{"id":206,"date":"2014-12-26T00:00:00","date_gmt":"2014-12-26T00:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/litci.org\/fr\/2014\/12\/26\/le-phenomene-podemos-est-il-l-progressiste-r\/"},"modified":"2014-12-26T00:00:00","modified_gmt":"2014-12-26T00:00:00","slug":"le-phenomene-podemos-est-il-l-progressiste-r","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/litci.org\/fr\/le-phenomene-podemos-est-il-l-progressiste-r\/","title":{"rendered":"Le ph\u00e9nom\u00e8ne Podemos est-il \u00ab progressiste \u00bb ?"},"content":{"rendered":"<p>\n\t<img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" align=\"left\" alt=\"\" border=\"0\" height=\"173\" hspace=\"6\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.litci.org\/fr\/images\/image\/ESPAGNE\/20141226-podemos.jpg?resize=240%2C173\" vspace=\"4\" width=\"240\" data-recalc-dims=\"1\" \/><\/p>\n<h3>\n\tLe ph&eacute;nom&egrave;ne <em>Podemos<\/em> est-il &laquo;&nbsp;progressiste&nbsp;&raquo;&nbsp;?<small><small><i><br \/>\n\t<\/i><\/small><\/small><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tLe fait que le parti <em>Podemos,<\/em> en Espagne, et la coalition <em>Syriza<\/em>, en Gr&egrave;ce, pourraient gagner les &eacute;lections dans leur pays, et de ce fait arriver au gouvernement, a &eacute;t&eacute; amplement relay&eacute; dans la presse internationale ces derni&egrave;res semaines. <br \/>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;La nouvelle n&#39;a fait qu&#39;accentuer le caract&egrave;re de &laquo;&nbsp;stars&nbsp;&raquo; que ces courants politiques ont actuellement dans la gauche mondiale. C&#39;est le cas, en particulier, pour <em>Podemos<\/em>, qui a atteint rapidement 100&nbsp;000 affiliations et dont la page Facebook d&eacute;passe maintenant les 900&nbsp;000 adeptes. Beaucoup de travailleurs et de secteurs populaires, en Espagne et dans le monde entier, ont une grande sympathie pour cette organisation.<\/p>\n<p> <\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tL&#39;impact est si grand que m&ecirc;me des organisations ou des militants qui se consid&egrave;rent comme de la &laquo;&nbsp;gauche r&eacute;volutionnaire&nbsp;&raquo; partagent cet enthousiasme.<br \/>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;Cette sympathie s&rsquo;explique par l&#39;image de <em>Podemos<\/em> en tant que &laquo;&nbsp;le nouveaux, contre le vieux&nbsp;&raquo;, et plus pr&eacute;cis&eacute;ment, en tant qu&#39;&laquo;&nbsp;h&eacute;ritier des <em>Indignados<\/em>&nbsp;&raquo; (ainsi que du d&eacute;nomm&eacute; <em>Mouvement 15M<\/em>), le grand processus de mobilisation populaire qui secoua l&#39;Etat espagnol en 2011 et 2012 et fut connu dans le monde entier.<br \/>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;Mais qu&#39;en est-il&nbsp;? <em>Podemos<\/em> est-il vraiment l&#39;h&eacute;ritier politique du mouvement des <em>Indignados<\/em>&nbsp;? Nous pensons que ce n&#39;est pas le cas. Bien que leurs bases sociales soient tr&egrave;s similaires, pour nous, le mouvement des <em>Indignados<\/em> &eacute;tait un processus tr&egrave;s progressiste dans son ensemble, alors que <em>Podemos<\/em> est un ph&eacute;nom&egrave;ne r&eacute;gressif qui vise &agrave; an&eacute;antir le sens du <em>Mouvement 15M<\/em>.