{"id":272,"date":"2010-07-20T00:00:00","date_gmt":"2010-07-20T00:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/litci.org\/fr\/2010\/07\/20\/haitibilan\/"},"modified":"2010-07-20T00:00:00","modified_gmt":"2010-07-20T00:00:00","slug":"haitibilan","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/litci.org\/fr\/haitibilan\/","title":{"rendered":"Ha\u00efti &#8211; Bilan"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\">\n\t<strong>Bilan global de la solidarit&eacute; apr&egrave;s le s&eacute;isme<br \/>\n\tPar Batay Ouvriye, Ha&iuml;ti<br \/>\n\t<\/strong><\/p>\n<p>\n\t<img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" align=\"left\" alt=\"Image\" height=\"486\" hspace=\"6\" mce_src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.litci.org\/fr\/images\/stories\/Autres\/bilanBO.jpg?resize=660%2C486\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.litci.org\/fr\/images\/stories\/Autres\/bilanBO.jpg?resize=660%2C486\" width=\"660\" data-recalc-dims=\"1\" \/><\/p>\n<p>\n\t<br \/>\n\tJuste apr&egrave;s le s&eacute;isme du 12 janvier 2010, nous recevions d&eacute;j&agrave; des messages de camarades et amis de tout type. Comme nous l&#39;avons toujours soulign&eacute;, la solidarit&eacute; est une attitude, un comportement de grande importance dans la lutte.<\/p>\n<p> <\/p>\n<p>\n\tNous avons toujours soulign&eacute; comment c&#39;est un composant essentiel dans la bataille, o&ugrave; l&#39;aspect politique actif est prioritaire, avec les discussions\/rapprochements sur la ligne, la strat&eacute;gie, la tactique&#8230; mais o&ugrave; l&#39;aspect de sympathie a aussi toute son importance.<br \/>\n\t&nbsp;<br \/>\n\tDans les jours qui ont suivi le s&eacute;isme, ce sont des questions et des inqui&eacute;tudes de tout type qui nous sont arriv&eacute;es dans les messages, le soutien, l&#39;appui. Nous ne pourrons jamais souligner assez, &agrave; quel point ces manifestations de solidarit&eacute; nous ont affect&eacute;es, nous ont aid&eacute;es. Quand, finalement, 5 ou 6 jours apr&egrave;s la catastrophe, nous parvenions entrer en communication, ces messages nous ont aid&eacute;s &agrave; nous r&eacute;veiller, &agrave; nous lever et &agrave; nous organiser de nouveau. Vraiment, nous ne savons pas o&ugrave; nous aurions &eacute;t&eacute; sans cet appui moral tellement d&eacute;terminant. C&#39;est pourquoi nous r&eacute;it&eacute;rons notre appr&eacute;ciation profonde de ce geste tellement spontan&eacute; et total.<br \/>\n\t&nbsp;<br \/>\n\tEn ce m&ecirc;me moment, &agrave; partir d&#39;un appel international que nous avons fait, des personnalit&eacute;s ou des organisations, en contact avec nous depuis quelque temps d&eacute;j&agrave;, ont commenc&eacute; &agrave; r&eacute;colter de l&#39;argent pour nous l&#39;envoyer sur notre compte bancaire en Ha&iuml;ti (voir notre site web concernant la quantit&eacute; que nous avons re&ccedil;u jusqu&#39;&agrave; pr&eacute;sent &#8211; www.batayouvriye.org). En outre, nous avons su, toujours par des messages email, que les donations ont &eacute;t&eacute; faites avec un enthousiasme particulier, surtout quand il s&#39;agissait des travailleurs. Ces gestes nous confirment que la solidarit&eacute; de classe est un sentiment humain majeur ! et qu&#39;il faut le consid&eacute;rer comme tel. C&#39;est pourquoi nous r&eacute;it&eacute;rons que nous n&#39;avons pas assez de mots pour remercier pour une telle relation, si ce n&#39;est en disant : de la part de ces camarades, cela ne nous surprend pas !<br \/>\n\t&nbsp;<br \/>\n\tC&#39;est &agrave; eux principalement, ainsi qu&#39;&agrave; nos amis de toujours, que nous adressons ce bilan\/rapport global de l&#39;utilisation de leur solidarit&eacute;, pour qu&#39;ils soient au courant de notre pratique r&eacute;cente apr&egrave;s la catastrophe du 12 janvier, pour qu&#39;ils comprennent son fonctionnement et continuent &agrave; collaborer avec nous dans cette t&acirc;che.