{"id":2919,"date":"2022-02-08T21:43:07","date_gmt":"2022-02-08T20:43:07","guid":{"rendered":"https:\/\/litci.org\/fr\/?p=2919"},"modified":"2022-02-08T21:43:07","modified_gmt":"2022-02-08T20:43:07","slug":"soudan-le-gouvernement-el-bechir-est-tombe-mais-la-dictature-perdure-a-bas-la-dictature-et-sa-constitution","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/litci.org\/fr\/soudan-le-gouvernement-el-bechir-est-tombe-mais-la-dictature-perdure-a-bas-la-dictature-et-sa-constitution\/","title":{"rendered":"Soudan : Le gouvernement El-B\u00e9chir est tomb\u00e9, mais la dictature perdure. A bas la dictature et sa constitution !"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: right;\">31 janvier 2022<\/p>\n<p><em>Le renversement du gouvernement d&rsquo;El-B\u00e9chir a \u00e9t\u00e9 une importante bataille victorieuse. Les batailles, cependant, font toujours partie d&rsquo;une guerre. Cette guerre contre le gouvernement des militaires n&rsquo;est pas encore termin\u00e9e. La Constitution r\u00e9dig\u00e9e par la dictature install\u00e9e en 1989 a \u00e9t\u00e9 bricol\u00e9e avec la Charte constitutionnelle et rien n&rsquo;a chang\u00e9. Cet article vise \u00e0 d\u00e9montrer que le syst\u00e8me juridique en vigueur, c&rsquo;est-\u00e0-dire la Charte constitutionnelle sign\u00e9e le 4 ao\u00fbt 2019, permet \u00e0 l&rsquo;alliance entre militaires et civils de continuer \u00e0 gouverner sans r\u00e9soudre les questions d\u00e9mocratiques les plus \u00e9l\u00e9mentaires et plus encore, de continuer \u00e0 surveiller, contr\u00f4ler et r\u00e9primer les travailleurs, les jeunes et les pauvres.<\/em><\/p>\n<p><em>Par Martin Ralph et Cesar Neto<\/em><\/p>\n<p><strong>La lutte h\u00e9ro\u00efque pour vaincre El-B\u00e9chir<\/strong><\/p>\n<p>La d\u00e9faite du gouvernement El-B\u00e9chir a \u00e9t\u00e9 rendue possible par l&rsquo;un des plus grands processus insurrectionnels de ces derni\u00e8res d\u00e9cennies sur le continent africain. La combinaison de gr\u00e8ves de travailleurs (Petro-Energy, les cheminots d&rsquo;Atbara, la soci\u00e9t\u00e9 des farines SEEN, les employ\u00e9s de banque, les enseignants, etc.), de manifestations devant les unit\u00e9s de l&rsquo;arm\u00e9e, avec la plupart des villages et des communaut\u00e9s impliqu\u00e9s dans la mobilisation, tous ces processus ont vaincu El-B\u00e9chir mais n&rsquo;ont pas chass\u00e9 les militaires du pouvoir.<\/p>\n<p><strong>Demi-victoire. Demi-d\u00e9faite<\/strong><\/p>\n<p>Comme nous l&rsquo;avons dit plus haut, ce fut une bataille victorieuse, mais la guerre continue. L&rsquo;absence d&rsquo;une direction de classe, ind\u00e9pendante et r\u00e9volutionnaire a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cisive pour emp\u00eacher que \u00ab\u00a0bataille\u00a0\u00bb ne permette de gagner la guerre. Les militaires g\u00e9nocidaires ont r\u00e9ussi \u00e0 imposer un gouvernement de coalition, ce qui a garanti la stabilit\u00e9 du nouveau gouvernement, dans un premier temps avec la r\u00e9forme de la constitution h\u00e9rit\u00e9e d&rsquo;El-B\u00e9chir.<\/p>\n<p><strong>La constitution du r\u00e9gime de juin 1989<\/strong><\/p>\n<p>Le gouvernement d&rsquo;El-B\u00e9chir, depuis 1989, se caract\u00e9rise comme un r\u00e9gime qui s&rsquo;appuyait inconditionnellement sur l&rsquo;arm\u00e9e, la force des armes et l&rsquo;imposition. Les l\u00e9gislateurs, les juges, les journalistes, etc. ont d\u00fb se plier au pouvoir qui \u00e9manait des fusils et des prisons. Au fil du temps, cette oppression s&rsquo;est institutionnalis\u00e9e, au fur et \u00e0 mesure que des lois ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es pour \u00ab\u00a0l\u00e9galiser\u00a0\u00bb ce r\u00e9gime. Et pour que le r\u00e9gime institutionnalise la violence r\u00e9pressive, les Constitutions de 1998 et 2005 ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es \u00e0 son image et \u00e0 sa ressemblance.