{"id":2365,"date":"2021-08-02T18:40:17","date_gmt":"2021-08-02T16:40:17","guid":{"rendered":"https:\/\/litci.org\/fr\/?p=2365"},"modified":"2021-08-02T18:40:17","modified_gmt":"2021-08-02T16:40:17","slug":"des-emeutes-et-des-pillages-en-quete-de-nourriture-font-tourner-la-roue-de-lhistoire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/litci.org\/fr\/des-emeutes-et-des-pillages-en-quete-de-nourriture-font-tourner-la-roue-de-lhistoire\/","title":{"rendered":"AFRIQUE DU SUD: Des \u00e9meutes et des pillages en qu\u00eate de nourriture font tourner la roue de l&rsquo;histoire."},"content":{"rendered":"<p>Ces derniers mois, l&rsquo;Afrique subsaharienne a \u00e9t\u00e9 secou\u00e9e par de nombreuses luttes. Luttes des jeunes et de la population au Zimbabwe, au Nigeria, au S\u00e9n\u00e9gal, au Swaziland. Gr\u00e8ves des travailleurs au Kenya et en Guin\u00e9e. L&rsquo;Afrique du Sud, dirig\u00e9e et \u00e9troitement contr\u00f4l\u00e9e depuis 27 ans par le consortium CNA\/COSATU\/Parti communiste, semblait immunis\u00e9e contre cette vague de luttes. Les contradictions se sont accumul\u00e9es et la col\u00e8re est mont\u00e9e d&rsquo;en bas et a explos\u00e9 sous la forme de pillages, d&rsquo;incendies et d&rsquo;affrontements avec la police. Dans ce texte, nous tenterons d&rsquo;expliquer l&rsquo;apr\u00e8s-apartheid et la mani\u00e8re dont le pays a \u00e9t\u00e9 gouvern\u00e9 au cours de ces ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Cesar Neto<\/p>\n<p><strong><em>Mandela, le grand n\u00e9gociateur<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Nelson Mandela a pass\u00e9 27 ans en prison. Il chapeautait les luttes du mouvement noir, il a \u00e9t\u00e9 contraint \u00e0 l&rsquo;exil et a particip\u00e9 \u00e0 plusieurs mouvements de lib\u00e9ration en Afrique. Accus\u00e9 d&rsquo;appartenir \u00e0 un mouvement de gu\u00e9rilla pour vaincre l&rsquo;apartheid, il a \u00e9t\u00e9 emprisonn\u00e9 et condamn\u00e9.[1]<\/p>\n<p>Lorsque la bourgeoisie blanche et les imp\u00e9rialistes ont r\u00e9alis\u00e9 qu&rsquo;il \u00e9tait n\u00e9cessaire de garantir la gouvernabilit\u00e9 du pays et de contr\u00f4ler les mobilisations, ils ont eu recours aux bons offices de Mandela.<\/p>\n<p>En 1987, toujours sous le gouvernement bonapartiste, raciste et ultraconservateur de Pietr Botha, Mandela a \u00e9tabli une ligne de dialogue avec le gouvernement par l&rsquo;interm\u00e9diaire du ministre de la Justice de l&rsquo;\u00e9poque, Kobie Coetsee. Il y a eu plus de 11 r\u00e9unions en l&rsquo;espace de trois ans. En ce sens, on consid\u00e8re que n\u00e9gocier avec le gouvernement Botha, dans un contexte de mont\u00e9e des luttes de plus en plus radicalis\u00e9es, serait comme n\u00e9gocier avec le r\u00e9gime de Videla, de M\u00e9dici, de Pinochet et d&rsquo;autres dictateurs.<\/p>\n<p><strong><em>La fin n\u00e9goci\u00e9e de l&rsquo;apartheid<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Il n&rsquo;y a pas de doutes que la fin de l&rsquo;apartheid a \u00e9t\u00e9 le fruit des luttes. La bourgeoisie sud-africaine et l&rsquo;imp\u00e9rialisme lui-m\u00eame ont jou\u00e9 toutes leurs cartes dans les n\u00e9gociations. Ils savaient que la situation devenait ingouvernable, et en outre, il y avait un immense sentiment de solidarit\u00e9 internationale qui effrayait aussi les capitalistes. Un immense accord \u00e9tait donc en train de se construire.<\/p>\n<p>Lors de r\u00e9unions successives entre Mandela et le repr\u00e9sentant du dictateur Pietr Botha, il fut convenu de lib\u00e9rer les prisonniers politiques, de l\u00e9galiser le parti CNA (Congr\u00e8s National Africain) et de renoncer \u00e0 d\u00e9fendre un gouvernement \u00e0 majorit\u00e9 noire. Outre ces mesures politiques, des mesures \u00e9conomiques ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 n\u00e9goci\u00e9es, telles que le transfert sans restriction des b\u00e9n\u00e9fices des transnationales du secteur minier et de l&rsquo;\u00e9nergie, l&rsquo;ouverture du march\u00e9 aux importations de biens et de produits, et l&rsquo;assouplissement des r\u00e8gles financi\u00e8res.