<br \/>\n\t________________________________________________<br \/>\n\t&nbsp;<br \/>\n\tDans les premiers jours qui ont suivi le s&eacute;isme, en plus d&#39;&ecirc;tre sans &eacute;lectricit&eacute;, sans eau, sans transport&#8230; c&#39;est d&eacute;pourvus de communication que nous fonctionnions. Bien que quelques camarades aient fait de longues marches pour r&eacute;tablir le contact et avoir une vision collective sur telle ou telle chose, c&#39;est principalement de fa&ccedil;on individuelle que nos principaux militants ont agi. Concr&egrave;tement, aucun camarade n&#39;est mort et il n&#39;y en a que peu qui ont souffert des blessures graves (il y en a tout de m&ecirc;me) mais plusieurs camarades ont perdu leur maison et des parents. La plupart n&#39;avaient pas de quoi survivre par leurs propres moyens (nourriture, eau, mais aussi des m&eacute;dicaments, des soins&#8230;).<br \/>\n\t&nbsp;<br \/>\n\tTout comme la majorit&eacute; des gens du peuple, c&#39;est avec les ongles que nous fonctionnions. Dans ces premiers moments, beaucoup de camarades ont d&ucirc; emprunter, simplement pour survivre avec la famille, r&eacute;cup&eacute;rer ce qui restait dans les maisons d&eacute;truites (v&ecirc;tements, chaussures, documents&#8230;), s&#39;occuper des bless&eacute;s, retrouver les morts, les sortir de sous les d&eacute;combres, les enterrer&#8230; ainsi que pour aider d&#39;autres dans la m&ecirc;me situation, pour essayer, malgr&eacute; tout, d&#39;organiser un minimum, &agrave; partir de l&#39;exp&eacute;rience acquise dans la pratique en g&eacute;n&eacute;ral. La premi&egrave;re aide financi&egrave;re qui est arriv&eacute;e, a donc &eacute;t&eacute; destin&eacute;e &agrave; restituer les pr&ecirc;ts et &agrave; continuer plus ou moins &agrave; r&eacute;soudre ce qu&#39;on pouvait.<br \/>\n\t&nbsp;<br \/>\n\tLe second moment est arriv&eacute; avec la pr&eacute;occupation urgente de sortir de dessous les morceaux de drap ou de toile et d&#39;obtenir des maisons ou au moins des abris en t&ocirc;le. Notre pr&eacute;sence dans ce qui deviendra les campements s&#39;est av&eacute;r&eacute;e encore plus n&eacute;cessaire, non seulement pour y laisser tout notre appui mais aussi pour y d&eacute;velopper d&eacute;j&agrave; la pratique politique. Pour cela aussi, il a fallu de l&#39;argent : pour le transport (dont le prix, tout comme pour la nourriture, avait alors quadrupl&eacute; !), pour combattre concr&egrave;tement, pour parvenir &agrave; &eacute;tablir quelques campements de fa&ccedil;on un peu moins mauvaise. Quelques camarades, ne pouvant soutenir ce rythme de survie quotidienne, sont all&eacute;s dans les diff&eacute;rentes zones rurales d&#39;o&ugrave; ils provenaient, ce qui a encore co&ucirc;t&eacute; pas mal. Mais en y arrivant, leurs familles ne pouvaient pas non plus les soutenir et ils sont revenus. En r&eacute;sum&eacute; : cette p&eacute;riode se caract&eacute;rise par ses mouvements tr&egrave;s on&eacute;reux et souvent st&eacute;riles !<br \/>\n\t&nbsp;<br \/>\n\tQuand a commenc&eacute; &agrave; arriver en quantit&eacute; plus grande l&#39;&laquo; aide &raquo; imp&eacute;rialiste, un autre moment a commenc&eacute;, celui de la lutte ! Dans une &laquo; D&eacute;claration &raquo; ant&eacute;rieure, nous avons trait&eacute; d&eacute;j&agrave; des t&acirc;ches qui s&#39;imposaient et qui ont &eacute;t&eacute; accomplies. C&#39;est &agrave; partir de ce moment alors, gr&acirc;ce aux quantit&eacute;s plus substantielles que nous recevions, nous avons de nouveau fonctionn&eacute; de fa&ccedil;on ad&eacute;quate. Il y a eu des rencontres dans nos si&egrave;ges (bien que fort d&eacute;labr&eacute;s !), dans les campements, dans les quartiers qui tenaient encore debout, dans les zones rurales proches de Port-au-Prince qui pouvaient apporter un certain appui global &agrave; la situation dans la capitale, dans diff&eacute;rentes provinces o&ugrave; nous sommes implant&eacute;s pour les mettre en phase avec la r&eacute;alit&eacute; des lieux affect&eacute;s, tout cela afin de nous occuper, de nouveau de fa&ccedil;on unifi&eacute;e, de la sc&egrave;ne politique que nous commencions &agrave; aborder &agrave; &eacute;chelle nationale avant le s&eacute;isme. Ces efforts, au-del&agrave; des difficult&eacute;s qui subsistaient, ont fortifi&eacute; l&#39;organisation. De fait, l&#39;appui financier nous a permis de r&eacute;aliser deux rencontres nationales et plusieurs rencontres locales, ainsi que de commencer &agrave; entreprendre alors des mobilisations face &agrave; la situation globale.