<\/p>\n<p><strong>La Charte constitutionnelle garantit le pouvoir aux militaires<\/strong><\/p>\n<p>Tout comme au d\u00e9but de la dictature d&rsquo;El-B\u00e9chir, les forces qui ont pris le pouvoir en 2019 ont entrepris de construire leur syst\u00e8me de lois et pour ce faire, elles ont rafistol\u00e9 la Constitution de 2005 \u00e0 travers la Charte constitutionnelle. Le Conseil militaire de transition, pour que les militaires puissent continuer \u00e0 gouverner, avait besoin d&rsquo;une \u00ab\u00a0nouvelle\u00a0\u00bb Constitution, r\u00e9dig\u00e9e par eux, sans la pr\u00e9sence de ceux qui ont donn\u00e9 leurs morts et leurs bless\u00e9s pour renverser la dictature d&rsquo;El-B\u00e9chir. La Charte constitutionnelle a donc \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e pour l\u00e9gitimer le vol de la libert\u00e9 et de la souverainet\u00e9 qui avaient \u00e9t\u00e9 gagn\u00e9es dans la rue.<\/p>\n<p>La presse internationale d\u00e9crit avec beaucoup d&rsquo;acuit\u00e9 l&rsquo;ambiance et l&rsquo;atmosph\u00e8re qui ont pr\u00e9sid\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9laboration de la Charte constitutionnelle :<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>Dans une salle remplie de hauts fonctionnaires \u00e9trangers et sous de lourdes mesures de s\u00e9curit\u00e9, l&rsquo;opposition civile soudanaise et la junte militaire qui d\u00e9tient le pouvoir dans le pays ont ratifi\u00e9 samedi la Constitution qui servira de feuille de route pour les trois prochaines ann\u00e9es et trois mois de transition<\/em>\u00ab\u00a0<a href=\"#_edn1\" name=\"_ednref1\">[1]<\/a>.<\/p>\n<p>Les syndicats, les organisations de femmes, les organisations de jeunes, les organisations de soldats et de caporaux insurg\u00e9s, au sein desquels se trouvaient ceux qui se sont battus dans les rues pour en finir avec la dictature d&rsquo;El-B\u00e9chir, n&rsquo;avaient pas \u00e9t\u00e9 invit\u00e9s ?\u00a0 Eh bien, non : ceux qui ont combattu n&rsquo;\u00e9taient pas dans cette salle comble, comme le dit le journal. Ceux qui s&rsquo;y trouvaient \u00e9taient : des hauts fonctionnaires \u00e9trangers, l&rsquo;\u00e9lite de l&rsquo;opposition civile et les militaires.<\/p>\n<p><strong>La Charte constitutionnelle perp\u00e9tue la structure r\u00e9pressive du pouvoir<\/strong><\/p>\n<p>En lisant attentivement la Charte constitutionnelle, nous voyons qu&rsquo;il y a plusieurs points qui expliquent comment son objectif central est de donner une l\u00e9gitimit\u00e9 au nouveau gouvernement des militaires et de la bourgeoisie locale contre les travailleurs et les pauvres.<\/p>\n<p>Examinons quelques exemples :<\/p>\n<p><strong><em>Chapitre 1 : Dispositions g\u00e9n\u00e9rales<\/em><\/strong><\/p>\n<p>*\u00a0\u00bbLa Constitution transitoire du Soudan de 2005 et les constitutions des provinces sont abrog\u00e9es, tandis que les lois promulgu\u00e9es en vertu de celle-ci restent en vigueur, \u00e0 moins qu&rsquo;elles ne soient abrog\u00e9es ou modifi\u00e9es\u00a0\u00bb. Autrement dit : ils suppriment la Constitution d&rsquo;El-B\u00e9chir, mais les lois restent en vigueur.<\/p>\n<p>* \u00ab\u00a0Les d\u00e9crets \u00e9mis \u00e0 partir du 11 avril 2019 et jusqu&rsquo;\u00e0 la date de signature de la pr\u00e9sente Charte constitutionnelle restent en vigueur sauf s&rsquo;ils sont r\u00e9voqu\u00e9s ou amend\u00e9s par le Conseil militaire de transition\u00a0\u00bb. Cela signifie que si les d\u00e9crets ne sont pas conformes aux int\u00e9r\u00eats militaires, ils seront r\u00e9voqu\u00e9s ou amend\u00e9s par le CMT.