{"id":18,"date":"2005-06-30T00:00:00","date_gmt":"2005-06-30T00:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/litci.org\/fr\/2005\/06\/30\/29\/"},"modified":"2005-06-30T00:00:00","modified_gmt":"2005-06-30T00:00:00","slug":"29","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/litci.org\/fr\/29\/","title":{"rendered":"La Bolivie montre les alternatives pour l&rsquo;Am\u00e9rique Latine"},"content":{"rendered":"<p> <P align=justify><FONT face=Georgia size=2><STRONG>R\u00e9volution socialiste ou colonie<\/STRONG><\/FONT><\/P><br \/>\n<P align=justify><FONT face=Georgia size=2>L&rsquo;actuelle situation bolivienne, o\u00f9 la lutte des masses a renvers\u00e9 encore un pr\u00e9sident, tout comme la chute r\u00e9cente de Lucio Guti\u00e9rrez en Equateur, montrent que l&rsquo;Am\u00e9rique Latine est toujours un des centres de la lutte de classes dans le monde. Nous pouvons affirmer qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas de situations isol\u00e9es dans tel ou tel pays, mais d&rsquo;un processus continental qui, au-del\u00e0 des diff\u00e9rences nationales, pr\u00e9sente des \u00e9l\u00e9ments communs clairs.<\/FONT><\/P><br \/>\n<P align=justify><FONT face=Georgia size=2><STRONG>La crise \u00e9nerg\u00e9tique et les projets colonisateurs imp\u00e9rialistes<\/STRONG><\/FONT><\/P><br \/>\n<P align=justify><FONT face=Georgia size=2>La propri\u00e9t\u00e9 et l&rsquo;exploitation des grands gisements d&rsquo;hydrocarbures du pays a \u00e9t\u00e9 la question centrale qui a men\u00e9e les masses boliviennes au choc avec les gouvernements de S\u00e1nchez de Lozada et de Carlos Mesa. Ce n&rsquo;est pas un sujet de moindre envergure&nbsp; : la Bolivie poss\u00e8de la plus grande r\u00e9serve de gaz de l&rsquo;Am\u00e9rique Latine, apr\u00e8s le Venezuela. Dans cette bataille s&rsquo;affrontent deux camps principaux. D&rsquo;une part, l&rsquo;imp\u00e9rialisme yankee cherche assurer le contr\u00f4le et l&rsquo;exploitation sans restriction des sources \u00e9nerg\u00e9tiques latino-am\u00e9ricaines. D&rsquo;autre part, en lui faisant face avec leur lutte, les travailleurs et le peuple boliviens revendiquent la propri\u00e9t\u00e9 \u00e9tatique des hydrocarbures, et que son exploitation et commercialisation soit effectu\u00e9es au b\u00e9n\u00e9fice du pays et du peuple.<\/FONT><\/P><br \/>\n<P align=justify><FONT face=Georgia size=2>Pour l&rsquo;imp\u00e9rialisme, le contr\u00f4le des hydrocarbures et des sources d&rsquo;\u00e9nergie est un sujet de premier ordre : tous les analystes consid\u00e8rent que, si continue le niveau actuel de consommation, les Etats-Unis vont vers une crise \u00e9nerg\u00e9tique et d&rsquo;approvisionnement interne d&rsquo;hydrocarbures dans peu d&rsquo;ann\u00e9es. C&rsquo;est pourquoi, l&rsquo;imp\u00e9rialisme a promu une s\u00e9rie de politiques et d&rsquo;outils colonisateurs en Am\u00e9rique Latine, tels que la privatisation des entreprises p\u00e9troli\u00e8res \u00e9tatiques, en Argentine par exemple o\u00f9 l&rsquo;entreprise espagnole Repsol a achet\u00e9 YPF. En Bolivie, des contrats de rapine ont accord\u00e9 la propri\u00e9t\u00e9 aux mains des transnationales. Dans d&rsquo;autres pays, les entreprises continuent aux mains de l&rsquo;\u00e9tat, mais on a impos\u00e9 une privatisation indirecte, avec des concessions de secteurs d&rsquo;exploitation, traitement, transport et commercialisation. Une partie croissante de l&rsquo;affaire passe aux mains d&rsquo;entreprises \u00e9trang\u00e8res, comme au Venezuela, en Equateur, au Mexique et au Br\u00e9sil.<\/FONT><\/P><br \/>\n<P align=justify><FONT face=Georgia size=2>Avec cela, l&rsquo;imp\u00e9rialisme promeut des projets comme PPP (Plan Puebla &#8211; Panama) et IIRSA (Initiative pour l&rsquo;Int\u00e9gration R\u00e9gionale Sud-am\u00e9ricaine) qui cherchent \u00e0 garantir l&rsquo;infrastructure pour l&rsquo;extraction, le traitement et le transport de ces ressources naturelles depuis Terre du Feu, dans le sud de l&rsquo;Argentine, jusqu&rsquo;\u00e0 Puebla, dans le nord du Mexique, un endroit ou, comme par hasard, cette infrastructure peut \u00eatre reli\u00e9e \u00e0 des r\u00e9seaux \u00e9lectriques, des gazoducs et des ol\u00e9oducs qui terminent en Californie et au Texas.