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Greve de sans-papiers

« On bosse ici, on vit ici, on reste ici. »

 

Mardi 15 avril, a 8 heures, une centaine de travailleurs sans papiers ont investi le siege de l'organisme de formation des entreprises de nettoyage Faf Proprete, a Villejuif (Val-de-Marne). Au meme moment, une vingtaine d'ouvriers en situation irreguliere ont occupe un chantier dans le 13eme arrondissement de Paris. Dans l'Essonne, a Wissous, une quinzaine de salaries sans titre de sejour manifestaient sur leur lieu de travail, une filiale de Veolia proprete. A 9 heures, une quarantaine de salaries de Millenium, societe de nettoyage industriel, ont occupe eux aussi leur entreprise, situee a Igny, toujours dans l'Essonne.

 

A Paris, un peu plus tard, vingt cuisiniers de la chaine de restaurant Chez Papa, dans le 10eme arrondissement, et huit autres de Pizza Marzano, dans le 9eme, devaient occuper leurs etablissements. Au total, pres de 300 travailleurs sans titre de sejour se sont mis en greve illimitee, le meme jour, dans cinq departements de l'Ile-de-France, occupant le siege de plus d'une dizaine d'entreprises. Un mouvement qui a ete organise et coordonne par une locale de la CGT et l'organisation Droit devant !.

 

Ces greves font suite a celles de Modeluxe (octobre 2006), de Buffalo Grill (juillet 2007) et de La Grande Armee (fevrier 2008) qui ont ete couronnees de succes (voir Presse Internationale n° 46, 50, 56). L'operation est preparee depuis des mois par Raymond Chauveau, secretaire general depuis deux ans de la CGT a Massy (Essonne).

 

A la suite d'un decret de juillet 2007, faisant obligation aux employeurs de s'assurer, aupres des prefectures, de l'authenticite des papiers des travailleurs etrangers, de nombreux patrons ont ete obliges de licencier leurs employes en situation irreguliere. Ces salaries ont tous un contrat, possedent une carte d'assurance maladie, une feuille d'imposition, mais pas de titre de sejour.

 

Le but de cette operation, c'est la regularisation de « tous les travailleurs sans papiers ». La CGT veut traiter directement avec Brice Hortefeux, ministre de l'immigration, et Xavier Bertrand, ministre du travail. La consigne est claire : pas de negociations avec les prefectures.

 

« Il faut arreter l'hypocrisie et mettre un terme a cet esclavage moderne », affirme un communique de la CGT, qui demande que « gouvernement et patronat prennent leurs responsabilites ».(AFP 15/04/2008)

 

Le week-end suivant, le mouvement s'est encore amplifie, avec plus de 500 grevistes dans la restauration, la securite ou le secteur du nettoyage.

 

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En Belgique aussi, il est urgent de rapprocher le combat des sans-papiers avec celui des travailleurs avec papiers. Dans ce sens, les syndicats ont une grande responsabilite et devraient prendre exemple sur leurs camarades francais.