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Grève générale – Espagne

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Contre la réforme du travail et l'attaque aux pensions
 
Grève générale jusqu’à leur annulation
 
« A tous ceux qui demandent le licenciement plus facile ou libre, je dois leur dire, non ! non ! », disait Zapatero. Un an après, il a mis en place par décret une réforme du travail qui est l’agression la plus brutale contre les travailleurs depuis la fin de la dictature franquiste, et en plus, lors du traitement au parlement, le PSOE (Parti Socialiste Ouvrier Espagnol) a été à la tête pour durcir le texte de cette réforme. Le PP (Parti Populaire) fait de la démagogie avec ses « différences » tandis qu’il se frotte les mains avec une réforme qu’il attendait depuis belle lurette et qu'il voudrait encore plus dure.

Le gouvernement a dit que la réforme du travail « a pour objectif fondamental d’éviter les licenciements », mais en réalité, nulle part on ne parle de mesures pour la création d’emplois, le texte tout entier est consacré à faciliter les licenciement et à en baisser le coût. Depuis le 18 juin, quand le Décret Royal de la Réforme du Travail est entré en vigueur, les entreprises ont accéléré les licenciements. Par exemple, UPS, une multinationale à laquelle l’administration du travail a rejeté en quatre occasions la procédure de licenciement collectif (ERE), commence maintenant, avec la réforme du travail en main, à licencier des travailleurs en les accordant des indemnisations de 20 jours par année de travail. Il y a donc des raisons plus que suffisantes pour la grève générale.
 
C’est la réforme pour rendre le licenciement plus facile et moins cher
 
Avec 4,6 millions de chômeurs, la réforme du travail, loin de promouvoir la création d’emplois, prépare une nouvelle vague de licenciements. Le licenciement avec une indemnisation de 33 jours par année de travail (au lieu de 45 par année jusqu’à maintenant) se généralise.
La réforme facilite les licenciements pour « causes objectives ». Avec la simple prévision de pertes ou de « chute persistante de revenus », les entreprises pourront licencier des travailleurs en les accordant des indemnisations de 20 jours par année de travail et un plafond de 12 mensualités.
La Réforme du Travail est une usine pour produire des chômeurs, de telle sorte que même les travailleurs de l’Administration Publique ne pourront pas échapper au licenciement pour « causes objectives ». En outre, au milieu de la campagne de « réduction des dépenses publiques », une partie des coûts (8 jours) de tous les types de licenciements est financée pour les patrons avec des fonds publics.
 
On criminalise les chômeurs et les agences d’emploi deviennent une bonne affaire
 
La Réforme du Travail diminue de 100 à 30 jours la période maximale dans laquelle un chômeur peut refuser des cours de formation, et en même temps, une misérable campagne médiatique de criminalisation des chômeurs est orchestrée, dans laquelle on croirait que les offres de travail apparaissent par millions et que les chômeurs les rejettent. On réduit le nombre de chômeurs qui recevaient les misérables 429 euros d’allocations de chômage, sans mentionner le million et demi de chômeurs qui ne reçoivent pas un centime d’allocation.
En outre, la recherche d’un emploi est à la base d'une nouvelle affaire, par la légalisation des agences privées de mise au travail comme collaboratrices des services publics de l’emploi.
 
Cette réforme légalise les abus des patrons
 
La légalisation des abus des patrons s'appelle maintenant « faciliter la flexibilité interne ». Cette réforme facilite les formalités pour que les patrons puissent t'envoyer  à un autre centre de travail, modifier tes horaires autant de fois que le chef le veut, te changer de poste de travail ou ne pas te payer l’augmentation de salaire au cas où le patron ne voudrait pas honorer la convention collective signée.
De cette manière, et avec les mains libres pour modifier substantiellement les conditions de travail, ils vont s’acharner dans leurs abus contre les secteurs les plus touchés par la crise, et les plus précaires, tels que la jeunesse, les femmes ou les travailleurs immigrés.
 