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\">\n\t<em>Indignados<\/em>&nbsp;: un processus tr&egrave;s progressiste<\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tNous affirmons que le mouvement des <em>Indignados<\/em> &eacute;tait un processus tr&egrave;s progressiste dans son ensemble pour plusieurs raisons. Tout d&#39;abord, il s&#39;est construit sur la mobilisation des masses, qui &eacute;tait le centre de son action. Deuxi&egrave;mement, il avan&ccedil;ait un programme correct de revendications populaires. Troisi&egrave;mement, cela repr&eacute;sentait &ndash; bien que de fa&ccedil;on un peu confuse &ndash; une forte d&eacute;nonciation du r&eacute;gime monarchique qui domine l&#39;Etat espagnol et des liens de ce r&eacute;gime (etde ses principales forces politiques, le PP et le PSOE) avec le pouvoir &eacute;conomique. Il entrait en fait en conflit avec les institutions bourgeoises.<br \/>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;Il y avait l&agrave; un &eacute;l&eacute;ment tr&egrave;s contradictoire. D&#39;une part, sa revendication de &laquo;&nbsp;d&eacute;mocratie de masses&nbsp;&raquo; face aux appareils bureaucratiques et verticalistes &ndash; tels que les syndicats UGT et CC.OO. ou les organisations politiques soi-disant &laquo;&nbsp;de gauche&nbsp;&raquo; comme le PSOE et Gauche Unie &ndash; &eacute;tait tr&egrave;s positive. Ces organisations ont globalement &eacute;t&eacute; complices du pouvoir politique et &eacute;conomique (depuis la chute de Franco en 1976) et l&#39;ont aid&eacute; &agrave; faire passer ses f&eacute;roces plans d&#39;ajustement, et elles ont emp&ecirc;ch&eacute; une plus ample r&eacute;action populaire et du monde du travail. Dans ces circonstances, la revendication de la lutte et de la d&eacute;mocratie de masses soufflait un vent d&#39;air frais.<br \/>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;En m&ecirc;me temps toutefois, cette juste revendication &eacute;tait accompagn&eacute;e de l&#39;illusion qu&#39;il suffisait de &laquo;&nbsp;radicaliser la d&eacute;mocratie&nbsp;&raquo; &agrave; travers des assembl&eacute;es populaires pour affronter le pouvoir et changer les choses.<br \/>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;Et le mouvement avait finalement aussi un aspect franchement n&eacute;gatif&nbsp;: il confondait les appareils syndicaux avec la classe ouvri&egrave;re&nbsp;; il refusait d&#39;int&eacute;grer les travailleurs organis&eacute;s (la force sociale centrale d&#39;une lutte contre le pouvoir politique et &eacute;conomique de la bourgeoisie)&nbsp;; et il revendiquait la construction d&#39;un mouvement collectif compos&eacute; exclusivement de &laquo;&nbsp;citoyens individuels&nbsp;&raquo; plut&ocirc;t que de secteurs sociaux.<br \/>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;Cet aspect s&#39;est manifest&eacute;, par la n&eacute;gative, lors de la <em>Marche noire<\/em> de juillet 2012, quand diverses organisations appelaient &agrave; soutenir les mineurs des Asturies (h&eacute;ritiers des meilleures traditions de lutte ouvri&egrave;re dans le pays) qui d&eacute;filaient &agrave; Madrid en d&eacute;fense de leurs emplois. Les assembl&eacute;es les plus importantes des <em>Indignados<\/em> vot&egrave;rent contre ce soutien, avec des arguments &laquo;&nbsp;&eacute;cologistes&nbsp;&raquo; contre l&#39;utilisation du charbon comme combustible. En revanche, les assembl&eacute;es des quartiers plus ouvriers apport&egrave;rent leur soutien et rejoignirent la <em>Marche noire<\/em> avec le slogan&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em>Madrid de los obreros, apoya a los mineros<\/em>&nbsp;&raquo;.<a href=\"http:\/\/www.lct-cwb.be\/\/index.php?option=com_content&amp;task=view&amp;id=351&amp;Itemid=119#_edn1\" id=\"_ednref1\" mce_href=\"#_edn1\" name=\"_ednref1\" title=\"_ednref1\">[1] <\/a><\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\">\n\t<em>Podemos<\/em>&nbsp;: un ph&eacute;nom&egrave;ne progressiste ou r&eacute;gressif&nbsp;?