{"id":330,"date":"2012-10-31T10:46:28","date_gmt":"2012-10-31T10:46:28","guid":{"rendered":"http:\/\/litci.org\/fr\/2012\/10\/31\/la-gauche-face-aux-conflits-salariaux-au-sein-des-forces-armees-et-de-securite\/"},"modified":"2012-10-31T10:46:28","modified_gmt":"2012-10-31T10:46:28","slug":"la-gauche-face-aux-conflits-salariaux-au-sein-des-forces-armees-et-de-securite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/litci.org\/fr\/la-gauche-face-aux-conflits-salariaux-au-sein-des-forces-armees-et-de-securite\/","title":{"rendered":"La gauche, face aux conflits salariaux au sein des forces arm\u00e9es et de s\u00e9curit\u00e9"},"content":{"rendered":"<div>\n\t<img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" align=\"left\" alt=\"\" height=\"162\" hspace=\"6\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.litci.org\/images\/image\/argentina_gendarmeria_huelga.jpg?resize=243%2C162\" vspace=\"4\" width=\"243\" data-recalc-dims=\"1\" \/>D&eacute;but octobre, un conflit salarial a oppos&eacute; les sous-officiers et la base de la police militaris&eacute;e des fronti&egrave;res et de la police des ports<a href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/usuario\/Downloads\/20121015%20lucha_prefectura_argentinaFrCorr.rtf#_edn1\" name=\"_ednref1\" title=\"\">[i]<\/a> au gouvernement argentin de Cristina Kirchner et aux sommets de ces forces arm&eacute;es.<\/div>\n<p> <\/p>\n<p>\n\tLe conflit a son origine dans un d&eacute;cret du gouvernement de Cristina, qui ordonne la suppression de plusieurs primes non incluses dans la r&eacute;mun&eacute;ration de base, dans le cadre d&#39;un plan d&#39;ajustement &eacute;conomique contre la classe ouvri&egrave;re et le peuple argentin en g&eacute;n&eacute;ral et qui attaque notamment le salaire des fonctionnaires. Cette suppression repr&eacute;sente pour les membres de ces deux forces une diminution du salaire net de 30 &agrave; 60&nbsp;%.<\/p>\n<div>\n\tLa base et les sous-officiers des deux institutions militaires ont r&eacute;agi &agrave; cela par une gr&egrave;ve, accompagn&eacute;e de rassemblements et de manifestations devant les b&acirc;timents centraux des deux forces. Par la suite, la revendication d&#39;un salaire de base de 7000&nbsp;pesos (environ 1200&nbsp;&euro;) a &eacute;t&eacute; ajout&eacute;e aux griefs. Puis, 200&nbsp;sous-officiers de la marine ainsi que des sous-officiers l&#39;arm&eacute;e de l&#39;air et les conjointes des sous-officiers de l&#39;arm&eacute;e de terre se sont associ&eacute;s &agrave; la revendication.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tFace &agrave; ce conflit, le gouvernement argentin eut une politique prudente. D&#39;une part, il n&#39;a pas os&eacute; r&eacute;primer directement le mouvement et il a entam&eacute; des n&eacute;gociations avec une &laquo;&nbsp;commission de repr&eacute;sentants&nbsp;&raquo;, une premi&egrave;re, puisqu&#39;en Argentine, les forces de s&eacute;curit&eacute; n&#39;ont pas le droit de s&#39;organiser ni de formuler des revendications salariales ou de travail. L&#39;annulation des r&eacute;ductions a rapidement &eacute;t&eacute; accord&eacute;e. D&#39;autre part, huit porte-parole du conflit ont &eacute;t&eacute; sanctionn&eacute;s et toute discussion sur une modification du salaire de base a &eacute;t&eacute; refus&eacute;e.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tEntre-temps, au parlement, toutes les forces gouvernementales et de l&#39;opposition bourgeoise ont vot&eacute; une d&eacute;claration, invitant &laquo;&nbsp;<i>les forces de s&eacute;curit&eacute; et d&#39;autres forces &agrave; ajuster leurs actions aux r&egrave;gles de fonctionnement d&eacute;mocratique et de subordination aux autorit&eacute;s l&eacute;gitimement constitu&eacute;es, respectant pleinement la Constitution nationale<\/i>&nbsp;&raquo;.<a href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/usuario\/Downloads\/20121015%20lucha_prefectura_argentinaFrCorr.rtf#_edn2\" name=\"_ednref2\" title=\"\">[ii]<\/a> En d&#39;autres termes, la d&eacute;claration faisait entendre que le mouvement aurait une connotation putschiste. Tous les politiciens de la bourgeoisie argentine &eacute;taient d&#39;accord pour exiger de la police des fronti&egrave;res et des ports en gr&egrave;ve de &laquo;&nbsp;se calmer&nbsp;&raquo; et de &laquo;&nbsp;rentrer chez eux&nbsp;&raquo;.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tCette pr&eacute;occupation et cette unit&eacute; de la bourgeoisie argentine ne sont pas fortuites. En Argentine, il y a actuellement une interdiction l&eacute;gale pour l&#39;arm&eacute;e de participer &agrave; la r&eacute;pression interne. Cette situation, conjugu&eacute;e &agrave; la crise profonde de la police f&eacute;d&eacute;rale et des polices provinciales, a fait que la police des fronti&egrave;res et celle des ports, et surtout la premi&egrave;re, sont devenues les principales forces de r&eacute;pression des conflits sociaux, des gr&egrave;ves, des manifestations et des barrages routiers. Et voil&agrave; qu&#39;une crise &eacute;clate au sein m&ecirc;me de ces forces de r&eacute;pression. Les classes poss&eacute;dantes argentines se voyaient confront&eacute;es &agrave; une situation inqui&eacute;tante, du genre de &laquo;&nbsp;Qui va nous d&eacute;fendre&nbsp;?