<\/p>\n<p><strong><em>Chapitre 2 : P\u00e9riode de transition<\/em><\/strong><\/p>\n<p>* (9) \u00ab\u00a0\u00c9tablir des m\u00e9canismes pour pr\u00e9parer la r\u00e9daction d&rsquo;une constitution permanente pour la R\u00e9publique du Soudan. (10) Organiser une conf\u00e9rence constitutionnelle nationale avant la fin de la p\u00e9riode de transition.\u00a0\u00bb Il est clair ici que la future constitution sera \u00e9labor\u00e9e \u00e0 huis clos et sans la participation des travailleurs et des pauvres. Il s&rsquo;agira d&rsquo;une constitution visant \u00e0 perp\u00e9tuer l\u00e9galement les abus du capitalisme arri\u00e9r\u00e9 et d\u00e9pendant du Soudan.<\/p>\n<p>* (12) Mettre en \u0153uvre des programmes de r\u00e9forme des organismes d&rsquo;\u00c9tat pendant la p\u00e9riode de transition, de mani\u00e8re \u00e0 refl\u00e9ter leur ind\u00e9pendance, leur patriotisme et la r\u00e9partition \u00e9quitable des chances en leur sein, sans modifier les conditions d&rsquo;aptitude et de comp\u00e9tence. La t\u00e2che de r\u00e9former les organes militaires est confi\u00e9e aux institutions militaires conform\u00e9ment \u00e0 la loi. Il est clair ici que la t\u00e2che de d\u00e9manteler ou de cr\u00e9er de nouveaux appareils r\u00e9pressifs reste la pr\u00e9rogative des militaires eux-m\u00eames. Le d\u00e9mant\u00e8lement du NISS (Service national de renseignement et de s\u00e9curit\u00e9) sera une d\u00e9cision des militaires, et la volont\u00e9 du peuple ne sera pas prise en consid\u00e9ration. La m\u00eame r\u00e8gle s&rsquo;appliquera \u00e0 la Force de soutien rapide (Janjawid).<\/p>\n<p>* (16) Former un comit\u00e9 d&rsquo;enqu\u00eate national ind\u00e9pendant, avec le soutien de l&rsquo;Afrique si n\u00e9cessaire, selon l&rsquo;\u00e9valuation du comit\u00e9 national, pour mener une enqu\u00eate transparente et approfondie sur les violations commises le 3 juin 2019 et les \u00e9v\u00e9nements et incidents au cours desquels les atteintes aux droits de l&rsquo;homme et \u00e0 la dignit\u00e9 de civils et de militaires ont \u00e9t\u00e9 commises. Les plus de 700 bless\u00e9s et la centaine de tu\u00e9s feront l&rsquo;objet d&rsquo;une enqu\u00eate par un comit\u00e9 nomm\u00e9 par les militaires du gouvernement eux-m\u00eames afin de d\u00e9terminer s&rsquo;il y a eu des violations des droits et de la dignit\u00e9 de civils et de militaires. Au terme de cette farce d&rsquo;investigation, sans pression populaire, on sait d\u00e9j\u00e0 qu&rsquo;on pourra lire que s&rsquo;il y a eu 100 morts et 700 bless\u00e9s, trois soldats ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 lapid\u00e9s. Et la grande conclusion sera : il y a eu des exc\u00e8s des deux c\u00f4t\u00e9s. Il ne reste plus qu&rsquo;\u00e0 se r\u00e9concilier &#8230;. avec les criminels.<\/p>\n<p><strong><em>Chapitre 4 : Conseil de souverainet\u00e9<\/em><\/strong><\/p>\n<p>La Charte constitutionnelle en vigueur l\u00e9galise tous les agissements permanents des militaires et des g\u00e9nocidaires au pouvoir.\u00a0 Regardons ce qu&rsquo;elle dit textuellement :<\/p>\n<p>[10] (a.) Le Conseil de souverainet\u00e9 est le chef de l&rsquo;\u00c9tat, le symbole de sa souverainet\u00e9 et de son unit\u00e9, et le commandant supr\u00eame des forces arm\u00e9es, des forces de soutien rapide et des autres forces en uniforme. Il est form\u00e9 par un accord entre le Conseil militaire de transition et les Forces de la libert\u00e9 et du changement.