{"id":3057,"date":"2022-03-08T19:08:51","date_gmt":"2022-03-08T18:08:51","guid":{"rendered":"https:\/\/litci.org\/fr\/?p=3057"},"modified":"2022-03-08T19:08:51","modified_gmt":"2022-03-08T18:08:51","slug":"afrique-nationaliser-et-etatiser-la-production-minerale-pour-vivre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/litci.org\/fr\/afrique-nationaliser-et-etatiser-la-production-minerale-pour-vivre\/","title":{"rendered":"Afrique: nationaliser et \u00e9tatiser la production min\u00e9rale pour vivre"},"content":{"rendered":"<p>Ce texte vise \u00e0 pr\u00e9senter la suite de la discussion entam\u00e9e dans \u00ab\u00a0Le capital financier imp\u00e9rialiste en Afrique &#8211; La surexploitation de la classe ouvri\u00e8re et le vol des richesses naturelles\u00a0\u00bb (<a href=\"https:\/\/litci.org\/fr\/afrique-du-sud-capitale-financiere-imperialiste-en-afrique\/\">lire ici<\/a>), dans lequel nous avons abord\u00e9 la question des soci\u00e9t\u00e9s mini\u00e8res, du capital financier et de leurs relations avec les gouvernements imp\u00e9rialistes et les gouvernements locaux. Dans ce texte, nous souhaitons aborder la question de savoir comment les pays africains ont \u00e9volu\u00e9 vers une \u00e9conomie mono-exportatrice de min\u00e9raux, se sont d\u00e9sindustrialis\u00e9s, analyser le r\u00f4le de la Banque mondiale et du FMI dans la mise en \u0153uvre de ces politiques et, enfin, comment lutter pour la nationalisation et l&rsquo;\u00e9tatisation des min\u00e9raux.<\/p>\n<p>Par Yves Mwana Mayas et Cesar Neto d&rsquo;Afrique du Sud<\/p>\n<p>Depuis 1885, lorsque les grandes nations imp\u00e9rialistes ont partag\u00e9 l&rsquo;Afrique entre elles, les peuples africains ont commenc\u00e9 \u00e0 r\u00e9sister. Il y a eu des d\u00e9cennies de luttes jusqu&rsquo;\u00e0 ce que, entre la fin des ann\u00e9es 1950 et le d\u00e9but des ann\u00e9es 1970, l&rsquo;ind\u00e9pendance soit acquise dans la plupart des pays. Ces processus ont donn\u00e9 lieu \u00e0 d&rsquo;innombrables luttes dans les villages, les villes, les \u00c9tats et les pays. \u00c0 cette fin, des r\u00e9unions, des rencontres et des d\u00e9bats ont \u00e9t\u00e9 organis\u00e9s, qui ont encourag\u00e9s les luttes. Cependant, il y a eu aussi de nombreuses d\u00e9faites et avec elles, de nombreuses le\u00e7ons. Il s&rsquo;agit donc d&rsquo;un processus tr\u00e8s riche qui a abouti \u00e0 l&rsquo;ind\u00e9pendance.<\/p>\n<p>L&rsquo;ind\u00e9pendance des pays africains a \u00e9t\u00e9 avant tout une victoire spectaculaire du mouvement de masse contre les puissantes nations imp\u00e9rialistes. Une victoire partielle dans la mesure o\u00f9 le centre du probl\u00e8me n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9solu: les relations capitalistes de production et de domination. Cela signifie que le contr\u00f4le de l&rsquo;\u00e9conomie des pays ind\u00e9pendants est rest\u00e9 entre les mains des monopoles capitalistes et des grandes puissances imp\u00e9rialistes.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, nous vivons un nouveau cycle de l&rsquo;histoire africaine v\u00e9cu apr\u00e8s la mont\u00e9e en puissance des gouvernements africains. Cependant, les masses d\u00e9couvrent que leurs propres gouvernements sont les agents directs de l&rsquo;imp\u00e9rialisme contemporain et qu&rsquo;elles doivent les renverser. C&rsquo;est ainsi que nous assistons \u00e0 la chute de nombreux dictateurs et qu&rsquo;il y a une liste \u00e0 abattre (lire la suite ici).<\/p>\n<p>\u00c0 titre d&rsquo;exemple, le peuple chilien, qui nous a donn\u00e9 ces derniers mois tant de le\u00e7ons de r\u00e9sistance et de combativit\u00e9, a de belles chansons de lutte et l&rsquo;une d&rsquo;entre elles dit pr\u00e9cis\u00e9ment: \u00ab\u00a0parce qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas de changer de pr\u00e9sident. C&rsquo;est le peuple qui va construire un Chili tr\u00e8s diff\u00e9rent\u00a0\u00bb. Et nous pensons que c&rsquo;est la bonne chose \u00e0 faire: il faut renverser tous les dictateurs qui gouvernent les pays africains et aux nouveaux pr\u00e9sidents nous ne pouvons exprimer la moindre confiance et il faut en m\u00eame temps imposer la volont\u00e9 des travailleurs et du peuple. Mais pour cela, nous devons comprendre notre histoire et nos d\u00e9fis.