<\/FONT><\/P><br \/>\n<P align=justify><FONT face=Georgia size=2>La ZLEA (Zone de libre Echange de l&rsquo;Am\u00e9rique) va dans le m\u00eame sens, comme un cadre politique et juridique qui \u00ab\u00a0l\u00e9galise\u00a0\u00bb tout le processus colonisateur&nbsp; : son statut dit que les ressources naturelles sont de \u00ab\u00a0propri\u00e9t\u00e9 continentale\u00a0\u00bb (\u00e0 bon entendeur, salut). Mais, ayant quelques difficult\u00e9s avec la ZLEA, les Etats-Unis ont mis en oeuvre des accords bilat\u00e9raux ou r\u00e9gionaux : les TLC (Trait\u00e9s de Libre Commerce), quelque chose comme construire une ZLEA \u00ab\u00a0par modules\u00a0\u00bb. Ce n&rsquo;est donc pas par hasard que la lutte pour le contr\u00f4le des hydrocarbures soit le centre de la r\u00e9alit\u00e9 bolivienne, ou que la r\u00e9sistance populaire contre les TLC se manifeste avec force en Equateur et dans plusieurs pays de l&rsquo;Am\u00e9rique centrale, comme Honduras et Costa Rica.<\/FONT><\/P><br \/>\n<P align=justify><FONT face=Georgia size=2><STRONG>Le r\u00f4le du Br\u00e9sil<\/STRONG><\/FONT><\/P><br \/>\n<P align=justify><FONT face=Georgia size=2>Dans ce cadre, il est n\u00e9cessaire d&rsquo;analyser le nouveau r\u00f4le du Br\u00e9sil dans la r\u00e9gion, un pays qui a commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre une esp\u00e8ce \u00ab\u00a0de sub-m\u00e9tropole r\u00e9gionale\u00a0\u00bb. D&rsquo;une part, il est recolonis\u00e9 par les puissances imp\u00e9rialistes et souffre le m\u00eame pillage de richesses que les autres pays latino-am\u00e9ricains. Mais, en m\u00eame temps, sa bourgeoisie agit comme une esp\u00e8ce de \u00ab\u00a0partenaire secondaire\u00a0\u00bb dans l&rsquo;exploitation d&rsquo;autres pays plus faibles, en recevant, en \u00e9change, quelques miettes plus grandes.<\/FONT><\/P><br \/>\n<P align=justify><FONT face=Georgia size=2>En ce sens, le r\u00f4le de la compagnie p\u00e9troli\u00e8re br\u00e9silienne Petrobras en Bolivie est tr\u00e8s clair&nbsp; : \u00e0 travers des concessions d&rsquo;exploitation de p\u00e9trole et de gaz, Petrobras contr\u00f4le presque 20% du PBI et 40% des exportations boliviennes. Tout comme n&rsquo;importe quelle entreprise imp\u00e9rialiste, elle pille des richesses et retourne des profits fabuleux \u00e0 sa maison m\u00e8re. C&rsquo;est pourquoi, elle rejette totalement l&rsquo;\u00e9tatisation des hydrocarbures. R\u00e9cemment, tout comme les autres entreprises imp\u00e9rialistes (avec lesquelles dans beaucoup de cas elle agit en associ\u00e9e), elle a menac\u00e9 de quitter la Bolivie si on ne lui garantissait pas \u00ab\u00a0ses investissements et leur rentabilit\u00e9\u00a0\u00bb. L&rsquo;influence \u00e9conomique du Br\u00e9sil ne se limite pas au secteur des hydrocarbures&nbsp; : on calcule que 35% des terres productrices de soja de Santa Cruz de la Sierra sont propri\u00e9t\u00e9 de bourgeois br\u00e9siliens.<\/FONT><\/P><br \/>\n<P align=justify><FONT face=Georgia size=2>Le nouveau r\u00f4le du Br\u00e9sil appara\u00eet aussi aux niveaux politique et militaire. Par exemple, Lula agit comme un \u00ab\u00a0pompier r\u00e9gional\u00a0\u00bb pr\u00eat \u00e0 collaborer pour \u00e9teindre tout incendie caus\u00e9 par la lutte de classes, comme cela a \u00e9t\u00e9 le cas au Venezuela en 2002 ou, actuellement, en Bolivie m\u00eame. En outre, il a \u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0un bras arm\u00e9 auxiliaire\u00a0\u00bb de l&rsquo;imp\u00e9rialisme am\u00e9ricain en envoyant des soldats \u00e0 Ha\u00efti. De cette mani\u00e8re, Bush a pu disposer de davantage de troupes pour l&rsquo;Iraq. Les soldats br\u00e9siliens, d\u00e9guis\u00e9s en \u00ab\u00a0troupes de paix de l&rsquo;ONU\u00a0\u00bb, agissent comme n&rsquo;importe quelle arm\u00e9e d&rsquo;occupation&nbsp; : ils r\u00e9priment et violent les droits de l&rsquo;homme du peuple ha\u00eftien, comme on vient de d\u00e9noncer maintenant publiquement.