{"id":318,"date":"2012-09-13T08:25:36","date_gmt":"2012-09-13T08:25:36","guid":{"rendered":"http:\/\/litci.org\/fr\/2012\/09\/13\/le-vrai-visage-de-lafrique-du-sud\/"},"modified":"2012-09-13T08:25:36","modified_gmt":"2012-09-13T08:25:36","slug":"le-vrai-visage-de-lafrique-du-sud","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/litci.org\/fr\/le-vrai-visage-de-lafrique-du-sud\/","title":{"rendered":"Le vrai visage de l&rsquo;Afrique du Sud"},"content":{"rendered":"<p>\n\t<strong>Le gouvernement r&eacute;prime sauvagement la gr&egrave;ve et assassine 34 mineurs<\/strong><strong>&nbsp;<\/strong><\/p>\n<div>\n<p class=\"BasicParagraph\">\n\t\t<img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" align=\"left\" alt=\"\" height=\"179\" hspace=\"6\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.litci.org\/images\/image\/masacre_sudafrica2.JPG?resize=273%2C179\" vspace=\"4\" width=\"273\" data-recalc-dims=\"1\" \/>Le 17 ao&ucirc;t, la police sud-africaine a brutalement r&eacute;prim&eacute; une manifestation de 3000 travailleurs en gr&egrave;ve, de la mine de Marikana (&agrave; 100&nbsp;km de Johannesburg), assassinant 34 ouvriers et en blessant 78 autres. Cet &eacute;v&egrave;nement rappelle les pires actes de r&eacute;pression de l&#39;&eacute;poque de l&#39;apartheid, et on se demande ce qui a chang&eacute; en Afrique du Sud depuis la fin de ce sinistre r&eacute;gime politique en 1994.<\/p>\n<p> \n<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tLes faits de Marikana ont &eacute;t&eacute; compar&eacute;s, &agrave; juste titre, avec les massacres de Sharpeville en 1960 et ceux de Soweto en 1976 (deux ghettos dans la banlieue de Johannesburg). Ils t&eacute;moignent de la profonde in&eacute;galit&eacute; sociale entre la minorit&eacute; blanche (moins de 10&nbsp;%) et la grande majorit&eacute; noire (80&nbsp;%), une fracture de classe &eacute;vidente, o&ugrave; l&#39;apartheid continue &agrave; s&eacute;vir et o&ugrave; la structure &eacute;conomique et sociale, qui est la base de cette profonde in&eacute;galit&eacute;, ne s&#39;est pas modifi&eacute;e.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tCe qui a chang&eacute;, c&#39;est le fait qu&#39;il y ait maintenant un r&eacute;gime et un gouvernement contr&ocirc;l&eacute;s par un petit secteur de la population noire, une nouvelle bourgeoisie qui s&#39;est mise &agrave; d&eacute;fendre l&#39;Etat capitaliste, et qui n&#39;a donc aucun int&eacute;r&ecirc;t &agrave; contester l&#39;exploitation, au point d&#39;accepter que la bourgeoisie blanche garde son immense richesse et maintienne ses privil&egrave;ges, en imposant une exploitation sauvage sur la classe ouvri&egrave;re majoritairement noire. Il faut donc passer bri&egrave;vement en revue quelques &eacute;l&eacute;ments de l&#39;histoire sud-africaine qui ont conduit &agrave; la situation actuelle, pour comprendre les contradictions qui ont &eacute;clat&eacute; &agrave; Marikana.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\t<strong>L&#39;apartheid<\/strong><\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tL&#39;Afrique du Sud &ndash; pr&egrave;s de 50 millions d&#39;habitants &ndash; est le pays le plus d&eacute;velopp&eacute; et le plus industrialis&eacute; du continent africain. Son &eacute;conomie tourne autour de l&#39;industrie mini&egrave;re, en particulier l&#39;extraction d&#39;or, de diamants et de platine (dont il est le plus grand producteur mondial). Actuellement, il y a environ 500&nbsp;000 mineurs, des Noirs dans leur immense majorit&eacute;, car les Blancs ne veulent pas travailler dans cette industrie, &agrave; cause des salaires et des conditions de travail.