Home BELGIQUE Affaires courantes ou pas, unifions nos luttes !

Affaires courantes ou pas, unifions nos luttes !

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« Les affaires courantes ? Oh, vous savez, on en a l’habitude en Belgique, c’est presque une tradition. […] C’est un concept sur lequel on n’a pas légiféré. On peut donc, durant cette période, faire tout ce qui est nécessaire. »1

Le gouvernement en affaires courantes n’a effectivement jamais cessé de faire « tout ce qui est nécessaire » pour essayer de préserver les intérêts des patrons. Et le 13 février 2019 déjà, les travailleurs répondent avec une grève générale.

Sous le gouvernement Di Rupo, plus de 4 milliards d’euros avaient été « économisés » dans l’assurance-maladie. Sous celui de Michel, le montant a presque doublé.2 Et « l’attractivité » de la Belgique pour y investir était au comble pour 2019, avec la prévision d’une réduction de l’imposition fiscale pour les employeurs de 34% à 25%.3 Un déficit à charger sur les épaules des travailleurs.

Durant toute l’année 2019, il y a eu de nombreux secteurs en lutte : les jeunes pour l’environnement, le personnel des soins de santé, les travailleurs de la SNCB, des prisons, de De Lijn, les Gilets jaunes. Mais jamais les directions syndicales n’ont cherché à unifier les mouvements de grève. Il y a maintenant l’appel pour « une manifestation » le 28 janvier, mais là encore, ce n’est organisé que par la FGTB , et on évite soigneusement le mot de « grève générale ». Les travailleurs sont juste « couverts par un préavis » pour y participer.

Entre-temps, il y a la valse des informateurs au palais et le marchandage entre les partis de la bourgeoisie. Mais sur un point, il y a un accord entre tous pour diviser notre classe : « Nos gens d’abord ». En effet, tous sont d’accord qu’il faut faire une sélection parmi les travailleurs entre ceux qui peuvent vivre légalement en Belgique, avec « nos gens », et ceux qui sont destinés à travailler dans l’illégalité, source de main d’œuvre à bas prix, et qui n’a pas coûté un euro de formation au contribuable belge, depuis la naissance jusqu’à l’âge de pouvoir travailler.

Il est temps de faire face à toutes les attaques du gouvernement en unifiant nos luttes, de tous les secteurs, y compris les Gilets jaunes. L’attaque à nos droits est globale, et nous devons exiger de nos directions syndicales un plan de lutte global, à discuter dans des assemblées sur les lieux de travail.

Un premier pas serait une grève générale de longue durée, préparée et organisée sur les lieux de travail, pas une simple manif ou un jour isolé de grève décidé d’en haut. Nos héroïques camarades français nous donnent l’exemple. Mobilisés depuis presque deux mois dans certains secteurs, ils ont déjà fait reculer Macron concernant l’âge de la retraite, et ils restent mobilisés pour rejeter toute la réforme des pensions !

Un plan global, discuté et mis en œuvre avec des assemblées sur le lieu de travail, c’est « ce qui est nécessaire » pour notre classe. Un premier pas pour construire nos organisations d’en bas, en vue de la seule issue possible : que les travailleurs organisés prennent en main les rennes de l’État, pour pouvoir alors construire une autre société, une société  socialiste, centrée sur les besoins des gens.

Aucune confiance dans le gouvernement des patrons.

Tous à la journée du 28 janvier, pour mettre en commun nos luttes.

Unifier les luttes, chez nous et au-delà des frontières.

Non à la xénophobie. Frontières ouvertes.

Native ou étrangère, la même classe ouvrière !

 


1C’est ce que disait Yves Leterme quand il était depuis neuf mois déjà en charge des affaires courantes après la chute de son gouvernement en avril 2010. (Le Soir 13.01.2011).

2Service national d’études des mutualités socialistes, décembre 2017

3Le Soir 5 juin 2019

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