<\/p>\n<p>Pour consolider ce pouvoir, parmi les comp\u00e9tences et les pouvoirs du Conseil de souverainet\u00e9, figurent : la nomination du Premier ministre et de son cabinet; et s&rsquo;il peut nommer, il peut aussi r\u00e9voquer. En m\u00eame temps, il exerce le m\u00eame contr\u00f4le sur le Conseil l\u00e9gislatif de transition, le Conseil sup\u00e9rieur de la magistrature, sur les juges de la Cour supr\u00eame, le procureur g\u00e9n\u00e9ral du Conseil sup\u00e9rieur du parquet, l&rsquo;auditeur g\u00e9n\u00e9ral, etc.<\/p>\n<p>Nous pourrions continuer \u00e0 analyser la structure de pouvoir du gouvernement de Bourhan et de Hamdok et nous conclurons que tous les deux, comme El-B\u00e9chir, ils ont fait une Charte constitutionnelle pour se perp\u00e9tuer au pouvoir et gouverner pour la bourgeoisie locale et imp\u00e9rialiste. Afin de ne pas lasser le lecteur, nous nous arr\u00eaterons ici et vous invitons \u00e0 poursuivre ensemble l&rsquo;\u00e9tude du contenu de la Charte constitutionnelle.<\/p>\n<p><strong>Quelles sont les revendications du peuple ? Quelle est la r\u00e9ponse de la Charte constitutionnelle ?<\/strong><\/p>\n<p>La r\u00e9volte qui a commenc\u00e9 en d\u00e9cembre 2018, selon certains analystes, \u00e9tait due \u00e0 l&rsquo;augmentation du pain et de l&rsquo;essence. D&rsquo;autres expliquent que l&rsquo;inflation \u00e9tait de 122 % et qu&rsquo;elle \u00e9tait l&rsquo;une des plus \u00e9lev\u00e9es au monde. En r\u00e9alit\u00e9, selon nous, les mobilisations ont commenc\u00e9 parce que la population ne pouvait plus supporter de continuer \u00e0 vivre dans un pays riche en ressources naturelles et sans avoir aucun droit. Et plus encore, de vivre dans un pays contr\u00f4l\u00e9 par des g\u00e9nocidaires. La population savait ce qu&rsquo;elle ne voulait pas et avait une id\u00e9e de ce qu&rsquo;elle voulait. R\u00e9sumons certains de ces souhaits et ce qui est propos\u00e9 dans la Charte constitutionnelle, formul\u00e9e par le g\u00e9nocidaire Bourhan et par Hamdok, repr\u00e9sentant de la bourgeoisie nationale et imp\u00e9rialiste.<\/p>\n<p><strong><em>\u00c9ducation et sant\u00e9<\/em><\/strong> : Pour pouvoir parler de d\u00e9mocratie, il faut s&rsquo;assurer que la sant\u00e9 et l&rsquo;\u00e9ducation soient publiques, c&rsquo;est-\u00e0-dire le droit de tous, sans exception. Et surtout, elles doivent \u00eatre gratuites pour que tout le monde y ait acc\u00e8s. La Charte constitutionnelle ne parle pas de devoir et de l&rsquo;obligation qu&rsquo;elles soient publiques et gratuites.<\/p>\n<p>Dans le chapitre 14 de la Charte constitutionnelle, au point 64 (Droit \u00e0 la sant\u00e9) il est dit que : \u00ab\u00a0L&rsquo;\u00c9tat s&rsquo;engage \u00e0 fournir gratuitement des soins de sant\u00e9 primaires et des services d&rsquo;urgence \u00e0 tous les citoyens, \u00e0 d\u00e9velopper la sant\u00e9 publique et \u00e0 cr\u00e9er, d\u00e9velopper et d\u00e9velopper la qualification des institutions de diagnostic et de traitement de base.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>En d&rsquo;autres termes, l&rsquo;\u00c9tat \u00ab\u00a0s&rsquo;engage\u00a0\u00bb, mais n&rsquo;est pas oblig\u00e9 par la loi de fournir des soins de sant\u00e9. Et encore, cela concerne uniquement les soins primaires et d&rsquo;urgence. Pour les traitements plus complexes et les interventions chirurgicales, l&rsquo;\u00c9tat n&rsquo;a aucune obligation. De m\u00eame, il ne d\u00e9finit pas le pourcentage du Budget de l&rsquo;Union qui sera allou\u00e9 \u00e0 la sant\u00e9 et \u00e0 l&rsquo;\u00e9ducation. Et comme cette obligation n&rsquo;est pas d\u00e9finie dans le budget, le gouvernement d\u00e9pense ce qu&rsquo;il veut et ce qu&rsquo;il peut apr\u00e8s avoir pay\u00e9 la dette ext\u00e9rieure et les accords avec le FMI.