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vendredi, février 3, 2023

Ce n’est que depuis la rue que nous pourrons défendre le droit à l’avortement et tous nos droits sexuels et reproductifs !

Par: Corrient Roja, section de la LIT-QI dans l’Etat espagnol, le 26 mai 2022

Le mardi 17 mai, le gouvernement a approuvé le projet pour une nouvelle loi sur l’avortement qui, entre autres mesures, vise à redonner la possibilité d’avorter aux mineures de 16 et 17 ans sans le consentement parental et à étendre certains droits.

Une annonce qui n’est rien d’autre qu’une des nombreuses mesures d’autopromotion et de propagande triomphaliste auxquelles ce gouvernement nous a habitués, dans laquelle il n’explique même pas comment il entend garantir que l’IVG (Interruption Volontaire de Grossesse) sera réalisée dans les centres de santé publique, sans former le personnel et sans renforcer le Service de Santé Publique mis à mal. Avec la nouvelle loi sur l’avortement, l’avortement n’est pas complètement dépénalisé et seules celles qui ont une carte de santé y auront droit, ce qui signifie qu’il n’est TOUJOURS PAS GARANTI. Et pour les grossesses de plus de 22 semaines, un comité d’évaluation restera nécessaire, qui n’autorise l’avortement que s’il considère que le fœtus ne peut pas survivre.

Le projet de loi envisage une incapacité temporaire de travail, spécifiquement conçue pour les règles douloureuses et prise en charge par la Sécurité sociale dès le premier jour. Une annonce qui a suscité de nombreux débats, voire des désaccords au sein même du gouvernement, tant sur la forme et le fond du congé.

Nous sommes évidemment d’accord avec cette mesure. Mais la question est de savoir combien de personnes oseront en profiter, avec les niveaux actuels de chômage et de précarité et avec les facilités pour le licenciement simple et bon marché qui sont maintenues avec la nouvelle réforme du travail. Seules les personnes ayant fait l’objet d’un diagnostic médical pourraient bénéficier de ce soi-disant congé de maladie. En 2021, 1 patient sur 6 a attendu plus de 10 jours pour voir son médecin. Encore une fois, comment comptent-ils rendre cette mesure efficace sans renforcer les soins primaires ?

On peut dire la même chose de la prétendue garantie de l’éducation sexuelle, qui est déjà incluse dans la loi actuelle, mais qui restera lettre morte tant que ce gouvernement ne retirera pas l’Église de l’enseignement public et que cette dernière disposera de plus de ressources. Il parle d’une formation spécifique des enseignants et des fonctionnaires sur la santé sexuelle et menstruelle, et d’une éducation sexuelle basée sur le consentement dans les principales étapes éducatives; des mesures que nous, Corriente Roja, réclamons depuis des années. Mais nous continuons à nous demander avec quelles ressources ils vont financer cette formation s’ils sont incapables de titulariser et de rendre permanents les enseignants intérimaires et continuent à allouer moins de 6% du PIB à l’éducation publique.

Il est question de distribuer gratuitement des produits d’hygiène menstruelle dans les écoles, les prisons et les centres sociaux. Mais l’objectif d’abaisser ou d’éliminer la TVA n’a pas été atteint. Plus de la moitié de la population a ses règles et a besoin de ces produits, qui devraient être considérés comme des produits de première nécessité et être garantis par l’État à tous celles qui en ont besoin, y compris les serviettes hygiéniques, dont le taux de TVA est actuellement de 21 %.

Enfin, il convient de souligner que les avancées proposées dans ce projet de loi ne sont pas un cadeau, mais le fruit de la lutte pour des revendications historiques. Nous n’avons AUCUNE garantie que la nouvelle loi sur l’avortement puisse être approuvée au sein de la législature actuelle. Il suffit de voir ce qui s’est passé avec la loi sur la liberté sexuelle, mieux connue sous le nom de loi Solo Sí es Sí, que nous attendons toujours. Il en va de même pour la loi sur les trans ou la loi sur les droits des LGTBI, qui a été ouverte à la consultation publique il y a deux ans.

C’est pourquoi ce n’est que par la lutte et la mobilisation dans les rues, comme celles qui ont déjà commencé à s’organiser aux États-Unis, que nous pourrons défendre les droits que nous avons gagnés et faire avancer ceux que nous n’avons toujours pas. 

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