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Le 8 mars : Faire grève dans les usines, protester dans la rue !

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La « Journée internationale de la femme » n’est pas n’importe quelle date, comme on veut nous faire croire depuis longtemps : ces dernières années, cette date a été déformée par la bourgeoisie, par les institutions de l’impérialisme et par le réformisme, qui l’ont privée de son caractère de classe en la transformant en une journée consacrée à célébrer la « fraternité des femmes » (toutes les femmes, riches et pauvres, exploiteuses et exploitées). Et chaque année, le 8 mars, les médias transmettent des hommages hypocrites aux femmes en général, essayant de transmettre le concept que l’oppression de la femme est chose du passé, parce qu’aujourd’hui, il y a des femmes qui sont ministres, secrétaires d’Etat, juges, présidentes et dirigeantes d’entreprise.

 

Oppression et capitalisme

L’année dernière, la « Journée internationale de la femme » n’était pas seulement une date comme les autres. La participation en masse des femmes et des hommes à l’appel international pour la réalisation d’un mouvement mondial des femmes, lancé par #NiUnaMenos, a donné lieu dans de nombreux pays à des mobilisations extraordinaires, au cours desquelles d’autres demandes ont été ajoutées aux revendications contre la violence à l’encontre des femmes et contre l’oppression, telles que le droit plein et libre à l’avortement, le salaire égal pour un travail égal, contre le harcèlement sexuel dans le lieu de travail et d’étude, contre les plans d’austérité et les réductions des droits des travailleuses et des travailleurs ; des mobilisations lors desquelles la production et la prestation de services ont été bloquées partiellement ou totalement.
L’appel à la grève, en tant qu’outil de lutte pour dire non à la violence, marquait en partie le début du dépassement du poly-classisme inhérent aux initiatives précédentes et soulevait le problème d’un point de vue de classe, en mettant l’accent sur le concept que la lutte contre la violence faite aux femmes est aussi une lutte contre le système économique et social qui la génère : le capitalisme.
Cela s’est passé en dépit du fait que plusieurs groupes féministes voulaient donner à la grève un sens de grève des activités des ménagères, c’est-à-dire une action individuelle contre les hommes. Beaucoup de femmes savent que la racine de la violence à leur encontre se trouve dans le système capitaliste pourri qui utilise l’idéologie machiste pour exploiter, opprimer et discriminer les femmes. Le capitalisme se nourrit de la différence innée entre les hommes et les femmes et l’utilise pour diviser la classe ouvrière et exploiter celle-ci au maximum. La vague de violence qui a envahi le monde des femmes n’est pas fortuite, c’est la conséquence de l’exacerbation de toutes sortes d’inégalités opérée par un système en crise, le capitaliste, qui essaie de se préserver et qui, à cet effet, décharge sur les épaules des femmes et des hommes de la classe ouvrière le poids des plans d’austérité.
L’augmentation de l’oppression et de l’exploitation des travailleuses est ce qui explique la montée de leurs luttes ces dernières années, et non, comme certains mouvements féministes soutiennent, la décision individuelle des femmes de se libérer de leurs chaînes : ils véhiculent ainsi l’idée que toute femme, riche ou pauvre, peut s’émanciper de la condition d’oppression, en cachant le fait que les femmes bourgeoises riches exploitent et oppriment les femmes de la classe ouvrière qui sont majoritaires dans la société. Quel est le but de ces féministes ? Obtenir dans la société capitaliste les mêmes avantages, le même pouvoir, les mêmes droits que ceux de leurs maris, de leurs pères et de leurs frères. Par contre, nous, les socialistes, qui nous battons aussi pour l’égalité des droits entre les sexes, pensons que, pour y parvenir, il faut aller plus loin et faire une révolution qui élimine les fondements matériels de toute inégalité sociale, économique et culturelle dans le capitalisme : la propriété privée des moyens de production qui soumettent la majorité de la population des hommes et des femmes à l’exploitation et à l’oppression les plus brutales.

Faire grève et manifester ce 8 mars

Cette année aussi, à l’occasion de la « Journée internationale de la femme (travailleuse) », un appel a été lancé pour une grève mondiale des femmes, que nous soutenons en tant que femmes prolétariennes, parce que nous sommes convaincues qu’il faut ramener au 8 mars le sens originel de la lutte. Nous croyons que la grève est l’instrument le plus représentatif, non du choc entre les sexes de l’espèce humaine, mais d’une classe sociale contre une autre ; et donc une occasion de démontrer aux capitalistes, hommes ou femmes, que nous n’avons pas peur, que nous sommes capables de saper le système productif, comme l’ont montré les exemples de lutte et de mobilisation de ces dernières années. Car nous croyons que la lutte des femmes qui travaillent doit faire partie de la lutte que tous les travailleurs doivent mener contre l’impérialisme et, bien sûr, contre toute forme d’oppression.
Ne laissons pas les capitalistes et leurs gouvernements utiliser le sexisme, l’homophobie, le racisme pour mettre en œuvre les plans d’austérité violents qui déchargent la crise économique mondiale sur le dos des travailleurs : les jeunes sans emploi, et surtout les secteurs les plus opprimés, tels que les femmes, divisant la classe ouvrière pour en accroître l’exploitation et favoriser l’enrichissement de quelques-uns au détriment de beaucoup.
Contrairement à ce que prétendent de nombreuses organisations féministes dans le monde, la grève du 8 mars doit être, à notre avis, non une grève symbolique mais une vraie grève, ouverte à la participation de toute la classe ouvrière.
Cela doit être l’union ferme dans un terrain de classe ; elle a besoin du soutien de tous les travailleurs parce qu’elle fait partie de la même lutte. Les exigences pour améliorer la vie et le travail des femmes doivent être assumées par l’ensemble de la classe ouvrière, car avec chaque droit qui est arraché des femmes qui travaillent, un abus supplémentaire est commis au détriment des droits de tous les travailleurs.
En tant que femmes révolutionnaires, nous demandons à nos camarades de classe de se joindre à nous et de soutenir la grève prévue pour le 8 mars. Pourquoi ne pas en faire une grève générale qui paralyse le système ? Nous devons coordonner la lutte des femmes qui travaillent avec celle des autres travailleurs, pour dire non à la violence du capitalisme, exiger le plein emploi contre toute flexibilité et insécurité dans l’emploi, un salaire égal pour un travail égal, le contrôle des travailleurs sur le temps et les heures de travail, ainsi que le « risque zéro » sur le lieu de travail ; l’éducation de masse et publique sans discrimination de classe et en accord avec les véritables inclinations de chacun ; pour le maintien et l’amélioration des services publics de soutien aux femmes, tels que garderies, blanchisseries et cuisines collectives, centres pour personnes âgées et handicapés, cliniques et attention médicale publiques généralisées ; et du temps libre pour les activités politiques, syndicales et culturelles.
En tant que LIT-QI, à travers nos sections qui participent activement à la construction de cette journée de lutte et de mobilisation, nous appelons les syndicats à fournir le soutien nécessaire à la grève, en organisant des réunions et des assemblées sur les lieux de travail et d’étude, pour construire une grande journée de lutte non seulement de femmes, mais de tous les opprimés et exploités.

Vive le 8 mars internationaliste !
Vive la lutte des femmes travailleuses !
A bas le système capitaliste exploiteur et oppresseur !
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