{"id":2395,"date":"2021-08-29T08:21:41","date_gmt":"2021-08-29T06:21:41","guid":{"rendered":"https:\/\/litci.org\/fr\/?p=2395"},"modified":"2021-08-29T08:21:41","modified_gmt":"2021-08-29T06:21:41","slug":"polemique-que-faut-il-attendre-dun-eventuel-gouvernement-lula","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/litci.org\/fr\/polemique-que-faut-il-attendre-dun-eventuel-gouvernement-lula\/","title":{"rendered":"Pol\u00e9mique : Que faut-il attendre d\u2019un \u00e9ventuel gouvernement Lula?"},"content":{"rendered":"<p>Par Eduardo Almeida, paru dans Opiniao Socialista, journal du PSTU, section de la LIT-QI au Br\u00e9sil. \u00a0&#8211; 18\/08\/2021<\/p>\n<p>Le 1er janvier 2003. Lula pr\u00eatait serment en tant que pr\u00e9sident de la R\u00e9publique. Pour la premi\u00e8re fois, un dirigeant ouvrier arrivait au pouvoir. Un immense espoir animait les travailleurs et travailleuses de tout le pays.<\/p>\n<p>Comme vice-pr\u00e9sident, Lula a fait appel \u00e0 Jos\u00e9 Alencar, repr\u00e9sentant de la bourgeoisie industrielle. \u00c0 ce moment-l\u00e0, le PSTU a affirm\u00e9 que l&rsquo;alliance avec la bourgeoisie frustrerait les attentes des travailleurs. \u00c0 l&rsquo;\u00e9poque, peu de gens nous ont entendus. Mais, tout s&rsquo;est effectivement termin\u00e9 par une \u00e9norme frustration.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, \u00e0 nouveau, les espoirs de la majorit\u00e9 des travailleurs et de la jeunesse sont tourn\u00e9s vers Lula pour les \u00e9lections de 2022. On esp\u00e8re qu&rsquo;en janvier 2023, Lula \u00e9cartera du gouvernement un Bolsonaro d\u00e9test\u00e9, et changera les plans \u00e9conomiques n\u00e9olib\u00e9raux.<\/p>\n<p>Cependant, une fois de plus, Lula cherche un vice-pr\u00e9sident qui exprimera la pr\u00e9sence de la bourgeoisie dans son gouvernement. Cette fois, il veut une pr\u00e9sence du capital encore plus importante. Il a m\u00eame discut\u00e9 avec le PSDB et le PP. Lorsque nous contestons cette alliance avec la bourgeoisie, la r\u00e9ponse que nous entendons tr\u00e8s souvent est la m\u00eame : \u00ab\u00a0<em>tout est bon \u00e0 prendre pour battre Bolsonaro<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Alliances avec la bourgeoisie : la voie vers de nouvelles frustrations<\/strong><\/p>\n<p>Nous pr\u00e9conisons la plus grande unit\u00e9 d&rsquo;action dans la lutte pour renverser Bolsonaro, d\u00e8s maintenant, y compris avec les secteurs de la bourgeoisie qui sont pr\u00eats \u00e0 le faire. Mais cela est tr\u00e8s diff\u00e9rent d&rsquo;avoir un projet de gouvernement avec la bourgeoisie. Renverser Bolsonaro, c&rsquo;est ouvrir la possibilit\u00e9 d&rsquo;un changement. Former un gouvernement avec la bourgeoisie, c&rsquo;est poursuivre les plans \u00e9conomiques n\u00e9olib\u00e9raux contre les travailleurs, mais avec un autre visage.<\/p>\n<p>Au lieu d&rsquo;ajouter, l&rsquo;alliance avec la bourgeoisie diminue et soustrait. Elle oblige \u00e0 faire un gouvernement dans le cadre du programme bourgeois. Lula en a donn\u00e9 un exemple dans un message publi\u00e9 sur ses r\u00e9seaux sociaux le 26 juillet, dans une d\u00e9claration contre l&rsquo;imposition des grandes fortunes : \u00ab\u00a0<em>Le probl\u00e8me n&rsquo;est pas d&rsquo;imposer les grandes fortunes, car vous pouvez imposer les grandes fortunes et faire qu\u2019elles s&rsquo;envolent vers un autre pays<\/em>\u00a0\u00bb. Autrement dit, on ne peut faire que ce les grands hommes d&rsquo;affaires approuvent.<\/p>\n<p>Nous pouvons nous retrouver confront\u00e9s \u00e0 de nouvelles et grandes frustrations. C&rsquo;est de cela que nous voulons parler, en nous rappelant comment ont \u00e9t\u00e9 les gouvernements du Parti des travailleurs.