<\/p>\n<p><strong><em>Restauration du Droit \u00e0 la terre<\/em><\/strong> : la dictature d&rsquo;El-B\u00e9chir et les militaires qui l&rsquo;entouraient ont construit de grandes entreprises mini\u00e8res, vendu des terres \u00e0 des \u00e9trangers et expuls\u00e9 les habitants de leurs terres ancestrales. Pour mettre fin \u00e0 la dictature d&rsquo;El-B\u00e9chir, les terres doivent \u00eatre restitu\u00e9es \u00e0 leurs anciens propri\u00e9taires. Or, la Charte constitutionnelle, chapitre 14 (Charte des droits et libert\u00e9s), au point 60 (Droit de propri\u00e9t\u00e9) le garantit : \u00ab\u00a0la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e ne peut \u00eatre appropri\u00e9e que par la force de la loi et dans l&rsquo;int\u00e9r\u00eat public, et moyennant une indemnisation juste et imm\u00e9diate. Les fonds priv\u00e9s ne peuvent \u00eatre confisqu\u00e9s qu&rsquo;en vertu d&rsquo;une d\u00e9cision de justice\u00a0\u00bb.\u00a0 En bref, les terres qui ont \u00e9t\u00e9 prises au moyen de l&rsquo;expulsion, de la violence et du g\u00e9nocide seront respect\u00e9es. Et ces mesures ne pourront \u00eatre remises en cause que par les tribunaux\u00a0; et si le tribunal nomm\u00e9 par le CMT, par quelque miracle divin, d\u00e9cide d&rsquo;exproprier, m\u00eame dans ce cas, leurs propri\u00e9taires actuels seront indemnis\u00e9s.<\/p>\n<p><strong><em>Souverainet\u00e9 nationale, FMI et lutte contre la faim<\/em><\/strong> : la question de la souverainet\u00e9 nationale est un th\u00e8me important de la Charte constitutionnelle. Dans le chapitre (Dispositions g\u00e9n\u00e9rales), il figure en bonne place et au point 4, il est dit : \u00ab\u00a0La souverainet\u00e9 appartient au peuple et est exerc\u00e9e par l&rsquo;\u00c9tat conform\u00e9ment aux dispositions de la Charte constitutionnelle, qui est la loi supr\u00eame du pays et dont les dispositions pr\u00e9valent sur les autres lois\u00a0\u00bb. La souverainet\u00e9 appartient au peuple : ce sont de belles paroles. Un pays souverain affirme : d&rsquo;abord nous nourrissons la population et ensuite nous payons (si tant est qu&rsquo;il le faille) la dette ext\u00e9rieure. Le gouvernement Bourhan-Handok, sans consulter le peuple, au m\u00e9pris de la souverainet\u00e9, a conclu un accord avec le FMI qui a port\u00e9 l&rsquo;inflation \u00e0 des niveaux sans pr\u00e9c\u00e9dent et a encore accru les souffrances du peuple. Le choix fait a \u00e9t\u00e9 le suivant : d&rsquo;abord le FMI, ensuite la nourriture pour le peuple. Est-ce cela, la souverainet\u00e9 ?<\/p>\n<p><strong>El-B\u00e9chir est parti tandis que ses hommes ont continu\u00e9. Le cas de la Kenana Sugar Company<\/strong><\/p>\n<p>Nous n&rsquo;avons aucun doute sur le fait que les militaires qui ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 des avantages de la dictature d&rsquo;El-B\u00e9chir sont toujours au pouvoir ou contr\u00f4lent les entreprises publiques et priv\u00e9es. La Charte constitutionnelle, au chapitre 2 (P\u00e9riode de transition), au point 3, dit : \u00ab\u00a0tenir les membres de l&rsquo;ancien r\u00e9gime responsables devant la loi de tous les crimes commis contre le peuple soudanais depuis le 30 juin 1989\u00a0\u00bb, et au point 6, r\u00e9affirme : \u00ab\u00a0\u0152uvrer \u00e0 la r\u00e9gularisation de la situation de ceux qui ont \u00e9t\u00e9 arbitrairement renvoy\u00e9s du service civil et militaire et s&rsquo;efforcer de r\u00e9parer les dommages subis, conform\u00e9ment \u00e0 la loi.