{"id":495,"date":"2017-03-15T10:10:30","date_gmt":"2017-03-15T10:10:30","guid":{"rendered":"http:\/\/litci.org\/fra\/2017\/03\/15\/2017-03-15-10-14-37\/"},"modified":"2017-03-15T10:10:30","modified_gmt":"2017-03-15T10:10:30","slug":"2017-03-15-10-14-37","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/litci.org\/fr\/2017-03-15-10-14-37\/","title":{"rendered":"8 mars 1917: l\u2019\u00e9tincelle de F\u00e9vrier"},"content":{"rendered":"<p>\n\t<img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" alt=\"\" height=\"208\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.litci.org\/fr\/images\/image\/revolutionrusse\/mujeres-rusia-770x470.jpg?resize=340%2C208\" width=\"340\" data-recalc-dims=\"1\" \/><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\">\n\tLe 8 mars 1917 (23 f&eacute;vrier selon le calendrier g&eacute;orgien en vigueur en Russie &agrave; l&rsquo;&eacute;poque), &agrave; Petrograd, un important groupe de femmes sort dans la rue pour exiger &agrave; grands cris la fin de la guerre. Selon Alexandra Kollonta&iuml;, une des principales dirigeantes du Parti bolch&eacute;vique d&rsquo;alors&nbsp;: <o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; background-image: initial; background-position: initial; background-size: initial; background-repeat: initial; background-attachment: initial; background-origin: initial; background-clip: initial;\">\n\t&laquo;&nbsp;<i><span lang=\"FR\">Ensuite est arriv&eacute;e la grande ann&eacute;e 1917. La faim, le froid et les &eacute;preuves de la guerre ont bris&eacute; la patience des ouvri&egrave;res et des paysannes de Russie. Le 8 mars (23 f&eacute;vrier) 1917, elles sont hardiment sorties dans les rues de Petrograd. Ces femmes, ouvri&egrave;res et femmes de soldats, exigeaient du &lsquo;Pain pour nos enfants&rsquo; et le &lsquo;Retour de nos maris des tranch&eacute;es&rsquo;. (&#8230;) Ce jour-l&agrave;, les femmes russes ont soulev&eacute; la torche de la r&eacute;volution prol&eacute;tarienne et ont initi&eacute; les hostilit&eacute;s. La R&eacute;volution de f&eacute;vrier a d&eacute;but&eacute; ce jour-l&agrave;.<\/span><\/i><span lang=\"FR\">&nbsp;&raquo;<\/span><\/p>\n<p> <\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\">\n\t<b><u>Une &eacute;tincelle pr&ecirc;te &agrave; exploser<o:p><\/o:p><\/u><\/b><\/p>\n<p>\n\t<span style=\"text-align: justify;\">En Russie, la guerre et la mobilisation des travailleurs au front avait notablement augment&eacute; l&rsquo;entr&eacute;e des femmes dans les usines. Au d&eacute;but de la guerre, un tiers des travailleurs industriels &eacute;taient des femmes. En f&eacute;vrier 1917, pour Petrograd seulement, ce nombre avait augment&eacute; &agrave; 47% de la force de travail. Les femmes travailleuses &eacute;taient majoritaires dans l&rsquo;industrie textile, du cuir et du caoutchouc, et dans beaucoup de secteurs dont elles &eacute;taient jusqu&rsquo;alors exclues, tels que le transport, la typographie ou l&rsquo;industrie m&eacute;tallurgique. Elles devaient pourvoir leurs enfants en pain et, avant d&rsquo;aller &agrave; l&rsquo;usine, faisaient d&rsquo;interminables files pour avoir un peu de nourriture, dormant souvent dehors en plein hiver russe. Depuis 1916, les femmes et les ouvri&egrave;res avaient organis&eacute; des r&eacute;bellions &agrave; cause de la p&eacute;nurie de pain et de charbon, des gr&egrave;ves pour les salaires, pour la r&eacute;duction des heures de travail et contre les tracasseries des patrons et des contrema&icirc;tres, mais d&eacute;but 1917, la situation &eacute;tait tr&egrave;s tendue&nbsp;: la vague patriotique du d&eacute;but de la guerre s&rsquo;&eacute;tait &eacute;teinte face &agrave; l&rsquo;immensit&eacute; du d&eacute;sastre militaire et sous la pression du manque de nourriture et de charbon. Cela a men&eacute; les femmes &agrave; remettre en question le pouvoir politique, transformant graduellement les gr&egrave;ves &agrave; caract&egrave;re &eacute;conomique en gr&egrave;ves politiques. Selon ce qui est relat&eacute; par la police de l&rsquo;&eacute;poque, les femmes &laquo;&nbsp;sont un mat&eacute;riau inflammable qui n&rsquo;a besoin que d&rsquo;une &eacute;tincelle pour exploser&nbsp;&raquo;.