<\/p>\n<p>Parmi les diff\u00e9rents exemples historiques que nous pourrions citer, il y en a deux qui sont embl\u00e9matiques et qui r\u00e9sument une grande partie de l&rsquo;exp\u00e9rience africaine dans la p\u00e9riode post-coloniale. La premi\u00e8re est la question de la dette ext\u00e9rieure, que nous examinerons \u00e0 travers l&rsquo;exp\u00e9rience concr\u00e8te qui s&rsquo;est produite en R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo et qui a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9e \u00e0 d&rsquo;autres pays. L&rsquo;autre exemple est le processus de d\u00e9sindustrialisation et de ch\u00f4mage en Afrique du Sud dans le cadre de la n\u00e9gociation pour la fin de l&rsquo;apartheid appliqu\u00e9e par le CNA-COSATU-Parti communiste. Ce m\u00eame processus de d\u00e9sindustrialisation s&rsquo;est produit dans divers pays d&rsquo;Afrique subsaharienne, y compris ceux qui avaient d\u00e9j\u00e0 un faible niveau d&rsquo;industrialisation.<\/p>\n<p><b>Dette ext\u00e9rieure : la continuit\u00e9 des relations imp\u00e9riales, mais sous une autre forme<\/b><\/p>\n<p>Lors de la c\u00e9r\u00e9monie de proclamation de l&rsquo;ind\u00e9pendance de la R.D. du Congo le 30 juin 1960, le roi Balduino de Belgique a revendiqu\u00e9 le r\u00f4le du g\u00e9nocidaire L\u00e9opold II et plus encore, a d\u00e9clar\u00e9 que la Belgique avait contribu\u00e9 \u00e0 \u00ab\u00a0civiliser\u00a0\u00bb les Congolais. Patrice Lumumba, le premier pr\u00e9sident, ne s&rsquo;est pas inclin\u00e9 devant la pr\u00e9potence et a r\u00e9pondu : \u00ab\u00a0Nous savions qu&rsquo;il y avait dans les villes des maisons magnifiques pour les Blancs et des cases en ruine pour les Noirs, qu&rsquo;un Noir n&rsquo;\u00e9tait admis ni dans les cin\u00e9mas, ni dans les restaurants, ni dans les magasins dits europ\u00e9ens ; qu&rsquo;un Noir voyageait dans la coque des p\u00e9niches, aux pieds du Blanc dans sa cabine de luxe\u00a0\u00bb. Et encore \u00ab\u00a0qui oubliera enfin les fusillades dans lesquelles tant de nos fr\u00e8res sont morts, les cachots dans lesquels ont \u00e9t\u00e9 brutalement jet\u00e9s ceux qui ne voulaient plus se soumettre au r\u00e9gime de justice de l&rsquo;oppression et de l&rsquo;exploitation\u00a0\u00bb?<\/p>\n<p>Apparemment, c&rsquo;\u00e9tait un cri de coeur de Lumumba. Et pourquoi Lumumba a-t-il r\u00e9pondu si durement \u00e0 l&rsquo;attitude hautaine du roi Balduino? En fait, derri\u00e8re les rideaux, ce qui \u00e9tait en litige \u00e9tait de savoir qui allait payer la dette ext\u00e9rieure contract\u00e9e par l&#8217;empire belge.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la fin de la Seconde Guerre mondiale, les pays imp\u00e9rialistes \u00e9taient \u00e9conomiquement fauch\u00e9s et se sont tourn\u00e9s vers la Banque mondiale qui a accord\u00e9 des pr\u00eats \u00e0 la Belgique, \u00e0 la France et \u00e0 l&rsquo;Angleterre. Toutefois, ces pr\u00eats ont \u00e9t\u00e9 contract\u00e9s au nom des colonies. La Belgique a re\u00e7u les pr\u00eats qui ont \u00e9t\u00e9 comptabilis\u00e9s dans les comptes de ses colonies (R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo, Rwanda et Burundi), l&rsquo;Angleterre a re\u00e7u et comptabilis\u00e9 dans les comptes du Kenya, de l&rsquo;Ouganda, de la Tanzanie, du Zimbabwe, de la Zambie, du Nigeria, de la Guyane anglaise (Am\u00e9rique du Sud) et la France dans les comptes de l&rsquo;Alg\u00e9rie, du Gabon, de la Mauritanie, du S\u00e9n\u00e9gal, du Mali, de la Guin\u00e9e Conakry, de la C\u00f4te d&rsquo;Ivoire, du Niger, du Burkina Faso et du B\u00e9nin.<\/p>\n<p>Eric Toussant, sp\u00e9cialiste des processus de formation de la dette ext\u00e9rieure, affirme que\u00a0: \u00ab\u00a0Dans le cas du Congo belge, les millions de dollars qui lui ont \u00e9t\u00e9 pr\u00eat\u00e9s pour des projets d\u00e9cid\u00e9s par la puissance coloniale ont \u00e9t\u00e9 presque enti\u00e8rement d\u00e9pens\u00e9s, par l&rsquo;administration coloniale du Congo, pour l&rsquo;achat de produits export\u00e9s par la Belgique. Le Congo belge a \u00ab\u00a0re\u00e7u\u00a0\u00bb un total de 120 millions de pr\u00eats (en trois tranches), dont 105,4 millions ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9pens\u00e9s en Belgique. Pour le gouvernement de Patrice Lumumba, il \u00e9tait inconcevable de payer cette dette \u00e0 la Banque mondiale, alors qu&rsquo;elle avait \u00e9t\u00e9 contract\u00e9e par la Belgique pour exploiter le Congo belge\u00a0\u00bb[1].