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Corriente Roja soutient la lutte des mineurs

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On sauve les banquiers et on licencie les mineurs ! C'est honteux !

Les mineurs de tout l'Etat espagnol sont en guerre, et avec eux, les habitants des districts miniers, qui sont acculés à la pauvreté après la décision du gouvernement de suspendre la subvention à l'industrie houillère.

 


Le gouvernement a décidé d'accélérer la fin de l'exploitation minière en diminuant de 63 % en moyenne les subventions au fonctionnement cette année, ce qui forcera la fermeture anticipée de puits suite à l'incapacité de maintenir une activité viable. Cette réduction des subventions aux gisements, qui ne respecte pas les accords signés, est aggravée par la réduction drastique du budget consacré à la « réactivation économique ». Le gouvernement a décidé ainsi la liquidation vertigineuse de l'exploitation minière pour épargner, dit-il, plus de 650 millions d'euros dans le budget, ce qui va provoquer une véritable catastrophe sociale.

Depuis près de 30 ans, les gouvernements (du PSOE et du PP) ont appelé « reconversion industrielle » ce qui n'a été rien d'autre que la destruction pure et simple de l'activité industrielle et de l'emploi. Le déclin des villes minières a été permanent et le chômage continue de faire rage. La décision du gouvernement Rajoy touche actuellement plus de 30 000 familles. Rajoy s'en prend aux mineurs, au nom de cette course cynique et effrénée pour réduire le déficit.

Un poker menteur

Ils mentent à propos de la nature de cette crise, à propos des responsables, et à propos de la solution à la crise.

On veut nous faire croire que nous, les travailleurs, nous sommes les responsables du déficit budgétaire de plusieurs millions. Et toutes sortes de coupes sociales, des fermetures de mines et tout ce qu'il faut se justifient au nom de la lutte contre ce déficit. Il n'y a pas d'argent pour l'éducation, pas d'argent pour la santé publique, pas d'argent pour le logement ou la création d'emplois, pas d'argent pour l'exploitation minière, mais il y a tout l'argent nécessaire quand il s'agit de secourir des banquiers milliardaires. On ne dispose pas, cette année, de 200 millions d'euros pour subventionner la production houillère, mais il n'y a aucun problème pour donner 23,5 milliards d'euros à Bankia. Le maintien de la production de charbon représente 0,8 % de la dernière prestation fournie directement à Bankia. Ce que l'on paye pour seulement trois jours d'intérêts de la dette publique immorale et illégitime aux banquiers allemands, français et espagnols, suffit pour subventionner pendant toute une année la production du charbon.

Ils mentent concernant le déficit lui-même de l'exploitation minière. Le charbon national reçoit en moyenne de l'Etat une rétribution de 1,82 cents par kilowatt, alors que l'énergie éolienne obtient 4,29 cents, l'hydraulique 4,38 cents, les centrales de cogénération 5,12 cents, l'utilisation de la biomasse 7,07 cents, les technologies qui utilisent les déchets 9,03 cents et l'énergie solaire pas moins que 42,86 cents. Nous sommes confrontés à un énorme mensonge au sujet du déficit et de la politique énergétique.

A l'heure actuelle, le secteur de l'électricité en Espagne est contrôlé par six grandes entreprises : Iberdrola, Endesa, Gas Natural, Union Fenosa, EnelViesgo et Hidrocantábrico. Elles sont dans les mains des banquiers et des fonds d'investissement étrangers (nord-américains, italiens, français… ) et sont les grandes bénéficiaires des aides de l'Etat, engloutissant un déficit tarifaire de 24 milliards d'euros.

Les comptes honteux des administrations publiques ne tiennent pas debout. La subvention au charbon représente une somme dérisoire par rapport à l'aide massive aux banques. Il faut ajouter à cela que la perte de 10 000 emplois directs dans le secteur aura comme conséquence une perte de revenus pour les fonds publics de 225 millions d'euros par an, en concept d'impôt des personnes et de contributions à la sécurité sociale, sans compter quelque 120 millions d'euros de TVA sur la vente de la production. Il y a donc lieu de se poser la question au service de qui sont établies les comptes du gouvernement ?. Et la réponse est sans équivoque : au service des banquiers, des multinationales de l'énergie et du gouvernement de la Troïka qui est en train de transformer le pays en une friche pleine de chômeurs et de misère, en une seconde Grèce en Europe.