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\">\n\t<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\">\n\tDes femmes bolch&eacute;viques agissaient parmi elles, recrutant dans les quartiers les plus pauvres et leur d&eacute;diant des publications sp&eacute;cifiques. De fait, le Parti bolch&eacute;vique d&eacute;veloppa un travail s&eacute;rieux et m&eacute;thodique pour organiser et conqu&eacute;rir les travailleuses&nbsp;: depuis 1913, la Pravda, le journal bolch&eacute;vique, publiait une page d&eacute;di&eacute;e aux probl&egrave;mes des femmes ouvri&egrave;res&nbsp;; &agrave; peine un an plus tard, il estima essentiel de faire para&icirc;tre un journal destin&eacute; aux femmes, Rabotnitsa, qui faisait face aux probl&egrave;mes sp&eacute;cifiques des femmes travailleuses, en les liant &agrave; la lutte des travailleurs contre le capitalisme et en barrant la route &agrave; toute collaboration avec le f&eacute;minisme bourgeois. En 1915 d&eacute;j&agrave;, la bolch&eacute;vique In&egrave;s Armand &eacute;crivait dans la revue Rabotnitsa&nbsp;: &laquo;&nbsp;Les femmes doivent remplir un r&ocirc;le significatif dans la lutte pour la nourriture. La lutte pour augmenter les salaires et r&eacute;duire la charge horaire n&rsquo;est possible qu&rsquo;avec la pleine participation des travailleuses. La t&acirc;che consiste &agrave; augmenter la conscience de classe de ces femmes.&nbsp;&raquo;<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\">\n\tEn m&ecirc;me temps, elle exhortait les travailleurs : &laquo;&nbsp;Camarades, n&rsquo;oubliez pas que la cause des femmes travailleuses est &eacute;galement votre cause. Aussi longtemps que les masses de femmes ne seront entr&eacute;es dans vos organisations, aussi longtemps qu&rsquo;elles ne se seront attir&eacute;es vers votre mouvement, ce sera un &eacute;norme obstacle sur votre chemin.&nbsp;&raquo;<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\">\n\tLa propagande bolch&eacute;vique fut en ce sens d&rsquo;une importance vitale, de par le fait qu&rsquo;en Russie, les femmes repr&eacute;sentaient un des secteurs les plus opprim&eacute;s de la classe ouvri&egrave;re. Au-del&agrave; des agressions les plus brutales de la part des employeurs, elles &eacute;taient attaqu&eacute;es culturellement et intellectuellement, opprim&eacute;es dans le cadre domestique. C&rsquo;est pour cela que lorsqu&rsquo;elles se rebell&egrave;rent contre leur situation, quand elles se lib&eacute;r&egrave;rent de ce terrible fardeau repr&eacute;sent&eacute; par leur r&ocirc;le social et &eacute;conomique, elles parvinrent &agrave; aller tr&egrave;s loin&nbsp;: elles ne rompirent pas leurs cha&icirc;nes graduellement mais de mani&egrave;re explosive, et pas une cha&icirc;ne apr&egrave;s l&rsquo;autre mais toutes dans leur totalit&eacute;. Elles devinrent l&rsquo;oppos&eacute; de ce qu&rsquo;elles avaient &eacute;t&eacute; jusqu&rsquo;alors&nbsp;: elles avaient &eacute;t&eacute; le secteur le plus mod&eacute;r&eacute; et le plus peureux&nbsp;; elles devinrent le plus radical et le plus audacieux. La haine de l&rsquo;ancien r&eacute;gime, qui les obligeait &agrave; rester en marge de la vie sous tous ses aspects, &eacute;tait immense, et elles n&rsquo;&eacute;taient pas dispos&eacute;es &agrave; revenir &agrave; la situation ant&eacute;rieure.