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Union Européene : leur Europe et la nôtre

 

Le 31 mars dernier, les bourgeoisies européennes, emmenées par la chancelière allemande Angela Merkel, ont célébré à Berlin le 50ème anniversaire de l’Union Européenne. Les médias ont répété en chour que, malgré les divergences, les différents peuples s’unissaient depuis 50 ans pour un « modèle de démocratie et de progrès social » : un modèle européen qui serait plus humain que l’impérialisme belliqueux des Etats-Unis. Pourtant, si les troupes européennes interviennent en Afghanistan et au Liban, ce n’est pas pour « maintenir la paix » mais bien pour réprimer la résistance des peuples et défendre leurs intérêts stratégiques.

 

Premièrement, les travailleurs n’ont rien à fêter car l’Union Européenne n’est pas un projet des travailleurs et des peuples, mais bien une plate-forme commune des impérialismes européens pour agresser les travailleurs du continent. Tous les gouvernements, de toutes les couleurs, reconnaissent qu’ils ne seraient jamais arrivés si loin dans leurs plans néo-libéraux s’ils n’avaient pas été soutenus par l’UE. En Belgique, le Pacte de « solidarité » entre les générations, qui nous pousse à travailler plus longtemps et dans des conditions plus dures, est l’application directe des directives de la Commission Européenne. Les lois sur l’immigration qui se succèdent au travers de tous les gouvernements européens sont un autre exemple. Le patronat entend ainsi poursuivre ses profits juteux en privant de tout droit des millions de travailleurs en divisant notre classe entre travailleurs « avec » papiers et ceux « sans » papiers.

 

Et c’est de cette Europe, soi disant démocratique, que nous devrions nous réjouir ? Nous réjouir d’une plate-forme impérialiste conjointe des grands groupes capitalistes européens et de leurs gouvernements pour coloniser l’Est européen et pour défendre au niveau mondial leur part de butin face aux autres impérialismes ? Car, si l’événement se passe à Berlin, c’est explicitement pour nous ressasser leur propagande de victoire du capitalisme et de la mort du socialisme. Mais quels ont été les progrès dans les pays de l’Est ? Les bénéfices des multinationales européennes ont grimpé en flèche, mais les droits des travailleurs sont ignorés pour favoriser le dumping salarial et les délocalisations ; bref, pour favoriser l’exploitation de tous les travailleurs.

 

Malgré toutes les belles phrases de ces messieurs, les millions dépensés en shows médiatiques et dans leur presse, les travailleurs français et hollandais ne se laissent pas tromper de cible en rejetant massivement la Constitution européenne. C’est ce NON qui vient unifier toutes les luttes difficiles contre les conséquences désastreuses des plans néo-libéraux appliqués depuis plus de 20 ans par l’impérialisme européen, au nom de la sacro-sainte compétitivité.

 

Cependant, cette année, il y a un anniversaire à fêter, celui d’un événement historique pour notre classe : celui des Révolutions russes de Février et d’Octobre 1917. Il y a 90 ans, les travailleurs détruisaient l’Etat au service des patrons et imposaient le leur. Une perspective nouvelle s’ouvrait pour l’humanité, celui d’un avenir sans guerre, sans misère et meilleur pour tous. Il a permis aux masses d’avancer jusqu’à exproprier la bourgeoisie dans 1/3 de l’humanité et de permettre d’énormesprogrès pour tous ces peuples ! Mais la politique stalinienne de trahison de la lutte des peuples de maintenir une coexistence pacifique avec l’impérialisme et de « construire le socialisme en un seul pays » a débouché sur la restauration du capitalisme.

 

Malgré ces monstrueuses trahisons du stalinisme qui ont mené les Etats ouvriers à la banqueroute, nous continuons à penser que l’impérialisme n’a pas changé de nature et que, comme en 1917, la seule solution est de briser le pouvoir de la classe dominante par la lutte. Il s’agit d’une lutte pour construire une société dans laquelle les travailleurs et les peuples pourront décider démocratiquement de leur destin.

Il ne s’agit nullement d’un rêve fantaisiste, mais d’une nécessité criante qui se traduit en Europe par une lutte acharnée contre les plans de l’impérialisme européen.

 

Contre l’Europe du capital !

Pour une Europe des travailleurs et des peuples !