<\/FONT><\/P><br \/>\n<P align=justify><FONT face=Georgia size=2>Retournant \u00e0 la Bolivie : il n&rsquo;est donc pas par hasard que, tout comme les entreprises imp\u00e9rialistes yankees, britanniques et espagnoles, Petrobras re\u00e7oit une haine croissante du peuple bolivien. Les mobilisations de travailleurs et paysans contre elle sont de plus en plus fr\u00e9quentes. Dans cette confrontation, la LIT-QI (Ligue Internationale des Travailleurs &#8211; Quatri\u00e8me Internationale) n&rsquo;est pas neutre et soutient pleinement la lutte du peuple bolivien pour la nationalisation et l&rsquo;expropriation sans paiement des biens de Petrobras en Bolivie. C&rsquo;est pourquoi, le PSTU (Parti Socialiste des Travailleurs Socialistes Unifi\u00e9) a entam\u00e9 une campagne, en ce sens (voir encadr\u00e9 1).<\/FONT><\/P><br \/>\n<P align=justify><FONT face=Georgia size=2><STRONG>Santa Cruz de la Sierra : une autonomie r\u00e9actionnaire et pro-imp\u00e9rialiste<\/STRONG><\/FONT><\/P><br \/>\n<P align=justify><FONT face=Georgia size=2>Les probl\u00e8mes de la bourgeoisie bolivienne ne se limitent pas \u00e0 devoir faire face \u00e0 un mouvement de masses combatif. La bourgeoisie de Santa Cruz de la Sierra (tirant profit d&rsquo;un sentiment autonomiste des peuples de l&rsquo;int\u00e9rieur contre le centralisme politique et administratif de La Paz) exige une autonomie r\u00e9gionale beaucoup plus grande, une exigence qui commence \u00e0 s&rsquo;\u00e9tendre aussi \u00e0 Tarija. Dans ce cadre, elle a convoqu\u00e9 pour le 12 ao\u00fbt \u00e0 un referendum astreignant, sans accord avec le gouvernement central, le m\u00eame jour de l&rsquo;\u00e9lection de maires. Jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent, le Parlement a fait tra\u00eener les choses en longueur.<\/FONT><\/P><br \/>\n<P align=justify><FONT face=Georgia size=2>Cette exigence d&rsquo;autonomie a son origine dans des raisons \u00e9conomiques et politiques profondes. Les deux d\u00e9partements comptent pour seulement 20% de la population bolivienne, mais produisent 40% du PIB national et 60% des exportations. Ils poss\u00e8dent les principaux gisements d&rsquo;hydrocarbures. En outre, \u00e0 Santa Cruz se trouvent les plus grands propri\u00e9taires fonciers et se d\u00e9veloppe une intense production de soja. Une partie importante de cette richesse trouve son chemin vers les mains de la bourgeoisie de l&rsquo;Altiplano et du gouvernement central de La Paz, par l&rsquo;interm\u00e9diaire des imp\u00f4ts nationaux. Derri\u00e8re la lutte pour l&rsquo;autonomie se cache donc l&rsquo;intention de ces bourgeoisies r\u00e9gionales d&rsquo;obtenir une \u00ab\u00a0tranche\u00a0\u00bb beaucoup plus grande, au d\u00e9savantage de l&rsquo;Altiplano \u00ab\u00a0pauvre\u00a0\u00bb. En m\u00eame temps, l&rsquo;autonomie leur permettrait d&rsquo;avoir les \u00ab\u00a0mains libres\u00a0\u00bb pour s&rsquo;arranger directement avec l&rsquo;imp\u00e9rialisme et, \u00e0 la fois, prot\u00e9ger leurs grandes propri\u00e9t\u00e9s de la prise de terres par les paysans pauvres. Au niveau de la lutte de classes, en Santa Cruz il y a une situation relativement plus \u00ab\u00a0tranquille\u00a0\u00bb que dans le reste du pays, puisque la bourgeoisie y maintient encore un plus grand contr\u00f4le des masses. L&rsquo;autonomie cherche \u00e0 \u00ab\u00a0pr\u00e9server\u00a0\u00bb la r\u00e9gion de l&rsquo;instabilit\u00e9 bolivienne permanente, cr\u00e9\u00e9e essentiellement par les luttes des masses. Mais la \u00ab\u00a0contagion\u00a0\u00bb se produit d\u00e9j\u00e0 : des mobilisations combatives d&rsquo;enseignants, de travailleurs de la sant\u00e9 et de paysans de Santa Cruz ont commenc\u00e9 \u00e0 unir leurs r\u00e9clamations avec ceux du reste du peuple bolivien, rejetant la position de la bourgeoisie r\u00e9gionale. La bourgeoisie de Santa Cruz cherche \u00e0 mettre en \u00e9chec le processus r\u00e9volutionnaire en cours dans le pays et, dans ce cadre, obtenir l&rsquo;autonomie, pour livrer les ressources naturelles \u00e0 l&rsquo;imp\u00e9rialisme et \u00e0 Petrobras.