&nbsp;&raquo;<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tIl est clair que ce conflit est une expression de la crise &eacute;conomique, sociale et politique, qui commence de plus en plus &agrave; toucher l&#39;Argentine. Ce n&#39;est toutefois pas l&#39;analyse des racines de ce processus que nous allons aborder ici.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tNotre intention est de d&eacute;velopper le d&eacute;bat avec la majorit&eacute; de la gauche argentine et latino-am&eacute;ricaine, concernant la position &agrave; adopter par les organisations socialistes r&eacute;volutionnaires face &agrave; de tels conflits et, plus g&eacute;n&eacute;ralement, concernant la politique r&eacute;volutionnaire envers les forces arm&eacute;es et de s&eacute;curit&eacute;. Cette controverse n&#39;est pas nouvelle. Elle a eu lieu &agrave; l&#39;occasion de la r&eacute;volte des polices en Equateur en 2010 et lors de la gr&egrave;ve des pompiers de Rio de Janeiro en 2011.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\t<strong>Notre position<\/strong><\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tLa position du PSTU-A (la section argentine de la LIT-QI) &eacute;tait de soutenir la lutte des policiers des fronti&egrave;res et des ports contre le gouvernement. C&#39;&eacute;tait une position identique &agrave; celle de nos sections en Equateur et au Br&eacute;sil, o&ugrave; le MAS et le PSTU-B ont soutenu respectivement la lutte des policiers qui se sont mutin&eacute;s contre le plan d&#39;ajustement de Correa et celle des pompiers qui se sont affront&eacute;s au gouverneur Cabral &agrave; Rio de Janeiro pour exiger une hausse de salaire.&nbsp;<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tDans tous ces cas, il s&#39;agissait d&#39;une situation sp&eacute;cifique qui exigeait aussi une prise de position et une politique sp&eacute;cifiques. Il s&#39;agissait de conflits o&ugrave; les agents de base et de bas rang de ces forces r&eacute;pressives s&#39;affrontaient contre la haute hi&eacute;rarchie militaire ou de police et contre les administrations municipales ou nationales. Nous parlons de confrontations non seulement politiques, mais aussi physiques. Dans le cas de l&#39;Equateur et du Br&eacute;sil, les gouvernements ont envoy&eacute; des forces sp&eacute;ciales pour r&eacute;primer la base insubordonn&eacute;e, provoquant des affrontements et l&rsquo;emprisonnement ou la punition de nombreux soldats et officiers.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tLe d&eacute;bat avec la gauche en Argentine et en Am&eacute;rique latine se r&eacute;sume dans la question suivante&nbsp;: de quel c&ocirc;t&eacute; se situent les partis qui se consid&egrave;rent comme r&eacute;volutionnaires dans un conflit de cette nature&nbsp;? Il n&#39;y a que deux alternatives concr&egrave;tes en r&eacute;alit&eacute;&nbsp;: nous sommes avec la base des soldats ou des policiers et avec les officiers subalternes, contre les hauts sommets militaires et les diff&eacute;rents gouvernements capitalistes, ou nous sommes avec les gouvernements (Correa, Cabral \/ Dilma, Cristina Kirchner) et les sommets, contre les r&eacute;clamations des secteurs insubordonn&eacute;s et en faveur de la r&eacute;pression contre ceux-ci.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tLa position de la LIT-QI est la premi&egrave;re. Et nous avons cette position parce que nous suivons la politique traditionnelle de L&eacute;nine qui proposait de &laquo;&nbsp;promouvoir la lutte des classes&nbsp;&raquo; au sein des forces arm&eacute;es capitalistes, avec la perspective de la victoire de l&#39;insurrection ouvri&egrave;re et socialiste. Cela implique de tirer un avantage des profondes contradictions sociales qui existent au sein de ces institutions et d&#39;avoir une politique pour opposer la base et les officiers subalternes au sommet des officiers sup&eacute;rieurs des forces arm&eacute;es et &agrave; l&#39;Etat bourgeois, &agrave; travers un programme de revendications concr&egrave;tes visant &agrave; diviser les forces de r&eacute;pression, gagnant ainsi un secteur &agrave; la r&eacute;volution pour combattre l&#39;autre. Cette politique n&#39;est pas destin&eacute;e &agrave; &laquo;&nbsp;r&eacute;former&nbsp;&raquo; ces &laquo;&nbsp;d&eacute;tachements arm&eacute;s&nbsp;&raquo; de l&#39;Etat bourgeois, mais &agrave; les d&eacute;truire.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tLa politique l&eacute;niniste-trotskyste a &eacute;t&eacute; appliqu&eacute;e avec succ&egrave;s entre f&eacute;vrier et octobre 1917, quand des millions de soldats mobilis&eacute;s par les gouvernements capitalistes russes dans la Premi&egrave;re Guerre mondiale se sont rebell&eacute;s, ont rompu la cha&icirc;ne de commandement, se sont organis&eacute;s et ont particip&eacute; aux soviets (les conseils de d&eacute;put&eacute;s des ouvriers, des paysans et des soldats). L&eacute;nine et Trotsky &eacute;taient d&#39;accord que cette politique a &eacute;t&eacute; cruciale pour la victoire de la R&eacute;volution d&#39;octobre de 1917. La politique appliqu&eacute;e par la LIT-QI et r&eacute;cemment par le PSTU (A), de soutenir ces conflits au sein des forces r&eacute;pressives, est guid&eacute;e par cette tradition l&eacute;niniste.