Home BELGIQUE « Prolétaire de tous les pays, unissez-vous »

« Prolétaire de tous les pays, unissez-vous »

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Cette phrase du Manifeste du parti communiste est d’actualité, aujourd’hui plus que jamais. Il y a 170 ans, Marx et Engels nous donnaient déjà de précieuses indications sur l’orientation à donner à notre lutte. Actuellement les médias bourgeois nous parlent de  « l’affaire des soudanais », ou de « la crise des réfugiés ». Ils se demandent s’il est « légal » de les expulser vers tel ou tel pays, si on peut parler de violence, de torture.

Le gouvernement réprime et expulse …

En effet, pour nous, les termes « migrants, réfugiés, sans-papiers… » sont des noms qui, au bout du compte, se rapportent à une même réalité : celles de milliers de travailleurs et de leur famille qui acceptent de tout perdre pour venir chercher un avenir meilleur dans nos pays. Ils fuient la misère, la guerre et les persécutions. Durant leur voyage, nombreux sont ceux qui meurent noyés ou sont souvent, comme en Libye, réduits en esclavage.

Concernant  « l’affaire des soudanais », la réalité est particulièrement tragique. Ces personnes sont arrivées en Belgique, fuyant leur pays dirigé par un régime brutal qui impose une répression féroce et permanente. Et Théo Francken a invité une délégation du régime pour identifier plusieurs ressortissants soudanais qui avait été arrêtés et placés dans un centre fermé. En d’autres mots, il a livré des réfugiés politiques à leurs bourreaux ! Et ensuite, il les a expulsés vers le Soudan. L’Institut Tahrir a indiqué qu’ils ont subi des tortures. Un ressortissant expulsé témoigne qu’ils ont été menacés de mort.

Le gouvernement soutien totalement Théo Franken, va « demander une enquête » et a suspendu les expulsions vers le Soudan… Bref, il voudrait savoir si, au Soudan, il existe un régime brutal, un régime dirigé par un président poursuivi par la CPI pour génocide au Darfour, un pays où Amnesty dénonce régulièrement les violations des droits de l’homme. Bel exemple de cynisme et d’hypocrisie criminelle ! Pour nous c’est clair : le gouvernement belge a bel et bien du sang sur les mains, et l’affaire est destinée à se perdre dans les méandres de « l’encommissionnement ».

…pour mieux nous diviser

Si ces travailleurs du Soudan ou d’autre pays veulent venir chez nous, c’est pour y trouver un avenir meilleur, car nos pays sont plus riches. Et si nos pays sont plus riches, c’est en grande partie grâce à l’exploitation des richesses de leur pays. Le bien-être dont nous bénéficions en Belgique aurait été impossible sans les concessions que sa bourgeoisie a pu faire aux travailleurs grâce à l’exploitation du Congo. Nos Etats ont donc une responsabilité dans la situation catastrophique des pays plongés dans la misère et la guerre. La Belgique contribue à aggraver la situation via l’activité de ses multinationales, qui continuent à piller les ressources des pays africains. De plus, elle participe, en RDC, via la MONUSCO, à la formation de la police nationale, qui réprime dans le sang le peuple congolais qui s’oppose au président Joseph Kabila. Les situations de par le monde doivent être envisagées globalement et l’interdépendance des réalités vécues par les travailleurs n’est plus à démontrer.

Les patrons européens, dont les belges, utilisent les migrants, une fois arrivées ici, comme main d’œuvre bon marché. Soit légalement en acceptant de régulariser certaines personnes choisies dans une liste de profils, soit en les maintenant dans l’illégalité, ce qui les pousse à accepter des boulots au noir, souvent dans des conditions inhumaines.

Cette main d’œuvre bon marché, dans un contexte de chômage massif, permet au patronat de faire pression sur le salaire et les conditions de travail de l’ensemble des travailleurs. Et pour éviter que l’on s’unisse, pour réclamer des conditions de vie dignes pour tous et l’arrêt de leur politique criminelle de répression et d’expulsion de nos frères et sœurs de classe des autre pays, ils stigmatisent les « migrants », les « sans papiers », en les assimilant à des criminels.