<\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t<em>Podemos<\/em> est &agrave; l&#39;oppos&eacute; des <em>Indignados<\/em>, bien que les deux mouvements aient une base sociale similaire. C&#39;est un parti qui cherche &agrave; &laquo;&nbsp;apprivoiser&nbsp;&raquo; la col&egrave;re de la base sociale et &agrave; la st&eacute;riliser au sein des institutions bourgeoises. <em>Podemos<\/em> an&eacute;antit les aspects les plus positifs du mouvement des <em>Indignados<\/em> &ndash; tels que sa proposition de mobilisation et de lutte de masses et son programme de revendications &ndash; et les transforme en une proposition visant &agrave; &laquo;&nbsp;d&eacute;mocratiser&nbsp;&raquo; les institutions imp&eacute;rialistes.<br \/>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ce mouvement est d&#39;ailleurs bas&eacute; sur l&#39;illusion de la &laquo;&nbsp;radicalisation de la d&eacute;mocratie&nbsp;&raquo;, au point de proposer que cette &laquo;&nbsp;radicalisation&nbsp;&raquo; puisse avoir lieu par la voie sans issue des &eacute;lections bourgeoises. Et ce sont finalement les aspects les plus n&eacute;gatifs des <em>Indignados<\/em> &ndash; tels que la revendication du &laquo;&nbsp;citoyen individuel&nbsp;&raquo; plut&ocirc;t que de la classe ouvri&egrave;re en tant que force organis&eacute;e &ndash; qui prennent le dessus. Dans la vision id&eacute;ologique de <em>Podemos<\/em>, il y aurait une contradiction entre &laquo;&nbsp;les gens&nbsp;&raquo; (le regroupement positif des individus) et &laquo;&nbsp;la caste&nbsp;&raquo; (des politiciens corrompus). La bataille aurait lieu entre ces secteurs, de d&eacute;finition compl&egrave;tement ambigu&euml;, et non entre les classes et les secteurs sociaux (le prol&eacute;tariat et la bourgeoisie).<br \/>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;Nous disons donc que la proposition de <em>Podemos<\/em> est &laquo;&nbsp;r&eacute;gressive&nbsp;&raquo;, et non &laquo;&nbsp;r&eacute;formatrice progressiste&nbsp;&raquo; comme le disent beaucoup de gens. <em>Podemos<\/em> n&#39;est pas l&#39;h&eacute;ritier du mouvement des <em>Indignados<\/em> mais la liquidation de ses atouts. Il faut diff&eacute;rencier la radicalisation, manifest&eacute;e par la croissance du soutien &eacute;lectoral &agrave; <em>Podemos<\/em> (un ph&eacute;nom&egrave;ne progressiste), de la politique totalement n&eacute;gative de ce parti qui vise &agrave; st&eacute;riliser cette radicalisation et &agrave; l&#39;assimiler au syst&egrave;me.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\">\n\tLe soutien des grands m&eacute;dias de diffusion<\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tLa croissance de l&#39;influence &eacute;lectorale de <em>Podemos<\/em> se situe dans le contexte de la situation espagnole&nbsp;: une profonde crise &eacute;conomique, des plans d&#39;ajustement f&eacute;roces, la crise du PSOE et d&#39;autres appareils de la gauche traditionnelle. Mais ce processus est loin d&#39;&ecirc;tre &laquo;&nbsp;pur&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;ind&eacute;pendant&nbsp;&raquo;. Dans cette croissance, <em>Podemos<\/em> a pu b&eacute;n&eacute;ficier du soutien des grands m&eacute;dias de diffusion de la bourgeoisie.