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Les travailleurs de la Kenana Sugar Company se sont mis en gr\u00e8ve pour r\u00e9clamer \u00ab\u00a0des droits syndicaux fondamentaux, une augmentation des salaires pour compenser la hausse du co\u00fbt de la vie, le retrait de l&rsquo;entreprise des personnalit\u00e9s associ\u00e9es \u00e0 l&rsquo;ancien r\u00e9gime et la r\u00e9int\u00e9gration de 34 travailleurs licenci\u00e9s pour avoir particip\u00e9 au soul\u00e8vement contre le dictateur Omar El-B\u00e9chir\u00a0\u00bb<a href=\"#_edn2\" name=\"_ednref2\">[2]<\/a>.<\/p>\n<p>Il a fallu deux mois de gr\u00e8ve pour que les belles paroles de la Charte constitutionnelle rev\u00eatent quelque valeur.<\/p>\n<p><strong>Expropriation des entreprises appartenant aux militaires<\/strong><\/p>\n<p>Les trente ann\u00e9es de dictature ont permis la formation d&rsquo;une nouvelle bourgeoisie qui s&rsquo;est enrichie \u00e0 la pointe du fusil. Le journal de l\u2019<em>International Socialist League<\/em><a href=\"#_edn3\" name=\"_ednref3\">[3]<\/a> nous explique bien ce processus : \u00ab\u00a0<em>Sous El-B\u00e9chir, le g\u00e9n\u00e9ral Hamdan (Hemeti) et les g\u00e9n\u00e9raux de l&rsquo;arm\u00e9e sont devenus des magnats des affaires qui se sont empar\u00e9s de secteurs entiers de l&rsquo;\u00e9conomie<\/em>\u00ab\u00a0, d\u00e9clare Suliman Baldo du Projet Enough. \u00ab\u00a0<em>Ce n&rsquo;est pas seulement une question de pouvoir, c&rsquo;est une question d&rsquo;argent\u00a0\u00bb<\/em>, affirme-t-il.<em> \u00ab\u00a0Les commandants de l&rsquo;arm\u00e9e et Hemeti sont plong\u00e9s dans la corruption jusqu&rsquo;au cou &#8211; c&rsquo;est pourquoi ils ont une tol\u00e9rance z\u00e9ro pour un gouvernement civil au Soudan<\/em>\u00ab\u00a0, poursuit-il avant d&rsquo;expliquer que : \u00ab\u00a0<em>La guerre a enrichi le g\u00e9n\u00e9ral Hamdan, avec des int\u00e9r\u00eats dans les mines d&rsquo;or, la construction et m\u00eame une soci\u00e9t\u00e9 de location de limousines. Il compte parmi ses protecteurs Mohammed ben Salman, le prince h\u00e9ritier d&rsquo;Arabie saoudite.<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La Charte constitutionnelle, au chapitre 14 (Charte des droits et libert\u00e9s), admet la peine de mort. Au point 53, il est dit : \u00ab\u00a0La peine de mort ne peut \u00eatre inflig\u00e9e qu&rsquo;\u00e0 titre de ch\u00e2timent (qasas), de punition (hudud) ou de sanction pour des crimes extr\u00eamement graves, conform\u00e9ment \u00e0 la loi\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>La peine de mort est admise dans la Charte constitutionnelle, mais celle-ci ne comporte pas une seule ligne imposant l&rsquo;expropriation des biens r\u00e9sultant de la corruption ou du vol de biens et d&rsquo;actifs de l&rsquo;\u00c9tat soudanais.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;arm\u00e9e contr\u00f4le-t-elle la soci\u00e9t\u00e9 ou la soci\u00e9t\u00e9 contr\u00f4le-t-elle l&rsquo;arm\u00e9e ? Qui va dissoudre le NISS ? Et qui va r\u00e9ellement enqu\u00eater sur les crimes militaires contre la population ?<\/strong><\/p>\n<p>Historiquement, le r\u00f4le de l&rsquo;arm\u00e9e est celui de la d\u00e9fense contre l&rsquo;ennemi ext\u00e9rieur. Toutefois, apr\u00e8s plus de 30 ans de dictature militaire, l&rsquo;arm\u00e9e a d\u00e9vi\u00e9 de son objectif. Ce n&rsquo;est plus l&rsquo;ennemi ext\u00e9rieur mais l'\u00a0\u00bbennemi int\u00e9rieur\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire sa propre population. L&rsquo;exigence du retour des militaires dans les casernes est une n\u00e9cessit\u00e9 imp\u00e9rative. La Charte constitutionnelle, dans son chapitre 2 (p\u00e9riode de transition), exclut toute possibilit\u00e9 pour le peuple de contr\u00f4ler cet organe de l&rsquo;\u00c9tat capitaliste soudanais. Au point 12, nous lisons : \u00ab\u00a0la t\u00e2che de r\u00e9former les organes militaires est confi\u00e9e aux institutions militaires conform\u00e9ment \u00e0 la loi\u00a0\u00bb. Cela signifie que la fin du NISS (Service national de renseignement et de s\u00e9curit\u00e9) n&rsquo;aura pas lieu.