<\/p>\n<p>En 1989, Pietr Botha fut \u00e9cart\u00e9 du gouvernement en raison d&rsquo;une \u00ab\u00a0maladie grave\u00a0\u00bb. La maladie \u00e9tait si grave qu&rsquo;il est mort 18 ans plus tard \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 90 ans. En fait, Botha est parti pour laisser entrer son vice-pr\u00e9sident De Klerk, plus apte \u00e0 piloter la transition bourgeoise, moins us\u00e9 et donc plus apte \u00e0 n\u00e9gocier. La n\u00e9gociation comprenait, bien s\u00fbr, une issue politique et d&rsquo;autres concessions \u00e0 la bourgeoisie. En 1993, Mandela et De Klerk ont re\u00e7u ensemble le prix Nobel de la paix.<\/p>\n<p><strong><em>La d\u00e9sindustrialisation<\/em><\/strong><\/p>\n<p>En 1978, l&rsquo;ONU avait vot\u00e9 un blocus \u00e9conomique afin de faire pression pour la fin de l&rsquo;apartheid. Les transactions financi\u00e8res et commerciales entre les \u00c9tats membres des Nations unies et l&rsquo;Afrique du Sud \u00e9taient interdites. La bourgeoisie locale avait d\u00e9velopp\u00e9 alors une grande industrie nationale et les biens produits \u00e9taient consomm\u00e9s par le march\u00e9 int\u00e9rieur. Lors des n\u00e9gociations men\u00e9es par Mandela et son \u00e9quipe, il fut convenu de mettre fin au blocus impos\u00e9 par les Nations unies et d&rsquo;ouvrir l&rsquo;\u00e9conomie, avec un libre \u00e9change de marchandises. De ce fait, la fragile bourgeoisie locale n&rsquo;a pas pu r\u00e9sister \u00e0 la concurrence, de nombreuses entreprises ont ferm\u00e9 et d&rsquo;autres ont fait directement faillite. Ainsi, l&rsquo;Afrique du Sud s&rsquo;est d\u00e9sindustrialis\u00e9e et a entam\u00e9 un profond processus de ch\u00f4mage.<\/p>\n<p><strong><em>Une concession g\u00e9ante \u00e0 des soci\u00e9t\u00e9s mini\u00e8res \u00e9trang\u00e8res<\/em><\/strong><\/p>\n<p>En juillet 2010, la Banque centrale d&rsquo;Afrique du Sud a instaur\u00e9 une nouvelle amnistie pour la fuite ill\u00e9gale des capitaux. Cette amnistie a permis, en fait, de pardonner le transfert ill\u00e9gal de b\u00e9n\u00e9fices, depuis 1974 et au-del\u00e0 du d\u00e9but du gouvernement Mandela, jusqu&rsquo;en 2007, pour un montant total \u00e9quivalent \u00e0 50 milliards de US$. Selon la Banque centrale (BC) d&rsquo;Afrique du Sud, il s&rsquo;agissait d&rsquo;un premier pas vers une lib\u00e9ralisation compl\u00e8te des flux de transferts de capitaux. \u00ab\u00a0<em>Cette fuite de capitaux n&rsquo;est pas nouvelle, mais elle s&rsquo;est consid\u00e9rablement aggrav\u00e9e depuis l&rsquo;abolition de l&rsquo;apartheid. En pourcentage du PIB, elle est pass\u00e9e d&rsquo;une moyenne de 5,4\u00a0% par an entre 1980 et 1993 \u00e0 9,2\u00a0% entre 1994 et 2000, puis \u00e0 12\u00a0% en moyenne entre 2001 et 2007, pour finalement atteindre le chiffre vertigineux de 20\u00a0% en 2007.\u00a0\u00bb<\/em>[2]<\/p>\n<p><strong><em>Les crimes de la bourgeoisie blanche pardonn\u00e9s<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Il y avait beaucoup de haine de la part de la population noire contre les Blancs racistes. Dans le cadre d&rsquo;une sortie honorable, une commission de v\u00e9rit\u00e9 fut mise en place pour enqu\u00eater sur les crimes racistes. Cette <em>Commission V\u00e9rit\u00e9 et R\u00e9conciliation<\/em> fut cr\u00e9\u00e9e dans le cadre d&rsquo;un processus totalement n\u00e9goci\u00e9. Par exemple, un ouvrier d\u00e9nonce des crimes raciaux, le bourgeois reconna\u00eet le crime et dit que le Noir aussi a commis un tel crime. Ainsi, l&rsquo;objectif ultime \u00e9tant la <em>r\u00e9conciliation<\/em>, les deux parties reconnaissaient leurs erreurs et on passait \u00e0 autre chose. Desmond Tutu, l&rsquo;\u00e9v\u00eaque anglican qui a remport\u00e9 le prix Nobel de la paix, se penchait sur la table, pleurait et d\u00e9clarait le pardon pour tous\u00a0! Plut\u00f4t que le prix Nobel de la paix, on aurait peut-\u00eatre d\u00fb lui accorder l&rsquo;Oscar de l&rsquo;acteur.