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Le visage des femmes dans la révolution : 2e Réunion plurinationale de celles qui luttent

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Mouvement International des Travailleurs (MIT)
Section chilienne de la LIT-QI
17 janvier 2020

La 2e Réunion plurinationale de celles qui luttent, en janvier, était baignée d’une atmosphère de lutte et de mobilisation. Elle a réuni plus de 3000 femmes, des secteurs de dissidence sexuelle et des groupes de femmes migrantes, qui venaient de tout le Chili et d’autres pays tels que l’Argentine, le Brésil, le Venezuela, entre autres. Nous, les femmes, nous avons été une partie essentielle de la révolution en cours ; un exemple en est la vague de manifestations animées par le collectif Las Tesis, qui a parcouru le monde entier.
Cette réunion, contrairement à la précédente, s’est tenue au début d’une révolution. En tant que femmes et dissidentes, nous avons analysé les perspectives du processus et nous avons partagé une critique profonde des dirigeants politiques et syndicaux qui ont démobilisé les travailleurs et les travailleuses. Un précédent a été créé quand la Coordination 8M a quitté le Conseil de l’Unité Sociale, après que la direction de cette dernière ait retiré le mot d’ordre Piñera, dégage de son programme et s’abstenait de faire quoi que ce soit pour mobiliser.

Il y avait une diversité de discussions et de commissions : le processus de la Constituante ; les luttes contre les emprisonnements ; la violence machiste ; l’internationalisme ; travail et sécurité sociale ; dissidence sexuelle ; droits sexuels et reproductifs ; eau et territoire ; protection des enfants ; antiracisme ; etc. Dans toutes les discussions, l’écho des revendications a abouti à la même chose : Piñera, dégage, car c’est lui le principal responsable politique des violations des droits humains et le représentant fidèle du monde des affaires ; jugement et châtiment de tous les responsables de violations des droits humains ; liberté pour tous les prisonniers accusés de combattre. Plusieurs commissions ont rejeté l’Accord pour la Paix, et il y avait méfiance envers ce processus constitutionnel, dirigé par le gouvernement : on exigeait une Assemblée constituante libre et souveraine, sans prisonniers politiques, sans Piñera et avec une approche féministe. La Réunion a également demandé, en particulier, le jugement et le châtiment des militaires responsables de viol de femmes en Haïti, lors de l’occupation du pays avec la Minustah. Et la solidarité n’a pas manqué, notament avec Gipsy Rivas, la mère de Diego Espinoza, l’un des prisonniers de la rébellion sociale, et de María Rivera, avocate du Département de Défense Populaire et militante du MIT, qui a reçu des intimidations et des menaces de mort.

Grève générale à partir du 8 Mars, un appel internationaliste
Un appel à la grève générale illimitée a été lancé, en commençant par la mobilisation le dimanche 8 mars et suivie, le lundi 9, d’un appel à arrêter la production dans tous les lieux de travail, en particulier dans les secteurs stratégiques tels que les mineurs, les ports, les travailleurs forestiers, pour aller à grève en alliance avec les territoires et les assemblées populaires. Le but est de donner un nouvel élan à la révolution en cours : que la grève ait pour objectif de renverser Piñera et de trouver une réponse à toutes nos demandes. L’appel sera également étendu à d’autres pays : que toutes les femmes du monde, et tous les travailleurs, fassent de ce 8 Mars et des jours qui suivent un mois de lutte et d’extension de la Révolution chilienne.

Le Chili doit être la tombe du machisme et du capitalisme.
Nous devons mettre fin au machisme et aux privilèges des hommes. Nous avons besoin d’un budget pour lutter contre la violence à l’égard des femmes : plus jamais de féminicides en toute impunité ; une éducation sexuelle, et non sexiste, garantie par l’État ; le droit des femmes de décider d’avorter ou non ; un salaire égal pour le même travail ; etc. Nous savons que la seule façon d’y parvenir est d’évincer du pouvoir ceux qui ont reproduit le machisme à travers leurs institutions, leurs lois et leur « justice », en l’utilisant également pour diviser la classe ouvrière. C’est pourquoi, si nous voulons mener en profondeur la lutte contre le machisme, nous devons nous battre pour nous débarrasser de ceux d’en haut, à commencer par Piñera ; pour mettre fin à l’exploitation et au système capitaliste. Car aucun des droits démocratiques ne sera conquis par nous et les opprimées de manière complète dans le cadre de ce système : le cas [du refus de prendre en compte la Loi] des trois raisons [d’avortement] démontre que ces droits seront tout au plus partiels et transitoires.
Dans cette révolution, nous serons toujours en première ligne, nous ne rentrerons pas chez nous pour revenir sous le joug du travail domestique, car cette révolution doit prendre les drapeaux de l’émancipation des femmes et des secteurs opprimés. Notre plus grand défi est la transformation révolutionnaire de la société, dans le cadre d’un programme qui progresse avec les femmes, les dissidentes et tous les opprimés de la classe ouvrière, vers la construction d’une société socialiste – qui n’est pas celle de Maduro, de la Chine, ou de Cuba – nationale et internationale. Le Chili sera la tombe du machisme et du capitalisme.

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