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\t<strong>Une position pacifiste, camoufl&eacute;e par un langage &laquo;&nbsp;radical&nbsp;&raquo;<\/strong><\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tEn Argentine, le Nouveau MAS et le Parti des Travailleurs Socialistes (PTS) ont pris position contre la lutte des policiers des fronti&egrave;res et des ports. Le PTS avait d&eacute;j&agrave; pris position contre la lutte des pompiers de Rio de Janeiro l&#39;ann&eacute;e derni&egrave;re, par le biais de son courant international, la Fraction Trotskyste.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tBien entendu, ces organisations, qui se disent trotskystes, essayent de camoufler cette position avec des expressions pompeusement &laquo;&nbsp;r&eacute;volutionnaires&nbsp;&raquo;. Mais la r&eacute;alit&eacute; est la r&eacute;alit&eacute; et il est tr&egrave;s difficile de la cacher. La d&eacute;claration elle-m&ecirc;me du PTS, par exemple, commence par reconna&icirc;tre que &laquo;&nbsp;<i>la mutinerie, dont les sous-officiers de la police des fronti&egrave;res et des ports (rejoints par un secteur de la marine) ont &eacute;t&eacute; les protagonistes, a ouvert une crise nationale. Le conflit, d&eacute;clench&eacute; par une r&eacute;duction de salaire, est devenu politique. Les hu&eacute;es aux officiers, l&#39;extension du conflit et sa propagation au sein des forces arm&eacute;es illustrent la gravit&eacute; de la situation.<\/i> [&#8230;]<i> Le gouvernement est &agrave; une crois&eacute;e de chemins. S&#39;il fait marche arri&egrave;re sur toute la ligne, il peut &ecirc;tre pris en otage par les insubordonn&eacute;s, et l&#39;exemple peut &ecirc;tre recueilli par d&#39;autres secteurs des forces arm&eacute;es, y compris la police provinciale qui manifeste de la sympathie envers les rebelles. En revanche, s&#39;il ne c&egrave;de pas, la situation peut se durcir et il peut perdre plus ouvertement le contr&ocirc;le sur des secteurs cl&eacute;s de l&#39;appareil d&#39;Etat, mettant en jeu son pouvoir m&ecirc;me de gouverner.&nbsp;&raquo;<\/i><a href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/usuario\/Downloads\/20121015%20lucha_prefectura_argentinaFrCorr.rtf#_edn3\" name=\"_ednref3\" title=\"\">[iii]<\/a><\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tC&#39;est impressionnant. Face &agrave; une &laquo;&nbsp;mutinerie&nbsp;&raquo; qui &laquo;&nbsp;est devenue politique&nbsp;&raquo;, o&ugrave; les officiers ont &eacute;t&eacute; hu&eacute;s et qui s&#39;&eacute;tend &agrave; d&#39;autres secteurs, ce qui donne lieu &agrave; une situation &laquo;&nbsp;grave&nbsp;&raquo; qui &laquo;&nbsp;a ouvert une crise nationale&nbsp;&raquo;, o&ugrave; le gouvernement est mis &laquo;&nbsp;&agrave; la crois&eacute;e des chemins&nbsp;&raquo; et court le danger de perdre &laquo;&nbsp;le contr&ocirc;le de secteurs cl&eacute;s de l&#39;appareil d&#39;Etat&nbsp;&raquo; et de &laquo;&nbsp;mettre en jeu son propre pouvoir de gouverner&nbsp;&raquo;&#8230;. le PTS est contre la lutte qui a provoqu&eacute; toute cette crise. Et l&#39;argument est que tout cela &laquo;&nbsp;<i>renforcerait l&#39;Etat bourgeois<\/i>&nbsp;&raquo;&nbsp;! Au-del&agrave; de la discussion sur ce que serait cette &eacute;trange fa&ccedil;on de &laquo;&nbsp;renforcer&nbsp;&raquo; l&#39;Etat bourgeois &ndash; &agrave; travers une lutte qui, comme ils le disent eux-m&ecirc;mes, a ouvert une crise politique nationale qui remet en question le contr&ocirc;le lui-m&ecirc;me du gouvernement sur un secteur de l&#39;arm&eacute;e, l&#39;&eacute;pine dorsale de tout Etat bourgeois &ndash; nous reprenons la discussion concr&egrave;te&nbsp;: si le PTS est contre la lutte de la base et des sous-officiers de la police des fronti&egrave;res et des ports, il se situe objectivement du c&ocirc;t&eacute; de la hi&eacute;rarchie militaire et du gouvernement de Cristina et de leur politique &eacute;conomique des ajustements.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tQui plus est, cette position n&#39;a rien &agrave; voir avec une politique r&eacute;volutionnaire, mais refl&egrave;te un pacifisme r&eacute;actionnaire&nbsp;: l&#39;abandon de la lutte pour tirer un avantage des contradictions de classe au sein des forces arm&eacute;es et ainsi les exacerber afin de diviser ces forces et les d&eacute;truire.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tLe PTS affirme &ndash; et le Nouveau MAS avance des arguments similaires &ndash; que la politique l&eacute;niniste n&#39;est pas d&#39;application dans ce cas, ne pouvant &ecirc;tre appliqu&eacute;e que si les deux conditions suivantes se v&eacute;rifient.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\ta) &laquo;&nbsp;<i>Il doit s&#39;agir d&#39;une arm&eacute;e de conscrits, recrut&eacute;s en masse dans les classes exploit&eacute;es, comme cela arrive souvent en temps de guerre, o&ugrave; il faut avancer un programme qui reprend les revendications &eacute;conomiques et politiques de la troupe.