<\/p>\n<p>Le refus du gouvernement Lumumba de reconna\u00eetre et de payer la dette contract\u00e9e par l&#8217;empire belge, a conduit au complot dirig\u00e9 par les deux pays, les \u00c9tats-Unis et la Belgique, qui a abouti \u00e0 l&rsquo;assassinat de Patrice Lumumba en janvier 1961.<\/p>\n<p>De cette fa\u00e7on, le coup d&rsquo;\u00c9tat et l&rsquo;assassinat de Lumumba ont eu la participation directe de Mobutu Sese Seko. Ainsi, en 1965, Mobutu a fait un coup d&rsquo;\u00c9tat et a impos\u00e9 une dictature sanguinaire qui a dur\u00e9 32 ans.<\/p>\n<p>En ce sens, l&rsquo;ind\u00e9pendance du Congo (ex-Za\u00efre) a commenc\u00e9 par deux faits pertinents: le premier \u00e9tait la reconnaissance d&rsquo;une dette qui n&rsquo;\u00e9tait pas la leur et le second l&rsquo;imposition d&rsquo;un gouvernement sanglant soumis \u00e0 l&rsquo;imp\u00e9rialisme.<\/p>\n<p>Ce n&rsquo;est pas seulement l&rsquo;histoire du Congo. C&rsquo;est un exemple qui est reproduit dans plusieurs processus similaires qui ont eu lieu dans divers pays africains au cours de la p\u00e9riode post-coloniale.<\/p>\n<p><b>La fin de l&rsquo;apartheid et la d\u00e9sindustrialisation<\/b><\/p>\n<p>La lutte h\u00e9ro\u00efque contre l&rsquo;apartheid en Afrique du Sud \u00e9tait pleine de grandes luttes comme celles de Shaperville, Soweto, District Six, etc. \u00c9galement par des gr\u00e8ves d&rsquo;usine, des gr\u00e8ves r\u00e9gionales et des gr\u00e8ves g\u00e9n\u00e9rales. Sans compter les gigantesques manifestations des ch\u00f4meurs et celles contre les politiques racistes.<\/p>\n<p>Le renversement du r\u00e9gime d&rsquo;apartheid a \u00e9t\u00e9 une victoire spectaculaire du mouvement noir contre le gouvernement de la minorit\u00e9 blanche. Cette lutte a permis de gagner d&rsquo;importants droits d\u00e9mocratiques qui \u00e9taient refus\u00e9s \u00e0 la majorit\u00e9 noire. Cependant, bien que cela ne soit pas dit ouvertement, cette victoire a \u00e9t\u00e9 \u00e9clips\u00e9e par les \u00e9normes concessions \u00e9conomiques qui ont \u00e9t\u00e9 faites \u00e0 la bourgeoisie raciste et imp\u00e9rialiste.<\/p>\n<p>A cet \u00e9gard, la grande alliance qui a jou\u00e9 un r\u00f4le de premier plan dans ces luttes, CNA-Cosatu-Parti communiste \u00ab\u00a0a mis de c\u00f4t\u00e9 le programme de nationalisation de la Charte de la libert\u00e9 de la CNA, approuv\u00e9e en 1955, et avec le Parti national, a formul\u00e9 une politique \u00e9conomique bas\u00e9e sur la croissance \u00e9conomique par la comp\u00e9titivit\u00e9 (plus grande exploitation de la classe ouvri\u00e8re), et de \u00ab\u00a0l&rsquo;encouragement\u00a0\u00bb aux investissements du secteur priv\u00e9 (argent public pour la bourgeoisie), la privatisation des entreprises publiques, l&rsquo;ind\u00e9pendance de la Banque centrale\u00a0\u00bb[2] et l&rsquo;ouverture du march\u00e9 national \u00e0 l&rsquo;importation de biens et de marchandises produites \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger. L&rsquo;industrie sud-africaine, dont la technologie et la productivit\u00e9 sont faibles, n&rsquo;a pas r\u00e9sist\u00e9 aux produits import\u00e9s et, en fin de compte, on a assist\u00e9 \u00e0 un profond processus de d\u00e9sindustrialisation et \u00e0 la croissance cons\u00e9cutive du ch\u00f4mage.<\/p>\n<p>Dans le graphique ci-dessous, nous pouvons observer le processus concomitant de d\u00e9sindustrialisation et d&rsquo;augmentation du ch\u00f4mage. Cependant, certains chercheurs soutiennent que le ch\u00f4mage g\u00e9n\u00e9r\u00e9 \u00e9tait encore plus important et que les donn\u00e9es \u00e9taient \u00ab\u00a0\u00e9touff\u00e9es\u00a0\u00bb en raison de la cr\u00e9ation d&#8217;emplois pr\u00e9caires dans les administrations municipales et \u00e9tatiques qui utilisent cette main-d&rsquo;\u0153uvre dans les services g\u00e9n\u00e9raux, en la payant \u00e0 moiti\u00e9 et sans acc\u00e8s aux droits sociaux. Ainsi, les donn\u00e9es mises en \u00e9vidence par le graphique peuvent repr\u00e9senter des probl\u00e8mes bien plus graves.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/pt\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/grafico-africa-do-sul-1-1-1.jpg?ssl=1\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/pt\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/grafico-africa-do-sul-1-1-1.jpg?resize=593%2C349&#038;ssl=1\" width=\"593\" height=\"349\" name=\"images2\" align=\"BOTTOM\" border=\"0\" data-recalc-dims=\"1\" \/><\/a><\/p>\n<p>L&rsquo;analyse des donn\u00e9es ci-dessus, nous permet d&rsquo;observer le processus acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 de d\u00e9sindustrialisation et la r\u00e9duction cons\u00e9quente du nombre de travailleurs employ\u00e9s. Une fois encore, nous le disons, la fin de l&rsquo;apartheid a \u00e9t\u00e9 une victoire importante, mais en ne s&rsquo;attaquant pas aux relations capitalistes de production et d&rsquo;exploitation, elle s&rsquo;est circonscrite aux limites des droits d\u00e9mocratiques.