<br \/>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;Parmi les plus importants, il y a le groupe <em>Mediapro<\/em>, n&eacute; comme un producteur de films tr&egrave;s r&eacute;ussis tels que <em>Les Lundis au soleil<\/em> et <em>Vicky Cristina Barcelona<\/em>. Ce groupe est actuellement associ&eacute; &agrave; la multinationale britannique de publicit&eacute; WPP&nbsp;; il est le principal actionnaire de la cha&icirc;ne de t&eacute;l&eacute;vision <em>La Sexta<\/em> et il produit de nombreux programmes pour d&#39;autres cha&icirc;nes.<br \/>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;Un autre soutien important est celui du groupe <em>Multiprensa y M&aacute;s<\/em>, dont l&#39;actionnaire majoritaire est le consortium norv&eacute;gien <em>Schibsted<\/em>, propri&eacute;taire, entre autres, de nombreux journaux (payants et gratuits) et de cha&icirc;nes de TV et de radios dans divers pays. En Espagne, <em>Schibsted<\/em> publie le quotidien gratuit <em>20 Minutos<\/em>, le plus populaire du pays (2&nbsp;911&nbsp;000&nbsp;lecteurs), qui dispose &eacute;galement d&#39;une &eacute;dition en ligne fr&eacute;quemment visit&eacute;e.<br \/>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;Un troisi&egrave;me groupe de m&eacute;dias est <em>Display Connectors SL<\/em>, dont l&#39;actionnaire majoritaire est le Catalan Toni Casis. Cette soci&eacute;t&eacute; g&egrave;re plus de cent journaux dans le monde entier, dont <em>The Independent<\/em> (Royaume-Uni), <em>La Stampa<\/em> (Italie), <em>Clar&iacute;n<\/em> (Argentine), <em>El Comercio<\/em> (P&eacute;rou), <em>O Estado de S&atilde;o Paulo<\/em> (Br&eacute;sil), <em>La Gazzetta dello Sport<\/em> (Italie), <em>Metro International y P&uacute;blico<\/em> (Espagne), <em>Daily Mirror<\/em> (Royaume-Uni), etc. En Espagne, il g&egrave;re &eacute;galement le journal en ligne <em>P&uacute;blico.es<\/em>, d&#39;acc&egrave;s libre, avec pr&egrave;s de 7,6&nbsp;millions de visites par mois.<br \/>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;Pour conclure sur ce point, disons que <em>Podemos<\/em> a le soutien de <em>Hispan TV<\/em>, l&#39;&eacute;dition en espagnol d&#39;IRIB, la cha&icirc;ne de TV officielle iranienne. Pablo Iglesias a un programme dans ce canal (Fort Apache).<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\">\n\tL&#39;&eacute;limination de la d&eacute;mocratie interne<\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tD&#39;autre part, la direction de <em>Podemos,<\/em> avec Pablo Iglesias &agrave; la t&ecirc;te, est en train de liquider la d&eacute;mocratie interne du parti. C&#39;est ce que d&eacute;nonce un article publi&eacute; sur le site d&rsquo;<em>Izquierda Anticapitalista<\/em>, une organisation (membre de l&#39;organisation internationale connue sous le nom de Secr&eacute;tariat unifi&eacute; de la Quatri&egrave;me Internationale &ndash; SU) qui a fait la promotion de <em>Podemos<\/em> depuis la fondation de ce mouvement.<br \/>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;L&#39;article (&eacute;crit par un militant de Madrid, un travailleur de la sant&eacute;) indique que &laquo;&nbsp;<em>Pablo Iglesias (PI) a nomm&eacute; personnellement les 62 membres qui composent maintenant le CC, et les 10 de la Commission de Garanties<\/em>&nbsp;&raquo;, et qu&#39;il est en train de choisir arbitrairement les secr&eacute;taires g&eacute;n&eacute;raux r&eacute;gionaux et plusieurs candidatures. L&#39;auteur y ajoute que &laquo;<em>&nbsp;les vraies d&eacute;cisions se prennent en haut et s&#39;ex&eacute;cutent en bas<\/em>&nbsp;&raquo;, et que ce manque de d&eacute;mocratie se manifeste dans &laquo;&nbsp;<em>un programme en voie d&#39;adaptation &agrave; la logique des march&eacute;s, &#39;&#39;r&eacute;aliste et pragmatique&#39;&#39; selon PI<\/em>&nbsp;&raquo;.