des patrons et de celui des ouvriers. L&#39;ouvrier ne conna&icirc;t pas les lois, il n&#39;a pas affaire aux fonctionnaires, surtout &agrave; ceux d&#39;un rang sup&eacute;rieur, et c&#39;est pourquoi il ajoute souvent foi &agrave; tout cela. Mais voil&agrave; qu&#39;&eacute;clate une gr&egrave;ve. Procureur, inspecteur de fabrique, police, souvent m&ecirc;me la troupe se pr&eacute;sentent &agrave; la fabrique. Les ouvriers apprennent qu&#39;ils ont contrevenu &agrave; la loi : la loi autorise les patrons &agrave; se r&eacute;unir et &agrave; discuter ouvertement des moyens de r&eacute;duire les salaires des ouvriers mais elle fait un crime &agrave; ces ouvriers de se concerter en vue d&#39;une action commune ! Ils sont expuls&eacute;s de leurs logements ; la police ferme les boutiques o&ugrave; ils pourraient acheter des vivres &agrave; cr&eacute;dit ; on cherche &agrave; dresser les soldats contre les ouvriers, m&ecirc;me quand ceux-ci restent bien calmes et pacifiques. On va jusqu&#39;&agrave; faire tirer sur les ouvriers et, lorsque les soldats massacrent des ouvriers d&eacute;sarm&eacute;s en tirant dans le dos de ceux qui s&#39;enfuient, le tsar en personne adresse ses remerciements &agrave; la troupe (c&#39;est ainsi que le tsar a remerci&eacute; les soldats qui avaient tu&eacute; des ouvriers en gr&egrave;ve &agrave; Iaroslavl, en 1895). Chaque ouvrier se rend compte alors que le gouvernement du tsar est son pire ennemi, qu&#39;il d&eacute;fend les capitalistes et tient les ouvriers pieds et poings li&eacute;s. L&#39;ouvrier commence &agrave; se rendre compte que les lois sont faites dans l&#39;int&eacute;r&ecirc;t exclusif des riches, que les fonctionnaires aussi d&eacute;fendent l&#39;int&eacute;r&ecirc;t de ces derniers, que la classe ouvri&egrave;re est b&acirc;illonn&eacute;e et qu&#39;on ne lui laisse pas m&ecirc;me la possibilit&eacute; de faire conna&icirc;tre ses besoins, que la classe ouvri&egrave;re doit de toute n&eacute;cessit&eacute; conqu&eacute;rir le droit de gr&egrave;ve, le droit de publier des journaux ouvriers, le droit de participer &agrave; la repr&eacute;sentation nationale, laquelle doit promulguer les lois et veiller &agrave; leur application. Et le gouvernement comprend fort bien lui-m&ecirc;me que les gr&egrave;ves dessillent les yeux des ouvriers, c&#39;est pourquoi il les craint tant et s&#39;efforce &agrave; tout prix de les &eacute;touffer le plus vite possible. Ce n&#39;est pas sans raison qu&#39;un ministre de l&#39;Int&eacute;rieur allemand [4], qui s&#39;est rendu particuli&egrave;rement c&eacute;l&egrave;bre en pers&eacute;cutant avec f&eacute;rocit&eacute; les socialistes et les ouvriers conscients, a d&eacute;clar&eacute; un jour devant les repr&eacute;sentants du peuple: &quot;Derri&egrave;re chaque gr&egrave;ve se profile l&#39;hydre [le monstre] de la r&eacute;volution&quot; ; chaque gr&egrave;ve affermit et d&eacute;veloppe chez les ouvriers la conscience du fait que le gouvernement est son ennemi, que la classe ouvri&egrave;re doit se pr&eacute;parer &agrave; lutter contre lui pour les droits du peuple.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tAinsi les gr&egrave;ves apprennent aux ouvriers &agrave; s&#39;unir ; elles leur montrent que c&#39;est seulement en unissant leurs efforts qu&#39;ils peuvent lutter contre les capitalistes ; les gr&egrave;ves apprennent aux ouvriers &agrave; penser &agrave; la lutte de toute la classe ouvri&egrave;re contre toute la classe des patrons de fabrique et contre le gouvernement autocratique, le gouvernement policier. C&#39;est pour cette raison que les socialistes appellent les gr&egrave;ves &quot;l&#39;&eacute;cole de guerre&quot;, une &eacute;cole o&ugrave; les ouvriers apprennent &agrave; faire la guerre &agrave; leurs ennemis, afin d&#39;affranchir l&#39;ensemble du peuple et tous les travailleurs du joug des fonctionnaires et du capital.