<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\">\n\t<b><u>Le d&eacute;but de la r&eacute;volution<o:p><\/o:p><\/u><\/b><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\">\n\tLe 23 f&eacute;vrier 1917 fut d&eacute;cid&eacute; pour la c&eacute;l&eacute;bration de la femme travailleuse, mais personne n&rsquo;imaginait que les manifestations d&eacute;j&agrave; pr&eacute;vues allaient signifier le d&eacute;but d&rsquo;un tel processus r&eacute;volutionnaire qui entra dans l&rsquo;histoire comme la R&eacute;volution de f&eacute;vrier. Trotsky, dans son Histoire de la R&eacute;volution Russe, parle de la participation des femmes travailleuses dans les &eacute;v&egrave;nements de f&eacute;vrier 1917&nbsp;: <o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\">\n\t&laquo;&nbsp;<i>On projetait, dans les cercles de la social-d&eacute;mocratie, de donner &agrave; ce jour sa signification par les moyens d&#39;usage courant : r&eacute;unions, discours, tracts. La veille encore, il ne serait venu &agrave; la pens&eacute;e de personne que cette &quot; Journ&eacute;e des Femmes&nbsp;&quot; p&ucirc;t inaugurer la r&eacute;volution.&nbsp;&raquo; <\/i>La gr&egrave;ve n&rsquo;&eacute;tait pas pr&eacute;vue parmi les possibilit&eacute;s de manifestations, pas m&ecirc;me par les organisations bolch&eacute;viques&nbsp;: <i>&laquo;&nbsp;Pas une organisation ne pr&eacute;conisa la gr&egrave;ve pour ce jour-l&agrave;. Bien plus, une organisation bolcheviste, et des plus combatives, le Comit&eacute; du rayon essentiellement ouvrier de Vyborg, d&eacute;conseillait toute gr&egrave;ve. L&#39;&eacute;tat d&#39;esprit des masses d&#39;apr&egrave;s le t&eacute;moignage de Ka&iuml;ourov, un des chefs ouvriers du rayon, &eacute;tait tr&egrave;s tendu et chaque gr&egrave;ve mena&ccedil;ait de tourner en collision ouverte. Mais comme le Comit&eacute; estimait que le moment d&#39;ouvrir les hostilit&eacute;s n&#39;&eacute;tait pas encore venu &ndash; le parti n&#39;&eacute;tant pas encore assez fort et la liaison entre ouvriers et soldats &eacute;tant trop insuffisante &ndash; il avait donc d&eacute;cid&eacute; de ne point faire appel &agrave; la gr&egrave;ve, mais de se pr&eacute;parer &agrave; l&#39;action r&eacute;volutionnaire pour une date ind&eacute;termin&eacute;e.<\/i>&nbsp;&raquo;<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\">\n\tLa veille du 23 f&eacute;vrier, les ouvri&egrave;res du textile du quartier de Vyborg se rassembl&egrave;rent pour une manifestation contre la guerre et contre la p&eacute;nurie de nourriture et de ressources. M&ecirc;me en sachant que sans les travailleuses la r&eacute;volution ne pourrait avoir lieu, beaucoup de r&eacute;volutionnaires pensaient que les travailleuses n&rsquo;avaient pas la capacit&eacute; de s&rsquo;organiser et d&rsquo;&ecirc;tre activistes au sein des usines. Cependant, au cours de la r&eacute;union, le m&eacute;tallurgiste Kajurov, un des bolch&eacute;viques qui les consid&eacute;rait comme &eacute;motives et indisciplin&eacute;es, pris la parole. Dans son discours, il reconnut la valeur de leur travail, s&rsquo;attarda sur leurs revendications sp&eacute;cifiques et sur celles en lien avec la guerre&nbsp;; il leur demanda de travailler avec le parti et de se discipliner aux indications du parti. L&rsquo;intention &eacute;tait, de mani&egrave;re &eacute;vidente, de les dissuader de continuer les manifestations. En cette occasion, aucune ne le contredit&nbsp;; cependant, quelques heures plus tard, ces m&ecirc;mes travailleuses organis&egrave;rent une gr&egrave;ve g&eacute;n&eacute;rale qui conduirait &agrave; la chute du Tsarisme. <o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\">\n\t&nbsp;<span lang=\"FR\">&ldquo;<\/span><span style=\"mso-fareast-font-family:&quot;Times New Roman&quot;;\nmso-bidi-font-family:Times;color:black;mso-fareast-language:FR-BE\"> Une foule de femmes, qui n&#39;&eacute;taient pas toutes des ouvri&egrave;res, se dirigea vers la Douma municipale pour r&eacute;clamer du pain. Autant demander du lait &agrave; un bouc. Dans divers quartiers apparurent des drapeaux rouges..