Inicio FRANCE Unifions les luttes !

Unifions les luttes !

Depuis plusieurs mois, la situation economique mondiale ne cesse de se degrader. Une grande partie des analystes economiques sont d’accord sur le fait que la crise n’a pas encore atteint son


sommet. Les repercussions sont deja visibles : dans plusieurs pays des emeutes de la faim ont eclate. En Afrique du Sud, la crise economique a pris un caractere particulierement violent, ou des attaques, essentiellement dirigees contre des immigres Zimbabweens, ont provoque plus d’une cinquantaine de morts.


 


Mais cette crise touche egalement les pays imperialistes. Les salaires reculent, les prix explosent, les conditions de travail se degradent et deviennent de plus en plus precaires. Dans le meme temps, la lutte des classes connait un net regain d’activite. Cette situation se verifie dans ce pays ou elle est caracterisee par une multiplication des greves, touchant des secteurs chaque fois plus larges. Les derniers en date etant les marinspecheurs, qui sont mobilises contre l’augmentation du prix du gazole. Ils ne veulent pas se contenter de vagues promesses du gouvernement et continuent a ce jour, a bloquer de nombreux ports. Deja, les paysans et les routiers menacent


d’entrer dans la danse, de meme que les marins-pecheurs de plusieurs pays d’Europe.


 


L’offensive du gouvernement contre les travailleurs


 


Le gouvernement repond aux mobilisations des travailleurs par l’arrogance et le mepris. Il demontre chaque jour sa volonte de se saisir de toutes les occasions pour approfondir son offensive et sa disposition a aller jusqu’a l’affrontement. Les travailleurs sont de plus en plus nombreux a se mettre en greve pour reclamer des augmentations de salaire, l’amelioration des conditions de travail, des embauches. En reponse le gouvernement impose le developpement de la concurrence, l’interessement aux resultats des entreprises, la remise en cause de la duree legale du temps de travail, l’allongement de la duree de cotisation pour les retraites etc.


 


Pour le gouvernement, il n’est surtout pas question d’augmenter les salaires ou de satisfaire quelques revendications que ce soit. Il s’agit de repondre aux exigences des grands groupes capitalistes en accelerant le processus de concentration et en leur permettant d’augmenter leurs profits. Et ce quitte a liquider au passage une partie de sa base electorale traditionnelle (commercants et artisans).


 


Le 15 mai, alors que la ministre de l’economie, C. Lagarde « jubile », N. Sarkozy affirme que les chiffres de la croissance pour 2007 « temoignent de la necessite de garder le cap ». F. Fillon juge quant a lui que ces chiffres constituent une « tres, tres, bonne nouvelle » et lui permettent d’annoncer qu’il va « accelerer » le rythme des « reformes » au deuxieme semestre 2008. Le gouvernement multiple ces annonces euphoriques pour justifier sa politique alors meme que les economistes les plus optimistes se montrent extremement reserves sur l’evolution de la conjoncture.


 


Le 15 mai, toujours, pres de 300 000 personnes, fonctionnaires, enseignants, lyceens et etudiants ont manifeste dans tout le pays pour s’opposer a la suppression de pres de 11 200 postes dans l’education nationale et pour reclamer une augmentation des salaires. Le soir meme, le President de la republique, cherchant manifestement a minimiser l’ampleur de la mobilisation et a provoquer les manifestants, repondait par sa volonte d’instaurer un service minimum dans les ecoles primaires et maternelles lors des journees de greve de l’education nationale.


 


Le 22 mai, entre 500 000 et 700 000 travailleurs et jeunes defilaient dans toute la France, pour s’opposer a l’allongement de duree de cotisation a 41 ans. Lors de ces manifestations massives, le fait nouveau etait la presence en nombre des travailleurs du secteur prive. De nombreux corteges et manifestants reaffirmaient la revendication du retour aux 37,5 annuites pour tous. Le soir meme, le ministre du travail, X. Bertrand, declarait qu’il n’etait pas la pour compter le


nombre de personnes qui defilait dans la rue et qu’il n’etait pas question de revenir sur le passage aux 41 annuites de cotisations.


 


Le message est clair, coute que coute, le gouvernement veut mener sa politique jusqu’au bout et mettre les travailleurs et les jeunes au pas. Mais comment se fait-il que le gouvernement puisse


continuer a avancer aussi brutalement dans ses contre-reformes, alors meme que la grande majorite des travailleurs et des jeunes y sont hostiles et montrent leur determination a s’y opposer ?