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tMais &quot;l&#39;&eacute;cole de guerre&quot;, ce n&#39;est pas encore la guerre elle-m&ecirc;me. Lorsque les gr&egrave;ves se propagent largement parmi les ouvriers, certains d&#39;entre eux (et quelques socialistes) en viennent &agrave; s&#39;imaginer que la classe ouvri&egrave;re peut se borner &agrave; faire gr&egrave;ve, &agrave; organiser des caisses et des associations pour les gr&egrave;ves, et que ces derni&egrave;res &agrave; elles seules suffisent &agrave; la classe ouvri&egrave;re pour arracher une am&eacute;lioration s&eacute;rieuse de sa situation, voire son &eacute;mancipation. Voyant la force que repr&eacute;sentent l&#39;union des ouvriers et leurs gr&egrave;ves, m&ecirc;me de faible envergure, certains pensent qu&#39;il suffirait aux ouvriers d&#39;organiser une gr&egrave;ve g&eacute;n&eacute;rale s&#39;&eacute;tendant &agrave; l&#39;ensemble du pays pour obtenir des capitalistes et du gouvernement tout ce qu&#39;ils d&eacute;sirent. Cette opinion a &eacute;t&eacute; &eacute;galement celle d&#39;ouvriers d&#39;autres pays, lorsque le mouvement ouvrier n&#39;en &eacute;tait qu&#39;&agrave; ses d&eacute;buts et manquait tout &agrave; fait d&#39;exp&eacute;rience. Mais cette opinion est fausse. Les gr&egrave;ves sont un des moyens de lutte de la classe ouvri&egrave;re pour son affranchissement mais non le seul ; et si les ouvriers ne portent pas leur attention sur les autres moyens de lutte, ils ralentiront par l&agrave; la croissance et les progr&egrave;s de la classe ouvri&egrave;re. En effet, pour assurer le succ&egrave;s des gr&egrave;ves, il faut des caisses afin de faire vivre les ouvriers pendant la dur&eacute;e du mouvement. Ces caisses, les ouvriers en organisent dans tous les pays (g&eacute;n&eacute;ralement dans le cadre d&#39;une industrie donn&eacute;e, d&#39;une profession ou d&#39;un atelier) ; mais chez nous, en Russie, la chose est extr&ecirc;mement difficile car la police les traque, confisque l&#39;argent et emprisonne les ouvriers. Il va de soi que les ouvriers savent aussi d&eacute;jouer la police, que la cr&eacute;ation de ces caisses est utile et nous n&#39;entendons pas la d&eacute;conseiller aux ouvriers. Mais on ne peut esp&eacute;rer que ces caisses ouvri&egrave;res, interdites par la loi, puissent attirer beaucoup de membres ; or, avec un nombre restreint d&#39;adh&eacute;rents, elles ne seront pas d&#39;une tr&egrave;s grande utilit&eacute;. Ensuite, m&ecirc;me dans les pays o&ugrave; les associations ouvri&egrave;res existent librement et disposent de fonds tr&egrave;s importants, m&ecirc;me dans ces pays la classe ouvri&egrave;re ne saurait se borner &agrave; lutter uniquement par des gr&egrave;ves. Il suffit d&#39;un arr&ecirc;t des affaires dans l&#39;industrie (d&#39;une crise comme celle qui se dessine actuellement en Russie) pour que les patrons des fabriques provoquent eux-m&ecirc;mes des gr&egrave;ves, parce qu&#39;ils ont parfois int&eacute;r&ecirc;t &agrave; faire cesser momentan&eacute;ment le travail, &agrave; ruiner les caisses ouvri&egrave;res. Aussi les ouvriers ne peuvent-ils se borner exclusivement aux gr&egrave;ves et aux formes d&#39;organisation qu&#39;elles impliquent. En deuxi&egrave;me lieu, les gr&egrave;ves n&#39;aboutissent que l&agrave; o&ugrave; les ouvriers sont d&eacute;j&agrave; assez conscients, o&ugrave; ils savent choisir le moment propice, formuler leurs revendications, o&ugrave; ils sont en liaison avec les socialistes pour se procurer ainsi des tracts et des brochures. Or ces ouvriers sont encore peu nombreux en Russie et il est indispensable de tout faire pour en augmenter le nombre, pour initier la masse des ouvriers &agrave; la cause ouvri&egrave;re, pour les initier au socialisme et &agrave; la lutte ouvri&egrave;re. Cette t&acirc;che doit &ecirc;tre assum&eacute;e en commun par les socialistes et les ouvriers conscients, qui forment &agrave; cet effet un parti ouvrier socialiste. En troisi&egrave;me lieu, les gr&egrave;ves montrent aux ouvriers, nous l&#39;avons vu, que le gouvernement est leur ennemi, qu&#39;il faut lutter contre lui. Et, dans tous les pays, les gr&egrave;ves ont en effet appris progressivement &agrave; la classe ouvri&egrave;re &agrave; lutter contre les gouvernements pour les droits des ouvriers et du peuple tout entier. Ainsi que nous venons de le dire, seul un parti ouvrier socialiste peut mener cette lutte, en diffusant parmi les ouvriers des notions justes sur le gouvernement et sur la cause ouvri&egrave;re. Nous parlerons plus sp&eacute;cialement une autre fois de la fa&ccedil;on dont les gr&egrave;ves sont men&eacute;es chez nous, en Russie, et de l&#39;usage que doivent en faire les ouvriers conscients. Pour le moment, il nous faut souligner