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tLe pays a connu deux colonisations de Blancs, une d&#39;origine anglaise et l&#39;autre hollandaise. Ces colons, appel&eacute;s &laquo;&nbsp;Afrikaners&nbsp;&raquo;, ont commenc&eacute; &agrave; s&#39;imposer et &agrave; construire, &agrave; partir de 1910, un r&eacute;gime d&#39;apartheid, o&ugrave; les Noirs n&#39;avaient pas le droit de vote ni d&#39;autres droits politiques. Ce syst&egrave;me a &eacute;t&eacute; parachev&eacute; en 1948.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tDans le cadre de ce r&eacute;gime, de v&eacute;ritables aberrations juridiques se sont constitu&eacute;es, telles que les bantoustans (comme Lesotho), des r&eacute;publiques noires pr&eacute;tendument &laquo;&nbsp;ind&eacute;pendantes&nbsp;&raquo; que les habitants ne pouvaient quitter qu&#39;avec une autorisation sp&eacute;ciale, m&ecirc;me pour aller travailler chaque jour. La transgression de ces r&egrave;gles &eacute;tait violemment r&eacute;prim&eacute;e.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tCette population noire subissait un degr&eacute; d&#39;exploitation proche de l&#39;esclavage. Elle vivait dans des bidonvilles immenses, dont le plus c&eacute;l&egrave;bre, celui de Soweto, comptait pr&egrave;s d&#39;un million d&#39;habitants, entass&eacute;s dans les pires conditions, pratiquement sans aucun service de base.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tC&#39;est sur cette base d&#39;une exploitation extr&ecirc;me et d&#39;un appareil d&#39;Etat r&eacute;pressif &eacute;norme que la bourgeoisie sud-africaine blanche, associ&eacute;e aux capitaux anglais et n&eacute;erlandais, a construit sa puissance et sa richesse.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\t<strong>La fin de l&#39;apartheid<\/strong><\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tLes Noirs se sont battus avec acharnement contre cette situation et pour des droits politiques. P&eacute;riodiquement, il y avait des explosions qui donnaient lieu &agrave; une r&eacute;pression sauvage et &agrave; des massacres comme ceux d&eacute;j&agrave; cit&eacute;s.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tC&#39;est dans le cadre de la lutte contre l&#39;apartheid que fut fond&eacute; le Congr&egrave;s national africain (African National Congress &#8211; ANC), qui commen&ccedil;a &agrave; se d&eacute;velopper rapidement &agrave; partir des ann&eacute;es 1950, devenant ainsi l&#39;expression politique et la direction de la majorit&eacute; de la population noire. Son dirigeant le plus connu, ayant un grand prestige populaire et international, &eacute;tait Nelson Mandela, qui a pass&eacute; les ann&eacute;es de 1962 &agrave; 1990 en prison.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tLa lutte des Noirs contre le r&eacute;gime de l&#39;apartheid se d&eacute;veloppait et se radicalisait de plus en plus, de pair avec l&#39;isolement international du r&eacute;gime, dont la chute semblait in&eacute;vitable. Il y avait la possibilit&eacute; que ce combat balay&acirc;t le r&eacute;gime d&#39;une mani&egrave;re r&eacute;volutionnaire et avan&ccedil;&acirc;t aussi sur la voie d&#39;une r&eacute;volution socialiste du peuple noir, au point de d&eacute;truire la base capitaliste de la domination blanche. La possibilit&eacute; de l&#39;expropriation de la bourgeoisie blanche par les masses, dans leur lutte r&eacute;volutionnaire, &eacute;tait &agrave; l&#39;ordre du jour. Cette expropriation aurait &eacute;t&eacute;, de fait, celle de pratiquement toute la bourgeoisie sud-africaine.