<\/i>&nbsp;&raquo;<\/div>\n<div>\n\tLa politique l&eacute;niniste ne serait donc pas d&#39;application pour les arm&eacute;es professionnelles (de salari&eacute;s) ou pour les forces de s&eacute;curit&eacute;, qui font partie des institutions de l&#39;Etat bourgeois, avec discipline militaire, et dont la fonction est de r&eacute;primer les travailleurs, des forces qui constituent la &laquo;&nbsp;garde pr&eacute;torienne&nbsp;&raquo;. En ce sens, ces forces ne seraient donc pas soumises aux contradictions de classe ou leurs contradictions seraient &eacute;trang&egrave;res aux int&eacute;r&ecirc;ts des travailleurs. Leurs membres de base et leurs sous-officiers ne seraient pas des travailleurs. Et m&ecirc;me &eacute;tant salari&eacute;s et issus des classes exploit&eacute;es, ce caract&egrave;re serait domin&eacute;, de fa&ccedil;on absolue, par le fait d&#39;&ecirc;tre des membres d&#39;un appareil r&eacute;pressif. Pour cette raison, tout conflit en leur sein pour une hausse des salaires ou pour des conditions de travail serait r&eacute;actionnaire parce que, finalement, il viserait &agrave; am&eacute;liorer les conditions de vie des r&eacute;presseurs. Ils vont r&eacute;primer davantage dans la mesure o&ugrave; ils gagnent plus. Il faudrait donc &ecirc;tre contre eux.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tConform&eacute;ment &agrave; cela, le PTS et le NouveauMAS s&#39;opposent donc &agrave; la proposition de syndicalisation de ces secteurs, une proposition qu&#39;ils consid&egrave;rent comme doublement r&eacute;actionnaire. Tout d&#39;abord, parce que cela permettrait d&#39;am&eacute;liorer les conditions de travail des r&eacute;presseurs. D&#39;autre part, parce que cela pourrait semer l&#39;illusion que l&#39;Etat bourgeois et ses institutions r&eacute;pressives peuvent &ecirc;tre &laquo;&nbsp;r&eacute;form&eacute;s&nbsp;&raquo;, ce qui est impossible. Ces partis pr&eacute;sentent l&#39;exemple de la France, o&ugrave; il existe des syndicats de police, sans que cela n&#39;emp&ecirc;che la police de r&eacute;primer.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tC&#39;est un fait qu&#39;il y a une tendance d&#39;avoir de moins en moins de conscrits dans l&#39;arm&eacute;e, et de plus en plus de secteurs &laquo;&nbsp;salari&eacute;s&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;professionnels&nbsp;&raquo;. Par exemple, en Argentine elle-m&ecirc;me, le service militaire obligatoire n&#39;existe plus et les troupes, de la base au sommet, sont r&eacute;mun&eacute;r&eacute;es. Mais cela n&#39;a jamais &eacute;t&eacute; un crit&egrave;re pour d&eacute;finir la politique r&eacute;volutionnaire pour d&eacute;truire l&#39;arm&eacute;e bourgeoise. La politique de L&eacute;nine a toujours &eacute;t&eacute; de tirer profit des in&eacute;galit&eacute;s et des contradictions de classe au sein de ces appareils pour les diviser, opposant les soldats aux sous-officiers et m&ecirc;me ces derniers ou les officiers de rang inf&eacute;rieur au haut commandement. Il peut s&#39;agir, par exemple, d&#39;une lutte de sous-officiers contre le haut commandement (les colonels, les g&eacute;n&eacute;raux). Les r&eacute;volutionnaires doivent-ils s&#39;y opposer ou s&#39;abstenir d&#39;avoir une politique, simplement parce que les sous-officiers sont des &laquo;&nbsp;professionnels&nbsp;&raquo; et non des &laquo;&nbsp;conscrits&nbsp;&raquo;&nbsp;? Par exemple, en Argentine, les policiers provinciaux ont toujours &eacute;t&eacute; r&eacute;mun&eacute;r&eacute;s, de haut en bas. Cela signifie-t-il que, lorsqu&rsquo;&eacute;clate une r&eacute;bellion des agents (les soldats) contre les sous-officiers ou de ceux-ci contre les officiers de rang plus haut, nous ne devons rien faire pour aggraver la crise puisque &laquo;&nbsp;ce ne sont pas des conscrits&nbsp;&raquo;&nbsp;? Cela n&#39;a jamais &eacute;t&eacute; le crit&egrave;re de L&eacute;nine, ni de Trotsky ou de n&#39;importe quel marxiste. Ceux-ci se sont toujours demand&eacute; comment augmenter les crises et les affrontements, tout au long de la cha&icirc;ne de commandement, &agrave; partir des contradictions de classe.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tb) &laquo;&nbsp;<i>Ce n&#39;est que dans une situation de crise grave du pouvoir de l&#39;Etat et d&#39;augmentation g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e de la lutte des classes que le fait qu&#39;une partie de la base sociale populaire d&#39;une force r&eacute;pressive &#39;&#39;brise la cha&icirc;ne de commandement&#39;&#39; et retourne son arme pour se mettre du c&ocirc;t&eacute; des travailleurs peut se produire, et cela, non pas &agrave; travers des m&eacute;canismes de la l&eacute;galit&eacute; de cette d&eacute;mocratie pour les riches ou par &#39;&#39;conviction&#39;&#39; pacifique, mais par une force mat&eacute;rielle&nbsp;: lorsque la classe ouvri&egrave;re en lutte acquiert ses organismes d&#39;autod&eacute;fense, son propre pouvoir arm&eacute;, ses milices ouvri&egrave;res.