Une seule solution : l’unité de notre classe

La seule solution est d’octroyer les mêmes droits à tous, et cela commence par garantir un permis de travail pour tous ainsi que la régularisation de tous les « sans papiers » et « migrants ».

Nos organisations syndicales ont le devoir de prendre des mesures pour protéger ces travailleurs et leurs familles. Il s’agit de faire pression sur l’autorité publique pour loger et nourrir de manière digne toutes ces personnes. Pour cela, nous soutenons toutes les initiatives qui vont dans ce sens. Le mouvement de solidarité et d’accueil de bénévoles montre une très grande solidarité et nous le saluons. Cependant, nous pensons que c’est aux autorités publiques d’organiser cette solidarité. Avec les moyens dont elles disposent, il est tout à fait possible d’offrir un accueil durable et de qualité à l’ensemble des migrants. Et qu’on ne nous parle pas de « profiteurs » et «d’appel d’air ». Les « profiteurs », c’est l’économie belge, qui dispose d’une main d’œuvre pour laquelle elle n’a dépensé pas un centime en formation et éducation, de la naissance jusqu’à l’âge de travailler.

Enfin, pour lutter contre le racisme et la division semée par le gouvernement et ses médias, qui présentent ces travailleurs comme des criminels, nous devons exiger l’arrêt immédiat de toutes les arrestations, la libération de tous les prisonniers incarcérés en centre fermés et l’arrêt des expulsions.

 La meilleure manière d’obtenir des avancées et des victoires dans ces combats est d’intégrer ces travailleurs dans nos organisation syndicales et de promouvoir l’unité entre tous, avec ou sans papiers.

Nous faisons un appel à toutes les organisations syndicales, de droits de l’Homme et de bénévoles pour développer une mobilisation contre la politique répressive du gouvernement et pour un accueil immédiat et de qualité de tous ceux qui fuient la guerre et la misère.

Démission immédiate de Théo Francken !

Pour un accueil digne et massif de tous les migrants,
organisé par les institutions publiques !

Syndicalisation et défenses de tous les travailleurs, avec ou sans papiers !

Arrêt des expulsions ! Régularisation de tous les sans papiers !

Non à l’Europe Forteresse : de l’argent pour l’accueil, pas pour la répression !

 

Témoignages de syndicalistes présents à la manifestation pour la justice migratoire le 13 décembre dernier à Bruxelles :

« En tant que syndicaliste, c’est important d’être présente à cette manifestation, car j’estime qu’on est tous du même côté de la barrière : on subit des politiques dans le monde qui profitent aux riches et, comme travailleurs, on se fait exploiter par ces mêmes riches.

Dans nos pays, on subit une austérité qui va en augmentant au profit des banques et du patronat. Les sans-papiers, eux, sont doublement exploités. D’abord comme être humain, car ils viennent de pays plongés dans la pauvreté grâce à la complicité de nos gouvernements, et c’est impossible pour eux de construire une vie là-bas. Ensuite, comme travailleurs, qui sont soumis aux patrons qui utilisent leur situation et les exploitent dans des boulots difficiles.

On est du même côté de la barrière, même si la situation est plus dramatique pour eux.

Donc, si on n’est pas solidaire, alors on sera perdant de toute façon, car on lutte contre un ennemi commun. »

Monique,
militante pensionnée CGSP-ALR

 « D’abord, je ne suis pas ici simplement comme syndicaliste. Je le suis ici aussi juste en tant qu’être humain.

Je trouve, en tant qu’humain, que les droits de certaines personnes bien placées dans notre société pèsent beaucoup plus que les droits de personnes qui fuient la guerre dans leurs pays.

Et en tant que syndicaliste, je crois que c’est une preuve que la lutte des classes est bien réelle et que toute une partie de l’Europe ferme les yeux sur ce qui se passe. Une Europe qui va de plus en plus vers la droite, et dans laquelle nos parents et grands-parents ont combattu pour en arriver à ce que tout le monde ait les mêmes droits. » J-P.

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