Pour la libération immédiate de la subvention au charbon, pour la nationalisation des mines !

Les mineurs, qui ont des salaires de misère, payés par des sous-traitants avec souvent des mois de retard, pour laisser leur vie et leur santé dans les puits, voient maintenant leur emploi et leur avenir menacés.

Lorsque des fortunes sont dilapidées pour sauver des banquiers ou subventionner les multinationales de l'énergie, on ne peut accepter d'aucune façon que l'on dise qu'il n'y a pas d'argent, qu'il faut suspendre l'aide au charbon et n'investir pas un euro de plus dans la réactivation industrielle des bassins.

Il faut libérer immédiatement l'aide à l'extraction du charbon et nationaliser le secteur minier sous contrôle des organisations des travailleurs et du peuple, car c'est la seule façon d'assurer la production et l'emploi et d'éviter qu'une grande partie de la subvention à l'industrie houillère passe en mains des entrepreneurs privés, qui par la suite font appel à la sous-traitance et exploitent horriblement les mineurs. Les dirigeants de CCOO et de UGT doivent agir conformément aux exigences des circonstances et arrêter de cultiver un espoir de solution dans un accord avec les entrepreneurs du charbon, car ces derniers vont abandonner les mineurs à leur sort, le jour même où ils reçoivent une partie des subventions. Il faut exiger la nationalisation de l'industrie minière.

Il faut exiger la mise en œuvre d'un plan d'industrialisation et de travaux publics et sociaux qui crée de l'emploi dans les bassins miniers. Il n'y a pas d'argent pour cela ? Bien sûr qu'il y en a, si on ne donne plus un euro aux banquiers et si on arrête de payer la dette immorale et illégale, afin de réserver ces ressources pour mettre en place le seul plan de sauvetage dont on a besoin, celui de sauver les travailleurs et le peuple.

Le 11 juillet, tous avec les mineurs, à soutenir la Marche Noire

Le 22 juin dernier, les mineurs ont commencé une marche à pied sur Madrid, à partir de différents endroits, pour exiger du gouvernement une solution au conflit. Partout où ils passent, ils doivent recevoir le soutien et la solidarité de tous les travailleurs. Ils arriveront à Madrid le 11 juillet, et ils doivent être accueillis comme ils le méritent. Il faut leur faire sentir qu'ils ne sont pas seuls, que toute la classe ouvrière soutient leur juste lutte, car les hommes et les femmes de l'exploitation minière sont la fierté de toute la classe ouvrière. S'ils gagnent, nous gagnons tous.

Les mineurs occupent les puits, descendent dans la rue et font face héroïquement, tous les jours, à la brutalité policière, au péril de leur vie. C'est le moment pour les dirigeants de CCOO et UGT de passer des paroles aux actes et d'unir toutes les luttes en cours, appelant à la grève générale, car c'est la seule façon de soutenir les mineurs et d'unifier la réponse de tous les travailleurs à ces plans de guerre sociale du gouvernement du Rajoy et la Troïka. 

 

 

Vidéo : Manifestation de soutien aux mineurs



Finalement, il faut dénoncer encore et encore les interventions honteuses de la police et de la garde civile, soucieuses de faire taire cette juste lutte à coups de matraques, de balles en caoutchouc et d'irruptions sauvages dans les villages. Nous exigeons le non-lieu et la libération immédiate pour tous les détenus et nous réaffirmons que tous les incidents qui peuvent survenir sont de la responsabilité de ce gouvernement des banquiers et des riches.

Pour recevoir les mineurs comme ils le méritent, il faut leur manifester la solidarité et préparer la réception à partir des comités d'entreprise et des sections syndicales, à partir des facultés, des instituts et des quartiers ouvriers, à partir des Assemblées de 15M. Même dans d'autres villes de l'Etat, il faut organiser, ce 11 juillet, des manifestations ou des rassemblements de soutien aux mineurs.

Vive la lutte des hommes et des femmes de l'industrie minière !

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