<\/FONT><\/P><br \/>\n<P align=justify><FONT face=Georgia size=2>Cette politique, probablement encourag\u00e9e par les Etats-Unis et le Br\u00e9sil, a objectivement une dynamique s\u00e9paratiste et de division du pays. Mais m\u00eame sans arriver \u00e0 cet extr\u00eame, son avancement repr\u00e9senterait un coup dur pour la bourgeoisie de l&rsquo;Altiplano et pour le gouvernement central. C&rsquo;est pourquoi, ces derniers s&rsquo;opposent clairement \u00e0 cette politique, de m\u00eame que le commandement de l&rsquo;Arm\u00e9e d&rsquo;ailleurs. Pour le moment, le conflit est \u00ab\u00a0pacifique\u00a0\u00bb, mais son d\u00e9veloppement m\u00e8ne potentiellement \u00e0 des confrontations dures, y compris militaires, \u00e0 une rupture de la bourgeoisie qui accentuerait encore plus la situation d\u00e9j\u00e0 explosive du pays.<\/FONT><\/P><br \/>\n<P align=justify><FONT face=Georgia size=2>Mais il ne s&rsquo;agit pas seulement d&rsquo;une confrontation entre des secteurs bourgeois. L&rsquo;autonomie qu&rsquo;exigent ces bourgeoisies r\u00e9gionales ne refl\u00e8te pas la juste exigence d&rsquo;une nationalit\u00e9 opprim\u00e9e. Au contraire, cette autonomie (et plus encore, la division du pays) est une attaque \u00e0 l&rsquo;ensemble du peuple bolivien parce que son objectif est la cession totale des hydrocarbures et un plus grand enrichissement de la bourgeoisie r\u00e9gionale. C&rsquo;est pourquoi, comme r\u00e9volutionnaires, nous devons nous y opposer et soutenir la juste lutte de la majorit\u00e9 du peuple bolivien pour maintenir l&rsquo;unit\u00e9 g\u00e9ographique du pays. La meilleure fa\u00e7on de le faire est d&rsquo;imposer une issue ouvri\u00e8re et paysanne \u00e0 la situation actuelle. Ainsi c&rsquo;est prononc\u00e9 clairement le MST, la section bolivienne de la Lit-qi (voir encadr\u00e9 2).<\/FONT><\/P><br \/>\n<P align=justify><FONT face=Georgia size=2><STRONG>La lutte des masses et la trahison des directions<\/STRONG><\/FONT><\/P><br \/>\n<P align=justify><FONT face=Georgia size=2>Il est impossible de comprendre \u00ab\u00a0l&rsquo;instabilit\u00e9\u00a0\u00bb permanente de la politique bourgeoise bolivienne sans consid\u00e9rer un facteur essentiel&nbsp; : la lutte des masses, qui ont fait preuve de combativit\u00e9 et d&rsquo;h\u00e9ro\u00efsme dans d&rsquo;innombrables affrontements, depuis la r\u00e9volution de 1952 jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent. C&rsquo;est cette lutte, par exemple, qui a fait face \u00e0 la politique du gouvernement de Gonzalo S\u00e1nchez de Lozada de consolider et d&rsquo;approfondir la cession des hydrocarbures, et qui l&rsquo;a renvers\u00e9 en octobre 2003.<\/FONT><\/P><br \/>\n<P align=justify><FONT face=Georgia size=2>Si cette lutte, qui avait reconstitu\u00e9 \u00e0 la COB comme alternative de pouvoir, n&rsquo;a pas avanc\u00e9 en ce moment vers la prise du pouvoir par les travailleurs et le peuple, c&rsquo;est \u00e0 cause de la trahison des directions majoritaires, expertes dans le jeu de diriger les processus pour les trahir. Apr\u00e8s la chute de S\u00e1nchez de Lozada, ces directions ont frein\u00e9 la lutte et ont permis qu&rsquo;assume Carlos Mesa, vot\u00e9 par un Parlement sans aucune repr\u00e9sentativit\u00e9. C&rsquo;est-\u00e0-dire, ils ont soutenu la \u00ab\u00a0continuit\u00e9 institutionnelle bourgeoise\u00a0\u00bb dans le pays.<\/FONT><\/P><br \/>\n<P align=justify><FONT face=Georgia size=2>Evo Morales et le MAS (la principale force politique bolivienne) ont carr\u00e9ment soutenu Mesa. La direction de Jaime Solares dans la COB (Centrale Ouvri\u00e8re Bolivienne) et le dirigeant paysan Felipe Quispe (du Mouvement Indig\u00e8ne Pachakutik), se sont d\u00e9clar\u00e9s comme \u00ab\u00a0opposition\u00a0\u00bb, mais ils ont d\u00e9fini une longue tr\u00eave qui a permis de passer le referendum trompeur sur le gaz et de consolider le gouvernement. Cette ann\u00e9e, face au premier renoncement pr\u00e9sent\u00e9 par Mesa au Congr\u00e8s, il y a quelques mois, les d\u00e9put\u00e9s du MAS et du Pachakutik ont vot\u00e9 pour la permanence de Mesa dans son poste.