 


La responsabilite des directions syndicales


 


Le nombre de greves qui eclatent (notamment sur la question des salaires) et l’ampleur des dernieres mobilisations des travailleurs montrent que les conditions sont reunies pour faire barrage au gouvernement. Mais la politique menee par les directions syndicales, empechent objectivement la mobilisation et la convergence des luttes.


 


En effet, en appelant a plusieurs journees de mobilisation, dans la dispersion (les 15, 18, 24 et 26 mai), sans perspective claire, sans preparation, les syndicats d’enseignants, en tete desquels la FSU, ont cherche a multiplier les manifestations, pour provoquer la demobilisation. Pourtant, la manifestation du 18, a rassemble 50 000 personnes contre les suppressions de postes et le service minimum dans les ecoles, alors que les organisateurs n’en attendaient que 5 a 10 000 ! En outre, la FSU ne deposant pas de preavis de greve pour le 22 a maintenu son appel a manifester. le 24 ! Elle a tout fait pour empecher la jonction avec les autres secteurs mobilises autour de la question des retraites.


 


Les autres directions syndicales ont agi dans la meme logique. La CFDT s’etant opposee a une mobilisation conjointe le 15 (avec les enseignants), elle a impose le 22 mai. Toutes les directions


syndicales se sont alors ralliees a la CFDT pour faire un « minimum syndical » ce jour-la, sans appel ferme a la greve (certains travailleurs ont du manifester sur leur temps de repos).


Pourtant, le 15 (ou meme le 22), prepare serieusement, auraient pu constituer un point d’appui, comme un « coup de semonce » au gouvernement, qui aurait pu se transformer en une greve generale de grande ampleur, debordant la simple journee d’action. De cela, les bureaucrates lies au PS et au PCF ne veulent pas.


 


Dans ces conditions, il est remarquable que les mobilisations aient ete aussi massives. En agissant de la sorte, les directions syndicales non seulement ne remplissent pas leur role aupres des travailleurs, mais en plus servent de relais au gouvernement pour l’aider a faire passer ses contre-reformes.


 


Quelle alternative ?


 


La question de l’unification des luttes et de la greve generale est donc posee des aujourd’hui. Les conditions sont reunies pour y parvenir mais les directions syndicales, et par la meme occasion


les directions politiques, operent de toute leur force pour empecher toute issue positive a la situation actuelle. Il faut donc travailler a l’unification du mouvement ouvrier et a la construction de la greve generale, car seule la mobilisation unie et determinee de la classe ouvriere pourra stopper le l’offensive contre-revolutionnaire, mettre a bas le gouvernement et demasquer les directions syndicales qui collaborent avec la bourgeoisie.


 


Le combat pour l’unite de la classe ouvriere pose egalement la question de la perspective politique. Car aujourd’hui face a l’approfondissement de la crise economique et sociale, l’alternative socialisme ou barbarie reste plus que jamais d’actualite. Il existe aujourd’hui une crise de representation de la classe ouvriere. Les partis qui la representaient traditionnellement, se situent desormais dans le cadre de la gestion du systeme capitaliste.


 


Avec la publication de sa derniere « position de principe », le PS enterine dans ce document central son passage definitif du cote capitaliste : les dernieres references au marxisme, a la revolution et au monde ouvrier ont ete retirees. Les principaux candidats au poste de secretaire du PS se revendiquent du liberalisme. Lorsqu’ils adressent des critiques au gouvernement, c’est sur la maniere de mener les reformes et non sur le fond.


 


Lie par ses accords electoraux au PS, le PC, qui n’est plus que l’ombre de luimeme, ne peut que suivre ce parti. De son cote, la direction guevariste de la LCR, est en train d’operer sa mue vers le « neo-reformisme », en enterrant une a une toutes les references au trotskisme. Avec la creation du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), la LCR se dispose a renforcer son caractere electoraliste au detriment de l’intervention dans la lutte des classes.


 


Pour en finir avec la barbarie capitaliste, il faut donc avancer vers la construction d’un parti ouvrier qui se batte pour une reelle rupture avec le capitalisme, c’est a dire pour le socialisme. Comme cette lutte ne peut se limiter au cadre national, ce parti doit egalement etre internationaliste. C’est dans ce combat que le Groupe Socialiste Internationaliste vous invite a la rejoindre. C’est le combat de la Ligue Internationale des Travailleurs – Quatrieme Internationale (LIT-QI).