<\/p>\n<p><b>L&#8217;empire contre-attaque : La Banque mondiale impose l&rsquo;exploitation mini\u00e8re comme strat\u00e9gie pour l&rsquo;Afrique subsaharienne<\/b><\/p>\n<p>Dans les ann\u00e9es 1980, nous avons connu la grande crise connue sous le nom de \u00ab\u00a0crise de la dette ext\u00e9rieure\u00a0\u00bb, au cours de laquelle de nombreux pays du monde entier n&rsquo;ont pas pu continuer \u00e0 payer leurs dettes. Certains pays ont m\u00eame d\u00e9clar\u00e9 des moratoires et d&rsquo;autres ont suspendu momentan\u00e9ment les paiements. En Afrique, o\u00f9 de nombreux pays venaient de sortir de la p\u00e9riode coloniale et avec des dettes \u00e9normes h\u00e9rit\u00e9es des colonisateurs, comme nous l&rsquo;avons expliqu\u00e9 dans l&rsquo;exemple du Congo, la crise de la dette a \u00e9t\u00e9 violente. Puis, en 1993, devant l&rsquo;impossibilit\u00e9 de payer les dettes, la Banque mondiale a pr\u00e9sent\u00e9 une alternative \u00e0 travers le document : Strat\u00e9gie pour les mineurs en Afrique.<\/p>\n<p>De cette mani\u00e8re, la Banque mondiale a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s claire. La strat\u00e9gie \u00e9tait fond\u00e9e sur la maximisation, c&rsquo;est-\u00e0-dire sur l&rsquo;exploitation maximale des ressources min\u00e9rales, laissant de c\u00f4t\u00e9 le contr\u00f4le des ressources ou la cr\u00e9ation d&#8217;emplois. Examinons donc l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 de la citation : \u00ab\u00a0 La principale conclusion du rapport est que le redressement du secteur minier en Afrique n\u00e9cessitera une r\u00e9orientation des objectifs du gouvernement vers un but premier, \u00e0 savoir maximiser les recettes fiscales de l&rsquo;exploitation mini\u00e8re sur le long terme, plut\u00f4t que de poursuivre d&rsquo;autres objectifs \u00e9conomiques ou politiques tels que le contr\u00f4le des ressources ou l&rsquo;am\u00e9lioration de l&#8217;emploi\u00a0\u00bb.[3]<\/p>\n<p>Le rapport intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Strategy for Minners in Africa\u00a0\u00bb, \u00e9galement connu sous le nom de \u00ab\u00a0World Bank Technical Paper Number 181\u00a0\u00bb, s&rsquo;attaque \u00e0 deux piliers fondamentaux de la souverainet\u00e9 nationale des pays africains. De cette fa\u00e7on, les deux piliers qu&rsquo;ils attaquaient \u00e9taient: a) la souverainet\u00e9 sur les ressources naturelles et b) l&rsquo;exploitation de ces ressources par des entreprises d&rsquo;\u00c9tat. Voyons comment ces attaques se sont d\u00e9roul\u00e9es.<\/p>\n<p>1. a) Apr\u00e8s l&rsquo;ind\u00e9pendance, la plupart des gouvernements cherchant \u00e0 souligner leur souverainet\u00e9 sur les ressources min\u00e9rales ont impos\u00e9 des r\u00e8gles et des r\u00e9glementations qui ont souvent emp\u00each\u00e9 les investissements rentables dans le secteur. Dans de nombreux cas, les gouvernements ont nationalis\u00e9 ou pris le contr\u00f4le des soci\u00e9t\u00e9s mini\u00e8res et, en tant qu&rsquo;exploitants, ont commenc\u00e9 \u00e0 les g\u00e9rer pour les contr\u00f4ler et percevoir un maximum de rentes \u00e0 court terme<\/p>\n<p>2. b) Les grandes entreprises contr\u00f4l\u00e9es par l&rsquo;\u00c9tat qui dominent aujourd&rsquo;hui le secteur minier dans plusieurs pays africains ont g\u00e9n\u00e9ralement vu leurs performances s&rsquo;effondrer. Elles sont soumises \u00e0 l&rsquo;intervention de l&rsquo;\u00c9tat \u00e0 des fins souvent sans rapport avec l&rsquo;efficacit\u00e9 des performances et leur fonctionnement tend \u00e0 \u00eatre moins productif que celui des entreprises priv\u00e9s.<\/p>\n<p>Le rapport d\u00e9taille en outre les mesures sp\u00e9cifiques que les gouvernements africains doivent prendre. Le rapport &#8211; en termes succincts &#8211; propose aux gouvernements le programme d&rsquo;action suivant pour les ann\u00e9es 1990:<\/p>\n<p>* Continuer \u00e0 faire \u00e9voluer les programmes d&rsquo;ajustement \u00e9conomique pour rembourser la dette ;<\/p>\n<p>* Les gouvernements doivent d\u00e9finir clairement leurs strat\u00e9gies de d\u00e9veloppement minier. Le secteur priv\u00e9 doit prendre l&rsquo;initiative;<\/p>\n<p>* Les encouragements pour les investisseurs miniers doivent \u00eatre clairement d\u00e9termin\u00e9es dans la l\u00e9gislation sur les investissements.