<\/p>\n<p><strong><em>Le meurtre de Chris Hani et le pompier<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Chris Hani \u00e9tait le leader le plus populaire de la CNA apr\u00e8s Mandela. Fin 1991, il a pris la t\u00eate du Parti communiste compos\u00e9 d&rsquo;une base sociale jeune et plus radicalis\u00e9e contre l&rsquo;apartheid. En raison de sa place \u00e0 la t\u00eate de cette base sociale, Chris Hani a souvent \u00e9t\u00e9 trait\u00e9 comme un rival par les ailes plus mod\u00e9r\u00e9es du CNA et par le Parti communiste lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>Le 10 avril 1993, presque \u00e0 la fin de l&rsquo;apartheid, Chris Hani a \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9. C&rsquo;\u00e9tait une \u00e9poque de nombreuses r\u00e9voltes et il \u00e9tait possible qu&rsquo;avec l&rsquo;assassinat il y aurait une explosion sociale. Alors, ce ne fut pas le pr\u00e9sident De Klerk, mais Mandela, qui est pass\u00e9 \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision ce soir-l\u00e0 pour \u00e9teindre le feu et demander \u00e0 la nation de se calmer.<\/p>\n<p><strong><em>Les cons\u00e9quences de la d\u00e9sindustrialisation<\/em><\/strong><\/p>\n<p>La d\u00e9sindustrialisation qui a suivi l&rsquo;apartheid a entra\u00een\u00e9 la fermeture d&rsquo;une centaine d&rsquo;usines et les anciens entrep\u00f4ts sont devenus des d\u00e9p\u00f4ts de marchandises import\u00e9es. Les emplois cr\u00e9\u00e9s l&rsquo;ont toujours \u00e9t\u00e9 dans les services, le tourisme, le commerce et la finance. Les emplois industriels et connexes \u00e0 grande \u00e9chelle ont disparu.<\/p>\n<p>Ch\u00f4mage : Aujourd&rsquo;hui, les taux de ch\u00f4mage sont alarmants. Avant la pand\u00e9mie, il \u00e9tait d&rsquo;environ 35\u00a0%. Pendant la pand\u00e9mie, 70\u00a0% des jeunes \u00e9taient au ch\u00f4mage et ces jeunes repr\u00e9sentent 40\u00a0% de la population.<\/p>\n<p>Assouplissement des droits du travail\u00a0: Pour lutter contre le ch\u00f4mage, au fil des ans, le gouvernement a utilis\u00e9 diverses astuces pour tenter de calmer les ch\u00f4meurs. L&rsquo;une de ces mesures consistait \u00e0 assouplir les droits du travail. Selon le gouvernement, en assouplissant les droits, l&#8217;embauche deviendrait moins ch\u00e8re et de nombreux emplois seraient cr\u00e9\u00e9s. Le r\u00e9sultat de cette politique est une pr\u00e9carit\u00e9 totale, des travailleurs embauch\u00e9s \u00e0 la journ\u00e9e, et dans des conditions de travail terribles. Au Cap, dans le quartier o\u00f9 se trouvent les usines textiles, \u00e0 l&rsquo;heure du d\u00eener, on voit des centaines de femmes assises sur le caniveau, partageant une miche de pain avec de l&rsquo;avocat et une boisson gazeuse. C&rsquo;est le d\u00eener de la classe ouvri\u00e8re dans de nombreux secteurs.<\/p>\n<p>La s\u00e9curit\u00e9 sociale est d\u00e9mantel\u00e9e. On voit des hommes et des femmes tr\u00e8s \u00e2g\u00e9s travailler dans des services inhumains pour leur \u00e2ge et avec beaucoup de souffrance.