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><strong>BILAN<\/strong><\/p>\n<p><strong>Souvenons-nous des premiers gouvernements du PT<\/strong><\/p>\n<p>Quand on fait un gouvernement dans les limites de l&rsquo;alliance avec la bourgeoisie, les possibilit\u00e9s se situeront \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de la r\u00e9alit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9conomie capitaliste. Dans les premiers gouvernements du PT, la r\u00e9alit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9conomie mondiale et br\u00e9silienne \u00e9tait tr\u00e8s diff\u00e9rente de la situation actuelle. Et cela a favoris\u00e9 le PT.<\/p>\n<p>Lula a pris ses fonctions en 2003, dans une situation de croissance de l&rsquo;\u00e9conomie mondiale, avant la grande r\u00e9cession internationale de 2007-09, avec un \u00ab\u00a0boom des mati\u00e8res premi\u00e8res\u00a0\u00bb (c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;explosion de la commercialisation d&rsquo;une vaste gamme de produits qui servent de mati\u00e8res premi\u00e8res, comme les produits agricoles et min\u00e9raux). Cela a permis des ann\u00e9es de croissance capitaliste au Br\u00e9sil, avec des taux de 4, 5 et 6% par an.<\/p>\n<p>Le gouvernement du PT a maintenu l&rsquo;ensemble du plan n\u00e9olib\u00e9ral et a fait de grands pas dans sa mise en \u0153uvre. En premier lieu, il a maintenu et \u00e9tendu toute la domination des banques dans le pays. Au cours des huit ann\u00e9es des gouvernements Lula, les b\u00e9n\u00e9fices des banques ont atteint 254,76 milliards de R$. Quatre fois plus que les 63,63 milliards de R$ des deux gouvernements Cardoso (1994-2002).\u00a0 En 2003, la dette publique envers les banques s&rsquo;\u00e9levait \u00e0 1,2 trillion de R$. M\u00eame si Lula et Dilma ont pay\u00e9 3,4 billions de R$, la dette a augment\u00e9 pour atteindre 4,3 billions de R$, selon l&rsquo;Institut latino-am\u00e9ricain d&rsquo;\u00e9tudes socio-\u00e9conomiques (Ilaese).<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a><\/p>\n<p>Lula avait raison quand il a dit, en 2016\u00a0: \u00ab\u00a0<em>les banquiers n&rsquo;ont jamais gagn\u00e9 autant d&rsquo;argent que pendant mon mandat<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-2397 aligncenter\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Lula_Bush-1.jpeg?resize=300%2C230\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"230\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Lula_Bush-1.jpeg?resize=300%2C230&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Lula_Bush-1.jpeg?resize=150%2C115&amp;ssl=1 150w, https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Lula_Bush-1.jpeg?w=640&amp;ssl=1 640w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" data-recalc-dims=\"1\" \/><\/p>\n<p><strong>Excellentes relations avec l&rsquo;imp\u00e9rialisme et le capital \u00e9tranger<\/strong><\/p>\n<p>Le PT a entretenu d&rsquo;excellentes relations avec l&rsquo;imp\u00e9rialisme. Il a s\u00e9rieusement approfondi la p\u00e9n\u00e9tration du capital \u00e9tranger, \u00e0 commencer par Petrobr\u00e1s. Avec la d\u00e9couverte du gisement du \u00ab\u00a0pr\u00e9-sal\u00a0\u00bb en 2008, Lula aurait pu avancer dans la consolidation d&rsquo;une Petrobr\u00e1s d\u00e9tenue \u00e0 100% par l&rsquo;\u00c9tat et l&rsquo;autosuffisance en p\u00e9trole. Il a fait le contraire : il a fait avancer la privatisation de l&rsquo;entreprise, initi\u00e9e par FHC, avec les 10<sup>e<\/sup> et 11<sup>e<\/sup> ventes aux ench\u00e8res du secteur p\u00e9trolier et l&rsquo;ouverture du capital social aux investisseurs \u00e9trangers.