C’est une réforme contre les conventions collectives
 
Les entreprises « en problèmes » pourront éviter les augmentations de salaires stipulés par la convention sectorielle. Cela signifie ouvrir la porte au début de la fin de la négociation collective, au début de la fin des conventions. Le Métro de Madrid, les fonctionnaires, les contrôleurs aériens, sont quelques exemples à cet égard. Tous ont fait l'objet de baisses de salaires sans respecter les conventions signés.
 
C’est une réforme pour une précarisation encore plus profonde de l’emploi
 
Ils ont parlé de « mettre un frein au statut temporaire » et la réforme vient d'étendre à quatre ans la période des contrats pour oeuvre et service. Auparavant, les travailleurs devenaient fixes avec trois ans de travail, aujourd’hui il faut avoir « réalisé la même activité et dans le même poste de travail ». C’est-à-dire, un simple changement de poste de travail remet à zéro le compteur d’ancienneté. L'emploi se précarise encore davantage et permet l’entrée des agences d'intérim dans tous les secteurs du travail.
 
Si nous ne les barrons pas la route, il y aura encore plus de licenciements et d’attaques aux pensions
 
Zapatero et Botín, le gouvernement des banquiers aux ordres du Fond Monétaire International et de l’Union européenne de Merkel et Sarkozy, avec le soutien de la droite (CIU, PP, PNV…), ont pour objectif de faire payer la crise aux travailleurs. Ils ne corrigent pas les vraies causes qui nous ont menées à cette crise, ils n’ont touché aucun des spéculateurs mais ils se déchaînent contre les travailleurs.
Ils ont mis en place le plan d’assainissement, maintenant ils en sont à la Réforme du Travail, et si nous ne les barrons pas la route, ils imposeront finalement – ils l'ont dit – l'attaque aux pensions, c’est-à-dire, la retraite à l’âge de 67 ans et l'élévation des 15 ans de carrière à 20 ans pour le calcul des pensions. Derrière cela vient en outre la diminution des allocations de chômage, la liquidation de la négociation collective, le paiement d'une partie des soins de santé, etc. Ils n’ont pas de limites ! Les travailleurs grecs ont raison quand ils disent : « Ils veulent nous transformer en pauvres », « ils veulent nous faire retourner aux années 50 ». Voilà leur objectif !
C’est pour cela que la grève générale du 29 septembre a un sens et doit être le début d’un changement dans la situation des travailleurs car, du contraire, cette bande va nous dévorer. La grève générale a un sens parce qu'il faut imposer une autre issue à la crise : distribuer le travail en réduisant la journée de travail sans réduire le salaire ; garantir l'allocation indéfinie pour le chômeur jusqu'à l'obtention d'un emploi ; réduire l’âge de la retraite à 60 ans et promouvoir les contrats de remplacement. Il faut augmenter les montants des pensions. Il faut dire NON au FMI et à l’Union européenne, et prendre les ressources pour tout cela chez ceux qui les ont, c’est-à-dire, nationaliser les banques et les secteurs clef de l’économie, appliquer des impôts progressifs sur les grandes fortunes, sur les grands dépôts bancaires et sur les entreprises qui font le plus de bénéfice. Autrement dit, la crise doit être payée par les capitalistes.
 
Tous à la grève générale pour nos objectifs. Aucune confiance dans les directions de CCOO et UGT.
 