<\/p>\n<p>La destruction des syndicats fait partie de la politique de contr\u00f4le et de domestication de la classe ouvri\u00e8re. Pour mener \u00e0 bien cette politique fut cr\u00e9\u00e9 le NEDLAC (National Economic Development and Labour Council), un organe tripartite o\u00f9 si\u00e8gent le gouvernement, le patronat et les syndicats. La d\u00e9cision des travailleurs de se mettre en gr\u00e8ve doit \u00eatre approuv\u00e9e par le NEDLAC. Si cet organe tripartite est contre la gr\u00e8ve, il ne peut y avoir de gr\u00e8ve, et si elle a lieu, elle est consid\u00e9r\u00e9e comme ill\u00e9gale. En cas de mouvement de gr\u00e8ve, le COSATU (Congress of South African Trade Unions &#8211; Congr\u00e8s des syndicats sud-africains), qui fait partie du gouvernement, doit donc avoir le soutien du gouvernement lui-m\u00eame et des patrons. La volont\u00e9 des travailleurs ne pr\u00e9vaut pas.<\/p>\n<p>Cela fait 27 ans que le consortium CNA\/COSATU\/PC n&rsquo;a pas innov\u00e9 dans la tromperie et le contr\u00f4le des travailleurs. Ils ont d\u00e9j\u00e0 assoupli les droits du travail, ils ont d\u00e9truit les syndicats, ils ont promis la cr\u00e9ation de nouveaux emplois sans y donner suite\u00a0; il ne reste plus qu&rsquo;\u00e0 bl\u00e2mer les \u00e9trangers pour le manque d&#8217;emplois. L&rsquo;\u00c9tat sud-africain m\u00e8ne donc de mani\u00e8re consciente une politique x\u00e9nophobe \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des \u00e9trangers et pratique des actes de barbarie afin de masquer sa propre incomp\u00e9tence face \u00e0 la crise du syst\u00e8me capitaliste.[3]<\/p>\n<p><strong><em>La faillite de la Nation Arc-en-ciel, les divisions inter-bourgeoises et les divisions dans le bloc CNA\/COSATU\/PC<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Le mod\u00e8le d&rsquo;accumulation capitaliste en Afrique du Sud est bas\u00e9 sur le <em>Complexe Min\u00e9ral-\u00c9nerg\u00e9tique<\/em>, avec un taux \u00e9lev\u00e9 d&rsquo;exploitation des travailleurs. Y dominent plusieurs entreprises fortement financ\u00e9es par l&rsquo;\u00c9tat, dans l&rsquo;exploitation de l&rsquo;\u00e9nergie et des min\u00e9raux bruts ou semi-transform\u00e9s tels que l&rsquo;or, les diamants, l&rsquo;acier, le charbon, le fer et l&rsquo;aluminium.<\/p>\n<p>Ce complexe min\u00e9ral-\u00e9nerg\u00e9tique reposait sur la financiarisation des activit\u00e9s productives, combinant entr\u00e9es de capitaux \u00e0 court terme et fuite de capitaux vers des centres offshore (paradis fiscaux), en concentrant en Afrique du Sud uniquement l&rsquo;exploration des min\u00e9raux. Ce mod\u00e8le a g\u00e9n\u00e9r\u00e9 une forme de croissance rabougrie, sans emplois, avec une pauvret\u00e9 persistante pour la majorit\u00e9 de la population et une augmentation du niveau de vie pour une petite minorit\u00e9, g\u00e9n\u00e9rant de nouvelles \u00e9lites, une bourgeoisie noire<\/p>\n<p>La crise de 2007-2008 a \u00e9t\u00e9 le point de non-retour de ce mod\u00e8le, qui s&rsquo;est aggrav\u00e9 avec la crise de 2019 et est devenu insupportable avec la pand\u00e9mie du Covid 19. La crise \u00e9conomique qui s&rsquo;\u00e9tait d\u00e9velopp\u00e9e depuis avant 2007 a fait ainsi un saut qualitatif et s&rsquo;est transform\u00e9e en crise politique.<\/p>\n<p><strong><em>CNA\/COSATO\/PC\u00a0: un v\u00e9ritable parti-\u00c9tat<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Avant de parler de la crise politique, il y a lieu de souligner la nature du bloc gouvernemental compos\u00e9 par le CNA\/COSATU\/PC. Dans ce bloc, on pourrait dire que le CNA ressemble \u00e0 l&rsquo;ancien PRI au Mexique, dans la mesure o\u00f9 il a le contr\u00f4le total de l&rsquo;\u00c9tat et de ses institutions (l\u00e9gislatif, judiciaire, arm\u00e9e et police). En ce sens, nous pouvons caract\u00e9riser le CNA comme un <em>parti-\u00c9tat<\/em>.