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tCompte tenu de cette situation, et pour limiter et contr&ocirc;ler le processus r&eacute;volutionnaire, une majorit&eacute; de la bourgeoisie sud-africaine blanche a alors &eacute;labor&eacute; un plan pour une transition qui devait &laquo;&nbsp;d&eacute;monter&nbsp;&raquo; l&#39;apartheid de mani&egrave;re ordonn&eacute;e, sans mettre en cause sa domination &eacute;conomique et le maintien de la propri&eacute;t&eacute; des entreprises et des banques. Les puissances imp&eacute;rialistes ont pleinement soutenu ce plan, agissant en l&#39;occurrence &agrave; travers l&#39;&eacute;v&ecirc;que noir Desmond Tutu, qui a obtenu le Prix Nobel de la paix pour ce service.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tUn pacte a pris forme pour maintenir le syst&egrave;me capitaliste et la domination &eacute;conomique bourgeoise, en &eacute;change de l&#39;&eacute;limination de l&#39;apartheid&nbsp;: la bourgeoisie blanche abandonnerait le contr&ocirc;le direct de l&#39;Etat et accepterait l&#39;investiture de l&#39;ANC, afin de maintenir sa domination de classe. Pour cela, la bourgeoisie comptait avec la collaboration de Nelson Mandela (sorti de prison en 1990) et de l&#39;ANC, qui se sont mis &agrave; freiner la lutte du peuple noir et &agrave; participer aux n&eacute;gociations et &agrave; la transition, jusqu&#39;en 1994, lorsque Mandela fut &eacute;lu pr&eacute;sident.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\t<strong>La r&eacute;alit&eacute; actuelle<\/strong><\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tLa fin de l&#39;apartheid fut un grand triomphe du peuple noir sud-africain. Avec l&#39;&eacute;limination de l&#39;apartheid, il gagna des libert&eacute;s, des droits politiques et un syst&egrave;me &eacute;lectoral sur la base de &laquo;&nbsp;une personne, une voix&nbsp;&raquo;. C&#39;&eacute;tait la fin des bantoustans, et pour la premi&egrave;re fois dans l&#39;histoire du pays, un pr&eacute;sident noir fut &eacute;lu..<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tMais la structure &eacute;conomique du pays fut laiss&eacute;e intacte, toujours domin&eacute;e par la bourgeoisie blanche, qui comptait maintenant avec l&#39;avantage d&#39;avoir un r&eacute;gime et des gouvernements noirs pour la d&eacute;fense de ses int&eacute;r&ecirc;ts. En m&ecirc;me temps, la nouvelle bourgeoisie noire profita de l&#39;acc&egrave;s au pouvoir politique de l&#39;ANC pour accumuler une force &eacute;conomique et commencer &agrave; faire partie de la classe dominante en Afrique du Sud.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tDans cette structure &eacute;conomique inchang&eacute;e, le ch&ocirc;mage atteint maintenant 25&nbsp;% pour l&#39;ensemble du pays, mais 40&nbsp;% pour les travailleurs noirs. Et 25&nbsp;% de la population vit avec moins d&#39;un euro par jour, ce qui est consid&eacute;r&eacute; dans le monde entier comme le seuil de la mis&egrave;re et de la faim.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tPresque 20 ans apr&egrave;s la fin de l&#39;apartheid, la bourgeoisie blanche est riche et d&eacute;tient de grands privil&egrave;ges, alors que la grande majorit&eacute; de la population noire vit toujours dans la pauvret&eacute; et la mis&egrave;re. Mais maintenant, cette bourgeoisie blanche a comme partenaire la bourgeoisie noire qui s&#39;est form&eacute;e au cours des derni&egrave;res d&eacute;cennies. Cette in&eacute;galit&eacute; explosive est la base d&#39;une croissance &eacute;norme de la violence sociale&nbsp;: il y a 50&nbsp;000 assassinats par an (proportionnellement, 10 fois plus qu&#39;aux Etats-Unis).