<\/i>&nbsp;&raquo;<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tAutrement dit, la politique l&eacute;niniste ne serait d&#39;application que dans des situations r&eacute;volutionnaires, avec un double pouvoir et des milices ouvri&egrave;res arm&eacute;es. Pour le PTS et le Nouveau MAS, en dehors de ces situations &ndash; dans lesquelles, oui, il serait possible d&#39;arriver &agrave; une division de ces institutions &ndash; il faudrait donc &ecirc;tre contre ces luttes. Cette politique t&eacute;moigne d&#39;un pacifisme r&eacute;actionnaire, typique du r&eacute;formisme qui pense que, la prise du pouvoir n&#39;&eacute;tant pas &agrave; l&#39;ordre du jour, aucun type de travail politique pour d&eacute;truire l&#39;arm&eacute;e, le pilier de l&#39;Etat bourgeois, n&#39;a d&#39;int&eacute;r&ecirc;t. Dire cela, c&#39;est dire que, jusqu&#39;&agrave; ce que le moment soit venu pour la r&eacute;volution socialiste, nous ne devrions pas avoir de politique pour les gr&egrave;ves ou les affrontements concrets entre les travailleurs et les employeurs, et m&ecirc;me pas pour profiter des crises interbourgeoises.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\t<strong>Des gardes pr&eacute;toriennes&nbsp;?<\/strong><\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tPour avancer dans la discussion, nous partons d&#39;un point commun entre le PTS et le Nouveau MAS. Les arm&eacute;es, notamment les professionnelles, et les forces de s&eacute;curit&eacute; sont des &laquo;&nbsp;d&eacute;tachements arm&eacute;s&nbsp;&raquo; de l&#39;Etat bourgeois, ayant comme fonction la r&eacute;pression des travailleurs et la d&eacute;fense de la propri&eacute;t&eacute; priv&eacute;e capitaliste. Cela signifie que, en tant qu&#39;institutions, elles ne peuvent pas &ecirc;tre &laquo;&nbsp;r&eacute;form&eacute;es&nbsp;&raquo;&nbsp;: la strat&eacute;gie doit &ecirc;tre de les d&eacute;truire avec le pouvoir de la lutte de la classe ouvri&egrave;re et de son expression dans le domaine militaire. Nous n&#39;avons aucune illusion r&eacute;formiste en sens contraire. Ce n&#39;est pas cela qui est en discussion.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tLa discussion concerne la politique pour d&eacute;truire l&#39;arm&eacute;e bourgeoise, une question qui englobe des faits tels que les gr&egrave;ves pour le salaire et la croissante syndicalisation de la police. Le PTS et le Nouveau MAS disent que ce ne sont pas des travailleurs, d&eacute;finition avec laquelle nous sommes &eacute;galement d&#39;accord. Le probl&egrave;me est qu&#39;en fait, ces partis nient qu&#39;au sein de ces institutions r&eacute;pressives, il existe des contradictions de classe, de par le caract&egrave;re de salari&eacute;s et l&#39;origine sociale pauvre de la base des soldats et des officiers de bas rang qui, dans de nombreux cas, proviennent de la classe ouvri&egrave;re ou du paysannat pauvre. Le PTS dit &laquo;&nbsp;<i>qu&#39;il s&#39;agit d&#39;une garde pr&eacute;torienne qui ne peut &ecirc;tre gagn&eacute;e pour le camp de la lutte ouvri&egrave;re uniquement par l&#39;agitation et la propagande, et beaucoup moins encore par le soutien de leurs exigences corporatistes<\/i>&nbsp;&raquo;.<a href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/usuario\/Downloads\/20121015%20lucha_prefectura_argentinaFrCorr.rtf#_edn4\" name=\"_ednref4\" title=\"\">[iv]<\/a> Le Nouveau MAS, pour sa part, admet qu&#39;il y a cette origine sociale &laquo;&nbsp;humble&nbsp;&raquo; dans des secteurs de ces forces, mais qu&rsquo;&laquo;&nbsp;<i>une fois en service, cette origine sociale est &#39;&#39;supprim&eacute;e&#39;&#39;<\/i>&nbsp;&raquo;.<a href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/usuario\/Downloads\/20121015%20lucha_prefectura_argentinaFrCorr.rtf#_edn5\" name=\"_ednref5\" title=\"\">[v]<\/a><\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tSi les affirmations de ces secteurs soi-disant &laquo;&nbsp;r&eacute;volutionnaires&nbsp;&raquo; sont correctes, alors il n&#39;y a pas de contradictions au sein des forces de r&eacute;pression dont nous puissions profiter maintenant, et il ne nous resterait qu&#39;&agrave; attendre, les bras crois&eacute;s, le moment de l&#39;apparition de la r&eacute;volution ouvri&egrave;re et socialiste victorieuse. A un moment o&ugrave; ces forces de r&eacute;pression sont en train de se rebeller et de briser la cha&icirc;ne de commandement bourgeoise, sachant qu&#39;il leur est interdit de faire gr&egrave;ve ou de se syndiquer, &agrave; un moment o&ugrave; elles mettent en cause l&#39;ensemble de cette structure verticale au service de la d&eacute;fense de la propri&eacute;t&eacute; priv&eacute;e et contr&ocirc;l&eacute;e par les gouvernements bourgeois, dans ce cas celui de Cristina Kirchner, voil&agrave; &agrave; peu pr&egrave;s ce que disent ces partis aux travailleurs et &agrave; la base elle-m&ecirc;me de ces forces de r&eacute;pression&nbsp;: &laquo;&nbsp;<i>Soldats et sous-officiers, vous &ecirc;tes et vous serez toujours les oppresseurs du peuple et les &#39;&#39;chiens de garde&#39;&#39; des riches, c&#39;est votre r&ocirc;le pour toujours&#8230; il n&#39;y a donc pas de quoi mettre en question ce r&ocirc;le, ni votre propre cha&icirc;ne de commandement&nbsp;; ne combattez pas vos officiers ni le gouvernement&nbsp;!