<\/p>\n<p>* La fiscalit\u00e9 mini\u00e8re doit tenir compte des niveaux d&rsquo;imposition dans les autres pays miniers afin de maintenir ou d&rsquo;\u00e9tablir la comp\u00e9titivit\u00e9 de l&rsquo;industrie nationale.<\/p>\n<p>* La l\u00e9gislation mini\u00e8re doit r\u00e9duire les risques et les incertitudes pour les investisseurs potentiels et garantir un acc\u00e8s facile aux permis d&rsquo;exploration et aux concessions mini\u00e8res.<\/p>\n<p>* Les institutions gouvernementales devraient cesser d&rsquo;exercer des fonctions op\u00e9rationnelles et de marketing.<\/p>\n<p>* Contr\u00f4ler l&rsquo;exploitation mini\u00e8re artisanale.<\/p>\n<p>Nous soulignons que ce rapport a \u00e9t\u00e9 le guide pour l&rsquo;application d&rsquo;une politique qui a d\u00e9termin\u00e9 la fin de la souverainet\u00e9 mini\u00e8re pour le peuple africain et, plus encore, a impos\u00e9 la fin des soci\u00e9t\u00e9s mini\u00e8res d&rsquo;\u00c9tat.<\/p>\n<p><b>Regagner la souverainet\u00e9 min\u00e9rale : les min\u00e9raux sont \u00e0 nous<\/b><\/p>\n<p>Apr\u00e8s trois d\u00e9cennies d&rsquo;application de la \u00ab\u00a0strat\u00e9gie mini\u00e8re pour l&rsquo;Afrique\u00a0\u00bb de la Banque mondiale, la dette ext\u00e9rieure n&rsquo;a cess\u00e9 de cro\u00eetre, les pays se sont d\u00e9sindustrialis\u00e9s, le ch\u00f4mage a augment\u00e9, la pauvret\u00e9 et la destruction de l&rsquo;environnement ont progress\u00e9 et les conditions de vie de la population se sont d\u00e9grad\u00e9es. Tout cela avec la b\u00e9n\u00e9diction de gouvernements dictatoriaux sanguinaires qui sont (ou \u00e9taient) au pouvoir pendant 10, 20, 30 et m\u00eame 40 ans.<\/p>\n<p>Nous devons retrouver notre souverainet\u00e9 sur les min\u00e9raux. Nous devons dire en langage clair : les min\u00e9raux sont \u00e0 nous. Et mettez dehors les transnationales, le FMI, la Banque mondiale et les gouvernements complices. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un combat immense qui, peu \u00e0 peu, se pr\u00e9cise et montre sa n\u00e9cessit\u00e9. La bourgeoisie tente rapidement de d\u00e9tourner cette lutte qui s&rsquo;approche. M\u00e9fiez-vous donc des pi\u00e8ges qui apparaissent.<\/p>\n<p><b>Le premier pi\u00e8ge : c&rsquo;est notre faute. Nous sommes corrompus !<\/b><\/p>\n<p>Le Fonds mon\u00e9taire international a publi\u00e9 en mai 2011, un texte apparemment destin\u00e9 \u00e0 un pays, le texte nomm\u00e9 Ghana: sera-t-il b\u00e9ni ou maudit, dans lequel il explique qu&rsquo;avec la d\u00e9couverte de p\u00e9trole dans le pays, les opportunit\u00e9s qui s&rsquo;ouvrent, et les risques qu&rsquo;augmentent.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ce document \u00e9tudie l&rsquo;impact des revenus des ressources naturelles sur la trajectoire de croissance d&rsquo;une \u00e9conomie ; et applique les r\u00e9sultats de cette analyse au Ghana. Pour ce faire, un ensemble de donn\u00e9es de 150 pays \u00e0 revenu faible et interm\u00e9diaire de 1973 \u00e0 2008 est analys\u00e9. Les r\u00e9sultats montrent qu&rsquo;un pi\u00e8ge de pauvret\u00e9 existe pour les pays pauvres en ressources et les pays riches en ressources en raison de leur faible qualit\u00e9 institutionnelle. En revanche, pour les pays dot\u00e9s d&rsquo;une bonne gouvernance et d&rsquo;une gestion macro\u00e9conomique solide, la richesse p\u00e9troli\u00e8re peut \u00eatre utilis\u00e9e pour atteindre une croissance \u00e9conomique plus \u00e9lev\u00e9e\u00a0\u00bb.[4]<\/p>\n<p>De cette fa\u00e7on, le principal risque, selon le FMI, est la faible qualit\u00e9 des institutions. Cela signifie que le pays n&rsquo;a pas d&rsquo;institutions fortes, ce qui facilite le vol et la b\u00e9n\u00e9diction des ressources devient une mal\u00e9diction. C&rsquo;est donc notre faute ! Ils ne disent pas un mot sur le vol, le pillage de nos ressources min\u00e9rales par les soci\u00e9t\u00e9s transnationales. Ils ne font pas la moindre r\u00e9f\u00e9rence au fait que sur l&rsquo;ensemble de l&rsquo;uranium export\u00e9 par le Niger, le pays n&rsquo;en re\u00e7oit que 5%. Il ne dit pas non plus que sur l&rsquo;or export\u00e9 par le Ghana, seul 1,7 % entre dans la banque centrale du pays et que les communaut\u00e9s touch\u00e9es ne re\u00e7oivent que 0,11 % de ce que le pays a re\u00e7u. Ils ne mentionnent toujours pas qu&rsquo;en Zambie, le cuivre a \u00e9t\u00e9 exploit\u00e9 par une soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;\u00c9tat entre 1970 et 1998, et qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, avec la privatisation totale, quatre soci\u00e9t\u00e9s, dont le Barrick Gold Group, contr\u00f4lent plus de 80% de l&rsquo;exploitation et le pays n&rsquo;en re\u00e7oit que 3%.