<\/p>\n<p><strong><em>L&rsquo;impeachment de Zuma et l&rsquo;aggravation de la crise du bloc CNA\/COSATO\/PC<\/em><\/strong><\/p>\n<p>La crise politique qui a conduit \u00e0 la destitution de Jacob Zuma est une cons\u00e9quence directe de la crise capitaliste mondiale, de l&rsquo;\u00e9puisement du mod\u00e8le bas\u00e9 sur le Complexe Min\u00e9ral-\u00c9nerg\u00e9tique, et surtout des mobilisations qui se sont d\u00e9velopp\u00e9es notamment chez les jeunes (#feemustfall et #rhodesmustfall) et des gr\u00e8ves ouvri\u00e8res explosives qui ont \u00e9chapp\u00e9 aux griffes de la bureaucratie syndicale et du NEDLAC.<\/p>\n<p>L&rsquo;alliance m\u00eame sous laquelle Zuma a dirig\u00e9 le pays a soumis \u00e0 votation au Congr\u00e9s national l&rsquo;impeachment de celui-ci. Il s&rsquo;agissait d&rsquo;un processus similaire \u00e0 celui de Dilma au Br\u00e9sil, avec deux caract\u00e9ristiques qui lui sont propres. Au Br\u00e9sil, l&rsquo;impeachment fut orchestr\u00e9 par les partis d&rsquo;opposition alors qu&rsquo;en Afrique du Sud ce fut par l&rsquo;alliance au pouvoir. Et d&rsquo;autre part, dans le pays d&rsquo;Am\u00e9rique du Sud, la gauche r\u00e9formiste a dit que c&rsquo;\u00e9tait un coup d&rsquo;\u00c9tat, alors qu&rsquo;en Afrique du Sud, la gauche r\u00e9formiste a applaudi.<\/p>\n<p>L&rsquo;impeachment de Zuma par Ramaphosa a \u00e9t\u00e9 la d\u00e9claration de guerre entre les factions. La fissure dans le bloc CNA\/COSATU\/PC s&rsquo;est clairement ouverte et les cons\u00e9quences de cette guerre annonc\u00e9e allaient \u00eatre visibles dans les ann\u00e9es suivantes.<\/p>\n<p><strong><em>Zuma refuse de se pr\u00e9senter au tribunal. Condamn\u00e9 pour outrage \u00e0 magistrat.<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Les ann\u00e9es de gouvernement de Zuma ont \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9es par de nombreuses all\u00e9gations de corruption. Plus de 700 accusations ont \u00e9t\u00e9 port\u00e9es devant les tribunaux et class\u00e9es sans suite. Apr\u00e8s la destitution, les tribunaux et le gouvernement Ramaphosa ont tenu d&rsquo;innombrables audiences pour tenter de sauver la face, y compris des heures et des heures diffus\u00e9es en direct \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision. La population a ainsi \u00e9t\u00e9 gagn\u00e9e contre \u00ab\u00a0la part pourrie\u00a0\u00bb qui, selon les r\u00e9cits, avait \u00ab\u00a0captur\u00e9 l&rsquo;\u00c9tat\u00a0\u00bb pour faire des affaires illicites.<\/p>\n<p>Lorsque la bande de Ramaphosa s&rsquo;est sentie suffisamment renforc\u00e9e, elle a convoqu\u00e9 Jacob Zuma pour qu&rsquo;il t\u00e9moigne. La bande de celui-ci et lui-m\u00eame ont ignor\u00e9 la convocation. Dans la foul\u00e9e, le tribunal a alors condamn\u00e9 Zuma \u00e0 quinze mois de prison pour outrage\u00a0; il ne restait plus qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;arr\u00eater. Zuma s&rsquo;est enferm\u00e9 dans sa maison et a organis\u00e9 des groupes, dont certains arm\u00e9s, pour le d\u00e9fendre contre une arrestation. Et lorsque la corr\u00e9lation des forces a commenc\u00e9 \u00e0 lui devenir d\u00e9favorable, sans issue, il s&rsquo;est pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 la police.<\/p>\n<p>Avant de se pr\u00e9senter \u00e0 la police, Zuma a essay\u00e9 de tirer de la manche une lettre et de dire qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;un probl\u00e8me racial contre le peuple zoulou (dont lui et Mandela sont originaires). La lettre le pla\u00e7ait ainsi dans la cat\u00e9gorie des pers\u00e9cut\u00e9s et rapprochait son image de celle de Mandela.<\/p>\n<p><strong><em>Des incendies et des pillages dans les magasins d&rsquo;immigr\u00e9s<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Il n&rsquo;y a pas de doute que les premiers pillages ont \u00e9t\u00e9 initi\u00e9s par des lumpens sur ordre du gang de Zuma. L&rsquo;id\u00e9e initiale \u00e9tait d&rsquo;attaquer les petites entreprises des \u00e9trangers immigr\u00e9s \u00c0 Johannesburg, la plupart des magasins attaqu\u00e9s \u00e9taient tenus par des immigr\u00e9s du Pakistan, du Bangladesh, d&rsquo;\u00c9thiopie et de Somalie, comme le rapporte le Forum de la Diaspora Africaine.