Inicio FRANCE Elections municipales et cantonales (Declaration du GSI)

Elections municipales et cantonales (Declaration du GSI)

Les 9 et 16 mars se derouleront les elections pour le renouvellement des quelques 36 000 conseils municipaux (elections municipales) et de la moitie des conseillers generaux (elections cantonales).


Comme organisation marxiste, le GSI a toujours considere que les elections constituaient un terrain deforme de la lutte des classes. En consequence, le GSI ne fait pas de la participation aux elections ou du vote une question de principe, ni meme strategique, mais il part uniquement de considerations tactiques vis-a-vis de la construction du parti dont la classe ouvriere a besoin.


Quel est le vote de classe, dans le contexte actuel, alors qu’il est probable que deux faits politiques sortiront de ces elections : une sanction politique du gouvernement Sarkozy-Fillon et un bon score de la LCR ?


Dans le passe, plus precisement avant la chute du Mur de Berlin, le vote de classe aurait pu se concretiser en un vote critique pour les partis ouvriers d’alors, PCF ou PS (sauf, bien entendu, quand ceux-ci auraient conclu des coalitions avec des partis ou groupements bourgeois). Mais cette epoque est revolue.


A l’heure actuelle, le PS, rallie ouvertement a la defense du systeme capitaliste, sous sa forme neo-liberale qui plus est, defenseur de l’Europe de Maastricht, n’est plus un parti ouvrier. Quant au PCF, il depend du PS pour sa survie, et il tend de plus en plus a s’aligner sur lui. Fort logiquement, le PCF conteste de moins en moins le systeme capitaliste, meme formellement, ce qui a pu etre le cas dans un passe lointain. On retrouve souvent les candidats de ce parti sur des listes ou, outre le PS, ils cotoient des partis bourgeois traditionnels, comme le PRG et le MODEM. Le GSI n’appellera donc pas a voter pour les listes et candidats du PS ni pour ceux du PCF.


Par ailleurs, aucune des formations dites « d’extreme gauche » ne remplit les conditions pour que le GSI leur apporte son soutien.


En effet, le GSI ne saurait appuyer quelque alliance que ce soit avec les partis bourgeois (PS y compris, desormais). Or, la direction de LO a impulse une politique de soutien ouvert a S. Royal au second tour de la presidentielle de 2007. Puis, cette meme direction a mene une politique d’alliance avec le PS, negociee ville par ville, pour ces elections. Cette politique se traduit par la presence de candidats de LO sur des listes « de gauche », avec le PS, dans de nombreuses municipalites ; ce qui constitue une capitulation devant la bourgeoisie, via le PS. Le GSI n’appellera donc pas a voter pour les listes et candidats de LO.


Quel socialisme aujourd’hui ? C’est la question centrale pour construire une alternative politique en faveur de la classe ouvriere. La necessaire rupture avec le capitalisme doit etre affirmee conjointement avec cette alternative. Il ne peut y avoir d’« anticapitalisme », de rupture avec le capitalisme, sans une claire perspective vers le socialisme. Dans le cas contraire, cela risquerait de n’etre qu’une rupture telle que celle annoncee en 1971 par F. Mitterrand face a son parti, lors du congres d’Epinay.


La LCR, pour la citer, pretend poser les bases d’un parti anticapitaliste, certes ; mais dans quelle perspective ? Celle du « socialisme du XXIeme siecle », qui reste « a definir » ! Or, pour les marxistes, le socialisme ne saurait correspondre a cette definition journalistique, qui est aussi celle des bourgeois, celle des tradition, doctrine et politique du PS.


Non, pour nous, cela n’est pas le socialisme. Pas plus que ne l’est ce « socialisme du XXIeme siecle », dont le formulation n’est pas sans rappeler celle d’Hugo Chavez, nouvelle coqueluche d’une certaine « extreme gauche » europeenne – orpheline de ses icones staliniennes a la sauce cubaine, Guevara et Castro -, H. Chavez qui gouverne avec les patrons ex putchistes, devenus comme par magie des « patrons socialistes » tout en licenciant les syndicalistes soucieux de leur independance vis-a-vis de l’Etat.