&nbsp;<\/i>&raquo;<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tLe fait est que, en niant que les forces arm&eacute;es puissent &ecirc;tre divis&eacute;es, suite &agrave; des contradictions sociales en leur sein, et en s&#39;opposant &agrave; la syndicalisation des troupes et des officiers subalternes et &agrave; leur droit de faire gr&egrave;ve, ces partis se prononcent pour le maintien de la structure de l&#39;arm&eacute;e, telle qu&#39;elle est. Il en est ainsi parce que toute gr&egrave;ve ou tout conflit au sein de l&#39;arm&eacute;e implique une rupture de la cha&icirc;ne de commandement, &eacute;tant donn&eacute; qu&#39;une gr&egrave;ve de la base est toujours dirig&eacute;e contre ses sup&eacute;rieurs ou contre le gouvernement bourgeois lui-m&ecirc;me. Ceci &eacute;tant, on se demande qui a la politique de <i>renforcement<\/i> des forces de r&eacute;pression&nbsp;? Ceux qui cherchent &agrave; approfondir les affrontements entre la base et le sommet de l&#39;arm&eacute;e ou ceux qui s&#39;opposent &agrave; la mise en question, de l&#39;int&eacute;rieur, de la cha&icirc;ne de commandement&nbsp;?<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tL&#39;analyse du PTS et du Nouveau MAS n&#39;a aucun fondement dans la r&eacute;alit&eacute;, en d&eacute;pit de l&#39;effort pour l&#39;enrober d&#39;une phras&eacute;ologie &laquo;&nbsp;gauchiste&nbsp;&raquo;. Tout le monde sait qu&#39;en Argentine et dans de nombreux pays, les membres des arm&eacute;es professionnelles et des forces de s&eacute;curit&eacute; ne sont pas des travailleurs, mais leur origine de classe, leur caract&egrave;re de salari&eacute;s, leurs conditions de travail, leurs zones de r&eacute;sidence, tout cela cr&eacute;e de nombreux vases communicants avec la classe ouvri&egrave;re, ce qui ouvre la possibilit&eacute; de l&#39;influence d&#39;une politique ouvri&egrave;re et r&eacute;volutionnaire. Il en est ainsi parce que le capitalisme n&#39;est pas en mesure de payer des salaires &eacute;lev&eacute;s &agrave; l&#39;ensemble de ses forces r&eacute;pressives. Un gendarme argentin ou un soldat de la police militaire br&eacute;silienne, qui re&ccedil;oit un salaire de mis&egrave;re et vit dans un quartier pauvre, est-il log&eacute; &agrave; la m&ecirc;me enseigne qu&#39;un colonel ou un g&eacute;n&eacute;ral qui gagne dix fois plus et vit dans les quartiers riches&nbsp;? N&#39;y a-t-il donc aucune contradiction de classe que nous, les r&eacute;volutionnaires, nous pouvons exploiter en faveur de la destruction de cet appareil contre-r&eacute;volutionnaire, pour pr&eacute;parer les conditions de la r&eacute;volution socialiste&nbsp;?<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\t<strong>Uniquement lors de la r&eacute;volution&nbsp;?<\/strong><\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tLe second argument du PTS et du Nouveau MAS &ndash; qu&#39;il s&#39;agit d&#39;une politique qui est uniquement d&#39;application dans des situations r&eacute;volutionnaires &ndash; ne repr&eacute;sente pas seulement une capitulation au gouvernement de Cristina Kirchner et au haut commandement militaire&nbsp;; il est &eacute;galement spontan&eacute;iste et pacifiste.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tEn abandonnant une politique permanente et pr&eacute;liminaire d&#39;agitation et de propagande envers la base et les officiers subalternes de l&#39;arm&eacute;e, laissant cela <i>pour quand la situation sera critique et r&eacute;volutionnaire<\/i>, ces organisations tombent dans le spontan&eacute;isme. Si nous suivons cette approche, notre t&acirc;che serait de s&#39;asseoir les bras crois&eacute;s, spectateurs de ce genre de crises et de confrontations &ndash; souvent physiques &ndash; entre les soldats et leurs commandants et les gouvernements bourgeois, jusqu&#39;&agrave; l&#39;arriv&eacute;e de la situation r&eacute;volutionnaire genre Octobre russe. Cela n&#39;a rien &agrave; voir avec, par exemple, l&#39;orientation donn&eacute;e par la Troisi&egrave;me Internationale, qui &eacute;tablissait, comme une des <b>21 conditions pour acceptation des parties<\/b> dans son sein, la suivante&nbsp;: &laquo;&nbsp;<i>Le devoir de propager les id&eacute;es communistes implique la n&eacute;cessit&eacute; absolue de faire une propagande et une agitation <b>syst&eacute;matique et persistante<\/b> au sein des troupes.<\/i>&nbsp;&raquo; La politique qui consiste &agrave; ne pas faire de l&#39;agitation et de la propagande envers les troupes ou la base de l&#39;arm&eacute;e, avant que &laquo;&nbsp;ne sonne l&#39;heure&nbsp;&raquo; d&#39;une insurrection, est spontan&eacute;iste et ne peut qu&#39;apporter des d&eacute;faites au prol&eacute;tariat dans une perspective strat&eacute;gique.