<\/p>\n<p>Cependant, nous ne nions pas l&rsquo;existence de gouvernements et de fonctionnaires corrompus. Mais qu&rsquo;en est-il des soci\u00e9t\u00e9s transnationales, qui sont-elles et que font-elles ? C&rsquo;est une grande question. Pendant ce temps, on nous parle de \u00ab\u00a0bonne gouvernance\u00a0\u00bb et de lutte contre la corruption, mais il s&rsquo;agit en r\u00e9alit\u00e9 d&rsquo;une fa\u00e7on de d\u00e9tourner notre lutte pour la nationalisation des ressources de notre territoire national. C&rsquo;est une fa\u00e7on de couvrir le scandaleux vol de nos richesses nationales par des multinationales \u00e9trang\u00e8res. Cependant, le texte \u00ab\u00a0Ghana: il sera b\u00e9ni ou damn\u00e9\u00a0\u00bb est devenu un guide pour tous les pays.<\/p>\n<p><b>Le deuxi\u00e8me pi\u00e8ge : la solution \u00e9lectorale<\/b><\/p>\n<p>Dans un autre texte, nous avons montr\u00e9 comment, ces derni\u00e8res ann\u00e9es, plusieurs dictateurs sont tomb\u00e9s et il existe une liste de ceux qui doivent encore tomber. Cependant, le remplacement de ces dirigeants n&rsquo;a pas permis de recouvrer la souverainet\u00e9 sur les ressources nationales. Et pourtant, aucun de ces gouvernements n&rsquo;a parl\u00e9 ou ne parle de la nationalisation des ressources. Par cons\u00e9quent, nous ne pouvons avoir et ne pouvons exprimer aucune sorte de confiance dans ces gouvernements qui sont de v\u00e9ritables administrateurs coloniaux des imp\u00e9rialistes \u00e0 l&rsquo;heure actuelle.<\/p>\n<p><b>Le troisi\u00e8me pi\u00e8ge : les groupes politiques r\u00e9formistes<\/b><\/p>\n<p>Le capitalisme dans son stade sup\u00e9rieur actuel, c&rsquo;est-\u00e0-dire le capitalisme imp\u00e9rialiste, ne laisse aucune place \u00e0 la r\u00e9forme du syst\u00e8me capitaliste. Mais certains r\u00e9formistes vont jusqu&rsquo;\u00e0 accuser l&rsquo;imp\u00e9rialisme, d&rsquo;autres parlent du pass\u00e9 colonial, et d&rsquo;autres encore, un peu plus avanc\u00e9s, parlent d&rsquo;un imp\u00e9rialisme contemporain. Et c&rsquo;est tout ce qu&rsquo;ils obtiennent. Cependant, ils ne disent pas qui sont les imp\u00e9rialistes, qui sont leurs agents dans le pays et ils ne montrent pas non plus, comment lutter pour la souverainet\u00e9 des nos ressources naturelles.<\/p>\n<p><b>Nationaliser l&rsquo;exploitation mini\u00e8re: les min\u00e9raux sont \u00e0 nous<\/b><\/p>\n<p>En nationalisant la production min\u00e9rale, nous aurons imm\u00e9diatement un probl\u00e8me et un grand d\u00e9bat devant nous. \u00c0 qui remettons-nous la production mini\u00e8re nationalis\u00e9e ? Nous avons ici deux voies : l&rsquo;une consiste \u00e0 la confier \u00e0 un secteur de la bourgeoisie ou aux banques nationales. Et l&rsquo;autre moyen est de construire une entreprise d&rsquo;\u00c9tat destin\u00e9e \u00e0 l&rsquo;exploitation mini\u00e8re.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re hypoth\u00e8se &#8211; remettre \u00e0 la bourgeoisie ou aux banques nationales &#8211; signifie le maintien des m\u00eames relations capitalistes de production et d&rsquo;exploitation des travailleurs.<\/p>\n<p>En cr\u00e9ant une soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;\u00c9tat \u00e0 cette fin, nous aurons davantage de possibilit\u00e9s de discuter des salaires, des rythmes de production, de l&rsquo;\u00e9limination des mati\u00e8res premi\u00e8res nocives pour la sant\u00e9 humaine et l&rsquo;environnement, etc.<\/p>\n<p>Les opposants \u00e0 la cr\u00e9ation d&rsquo;entreprises publiques pourront utiliser l&rsquo;argument selon lequel il s&rsquo;agit d&rsquo;entreprises d\u00e9ficitaires, comme c&rsquo;est le cas des compagnies sud-africaines d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 et d&rsquo;aviation, Eskom et South Africa Airways, qui sont pratiquement en faillite. Nous n&rsquo;excluons pas que ces deux entreprises sud-africaines soient pratiquement en faillite apr\u00e8s plus de 25 ans de r\u00e8gne du CNA. Et c&rsquo;est pourquoi la solution \u00e0 ce probl\u00e8me est que les travailleurs contr\u00f4lent la production, car ceux qui travaillent d\u00e9cident de la direction de l&rsquo;entreprise! Telle est la devise.