<\/p>\n<p>Les gouvernements du PT ont ouvert l&rsquo;\u00e9conomie aux multinationales. De 1993 \u00e0 2002, les multinationales ont transf\u00e9r\u00e9 47,1 milliards de dollars US vers leur si\u00e8ge social. Sous les gouvernements du Parti des travailleurs (PT), entre 2003 et 2015, ils ont envoy\u00e9 293 milliards de dollars. Pour compl\u00e9ter la soumission \u00e0 l&rsquo;imp\u00e9rialisme, Lula a r\u00e9pondu \u00e0 une demande de Bush et l&rsquo;arm\u00e9e br\u00e9silienne a command\u00e9 la Minustah, une force d&rsquo;occupation militaire \u00ab\u00a0onusienne\u00a0\u00bb en Ha\u00efti, au service des multinationales.<\/p>\n<p><strong>Pas de r\u00e9forme agraire<\/strong><\/p>\n<p>En ce qui concerne les campagnes, le bilan est impressionnant. Pas pour la r\u00e9forme agraire, comme l&rsquo;esp\u00e9raient les militants. Comme le disait en 2012 l\u2019insoup\u00e7onnable Jo\u00e3o Pedro Stedile : \u00ab\u00a0<em>Au cours des dix derni\u00e8res ann\u00e9es, il n&rsquo;y a pas eu de progr\u00e8s en termes de r\u00e9forme agraire. Au cours des dix derni\u00e8res ann\u00e9es, la concentration de la propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re a augment\u00e9. Pire\u00a0: elle s&rsquo;est m\u00eame concentr\u00e9e dans les mains d&rsquo;entreprises ext\u00e9rieures \u00e0 l&rsquo;agriculture et dans celles du capital \u00e9tranger<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Ce qui a progress\u00e9 dans les campagnes pendant les gouvernements du PT, c&rsquo;est l&rsquo;agrobusiness. Les grandes entreprises nationales et multinationales ont envahi les campagnes, produisant pour l&rsquo;exportation. Ce n&rsquo;est pas un hasard si K\u00e1tia Abreu, l&rsquo;un des plus grandes dirigeantes de la bourgeoisie agraire, est rest\u00e9 aux c\u00f4t\u00e9s de Dilma jusqu&rsquo;\u00e0 la fin, s&rsquo;exprimant au Congr\u00e8s contre sa destitution.<\/p>\n<p>Dilma Rousseff avec la dirigeante bourgeoise de l\u2019agrobusiness, K\u00e1tia Abreu.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-2398 aligncenter\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/dilam-katia-1.jpeg?resize=300%2C208\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"208\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/dilam-katia-1.jpeg?resize=300%2C208&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/dilam-katia-1.jpeg?resize=150%2C104&amp;ssl=1 150w, https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/dilam-katia-1.jpeg?resize=218%2C150&amp;ssl=1 218w, https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/dilam-katia-1.jpeg?w=640&amp;ssl=1 640w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" data-recalc-dims=\"1\" \/><\/p>\n<p><strong>Concessions<\/strong><\/p>\n<p>Lula et Dilma ont gouvern\u00e9 pour et avec le capital national et international. Mais sous les gouvernements de Lula, avec la croissance \u00e9conomique, il y a aussi eu des concessions aux secteurs les plus pauvres, comme la Bolsa Fam\u00edlia, qui a touch\u00e9 13,6 millions de personnes, et une petite augmentation du salaire minimum. La croissance \u00e9conomique a permis une augmentation de l&#8217;emploi, tandis que le ch\u00f4mage est rest\u00e9 \u00e0 des niveaux faibles, entre 4 et 5%.<\/p>\n<p>Cette combinaison de facteurs a cr\u00e9\u00e9 l&rsquo;impression d&rsquo;une \u00ab\u00a0am\u00e9lioration des conditions de vie des travailleurs\u00a0\u00bb, qui a \u00e9t\u00e9 largement exploit\u00e9e par le PT.<\/p>\n<p>Mais ce n&rsquo;est pas, comme le pr\u00e9tendait le PT, que les pauvres sont devenus une \u00ab\u00a0nouvelle classe moyenne\u00a0\u00bb. Comme l&rsquo;explique l&rsquo;Ilaese : \u00ab\u00a0<em>Sur les 21 millions de nouveaux emplois cr\u00e9\u00e9s entre 2000 et 2010 (la plupart pendant les deux mandats de Lula), 20 millions l&rsquo;ont \u00e9t\u00e9 dans le cadre du programme n\u00e9olib\u00e9ral de pr\u00e9carisation. De ce point de vue, contrairement \u00e0 la propagande officielle, la taille de la classe ouvri\u00e8re (surtout de ses secteurs qui gagnent moins) a augment\u00e9, et le poids des travailleurs de la \u00ab\u00a0classe moyenne\u00a0\u00bb, qui gagnent plus de cinq salaires minimums par mois, a diminu\u00e9.