<\/FONT><\/P><br \/>\n<P align=justify><FONT face=Georgia size=2>&nbsp;Quelque chose de semblable avait eu lieu en Equateur en janvier 2000. Face \u00e0 la politique de dolariser l&rsquo;\u00e9conomie du pr\u00e9sident Noboa, une puissante lutte r\u00e9volutionnaire de masses a renvers\u00e9 le gouvernement, a divis\u00e9 l&rsquo;Arm\u00e9e et est m\u00eame arriv\u00e9e \u00e0 cr\u00e9er des organismes de double pouvoir, comme le Parlement des Peuples. Mais les principales directions du mouvement, la CONAIE (Conf\u00e9d\u00e9ration de Nationalit\u00e9s Indig\u00e8nes de l&rsquo;Equateur) et le PCML (Parti Communiste Marxiste L\u00e9niniste) ont mis le pouvoir aux mains du colonel Lucio Guti\u00e9rrez (dirigeant du secteur militaire qui avait soutenu l&rsquo;insurrection), qui \u00e0 son tour a transf\u00e9r\u00e9 le pouvoir au sommet de l&rsquo;Arm\u00e9e, qui, quant \u00e0 elle, a approuv\u00e9 que le vice-pr\u00e9sident assume le pouvoir. Autrement dit, \u00e0 travers des m\u00e9canismes plus compliqu\u00e9s qu&rsquo;en Bolivie, ces directions ont aussi soutenu la \u00ab\u00a0continuit\u00e9 institutionnelle bourgeoise\u00a0\u00bb. Les \u00e9lections post\u00e9rieures ont \u00e9t\u00e9 gagn\u00e9es par Lucio Guti\u00e9rrez, et les dirigeants de la CONAIE et du PCML lui ont embo\u00eet\u00e9 le pas en faisant partie de son gouvernement.<\/FONT><\/P><br \/>\n<P align=justify><FONT face=Georgia size=2><STRONG>Les gouvernements de front populaire<\/STRONG><\/FONT><\/P><br \/>\n<P align=justify><FONT face=Georgia size=2>Les gouvernements bourgeois de Lucio Guti\u00e9rrez et de Carlos Mesa ont \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s semblables. D&rsquo;abord, ils sont apparus, de mani\u00e8re directe ou indirecte, comme le r\u00e9sultat de processus r\u00e9volutionnaires et ils doivent gouverner dans ce cadre, ce qui les rend tr\u00e8s faibles ou kerenskistes (terme utilis\u00e9 en Russie en 1917). Deuxi\u00e8mement, le gouvernement de Lucio Guti\u00e9rrez a \u00e9t\u00e9 clairement de front populaire : un gouvernement bourgeois constitu\u00e9 par des dirigeants et des organisations ouvri\u00e8res et populaires. Celui de Mesa, bien qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait pas de front populaire dans la forme, l&rsquo;\u00e9tait dans le contenu parce qu&rsquo;Evo Morales \u00e9tait, de fait, son principal soutien. Normalement, l&rsquo;imp\u00e9rialisme et les bourgeoisies nationales pr\u00e9f\u00e8rent \u00e9viter ce m\u00e9canisme mais, dans certaines situations, ils y font appel. C&rsquo;est le cas en Bolivie et en Equateur, pour que les directions m\u00eames du mouvement de masses aident \u00e0 d\u00e9monter ou \u00e0 amortir les processus r\u00e9volutionnaires existants.<\/FONT><\/P><br \/>\n<P align=justify><FONT face=Georgia size=2>Finalement, les deux gouvernements ont appliqu\u00e9 des politiques pro-imp\u00e9rialistes \u00e9gales ou pires que celles de leurs pr\u00e9d\u00e9cesseurs. Guti\u00e9rrez a men\u00e9 \u00e0 fond la dolarisation et le paiement de la dette externe, Mesa a maintenu la privatisation et la cession des hydrocarbures. Mais cette politique a raviv\u00e9 la lutte du mouvement de masses qui, pass\u00e9e la confusion ou les espoirs initiaux, a commenc\u00e9 \u00e0 leur faire face, en d\u00e9bordant les directions. Dans les deux cas, cette lutte a oblig\u00e9 les dirigeants et les organisations ouvri\u00e8res et populaires \u00e0 abandonner le gouvernement ou \u00e0 cesser de le soutenir. C&rsquo;est ce qui c&rsquo;est pass\u00e9 avec la CONAIE et le PCML en Equateur, et avec Evo Morales et le MAS en Bolivie. Sur ce point, ces gouvernements sont devenus faible \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame, sans aucun pouvoir politique ni base sociale propres. Dans une grande mesure, ils \u00e9taient \u00e0 la d\u00e9rive au milieu de la bataille des forces sociales et \u00e9conomiques principales, et finalement ils sont tomb\u00e9s.<\/FONT><\/P><br \/>\n<P align=justify><FONT face=Georgia size=2>Une autre similitude entre les deux pays est que, dans la mesure o\u00f9 la bourgeoisie et l&rsquo;imp\u00e9rialisme ne peuvent pas imposer leur \u00ab\u00a0ordre\u00a0\u00bb, et les travailleurs et les masses ne parviennent pas \u00e0 avancer vers une issue propre, les processus r\u00e9volutionnaires entrent dans une dynamique r\u00e9currente, de r\u00e9p\u00e9tition de situations de lutte contre des politiques et des gouvernements semblables.