<\/span><span lang=\"FR\">.&rdquo; Elles abandonn&egrave;rent le travail, de divis&egrave;rent en groupes pour obtenir l&rsquo;adh&eacute;sion d&rsquo;autres usines, principalement des usines m&eacute;tallurgiques, consid&eacute;r&eacute;es comme l&rsquo;avant-garde de la classe ouvri&egrave;re. En m&ecirc;me temps, de fait, la direction des Ateliers m&eacute;tallurgiques Putilov avait r&eacute;pondu par la suspension des activit&eacute;s en faveur des revendications salariales des travailleurs : plus de 20.000 travailleurs entr&egrave;rent en action aux c&ocirc;t&eacute;s des ouvri&egrave;res du textile.<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\">\n\t<span lang=\"FR\">Les femmes n&rsquo;acceptaient pas de r&eacute;ponse n&eacute;gative de la part des autres travailleurs : l&agrave; o&ugrave; elles n&rsquo;&eacute;taient pas entendues, elles lan&ccedil;aient des pierres, des boules de neige, des b&acirc;tons enflamm&eacute;s contre les portes et les fen&ecirc;tres, et elles occupaient les installations. Alors qu&rsquo;elles se d&eacute;pla&ccedil;aient &agrave; travers le district, la police et les troupes arriv&egrave;rent. La premi&egrave;re escarmouche se termine par des morts et des bless&eacute;s, mais les ouvri&egrave;res dress&egrave;rent des barricades tout en exhortant les soldats &agrave; ne pas tirer. Beaucoup de soldats les connaissaient de par leurs exp&eacute;riences pass&eacute;es dans les garnisons. Zhenya Egorova, du Parti bolch&eacute;vique de Vyborg, tenta de communiquer avec les cosaques : en fin de compte, les soldats n&rsquo;&eacute;taient que des paysans en uniforme. Quand ces derniers r&eacute;pondirent que les hommes n&rsquo;avaient pas &agrave; ob&eacute;ir aux femmes, elle contesta, affirmant que ses fr&egrave;res &eacute;taient au front. Tout &agrave; coup, les fusils des cosaques s&rsquo;abaiss&egrave;rent : les femmes avaient ouvert une br&egrave;che dans la force la plus fid&egrave;le au Tsar.&nbsp; <o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin-right: 36.7pt; line-height: normal; text-align: justify;\">\n\tSelon Trotsky : &laquo;&nbsp;<i><span style=\"mso-fareast-font-family:&quot;Times New Roman&quot;;\nmso-bidi-font-family:Times;color:black;mso-fareast-language:FR-BE\">Dans ces rencontres entre soldats et ouvriers, les travailleuses jouent un r&ocirc;le important. Plus hardiment que les hommes, elles s&#39;avancent vers les rangs de la troupe, s&#39;agrippent aux fusils, supplient et commandent presque : &quot;&nbsp;Enlevez vos ba&iuml;onnettes, joignez-vous &agrave; nous !&nbsp;&quot; Les soldats s&#39;&eacute;meuvent, se sentent tout penauds, s&#39;entre-regardent avec anxi&eacute;t&eacute;, h&eacute;sitent encore ; l&#39;un d&#39;eux, enfin, se d&eacute;cide avant les autres et les ba&iuml;onnettes se rel&egrave;vent dans un mouvement de repentir au-dessus des &eacute;paules des assaillants, le barrage s&#39;ouvre, l&#39;air retentit de hourras joyeux et reconnaissants, les soldats sont entour&eacute;s, de toutes parts s&#39;&eacute;l&egrave;vent des discussions, des reproches, des appels ; la r&eacute;volution fait un pas de plus.&nbsp;<\/span><\/i><span style=\"mso-fareast-font-family:&quot;Times New Roman&quot;;\nmso-bidi-font-family:Times;color:black;mso-fareast-language:FR-BE\">&raquo;<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\">\n\t<a name=\"_GoBack\"><\/a>A partir de ce moment, la mobilisation ira crescendo, s&rsquo;&eacute;tendant &agrave; d&rsquo;autres quartiers et unissant des milliers de travailleurs. A la fin de la journ&eacute;e, 20% de Petrograd et 30% des usines de textile &eacute;taient en gr&egrave;ve.