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>Samedi vers minuit, nous avons re\u00e7u un appel nous informant que des magasins de migrants \u00e9taient pill\u00e9s \u00e0 Jeppestown. Nous sommes arriv\u00e9s ici ce matin et nous pouvons voir qu&rsquo;il y a eu d&rsquo;immenses d\u00e9g\u00e2ts<\/em>\u00a0\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 Amir Sheikh, qui est \u00e9galement un dirigeant du Conseil communautaire somalien.[4]<\/p>\n<p><strong><em>Les masses, affam\u00e9es et terrifi\u00e9es par la troisi\u00e8me vague de Covid, sont all\u00e9es au combat.<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;origine, comme nous l&rsquo;avons dit plus haut, le pillage a \u00e9t\u00e9 encourag\u00e9 par le gang de Zuma. Mais les masses ont commenc\u00e9 \u00e0 y participer d\u00e8s le d\u00e9but, affam\u00e9es \u00e0 cause de la structure capitaliste et les cons\u00e9quences des crises \u00e9conomiques mondiales de 2007-2008 et de 2019 qui les ont plong\u00e9es dans la pauvret\u00e9, et victimes en outre d&rsquo;un nouveau lockdown de quatorze jours, sans aucune compensation financi\u00e8re et avec beaucoup de r\u00e9pression polici\u00e8re.<\/p>\n<p>Dans les vid\u00e9os successives qui ont circul\u00e9 sur les r\u00e9seaux sociaux, on voit la population dire clairement\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Je suis ici, mais ce n&rsquo;est pas pour Zuma ni pour Ramaphosa. Je suis ici pour chercher de la nourriture pour moi et ma famille<\/em>.\u00a0\u00bb Pour mieux comprendre cette d\u00e9claration, il est bon de garder \u00e0 l&rsquo;esprit ce qui suit\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>La malnutrition, c&rsquo;est-\u00e0-dire la faim, dans la deuxi\u00e8me \u00e9conomie d&rsquo;Afrique, est le miroir de la barbarie capitaliste. Selon le Sanhanes <\/em>[acronyme anglais pour l&rsquo;Enqu\u00eate nationale sur la sant\u00e9 et la nutrition en Afrique du Sud] <em>de 2013, 26\u00a0% de la population \u00e9tait effectivement confront\u00e9e \u00e0 la faim, et 28\u00a0% \u00e9tait \u00e0 risque. La malnutrition due \u00e0 la faim est g\u00e9n\u00e9ralement associ\u00e9e \u00e0 l&rsquo;insuffisance pond\u00e9rale, mais elle peut aussi conduire au surpoids ou \u00e0 l&rsquo;ob\u00e9sit\u00e9. En Afrique du Sud, 26,5\u00a0% des enfants sont de petite taille, et 68,3\u00a0% des femmes sud-africaines de plus de 20 ans sont en surpoids, dont 42\u00a0% sont ob\u00e8ses\u00a0; pour les hommes, les taux sont de 35\u00a0% en surpoids et 12\u00a0% d&rsquo;entre eux sont ob\u00e8ses<\/em>.\u00a0\u00bb [5]<\/p>\n<p>La production et la distribution capitalistes des aliments sont contr\u00f4l\u00e9es par de grandes entreprises, les latifundia et une poign\u00e9e de soci\u00e9t\u00e9s g\u00e9antes qui d\u00e9terminent la disponibilit\u00e9, le prix, la qualit\u00e9, la s\u00e9curit\u00e9 et la valeur nutritionnelle des aliments consomm\u00e9s par tous les Sud-Africains. Ces producteurs et distributeurs de denr\u00e9es alimentaires constituent un puissant groupe de pression qui influence activement la politique gouvernementale.<\/p>\n<p>Dans la fabrication et la transformation, quelques grandes entreprises dominent le secteur, notamment Foodcorp, Pioneer Foods, Tiger Brands, Premier Foods et Nestl\u00e9 S.A. La Commission de la Concurrence a enqu\u00eat\u00e9 sur la fa\u00e7on dont le prix du pain, du bl\u00e9 et du ma\u00efs \u00e9tait fix\u00e9 par des cartels qui fonctionnent depuis des ann\u00e9es. Tiger Brands, Pioneer Foods, Foodcorp et Premier Foods ont \u00e9t\u00e9 reconnus coupables de manipuler les prix en leur faveur.