<\/FONT><\/P><br \/>\n<P align=justify><FONT face=Georgia size=2><STRONG>La question de l&rsquo;Assembl\u00e9e Constituante<\/STRONG><\/FONT><\/P><br \/>\n<P align=justify><FONT face=Georgia size=2>Apr\u00e8s une p\u00e9riode de retour en arri\u00e8re relatif et de confusion, les masses boliviennes sont retourn\u00e9es dans la rue et ont \u00e0 nouveau combattu pour la nationalisation sans paiement des hydrocarbures, comme axe central de leur lutte. Les paysans pauvres et les nationalit\u00e9s indig\u00e8nes r\u00e9clament aussi la convocation \u00e0 une Assembl\u00e9e Constituante, parce qu&rsquo;ils la voient comme une fa\u00e7on d&rsquo;examiner les grands probl\u00e8mes du pays et d&rsquo;\u00eatre protagonistes de ces d\u00e9cisions nationales. Il s&rsquo;agit, entre autres, de la question de la propri\u00e9t\u00e9 des hydrocarbures, de la r\u00e9forme agraire, des droits des nations indig\u00e8nes ou de l&rsquo;unit\u00e9 du pays. De ce point de vue, il s&rsquo;agit d&rsquo;une aspiration d\u00e9mocratique totalement l\u00e9gitime.<\/FONT><\/P><br \/>\n<P align=justify><FONT face=Georgia size=2>Mais en Bolivie, o\u00f9 le pouvoir se d\u00e9cide dans la rue, la bourgeoisie et l&rsquo;imp\u00e9rialisme essayent et essayeront d&rsquo;utiliser ces espoirs, avec la collaboration d&rsquo;Evo Morales, pour mener le processus r\u00e9volutionnaire \u00e0 la voie morte des institutions bourgeoises. Il est indispensable de combattre ce pi\u00e8ge sur le chemin d&rsquo;une issue de classe, de la classe ouvri\u00e8re et du peuple. Pour y arriver, \u00e9tant donn\u00e9 que les paysans et les indig\u00e8nes boliviens voient l&rsquo;Assembl\u00e9e Constituante comme une issue pour obtenir leurs revendications, il faut avoir une tactique face elle. Les r\u00e9volutionnaires ne doivent pas laisser ces revendications d\u00e9mocratiques entre les mains des directions capitulardes ou de la bourgeoisie. D&rsquo;abord, la COB doit prendre cette exigence comme une fa\u00e7on d&rsquo;unifier la lutte.<\/FONT><\/P><br \/>\n<P align=justify><FONT face=Georgia size=2>Voyons comment ont agi les bolcheviques russes face \u00e0 ce sujet, en 1917. La strat\u00e9gie \u00e9tait le renforcement et le d\u00e9veloppement des organismes de pouvoir ouvrier (les soviets russes ou la COB), avec la perspective de la prise du pouvoir. Dans ce cadre, et subordonn\u00e9 \u00e0 lui, on r\u00e9pondait \u00e0 ceux qui confiaient dans la constituante, en indiquant que ces demandes justes ne pourraient pas \u00eatre r\u00e9solues par \u00ab\u00a0la constituante de la bourgeoisie et du gouvernement\u00a0\u00bb parce qu&rsquo;elle serait truqu\u00e9e, antid\u00e9mocratique et frauduleuse. Seulement une constituante convoqu\u00e9e par les travailleurs organis\u00e9s pourrait garantir ces demandes. En Bolivie, la question centrale est donc de se battre pour un gouvernement ouvrier, paysan et populaire, dirig\u00e9 par la COB, qui seul est capable de garantir une constituante v\u00e9ritablement d\u00e9mocratique. Mais, si le gouvernement bourgeois ou le Parlement convoquent \u00e0 la Constituante, il faut intervenir en elle avec une politique r\u00e9volutionnaire qui peut mettre en \u00e9chec le pi\u00e8ge bourgeois.<\/FONT><\/P><br \/>\n<P align=justify><FONT face=Georgia size=2><STRONG>La \u00ab\u00a0crise r\u00e9volutionnaire\u00a0\u00bb<\/STRONG><\/FONT><\/P><br \/>\n<P align=justify><FONT face=Georgia size=2>La lutte ouvri\u00e8re et populaire a impos\u00e9 le renoncement de Mesa et mis en \u00e9chec le parlement. Dans les faits, les masses sont arriv\u00e9es \u00e0 avoir le contr\u00f4le sur la plus grande partie du pays et sur La Paz: le parlement bourgeois n&rsquo;a m\u00eame pas pu se r\u00e9unir dans cette ville et a d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 \u00e0 Sucre, loin de l&rsquo;insurrection populaire, et m\u00eame \u00e0 