<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\">\n\t<o:p>&nbsp;<\/o:p><u><b>Le r&ocirc;le des femmes dans la lutte pour le socialisme<\/b><\/u><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\">\n\t<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\">\n\t&laquo;&nbsp;<i>Il est donc &eacute;vident que la R&eacute;volution de f&eacute;vrier a commenc&eacute; d&#39;en bas, en surmontant la r&eacute;sistance des organisations r&eacute;volutionnaires elles-m&ecirc;mes&nbsp;; avec la particularit&eacute; quecette initiative spontan&eacute;e fut r&eacute;alis&eacute;e par la partie la plus opprim&eacute;e et inhib&eacute; du prol&eacute;tariat&nbsp;: les travailleuses de l&#39;industrie textile, parmi lesquelles on peut supposer qu&#39;il y avait beaucoup d&#39;&eacute;pouses de soldats<\/i>.&nbsp;&raquo; De cette seule phrase de Trotsky, on peut recueillir diverses le&ccedil;ons qui se d&eacute;gagent de <i>l&#39;&eacute;tincelle<\/i> de la R&eacute;volution de f&eacute;vrier.<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\">\n\t<o:p>&nbsp;<\/o:p>Il n&#39;y a pas de doute que c&#39;est le r&ocirc;le jou&eacute; par les femmes prol&eacute;tariennes, au cours de la R&eacute;volution de f&eacute;vrier 1917 d&#39;abord, puis de celle d&#39;octobre, qui attire la plus grande attention. En g&eacute;n&eacute;ral, l&#39;histoire bourgeoise tend &agrave; diminuer ou &agrave; masquer le r&ocirc;le actif des femmes, m&ecirc;me si celles-ci interviennent dans un contexte r&eacute;volutionnaire&nbsp;: les seuls t&eacute;moignages de <i>l&#39;&eacute;tincelle<\/i> de f&eacute;vrier 1917 viennent en fait de Trotsky et de Kollonta&iuml;, deux auteurs qui ont &eacute;tudi&eacute; avec attention le processus r&eacute;volutionnaire russe.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\">\n\t<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\">\n\tL&#39;attitude bourgeoise envers les femmes a comme objectif de les d&eacute;moraliser en leur montrant l&#39;impossibilit&eacute; de la r&eacute;volution en g&eacute;n&eacute;ral, et leur r&ocirc;le actif en particulier. Cela permet de proposer aux femmes d&#39;autres solutions &agrave; leur statut d&#39;opprim&eacute;es, telles que celles propos&eacute;es par le f&eacute;minisme bourgeois, des solutions qui toutefois s&#39;av&egrave;rent &ecirc;tre des voies sans issue, des illusions. Il incombe aux marxistes r&eacute;volutionnaires de reconstruire correctement les faits et de les analyser d&#39;un point de vue de classe, afin d&#39;aider les prol&eacute;taires &agrave; comprendre que, au-del&agrave; des difficult&eacute;s, il est possible de vaincre le capitalisme, et que dans cette lutte, la participation active des femmes est indispensable.<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\">\n\tQuand L&eacute;nine a dit &laquo;&nbsp;<i>qu&#39;il n&#39;existe pas de questions sp&eacute;cifiques des femmes<\/i>&nbsp;&raquo;, il n&#39;a certainement pas l&#39;intention de sous-estimer ou de d&eacute;valoriser la question de l&#39;&eacute;mancipation de la femme. Au contraire, il a voulu affirmer le principe r&eacute;volutionnaire qu&#39;il n&#39;existe pas de probl&egrave;mes d&#39;int&eacute;r&ecirc;t des femmes qui ne soient pas en m&ecirc;me temps une question sociale plus large, d&#39;une importance vitale pour le mouvement r&eacute;volutionnaire et pour laquelle doivent combattre les hommes et les femmes. Le th&egrave;me de l&#39;oppression de la femme ne peut pas &ecirc;tre s&eacute;par&eacute; de la lutte plus large pour le socialisme, et il incombe aux femmes de jouer le r&ocirc;le principal et d&#39;organiser, en ligne avec l&#39;avant-garde communiste du prol&eacute;tariat, les conditions de leur propre lib&eacute;ration.