<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\t<strong>L&#39;ANC et le gouvernement de Jacob Zuma<\/strong><\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tLe caract&egrave;re de Mandela et de l&#39;ANC a chang&eacute; lorsqu&#39;ils ont assum&eacute; la gestion du r&eacute;gime et du gouvernement postapartheid en 1994. Jusqu&#39;&agrave; cette date, ils &eacute;taient l&#39;expression de la lutte du peuple sud-africain contre l&#39;apartheid, en d&eacute;pit des limites profondes de leurs conceptions nationalistes bourgeoises. Par la suite, ils sont devenus les administrateurs de l&#39;Etat bourgeois sud-africain. A partir de cette option, ils ont fait une nouvelle alliance avec les anciens ennemis afrikaners. Par cette alliance, les principaux cadres et dirigeants de l&#39;ANC ont pu constituer, en contrepartie des services rendus, une bourgeoisie noire, partenaire de second rang de la blanche et qui tire profit des affaires et des arrangements avec l&#39;Etat. L&#39;actuel pr&eacute;sident Jacob Zuma, par exemple, a &eacute;t&eacute; accus&eacute; de corruption en 2005, alors qu&#39;il &eacute;tait vice-pr&eacute;sident, pour avoir re&ccedil;u une importante commission lors de l&#39;achat d&#39;armes &agrave; l&#39;&eacute;tranger. &laquo;&nbsp;<i>Ils vivent dans les m&ecirc;mes maisons et dans les m&ecirc;mes quartiers que les Blancs<\/i>&nbsp;&raquo;, voil&agrave; ce que disent les travailleurs noirs, outr&eacute;s de voir l&#39;enrichissement de ces dirigeants.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tMandela a quitt&eacute; la vie politique active en 1999. Plusieurs pr&eacute;sidents de l&#39;ANC lui ont succ&eacute;d&eacute;, et ensuite, les &eacute;lections ont commenc&eacute; &agrave; montrer des processus de crise et d&#39;usure dans cette organisation. Jacob Zuma a &eacute;t&eacute; &eacute;lu en 2009. A l&#39;&eacute;tranger, il &eacute;tait consid&eacute;r&eacute; comme repr&eacute;sentatif d&#39;un secteur plus &laquo;&nbsp;&agrave; gauche&nbsp;&raquo;, et en opposition &agrave; son pr&eacute;d&eacute;cesseur, Thabo Mbeki, qui avait men&eacute; une politique n&eacute;olib&eacute;rale favorisant l&#39;entr&eacute;e de capitaux imp&eacute;rialistes. Certaines mesures prises dans le domaine de la sant&eacute; publique et de l&#39;emploi &ndash; un nombre important de postes ont &eacute;t&eacute; exclusivement r&eacute;serv&eacute;s aux noirs&ndash; semblaient justifier cette appr&eacute;ciation.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tMais la r&eacute;alit&eacute; est qu&#39;il repr&eacute;sente bel et bien une prolongation de l&#39;orientation n&eacute;olib&eacute;rale en faveur de la bourgeoisie sud-africaine blanche et noire et de l&#39;imp&eacute;rialisme, orientation adopt&eacute;e par l&#39;ANC. Par exemple, la majorit&eacute; des Sud-Africains demandent la nationalisation des mines, en grande partie en mains &eacute;trang&egrave;res. (La soci&eacute;t&eacute; Lonmin, propri&eacute;taire de la mine Marikana, est bas&eacute;e &agrave; Londres). Le dirigeant de la jeunesse de l&#39;ANC, Julius Malema, d&eacute;fendait la nationalisation, mais Zuma s&#39;y est r&eacute;solument oppos&eacute; et a d&eacute;mis Malema de ses fonctions dans l&#39;ANC. La r&eacute;pression des mineurs de Marikana compl&egrave;te le tableau et montre de quel c&ocirc;t&eacute; se trouvent Zuma et son gouvernement.