cet endroit il n&rsquo;a pas pu \u00e9chapper \u00e0 cette pression. En m\u00eame temps, avec leurs actions comme l&rsquo;occupation du site p\u00e9trolier de El Alto et les gisements p\u00e9troliers et de gaz, ils montrent le chemin pour nationaliser les hydrocarbures. De fait, ils ont commenc\u00e9 \u00e0 r\u00e9cup\u00e9rer la propri\u00e9t\u00e9 de cette richesse pour la Bolivie et \u00e0 d\u00e9cider quelle utilisation elle devait avoir. C&rsquo;est-\u00e0-dire, de nouveau a \u00e9t\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ordre du jour, de fait, le probl\u00e8me du pouvoir, et cela de mani\u00e8re plus intense qu&rsquo;en octobre 2003. Qui doit gouverner en Bolivie et avec quelle politique ?<\/FONT><\/P><br \/>\n<P align=justify><FONT face=Georgia size=2>Dans ce cadre, la bourgeoisie bolivienne et l&rsquo;imp\u00e9rialisme ont examin\u00e9 diff\u00e9rentes alternatives pour essayer de \u00ab\u00a0r\u00e9gulariser\u00a0\u00bb le pays. Une d&rsquo;entre elles, propuls\u00e9e par l&rsquo;Eglise et soutenue par Evo Morales, est celle qui est en train d&rsquo;\u00eatre appliqu\u00e9e maintenant : le renoncement de Mesa et des chefs des Chambres parlementaires. De cette mani\u00e8re, Eduardo Rodriguez, pr\u00e9sident de la Cour Supr\u00eame, assumerait et convoquerait \u00e0 des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles anticip\u00e9es. Mais le pr\u00e9sident du S\u00e9nat, Hormando Vaca Diez de Santa Cruz, un des politiciens les plus discr\u00e9dit\u00e9s du pays, a essay\u00e9 un autre jeu : assumer lui-m\u00eame la pr\u00e9sidence, selon la \u00ab\u00a0lettre\u00a0\u00bb de la constitution, avec le soutien des vieux partis patronaux (MNR, MIR, NFR) et de la bourgeoisie de Santa Cruz. Cette rupture a finalement cr\u00e9\u00e9 un vide de pouvoir bourgeois. Un moment du processus que, dans le cadre de la mobilisation r\u00e9volutionnaire des masses, nous appelons \u00ab\u00a0crise r\u00e9volutionnaire\u00a0\u00bb parce que le pouvoir est \u00ab\u00a0vacant\u00a0\u00bb. Conscient de ce danger, la majorit\u00e9 de la bourgeoisie, l&rsquo;Eglise et l&rsquo;imp\u00e9rialisme ont fait pression sur Vaca Diez et ont obtenu son renoncement, ainsi que celui de Mario Cossio, pr\u00e9sident de la Chambre de D\u00e9put\u00e9s. Finalement, Eduardo Rodriguez a assum\u00e9 la pr\u00e9sidence et a annonc\u00e9 des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles dans 6 mois.<\/FONT><\/P><br \/>\n<P align=justify><FONT face=Georgia size=2>L&rsquo;intention est claire&nbsp; : obtenir que les \u00e9lections leur permettent de d\u00e9sactiver la lutte r\u00e9volutionnaire des masses, par un \u00ab\u00a0compromis\u00a0\u00bb avec les dirigeants \u00ab\u00a0des secteurs sociaux\u00a0\u00bb de mettre fin \u00e0 la lutte. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;un nouveau pi\u00e8ge,comme a \u00e9t\u00e9 en octobre 2003 le renoncement de S\u00e1nchez de Lozada. Pour qu&rsquo;il n&rsquo;y aie pas de doute sur cet objectif, les premi\u00e8res d\u00e9clarations de Rodriguez apr\u00e8s son investiture ont \u00e9t\u00e9&nbsp; : \u00ab\u00a0Je demanderai une tr\u00eave, un espace de paix qui nous permet de nous donner la main ; nous devons r\u00e9soudre le probl\u00e8me de milliers de m\u00e8res qui n&rsquo;ont pas de lait pour leurs enfants, qui n&rsquo;ont pas de gaz pour cuisiner, et aussi les probl\u00e8mes de milliers de citoyens sur les routes\u00a0\u00bb (El Diario 10\/6). Rodriguez obtiendra-t-il cet objectif ? Voil\u00e0 une question qui n&rsquo;a pas encore de r\u00e9ponse, surtout en Bolivie.