\u00a0<\/em>\u00bb <a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a><\/p>\n<p>Le PT a appliqu\u00e9 toute la recette n\u00e9olib\u00e9rale \u00e0 une \u00e9poque de croissance \u00e9conomique. Il a garanti la stabilit\u00e9 et des profits \u00e9lev\u00e9s pour la bourgeoisie pendant 14 ans, avec de petites concessions pour les travailleurs.<\/p>\n<p><strong>IMPEACHMENT<\/strong><\/p>\n<p><strong>La crise du gouvernement Dilma<\/strong><\/p>\n<p>Lorsque les conditions de vie se sont d\u00e9grad\u00e9es, la mont\u00e9e spontan\u00e9e des luttes en 2013 a explos\u00e9, causant l\u2019usure de tous les gouvernements, y compris celui de Dilma. C&rsquo;\u00e9tait le d\u00e9but d&rsquo;une \u00e9norme rupture entre les masses et le PT.<\/p>\n<p>Mais le PT est parvenu \u00e0 stabiliser \u00e0 nouveau la situation et Dilma a remport\u00e9 un second mandat. Puis est arriv\u00e9e la r\u00e9cession \u00e9conomique de 2015 (-3,5%) et de nouvelles attaques contre les travailleurs. L&rsquo;usure du PT a augment\u00e9, puis sont apparus les scandales de corruption. Dilma en est arriv\u00e9e \u00e0 \u00eatre rejet\u00e9e par 71% de la population, consid\u00e9rant son gouvernement comme mauvais ou tr\u00e8s mauvais, un taux plus \u00e9lev\u00e9 que celui de Bolsonaro aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p>La majorit\u00e9 de la bourgeoisie, qui s&rsquo;\u00e9tait tr\u00e8s bien entendue avec le PT pendant 14 ans, a rompu avec Dilma et a soutenu sa mise en accusation. Le PT ne disposait plus des bases n\u00e9cessaires pour pouvoir mettre en \u0153uvre les nouveaux plans de r\u00e9forme souhait\u00e9s par la bourgeoisie.<\/p>\n<p>La bourgeoisie a donc approuv\u00e9 l&rsquo;impeachment et mis au pouvoir le vice-pr\u00e9sident de Dilma Rousseff, Michel Temer. Le PT a construit une id\u00e9ologie selon laquelle il s&rsquo;agissait d&rsquo;un \u00ab\u00a0coup d&rsquo;\u00c9tat\u00a0\u00bb pour destituer Dilma, soi-disant parce que le PT \u00ab\u00a0d\u00e9fendait les droits des travailleurs\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>En v\u00e9rit\u00e9, les gouvernements du PT ont \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement au service de la mise en \u0153uvre des plans n\u00e9olib\u00e9raux. C\u2019est pourquoi ils se sont discr\u00e9dit\u00e9s aupr\u00e8s de la population et la bourgeoisie a pu imposer la destitution. Il n&rsquo;y aurait pas les conditions pour que la droite \u00e9carte le PT du pouvoir si Dilma avait encore eu le soutien des masses, comme lors des premiers gouvernements du PT.<\/p>\n<p>Avec l&rsquo;impeachment, il n&rsquo;y a pas eu de changement par rapport au r\u00e9gime d\u00e9mocratique bourgeois. S&rsquo;il y avait vraiment eu un coup d&rsquo;\u00c9tat, il y aurait eu un changement vers un r\u00e9gime r\u00e9pressif, vers une dictature. Mais cela ne s&rsquo;est pas produit.<\/p>\n<p>L&rsquo;impeachment a \u00e9t\u00e9 une man\u0153uvre parlementaire de la droite (la m\u00eame droite qui a soutenu le PT pendant 14 ans, avec le m\u00eame Centr\u00e3o<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a> qui soutient aujourd&rsquo;hui Bolsonaro), car la bourgeoisie n&rsquo;avait plus besoin du PT pour gouverner. Parce que Dilma n&rsquo;avait plus la force d&rsquo;appliquer les r\u00e9formes, m\u00eame si elle \u00e9tait d&rsquo;accord avec celles-ci. \u00c0 tel point que la r\u00e9forme des retraites, appliqu\u00e9e ensuite par Temer, a \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9e dans le gouvernement de Dilma.<\/p>\n<p>\u00c0 ce moment-l\u00e0, le PSTU, \u00e0 juste titre, n&rsquo;a pas pris la d\u00e9fense du gouvernement bourgeois de Dilma, ni soutenu la man\u0153uvre d&rsquo;intronisation de Temer. Il a d\u00e9fendu le mot d&rsquo;ordre \u201cTous dehors!