A moins que ce « socialisme du XXIeme siecle » ne soit qu’une variante « 100% a gauche » de l’economie sociale de marche chere a Jacques Delors et Joseph Stiglitz(1)… ? Ou bien une autre variante ? Comme, par exemple, celle conforme a la doctrine de John Holloway(2) : « la lutte contre le pouvoir et non pour le pouvoir. »


 


A une epoque ou la classe ouvriere ressent un besoin vital de reperes clairs et de points d’appui solides pour combattre, la quasi-totalite des forces politiques s’attache a brouiller ces reperes, a semer la plus grande confusion sur des questions essentielles comme celle des perspectives politiques. Ceci est une tendance internationale, dont la LCR et d’autres sont des expressions locales. Dans ce cadre, le « parti anticapitaliste » impulse par la LCR ne peut etre qu’un parti centriste fourre-tout, un obstacle supplementaire sur la voie de l’independance de la classe ouvriere.


Pour le GSI, la definition du socialisme est celle qui nous a ete leguee par Marx, Engels, Lenine et Trotsky. Le socialisme est un mode de production nouveau, base sur la propriete collective des moyens de production et d’echange, a l’echelle de la planete ; c’est un Etat de type nouveau, un Etat ouvrier, une republique universelle des conseils ouvriers et paysans. Se battre pour le socialisme, c’est aider la classe ouvriere a prendre le pouvoir et a briser l’appareil de l’Etat bourgeois. « Hors le pouvoir tout est illusion » (Lenine). Se battre pour le socialisme, c’est construire l’instrument pour l’emancipation de la classe ouvriere, l’internationale revolutionnaire et ses sections dans chaque pays.


C’est a travers ce combat que l’on peut defendre les acquis et conquetes de la classe ouvriere, et non pas en defendant « la Republique » – bourgeoise ! – ou « la Nation », comme le fait le PT-PCI (qui s’apprete a subir sa troisieme mue, version Parti ouvrier independant, desormais).


Malgre une claque probable, le gouvernement Sarkozy-Fillon va intensifier ses attaques contre la classe ouvriere et la jeunesse, ainsi que l’exigent les capitalistes, la haute finance, le MEDEF. Aussi, du point de vue des marxistes revolutionnaires, il est decisif d’appuyer les mobilisations en cours, d’aider a leur multiplication et a leur centralisation, dans un combat sans concessions contre les bureaucraties syndicales.


La construction d’un syndicalisme de lutte de classes, a travers la construction de tendances de luttes de classes dans les syndicats, est donc a l’ordre du jour. De meme que la construction d’un parti ouvrier independant et internationaliste est une imperieuse necessite. Une necessite qui entre en opposition avec lespartis de collaboration de classes, quelle que soit leur forme : type LO qui hypotheque son independance pour quelques sieges dans des conseils municipaux ; centriste, pro-reformistes et fourre-tout, type LCR ; chauvins au service de la republique bourgeoise, type PT-POI.


En consequence, le GSI est pret a appuyer tout candidat, toute liste, dans la mesure ou ils se situent sur le terrain de la rupture avec le capitalisme, dans la mesure ou ils se placent dans la perspective du socialisme. C’est notre choix tactique a l’occasion de ces elections municipales.


Paris, le 2 mars 2008


 (1) Joseph Stiglitz : Responsable des conseillers economiques de Clinton de 1995 a 1997 ; vice-president et economiste en chef de la Banque mondiale de 1997 a 2000 ; Prix Nobel d’economie en 2001. Il est le chef de file des neo-kenesiens, connu pour ses critiques du FMI et de la Banque mondiale. Il vient d’etre charge d’une « mission de reflexion sur la mesure de la croissance » par… N. Sarkozy ! (AFP du 8 janvier 2008)


(2) John Holloway : Economiste et « philosophe marxiste ». Par sa critique du marxisme « autoritaire », il se rapproche des theses libertaires. Zapatiste convaincu, son ouvrage de reference s’intitule « Change The World Without Taking Power – Changer le Monde sans prendre le pouvoir » qui sert de base de ralliement aux altermondialistes et a des intellectuels « anarchisants » comme N. Chomsky ou H. Zinn. Cette approche converge egalement avec la conception du SU (en France, la LCR) sur « la democratie jusqu’au bout »