<br \/>\n\t&nbsp;<br \/>\n\tEn r&eacute;alit&eacute;, en faisant face de nouveau &agrave; la situation &eacute;conomique, politique, id&eacute;ologique et sociale globale, la mobilisation est venue toute seule : celle des campements du 28 avril, celle du Premier mai, celle du 18 mai. Cela repr&eacute;sente un ensemble de t&acirc;ches (y compris tous les d&eacute;tails qui les accompagnent : tracts, bulletins, affiches, banderoles, d&eacute;placements, concentrations, la solidarit&eacute; avec les organisations alli&eacute;es&#8230;) que nous avons pu assumer, dans leur ensemble, gr&acirc;ce &agrave; la solidarit&eacute; financi&egrave;re que nous recevions, gr&acirc;ce &agrave; cette solidarit&eacute; de classe qui nous a permis &#8211; peut-&ecirc;tre surtout &#8211; de rester fermes dans notre orientation fondamentale, avec notre capacit&eacute; organisationnelle r&eacute;cup&eacute;r&eacute;e. Dans ceci, il a &eacute;t&eacute; fondamental de mettre de nouveau sur pied notre capacit&eacute; de diffusion de nos interventions (laptop, risograph, photocopieuse, papier, encre, groupe &eacute;lectrog&egrave;ne, m&eacute;gaphone, syst&egrave;me de son&#8230; tout ce qui avait disparu ou avait &eacute;t&eacute; gravement d&eacute;t&eacute;rior&eacute;).<br \/>\n\t&nbsp;<br \/>\n\tCela a &eacute;t&eacute; un tr&egrave;s long chemin. En m&ecirc;me temps que nous devions diriger le financement de la lutte (dans tous ses aspects), nous devions encore aider les camarades et autres voisins (et, peu &agrave; peu, les nouveaux contacts, les nouveaux membres&#8230;) touch&eacute;s eux aussi, sans compter que dans quelques endroits les &eacute;coles commen&ccedil;aient &agrave; ouvrir de nouveau (ce qui signifie des uniformes, des livres..). Tout cela repr&eacute;sente d&#39;importants frais g&eacute;n&eacute;raux. C&#39;est en ce moment aussi que nous commencions &agrave; r&eacute;parer quelques maisons d&eacute;labr&eacute;es, les si&egrave;ges les plus importants en mauvais &eacute;tat, et les &eacute;coles que nous entretenions en milieu rural, &eacute;galement d&eacute;truites.<br \/>\n\t_______________________________________________<br \/>\n\t&nbsp;<br \/>\n\tSans avoir entr&eacute; dans les d&eacute;tails des diff&eacute;rentes activit&eacute;s ou t&acirc;ches que nous avons r&eacute;alis&eacute;es et que nous continuons &agrave; mettre sur pied, il s&#39;agit de montrer globalement l&#39;orientation que nous avons donn&eacute;e au financement re&ccedil;u. Aujourd&#39;hui se pr&eacute;sente un nouveau moment, celui de la d&eacute;nomm&eacute;e &laquo; reconstruction &raquo;. C&#39;est peut-&ecirc;tre, parmi tous, le plus complexe, le plus grave, le plus d&eacute;terminant pour l&#39;avenir du pays, pour la vie des travailleurs et des masses populaires en g&eacute;n&eacute;ral. Pour parvenir &agrave; lui faire face, une nouvelle compr&eacute;hension collective du camp du peuple doit se mat&eacute;rialiser. Pour parvenir &agrave; lui faire face pleinement, la solidarit&eacute; internationale doit rester aussi ferme que celle qui est arriv&eacute;e : une solidarit&eacute; politique active, ainsi que financi&egrave;re. C&#39;est pourquoi nous profitons de cette occasion pour r&eacute;it&eacute;rer notre appel, en m&ecirc;me temps que nous demandons &agrave; tous de continuer &agrave; se mobiliser avec nous, plus que jamais ! La lutte vient de commencer !<br \/>\n\t&nbsp;<br \/>\n\tAvant de conclure, nous voulons saluer le courage de nos camarades, et en m&ecirc;me temps, celui de nos alli&eacute;s qui, &eacute;galement touch&eacute;s, se sont lev&eacute;s de la m&ecirc;me mani&egrave;re et sont retourn&eacute;s &agrave; la lutte avec valeur. Ce sera, de fait, la seule mani&egrave;re qui nous permettra de sortir de la domination \/ exploitation \/ occupation-tutelle qui nous affecte tant aujourd&#39;hui et qui envisage de se perp&eacute;tuer au-del&agrave; de nos morts.<br \/>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">\n\t<br \/>\n\tPort-au-Prince, le 2 juillet 2010<br \/>\n\t&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bilan global de la solidarit&eacute; apr&egrave;s le s&eacute;isme Par Batay Ouvriye, Ha&iuml;ti Juste apr&egrave;s le s&eacute;isme du 12 janvier 2010, nous recevions d&eacute;j&agrave; des messages de camarades et amis de tout type. Comme nous l&#39;avons toujours soulign&eacute;, la solidarit&eacute; est une attitude, un comportement de grande importance dans la lutte. 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