<\/p>\n<p>Ni la fin du NISS, ni le proc\u00e8s impartial des militaires assassins et g\u00e9nocidaires. Dans le chapitre 11 (organismes en uniforme), il est question des tribunaux militaires, au point 37, il est indiqu\u00e9 que \u00ab\u00a0des tribunaux militaires peuvent \u00eatre \u00e9tablis pour les forces arm\u00e9es, les forces de soutien rapide, les forces de police et le service des renseignements g\u00e9n\u00e9raux afin de juger leurs membres pour des violations des lois militaires\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Une Charte constitutionnelle faite sans repr\u00e9sentants \u00e9lus par la population<\/strong><\/p>\n<p>La Charte constitutionnelle n&rsquo;est pas le fruit de d\u00e9bats, de d\u00e9lib\u00e9rations et de votes de la population. D\u00e8s l&rsquo;introduction de la Charte, on peut lire : \u00ab\u00a0Nous, le Conseil militaire de transition et les Forces de la libert\u00e9 et du changement, avons convenu de publier la Charte constitutionnelle suivante\u00a0\u00bb, ce qui signifie que la Charte constitutionnelle a \u00e9t\u00e9 \u00e9crite entre quatre murs et sans la pr\u00e9sence de ceux qui ont donn\u00e9 leur sueur, leur sang et leur vie pour la fin de la dictature et la d\u00e9mocratisation du pays.<\/p>\n<p><strong>La Charte constitutionnelle permet de faire la Constitution entre quatre murs<\/strong><\/p>\n<p>La Charte constitutionnelle pr\u00e9pare d\u00e9j\u00e0 un nouveau coup contre les revendications d\u00e9mocratiques en d\u00e9finissant que la prochaine Constitution sera faite pendant la p\u00e9riode de transition, c&rsquo;est-\u00e0-dire avec la dictature actuelle et sans consulter les travailleurs et la population.<\/p>\n<p>Cette d\u00e9cision est explicite dans le chapitre 2 (p\u00e9riode de transition) \u00e0 travers le point 9 : \u00ab\u00a0\u00e9tablir des m\u00e9canismes pour pr\u00e9parer la r\u00e9daction d&rsquo;une constitution permanente pour la R\u00e9publique du Soudan\u00a0\u00bb, et l&rsquo;approbation de la future Constitution aura lieu par le biais d&rsquo;une conf\u00e9rence convoqu\u00e9e par le gouvernement actuel, comme on peut le lire dans le point 10 : \u00ab\u00a0tenir une conf\u00e9rence constitutionnelle nationale avant la fin de la p\u00e9riode de transition\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Combiner la lutte pour la fin du gouvernement et la lutte pour l&rsquo;Assembl\u00e9e constituante.<\/strong><\/p>\n<p>Dans les rues et dans les luttes, les Comit\u00e9s de r\u00e9sistance de Khartoum ont d\u00e9j\u00e0 affirm\u00e9 : \u00ab\u00a0Nous promettons \u00e0 notre peuple, dans chaque ville et village, qu&rsquo;il n&rsquo;y aura ni retraite ni complaisance\u00a0\u00bb. Et ils ont \u00e9galement d\u00e9clar\u00e9 : \u00ab\u00a0Pas d&rsquo;accord, pas de compromis, pas de partenariat avec les criminels\u00a0\u00bb, faisant r\u00e9f\u00e9rence au haut commandement des forces arm\u00e9es et aux officiers dirigeants des Janjawids.