<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\">\n\tUn autre motif de r&eacute;flexion pr&eacute;sent dans l&#39;expression de Trotsky est li&eacute; &agrave; la spontan&eacute;it&eacute; des mouvements et de la n&eacute;cessit&eacute; du parti r&eacute;volutionnaire. Il ne fait aucun doute que <i>l&#39;&eacute;tincelle<\/i> r&eacute;volutionnaire fut spontan&eacute;e et qu&#39;en f&eacute;vrier 1917, la direction du Parti bolch&eacute;vique &agrave; Petrograd a sous-estim&eacute; la col&egrave;re des travailleuses du textile, en pensant qu&#39;il suffirait d&#39;un simple discours pour les faire rentrer dans les rangs. Cependant, m&ecirc;me quand les femmes en action ne disposaient pas d&#39;un plan d&#39;action sp&eacute;cifique au-del&agrave; de la demande pour du pain et du charbon, lesmilitants bolch&eacute;viques se sont rendus compte qu&#39;ils faisaient face au d&eacute;but d&#39;un processus r&eacute;volutionnaire, et ils sont parvenu &agrave; en prendre la direction avec leurs slogans et leur programme.<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\">\n\tCette le&ccedil;on est bien d&#39;actualit&eacute;&nbsp;: le syst&egrave;me social, &eacute;conomique et politique dans lequel nous vivons (le capitalisme) n&#39;est plus en mesure d&#39;offrir le moindre progr&egrave;s &agrave; la soci&eacute;t&eacute;. S&#39;il y avait une &eacute;poque o&ugrave; chaque g&eacute;n&eacute;ration pouvait aspirer &agrave; une am&eacute;lioration sociale par rapport aux g&eacute;n&eacute;rations pr&eacute;c&eacute;dentes, ce n&#39;est plus le cas aujourd&#39;hui. Les salaires ne font que baisser&nbsp;; le travail est de plus en plus pr&eacute;caire&nbsp;; il y a environ deux millions de ch&ocirc;meurs&nbsp;; le bien-&ecirc;tre (sant&eacute;, pensions, &eacute;ducation, transports), priv&eacute; de tout int&eacute;r&ecirc;t de la part des patrons, est souvent laiss&eacute; compl&egrave;tement &agrave; l&#39;abandon. Dans ce contexte la violence contre les femmes, les immigr&eacute;s et les homosexuels augmente, et ils sont doublement victimes dans cette soci&eacute;t&eacute;&nbsp;: de l&#39;exploitation et de l&#39;oppression. Il y a cent ans, en 1917, en Russie, les travailleurs sont parvenus &agrave; renverser le capitalisme avec leurs luttes et la r&eacute;volution, montrant ainsi que le pouvoir ne doit pas &ecirc;tre pour toujours et n&eacute;cessairement dans les mains des patrons. Mais si le socialisme, bien que difficile &agrave; construire, est la seule alternative &agrave; ce syst&egrave;me social pourri, nous devons &ecirc;tre conscients qu&#39;il ne se fera pas automatiquement. Il faut un parti des travailleurs, un parti diff&eacute;rent parce qu&#39;orient&eacute; par un projet de renversement de cette soci&eacute;t&eacute;. Aucune r&eacute;volution victorieuse dans l&#39;histoire n&#39;a eu lieu spontan&eacute;ment et en absence d&#39;une organisation pour la lutte, en absence de militants qui s&#39;engagent quotidiennement dans leur lieu de travail et dans la soci&eacute;t&eacute;, pour construire une r&eacute;sistance aux politiques des gouvernements bourgeois en faveur des patrons, pour gagner d&#39;autres camarades pour le combat.<o:p><\/o:p><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\">\n\t<o:p>&nbsp;<\/o:p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 8 mars 1917 (23 f&eacute;vrier selon le calendrier g&eacute;orgien en vigueur en Russie &agrave; l&rsquo;&eacute;poque), &agrave; Petrograd, un important groupe de femmes sort dans la rue pour exiger &agrave; grands cris la fin de la guerre. 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