C’est un scandale, le soutien inconditionnel que les dirigeants des syndicats dits « majoritaires » ont donné pendant toutes ces années au gouvernement de Zapatero, alors qu'ils bradaient les droits des travailleurs, contemplaient en toute passivité l’accroissement duchômage et contribuaient à des milliers de licenciements en signant des procédures de licenciement collectif. Selon eux, « il n’y avait pas de raisons pour une grève générale ». Par après, quand ils l’ont convoquée, ils l’ont fait avec un délai de trois, quand la Réforme est déjà loi. Et jusqu’à aujourd’hui, ils n’ont rien dit par rapport à la continuité de la lutte.
C’est pour cela que nous disons à tous les travailleurs qui, comme nous, se méfient profondément des bureaucraties syndicales ; à tous les travailleurs qui, comme nous, savent qu’avec une seule journée de grève on ne va rien changer : qu’il faut soutenir sans réserve la grève générale. Pour Toxo et Mendez, la grève générale est là pour récupérer ce qu’ils ont fait pendant toutes ces années, « le dialogue social ». Pour nous, la grève générale est là pour faire tomber la réforme du travail et pour commencer un processus de mobilisation pour en finit avec toute cette politique anti-ouvrière et antisociale du gouvernement des banquiers. Voilà la différence !
Au-delà du résultat du 29 septembre – nous avons déjà l'expérience d'autres grèves générale d’une seule journée – il faut exiger et imposer la continuité de la mobilisation, et son intégration avec les luttes dans le reste d’Europe, jusqu’à mettre en échec la réforme du travail et arrêter les autres agressions.
Le 29 septembre doit être un succès de la lutte ouvrière, parce que la Réforme du Travail n’est pas dirigée contre Toxo et Méndez mais contre tous les travailleurs, et un échec de la grève générale équivaudrait à un recul brutal pour les travailleurs.
Pour ceux qui disent qu'on « ne peut rien faire, parce que la Réforme est déjà loi », il faut rappeler que la lutte ouvrière a fait tomber des lois, des gouvernements et des régimes entiers. C’est la lutte ouvrière qui fait tomber des lois et conquière des droits. Il ne s'agit donc pas de savoir si la réforme est déjà loi, mais si nous descendons dans la rue jusqu’à la mettre en échec.
 
Voilà notre engagement, qui doit être l’engagement de tous les travailleurs et lutteurs : organiser des assemblées et des réunions partout dans les centres de travail et utiliser tous les moyens pour dissiper les doutes, diffuser l’appel à la grève et l'exigeance à tous les syndicats de la continuité jusqu’à la défaite de la réforme du travail et de l'attaque aux pensions.
Nous nous engageons à faire tous les efforts pour obtenir l’unité d'action la plus grande à l'échelle de l'Etat, de tous les travailleurs, et en particulier avec le syndicalisme alternatif, pour chercher le succès de la grève générale et toutes les voies de continuité de cette lutte.
Et nous appellons toutes les organisations, tous les militants, de quelque syndicat qu'ils soient, à nous rejoindre et à préparer tous ensemble cette bataille pour mettre en échec la réforme du travail et l'attaqueaux pensions.
 
Coordination Syndicale de Madrid (CSM) : Alternative Syndicale de Travailleurs (AST), Syndicat Autonome de Travailleurs Maison de la Monnaie Nouvelle Plate-forme (SATNP), Syndicat Unitaire (SU), Commission de Travailleurs en Assemblée (CTA), Plate-forme Syndicale (PS) (EMT), Collectif Ouvrier Populaire de Roca (COP), Syndicat Unifié Indépendant de Travailleurs de l’Hôtel Meliá Castilla (SUIT) et Plate-forme Syndicale Indépendante de Blas&Cía (PSI) ; Commissions de Base (CO.BAS) ; Solidarité Ouvrière (SO) ; Syndicat Ferroviaire de Madrid-Intersyndical ; Syndicat d'Assemblée de la Santé (SAS) ; Mouvement d'Assemblée de Travailleurs de la Santé (MATS) ; Confédération Territoriale de Madrid, Castilla la Mancha et Extremadura de CGT ; Courant Rouge (CR) ; Initiative Communiste (IC) ; Parti Communiste des Peuples d’Espagne (PCPE) ; Gauche Anti capitaliste ; Coordination Anti fasciste de Madrid ; C.S.O.A. La Traba ; Assemblée Vallekas pour la Grève Générale ; Gauche Castellana ; Collectifs de Jeunes Communistes (CJC) ; Comité d’entreprise de UPS-Vallecas.
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