<a href=\"http:\/\/www.lct-cwb.be\/\/index.php?option=com_content&amp;task=view&amp;id=351&amp;Itemid=119#_edn2\" id=\"_ednref2\" mce_href=\"#_edn2\" name=\"_ednref2\" title=\"_ednref2\">[2] <\/a><\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\">\n\tLe programme de <em>Podemos<\/em> est-il &laquo;&nbsp;r&eacute;formiste&nbsp;&raquo; ou pro-imp&eacute;rialiste&nbsp;?<\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tUn &eacute;l&eacute;ment central pour d&eacute;finir le caract&egrave;re d&#39;une organisation politique est l&#39;analyse de son programme, &agrave; savoir, les mesures qu&rsquo;elle a l&#39;intention d&#39;appliquer si elle acc&egrave;de au gouvernement. Nous suivons en cela l&#39;approche de notre ma&icirc;tre &agrave; penser L&eacute;on Trotsky, qui affirmait qu&#39;&laquo;&nbsp;<em>un parti se d&eacute;finit tout d&#39;abord par son programme<\/em>&nbsp;&raquo;. <br \/>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;Une analyse du programme de <em>Podemos<\/em> montre que, loin d&#39;&ecirc;tre &laquo;&nbsp;r&eacute;formiste progressiste&nbsp;&raquo;, il est en fait profond&eacute;ment pro-imp&eacute;rialiste. Le point&nbsp;1.3 s&rsquo;intitule <em>Conversion<\/em><em> de la BCE en une institution d&eacute;mocratique pour le d&eacute;veloppement &eacute;conomique des pays<\/em>. Au point&nbsp;4.1 (<em>Promotion de la participation<\/em>) est propos&eacute;e la &laquo;&nbsp;<em>cr&eacute;ation d&#39;un Commissariat de Participation &agrave; la Commission europ&eacute;enne, propos&eacute; et &eacute;lu par le Parlement europ&eacute;en<\/em>&#8230;&nbsp;&raquo; Au point&nbsp;5.1 (<em>Abrogation<\/em><em> du trait&eacute; de Lisbonne<\/em>) est avanc&eacute;e la &laquo;&nbsp;refondation des institutions de l&#39;UE&nbsp;&raquo;.<a href=\"http:\/\/www.lct-cwb.be\/\/index.php?option=com_content&amp;task=view&amp;id=351&amp;Itemid=119#_edn3\" id=\"_ednref3\" mce_href=\"#_edn3\" name=\"_ednref3\" title=\"_ednref3\">[3] <\/a> <br \/>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;En d&#39;autres termes, la politique de <em>Podemos<\/em> est la &laquo;&nbsp;d&eacute;mocratisation&nbsp;&raquo; de l&#39;UE et de la BCE. Il faut se rappeler que l&#39;UE (et ses institutions) et la BCE se trouvent au c&oelig;ur de la structure politique et financi&egrave;re mont&eacute;e par les pays imp&eacute;rialistes d&#39;Europe (Allemagne en t&ecirc;te), visant &agrave; attaquer l&rsquo;ensemble des conqu&ecirc;tes des travailleurs et des masses europ&eacute;ennes et &agrave; exploiter les pays membres les plus faibles. <br \/>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ajoutons &agrave; cela le fait que l&#39;UE et la BCE forment, avec le FMI, la &laquo;&nbsp;tro&iuml;ka&nbsp;&raquo; qui impose et contr&ocirc;le les f&eacute;roces plans d&#39;ajustement en Espagne et en Gr&egrave;ce. Il ne manque plus &agrave; <em>Podemos<\/em> que de demander la &laquo;&nbsp;d&eacute;mocratisation&nbsp;&raquo; du FMI pour que son programme s&rsquo;ordonne autour d&#39;une &laquo;&nbsp;tro&iuml;ka d&eacute;mocratis&eacute;e&nbsp;&raquo;. Il n&#39;y a aucune possibilit&eacute; de &laquo;&nbsp;d&eacute;mocratiser&nbsp;&raquo; ou de &laquo;&nbsp;r&eacute;former&nbsp;&raquo; ces outils imp&eacute;rialistes. Ils sont et seront toujours des armes contre les travailleurs et les masses. <br \/>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ce n&rsquo;est pas par hasard que le <em>Financial Times<\/em> (porte-parole de la bourgeoisie financi&egrave;re imp&eacute;rialiste de Grande-Bretagne) fait l&#39;&eacute;loge de la proposition de <em>Podemos<\/em> dans l&#39;article <em>La gauche radicale a raison au sujet de la dette europ&eacute;enne<\/em>, dans lequel il indique que le programme de <em>Podemos<\/em> lui para&icirc;t &laquo;&nbsp;<em>une approche coh&eacute;rente pour g&eacute;rer le risque &eacute;conomique post&eacute;rieur &agrave; la crise<\/em>&nbsp;&raquo;.