{"id":430,"date":"2015-04-06T07:16:22","date_gmt":"2015-04-06T07:16:22","guid":{"rendered":"http:\/\/litci.org\/fr\/2015\/04\/06\/la-femme-au-senegal\/"},"modified":"2015-04-06T07:16:22","modified_gmt":"2015-04-06T07:16:22","slug":"la-femme-au-senegal","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/litci.org\/fr\/la-femme-au-senegal\/","title":{"rendered":"La femme au S\u00e9n\u00e9gal"},"content":{"rendered":"<p>\n\t<img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" align=\"left\" alt=\"\" border=\"0\" height=\"173\" hspace=\"6\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.litci.org\/fr\/images\/image\/Afrique\/20150308-senegal-femmes.jpg?resize=240%2C173\" vspace=\"4\" width=\"240\" data-recalc-dims=\"1\" \/><\/p>\n<p>\n\t<em>8 mars 2015<br \/>\n\tAwa Tour&eacute;, responsable des femmes et membre du secr&eacute;tariat ex&eacute;cutif de la LPS<br \/>\n\tFalilou Wade, responsable et membre du secr&eacute;tariat ex&eacute;cutif de la LPS<\/em><\/p>\n<p> <\/p>\n<p>\n\t<strong>La femme au S&eacute;n&eacute;gal<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tNous d&eacute;dions ce texte &agrave; toutes les femmes du S&eacute;n&eacute;gal, de l&rsquo;Afrique et du Monde entier qui souffrent du machisme, de l&rsquo;exploitation par les hommes et de l&rsquo;exploitation par le syst&egrave;me capitaliste.<br \/>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;Dans la marche des peuples, et l&rsquo;&eacute;volution des nations, des ruptures et des r&eacute;volutions ont toujours &eacute;t&eacute; op&eacute;r&eacute;es pour r&eacute;aliser les progr&egrave;s n&eacute;cessaires &agrave; la promotion et au bien &ecirc;tre des populations. Mais qu&rsquo;en est-il du bien &ecirc;tre de la femme&nbsp;? <br \/>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;Dans notre cher S&eacute;n&eacute;gal, les femmes ont toujours &eacute;t&eacute; pr&eacute;occup&eacute;es par le sort que leur r&eacute;serve la soci&eacute;t&eacute;. Une soci&eacute;t&eacute; qui a toujours rel&eacute;gu&eacute; la femme au second plan. Ce fait culturel est consid&eacute;r&eacute; comme une pratique tout &agrave; fait naturelle par les hommes&nbsp;: que le r&ocirc;le que doit jouer la femme est de s&rsquo;occuper du foyer, des enfants et g&eacute;n&eacute;ralement de la famille. Et quand Karl Marx parle du travail gratuit des femmes dans le syst&egrave;me capitaliste, c&rsquo;est un fait r&eacute;el que nous vivons dans notre pays aujourd&rsquo;hui. La femme a pour r&ocirc;le de pr&eacute;parer les repas pour la famille, de s&#39;occuper du linge et d&#39;entretenir la maison pour qu&rsquo;elle reste toujours propre. Les femmes souffrent &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur des foyers, car elles sont chaque jour les premi&egrave;res &agrave; se lever au premier chant du coq et elles sont les derni&egrave;res &agrave; se coucher dans la maison apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; toute la journ&eacute;e au service de l&rsquo;homme &agrave; qui on donne le droit de chef de famille dans la maison.<br \/>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;A l&rsquo;int&eacute;rieur du pays, la situation est beaucoup plus catastrophique encore, car il y a ce qu&rsquo;on appelle le mariage pr&eacute;coce, o&ugrave; les filles sont donn&eacute;es en mariage tr&egrave;s t&ocirc;t, &agrave; l&rsquo;&acirc;ge de douze &agrave; quinze ans, et en plus, de force, sans avoir &agrave; demander l&rsquo;avis ou le consentement de la fille. Et apr&egrave;s le mariage, c&#39;est la femme qui est charg&eacute;e de cultiver la terre dans certaines ethnies pour nourrir la famille. Les hommes, dans ces localit&eacute;s, se donnent le luxe d&rsquo;&eacute;pouser jusqu&rsquo;&agrave; quatre femmes, et ces femmes sont comme des objets&nbsp;: apr&egrave;s usage, elles ont le divorce et elles sont laiss&eacute;es &agrave; elles-m&ecirc;mes, et le mari va chercher d&rsquo;autres plus jeunes encore. Comme si la femme n&rsquo;&eacute;tait qu&rsquo;un objet que l&#39;homme peut utiliser et jeter &agrave; la poubelle une fois qu&rsquo;il n&rsquo;en a plus besoin. C&#39;est pourquoi, quand une fille se marie, on lui donne comme conseil que le mariage, c&rsquo;est juste deux mois de noce et, tout le reste, une vie de gal&egrave;re continue.