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tLa politique de ces organisations est pacifiste, puisqu&#39;elle nie la lutte politique au sein de l&#39;arm&eacute;e. Nous savons que, sans division des forces arm&eacute;es bourgeoises, il n&#39;y a aucune possibilit&eacute; de triomphe de la r&eacute;volution socialiste ni de destruction des forces r&eacute;pressives. Parmi ceux qui sont d&#39;accord avec cette pr&eacute;misse, il y a deux secteurs&nbsp;: a) ceux qui, comme nous, les l&eacute;ninistes-trotskystes, affirment que cela demande un travail politique syst&eacute;matique sur la base de ces forces de r&eacute;pression dans le sens d&#39;aggraver la crise&nbsp;; b) les partisans du foyer de gu&eacute;rilla, qui pr&eacute;conisent la n&eacute;cessit&eacute; de monter une arm&eacute;e populaire qui se renforce progressivement jusqu&#39;&agrave; une confrontation finale et d&eacute;cisive d&#39;arm&eacute;e contre arm&eacute;e avec la bourgeoisie. Les gu&eacute;rilleros ont une tactique erron&eacute;e, mais ils ont pour but de d&eacute;truire les forces arm&eacute;es de l&#39;Etat bourgeois.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tSi le PTS et le Nouveau MAS ne d&eacute;fendent ni l&#39;un ni l&#39;autre, il est clair que leur position est pacifiste et rejette donc la strat&eacute;gie m&ecirc;me de l&#39;insurrection. Dans la pratique, ils sont en faveur du maintien de la structure de commandement des forces r&eacute;pressives, la position typique du pacifisme r&eacute;actionnaire.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tSoyons clairs. Ces organisations se r&eacute;confortent et tentent de justifier leur politique en parlant d&#39;une situation future, de la situation r&eacute;volutionnaire, d&#39;un &eacute;ventuel nouvel Octobre qui, aujourd&#39;hui, n&#39;existe pas dans la r&eacute;alit&eacute;. Ce qui a exist&eacute; et continuera probablement &agrave; exister, m&ecirc;me sans une situation r&eacute;volutionnaire, &agrave; cause de la crise capitaliste et l&#39;incapacit&eacute; de garantir de meilleurs salaires et conditions de travail &agrave; la base des forces de r&eacute;pression, ce sont des gr&egrave;ves comme celles des pompiers &agrave; Rio de Janeiro ou de la police des fronti&egrave;res et des ports en Argentine, ce sont des &eacute;meutes comme celles de l&#39;Equateur, la formation de syndicats de policiers en Argentine ou l&#39;appel de ces syndicats &agrave; se mobiliser avec les travailleurs. Dans ces proc&eacute;d&eacute;s, il y a toujours une rupture de la &laquo;&nbsp;cha&icirc;ne de commandement&nbsp;&raquo; (essentielle pour le fonctionnement de ces institutions), des insultes et des attaques contre les officiers, des occupations de casernes (comme ce fut le cas avec les pompiers de Rio de Janeiro), ainsi qu&#39;une s&eacute;v&egrave;re r&eacute;pression et le ch&acirc;timent des insubordonn&eacute;s par le haut commandement.<\/div>\n<div>\n&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tFace &agrave; <i>cette r&eacute;alit&eacute;<\/i> &ndash; et non face &agrave; une situation encore inexistante &ndash;, les questions qui exigent une r&eacute;ponse sont simples. Est-il pr&eacute;f&eacute;rable, oui ou non, que ces secteurs se mobilisent et luttent contre l&#39;Etat et les gouvernements capitalistes avec des m&eacute;thodes de la classe ouvri&egrave;re&nbsp;? Les affrontements, au sein des forces r&eacute;pressives, de la base contre le sommet militaire, favorisent-elles les travailleurs ou renforcent-elles l&#39;Etat bourgeois&nbsp;? Vont-elles cr&eacute;er, oui ou non, de meilleures conditions dans la pr&eacute;paration d&#39;une situation r&eacute;volutionnaire et la destruction de ces institutions r&eacute;pressives&nbsp;? Vaut-il mieux qu&#39;elles triomphent ou qu&#39;elles soient vaincues&nbsp;? Pour nous, les r&eacute;ponses sont positives et c&#39;est ce qui justifie notre politique de soutien &agrave; ces luttes.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tLe PTS et le Nouveau MAS tirent la conclusion inverse&nbsp;: il s&#39;agirait de luttes r&eacute;actionnaires et il faudrait donc s&#39;y opposer. Ils accordent ainsi une grande faveur &agrave; la bourgeoisie, en d&eacute;pit des phrases &laquo;&nbsp;gauchistes&nbsp;&raquo;, puisqu&#39;ils militent pour la d&eacute;faite de processus progressistes et ils &eacute;loignent donc la classe ouvri&egrave;re d&#39;une politique de destruction de ces institutions.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tNous voulons &ecirc;tre cat&eacute;goriques&nbsp;: ces organisations finissent par faire l&#39;unit&eacute; avec la bourgeoisie, les gouvernements et les r&eacute;gimes capitalistes. Le Nouveau MAS, par exemple, ajoute &agrave; son analyse des raisons pour &ecirc;tre contre cette lutte une pr&eacute;tendue &laquo;&nbsp;<i>dynamique dangereuse qui consiste &agrave; mettre en questions par la droite les autorit&eacute;s constitu&eacute;es<\/i>&nbsp;&raquo;. Ce parti, tout comme l&#39;ensemble des patrons et le gouvernement argentin, a &eacute;t&eacute; alarm&eacute; par le fait qu&#39;une possible victoire des revendications salariales des policiers insubordonn&eacute;s mettrait &laquo;&nbsp;<i>en question leur &#39;&#39;subordination&#39;&#39; au pouvoir politique<\/i>&nbsp;&raquo;. Le pouvoir politique de qui&nbsp;? Cela ne peut &ecirc;tre que celui de la bourgeoisie argentine par le biais du gouvernement de Cristina Kirchner.