<\/FONT><\/P><br \/>\n<P align=justify><FONT face=Georgia size=2><STRONG>Les directions, derri\u00e8re les masses<\/STRONG><\/FONT><\/P><br \/>\n<P align=justify><FONT face=Georgia size=2>Dans la semaine de la \u00ab\u00a0crise r\u00e9volutionnaire\u00a0\u00bb, les masses, avec leur lutte, ont franchi tous les obstacles et ont oblig\u00e9 leurs dirigeants \u00e0 aller au-del\u00e0 de leurs intentions. Par exemple, le 6 juin, des centaines de milliers de travailleurs, de paysans et d&rsquo;\u00e9tudiants ont occup\u00e9 La Paz et ont effectu\u00e9 un gigantesque conseil municipal ouvrier et populaire, avec la pr\u00e9sence de la COB, les mineurs, les organisations combatives de El Alto et les f\u00e9d\u00e9rations paysannes. Cette pression gigantesque a oblig\u00e9 les dirigeants \u00e0 proposer l&rsquo;installation d&rsquo;une \u00ab\u00a0Grande Assembl\u00e9e Nationale et Populaire\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0forger un nouveau gouvernement du peuple qui remplace le vide de pouvoir (&#8230;) sous le mot d&rsquo;ordre de la nationalisation des hydrocarbures\u00a0\u00bb.<\/FONT><\/P><br \/>\n<P align=justify><FONT face=Georgia size=2>Bien que pour les dirigeants cet appel \u00e9tait rh\u00e9torique, ce n&rsquo;\u00e9tait pas le cas pour les masses. Celles-ci ont d\u00e9montr\u00e9 \u00e0 nouveau qu&rsquo;elles sont capables de contr\u00f4ler le pays, et elles ont aussi montr\u00e9 le chemin pour nationaliser le p\u00e9trole et le gaz, avec l&rsquo;occupation des installations d&rsquo;hydrocarbures. De fait, dans El Alto ce pouvoir des masses existe de fa\u00e7on organis\u00e9e. Avec leurs actions, les masses commen\u00e7aient \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 la question de qui doit gouverner la Bolivie et avec quelle politique. Mais encore une fois, les dirigeants sont parvenus \u00e0 les maintenir \u00ab\u00a0aux portes du pouvoir\u00a0\u00bb. Nous r\u00e9p\u00e9tons la question&nbsp; : Eduardo Rodriguez et la bourgeoisie bolivienne, vont-ils pouvoir calmer la situation&nbsp; ? La r\u00e9ponse ne viendra que dans les prochains jours. Mais m\u00eame si eux, ils ont obtenu un peu de r\u00e9pit en appelant aux \u00e9lections, les masses boliviennes sont bien loin d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 mises en \u00e9chec. Le probl\u00e8me de qui doit gouverner le pays ne sera que remis \u00e0 plus tard et, probablement, se posera \u00e0 nouveau dans un futur proche.<\/FONT><\/P><br \/>\n<P align=justify><FONT face=Georgia size=2>Pour rompre le \u00ab\u00a0cercle r\u00e9current\u00a0\u00bb, le probl\u00e8me clef est encore celui de la construction d&rsquo;une direction r\u00e9volutionnaire des masses qui soit dispos\u00e9e \u00e0 pousser \u00e0 fond dans cette lutte. Cela commence d&rsquo;abord par ne d\u00e9poser aucune confiance dans le gouvernement de Rodriguez et de promouvoir la lutte \u00e0 fond contre lui. C&rsquo;est une t\u00e2che qui peut trouver un soutien dans des faits tr\u00e8s positifs, comme l&rsquo;organisation ouvri\u00e8re et populaire qui existe dans El Alto et d&rsquo;autres lieux du pays et l&rsquo;exp\u00e9rience extr\u00eamement riche des masses dans ce processus. Il faut exiger des dirigeants de la COB et de El Alto de ne pas en rester seulement aux belles paroles, de maintenir l&rsquo;organisation ouvri\u00e8re et populaire et de la propulser vers le pouvoir ouvrier et populaire.<\/FONT><\/P><br \/>\n<P align=justify><FONT face=Georgia size=2>L&rsquo;alternative de la Bolivie reste toujours&nbsp; : des gouvernements (civils ou militaires) de complaisance coloniale, ou un gouvernement des travailleurs et du peuple. Comme dit le MST dans sa proposition&nbsp; : un gouvernement qui, avec la COB \u00e0 la t\u00eate, \u00ab\u00a0nationalise les hydrocarbures sans indemnisation (&#8230;) cesse de payer la dette externe, c\u00e8de la terre aux paysans, rompt avec le FMI et convoque \u00e0 une Constituante d\u00e9mocratique qui approuve ces mesures\u00a0\u00bb. La Lit-qi (Ligue Internationale des Travailleurs- Quatri\u00e8me Internationale) et sa section bolivienne, le MST (Mouvement Socialiste des Travailleurs) consacrent tout leur effort \u00e0 cette t\u00e2che.<BR>&nbsp;<BR>&nbsp;<BR><\/FONT><\/P><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9volution socialiste ou colonie L&rsquo;actuelle situation bolivienne, o\u00f9 la lutte des masses a renvers\u00e9 encore un pr\u00e9sident, tout comme la chute r\u00e9cente de Lucio Guti\u00e9rrez en Equateur, montrent que l&rsquo;Am\u00e9rique Latine est toujours un des centres de la lutte de classes dans le monde. 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