<a href=\"http:\/\/www.lct-cwb.be\/\/index.php?option=com_content&amp;task=view&amp;id=351&amp;Itemid=119#_edn4\" id=\"_ednref4\" mce_href=\"#_edn4\" name=\"_ednref4\" title=\"_ednref4\">[4] <\/a> Y aurait-il quelqu&#39;un, qui croit que cette vieille bourgeoisie imp&eacute;rialiste bien exp&eacute;riment&eacute;e soit &agrave; ce point &laquo;&nbsp;na&iuml;ve&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;se trompe&nbsp;&raquo;&nbsp;? Ou que ce qui est bon pour &laquo;&nbsp;eux&nbsp;&raquo; puisse &ecirc;tre bon pour les travailleurs et les masses espagnoles&nbsp;? <br \/>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;Les propositions actuelles de <em>Syriza<\/em> ont un contenu similaire&nbsp;: n&eacute;gocier (dans le cadre de l&#39;UE, sans rompre avec elle) une restructuration de la dette grecque et la mise en &oelig;uvre de plans d&rsquo;ajustement &laquo;&nbsp;moins brutaux&nbsp;&raquo;. <br \/>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;Alors que les masses espagnoles et grecques se battent durement contre les plans impos&eacute;s par la &laquo;&nbsp;tro&iuml;ka&nbsp;&raquo; et arrivent de plus en plus &agrave; la conclusion qu&#39;il faut rompre avec l&#39;UE, <em>Podemos<\/em> et <em>Syriza<\/em> en arrivent &agrave; tenter, depuis la &laquo;&nbsp;gauche&nbsp;&raquo;, de sauver les institutions r&eacute;actionnaires imp&eacute;rialistes, et &agrave; cr&eacute;er l&#39;illusion que ces derni&egrave;res peuvent &ecirc;tre &laquo;&nbsp;d&eacute;mocratis&eacute;es&nbsp;&raquo;. <br \/>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;Cette lamentable politique &ndash; de la part d&rsquo;organisations qui se disent &laquo;&nbsp;de gauche&nbsp;&raquo; &ndash; ne fait qu&#39;apporter de l&rsquo;eau au moulin de l&#39;extr&ecirc;me droite et m&ecirc;me des organisations fascistes europ&eacute;ennes (telles qu&#39;Aube dor&eacute;e en Gr&egrave;ce, le Front national fran&ccedil;ais et l&#39;UKIP britannique), qui reprennent la banni&egrave;re de la rupture avec l&#39;UE pour gagner une influence de masses. <br \/>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;D&#39;autre part, dans le cas de <em>Podemos<\/em>, son caract&egrave;re pro-imp&eacute;rialiste s&rsquo;exprime &eacute;galement dans sa position concernant la lutte du peuple catalan. Comme l&rsquo;a signal&eacute; <em>Corriente Roja<\/em> d&#39;Espagne, ce parti &ndash; qui a d&eacute;fendu, dans l&#39;abstrait, le droit &agrave; l&#39;autod&eacute;termination &ndash; a d&eacute;fendu (tout comme le PP et le PSOE) la position de la d&eacute;fense de &laquo;&nbsp;l&#39;unit&eacute; de l&#39;Espagne&nbsp;&raquo; lors des grandes manifestations et du r&eacute;cent r&eacute;f&eacute;rendum en Catalogne. Qui plus est, il a d&eacute;clar&eacute; que toute d&eacute;finition sur la Catalogne devait se faire au sein des &laquo;&nbsp;institutions d&eacute;mocratiques espagnoles&nbsp;&raquo;, c&#39;est &agrave; dire au sein du r&eacute;gime monarchique pourri et oppresseur h&eacute;rit&eacute; du franquisme. <br \/>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;En d&#39;autres termes, la logique de <em>Podemos<\/em> est qu&#39;il existe &laquo;&nbsp;un droit abstrait de l&#39;auto-d&eacute;termination&nbsp;&raquo;, mais qu&#39;au moment de l&#39;appliquer, comme dans le cas du peuple catalan, il faut s&#39;y opposer.