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tNous croyons que cette analyse est totalement erron&eacute;e. Il n&#39;a jamais &eacute;t&eacute; question d&#39;une tentative de coup d&#39;Etat, mais uniquement d&#39;une revendication salariale. Cela aurait pu &ecirc;tre une tentative putschiste qui met en question les libert&eacute;s d&eacute;mocratiques, mais ce n&#39;&eacute;tait pas le cas. Toutefois, m&ecirc;me dans ce cadre &#8211; et &agrave; partir de cette caract&eacute;risation profond&eacute;ment erron&eacute;e &ndash; la politique du MAS est totalement incoh&eacute;rente puisque, dans l&#39;&eacute;ventualit&eacute; d&#39;un coup d&#39;Etat militaire, ce parti aurait d&ucirc; appeler les travailleurs, et aussi des secteurs bourgeois &laquo;&nbsp;d&eacute;fenseurs des institutions&nbsp;&raquo;, &agrave; une large unit&eacute; d&#39;action pour faire face avec la mobilisation &agrave; cet &eacute;ventuel putsch r&eacute;actionnaire. En d&#39;autres termes, dans le cadre d&#39;une analyse tout &agrave; fait erron&eacute;e, ce serait un abstentionnisme criminel face au putsch d&eacute;nonc&eacute;.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tMais, comme il ne s&#39;agissait pas d&#39;un putsch, en fait, ils d&eacute;fendaient les &laquo;&nbsp;autorit&eacute;s constitu&eacute;es&nbsp;&raquo; d&#39;une lutte pour le salaire, qui leur faisait face en tant que &laquo;&nbsp;pouvoir politique&nbsp;&raquo;. Tel fut le r&ocirc;le honteux du Nouveau MAS, qui le disait ouvertement, et du PTS.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tPour conclure, disons que la principale organisation de la gauche en Argentine, le Parti Ouvrier (PO), n&#39;avait pas de position concernant les faits. Chose incroyable, il y a beaucoup d&#39;analyses dans leurs textes concernant l&#39;origine de ce conflit, mais il est impossible de savoir si le PO &eacute;tait pour ou contre la lutte des policiers des fronti&egrave;res et des ports. Face &agrave; un &eacute;v&eacute;nement qui a secou&eacute; la vie politique en Argentine, le PO a dit&nbsp;: &laquo;&nbsp;je passe&nbsp;&raquo;. Il n&#39;a pas pris parti concernant cette confrontation, ce qui revient aussi &agrave; une position pacifiste et une capitulation au gouvernement et au sommet militaire argentin.<\/div>\n<div>\n\t<br clear=\"all\" \/><\/p>\n<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\" \/>\n<div id=\"edn1\">\n<div>\n\t\t\t<a href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/usuario\/Downloads\/20121015%20lucha_prefectura_argentinaFrCorr.rtf#_ednref1\" name=\"_edn1\" title=\"\">[i]<\/a> La <i>Gendarmer&iacute;a<\/i> et la <i>Prefectura <\/i>respectivement<\/div>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"edn2\">\n<div>\n\t\t\t<a href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/usuario\/Downloads\/20121015%20lucha_prefectura_argentinaFrCorr.rtf#_ednref2\" name=\"_edn2\" title=\"\">[ii]<\/a> Clar&iacute;n, 4.10.2012<\/div>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"edn3\">\n<div>\n\t\t\t<a href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/usuario\/Downloads\/20121015%20lucha_prefectura_argentinaFrCorr.rtf#_ednref3\" name=\"_edn3\" title=\"\">[iii]<\/a> <i>La protesta de los represores abri&oacute; una crisis pol&iacute;tica<\/i>, 4\/10\/2012, sur le site web du PTS.<\/div>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"edn4\">\n<div>\n\t\t\t<a href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/usuario\/Downloads\/20121015%20lucha_prefectura_argentinaFrCorr.rtf#_ednref4\" name=\"_edn4\" title=\"\">[iv]<\/a> ROS, Jonatan: <i>La continuaci&oacute;n del pacifismo por otros medios<\/i>, 18\/10\/2012, La Verdad Obrera N&ordm; 497<\/div>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"edn5\">\n<div>\n\t\t\t<a href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/usuario\/Downloads\/20121015%20lucha_prefectura_argentinaFrCorr.rtf#_ednref5\" name=\"_edn5\" title=\"\">[v]<\/a> ROJO, Jos&eacute; Luis: <i>Un an&aacute;lisis de clase de las fuerzas de seguridad<\/i>, 18\/10\/2012, sur le site web de <i>Socialismo o Barbarie<\/i>, le courant international orient&eacute; par le Nouveau MAS argentin.<\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D&eacute;but octobre, un conflit salarial a oppos&eacute; les sous-officiers et la base de la police militaris&eacute;e des fronti&egrave;res et de la police des ports[i] au gouvernement argentin de Cristina Kirchner et aux sommets de ces forces arm&eacute;es. Le conflit a son origine dans un d&eacute;cret du gouvernement de Cristina, qui ordonne la suppression de plusieurs [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":653,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false},"categories":[3516],"tags":[],"jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/330"}],"collection":[{"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=330"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/330\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=330"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=330"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=330"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}