<\/p>\n<p>Dans le secteur de la distribution alimentaire au d\u00e9tail, seuls cinq d\u00e9taillants (Shoprite, Pick&rsquo;n Pay, Spar, Massmart et Woolworths) d\u00e9tiennent plus de 65\u00a0% du march\u00e9 formel. Par ailleurs, 32\u00a0% de la distribution est partag\u00e9e par le secteur commercial <em>informel<\/em>, y compris les petits grossistes r\u00e9gionaux, les biroscas dans les townships et les vendeurs de rue. Le processus de concentration de la distribution alimentaire via les grands supermarch\u00e9s permet \u00e0 ces entreprises de vendre plus cher, de promouvoir des aliments transform\u00e9s de mauvaise qualit\u00e9 nutritionnelle, de briser les petits d\u00e9taillants et de d\u00e9truire les vendeurs informels. C&rsquo;est la concentration du capital dans quelques mains qui produit davantage de pauvret\u00e9, de ch\u00f4mage, d&#8217;emplois informels et de faim\u00a0!<\/p>\n<p>Dans ces pillages, nous prenons parti. Nous sommes du c\u00f4t\u00e9 des masses affam\u00e9es, contre la bourgeoisie monopoliste, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse des producteurs ou des grands supermarch\u00e9s qui contr\u00f4lent la distribution, le prix et la qualit\u00e9 de la nourriture.<\/p>\n<p><strong><em>Avec les masses, contre Zuma et Ramaphosa<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Apr\u00e8s 27 ans au pouvoir (depuis mai 1994), on ne peut pas dire que le consortium du Congr\u00e8s National Africain, le Cosatu et le Parti communiste d&rsquo;Afrique du Sud n&rsquo;est pas responsable du chaos dans lequel se trouve le pays. Ils sont \u00e9galement responsables d&rsquo;avoir retir\u00e9 les masses de la rue, d&rsquo;avoir garanti la gouvernabilit\u00e9 \u00e0 la bourgeoisie et d&rsquo;avoir appliqu\u00e9 tous les plans n\u00e9olib\u00e9raux rejet\u00e9s par nous tous.<\/p>\n<p>Jacob Zuma, qui a gouvern\u00e9 de mai 2009 \u00e0 f\u00e9vrier 2018, a continu\u00e9 \u00e0 appliquer et \u00e0 approfondir les politiques susmentionn\u00e9es. Pour cette seule raison, il est d\u00e9j\u00e0 \u00e0 consid\u00e9rer comme un ennemi des travailleurs et du peuple pauvre. En outre, c&rsquo;est un personnage corrompu qui a form\u00e9 un v\u00e9ritable gang pour d\u00e9valiser les caisses de l&rsquo;\u00c9tat, et se pla\u00e7ant au-dessus du bien et du mal, il a refus\u00e9 de se pr\u00e9senter devant les tribunaux pour r\u00e9pondre aux accusations.<\/p>\n<p>Cyril Ramaphosa, l&rsquo;actuel pr\u00e9sident, gouverne depuis f\u00e9vrier 2018, avec la m\u00eame politique du CNA\/COSATU\/PC, aggrav\u00e9e par les privatisations d&rsquo;actifs nationaux\u00a0: au d\u00e9but de la pand\u00e9mie, il a permis aux entreprises de contracter des pr\u00eats garantis par l&rsquo;\u00c9tat sud-africain. Pour les ch\u00f4meurs et les affam\u00e9s, il a ordonn\u00e9 un confinement sans aucune forme d&rsquo;aide. Ramaphosa est \u00e9galement connu sous le nom de <em>Boucher de Marikhana<\/em>. Dans cette localit\u00e9, il y a eu une violente r\u00e9pression contre la gr\u00e8ve des travailleurs de la <em>London Miners<\/em> (Lomin), entra\u00eenant la mort de 34 travailleurs.[6] Le fait est devenu une commotion nationale, et Jacob Zuma, alors Pr\u00e9sident, a nomm\u00e9 une commission d&rsquo;enqu\u00eate, qui a d\u00e9couvert un courriel de Cyril Ramaphosa autorisant le massacre.<\/p>\n<p>Nous n&rsquo;avons pas de bandit pr\u00e9f\u00e9r\u00e9\u00a0: ni Zuma, ni Ramaphosa. Tout le pouvoir aux travailleurs. Il est clair que le CNA a impos\u00e9 pendant 27 ans une politique de famine contre le peuple pauvre et la classe ouvri\u00e8re. Nous devons donc chasser ce gouvernement. Pour un gouvernement de la classe travailleuse.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><em>Zuma doit payer pour ses crimes de corruption.<\/em><\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><em>Ramaphosa doit payer pour ses crimes \u00e0 Marikhana et sa corruption.