<\/p>\n<p>En d\u00e9fendant la nationalisation sous contr\u00f4le ouvrier, nous pr\u00e9cisons que lorsque nous parlons de contr\u00f4le ouvrier, nous parlons du contr\u00f4le des travailleurs directement li\u00e9s \u00e0 la production. Et nous ne parlons pas des dirigeants syndicaux. Les dirigeants syndicaux, \u00e9tant \u00e9loign\u00e9s de leurs bases et dirigeant des syndicats qui se limitent souvent \u00e0 des actions en justice, g\u00e8rent les syndicats sans d\u00e9mocratie, et par cons\u00e9quent g\u00e9n\u00e8rent des \u00e9pisodes comme ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 au Nigeria, comme nous le verrons.<\/p>\n<p>Dans le processus de privatisation du secteur de l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 au Nigeria, les travailleurs ont re\u00e7u un pourcentage des actions de l&rsquo;entreprise privatis\u00e9e. Avec les licenciements massifs, l&rsquo;ancien secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du syndicat des retrait\u00e9s du Nigeria a pris les actions de ces travailleurs et a cr\u00e9\u00e9 un fonds d&rsquo;investissement priv\u00e9. Avec cela, les travailleurs n&rsquo;ont pas re\u00e7u un seul centime de cette privatisation.\u00a0[6]<\/p>\n<p><b>Dans un texte, de 1938, L\u00e9on Trotsky (dirigeant de la R\u00e9volution Russe et constructeur de l&rsquo;Arm\u00e9e Rouge) mettait en garde contre ce type de risque et proposait : <\/b><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il est ici n\u00e9cessaire de pr\u00e9ciser que lorsque nous disons contr\u00f4le de la production par les travailleurs, cela ne signifie pas le contr\u00f4le de la production par les bureaucrates des syndicats nationalis\u00e9s, mais le contr\u00f4le par les travailleurs de l&rsquo;entreprise elle-m\u00eame et la lutte pour l&rsquo;ind\u00e9pendance des syndicats vis-\u00e0-vis de l&rsquo;\u00c9tat\u00a0\u00bb [7].<\/p>\n<p><b>Nationaliser et \u00e9tatiser : un plan de luttes<\/b><\/p>\n<p>Le minerai est \u00e0 nous. Dehors les transnationales\u00a0: Apr\u00e8s des d\u00e9cennies de gouvernements dictatoriaux et sanguinaires, la m\u00e9moire de la lutte anti-coloniale a \u00e9t\u00e9 effac\u00e9e par les balles. Et ce que nous observons, c&rsquo;est que les nouvelles g\u00e9n\u00e9rations ne se r\u00e9clament pas de la lutte<\/p>\n<p>anti-coloniale, la connaissent peu et ne connaissent donc pas l&rsquo;origine du pr\u00e9sent. Et par cons\u00e9quent, rares sont ceux qui savent que pendant une courte p\u00e9riode, apr\u00e8s l&rsquo;ind\u00e9pendance, les min\u00e9raux ont \u00e9t\u00e9 exploit\u00e9s par leurs \u00c9tats nationaux et souvent par des soci\u00e9t\u00e9s d&rsquo;\u00c9tat.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re t\u00e2che consiste donc \u00e0 mener une campagne pour d\u00e9noncer le vol de min\u00e9raux et la n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9-nationaliser et de re-\u00e9tatiser la production de min\u00e9raux dans chaque pays.<\/p>\n<p>Lier les luttes sp\u00e9cifiques \u00e0 la lutte pour la nationalisation des minerais: Chaque jour, nous avons diff\u00e9rents types de luttes dans toute l&rsquo;Afrique subsaharienne. Les travailleurs et les pauvres se battent donc d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment pour des droits \u00e9l\u00e9mentaires comme la nourriture, le logement et la sant\u00e9. Ces luttes h\u00e9ro\u00efques, le plus souvent, ne sont pas consid\u00e9r\u00e9es comme faisant partie des luttes pour la nationalisation des min\u00e9raux, pour la seconde ind\u00e9pendance et pour le socialisme. Comme le disait Trotsky : \u00ab\u00a0Il faut aider les masses, dans le processus de leurs luttes quotidiennes, \u00e0 trouver le pont entre leurs revendications actuelles et le programme de la r\u00e9volution socialiste\u00a0\u00bb[8].<\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;un travailleur se bat pour des salaires, comme dans le cas de Marikhana, il est en train de dire\u00a0: \u00ab\u00a0je veux une plus grande part de l&rsquo;exploitation mini\u00e8re\u00a0\u00bb. Bien que la lutte soit pour les salaires, il faut soutenir cette lutte et la relier \u00e0 la lutte pour la nationalisation des min\u00e9raux.