\u201d<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>ALERTE<\/strong><\/p>\n<p><strong>Gouverner dans l&rsquo;unit\u00e9 avec la bourgeoisie, c&rsquo;est entretenir la mis\u00e8re des travailleurs.<\/strong><\/p>\n<p>Faire le bilan des gouvernements du PT a une raison d&rsquo;\u00eatre : nous voulons alerter les militants, en particulier dans la jeunesse, sur ce qui pourrait se passer sous un \u00e9ventuel nouveau gouvernement Lula.<\/p>\n<p>Le projet de gouvernement d\u00e9j\u00e0 annonc\u00e9 par le PT comprend des alliances avec la majorit\u00e9 de la bourgeoisie internationale et nationale. Lula va s&rsquo;adapter aux limites du capital, \u00e0 un moment bien plus d\u00e9favorable qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de ses premiers gouvernements. La r\u00e9alit\u00e9 post\u00e9rieure aux r\u00e9cessions de 2007-09 et de 2020 est celle d\u2019une croissance an\u00e9mique, avec des attaques beaucoup plus dures contre les droits des travailleurs.<\/p>\n<p>Pendant les premiers gouvernements Lula, l&rsquo;\u00e9conomie \u00e9tait en croissance et le ch\u00f4mage \u00e9tait faible. Aujourd&rsquo;hui, les projections indiquent une croissance \u00e9conomique de 1,9 % en 2022; et le taux de ch\u00f4mage est de 14,6 %, selon l&rsquo;IBGE. M\u00eame avec le boom actuel des mati\u00e8res premi\u00e8res, il est peu probable que cette situation s&rsquo;inverse.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00a0\u00ab\u00a0Annuaire statistique de l&rsquo;Ilaese 2021\u00a0\u00bb, qui doit \u00eatre rendu public, montre que la r\u00e9alit\u00e9 est bien pire, avec 23,36% de la population sans emploi et 17,14% avec un emploi pr\u00e9caire. Autrement dit, plus de 40% de la population fait partie de l&rsquo;arm\u00e9e industrielle de r\u00e9serve.<\/p>\n<p>La bourgeoisie a profit\u00e9 de la pand\u00e9mie pour d\u00e9t\u00e9riorer massivement les conditions de vie des travailleurs<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>. Temer et Bolsonaro ont impos\u00e9 les r\u00e9formes des retraites et du droit du travail au Congr\u00e8s.<\/p>\n<p>Telle est la r\u00e9alit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9conomie mondiale et nationale. Et les perspectives sont toujours celles d&rsquo;une aggravation. Avec les progr\u00e8s de l&rsquo;industrie 4.0, de l&rsquo;internet 5G, de l&rsquo;intelligence artificielle, le ch\u00f4mage devrait augmenter beaucoup plus. Les tendances sont \u00e0 l&rsquo;amplification de la d\u00e9sindustrialisation relative, \u00e0 la d\u00e9nationalisation de l&rsquo;\u00e9conomie et \u00e0 une plus grande pr\u00e9carit\u00e9 des relations de travail.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;y a aucun moyen de changer cette situation sans une rupture avec l&rsquo;imp\u00e9rialisme et la bourgeoisie nationale. Il n&rsquo;y a m\u00eame pas moyen de revenir \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque des premiers gouvernements Lula sans affrontements avec la grande bourgeoisie.<\/p>\n<p>Et Lula n&rsquo;est pas dispos\u00e9 \u00e0 le faire. Il veut faire entrer dans son gouvernement les m\u00eames secteurs de la bourgeoisie qui ont \u00e9t\u00e9 avec Bolsonaro. Y compris les parlementaires du Centr\u00e3o, qui l&rsquo;ont soutenu dans le pass\u00e9 et pourraient le faire \u00e0 nouveau.<\/p>\n<p>Pour ceux qui en doutent, il suffit de voir si les d\u00e9clarations de Lula vont dans le sens de la restructuration d&rsquo;Eletrobras et de la Poste. Ou \u00e0 l&rsquo;abrogation des r\u00e9formes du droit du travail et des retraites.<\/p>\n<p>La logique est la m\u00eame derri\u00e8re son refus de taxer les grandes fortunes. Cela signifie limiter les mesures \u00e0 d&rsquo;\u00e9ventuels accords avec le grand capital.