<\/em><\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><em>Aucune confiance dans le gouvernement CNA\/COSATO\/PC<\/em><\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><em>Pour une Afrique du Sud sans x\u00e9nophobie<\/em><\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><em>Expropriation et nationalisation des grands groupes de production et de distribution de denr\u00e9es alimentaires.<\/em><\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><em>Fourniture d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 gratuite pour les travailleurs et les ch\u00f4meurs.<\/em><\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><em>Pour une Afrique du Sud contr\u00f4l\u00e9e par les travailleurs.<\/em><\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>_______________<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>[1] Le groupe de gu\u00e9rilla fut cr\u00e9\u00e9 \u00e0 partir de juin 1961. Le CNA est rest\u00e9 formellement attach\u00e9 \u00e0 la non-violence, mais ses principaux dirigeants op\u00e9raient au sein de <em>uMkhonto we Sizwe<\/em> (lance de la nation &#8211; connu sous le nom de MK), de <em>Zul<\/em>u et de <em>Xhosa.<\/em><\/p>\n<p>[2] Sam Ashman, Ben Fine &amp; Susan Newman, <em>Amnesty International? The Nature, Scale and Impact of Capital Flight from South Africa <\/em>&#8211; Journal of Southern African Studies, Vol. 37, mars 2011.<\/p>\n<p>[3] <em>La nation de l&rsquo;Arc-en-ciel cr\u00e9\u00e9e par Mandela commet des actes de barbarie contre des Noirs immigrants<\/em> &#8211; <a href=\"https:\/\/litci.org\/pt\/64345-2\/\">https:\/\/litci.org\/pt\/64345-2\/<\/a><\/p>\n<p>[4] <a href=\"https:\/\/www.aa.com.tr\/en\/africa\/violence-over-ex-presidents-jailing-hits-south-africas-largest-city\/2301166\">https:\/\/www.aa.com.tr\/en\/africa\/violence-over-ex-presidents-jailing-hits-south-africas-largest-city\/2301166<\/a><\/p>\n<p>[5] Adriana Gomes Santos (org) <em>\u00c1frica: colonialismo, genoc\u00eddio e repara\u00e7\u00e3o<\/em>. S\u00e3o Paulo : Sundermann, 2019, p. 114<\/p>\n<p>[6] Concernant le massacre de Marikhana, voir le documentaire de 2014 <em>Miners Shot Down &#8211; Marikana Massacre<\/em>&#8211; <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=g2GbCoKioEs\">https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=g2GbCoKioEs<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ces derniers mois, l&rsquo;Afrique subsaharienne a \u00e9t\u00e9 secou\u00e9e par de nombreuses luttes. Luttes des jeunes et de la population au Zimbabwe, au Nigeria, au S\u00e9n\u00e9gal, au Swaziland. Gr\u00e8ves des travailleurs au Kenya et en Guin\u00e9e. L&rsquo;Afrique du Sud, dirig\u00e9e et \u00e9troitement contr\u00f4l\u00e9e depuis 27 ans par le consortium CNA\/COSATU\/Parti communiste, semblait immunis\u00e9e contre cette vague [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":9,"featured_media":2366,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false},"categories":[3503,3512],"tags":[],"jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/litci.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/afrique-sud072021.jpg?fit=695%2C346&ssl=1","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2365"}],"collection":[{"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/9"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2365"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2365\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2366"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2365"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2365"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/litci.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2365"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}