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\t<strong>Crise dans le COSATU&nbsp;?<\/strong><\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tLe Congr&egrave;s des syndicats sud-africains, COSATU, est n&eacute; dans la lutte contre l&#39;apartheid et en opposition aux vieux syndicats &laquo;&nbsp;r&eacute;serv&eacute;s aux blancs&nbsp;&raquo;. Durant cette p&eacute;riode, il a gagn&eacute; en importance et en prestige. C&#39;&eacute;tait un exemple mondial pour la lutte des travailleurs.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tAujourd&#39;hui, le COSATU est l&#39;alli&eacute; de l&#39;ANC, ou plut&ocirc;t, il en fait partie et soutient son gouvernement et sa politique, ce qui lui a valu de grands b&eacute;n&eacute;fices pour ses dirigeants, ainsi que de nombreux postes au gouvernement ou au parlement et dans les entreprises priv&eacute;es. L&#39;ancien dirigeant Cyril Ramaphoosa, &agrave; l&#39;&eacute;poque leader de la lutte des mineurs et contre l&#39;apartheid, quand il dirigeait le Syndicat national des mineurs (NUM) et le COSATU, est par exemple aujourd&#39;hui copropri&eacute;taire et membre du conseil d&#39;administration de l&#39;entreprise Lonmin.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tCet alignement avec l&#39;ANC et sa politique antiouvri&egrave;re et de d&eacute;fense de la bourgeoisie blanche semble &ecirc;tre &agrave; l&#39;origine d&#39;une crise au sein du COSATU. D&#39;une part, certains militants et cadres proposeraient la rupture avec l&#39;ANC et la formation d&rsquo;un parti des travailleurs. D&#39;autre part, il y aurait des ruptures dans les syndicats adh&eacute;rents. La gr&egrave;ve elle-m&ecirc;me de Marikana en t&eacute;moignerait. Selon les informations dont nous disposons, c&#39;est dans cette mine qu&#39;une nouvelle centrale a vu le jour, l&#39;Association de syndicats de mineurs et de travailleurs de la construction (AMCU), en rupture avec le NUM de COSATU et caract&eacute;ris&eacute;e comme &laquo;&nbsp;beaucoup plus active dans ses exigences&nbsp;&raquo;. L&#39;AMCU a remport&eacute; la majorit&eacute; dans la mine et a promu la gr&egrave;ve pour une augmentation de salaire, exigeant 1200&nbsp;&euro;\/mois, alors qu&#39;il se situeactuellement autour de 400. Le NUM se serait prononc&eacute; contre la gr&egrave;ve, et apr&egrave;s le massacre, il n&#39;a fait aucune condamnation claire du gouvernement, alors qu&#39;il mettait en garde contre les &laquo;&nbsp;divisionnistes&nbsp;&raquo; (de l&#39;AMCU).<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tMais bien pire &eacute;tait la position du Parti communiste sud-africain, qui forme avec l&#39;ANC et le COSATU le &laquo;&nbsp;tr&eacute;pied&nbsp;&raquo; de soutien au r&eacute;gime. Apr&egrave;s le massacre, le PC a demand&eacute; &laquo;&nbsp;<i>l&#39;arrestation imm&eacute;diate des dirigeants syndicaux d&#39;AMCU<\/i>&nbsp;&raquo;, les accusant de &laquo;&nbsp;<i>semer le chaos sous le couvert de revendications salariales&nbsp;<\/i>&raquo;. Pour le PC, qui s&#39;&eacute;rige en d&eacute;fenseur inf&acirc;me du gouvernement et des patrons, le syndicat, promoteur de la gr&egrave;ve, serait le responsable de la tuerie, et ses dirigeants devraient aller en prison. C&#39;est scandaleux&nbsp;!