<\/p>\n<p>Le plan de Lula, en substance, consiste \u00e0 revenir \u00e0 une version am\u00e9lior\u00e9e de la Bolsa Fam\u00edlia, qui est une recommandation de la Banque mondiale pour tous les gouvernements, et qui est maintenant appliqu\u00e9e par les gouvernements de \u00ab\u00a0gauche\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0droite\u00a0\u00bb du monde entier, y compris Bolsonaro. Cela ne changera pas le pays. Cela n&rsquo;apportera que des frustrations suppl\u00e9mentaires.<\/p>\n<p>Le Br\u00e9sil a besoin d&rsquo;une rupture avec le capital. Il doit avancer vers une r\u00e9volution socialiste, pour \u00e9viter la barbarie qui se d\u00e9veloppe. Pour cela, divers militants et le PSTU poussent \u00e0 la formation d&rsquo;un P\u00f4le Socialiste et R\u00e9volutionnaire pour intervenir dans les luttes directes pour renverser Bolsonaro, d\u00e8s maintenant, et aussi pour les \u00e9lections. Nous n&rsquo;acceptons pas la logique de gouverner dans l&rsquo;unit\u00e9 avec la bourgeoisie pour maintenir la mis\u00e8re des travailleurs.<\/p>\n<p>Dans le prochain num\u00e9ro, nous ferons le point sur les politiques du PT \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des femmes, des Noirs et des personnes LGBTI, ainsi que sur ses mesures en mati\u00e8re d&rsquo;environnement.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> O legado do PT no governo (2003-2016): um balan\u00e7o em perspectiva hist\u00f3rica\u201d, Ilaese, 2019.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Um balan\u00e7o cr\u00edtico do governo do PT\u201d, Ilaese (avec des textes de Nazareno Godeiro, Erika Andreassi et Daniel Romero. Disponible sur <a href=\"https:\/\/www.pstu.org.br\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/cartilha_Ilaese_governopetista_versao_web.pdf\">https:\/\/www.pstu.org.br\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/cartilha_Ilaese_governopetista_versao_web.pdf<\/a>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> \u00a0Centr\u00e3o\u00a0: \u00ab\u00a0grand centre\u00a0\u00bb\u00a0; c\u2019est ainsi qu\u2019au Br\u00e9sil, on appelle l\u2019ensemble de partis et de parlementaires assez peu affirm\u00e9s id\u00e9ologiquement, et qui forme une masse droiti\u00e8re et souvent tr\u00e8s opportuniste.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> L\u2019expression d\u2019origine (\u00ab\u00a0<em>passar a boiada<\/em>\u00a0\u00bb) est difficilement traduisible. Elle a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e r\u00e9cemment par Ricardo Salles, ministre de l\u2019environnement, faisant controverse.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Eduardo Almeida, paru dans Opiniao Socialista, journal du PSTU, section de la LIT-QI au Br\u00e9sil. \u00a0&#8211; 18\/08\/2021 Le 1er janvier 2003. Lula pr\u00eatait serment en tant que pr\u00e9sident de la R\u00e9publique. Pour la premi\u00e8re fois, un dirigeant ouvrier arrivait au pouvoir. Un immense espoir animait les travailleurs et travailleuses de tout le pays. Comme [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":9,"featured_media":2396,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false},"categories":[3523,3534,3506],"tags":[],"jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/77-lula-jose-alencar-rampa-fhc-696x457-1-1.jpg?fit=696%2C457&ssl=1","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2395"}],"collection":[{"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/9"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2395"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2395\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2396"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2395"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2395"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2395"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}