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\">\n\tD&rsquo;autres choses pr&eacute;sentes et omises dans les propositions de <em>Podemos<\/em><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tConcernant la dette espagnole envers l&#39;UE et les banques &eacute;trang&egrave;res, le mot d&#39;ordre des <em>Indignados<\/em> &eacute;tait&nbsp;: &laquo;&nbsp;Nous ne pouvons pas payer, nous ne payons pas&nbsp;&raquo;. <em>Podemos<\/em> eut initialement une proposition progressiste&nbsp;: audit de la dette, moratoire sur son paiement jusqu&rsquo;&agrave; ce que cette r&eacute;vision ait &eacute;t&eacute; faite, et non-paiement de la dette ill&eacute;gitime. Par la suite, la direction nomm&eacute;e d&#39;office par Pablo Iglesias a clairement vir&eacute; &agrave; droite et sa proposition actuelle est essentiellement la ren&eacute;gociation de la dette et la continuit&eacute; des payements. Bien s&ucirc;r, en &laquo;&nbsp;d&eacute;mocratisant la BCE&nbsp;&raquo;&nbsp;!<br \/>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;Un autre grave probl&egrave;me du peuple espagnol est celui des familles qui ne peuvent plus payer les hypoth&egrave;ques de leur maison. Il y a plus de 140 d&eacute;logements par jour avec ce motif&nbsp;; et en outre, la l&eacute;gislation espagnole impose &agrave; la famille de continuer &agrave; payer la dette, m&ecirc;me si elle a perdu le logement, ce qui aggrave encore la situation. Le mouvement qui lutte contre cette r&eacute;alit&eacute; revendique l&#39;annulation de la dette si le logement est perdu et un logement social (&agrave; des prix abordables) pour les personnes sans logement. <em>Podemos<\/em> se limite &agrave; proposer la &laquo;&nbsp;ren&eacute;gociation&nbsp;&raquo; de la dette avec les banques. <br \/>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;Enfin, il est impossible de savoir ce que <em>Podemos<\/em> pense sur des questions aussi importantes que le salaire minimum (actuellement de 640 euros, bien en de&ccedil;&agrave; des besoins d&#39;une famille) ou les pensions (encore plus basses). Bien que la presse leur ait demand&eacute; &agrave; plusieurs reprises de proposer un montant pour ces questions, la r&eacute;ponse n&#39;a jamais &eacute;t&eacute; donn&eacute;e. Et, comme le dit l&#39;adage, &laquo;&nbsp;qui ne dit mot, consent&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\">\n\tQuelle doit &ecirc;tre la politique des r&eacute;volutionnaires&nbsp;?<\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tDe grands mouvements ont souvent &eacute;merg&eacute; dans l&#39;histoire r&eacute;cente qui influencent et impressionnent les travailleurs et les masses, ce qui a souvent pos&eacute; &eacute;galement la question pour les r&eacute;volutionnaires de d&eacute;finir leur politique face &agrave; eux. <br \/>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;Pour nous, la premi&egrave;re &eacute;tape pour avancer une politique &agrave; l&#39;&eacute;gard de ces processus est de d&eacute;finir leur caract&eacute;risation et leur signe. Comme nous l&#39;avons vu, il y a un d&eacute;bat en cours au sein de la gauche sur le sens de <em>Podemos<\/em>, un d&eacute;bat qui doit continuer et s&rsquo;approfondir.