<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\t<strong>Quelques conclusions<\/strong><\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tLa r&eacute;pression contre les mineurs de Marikana a d&eacute;voil&eacute; au grand jour la r&eacute;alit&eacute; sud-africaine. Il y a l&agrave; un r&eacute;gime et un gouvernement d&#39;une organisation &laquo;&nbsp;noire&nbsp;&raquo;, mais qui d&eacute;fend les int&eacute;r&ecirc;ts de la bourgeoisie nationale &ndash; blanche et noire &ndash; et de l&#39;imp&eacute;rialiste&nbsp;; un appareil r&eacute;pressif qui n&#39;h&eacute;site pas &agrave; commettre un massacre sanglant pour d&eacute;fendre ces int&eacute;r&ecirc;ts&nbsp;; des patrons qui se sentent &agrave; l&#39;aise et agissent avec un orgueil cynique quand, deux jours apr&egrave;s le massacre, le porte-parole de Lonmin avertit les travailleurs qu&#39;ils seront licenci&eacute;s s&#39;ils ne se pr&eacute;sentent pas au travail. Pendant ce temps, les mineurs gagnent 400&nbsp;&euro; par mois, la valeur de 10&nbsp;grammes du m&eacute;tal qu&#39;ils extraient, vivent dans des taudis et des quartiers dans les pires conditions et sont abattus lorsqu&#39;ils luttent pour leurs revendications. Telle est la r&eacute;alit&eacute; du capitalisme en Afrique du Sud.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tNous pensons donc qu&#39;il est n&eacute;cessaire de tirer de profondes conclusions. Dans les ann&eacute;es 1990, la population noire sud-africaine a obtenu des libert&eacute;s et des droits politiques qu&#39;il faut certainement d&eacute;fendre. Mais elle est toujours soumise &agrave; la pire exploitation capitaliste, en faveur d&#39;une minorit&eacute; blanche et aussi, actuellement, d&#39;une nouvelle bourgeoisie noire, issue de ses anciens dirigeants. Il n&#39;y aura pas de vraie lib&eacute;ration du peuple sud-africain sans la destruction des fondements capitalistes de l&#39;exploitation. Les luttes incontournables pour de meilleurs salaires et conditions de travail doivent avancer sur la voie de la r&eacute;volution ouvri&egrave;re et socialiste qui mette fin &agrave; l&#39;exploitation de classe qui perdure dans le pays.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tAu-del&agrave; de ces conclusions sur le fond, face au massacre de Marikana, nous exprimons tout d&#39;abord notre profonde solidarit&eacute; de classe avec les mineurs, et en particulier avec les familles des personnes assassin&eacute;es. La gr&egrave;ve se poursuit et commence &agrave; se propager &agrave; d&#39;autres mines, comme la Royal Bafokeng Platinum, de 7&nbsp;000 travailleurs.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tNous soutenons inconditionnellement cette lutte. Nous appelons donc tous les syndicats et les organisations politiques et d&eacute;mocratiques dans le monde &agrave; mettre en &oelig;uvre une grande campagne internationale pour d&eacute;noncer ce massacre, et exiger le ch&acirc;timent des responsables mat&eacute;riels, intellectuels et politiques de celui-ci, au sein du gouvernement sud-africain et de l&#39;entreprise Lonmin. Nous appelons&eacute;galement &agrave; mener une vaste campagne de solidarit&eacute; et de soutien &agrave; la gr&egrave;ve de Lonmin et des autres entreprises mini&egrave;res sud-africaines. Leur victoire sera celle de tous les travailleurs dans le monde.<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\t<strong>Secr&eacute;tariat international (LIT-QI)<\/strong><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le gouvernement r&eacute;prime sauvagement la gr&egrave;ve et assassine 34 mineurs&nbsp; Le 17 ao&ucirc;t, la police sud-africaine a brutalement r&eacute;prim&eacute; une manifestation de 3000 travailleurs en gr&egrave;ve, de la mine de Marikana (&agrave; 100&nbsp;km de Johannesburg), assassinant 34 ouvriers et en blessant 78 autres. 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