que les gr&egrave;ves, comme on l&#39;a dit ci-dessus, sont &quot;l&#39;&eacute;cole de guerre&quot; et non la guerre elle-m&ecirc;me, qu&#39;elles sont seulement un des moyens de la lutte, une des formes du mouvement ouvrier. Des gr&egrave;ves isol&eacute;es les ouvriers peuvent et doivent passer et passent effectivement dans tous les pays &agrave; la lutte de la classe ouvri&egrave;re tout enti&egrave;re pour l&#39;&eacute;mancipation de tous les travailleurs. Lorsque tous les ouvriers conscients deviennent des socialistes, c&#39;est-&agrave;-dire aspirent &agrave; cette &eacute;mancipation, lorsqu&#39;ils s&#39;unissent &agrave; travers tout le pays pour propager le socialisme parmi les ouvriers, pour enseigner aux ouvriers tous les proc&eacute;d&eacute;s de lutte contre leurs ennemis, lorsqu&#39;ils forment un parti ouvrier socialiste luttant pour lib&eacute;rer tout le peuple du joug du gouvernement et pour lib&eacute;rer tous les travailleurs du joug du capital, alors seulement la classe ouvri&egrave;re adh&egrave;re sans r&eacute;serve au grand mouvement des ouvriers de tous les pays, qui rassemble tous les ouvriers et arbore le drapeau rouge avec ces mots : &quot;Prol&eacute;taires de tous les pays, unissez-vous !&quot;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tNotes<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t[1] L&#39;article &quot;A propos des gr&egrave;ves&quot; a &eacute;t&eacute; &eacute;crit &agrave; la fin de 1899 par L&eacute;nine, alors en rel&eacute;gation en Sib&eacute;rie, pour la Rabotcha&iuml;a Gaz&eacute;ta. L&#39;article devait avoir trois parties, comme L&eacute;nine l&#39;indique dans son pr&eacute;ambule. On ne poss&egrave;de que la premi&egrave;re partie, recopi&eacute;e de la main de N. K. Kroupska&iuml;a, et on n&#39;a pu &eacute;tablir si les deux autres parties avaient &eacute;t&eacute; r&eacute;dig&eacute;es. (N. Ed.)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t[2] Des crises dans l&#39;industrie et de leur signification pour les ouvriers nous parlerons plus en d&eacute;tail une autre fois. Pour l&#39;instant, nous nous bornerons &agrave; faire remarquer que ces derni&egrave;res ann&eacute;es les affaires ont tr&egrave;s bien march&eacute; pour l&#39;industrie russe, elle a &quot;prosp&eacute;r&eacute;&quot; ; mais aujourd&#39;hui (fin 1899) des sympt&ocirc;mes &eacute;vidents montrent que cette &quot;prosp&eacute;rit&eacute;&quot; va aboutir &agrave; une crise : &agrave; des difficult&eacute;s dans l&#39;&eacute;coulement des marchandises, &agrave; des faillites de propri&eacute;taires de fabrique, &agrave; la ruine des petits patrons et &agrave; des calamit&eacute;s terribles pour les ouvriers (ch&ocirc;mage, r&eacute;duction des salaires, etc.). (Note de L&eacute;nine).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t[3] F. Engels, La situation de la classe laborieuse en Angleterre, Editions Sociales, Paris, 1975, p. 281. (N. Ed.)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t[4] Il s&#39;agit du ministre de l&#39;Int&eacute;rieur prussien, von Puttkamer. (N. Ed.)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tSource : https:\/\/www.marxists.org\/francais\/lenin\/works\/1899\/00\/greves99.htm<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>V.I. L&eacute;nine, R&eacute;dig&eacute; fin 1899. Publi&eacute; pour la premi&egrave;re fois en 1924 dans le n&deg; 8-9 de la revue Prol&eacute;tarska&iuml;a R&eacute;voloutsia Ces derni&egrave;res ann&eacute;es, les gr&egrave;ves ouvri&egrave;res sont devenues extr&ecirc;mement fr&eacute;quentes en Russie. Il n&#39;est pas de province industrielle, d&eacute;sormais, o&ugrave; il ne s&#39;en soit produit plusieurs. Dans les grandes villes elles &eacute;clatent sans discontinuer. [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":839,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false},"categories":[3508],"tags":[],"jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/503"}],"collection":[{"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=503"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/503\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=503"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=503"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=503"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}