<br \/>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;Si nous regardons la population du S&eacute;n&eacute;gal, qui est de douze millions neuf cent mille habitants, les 51&nbsp;% sont des femmes, et parmi ces femmes, seules 3&nbsp;% sont dans la fonction publique. Et ces rares femmes qui ont reussi &agrave; avoir un travail continuent &agrave; subir des harc&egrave;lements sexuels et psychologiques de tout genre, et de cela, chaque jour la presse en fait ses choux gras. Celles qui arrivent &agrave; avoir le courage de d&eacute;noncer ces harc&egrave;lements sont en nombre insignifiant par rapport &agrave; celles qui se taisent par peur de perdre leur emploi. Dans la recherche de l&rsquo;emploi, les femmes sont le plus souvent laiss&eacute;es en rade par les entreprises, qui emploient peu de femmes.<br \/>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;La loi sur la parit&eacute; a &eacute;t&eacute; vot&eacute;e au S&eacute;n&eacute;gal en 2010 sous le r&egrave;gne du Pr&eacute;sident Wade. Cette loi &eacute;tait pour capter l&rsquo;&eacute;lectorat des femmes, mais en r&eacute;alit&eacute;, elle n&rsquo;est pas appliqu&eacute;e dans toute sa rigueur. Bien que dans toutes les &eacute;lections aux S&eacute;n&eacute;gal il faille pr&eacute;senter une liste paritaire &#8211; ce qui est la seule avanc&eacute;e dans cette loi- dans les bureaux et les institutions parlementaires du pays, comme l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale et le Conseil &eacute;conomique et social, la parit&eacute; n&rsquo;est pas respect&eacute;e. Dans ce bureau de l&rsquo;Assemble ne figure qu&#39;une seule femme,&nbsp; comme 7eme vice-pr&eacute;sidente de l&rsquo;Assembl&eacute;e. <br \/>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sur le plan de la sant&eacute;, dans certaines localit&eacute;s du pays, les femmes continuent &agrave; accoucher &agrave; la maison comme si on &eacute;tait au Moyen Age. C&#39;est la raison pour laquelle la mortalit&eacute; infantile est des plus &eacute;lev&eacute;e dans notre pays et les femmes continuent &agrave; perdre la vie en donnant la vie. Les infrastructures sanitaires co&ucirc;tent cher et sont insuffisantes et, par cons&eacute;quent, tr&egrave;s &eacute;loign&eacute;es de certains villages et donc pas fr&eacute;quent&eacute;es par toutes les populations qui y ont droit. Et dans les rares postes de sant&eacute; en milieu rural, les infirmiers affect&eacute;s refusent d&rsquo;y aller, car ils disent que la zone est enclav&eacute;e. Mais en r&eacute;alit&eacute;, ils vont exercer, en parall&egrave;le avec la fonction publique,&nbsp; dans les cabinets et les infrastructures priv&eacute;s qui les offrent des contrats de prestations, ce qui leur donne deux salaires &agrave; chaque fin du mois.<br \/>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sur le plan de l&#39;&eacute;ducation, les &eacute;tablissements scolaires sont insuffisants pour satisfaire toute la demande des enfants en &acirc;ge de scolarisation. Et pour la scolarisation pour tous, qui est d&eacute;finie par la politique de l&rsquo;Etat du S&eacute;n&eacute;gal, il n&rsquo;y a pas une politique de maintien des filles &agrave; l&rsquo;&eacute;cole, ce qui fait que, parmi toutes les filles scolaris&eacute;es, seule une minuscule partie ont la chance de poursuivre des &eacute;tudes sup&eacute;rieures. Toutes les autres sont retir&eacute;es tr&egrave;s t&ocirc;t de l&rsquo;&eacute;cole, soit pour des raisons de mariage pr&eacute;coce, ou pour rester au foyer &agrave; aider leur maman qui ne peut &agrave; elle seule supporter les travaux m&eacute;nagers quisont excessifs.