<br \/>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;Les exigences ouvri&egrave;res et populaires sont toujours pr&eacute;sentes dans la rue, comme le montrent les mobilisations massives du 22 mars et, plus r&eacute;cemment, du 29 novembre, convoqu&eacute;es par la <em>Marche de la Dignit&eacute;<\/em> (pour le pain, le travail et un toit). Les efforts pour que ces exigences soient obtenues et que les luttes aient une expression politique repr&eacute;sentent une t&acirc;che tr&egrave;s importante, mais ce ne sera pas fait via <em>Podemos<\/em>&nbsp;: cette organisation et son programme ne repr&eacute;sentent pas un v&eacute;ritable &laquo;&nbsp;changement&nbsp;&raquo;&nbsp;; ce sont les recettes de la vieille social-d&eacute;mocratie, mais maintenant au beau milieu de la crise &eacute;conomique la plus brutale du capitalisme. La seule solution progressiste &agrave; la crise espagnole, europ&eacute;enne et mondiale doit venir de la lutte de la classe ouvri&egrave;re, dirigeant les masses populaires. Tout le reste est pure illusion. Le pari sur Pablo Iglesias ne fera que donner un autre Felipe Gonz&aacute;lez, corrig&eacute; en pire. <br \/>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;Nous pensons donc que la politique des r&eacute;volutionnaires envers <em>Podemos<\/em> doit passer aujourd&#39;hui par le combat politique le plus dur. Nous pensons que le besoin le plus pressant des masses dans le monde est de construire une direction qui puisse se mettre &agrave; la t&ecirc;te de leurs luttes et les impulser. <br \/>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;Une partie essentielle de la r&eacute;ponse &agrave; cette n&eacute;cessit&eacute; est la construction de partis r&eacute;volutionnaires dans chaque pays, comme parties d&#39;une organisation internationale r&eacute;volutionnaire, et pas celle d&#39;une nouvelle alternative &eacute;lectorale trompeuse qui se limite &agrave; r&eacute;p&eacute;ter le programme pro-imp&eacute;rialiste de la vieille social-d&eacute;mocratie europ&eacute;enne. <br \/>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;Nous devons pr&eacute;senter cette alternative, comme le disait L&eacute;nine, en &laquo;&nbsp;expliquant patiemment&nbsp;&raquo; notre position aux travailleurs et aux masses qui sympathisent avec <em>Podemos<\/em>. Nous devons le faire, comme &eacute;galement le disait L&eacute;nine, &laquo;&nbsp;sans crainte de rester en minorit&eacute;&nbsp;&raquo; en ce moment, pendant que ces secteurs font leur exp&eacute;rience. C&rsquo;est la seule fa&ccedil;on de construire une alternative r&eacute;volutionnaire. <br \/>\n\t________________________<br \/>\n\t<a href=\"http:\/\/www.lct-cwb.be\/\/index.php?option=com_content&amp;task=view&amp;id=351&amp;Itemid=119#_ednref1\" id=\"_edn1\" mce_href=\"#_ednref1\" name=\"_edn1\" title=\"_edn1\">[1] <\/a> Madrid des travailleurs, soutient les mineurs. <br \/>\n\t<a href=\"http:\/\/www.lct-cwb.be\/\/index.php?option=com_content&amp;task=view&amp;id=351&amp;Itemid=119#_ednref2\" id=\"_edn2\" mce_href=\"#_ednref2\" name=\"_edn2\" title=\"_edn2\">[2] <\/a> Voir www.anticapitalistas.org\/spip.php ?article30170<br \/>\n\t<a href=\"http:\/\/www.lct-cwb.be\/\/index.php?option=com_content&amp;task=view&amp;id=351&amp;Itemid=119#_ednref3\" id=\"_edn3\" mce_href=\"#_ednref3\" name=\"_edn3\" title=\"_edn3\">[3] <\/a> Voir http:\/\/podemos.info\/wordpress\/wpcontent\/uploads\/2014\/05\/Programa-Podemos.pdf <br \/>\n\t<a href=\"http:\/\/www.lct-cwb.be\/\/index.php?option=com_content&amp;task=view&amp;id=351&amp;Itemid=119#_ednref4\" id=\"_edn4\" mce_href=\"#_ednref4\" name=\"_edn4\" title=\"_edn4\">[4] <\/a> Voir http:\/\/www.elmundo.es\/espana\/2014\/11\/24\/54732110ca47410f1b8b4579.html<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le ph&eacute;nom&egrave;ne Podemos est-il &laquo;&nbsp;progressiste&nbsp;&raquo;&nbsp;? 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