<\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;une communaut\u00e9 lutte contre le d\u00e9placement forc\u00e9 de son lieu d&rsquo;habitation, elle le dit aussi\u00a0: \u00ab\u00a0cette terre est \u00e0 moi\u00a0\u00bb. Il faut les aider \u00e0 dire \u00ab\u00a0cette terre est la mienne et non celle des compagnies mini\u00e8res \u00e9trang\u00e8res\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;une communaut\u00e9 d\u00e9fend l&rsquo;environnement, nous devons \u00eatre en premi\u00e8re ligne de cette lutte et les aider \u00e0 comprendre que l&rsquo;exploitation mini\u00e8re doit se faire sans d\u00e9truire l&rsquo;environnement et que cela ne peut se faire que dans l&rsquo;int\u00e9r\u00eat national et que pour cela nous devons exploiter avec des entreprises publiques contr\u00f4l\u00e9es par leurs travailleurs.<\/p>\n<p>Lorsque les \u00e9tudiants se battent pour un enseignement public, gratuit et de qualit\u00e9 ; lorsque les familles se battent pour de meilleurs soins de sant\u00e9, contre le co\u00fbt de la vie et pour un logement d\u00e9cent. En r\u00e9alit\u00e9, tous, sans exception, m\u00eame si c&rsquo;est inconsciemment, se demandent : \u00ab\u00a0et \u00e0 quoi servent nos min\u00e9raux\u00a0\u00bb ? Il est n\u00e9cessaire d&rsquo;aider ceux qui luttent \u00e0 construire ces ponts entre les luttes sp\u00e9cifiques et la lutte pour la nationalisation et l&rsquo;\u00e9tatisation de la production min\u00e9rale.<\/p>\n<p>Enfin, et surtout, il est n\u00e9cessaire de coordonner ces actions. Et de cette fa\u00e7on, cr\u00e9er des organismes qui sortent de ces luttes. Mais il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;unit\u00e9 pour l&rsquo;unit\u00e9. Et oui, c&rsquo;est l&rsquo;unit\u00e9 pour la lutte.<\/p>\n<p>De cette fa\u00e7on, unis entre ceux qui luttent, nous construirons les voies de la nationalisation et de l&rsquo;\u00e9tatisation, pour une seconde ind\u00e9pendance et surtout la construction d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 juste, solidaire et fraternelle. Une soci\u00e9t\u00e9 socialiste.<\/p>\n<p>Traduction\u00a0: Silas Teixeira<\/p>\n<p>[1] Une figure embl\u00e9matique du FMI et de la Banque mondiale devant la justice suisse &#8211; http:\/\/www.cadtm.org\/Uma-figura-emblematica-do-FMI-e-do<\/p>\n<p>[2] SANTOS, Adriana Gomes, org. S\u00e3o Paulo : Editions Sundermann, 2019, pag. 94<\/p>\n<p>[3] La Banque internationale pour la reconstruction et le d\u00e9veloppement\/Banque mondiale . Strat\u00e9gie pour l&rsquo;exploitation mini\u00e8re en Afrique &#8211; Washington\/DC &#8211; 1993<\/p>\n<p>[4] Fonds mon\u00e9taire international. Le Ghana : sera-t-il dou\u00e9 ou maudit ? &#8211; 2011<\/p>\n<p>[5] Le capital financier imp\u00e9rialiste en Afrique &#8211; https:\/\/www.pstu.org.br\/o-capital-financeiro-imperialista-na-africa\/<\/p>\n<p>[6] www.roape.net\/2019\/05\/28\/the-roots-of-the-crisis-in-nigeria-interview-with-femi-aborisade<\/p>\n<p>[7] Trotsky, L. Discussion sur l&rsquo;Am\u00e9rique latine https:\/\/www.marxists.org\/espanol\/trotsky\/ceip\/latin\/25.htm<\/p>\n<p>[8] Programme de transition. https:\/\/www.marxists.org\/portugues\/trotsky\/1938\/programa\/cap01.htm#1<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce texte vise \u00e0 pr\u00e9senter la suite de la discussion entam\u00e9e dans \u00ab\u00a0Le capital financier imp\u00e9rialiste en Afrique &#8211; La surexploitation de la classe ouvri\u00e8re et le vol des richesses naturelles\u00a0\u00bb (lire ici), dans lequel nous avons abord\u00e9 la question des soci\u00e9t\u00e9s mini\u00e8res, du capital financier et de leurs relations avec les gouvernements imp\u00e9rialistes et [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":9,"featured_media":3058,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false},"categories":[3503,3512,3494],"tags":[],"jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/Africa_cherrcheursMineraisjpg.jpg?fit=1021%2C580&ssl=1","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3057"}],"collection":[{"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/9"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3057"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3057\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3058"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3057"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3057"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3057"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}