<br \/>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;Si nous y regardons de plus pr&egrave;s, tout cela est la cons&eacute;quence n&eacute;faste du syst&egrave;me capitaliste que nous a impos&eacute; le colonialisme. Du temps de la colonisation, c&rsquo;est ce r&ocirc;le exact que jouaient les femmes&nbsp;: bien entretenir les hommes qui &eacute;taient utilis&eacute;s dans le travail de force comme la construction du chemin de fer, qui devait permettre de sortir les richesses de l&rsquo;int&eacute;rieur du pays et de toute l&rsquo;Afrique occidentale vers le port de Dakar afin d&rsquo;&ecirc;tre embarqu&eacute;es dans les navires en direction de l&rsquo;Europe. Aujourd&rsquo;hui encore, le syst&egrave;me capitaliste pousse non seulement les femmes&nbsp; &agrave; continuer &agrave; faire ce travail gratuit, mais ces femmes sont aussi les travailleuses du secteur informel, un secteur en tr&egrave;s grande progression du fait du taux de ch&ocirc;mage grandissant et de la pr&eacute;carit&eacute; du travail des hommes.<br \/>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;Pour cette journ&eacute;e du 8 mars d&eacute;di&eacute;e &agrave; la Femme, nous saisissons l&rsquo;occasion pour d&eacute;noncer ces pr&eacute;judices que subit la Femme, et pour dire&nbsp;:<\/p>\n<ul type=\"circle\">\n<li style=\"text-align: justify;\">\n\t\t<strong><em>-Non &agrave; l&rsquo;exploitation de la femme<\/em><\/strong><\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">\n\t\t<strong><em>-Non au mariage pr&eacute;coce des filles<\/em><\/strong><\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">\n\t\t<strong><em>-Non &agrave; l&rsquo;oppression sous toutes ces formes<\/em><\/strong><\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">\n\t\t<strong><em>-Non aux souffrances et humiliations faites aux femmes <\/em><\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tNous, femmes de la Ligue Populaire S&eacute;n&eacute;galaise (LPS), nous exigeons&nbsp;:<\/p>\n<ul type=\"disc\">\n<li style=\"text-align: justify;\">\n\t\t<strong>L&rsquo;application des lois sur la parit&eacute; dans toute sa rigueur<\/strong><\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">\n\t\t<strong>D&eacute;finir une politique de maintien des filles &agrave; l&rsquo;&eacute;cole<\/strong><\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">\n\t\t<strong>Respecter les droits de la Femme<\/strong><\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">\n\t\t<strong>Combattre le machisme et l&rsquo;oppression sous toutes ses formes en votant des lois tr&egrave;s s&eacute;v&egrave;res (viol, harc&egrave;lement, violence, etc.)<\/strong><\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">\n\t\t<strong>Une &eacute;galit&eacute; des chances dans la recherche de travail<\/strong><\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">\n\t\t<strong>Droit de la Femme sur son corps (planification familiale)<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>8 mars 2015 Awa Tour&eacute;, responsable des femmes et membre du secr&eacute;tariat ex&eacute;cutif de la LPS Falilou Wade, responsable et membre du secr&eacute;tariat ex&eacute;cutif de la LPS La femme au S&eacute;n&eacute;gal Nous d&eacute;dions ce texte &agrave; toutes les femmes du S&eacute;n&eacute;gal, de l&rsquo;Afrique et du Monde entier qui souffrent du machisme, de l&rsquo;exploitation par les [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":762,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false},"categories":[3554],"tags":[],"jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/430"}],"collection":[{"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=430"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/430\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=430"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=430"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=430"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}