<\/p>\n<p>Cette d\u00e9cision des Comit\u00e9s de r\u00e9sistance de Khartoum est correcte et doit \u00eatre soutenue. Mais un avertissement est de mise ici : attention, car nous pouvons vaincre ce gouvernement et en avoir un nouveau qui s&rsquo;appuie sur l&rsquo;actuelle Charte constitutionnelle. Pour cette raison, nous disons qu&rsquo;il est n\u00e9cessaire de lutter pour la fin du gouvernement et de conjuguer cela avec la lutte pour une Assembl\u00e9e Constituante.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;Assembl\u00e9e constituante doit \u00eatre : libre, d\u00e9mocratique et souveraine<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;Assembl\u00e9e constituante est le \u00ab\u00a0maximum que la soci\u00e9t\u00e9 bourgeoise puisse atteindre\u00a0\u00bb, selon L\u00e9on Trotsky. Pour que la future constitution remplisse les objectifs d&rsquo;imposer les conqu\u00eates importantes de la d\u00e9sormais vieille r\u00e9volution bourgeoise, elle doit d&rsquo;abord \u00eatre : libre, d\u00e9mocratique et souveraine.<\/p>\n<p>Libre signifie qu&rsquo;il faut d&rsquo;abord vaincre le gouvernement. Il ne peut y avoir aucune restriction au processus constitutionnel\u00a0: depuis son d\u00e9but, dans le choix des futurs d\u00e9put\u00e9s constituants et jusqu&rsquo;\u00e0 la signature de la nouvelle constitution.<\/p>\n<p>D\u00e9mocratique signifie que tout le monde peut y participer. Aucune restriction pour les partis et organisations qui, dans les luttes, ont vaincu El-B\u00e9chir. Libert\u00e9 pour tous les partis politiques, droit \u00e0 des candidatures ind\u00e9pendantes, droit de vote pour les personnes analphab\u00e8tes, les soldats et les migrants.<\/p>\n<p>Souveraine signifie que ses d\u00e9cisions ne pourront \u00eatre remises en question par aucun organe de l&rsquo;\u00c9tat soudanais capitaliste, arri\u00e9r\u00e9 et d\u00e9pendant.<\/p>\n<p><strong>Trois t\u00e2ches qui doivent \u00eatre pr\u00e9sentes \u00e0 l&rsquo;esprit de toute personne qui lutte<\/strong><\/p>\n<p>Toutes les personnes qui sont dans la rue, dans les syndicats, dans les organisations de r\u00e9sistance doivent avoir trois objectifs majeurs :<\/p>\n<p>a) Aucun accord, aucun compromis, aucun partenariat avec les criminels. A bas le gouvernement ;<\/p>\n<p>b) Appeler \u00e0 une Assembl\u00e9e Constituante libre, d\u00e9mocratique et souveraine ;<\/p>\n<p>bc) Avancer dans la construction d&rsquo;un gouvernement des travailleurs et des pauvres.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref1\" name=\"_edn1\">[1]<\/a> <a href=\"https:\/\/www.efe.com\/efe\/america\/mundo\/sudan-ya-tiene-una-constitucion-para-la-transicion\/20000012-4044824\">https:\/\/www.efe.com\/efe\/america\/mundo\/sudan-ya-tiene-una-constitucion-para-la-transicion\/20000012-4044824<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn2\">[2]<\/a> <a name=\"_ftn2\"><\/a><a href=\"https:\/\/menasolidaritynetwork.com\/2020\/09\/21\/urgent-call-out-for-solidarity-with-sudan-sugar-workers\/\">https:\/\/menasolidaritynetwork.com\/2020\/09\/21\/urgent-call-out-for-solidarity-with-sudan-sugar-workers\/<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref3\" name=\"_edn3\">[3]<\/a> <a href=\"https:\/\/litci.org\/pt\/sudao-a-revolucao-na-encruzilhada\/\">https:\/\/litci.org\/pt\/sudao-a-revolucao-na-encruzilhada\/<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>31 janvier 2022 Le renversement du gouvernement d&rsquo;El-B\u00e9chir a \u00e9t\u00e9 une importante bataille victorieuse. Les batailles, cependant, font toujours partie d&rsquo;une guerre. Cette guerre contre le gouvernement des militaires n&rsquo;est pas encore termin\u00e9e. La Constitution r\u00e9dig\u00e9e par la dictature install\u00e9e en 1989 a \u00e9t\u00e9 bricol\u00e9e avec la Charte constitutionnelle et rien n&rsquo;a chang\u00e9. 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